Chroniques des Quatre-Doigts

La Logique du Sud- I
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La voix qui s'exprime est plutôt monocorde.
En tout cas, pour le moment.

Chers auditeurs, je m'appelle Alex Law et je suis le Majeur.
Nous sommes les Quatre-Doigts.
Je vais vous faire écouter une histoire que je raconte en ce moment, à une jeune enfant...

Il reprend, prenant le ton d'un conteur qui parle à une petite fille.

Gamine, le jour où le monde sembla vomir dans le sable, toutes les survivantes et les survivants qui avaient croupis dans les bunkers et autres souterrains pendant une durée indéterminée fut un jour faste, pour La Main.
En effet, très vite son Majeur trouva son Auriculaire, puis son Index, puis son Pouce et enfin son Annulaire.
D'autres se joignirent à eux et ils furent bientôt une petite troupe d'une dizaine de personnes qui ne s'étaient jamais vu auparavant, mais qui semblaient avoir trouvé une forme de sécurité dans le regroupement étonnant qu'ils constituaient.

Il prend une respiration.

Ils ne furent pas les seuls. D'autres groupes se formaient, par hasard, ou parce qu'ils étaient sans doute sortis du même endroit.
Les Quatre-Doigts côtoyaient par exemple, une sorte de section de soldats, dirigés par un homme que nous appellerons le Sergent.
Le Sergent semblait être un homme droit et honnête !
Mais un jour, il envoya l'un de ses hommes espionner leur campement, le Majeur s'en rendu compte et s'amusa à discuter avec l'espion.
Il avait déjà entendu l'espion sur les fréquences publiques et ce dernier était une grande gueule
Il s'interrompt.
Pardon petite, si je dis grande-bouche, ça ne fait pas le même effet.
Il reprend.
Le Majeur essaya de le recruter. Il aimait les grandes gueules et il avait déjà une dans ses rangs désordonnés, la plus grande gueule de ce désert : Albert Jenkins, l'Index, animateur émérite d'Eradiotique !
Presque en aparté...
Non, tu ne connais pas, mais je continue !

L'espion refusa et cette affaire vint aux oreilles du Sergent qui lui fit les gros yeux. Le Majeur répliqua que c'était de bonne guerre et qu'ils avaient juste joué au jeu que l'on appelle "Un prêté pour un rendu".
Ils semblèrent se quitter bons amis et tout aurait dû s'arrêter là.

Il marque une pause, comme pour faire monter le suspens.

Les deux groupes marchèrent à peu de lieues de distance, vers l'Ouest.
On ne savait pas pourquoi le Sergent allait par là, c'était bien ses affaires, mais les Quatre-Doigts y allaient pour que deux soeurs se retrouvent !
Car oui, l'Annulaire avait une soeur ! Et elle voulait la retrouver.
Nous ne marchions pas vite car l'Annulaire avait une soeur et un genou déboité.
Ce qui n'a rien à voir, mais cela a de l'importance, néanmoins, dans cette histoire.
Elles finirent par se retrouver.
Il doit se gratter une barbe naissante.
la voix devint plus sombre.
Mais cela ne se passa pas très bien !
Pas bien du tout.
La grande soeur de l'Annulaire croyait que le Majeur retenait prisonnière sa petite soeur.
Comme elle ne parlait pas très bien la langue commune elle lui cria dessus très fort, dans une langue qu'il ne connaissait pas.
Le quiproquo aurait pu disparaître assez facilement, mais heureusement, le diplomate qui accompagnait la grande soeur se mêla à la partie.
Ce diplomate, que nous appellerons Tryminou
Il s'interrompt à nouveau.
Oui, moi aussi je trouve ce nom très mignon, petite fille. Mais tu me permets de continuer ?
Tryminou était un diplomate scientifique qu'il racontait.
Tout était logique pour lui.
L'Annulaire était l'esclave sexuelle du Majeur et le Majeur était très dangereux, même s'il n'avait tué personne.
Il était tellement logique que le Majeur lui avoua que la logique, ça l'emmerdait.
Il exigeait des tas de choses, qu'il fallait libérer l'Annulaire, qu'il fallait que tout le monde quitte le Majeur pour le rejoindre lui.
Il se fâcha quand le Majeur lui dit à un moment, que c'était peut-être à lui de libérer la grande soeur, plutôt que l'inverse !
Le Majeur trouvait ça rigolo, comme idée. Il avait beau être très méchant, il aimait bien rigoler.
Tryminou se fâcha même tout rouge quand au final l'Annulaire refusa de les rejoindre, en lui disant tout ce qu'elle pensait de lui et que pire encore, l'une des leurs décida de rejoindre les Quatre-Doigts.

Un silence qui s'installe.

Oui petite fille... la diplomatie scientifique a des limites, je te l'accorde.

Ils se séparèrent donc, pas très copains et les Quatre-Doigts se dirigèrent vers le Nord.
Ils allaient à la rencontre d'une jeune femme très belle, qui avait d'après Albert Jenkins, un très beau cul et qui était prête à l'offrir aux queues de tous ses amis !

