Fréquences générales

De la capitale au royaume de Dis, tendus comme un crotale qui s'appellerait Patrice...

Jules Lagrille
Scande une voix d’homme.

Beaucoup plus bas, une voix de femme.
Jules ? Vous n’avez pas allumé votre radio là ?

Non

*clic*

Jules Lagrille

Beaucoup plus tard 


Bonjour, ici Jules Lagrille.
Nous avons quitté les marécages dans lesquels se trouve ce magnifique bateau à vapeur abandonné, au sud de L’Escale, je ne sais pas si vous connaissez. 

Un petit temps pour laisser aux auditeurs le temps de se poser la question, peut-être.

C’est notre première lune de voyage !

Un soupir.
Nous avons marché pendant quatre lieues vers le nord-ouest, en longeant le rivage, sur notre gauche, une étendue d’eau à perte de vue.
Nous venons de gravir une colline.  Il y en a à perte de vue devant nous d’ailleurs !

 

Ils doivent faire une pause, il y a des bruits de bivouac autour d’eux.
Tout le monde va bien ?

Plok ?
Ben ?

Plus bas : 

Avez-vous quelque chose à ajouter, Éva ?
J’ai bien fait la deskription comme vous le demandiez ?
Histoire de partager la science, comme convenu ?

 

Eva Long

Ici Eva Long ! Covoyageuse des Régleurs de contes. 
Au cas où certains auraient oublié. 
Merci Jules, à vous les studios ! 
Un silence et un petit rire mutin.
Désolé Jules, j’ai toujours rêvé de dire ça à la radio ! 

Un bruit de pages qu’on tourne.
Vous avez oublié de dire que nous sommes dans le Nord ! Pas très très loin de la capitale mais ne dites rien sur Presley ! Ce n’est pas un homme fiable. 
D’ailleurs pour les friands de potins, je crois que le projet de musée d’Ange est tombé à l’eau ! Et pas celle de la rivière juste à côté… si s’en est vraiment une. 
Au moins une mer lointaine. 
J’y ai laissé une belle broche quand même. Dans le musée, pas dans la mer. 
Jules essayez de suivre voyons !
Ça remplace un bonnet phrygien RI-DI-CU-LE. 
Qui a pu mettre une chose pareille je vous le demande ! 
Non Jules je ne vous le demande pas c’est une expression. 


Elle écoute la suite sans l'interrompre, peut-être deux ou trois minutes d'affilée. 
Vous parlez des montagnes où vous êtes parti bouder lors de notre première sortie ? 
Elles sont un peu plus hautes que des collines. 
Mais oui je pense que tous nos charmants auditeurs doivent visualiser.


Jules Lagrille

Un soupir.

Merci Éva pour tous ces secrets dévoilés inutilement.
En même temps, si je n’étais pas parti… bouder… comme vous dites.
Je n’aurais jamais rencontré la fée des montagnes. La Blanche Argentée !
Et je n’aurais jamais pu écouter son histoire.

Un soupir, encore
Pour compléter le panorama.
Depuis que nous avons quitté les marécages, au Nord des rivages que nous avons traversés, nous n’avons vu que le désert et rien d’autre.

À la prochaine lune nous filerons tout droit, nous continuerons à longer la mer ou l’immense rivière. Nous descendrons et remonterons une nouvelle bosse.
Au Nord, nous verrons une plaine, au nord de cette plaine, des collines, au nord de ces collines, le désert, encore.
Je crois qu’une fois là, nous ne verrons vers le Nord-Ouest uniquement des collines et des montagnes.


Eva Long

Jules vous pensez vraiment que nos auditeurs vont prendre leurs crayons de couleurs et vont dessiner un joli plan ? 
Ils sont pas tous comme vous…
Ils veulent juste savoir où sont les mines, ou ils peuvent tomber sur un troupeau, des caisses peut-être et éventuellement où sont les groupes armés. 
Mais vos petites, moyennes et grandes montagnes, je pense qu’ils s’en carent la carotte ! 
A moins… Qu’ils remettent votre voix le soir… pour endormir leurs enfants ! 
Vous savez ! Les Robert ! Josette ! Ambroise et tous les autres…

Et ça ce n’était que les prénoms des plus jeunes enfants.

Attendez je reprends.
Un petit silence.
Elle parle bien devant la radio. 
Vous savez où le soleil se lève ? Et bien on trace vers le soleil couchant ! On est les maîtres autoproclamés de cette langue de terre car on la connait bien ! 
A l’ouest donc ! J’dis ça pour ceux qui ne suivent pas…
Y'a des p’tits trucs sympas mais il y a aussi beaucoup de montagnes… Ça… avec vous, Jules, je crois qu’on l’avait compris. 
Et la montagne ça ne nous gagne pas du tout… C’est chiant ! Surtout en hiver ! Et puis on glisse, le sol n’est pas stable, les pieds sont gelés, les mains j’en parle même pas… Vous avez pas froid Jules ? 
A moins que ce soit lié à la thyroïde… il parait que c’est un truc très féminin ça, d’avoir froid aux extrémités. 
Messieurs, Dames, si vous voulez témoigner de ça c’est votre moment ! 
Mince désolée Jules, je me suis peut être un peu emballée. 

Passons les reliefs s’il vous plaît. Et puis c’est pas votre petite plaine qui va pouvoir accueillir tout un car de randonneurs, donc on est même pas obligé de la citer. 
Mais bon… d’ici que notre radio attire enfin quelqu’un, les arbres auront eu le temps de déployer leurs racines pour nous serrer la pince. 



Et ceux qui écoutent ont peut-être ce genre d’images en tête…




 

Klostro
D'une voix amusée.

Même avec une carte et sachant à peu près où vous êtes, j'ai rien pigé. 
M'enfin continuez mes amis, c'très distrayant !



 
J'aime pas les cons

Zillah
Je dois convenir qu'il y a un certain effort dans la démarche.
En même temps, les retours qui nous parviennent du Sud laisse fortement supposer que ce genre d'initiative n'y requiert pas tout ce décorum.
Entre capitalisme souffreteux et laborantisme amorphe, que le choix se porte vers la radicalité de l'Embrasement, c'est... équivoque.

...

Entendez que je ne promets rien.
Sinon vous faire gouter à quelque chose de différent.
Quant à la nature de cette nouveauté, elle reste à définir.
Ce ne sont pas les options qui nous manque...


 
Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.

Jules Lagrille

Vous avez vu, elle a l’air un peu contente quand même. Non ?
Il s’éclaircit la voix.
Nous voici à la 2ème lune de notre voyage !

