Fract' en Cuisine !

Grésillements, grésillements, rien de spécial. Grésillement, un peu de brouhaha et de cliquetis. Après un certains temps, ça crache entre deux vrombissements, quelques voyelles incompréhensibles. Puis viennent quelques mots, principalement des tests, des discussions sans logiques. Au moins, ça a le mérite de faire un peu veiller la fréquence, mais les plus patients sont finalement récompensés après presque une demi-heure de galère. ...Et donc avec cette vieille dent plombée et un intestin séché, on peut amplifier le signal. Voilà ! Il y a peu, Beardon Grimsay sillonnait le Fract' à la recherche des ingrédients parfait pour compléter ses talents de survivaliste. Spécialiste de la gastronomie de haut vol dans les endroits les plus reculés du désert, il a apporté à ceux qu'il croisait des conseils afin de dire non à la malbouffe dans une époque où cette dernière règne en maître. Complimenté des années durant par les critiques, c'est tout récemment qu'il a établi sur une petite île paradisiaque un nouvel établissement. Le Relais n'en est encore qu'à l'état de projet, mais les intérêts du public sont nombreux et tous se pressent aux portes du havre de la nourriture pour découvrir le menu du jour ou simplement vivre l'expérience du plus grand des palais : le vôtre. Dans Fract' en cuisine, nous suivrons le chef survivaliste multi-étoilé du Fract' dans sa quête de la perfection gustative, alors que ce dernier doit tâcher de consoler les allées et venues de clients toujours plus exigeant, la limitation en ressource qui lui est imposée, et la dangerosité naturelle de la vie dans ce monde froid et dur. Mais si le Fract' est un endroit dangereux, c'est à la malnutrition que Beardon Grimsay s'en prend. Protéines, nutriments, rien n'est à perdre dans ses plats simples et variés à la portée du premier venu. Aujourd'hui, dans Fract' en cuisine, nous célébrons l'ouverture officielle du Relais, le tenancier ayant enfin terminé les travaux d'hygiène préparatifs et ouvrant désormais ses portes aux plus grands curieux. Aventuriers, pillards, caravaniers, tous mangent et tous recherchent finalement un peu de bonheur dans les papilles. A ceux là, le Relais a décidé d'ouvrir ses portes pour un moment de repos, de détente et de découverte. Nous émettrons en permanence de nouvelles recettes afin que ceux qui ne peuvent s'y rendre décident tout de même de faire voyager l'établissement. Pour commencer fort, nous allons commencer par la première entrée au menu de ce jour : l'assortiment de cloportes à la fricassée de ragondin sur son lit de champignons nécrophages. Sans nous laisser impressionner par le titre, jetons nous plutôt aux fourneaux. Et effectivement, un bordel métallique prend place un instant alors qu'on déplace le micro, et qu'un barda sans nom se déverse sur du bois. Je suis Beardon Grimsay, et aujourd'hui nous allons réaliser mon entrée préférée, la plus simple possible ! L'assortiment de cloportes à la fricassée de ragondins. J'y ai ajouté des champignons nécrophages de par leur facilité à cultiver, et la petite touche exotique qu'ils apportent dans ce plat. Tout d'abord j'ai réalisé un plan de travail avec cette planche vermoulue qui m'a déjà donné mes premiers ingrédients. Vous voyez ces cloportes ? Non ! Eh bien il y en a de toutes les formes et de toutes les tailles ! Plein de nutriments, ils apporteront couleur et consistance à votre plat et épateront vos goûteurs ! Pour commencer donc sur ce plan de travail, je place mes cloportes dans cette poêle que je fais revenir à feu doux. Attention aux fuyards ! Ah, et si vous avez un truc mieux que les vieux réchauds à combustible solide, n'hésitez pas à les utiliser ! Pour le moment on fera avec. Vous sentez cette odeur ? Non ? Eh bien cette odeur veut dire que mes cloportes s'imprègnent de leur jus de cuisson, j'en profite de suite pour aller récupérer mon ragondin. Je l'enlève de son crochet, voilà, doucement. Toujours tenir votre viande en l'air ! Ca évite que les rôdeurs viennent la grignoter, et vous pouvez l'exposer fièrement à la clientèle -gage d'authenticité.