Je sais, je dis plein de gros mots, mais c'est pour que les gens comprennent.
Mais tu vas voir, ça devient triste après.

Une longue inspiration.

Albert Jenkins, l'Index était un peu foufou des fois.
Il voulait absolument du maquillage pour se déguiser avec ses amis.
Un jour, il vit au loin, affleurant des dunes de sable, le coin d'une sorte de caisse.
Il courut comme un fou vers elle !
En criant, en chantant, en faisant des bruits bizarres, comme il faisait souvent.
Il ouvrit la caisse et nous cria qu'il avait trouvé du maquillage noir.
Nous on ne voulait pas lui dire que c'était du charbon, pour ne pas le décevoir, on aimait bien quand il était heureux.


La voix devient très sombre.

Trois imbéciles dont le chef croyait qu'il faisait du bateau dans le sable lui foncèrent dessus.
Ils le massacrèrent en beuglant des insanités.
Je ne te donnerai pas le nom du chef, tellement il est nouille.
Ni une ni deux, les Quatre-Doigts se réunirent et foncèrent dans le tas.
Nous étions très tristes et en colère.
Personne ne fut tué et les pirates repartirent seulement en boitant derrière une dune, plus loin.

Je te l'accorde, gamine.
Il n'y a pas de justice.
Et ce n'est pas fini, tu vas voir.

Le ton redevient celui du conteur.

Peu de temps après, Tryminou et la grande soeur de l'Annulaire revinrent sur place.
Tryminou racontait que c'était pour que les soeurs s'embrassent.
En fait, c'était pour sauver les trois pauvres petits pirates qui avaient les fesses toutes rouges et qui pleurnichaient parce que les Quatre-Doigts, ils étaient vraiment cré cré méchants.
Bien sûr, presque comme s'il avait été sur un beau cheval blanc de chevalier, le Sergent accourut pour leur prêter main forte !
Il fallait certainement sauver la veuve et l'orphelin et sanctionner immédiatement les victimes, après tous les méfaits qu'ils avaient commis et principalement d'avoir essayé des lunes auparavant, de recruter sa grande gueule..
Voilà...
A l'heure où je te parle il y a plein de monde qui veut tuer les Quatre-Doigts.

Des murmures entre chacune de ses interruptions :


Oui j'abrège un peu et il est tard

...

Si si... ils veulent aussi tuer la petite soeur de la grande soeur...

...

Non, il n'y a pas de morale à mon histoire, c'est comme ça.

...

Je suis d'accord avec toi, il n'y a pas de logique non plus.
Ou alors c'est une logique scientifique.
Militaire peut-être.
Je ne sais pas.

Je te jure ! Je ne sais pas !
Par contre je sais pourquoi la logique m'emmerde !

Il rit.

Allez, petite, va te coucher.
Demain je t'en raconte une autre.

il coupe.

Joe répond en s'efforçant de prendre un ton enfantin, comme une gamine.

"Merci père Majeur pour cette histoire que tu , cette nuit je vais faire de beaux rêves, et demain si tout va mal je ne me réveillerais pas. Mais ça, c'est si tout va mal.

bonne nuit".

*CLIC*

Ronald règle sa radio, décroche son microphone, et démarre l'enregistrement.

Bonjour monsieur Law.
Eh bien, félicitation ! C'est une belle histoire que voici.

Je me demandais : quelle est cette "gamine" à qui vous parlez ? Serait-ce la petite Tof ?
Je me permets de demander, parce que pas plus tôt que 15 minutes avant l'envoi de votre message sur les fréquences publiques, elle m'a contacté.

Étrange coïncidence non ? Dans son message, apparaissait les mots "peur", et "Alex" dans la même phrase. Deuxième coïncidence, marrant ça...

Elle fait partie des troupes Ougandaises, venues à votre rescousse, appelées par vos alliés ou vous même. Et la voilà terrifiée. J'ai du lui promettre de ne pas l'attaquer pour la rassurer. Elle suit les ordres de son tonton, mais elle est sans nouvelles de lui depuis quelques temps. Il a l'air, d'après elle, inapte à donner une réponse.

Et vous lui racontez ce genre d'histoire ? Histoire de la rassurer ? Vous êtes vraiment quelqu'un de bien monsieur Law. Du lavage de cerveau dès l'âge de 8 ans, je vois que vous les prenez au berceau...

Voyez-vous, c'est un exemple de l'habileté avec laquelle vous utilisez les mots pour tromper les gens. J'ai vidé mon sac sur la Eradiotique, et vous voulez occulter cela en ouvrant une nouvelle fréquence ? Pas de soucis, je ne vous en veux pas, ce sont vos méthodes après tout.

J'espère que vous serez bien portant pour notre rencontre ce soir monsieur Law.

Terminé.

Bordel, j'savais pas qu'en allant pisser derrière les rochers, on était direct fiché comme appartenant à la CIA.

