Keanu RibsLa radio grésille puis
"Gruîîîîîîîîî Gruuuuuuuik. Ici Keanu Ribs.
Apparemment, le Président a sorti le carnet de chèques, nos couennes sont mise à prix. Celle de Scôtelett, la mienne. Annonce officielle, grands mots, ton grave… C’est mignon : Jeremiah Presley, le cul bien au chaud, planqué derrière les murs de sa petite forteresse et des gardes qui sentent bon la framboise a décidé que c’était l’heure des hostilités.
Et pourquoi, au fait ?Ah oui… abomination inhumaine et suspicion de cannibalisme.
(Merde, on était même pas encore passés à l’acte… mais maintenant que tu le dis Jeremiah, l’idée fait son chemin.) À force de traiter les cochons comme des bêtes, faut pas s’étonner qu’ils arrêtent de faire semblant d’être sages.
C’est beau, quand même...monstres officiels de la République. On va essayer de se montrer à la hauteur."
"Hey Jeremiah tu m’entends ? Alors comme ça tu veux nous charcuter ?
Envoyer tes chiens, c’est pas une stratégie. C’est juste ouvrir l’auge et espérer que ça se batte pour la ration. Alors vas-y, Président. Envoie les mercenaires, les héros sous shampoing premium. Qu’ils viennent renifler la prime, baver sur nos gueules, rêver de trophées à accrocher aux murs."
"À tous ceux qui écoutent :
maintenant que Presley a décidé de nous désigner comme ennemis, il a tracé une ligne. Une vraie. Et une ligne comme ça, on la traverse pas deux fois sans conséquence. Ceux qui choisissent son camp, savent désormais où ils se placent. Rien n’est écrit d’avance, mais le jour où nos routes se croiseront, ce sera pas pour débattre. On va pas se laisser mener à l’abattoir en silence.
Qui vivra verrat."
Je laisse toujours le choix. Après, je m’occupe des restes.
ZillahKeanu Ribs, hein?
...
......
.
Fort bien.
Ici Zillah.
Voix de la Géhenne.
On avait pu lire ses annonces, mais c'est bien la première fois que l'on entend sa voix d'outre-tombe sur les grandes ondes.
Elle est froide, posée, monocorde et vaguement féminine.
Vos aversions pour l'illusionniste Presley sont partagées par les miens.
Les Marshalls pourront se garder leurs 30 derniers et s'offrir une soirée de plaisir au bordel du coin, assis en rang d'oignons sur les quatre pieds d'un certain tabouret...
Vous pourrez donc passer tranquille si vous croisez notre route.
Il se pourrait même que l'on partage le pain, et s'entendre sur plusieurs points...
Tout le contraire d'un capitalisme nécrosé qui vous vendrait vos propres marcassins.
Le ton change subtilement et devient plus froid encore.
Envoyez-vos seïdes mon cher Jeremiah.
Nous les clouerons au bois.
Gratis est.
Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.
Iria KesslerC'était peut-être bien tous des tarés. Mais ils avaient raison. Le Presley continuait d'abhorrer les mœurs et habitudes de ses prédécesseurs. Qu'ils aillent bien tous se faire cuire le cul, ces connards de capitaleux.
- Iria Kessler. Je me permets de rajouter, Presley, qu'en agissant de la sorte, de manière totalement arbitraire, vous vous faites déjà beaucoup d'ennemis. Le monde a déjà sombré une fois à cause de vos abrutis d'ancêtres... Quoi que le chanteur y était pas tant pour grand-chose mais bon. Vous reprenez la prétendue gloire d'une administration de milliardaires corrompus, j'ai vu vos statues de merde à la Capitale. Cela vous mènera à votre perte. Je suis avec la Géhenne, et même si je ne porte pas fièrement ce blaze, si on doit être votre enfer Presley, ça me va parfaitement ! Terminé.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte qu’il ne s’écroule pas aujourd’hui.

Porclétaires de tous les pays, truiessez-vous !
PoussinPoussin se sen parfoi pouete et filozoff :
Fange'song
(Couplet 1 )
Les âmes sont des larmes, des feux mourants dans la nuit,
Depuis que l’ancien monde s'est effondré dans l'oubli.
Des années de silence, puis l'exode a commencé,
Nos mondes à l'agonie, nos espoirs morcelés.
Dans ce vide glacial, là où l'ordre a sombré,
Nous, les porcs, avons surgi pour enfin dominer.
(Refrain )
Oh, les gens, nous sommes votre reflet dans un miroir éclaté,
Où chaque faction se bat pour sa propre destinée.
De l'utopie perdue aux secteurs inexplorés,
Nous serons votre avenir, par la force rénové.
C'est la danse des Porcs, sur vos crânes éclatés,
Dans cette auge immonde que vous avez laissée.
(Couplet 2)
Des planqués dans la capitale, leur forteresse
Leur société n’est qu’a base d’ignobles promesses.
Ces humains, décadents, déploient leurs tactiques de bluff,
Dans ces batailles, juste comme un jeu de cartes et du stuff.
Chaque choix a ses conséquences, le passé vous poursuit,
Le secteur "Utopien" brille, mais le chaos, c'est nous qui l'avons produit.
(Refrain )
Oh, les gens, nous sommes votre reflet dans un miroir éclaté,
Où chaque faction se bat pour sa propre destinée.
De l'utopie perdue aux secteurs inexplorés,
Nous serons votre avenir, par la force rénové.
C'est la danse des Porcs, sur vos crânes éclatés,
Dans cette auge immonde que vous avez laissée
(Outro)
Le nouvel âge commence,
Sous l'influence et la vengeance.