 

Éva ?
Êtes vous vraiment persuadée que les gens vont nous écouter et traverser des dizaines de lieues à la vitesse de l’éclair pour venir chercher d’éventuelles caisses que nous aurions indiquées ?

Un silence.
Comme celle-ci ?
Il montre la direction qu’ils suivent, un peu plus loin.
Celle là ? 

Il montre celle un peu vers le nord, que Plok doit aller chercher.
Puis les deux suivantes.
Et celles-là, non loin d’où m’est apparue la Blanche-Argentée quand j’étais seul, perdu, animé d’une tristesse infinie si loin de vous que je me demandais si j’allais encore entendre vos bavardages incessants ?


C’est nous qui allons les ouvrir, seulement nous !

Il souffle un grand coup.
J’admets que le décor n’est pas extrêmement facile à détailler.
Je manque d’entraînement aussi. Je débute presque.
Mais on fera ça de mieux en mieux, vous verrez et à ce moment là,
Vous m’avez convaincu qu’il fallait partager la science alors maintenant, faut le faire !
Non mais !
Et vous verrez, plus on va s’améliorer en manière de partager la configuration des lieux, plus on nous écoutera !
Je vous le parie !

Il a la voix d’un homme très confiant.

Allez, Je continue mon entraînement chers auditeurs !

Pour ceux qui écoute, je vous précise que nous sommes dans les Monts Escaloux.
Un long massif de collines, au Nord, à l’Est et à l’Ouest.
Au sud toujours cette étendue d’eau.
Pour ceux qui auraient taillé leurs crayons gris et bleus.

Il prend une grande inspiration, comme s’il respirait l’air des montagnettes.
Et tant qu’à progresser dans tous les domaines…
Éva ?
Vous pourriez me redonner un vers de votre composition histoire que je m’entraine à la poésie ? Ça fait deux lunes que j’y réfléchis pendant qu’on marche.
Je suis chaud là.
Je vais m’améliorer à chaque fois, là aussi..
Vous verrez.


Avant qu’elle ne réponde.
J’ai l’impression que c’est dans les environs que j’ai abandonné cette combinaison de ski qui devait vous aller à ravir ?
 

Eva Long
Éva a entendu comme tous les auditeurs la voix de Zilliah juste après l'enthousiasme de Klostro.
C’est ça que vous appelez “contente” ? Et bien… J’voudrais pas être invité à sa fête d’anniversaire ! 
Il a suffit que “la sorcière” parle de goûter pour que son esprit dérape là-dessus. 
Klostro ! Compte sur nous ! 
De toute façon c’est quasiment impossible de faire taire Jules.
Et là il est sur son idée alors…

Elle lui répond à nouveau.
Bien sûr ! Ils nous écoutent parce qu’ils s’ennuient et qu’on est un peu leur Netflix moderne ! 
Et aussi parce que vous avez une jolie voix. 
Mais pour les caisses, Ah ça non, ils n’ont pas intérêt à nous les piquer ! C’est quand même un des rares plaisirs qu’il nous reste. 
Après bien sûr notre rendez vous du dimanche tous les un mois et demi…


Un bruit de trousse qu’on ouvre.
Ils sont taillés oui ! Tenez !
Elle doit sûrement lui tendre le crayon vert comme il lui a demandé. 
Pardon… vous aviez changé de sujet… Vous êtes difficile à suivre et pourtant je suis près de vous alors imaginez nos auditeurs ?!

Un vers… Hummm… Ok…

Un silence.
Sur notre parcours alors ! 
Je réfléchis ! 

Elle vient de répondre en machouillant le bout de son crayon. 
Il lui parle de l’horrible combinaison fluo qu’il voulait garder absolument quitte à jeter des objets d’une importance capitale -sans lien aucun avec Presley-.
Oui oui c’est sur cet autre versant je crois. Mais depuis, la végétation a dû la re-couvrir… j'espère…

Elle reprend son quart d’heure “poésie”. 
C’est bon je l’ai ! 
Faites moi la rime Jules, je vous prie : Les régleurs de contes sont partis vers l'Ouest…
Je vous écoute ! 
Nous vous écoutons plutôt. 
Yoko, si tu nous entends bouche tes oreilles ! 

Jules Lagrille

Les auditeurs doivent trouver le temps long


 

Il y a un long blanc à l’antenne.

 

 

Il faut faire des rimes, c’est ça ?
C’est juste avec le mot de la fin ou il faut aussi essayer les mots de la phrase ?
Parce que le mot de la fin, c’est facile, je pourrais parler de Paris-Brest par exemple.
Je dis ça parce que j’ai faim.
Et que j’aimais ça, avant.

Ils doivent se déplacer, on entend le bruit du vent froid des montagnes.
J’espère qu’on retrouvera la combinaison de ski que je voulais vous offrir !
Ce serait vraiment adapté à la saison, vous ne pensez pas ?

Il doit s’arrêter et il marmonne…

“Les Régleurs de Contes sont partis vers l’ouest”… “Les Régleurs de Contes sont partis vers l’ouest”… “Les Régleurs de Contes sont partis vers l’ouest”il prononce ça comme un mantra.

Transporteurs, mastodontes et assortis Alea Jacta Est ! 

C’est léger ça, non ?
De la poésie fluide, n’est-ce pas ? J’aime bien.

 

Un silence. Il doit attendre une confirmation. Quoiqu’il se passe, il reprendra : 

 

“Les Régleurs de Contes sont partis vers l’ouest”...

Souleveurs de fonte immodestes, ils vont faire la sieste !

Mince il y a deux fois “este”. Dommage…

Un soupir, peut-être de dépit
Ils ont dû se remettre à marcher, on entend des pas. Il n’a pas coupé la radio.

Comme des bruits de sabots, il doit marcher plus fort.

Agitateurs sans honte d’une surprise-partie modeste !
Les pas ont cessé.
Pas mal !
Vraiment pas mal non ?

La rime “partie” est sacrément  forte, même, je trouve !

On ne voit pas sa tête, mais il a la voix d’un mec qui fait le fier.

Si avec ça, elle n'est pas contente de nous voir,  la sorc*clic*

Eva Long
Comment ça “clic” ? 
Les auditeurs entendent un autre “clic”.
Merci de m’avoir coupée Jules ! 
Vous vouliez rester sur une note positive c’est ça ? 
Je me dois de vous le dire ! C’est pour votre bien. 
Jules vous n’êtes pas très fort en poésie… 
Je ne sais même pas laquelle garder au final. 
“Les Régleurs de Contes sont partis vers l’ouest”
Transporteurs, Mastodontes, Et assortis, Alea jacta est !
Ça ne veut rien dire Jules ! 
On va reprendre…

“clic”.