- et donner un peu de cachet à l'établissement ! Le ragondin sera la partie la plus délicate à cuisiner, puisqu'il faut d'abord l'achever. Cette saloperie m'a mordu trois fois avant que je finisse par l'accrocher, et se débat encore. Si j'attends trop longtemps, la viande va se raidir et devenir nerveuse, ce qui n'est absolument pas acceptable. Avec un hachoir c'est chose facile, mais moi je n'ai qu'une crosse, alors je maintiens bien la bête par le cou et.. Blam ! BLAM ! Sprotch et BLAM ! J'APPLIQUE...ENERGIQUEMENT...LA PUTAIN...DE CROSSE...SUR LE CRANE DU RAGONDIN. AH. ... On s'essuie les mains, le plan de travail et on reprend. Je vais du coup utiliser ce ciseau cassé pour détacher soigneusement la viande du reste du corps. La peau fera un excellent moyen d'essuyer les couverts plus tard, n'hésitez pas à récupérer tout ce que vous pouvez sur votre futur plat ! On détache bien...les...os...du...reste, attention sur les ligaments qui peuvent vous mener la vie dure. Une fois les morceaux de chair bien séparés, on décale la carcasse (plus besoin pour le moment) et on déchire bien de façon hétérogène tous ces petits bouts, qu'on verse avec les cloportes une fois que tout ça commence à bien sentir le frit ! Pour le moment j'attends encore un peu, et j'en profite pour récupérer mes champignons. Il faut bien une minute avant le "pschit" caractéristique de la viande désormais poêlée, et le déplacement du micro reprends, bruit d'escaliers en prime. Vous voyez ce charnier ? Non ? Eh bien c'est dans cet environnement que se développe une faune et une flore qui nous permettra d'agrémenter de différentes façon tous nos plats ! Mais ne soyons pas trop gourmands et concentrons nous seulement sur nos précieux champignons. Tout d'abord on repère le cadavre le plus mûr. Pour ça, vous vérifiez déjà qu'il est bien mort ! Ahah ! Ahahahah ! Ah.. Bref, ensuite on examine l'état de décomposition. Un cadavre trop frais et vos champignons seront trop développés, malnourris et donc toxique ! On ne voudrait pas encore tuer un client ! Je récupère donc ce vieux morceau de verre brisé -recyclage !- et j'ouvre soigneusement à l'endroit où se tient le foie, puis l'estomac. Vous sentez cette odeur ? Non ? On dirait qu'une mouette a tenté de gober une poubelle entière, mais serait morte entre temps et se décomposerait en ayant à moitié seulement digéré le tout. Je découpe soigneusement les champignons, pas plus de quelques centimètres de haut. Une demi-douzaine fera l'affaire pour une personne, conservez à peu près ce dosage. Je laisse mon ami à son passage vers l'autre monde et je retourne aux fourneaux ! Micro, escaliers, routine. ...Et j'arrive pile à temps ! Mes cloportes ont l'air bien croustillant et la viande n'a pas collé, j'applique de suite mes champignons en les écartant des cloportes qui eux doivent rester secs. Je les sors d'ailleurs, ce petit bol fera l'affaire, voilà, et je surveille la cuisson de mon ragondin. Pas plus de dix minutes à feu vif, et à feu doux je devrais attendre une petite demi-heure, en rajoutant quelques épices si j'en avais sous la main ! Pour rendre la viande un peu plus "saucée", n'hésitez pas à verser un peu d'eau. Ca dilue les toxines des champignons, et ça renforce le goût ! Plus qu'à attendre désormais, et je peux servir ça en entrée ou même en plat principal si le besoin est grand ! C'était donc la recette de notre assortiment de cloportes avec sa fricassée de ragondins ! A bientôt dans Fract' en cuisine, ou au Relais !

