Messe et bénédiction du buste d'Elvis
Chapitre débuté par Frère Georges
Chapitre concerne : Frère Georges,
Frère Georges


Ce texte vaut une bière !
Ayant fait par hasard la rencontre du président Presley dans la capitale, le frère Georges fut invité par lui à participer à la messe qui aurait lieu ce dimanche, dans le temple de la capitale– ou plutôt à la cérémonie qui en tiendrait lieu -Il avait aussi précisé : « Je me charge de forcer les gens à venir y participer. « Comme le dirigeant avait manifesté sa foi, le moine accepta, même si les conditions d’exercice lui avaient semblé un peu … inadaptées.
Par la suite , le président précisa aussi sa pensée en lui demandant de bénir à cette occasion un objet archéologique qui lui tenait à cœur : le buste de son grand-père, Elvis lui-même, qui venait d’être découvert dans les terres désolées.
Le jour venu, Frère Georges observa la foule rassemblée dans le lieu : des visages tirés , un peu poussés par les quelques miliciens. Serrant un peu les dents , il avança au milieu d’eux , alors qu’il s’écartaient , en levant au dessus de lui une croix improvisée avec deux branches d’arbre et un peu de cordage.
Il s’arrêta à l’autel improvisé, et la statue à côté de lui, posée sur une caisse de munitions. Pour l’instant recouvert d’un tissu poussiéreux.
Georges commença à se signer, tout en incitant, d’un geste, les fidèles à l’imiter
"Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit."
Il attendit un bref instant , hésitant, observant ceux face à lui , pour voir s’ils savaient encore quoi lui répondre. Mais il poursuivit.
"Frères et sœurs survivants, la paix du Seigneur soit avec vous."
…
"En ce monde brisé, nous sommes ici pour nous souvenir des œuvres humaines qui ont porté la joie,afin de rendre grâce à Dieu, seul Créateur et Sauveur
... Mais nous devons aussi reconnaître nos fautes et nos erreurs humaines, ainsi que l’orgueil qui a conduit le Monde à sa chute."
...
"Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères que j’ai péché…"
A nouveau il marqua un silence , pour laisser poursuivre ceux qui le voulaient ou le pouvaient
"Que Dieu tout-puissant nous fasse alors miséricorde"
Puis il leva devant lui quelques feuillets jaunis , reliquats d’une ancienne Bible. Ici le texte était celui de l’Ecclésiaste, qu'il lit.
"Paroles de Qoheleth, fils de David, roi de Jérusalem.
Vanité des vanités disait Qoheleth. Vanité des vanités, tout est vanité !
Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?
Une génération s’en va, une génération s’en vient, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche ; il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.
Le vent part vers le sud, il tourne vers le nord ; il tourne et il tourne, et recommence à tournoyer.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est pas remplie ; dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.
Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L’œil n’a jamais fini de voir, ni l’oreille d’entendre.
Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une seule chose dont on dise : Voilà enfin du nouveau ! – Non, cela existait déjà dans les siècles passés."
Le frère laissa passer un silence après sa lecture, puis abaissant ses feuillets , il reprit la parole pour commenter le texte
" ... Non , Qohelet n’était pas un homme heureux. Il avait vu trop de choses pour cela. Des royaumes qui chutaient, d’autres qui demeuraient. Et même des chants oubliés avant que leurs échos ne se taisent. Et il a dit : ‘Tout est vanité’ . Mais pas pour rejeter ni mépriser, mais pour alléger la vie, soulager la peine."
*Balayant la foule du regard, il poursuivit*
" Vous le savez, chaque jour ici peut ressembler au précédent, on cherche de l’eau, on répare, on enterre, on recommence. Rien de nouveau alors … Mais pourtant … nous sommes encore là , et tout ce qui a existé existera encore."
*Il se tourna alors vers le buste et souleva le voile pour le découvrir*
"Elvis aussi chantait cela : There'll be no sadness, no sorrow, No trouble, trouble I see, There will be peace in the valley for me …
Des chants pour soulager, pour alléger et amener vers la paix. Car avant la chute, Dieu inspira des hommes comme lui pour créer beauté et consolation.
Certains chantèrent, et leur voix donna courage aux cœurs fatigués.
Aujourd’hui, nous ne vénérons pas un homme, mais nous bénissons un souvenir pour qu’il nous ramène à l’Espérance, et nous porte à chanter comme lui."
*Il versa enfin, de sa gourde jusqu'au creu de sa main un peu d’eau, recueuillie du matin et bénie*
"Dieu éternel et tout-puissant, toi qui es la source de toute beauté, bénis cet objet issu du monde d’avant."
*Il aspergea ensuite le buste, puis fit face à lui un signe de croix *
"Que le simple souvenir de cet homme, qui fut un fervent serviteur de Dieu rappelle aux vivants que la joie peut subsister même dans les ténèbres."
*Puis, après un court silence, jetant un œil au président avec un oeil entendu, il poursuivit*
"Et nous louons aussi ce qui a existé du monde passé, les principes d’une économie florissante et juste pour tous, qui sont les garants d’une stabilité pour un monde ordonné. En effet, le capitalisme d’avant ne peut plus être celui d’aujourd’hui. Sans excès ni insensibilité, il pourrait être un argument de sécurité , et de survie possible, au milieu d’une nécessité vitale d’échanges humains. Cette capitale est donc ce lieu d’ou peut renaitre ce principe."
"Et maintenant, chantons ..."
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*Et il poursuivit la messe jusqu’à son terme ...*