Jules Lagrille
Ceux qui écoutent ont peut-être ce genre d’images en tête
 

Klostro
Eh mais v'z'êtes à quelle altitude là ? Ça manque un peu d'oxygène non ?

Ça rigole derrière la radio.

 
J'aime pas les cons

Yoko Sumo
Il semble malheureusement que Yoko n'ait pas perdu une miette de la tentative, car le voilà qui en place une sur le canal radio.
Cela démarre par un sonore et rocailleux :

"Les Régleurs de Contes sont partis vers l'ouest."

Suivi semble-t-il d'un clash poétique. On n'arrête pas le progrès.

... La poésie fut anéantie d'un geste
Ils déversaient un seau de plusieurs onces
Qui s'évasait en un fleuve de bronze


Et l'on écoutait cet esprit,
Par trop lesté de pragmatisme,
Délester ces sonores aggouttis,
La rime pour seule énigme !



 
"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Yoko Sumo
Bref ajout quelques minutes après.

C'est vrai que c'était bon un Paris-Brest.
"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Plok
Frère Yoko !

Bien heureux d'entendre sa voix, et dans le mouvement poétique, il se prête au jeu.

Régleur conte partir vers Ouest ! 
Mais faire froid, alors mettre veste !

Eva Long

Voyons Klostro ! C’est de la petite montagne, qu’est ce que tu insinues !?
Eva c’est le genre de personne à qui tu dis "Je meurs de faim", et qui commence à paniquer en cherchant des secours ou à te compter dans ses prochaines rations au choix…. 
Haa ! Vous voyez Jules ! Ça c’est de la poésie ! 
Ils venaient d’entendre les vers de Yoko. 
On comprend rien mais la rime est belle ! 

Dites Jules… C’est quoi des aggouttis ? Est ce que ça a un rapport avec les égouts vous croyez ? 
Ce serait fort de faire une poésie sur les égouts ! 
En même temps vu là où on va… 

Puis c’est le moment de gloire de son petit protégé, Eva applaudit. 
Super Plok ! Incroyable même ! 
Amazing !


Jules Lagrille

Un magazine, Éva
Un blanc après cela.
On entend le  vent hivernal souffler dans les montagnes.
Il n’a pas du tout la même voix que le vent de la forêt de l’Escale.
Ceux qui vivent en montagne le savent certainement.

 

#fiuuuuuuufiiiUUUUUfiiiiiiiiUUUUUU#
 

Vous m’avez fait raté mon ouverture avec tout ça, Éva.
Ce n’est pas très fair-play.

Il soupire.

Ce n’est pas très convivial de me comparer à Yoko, vous savez que c’est un vrai poète, lui, moi, je suis en formation…
Un autre soupir, ceux avec le nez, un tout petit peu plus  poli que ceux avec la bouche.
Ils marquent plus l’agacement que l’énervement.

Agoutis ?
Qu’est ce que j’en sais moi ?
Des gens qui n’ont pas de goût, j’imagine, non ?

Un silence qui laisse passer un peu de vent. #fiuufiiiUU#
Je peux lancer l’émission là ?


Eva Long

On l’entend se taper sur le front lorsqu’il parle de magazine mais l’anglaise n’est pas déstabilisée pour autant, c’est une professionnelle du rebondissement. 
C’est une idée ça vous savez ! 
Le magazine !
On pourrait y mettre ce qui intéresse le plus nos auditeurs, la section faits d’hiver.
Car oui, elle ne voit pas forcément à long terme pour le moment. 
Une rubrique jardinage ! Le tricot aussi, parce que bon en hiver ça caille un peu il faut le dire.  
Et peut-être à la fin des petites annonces pour personnes esseulées. 
“Très jeune homme ténébreux aux bonnes manières cherche compagne pour réchauffer ses nuits et se former à l’horizontal. Multiples critères autorisés, peu regardant. ” C’est pas mal ça vous ne trouvez pas ? 
Ce n’est pas très flatteur pour moi mais l’essentiel est dit vous ne trouvez pas ? 

Eva se rend probablement compte à ce moment-là qu'elle a encore quitté le sujet mais comme Jules l’a lancé c’est difficile de l'arrêter une fois qu’elle a une idée en tête. 

Pardon ! Votre ouverture donc !
Elle lève le doigt.
Bien que… On est encore un peu dans le thème là. 
Elle doit sûrement ressentir le regard ténébreux et un poil soupireux de Jules à ce moment-là. 
Oui pardon ! Reprenons. 
Messieurs Dames, nous recherchons la signification d’aggoutis. Si des auditeurs peuvent nous aider ? 
Mais pas Yoko ! Ce serait trop simple. 
Par contre Klostro on a pas trop de mal à le comprendre lui. 

Elle a parlé un peu trop fort.
Pardon Klostro ! Oui la montagne est belle. 
Jules nous vous écoutons, faites votre présentation, je ne vous dérange plus. 


Jules Lagrille

Chers auditeurs, nous sommes à la troisième lune de notre voyage.
Nous quitterons avant la fin de celle-ci, les monts de l’Escaloux pour aborder la pointe de la langue qu’Éva évoquait précédemment.

Il s’interrompt.
Agoutis ?
Je pense que ça veut dire ne pas avoir de goût, non ?

Et si je peux me permettre, je ne pense pas avoir de problème d’horizontalité, moi.
Il n’ajoute rien et reprend son annonce, retardée un instant par une rafale de vent.
#fiuuUUUuuufiIIIIiiuuufiiiiiiiiuuUUU#
Là-bas nous continuerons à suivre les rives de cette immense étendue d’eau longeant toujours la côte.
Le désert, peut-être glacé, nous accueillera. Il entoure, fièrement, les marécages de l’ancien aéroport.

#fiiiIIUUuufiiiUUuufiIIIIiUU#

Nous allons nous séparer. Plok va se charger des caisses du Nord, nous de la caisse du Sud.
Le ton est grave.
Éva, encourageons son expédition !

Eva Long

Ce n'était jamais très agréable pour Éva de laisser partir son petit Plok loin d’elle mais il fallait bien qu’il grandisse. 
Pendant ce temps et pour tromper son anxiété, elle avait fouillé le sol en voyant un morceau sortir.