L'alien féru de nouvelles connaissances et entre autres de tout ce qui touche à la culture humaine tombe par hasard sur cette fréquence aussi goûteuse qu'impromptue. Il l'écoute consciencieusement en regrettant de ne pas disposer des ingrédients évoqués pour tenter de reproduire la dite recette en même temps que le cuistot la réalise en direct sur les ondes. Mais une fois celle-ci terminée il songe à cet art culinaire que les humains semblent si bien pratiquer. il en serait presque à se dire que sur ce point là , l'humanité n'a pas raté son évolution ... Se décidant enfin à poser une question existentielle, il pressa le bouton "ON" de son gantelet multifonction pour se faire entendre: "Haak! Voila ce que j'appelle une émission intéressante! Haak! je suis, monsieur le cuistot, absolument fasciné par la gastronomie terrienne et votre recette ne manqua pas de me donner envie de m'y essayer.Haak! Néanmoins je ne dispose ni de cloporte ni de ragondin ... bon pour les champignons nécrophages ça doit se trouver .. haak! y'a toujours des morts un peu partout haak! Mais dites moi, dispenseriez vous des stages ou des cours particuliers dans votre Relais ? haak!"


AAHHHkkk AKkaah

*Passant continuellement en revue les différentes fréquences radio en quête de messages audibles, elle s'arrête finalement sur l'émission, d'abord interloquée, elle était prête à zapper comme dans l'ancien monde face à une télé-réalité à la con mais se ravise en entendant les Haaks caractéristiques qu'elle avait déjà entendu auparavant* Hmmm... Des cours en commun, pour sûr qu'ça s'rait bien... On pourrait p't'être même y apprendre à cuisiner d'l'alien ! Ca a quel gout l'alien au juste ? Ca a combien d'poumons et d'coeur l'alien d'ailleurs m'sieur Haak ? Ou alors vot' morphologie est trop différente d'la not' ? *CLIC*

"C'est fou comme vos organes rendent les dames curieuses ! Et cette formidable recette me rappelle de bons festins... Je l'avais déjà, peut-être, avec un rabbin. Toujours est-il, vous connaissez quelque chose en papillote, ou à l'étouffée ?"

Alors qu'il venait à peine de relâcher le bouton d'envoi de la communication, l'extraterrestre entendit que l'on émettait encore sur cette fréquence. Une voix féminine, quoi que emprunte d'une rudesse goguenarde qui lui donnait des accents quelques peu orduriers. Il écouta ce que celle-ci racontait, croyant qu'il allait s'agir d'un commentaire purement orienté sur l'émission elle-même. Mais une fois n'est pas coutume, ce fut sa propre personne qui fut prise à partie. Le contenu du propos autant que le niveau de langage utilisés n'augurèrent que d'une chose pour l'alien hypertrophié du bulbe: c'était une terrienne aux circonvolutions cognitives limitées s'adressait à lui. Et de quoi parlait-elle ? de le manger lui? après tout n'avait-il pas bien goûté l'humain lui-même. L'inverse pouvait avoir une certaine légitimité ... mais ... Haak! j'entend bien que votre appétit sans borne puisse vous porter à vous demander quel flaveur peut avoir le corps d'un être venu de si loin. Haak! Vous semblez vous intéresser à l'exotisme culinaire tout autant que moi. Haak! Mais au delà des caractéristiques physionomiques radicalement hétérogènes de mon organisme en comparaison du votre, terrienne affamée que vous êtes, je me dois néanmoins de vous mettre en garde. Haak! Consommer un corps aussi concentrée en acide sulfurique que le mien occasionnerait un empoisonnement et une dégradation fulgurante de vos organes internes. A ce titre je peux vous garantir dès la première bouchée une souffrance de plusieurs heures menant inévitablement à la liquéfaction totale de vos viscères. Haak et de ce fait, une mort atroce. A tel point que même les corbeaux, les rats ou les asticots qui seraient - grand mal leur fasse- mis en appétit par votre dépouille gonflée comme une outre distendue sous le soleil brûlant, Haak! seraient contraint de se trouver au préalable une paille afin de vous téter le jus par quelques orifices que se soit ... autant dire jeune terrienne que ce n'est pas bon pour vous...Donc préférez plutôt à défaut de mieux, la chair de vos congénères. Haak! Car bien qu'elle ne soit pas aussi exotique et rare que la mienne; celle-ci n'apporterait en supplément d'un sursis à la famine chronique qui vous accable, guère plus qu'une dégénérescence du système nerveux central.Haak! S'en suivit la courte intervention d'une voix qu'il ne connaissait pas mais à laquelle il répondit cordialement: "Haak! Oui comme vous dites! j'en suis toujours surpris moi-même! ceci étant c'est une curiosité bien naturelle!Haak! ce n'est pas moi qui vais leur reprocher de chercher à s'instruire Haak!"


AAHHHkkk AKkaah

"Dites, je profite de l'interlude pour une petite annonce personnelle. Je recherche de l’assaisonnement, du sel, principalement, et herbes aromatiques à l’occasion. A troquer pour une lance ou un outils au choix, si la quantité est satisfaisante. Vous trouverez ma fréquence.