« KRRR… pchhhh… » (Le crépitement du feu se mêle aux parasites.)
Karl, assis près des flammes, ajuste son vieux pull troué et serre les dents en regardant ses pieds rougis.
« Putain, ça brûle encore cette merde d'eau acidique… J’ai rincé à l’eau trois fois, mais ça change rien. »
Il toussote, réalise qu’il a appuyé sur l’émetteur, et se redresse pour parler clairement dans la radio, sa voix rauque et traînante traversant les ondes :
« KRRR… pchhhh… …Ici Karl, pour la communauté de l’Escale… KRRRT…
On est un groupe qui s’entraide, correct côté matos, eau et médocs… pchhh… mais la nourriture, c’est la priorité absolue.
Si t’as des compétences en culture, cueillette, ou repérage de bouffe, KRRR… on est preneurs. Parce que la nourriture, sans aide, on va finir par en manquer cruellement. Un artisan ou deux pour renforcer l’autonomie, ce serait un plus aussi mais pas la priorité!
pchhh… Et si jamais y’a un médecin, un soignant, ou quelqu’un qui sait quoi faire avec une brûlure qui s’obstine à brûler, je suis preneur perso. KRRR… Mais bon, la nourriture, c’est l’urgence numéro un.
À terme, on veut devenir un point d’arrêt et d’échange pour ceux qui veulent explorer bien au-delà de la région de la Capitale. pchhhh… Si ça t’intéresse, pchhh… réponds sur cette fréquence.
Même un « Je capte » suffit. On en discute en privé après.
…KRRR… pchhhh… (Un grognement étouffé.) Je répète : Karl, pour la communauté de l’Escale. À l’écoute. KRRRT… »
Tout s’achète, tout se vend… même l’espoir. Mais moi, j’fais des rabais sur les miracles.