Jules allumez la radio, je crois que nous avons trouvé un trésor ! 
Je vais l’ouvrir en direct. 

Elle est enjouée.

Messieurs Dames, nous avons devant nous un objet qui ressemble à du textile, peut être un sac. Probablement porté par les tous premiers explorateurs de cette zone isolée. Peut être qu'un avion s'était crashé ici, les survivants avaient dû survivre sans rien. 
Nous avons là un objet qui a une Histoire et nous allons le découvrir en direct ! 
L’histoire s’écrit maintenant. 


On l’entend qui creuse le sol, puis un long… très long soupir.
Jules… Ça ne vous rappelle rien cette combinaison ? 
Amis auditeurs, veuillez nous excuser… Ce n’est pas la découverte du siècle… 
Ça aurait pu… Mais c’est juste cette horrible tenue…
Celle que Jules voulait m’offrir. 

Voilà ce que peuvent s’imaginer les auditeurs. 


Jules Lagrille
Il était resté silencieux tout du long du direct de la dame.

On voit bien qu’il se retient de rire.
Éva ! C’est quand même un comble.
On va finir par l’appeler la combinaison scotch.
Où que vous alliez, quoi que vous fassiez, vous retombez toujours dessus !
Ha ha !

Il reprend.
C’est amusant, je pensais l’avoir déposée plus loin.
Un silence, il doit regarder dans la direction en question.

#fiiiiiiUUUuuUUUfiIIIIiiiiiuuufiiiiiIIIiiuuUUUuuu#
Le vent des montagnes se rappelle aux auditeurs.

En tout cas, je suis bien content que cette combinaison vous ai retrouvée.
Nous allons maintenant pouvoir nous diriger vers les caisses que nous voyons dans la plaine. Espérons que nous y trouverons des choses intéressantes dignes de ce que Plok trouvera certainement.
Nous devrons nous débarrasser du surplus une fois sur place, car nous allons devoir faire des réserves d’eau.

Un silence.
Par chance, nous sommes en hiver !
Avançons poétiquement, soyons dignes de Yoko 

 

Zillah
Ce conciliabule radiophonique a quelque chose de passablement irritant...
Un peu comme, feu, les programmes télevisuels destinés aux enfants et aux ignorants.

Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.

Plok
Moi ! Moi !
 
Plok est visiblement excité d'enfin pouvoir partager ses trouvailles.
 
Plok trouver plein trésor dans plein caisse !
 
On peut entendre qu'il fouille dans son sac.
 
Un ! Beau couteau plein de pique !
Deux ! Argent pour papa Jules !
Trois ! Bouteille "Vokda" ! ... Pas bon
Quatre ! Pelle, 2, équilibre, héciloptère, hi hi.
Cinq ! Meilleur pour fin ! ZIGZAG ARC-EN-CIEL ZWING ZWING DANS MAIN !
 
Beaucoup trop de joie pour son nouveau jouet.
 
Plok pouvoir revenir maintenant !

Iria Kessler
What the hell ? Le Jules est en train de dire à tout le monde ses intentions de séparation et d'expédition ? Il a oublié toute prudence ? Il est vraiment auissi stupide qu'il en a l'air ? Elle ne peut pas le croire. Mais, histoire de noyer le poisson, elle saisie la carte de la diversion. Son groupe ne manquant de toutes façons de rien, et certainement pas de caisses...

« Aggouttis. »
Le mot est étiré et l'accent d'Iria le déforme légèrement.

« Je n'ai aucune idée de ce que ça signifie. Dans aucune langue. »
Elle marque une pause.

« Je ne suis toujours pas sûre d'avoir compris le but de votre voyage, mais faites nous signes si vous vous approchez de Dité. Nous avons pas mal "d'occupation" ces temps-ci. Que nous puissons nous tenir prêts à vous acceuillir... Iria Kessler terminé. »
On peut entendre quelques chevaux hennir en arrière plan avant qu'Iria ne coupe la radio. Fort heureusement, ils n'ont pas l'odeur par contre...
 
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Zillah
J'espère que vous appréciez l'art équestre.
Sinon vous risquez d'être déçu...

Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.

Klostro
L'seul truc qui m'vient à l'esprit là, c'est qu'l'agouti est un rongeur. Une sorte de ptit capybara.
Faudrait d'mander à Yoko directement parce qu'là dans c'contexte j'pige pas grand chose.


 
J'aime pas les cons

Yoko Sumo
Yoko semble sincèrement sur le cul que quelqu'un ait pigé quelque chose.

Vous savez je ne sais pas ce qui a fait que je connaisse cette bête dans un coin de mon cerveau, mais je me suis toujours dit que monsieur Lagrille se rongeait beaucoup trop les sangs.

Ne vous prenez pas trop la tête avec mon verbiage, et comprenez que lorsque j'entends capibara, cela m'évoque :
- Yoyo mon cochon d'Inde mort
- Un destrier pour nain
- Une boisson bien fraîche à déguster avec un petit parasol.

"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Eva Long

On avait entendu un gros “splosh” : Eva avait sûrement récupéré Plok dans ses bras, puis une bouteille en verre qu’on subtilise et enfin elle revenait vers la radio. 
Laisse moi ça Plok, c’est pour les grands. 
Elle reprenait alors son sérieux.
Madame Zilllah, pensez-vous qu’on sépare un moteur de son bidon de gasoil ? Ou d’un revolver de ses balles si ça peut vous parler un peu plus. 
Monsieur Lagrille et moi sommes in-dis-so-cia-ble ! Et heureusement que nous réfléchissons à deux, autrement ce serait la catastrophe. 
Nous établissons une carte orale pour le bien de tous et espérons que l’idée sera repris par d’autres. 


Quand Yoko vient à parler, elle se tait quelques secondes puis un blanc. Un peu grand. Et une petite voix qui parle à son voisin. 
C’est plus clair là ? 
Il est exceptionnel ! 
Tu m'étonnes qu’il soit apprécié. 
Chacun entend ce qu’il veut.
Un rire. 
Merci pour ton soutien Klostro ! On sent l’homme de lettre. 


Jules Lagrille
Une carte orale !
C'est tout à fait ça, Éva !
Et ce n'est pas si facile que ça...

