Les long sanglots des cœurs monotones.

La petite échappée continue malgré les éléments défavorables, guidée au son du caisson de basses, affrontant vent de face et basse marée en chemin. Pendant ce temps de chien, l’équipe s’occupe avec des jeux d’eau, bains de boue et judo, et maint jeux de mots doux, un coup d’exploration ou va-et-viens improvisés en quêtes de trésors faciles.Au loin, un vilain feu ravage la ville pour des paroles déplacées de mauvais magicien. Adieu, veaux, vaches, cochons et boucliers humains ! Les dociles amateurs de soupe à la couleuvre quittent le village des vieilles marmites, appâtent les chasseurs pendant que les rats gardent leur navire pour le joueur de flûte. On crie à l’attentat, on prédit du massacre ou pire, mais l’acre terreur condamne plus vite les pyromanes eux-même qui s’entêtent et, pillés du diadème imaginé, s’éparpillent à pattes comme des volailles étêtées.Un élan de panique au désert aura suffit pour perdre les pédales, et les malvoyantes sacrifient le troupeau éborgné, espérant renverser le plateau avant d’avaler la chique. Ailleurs, les pairs se forment dans la plaine verdoyante qui s’endort autour d’un feu de camp. À l’heure où sort la lune, alors qu’un couple et deux chevaux passe leur virage romantique vers le rivage voisin, on entend un refrain sorti d’un haut-parleur antique… Respect Zee Yodel !

À contre cœur, l’équipe sans domicile fixe tente une séparation temporaire pour couvrir le terrain.Le pilote remonte à l’intérieur des terres pendant que l’éclaireuse relève la côte accidentée, avec un kit mains-libres fourni par le S.A.V. pour qu’ils restent en contact. Lui s’enquiert de ses découvertes cartographiques et des rôdeurs à proximité d’elle. Il écoute son fidèle ghetto-blaster solaire, sur lequel il a rajouté un de ces nombreux transistors que l’on trouve abandonnés, bien qu’ils fonctionnent fort bien après quelques efforts.Le chien dévore une carcasse fraîche avec entrain, savourant un délice rare dans les déserts du nord. Ce festin l’occupe un bon moment et l’inspire si bien qu’il en japperait devant ce squelette plein d’os à choisir. Son maître a déjà mis de coté les omoplates pour en faire des sandales, ou bien des raquettes, et s’occupe maintenant de les décorer avant d’en déterminer la fonction plus tard, peut-être.Il dessine une danseuse en jogging-débardeur avec, aux hanches, un walk-man doré en forme de croc, branché sur un casque audio ailé, jouant des coudes dans un circuit de derby-roller avec plusieurs camarades, rythmant sa course effrénée en sifflant une mélodie tranquille, et les scores qui s’affichent sur un écran géant que tout le monde regarde.Périodiquement, il scrute l’horizon avec ses jumelles allemandes, légués par un aïeux, pour prendre des nouvelles de l’exploration. Peu d’animation, hormis une esclave noire effrayée qui les fuit et quelques somnambules silencieux. Mais le soir, dans sa tente, alors que le chien monte la garde à l’extérieur, les pattes étendues auprès du feu, et qu’il écoute les fréquences libres les plus extravagantes, Yodel échange textos et selfies de plage sans secret avec sa bonne étoile, et quelques souvenirs du bord, sur un fond musical. Respect Zee Yodel !

 Perdue de vue mais gardant sa voix, Yodel épluche la foret boréale depuis l’aurore à la recherche de sa vive coursière, suivant le chien irradié qui se laisse distraire souvent, suivit de la servante élégamment brûlée qui tient le parapluie pour ne pas qu’il s’envole. La blonde a les mains rougies et les bras chargés de tatouages sanguins, comme droit sortie d’un mariage turc, et le chien assorti de la même couleur pour moitié presse le pas sans direction précise.  Prétextant une vérification géométrique, le trio avance éperdument sur la piste d’une aspirante valkyrie presque disparue, guidé à travers les bois ténébreux par les chants de sirène qu’elle émet sur onde courte. La petite fée muse sous la pluie combattante, elle le nargue et lui tourne autour. C’est qu’elle a gardé le blouson noir, la maline, et le maquereau est nu sous son masque, hormis ses rangers et son froc, si bien qu’il court pour la température dés qu’elle le fait marcher. Un Achille a trouvé son talon aux chevilles d’Orgeluse, quand elles sont désenflées, tâche maintenant d’éviter la blessure sans se morfondre dans les fourrés coupants, et va se perdre à l’air libre au commencement du monde, au prix d’un coup bas de bonne guerre et de nouvelles griffures dans le dos. Là, l’arrêt net du littoral à l’orée du couvert rend la presque-île inaccessible, du moins par le sol si familier, il doit ranger le sextant et réorienter sa quête de passage secret à la boussole. À genoux sur la plage matinale, Yodel noie ses idées louches et son désarroi en chopant des crabes au tarbouche pour le repas prochain. Il se refait le film du soir en avance avec des visions romantiques de son écuyère dans une pose de statue antique, pense la doter d’un arc au solstice d’hiver, l’adouber d’aventure chevalière-Artémis, archère-montée ou Minnehaha. Il faudra une monture motorisée aussi, une barque à vapeur ou un mini-van, au moins une crèche pour les temps froids et quelques flèches téléguidées pour compléter la panoplie. Toute une logistique. Il fume encore son plastique inépuisable et dérive un moment sur le flots des pensées naïves pour une partie de pêche à la ligne. Rien ne mord pendant le meilleur, puis une vieille godasse verdie de moisissure. Sous les algues qui remplissent le cuir distordu de la chaussure, un coquillage cramoisi et fendu, et dedans une perle blanche mais salie. On la contemple sans nettoyer, et on la jette à l’eau avec un vœu pour la rendre aux plongeurs de fortune. Sitôt qu’elle touche le fond, elle gonfle en remuant la vase, libérant d’énormes bulles de gaz nauséabond qui remontent des abysses en éclatant à la surface. Ils acceuillent une grossière odeur de décomposition dans leur ambiance marine alors qu’un véhicule émerge des profondeurs. Sa dame de cœur pique une tête et grimpe dans le carrosse magique en forme de bus d’école, sur le retroviseur un trèfle à quatre feuilles, et les deux s’envolent pour une escapade lunaire avec le pilote à l’opération, et un peu de musique.    https://romanticallyapocalyptic.com/Respect Zee Yodel !