Qui sera le souverain ?
Jusqu'à la fin du chemin.
Porcin... au-delà du vide.
Votre destin sera rapide.
QUI VIVRA VERRAT !
Jeremiah PresleyMadame Kessler...
Je ne suis pas surpris de vous croiser sur ces ondes à friquoter avec ces abonimations gauchistes.
Nous avons des preuves que c'est vous qui êtes à l'origine de la dégradation du mémorial Trump. Cet acte de terrorisme ne restera pas impunis ! Soyez assuré que toutes les forces démocratiques de défense des libertés se fera un plaisir de vous appréhender pour que vous puissiez répondre de cet acte odieux.
Six String Samurai ne connaissait par la pentatonique.
Iria KesslerSes réflexes anticapitalistes avaient eu raison d'elle. Mais en même temps, voir la réaction disproportionnée de ce président de pacotille pour avoir souillé l'effigie du véritable porc qu'était Trump, était un amusement en soi. Ça serait encore plus marrant s'il n'avait pas mis sa tête à prix. Mais, un facho reste un facho n'est-ce pas ? Elle prend un ton désinvolte quand elle répond à Presley sur la fréquence des cochons.
- Qu'est-ce que c'est que ces conneries encore ? Vous vous ennuyez déjà à ce point dans votre ville toute pourrie ? Putain Presley, juste parce que je critique publiquement votre politique, vous trouvez une excuse toute moisie avec témoin pour me coller un avis de recherche au cul ? Témoin mon cul aussi d'ailleurs. Vous vous enfoncez et répétez les erreurs de ce gros con de Trump. Bien qu'en effet, ça ne m'aurait pas dérangé de souiller sa statue de merde. Je sens qu'on va s'éclater !
Elle pousse un petit rire. Et rajoute, plus enjouée.
- À mes amis les cochons… Bien que je ne partage pas vos goûts vestimentaires, il semblerait donc que notre ami commun nous mette dans le même panier. J'imagine que ça fait de vous mes vrais amis… Au plaisir de se croiser. Ma patronne a déjà montré de l'intérêt à votre égard, je suppose que ce n'est qu'une question de lune avant qu'on se fasse des accolades de camarades gauchistes. Parce que visiblement, pour Presley, tout ce qui n'est pas facho, c'est gauchiste. Va comprendre.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte qu’il ne s’écroule pas aujourd’hui.
GAZLAKClic de radio et grésillement.
...
Je sais plus la différence entre les gauchers et les fâchés, mais je préfère prévenir que je suis lié par saint contrat-serment envers la soeur Kessler. Et comme le stipule le deuxième verset du saint contrat-serment...
Légère inspiration, puis récitation religieuse :
On ne touche pas aux copains.
Le premier chasseur de prime ou fâché de la capitale qui tenterait quelque chose verrait sa vie abrégée dans d'atroces souffrances. Ceci n'est pas une tentative de dissuasion. Ce serait un honneur de marraver d'honnêtes chasseurs de prime et de mettre leur tête sur une pique.
...
C'était GAZLAK, acolyte de la Géhenne.
Mirela Horvat Le campement de Mirela n’était rien de plus qu’un cercle de pierres, une bâche fatiguée et un feu maigre qui luttait contre le vent.
Au-dessus d’elle, le ciel était vaste, trop vaste, comme si le monde n’avait plus de toit depuis longtemps.
La radio reposait près de ses bottes.
Elle n’émettait pas de lumière, seulement des voix.
Keanu Ribs.
Sa voix claquait comme une bannière en flammes. Provocante, violente, vivante.
Il parlait comme quelqu’un qui avait déjà accepté que la paix était morte.
Mirela sentit une tension dans l’air, comme avant un orage. Les hommes comme lui ne reculent pas. Ils entraînent les autres avec eux.
Zillah.
Une voix qui n’avait pas besoin de crier.
Une voix qui parlait de clouer, de bois, de sacrifice… avec une tranquillité inquiétante.
Mirela détourna un instant le regard du feu. Certaines forces n’avaient pas besoin de muscles pour écraser.
Puis Iria Kessler.
Brute. Franche. En colère.
Une femme jetée hors du système qui mordait maintenant en retour.
Mirela comprenait cette rage. Elle l’avait vue mille fois, dans les yeux de ceux qu’on avait trahis trop longtemps.
Et enfin Presley.
Même depuis sa forteresse, sa voix se répandait sur les terres comme une ombre.
Il parlait de démocratie, de lois, de monuments…
Comme si le monde n’avait pas déjà brûlé une fois sous ce genre de discours.
Mirela inspira lentement.
Il faisait beaucoup de bruit.
Les dirigeants qui parlent trop fort sont ceux qui sentent le sol trembler sous leurs pieds.
Les porcs, la Géhenne, Kessler…
Ils étaient dangereux.
Mais ils étaient honnêtes dans leur fureur.
Presley, lui, sonnait comme quelqu’un qui transformait la peur en ordre.
Mirela posa la main sur l’émetteur.
Ses doigts restèrent là, immobiles.
« Trop de voix crient ce soir… et quand tout le monde menace, ce sont toujours les innocents qui paient. »
La phrase resta dans sa gorge.
Elle n’appuya pas.
Dans ce monde, parler, c’était devenir visible.
Et Mirela n’était pas encore prête à être vue.
Le feu craqua doucement.
Le vent emporta les dernières syllabes de la radio dans la nuit.
Et au milieu de cette immensité ouverte, elle sut que les ondes venaient de sceller quelque chose.
Une chasse.
Une guerre.
Ou peut-être les deux.