Il reprend
Pour vous répondre, chère Iria, le but de notre voyage c'est de nous rendre à Dité et d'en revenir vivants.
Nous avions l'impression que Zillah souhaitait recevoir du monde dans son antre et les Régleurs de Contes sont des voyageurs commerçants. D'ailleurs, après tous les objets un peu ridicules que nous trouvions dans les caisses à la lune précédente, nous venons de mettre la main sur 6 litres de pétrole, est-ce que cela vous intéresse ?
Nous avons dû faire de la place dans nos sacs et nous avons beaucoup jeté.
D'ailleurs, peut-être qu'au retour, Éva retombera sur cette magnifique combinaison de ski, ce sera amusant

Un silence.

Qui se prolonge un peu.
Pour meubler le voyage, nous avons souhaité décrire un peu les paysages que nous traversions.
Nous pensions que cela aurait pu intéresser les auditeurs qui ne connaissent pas la région.
J'avoue qu'au départ, nous n'avons pas été très efficaces, mais nous commencions à être bien entrainés.

Un soupir.
Nous entrerons dans le métro la prochaine lune.
On espère qu'on pourra avancer vers le Nord en faisant cela. Nous voulions décrire tous ces tunnels.
Mais bon, manifestement ça n'intéresse personne.
Tant pis.

On sent du dépit dans sa voix.
Il coupe.



 

Johanna Strigel
Hallo Éva !
Dis donc, il se vexe toujours aussi facilement ton Jules ? Tu as bien du courage en tout cas !

Ah, une chose que je t'ai dit mais que je vais peut-être redire en public pour d'autres voyageurs qui viendraient aussi dans la région ... Si vous croisez le troupeau de chevaux de Rügen, ça serait aimable de ne pas les déranger, ils ont déjà eu quelques soucis récemment. Et ... Nous souhaiterions préserver un peu l'environnement, il y a eu trop de laisser-aller sur cette question depuis le Crash.

Ça me rappelle la Seconde guerre des Margraves !

Eva Long

Oh tu sais on s’y fait bien à la longue. C’est juste une habitude à prendre. Il n’est pas si susceptible qu’il y paraît. 
Oui, pardon Jules, je répondais à Johanna. 
C’est une discussion entre femmes !
Mais comme tous nos auditeurs nous écoute et on sait tous combien ils sont nombreux…

Un peu plus fort.
N’est ce pas que vous êtes nombreux ? 
Je ne voulais pas que tout le monde vous prenne pour un rabat joie. 

D’accord Johanna, si nous voyons de belles crinières nous les laisserons sur la tête de ceux qui la portent. 
D’ailleurs si ça pouvait être une généralité se serait pas mal…


Elle tapote du pied.
Il me vient une histoire, il faut que je vous la raconte : C’est l’histoire de Barnabé, un poney né sans un seul poil de crinière, le cou aussi lisse qu'une boule de billard. Dans le pré, le grand étalon Tempête passe son temps à le vanner en secouant sa superbe crinière au vent : « Alors Barnabé, on a confondu le shampoing avec de la crème dépilatoire ? »
Un jour, ils participent au grand concours d'obstacles du village. Manque de bol, une tempête monumentale se lève avec des rafales à 90 km/h.
Tempête s'élance le premier. Mais au moment de sauter, le vent lui rabat l'intégralité de sa magnifique crinière… pile devant les yeux. Aveuglé, l'étalon panique et finit le nez dans une botte de paille. Éliminé.
C’est au tour de Barnabé. Sans aucun poil pour faire de la résistance, le vent glisse sur lui comme sur une Formule 1. Il est tellement aérodynamique qu'il plane au-dessus des obstacles et gagne la coupe en un temps record.

Moralité : Mieux vaut avoir le crâne chauve et la coupe en mains, que la mèche rebelle et le nez dans le foin ! 


Éva s'est éloignée comme à son habitude du sujet. Le tout est de s’en rendre compte.
Mais ne vous inquiétez pas Johanna, on ne touchera pas aux chevaux !
Vu là où on va c’est plus des crocodiles qu’on va croiser… Ou des rats. 

Jules, la suite s’il vous plaît ! 


Zackaria Olmen
Il écoutait en silence - regard songeur posé sur le lointain, avant d'enclancher le bouton en réaction à l'anecdote d'Eva Long.

« Ah! En v'là une histoire qui me parle miss Long! Vraiment. »
- s'exclame Zack juste avant de réajuster son bonnet sur son crâne barnabéen.

« Il est vrai qu'on y voit mieux sans cheveux! après pour la coupe... »
- il pouffe un rire amère.

« Courage dans votre entreprise, et aux plaisirs d'en entendre d'autres d'aussi romanesques. »
- puis laisse s'exprimer l'écho des montagnes et de le mer en fond sonore quelques minutes durant avant de couper.

*clic*
Et si un jour je devenais exactement ce que j’essaie d’empêcher ?

Klostro
Nique la peau lisse !
D'ailleurs, doit pas y avoir que ça dans l'cas de ton Barnabée, Eva. Parce qu'un poney qui saute les mêmes obstacles qu'un étalon, j'y vois surtout du dopage massif moi.
J'aime pas les cons

Jules Lagrille
Klostro, je crois que tu n'a jamais connu Barnabé, toi...

Il reprend, la lune vient de passer, mais il a voulu dire un truc juste avant, mais personne n'a pu l'entendre.
BON !
Mon message a dû partir dans les limbes des fréquences, satané passage de lune qui trouble toutes les communications.
Je voulais dire deux choses importantes.
La première, à Johanna : je ne suis PAS DU TOUT
il insiste sur chaque mot susceptible !

Une grande respiration.

La seconde.
Nous sommes entrés dans le métro.
Nous sommes en bas de l'escalator.
Je pensais que ça allait être infernal à décrire, mais en fait non.
Un tunnel, très étroit... Il est éclairé par des néons au plafond.
On peut avancer vers le Nord, il se déploie ensuite vers le Nord-Est à perte de vue, en ligne droite.

Il parle sans doute à ses compagnons.
Dommage que tout le monde s'en fiche.
Il coupe.

Johanna Strigel
Je ne sais pas si c'est le même tunnel, mais ça ressemble beaucoup à celui de notre métro. Si vous arrivez à la sortie, vérifiez quand même s'il y a bien inscrit "Vers Rügen" sur le mur. Il semblerait qu'il y ait plusieurs lignes, qui ne sont peut-être pas interconnectées entre elles ...
Ça me rappelle la Seconde guerre des Margraves !

Jules Lagrille

*clic*

Chers auditeurs, 

Il s’éclaircit la voix.
Nous venons de tester l’hospitalité du Nord.

Un silence.


