Hazel Morgan
33 ans - origine : Nul Part
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Qui s'y frotte s'y pique !
Avant l’apocalypse, Hazel portait des talons trop hauts pour elle et un sourire qu’elle avait appris à régler comme un interrupteur.
Elle était serveuse dans un bar de périphérie et se laissait approcher lorsqu'il le fallait. C'était un de ces endroits aux lumières tamisées où les hommes venaient oublier leur solitude et où les femmes comme elle faisaient semblant d’être vues.
Elle connaissait les regards insistants, les mains qui s’attardaient trop longtemps, les mots mielleux suivis de silences lourds. Elle savait rire au bon moment, se taire quand il le fallait et encaisser sans jamais montrer ce qui la fatiguait vraiment.
Ce travail, elle ne l’aimait pas et elle ne l'avait pas choisi, mais il payait le loyer.
Quand son service se terminait, elle retirait son maquillage avec une lenteur presque cérémonielle, comme pour effacer un personnage qu'elle n'était pas. Elle enfilait un vieux sweat, un jean, des rangers, et elle rentrait dans son petit appartement en bord de ville pour y retrouver le silence. C’est là, dans ce calme fragile qu’elle se sentait enfin elle-même.
Koda est arrivé durant cette période.

Elle l’a trouvé en sortant du travail, une nuit froide, alors que la musique du bar vibrait encore derrière elle. Le chiot l’attendait près des poubelles, maigre et sale, mais droit, comme s’il l’avait choisie. Elle a soupiré, fatiguée, prête à détourner le regard. Puis il s’est approché sans peur et a posé sa tête contre sa jambe nue.
Ce geste simple a fissuré quelque chose en elle. Elle s'est permis de croire en un autre être vivant pour la toute première fois.
À partir de ce soir-là, Hazel a commencé à changer. Elle rentrait plus vite chez elle. Elle bricolait, apprenait, réparait. Elle parlait à Koda de ses rêves jamais réalisés, de sa colère enfouie depuis des années, des injustices, de ce monde qui l'avait toujours traité comme un décor. Lui l’écoutait, toujours, comme si chaque mot comptait.
Quand les premiers signes de l’apocalypse sont apparus, Hazel n’était déjà plus seulement une serveuse invisible.
Elle avait appris à observer, à anticiper et à se protéger. Ce qu’elle avait enduré avant l’avait rendue plus résistante qu’elle ne le pensait. Les regards lourds l’avaient entraînée à lire les intentions. Les nuits tardives lui avaient appris à rester éveillée et la peur quotidienne l’avait préparée à pire.
Quand le monde s’est effondré, Hazel n’a pas paniqué.

Elle a pris Koda.
Et elle est partie avec son sac à dos d'ores et déjà prêt.
Ce monde post-apocalyptique ne l’a pas brisée.
Il l’a simplement révélée.


