La radio grésille, puis la voix de Steph déboule sur les ondes, un peu trop vivante pour un monde qui s’est effondré.
« Ok Maya, déjà… respire.
Si tu peux paniquer à la radio, c’est que t’es encore debout. Bon point. »
Une micro-pause. Le sourire s’entend presque.
« Alors règle numéro un du manuel Comment ne pas mourir idiot dans l’apocalypse :
évite de balancer ta position exacte si t’es seule.
C’est un coup à finir soit bouffée, soit ramonée sans consentement par un type qui appelle sa machette “ma chérie”. »
Un bref rire, sec, puis elle reprend.
« La radio, c’est comme un bar ouvert sans videur :
y’a des gens cools… et beaucoup trop de connards.
Donc on fait ça finement. »
Le ton reste léger, mais le message est clair.
« Dis pas où tu es.
Contact plutot les gens que tu croise ou ceux qui à la radio on l'air un peu moins craignos et menteurs que les autres. »
Un souffle.
« Autres conseils gratuits :
— bois pas un truc qui mousse tout seul,
— mange pas un truc qui te regarde encore,
— et si quelqu’un te promet la sécurité, la bouffe et l’amour éternel… cours. »
Petit rire.
« De mon côté, je suis au nord de la Capitale.
Pas une reine du désert, pas une sainte non plus, juste quelqu’un qui avance encore et qui aide quand elle peut. »
Elle conclut, plus chaleureuse.
« Si jamais ça devient vraiment trop la merde,
ma fréquence est ouverte.
Tu balances un message, même bancal, même nul… je capterai. »
Un dernier trait d’humour, pour la route.
« Et t’inquiète :
ici, on survit d’abord.
On philosophe après. »
Grésillement.
« Steph’, terminé. »