Je dois vous avouer qu’ils ne récolteront pas la meilleure note dans les futurs guides touristiques.
Le ton est un peu bougon, il s’éclaircit encore la voix.

#plik#


Pour  ceux qui n’auraient pas suivi je vous remets je vous invite à vous brancher sur la fréquence 106.6, vous aurez toutes les informations nécessaires à la compréhension de ce qui va suivre.

Cette fois-ci il tousse plus qu’il s’éclaircit la voix.
Il s’éloigne manifestement de son micro.
Désolé, je suis essoufflé.
Il respire plusieurs fois.

Au vu de leurs paroles, nous étions assez confiants.
Une chance sur deux selon Yoko, deux sur trois pensions-nous.


#plik#

Ben, tu me passes ton seau ?
Ben doit le lui passer.
Merci.
On ne sait jamais, peut-être que l’eau qui tombe sera potable.

Les auditeurs attentifs vont deviner rapidement qu’il n’a pas remporté le 1er prix des diaporamas dans le domaine de l’hydrologie.

*Bruit d’un seau qu’on pose sur le sol*
Nous pensons être sous la mer.
On doit vous avouer qu’on a cavalé comme des fous après la rencontre avec la sorcière. Elle nous a laissé un choix pas si cornélien que ça.
Soit s’enfuir et crever, soit devenir esclave.
On a vite choisi.
On s’est enfuit.


Un silence de quelques secondes

#plok#

Avant de répondre à leur invitation, nous avons donc essayé de minimiser les risques.
C’est ce que mon père m’a appris quand il mettait un peu de sucre dans les cuvées les moins cotées. Un niveau de sucre légèrement au-dessus des limites fixées par l’AOC. Du genre à être encore en mesure de plaider la bonne foi.
Les risques financiers d’abord.

Le ton est moins agacé, il a peut-être oublié qu’il était fâché.
Un jour où nous passions à la Capitale, pour ravitailler l’Escale- nous venions de vendre des broutilles et avions récupéré des centaines de crédits -  Nous avons croisé le Président et avons évoqué notre envie de répondre à l’invitation de madame Zillah.
 

#plok#


Il a trouvé l’idée intéressante.
Et vous ne le savez peut-être pas,  quand il trouve une idée intéressante il devient tout de suite dépensier…

Il nous a dit quelque chose du genre 

“Banco, si tu livres un poste TSF à Dité, je te file 100 crédits et tout ce que tu peux porter comme vivres” Il l’a dit avec son accent un peu américain.
Sur le ton de la confidence :
Je crois que c’est son péché mignon les postes TSF.

#plok#

Il reprend.
Chers auditeurs, rendez vous bien compte.
On arrivait pour vendre des babioles et racheter des vivres pour l’Escale. Les ventes effectuées, nos sacs étaient vides.

Il exhale plus qu’il ne souffle.
Le président propose de nous payer 120 kg de vivres pour cette mission.
Un silence sans bruit de respiration.
On a donc récupéré presque 250 crédits pour s’équiper !
Je vous ai dit, les postes TSF, c’est son dada !
Ha ha !


#plok#

Par contre, la prime de 100 crédits, c’était uniquement si on réussissait à la livrer.
On faisait tous oui de la tête avec gravité quand il a dit ça.

Entre nous, au départ on espérait juste  le convaincre de nous payer la prime de 100 crédits d’avance et de nous filer une petite rallonge de 50% pour les risques.

On a réfléchi une seconde, peut-être deux et on a dit, nous aussi, banco !
On voulait rencontrer du monde, discuter avec des gens qu’on n’avait jamais vraiment croisés, répondre à une invitation. Et là, on se retrouvait avec 9 à 10 lunes de rations d’avance.

#plok#

Il complète.
Vous comprenez mieux les problèmes que nous avons eu à gérer quand on est tombé sur toutes ces caisses remplies d'objets inutiles ou de tenues trop élégantes pour qu’une Anglaise les porte.
Il a la rancune tenace, manifestement.
Un soupir.

On aurait dû réfléchir un peu plus longtemps, je l’avoue.
Aller livrer un poste TSF chez ceux qui haïssent le Président, c’était l’assurance d’un premier rendez-vous maussade avec la sorcière.


#plok#

Mais on avait envie de voyager et comme disait ma grand-mère paternelle “ la jeuuunesse et la raiiison, c’est comme l’houile et l’eau, c’est point très mélangeant”
Il avait pris une voix chevrotante pour dire ça. 

Un silence, puis, comme s’il se rattrapait.
Et les QUATRE étaient d’accord, je précise !
Il doit gratter une barbe naissante en continuant à parler..

L’Escale, ouverte sur le monde #grat grat grat# et les relations commerciales a tout de suite accepté que nous abandonnions notre mission. #grat grat grat#       

#plok#         

Ainsi, en plus de tout le reste, nous allions faire dans l’ouverture de relations diplomatiques…

Il a dû arrêter de se gratter.
Mais je dois dire qu'on a bien profité du voyage qui a duré bien plus longtemps que vous l’imaginez. Mais ça, ce ne sera pas moi qui le raconterai. La belle Éva le fera !

Moi, je reprendrai la parole après,  pour vous décrire la manière très délicate dont on nous a accueilli dans le Nord.


Une grande respiration

#plok# 

Président ?

Préparez les crédits, on a livré le poste TSF !


Eva Long
Lorsqu’Éva prend la parole, on dirait qu’elle a un peu de mal à respirer, ça n’a pas l’air d’être la grande forme. 
Jules… arrêtez de crier si fort on va nous prendre pour des capitalistes encore.

Il avait laissé sa radio allumée. On entend des “scrih” qui signifie qu’elle allume la sienne. 

On peut vous le dire maintenant chers auditeurs, nous ne sommes pas des lapins de trois semaines comme le pensaient certains. 
Pauvres Lapins ! J’aime bien les lapins moi… Pourquoi on utilise pas le terme je sais pas moi… sorcière…


#plok#

Notre magnifique voyage de la Capitale à Dité a été raconté avec plusieurs lunes de décalage. 
Pas folle la guêpe !
J’aime bien les guêpes aussi ! 
Oui je sais Jules c'était votre idée, mais j'étais d’accord donc c'était un peu la mienne aussi. 


#plok#

Jules va vous raconter comment on a failli voir Dité…

Jules Lagrille
Éva était bien plus proche que lui de la fuite du plafond.
 

Il enchaîne directement
Tout à fait, Éva, quand nous avons indiqué que nous entrions dans les tunnels, cela faisait déjà plusieurs lunes que nous les explorions.
Un soupir.
Le plan que nous en avons tiré aurait pu être un beau cadeau pour les remercier de leur hospitalité !


Leur hospitalité…

#plok#

Parlons-en de cette hospitalité !
Nous sortons donc du métro, nous nous retrouvons avec un comité d’accueil conséquent.
Et ils s’approchent de nous, menaçants. Ils commencent à attraper tout ce qu’ils peuvent.
J’avais laissé le poste TSF au sol, pour soulager mon dos, c’est lourd ce truc ! Madame Zillah s’en empare vivement, avec les chaussettes à rayures d’Éva qui séchaient encore dessus. Pff...

Ils nous prennent même une partie des crédits que nous étions censés leur livrer et avec lesquels nous espérions être payés pour la livraison des pièces de bateau !
Autant vous dire qu'on a gardé le reste de la prime des cochons.

Il a dit ça d’une traite, il a l’air d’en avoir gros sur la patate.

#plok#

Eh bien qu’ils restent tout seul sur leur île à déprimer !
Ils veulent qu’on les suive, qu’on se mette à genoux devant eux et qu’on passe à la casserole, pas question ! On a profité qu’ils soient tous autour du sèche-chaussettes et on a filé.

 

Il revient quand même sur ce qu’a dit Éva à la fin.
Voyons Éva, c’était juste pour rigoler…
Il hésite…
Bon, je raconte à nos auditeurs, ça aurait pu être le casse du siècle…

Je me disais que comme ils étaient tous en balade, peut-être que leur communauté était toujours debout et sans défense.
Vu qu’ils ne nous attendaient pas si tôt, on aurait pu s’y rendre discrètement et y installer directement le poste TSF et créer leur ambassade en douce.
Ha ha ! On serait reparti avant qu’ils ne s’en rendent compte !
J’étais vraiment prêt à le faire.

Imaginez nous, en train de monter l’escalier qui menait à la sortie.
Plok, Ben et Éva essayant de me retenir de faire une bêtise…

#plok#
Si les auditeurs ont de l’imagination, ils peuvent imaginer la scène.

Mais vous, chère compagnonne, ainsi que  Ben et Plok avez voté contre.

#plok#

Dommage, j’aimais bien le côté farce, même si j’avoue qu'au niveau fair-play, c’était un peu limite.
Il grogne
Mais vu l’ambiance locale, on aurait dû le faire finalement !

Il termine.
En tout cas, merci le karma, la seule chose importante que la sorcière a récupéré, c’est le poste TSF dont elle ne voulait pas !


 

Yoko Sumo
Ô ma Méduse,
Que ton verbe a su me toucher,
Et ton charme sans ruse
Qui pourtant ne cesse de blesser.

La triste étreinte n'a parfois besoin
Que d'un espoir d'atteindre contre son sein
Plus de savoir et de compréhension
Comme un mortel s'en retournant à Sion.

Mais il n'y avait autour de toi qu'une meute
Et autant de bouches à nourrir, dame.

"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Klostro
Ouai...une meute de clébards encore plus cons qu'vous pouviez l'imaginer. C'est dire. Tout ça au service d'une putain d'anoxérique en délire psychotique qui s'prends pour la Faucheuse. C'est...waah...! Particulier.

Il soupire et rit en même temps.

J'sais pas combien d'survivants on est dans c'coin du monde, mais fallait qu'on s'tape l'plus cruel et pleutre à la fois à proximité. 
J'aime pas les cons

Zillah
Sur un ton monocorde et sans chaleur.
Encore plus que d'habitude oui.

 

Cher M. Lagrillade,

Merci d'avoir choisi Les Terres de Dité.

...

Nous apprécions sincèrement que vous ayez choisi de séjourner chez nous.
Nous espérons que vous avez passé un agréable séjour.

...


Nous nous ferons une joie de vous accueillir à nouveau bientôt.
En guise de remerciement, nous vous offrons le second service pour votre prochaine visite.

...


Au plaisir de vous revoir.
Ou pas.


Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.

Iria Kessler
Iria soupire. Tout s'était passé un poil vite. Elle roule des yeux et n'allume pas la radio. Sa survie avant tout. L'hypocrisie qui la tient avec. Mais elle ne changera pas de camp. Elle raillera les idiots quand le moment sera venue. Pour l'instant, elle préfère se taire. Dommage, elle aurait aimé converser avec de nouveaux gens. La patronne en a décidé autrement et c'est sans doute mieux ainsi...
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Hazel Morgan
Après des heures passées à écouter la radio jacter dans tous les sens, la blonde finit par saisir le bouton " on " . Se souvenant d'une conversation radio qu'elle avait eu plus tôt et qu'elle avait eu du mal a croire. 

" Wouah, il fait rêver vot' coin dis donc " 

 
Qui s'y frotte s'y pique !

Eva Long
Dit dont Johanna, merci pour l'acceuil... aussi.
On avait même accepté de ne pas toucher au troupeau que vous avez en partie disséminé.

Les derniers échanges avec Johanna devait lui rester en travers de la gorge. 
Nous faire tout un sketch pour venir ensuite nous piller. Vous avez bien choisi vos amis ! 
Bref...  
Pas un pour rattraper l'autre.


Mais elle sait qu'ils sont écoutés et que grace à eux, des vies seront peut être sauvées. 
En plus il n'y en a que pour vous Jules. On dirait qu'on existe même pas. 
Elle avait dit ça un peu plus bas, probablement touché dans son amour propre. 
Éva tousse, ça ne ressemble pas à la grande forme.


Nous allons bien, merci. 
Je dis ça pour ceux qui s'inquiètent. 
Plok est un peu... perturbé mais sinon tout le monde survit. 
Et Ben n'a pas laché son seau. 
Mais si, Jules, c'est important de le signaler quand même. 


Sa bouche à l'air sèche. 
Je vous laisse un peu, amis auditeurs, ça me donne soif de parler... Et on a plus d'eau...
Ni de nourriture d'ailleurs...

A vous les studios...

*clic*

Plok
Plok triste...
Famille déçu...
Voix et amis Voix pas gentil...

Zillah
Pour reprendre une maxime bien sentie :
Le Nord, ce n'est vraiment pas pour les ringards.

Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.

Iria Kessler
Iria soupire, encore. Elle a rien boufffé depuis des jours, comme un contrecoup approprié pour ne pas avoir pu intervenir en bonne et due forme. Son corps est contrariée et elle dégobille tout ce qu'elle a essayé d'avaler récemment. Et elle n'a même pas pu toucher à un homme, c'est dire.

Elle écoute Zillah jouer de mots. Des ringards, Iria n'en était pas certaine. Mais des naïfs, ça oui. Bien sur, la patronne avait agit au moment opportun. Johanna et Iria était à quelques lieux de là, à cueillir herbes et autres conneries, pour ce que l'hiver avait bien voulu laisser sur sa fin. 

Elle clic sur le bouton cette fois.

« C'est bon, patronne. Notre réputation est bien enterriné pour cette fois. Personne ne viendra nous faire suer ici. Bloody hell... »

Elle se retient. L'ironie et la frustration sont palpables. Il n'y a pas plus d'intérêt à aller plus loin. Pour l'instant, Iria est sauve. Encore et toujours. Et le temps dira, si, quand et comment, le nord changera de voile. Elle reprend, d'une voix sèche, adressée à qui voudra bien l'entendre.

« Vous êtes au parfum maintenant. Nous n'avons pas besoin d'amis. Anyway, Presley va s'assurer que ça reste bien le cas. Il ne s'est pas occupé de ses marshalls pendant des lunes et d'un coup, il s'en ait inquiété. Juste pour vous dire. La petite vanne. Poor thing... Il va faire une récupération politique de ce qui vient de se passer et vous allez tous vous complaire dans sa fange. Yes, je prophétise. Et je suis saoulée d'avance. Bonjour chez vous, comme vous dites.

Iria Kessler, out. »


Sur les derniers mots, sa voix vascille un peu. Et le silence règne.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Klostro
A peu près tout l'monde lui chierait dans la bouche s'il sortait d'son trou, au président...D'quoi tu parles ?
Comme à peu près tout l'monde savait qu'vous étiez des fils de pute bien avant vot' dernier exploit, l'anglaise.
On avait juste un doute sur vot' stupidité.

Vu c'que l'autre débile dont j'ai pas l'nom s'imagine sur l'autre fréquence, vous pourrez vous arrêtez là, le doute est l'vé.

J'aime pas les cons

Yoko Sumo
J'ai croisé le président il y a quelques jours, dans sa Capitale déserte.
J'ai vu un homme usé, occupé à racler une boîte de thon comme s'il tenait un signe extérieur de richesse.
... Il m'a avoué une série de viols, pas sur le ton de la confession mais pour m'apprendre qu'on finissait par se lasser des "Non pitié pas encore" et des "non ! Non ! Pas par là !"

... 
Ça m'a un peu vacciné du bonhomme. Si sa victime le souhaite, elle peut se faire connaître et on ira le confronter ensemble une bonne fois ? On pourrait peut-être mettre son portrait sur le tableau des marshalls ?

"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Iria Kessler
« Oh Klostro... Toujours aussi détente sur les jugements et insultes. Tu t'étonnes après que le courant ne passe pas bien. Well... I presume you will never said that to us, just... right... here. Coward. »

Le dernier mot est dit dans un souffle. Un nième soupire pour la britannique. Tout punk revendiqué qu'il est, Klostro n'a jamais fait une forte impression chez Iria. Si ils n'ont pas volé leur réputation, ce gars qui se pavane à des kilomètres, en prétendue sécurité, en jouant de supériorité, ça a tendance à l'irriter plus que de raison. Et l'irritation, elle en déborde un peu trop en ce moment. 
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Klostro
Oh pauvre chouquette... Pardon hein. T'es absolument irréprochable, l'anglaise !
Si vous parlez d'ceux qui viennent comme des naïfs voire des débiles et ceux qui viennent pas comme de lâches, c'pas des jug'ments ni des insultes non non...
Et ces gars ils pleurnichent pas comme tu l'fais là.

Mais vas-y, t'as raison, j'arrête d'vous juger. C'trop casse-couille de t'entendre faire ta prude.

J'aime pas les cons

Iria Kessler
« Who's crying ? Beaucoup trop de vilains mots pour quelqu'un qui s'en cogne. Boring... »

La voix d'Iria est parfaitement calme. Elle n'a pas le ton de celle qui pleure. Plutôt de celle qui est blasée. Un autre mec toxique. Parmi la pléthore de mec toxiques qu'elle a pu croiser, celui-ci n'a absolument rien de spécial. Bah, que le désert l'emporte.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Yoko Sumo
Une dame rien moins qu'innocente pourra me punir pour la suite à coups de casserole, mais c'est trop tentant.

La voix de Yoko s'élève sur les ondes, le coffre déployé, comme s'il s'était mué en prêtre et s'adressait à ses paroissiens.

Nous sommes réunis en ces lieux hertziens pour célébrer un rite qui nous rassemble. Il apaisera, si ce n'est les célébrés, du moins les cœurs des âmes silencieuses.

Cet homme pourrait faire offrande de son ire aux rudes soirées d'hiver.
Cette femme pourrait doucher de son glacial désintérêt le plus enthousiaste des summer days.

Mais il n'est de défi pour Dieu qui ne soient changés en œuvres ô combien solaires. Car Dieu est amour, et sa création traverse et réchauffe les esprits les plus rebelles.

Je te salue, toi, Rébellion.
Toi qui t'es faite corps dans un noble dogue tout de colère engoncé.
Toi qui a goûté aux délicatesses du corps de femme, mais t'es trouvée corsetée par un besoin inextinguible de jugement envers autrui.

Tu souhaites aujourd'hui reprendre ton entière et absolue beauté en l'union de Klostro, et Iria, tes deux avatars les plus réussis.
Puisse-t-elle porter au monde de nombreux fruits, par un vaisseau que nos chastes sens se garderont de connaître.

Amen.




 
"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."

Iria Kessler
Iria lève un sourcil. Un sourire se tire légèrement au coin de ses lèvres. Pff, qu'est-ce que c'est cette bloody connerie encore ? Le rire est pouffé. Mais privé.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.

Holland
Je préférais tes poèmes Yoko !

Yoko Sumo
Un instant perdu luit dans le ciel noir,
Joyau de temps ceignant la voûte nocturne.
Captant cette lueur du soir,
Je cesse de hurler à la Lune.

Un instant.

Car cette clarté ne me réchauffe pas.
Elle m'apaise et me guide,
Mais je ne peux risquer d'être las.

De crainte de devenir régicide.
"J'aime bien casser les reins des dames, mais généralement c'est les lombaires qui cèdent en premier. J'ai pas loupé d'grand chose tu me diras."