T'es parano mon gars, par contre pour c'qui est de s'prendre son propre majeur dans l'fion, en laissant ta drag-queen s'égarer pour deux balles cinquante et la mort à la fin, y'a comme un paradoxe, j'sais pas si c'est comme ça qu'on dit...

Bon, on peut voir que tu t'es sorti l'doigt, là, quand même. C'est à la trace qu'on pourrait suivre les petits bouts d'chiasse, de c'qu'on m'raconte... Vous avez vite couru la merde au cul, apparemment. Alors qu'on aurait pu discuter dans la paix des familles, toussa. Moi j'avais rien contre vous. A part c'putain de mégaphone tenu par la reine des folles.

Bonne route mon p'tit, et souviens toi, t'as l'numéro du vieux Hollo si jamais t'as un problème, si jamais t'as un plan... Ouais...

Une voix enfantine s'élève soudain, bouleversée

C'est pas vrai !!!
Tonton Odergie il est gentil ! Et il obéit à personne !
Il est libre comme l'air il dit, et il fait que c'qu'il veut !

Et il me donne pas d'ordre non plus. Sinon, je l'appellerai pas tonton...

C'est pas gentil monsieur de changer ce qu'on s'est dit et aussi de parler de moi comme si j'étais pas là. C'est pas parce que j'ai huit ans que je suis idiote.
Et pis zut à la fin ! Réécoute notre conversation et tu verras que le mot que j'ai associé à Alex c'est gentil !
Parce que lui au moins il a pris le temps de rassurer une gamine qui avait peur et de lui conseiller de partir.

Et de toute façon, ben quand tonton et moi on s'est retrouvé dans ce bazar, j'suis allée parler à tout le monde et tout le monde m'a dit la même chose...mais plus ou moins gentiment.

C'est toujours pareil avec vous les grands, vous raisonnez tous toujours froidement, sans laisser parler vos émotions. Vous êtes nuls !Vous avez pas vu mes parents ?

"Lo... Logique scientifique... euh... Logique mon cul, euh, oui."

Un fort accent russe résonne.

- AHAHAHAHAHAHHAHAH

Venez pas ramener votre gueule! Vous fuir plus vite que lapin! Vous peur de femme armée de cure dent? Tapette d'Alex, grande gueule, bite atrophiée!

Moi avoir dit à toi que moi rien à foutre de vous, moi pas vouloir perdre temps avec gamin qui harcèle moi, qui pleure, gueule, lui supplier moi de rejoindre lui, puis re gueule.
Toi fini à la pisse!

Toi parler trop Alex, toi ridicule. Si toi avoir mieux fermer bouche, moi surement mieux écouter toi, car moi avoir juste crier une fois! Toi chaque jour hurler à moi...

Bon séjour dans montagnes Mudak! Ti govniouk.


Le pirate s'approcha du micro de la radio en pouffant de rire...

Je dois rappeler à nos chers auditeurs que le majeur est littéralement parti en couille se réfugier dans les montagnes.

Les rires du pirate se faisait de plus en plus soutenus

HAHAHAH, quand je dis parti en couille c'est que le gars quand j'ai vu son manque de courage dans la future bataille qui s'annonçait, ni une ni deux, pour l'aider à augmenter son taux de testostérone, bah devinez quoi ?

Le capitaine laissa un temps d'attente en espérant une réponse, puis reprit

Je lui ai balancé une des deux couilles d'Albert, j'ai cru que ça lui avait donné du courage. Mais ce zouave l'a mangée ni une ni deux, il s'en ai délecté comme jamais.

ça bouffe les couilles de son pote et ça fuit, il faut être sacrément lâche et barré.

Le bruit dans la radio s'interrompit petit à petit avec les rires sourds du pirate qui s'éloignait de la source d'émission

Un rire franc et jovial.

Hahahaha hey salut Ronald, c'est Walker, tu te souviens ? Walker en 24 point au scrabble. Comme ça se dessine.

Tu m'avais contacté pour un recrutement éventuel... à l'époque.
A l'époque haha, la bonne blague. Comme s'il s'était passé des éons depuis ce jour.
Et je t'avais répondu que j'avais des cibles à abattre avant. Hahahaha.
C'est alors le plus drôle qui arrive, car tu m'avais répondu.

Imite une grosse voix d'un ton impérieux : "J'espère juste que nous ne nous recroiserons pas en étant la cible de l'autre !"

Nouveau rire démonstratif et enjoué. Hahahahaha.

Quelle farceur ce Ronald.

Ronald règle la fréquence de se radio, et démarre l'enregistrement. La voix est calme.

Ici le Sergent Lee Ermey.
J'aimerais tout d'abord répondre à mademoiselle Tof.

En effet, après avoir réécouté votre message, il semblerait que je l'ai mal compris. Dans la précipitation, j'en ai tiré des conclusions hâtives. Et de cela, je m'en excuse. Sincèrement.
La peur contenue dans le message était dirigée sur les réactions possibles des différents protagonistes de l'histoire dans le cas où mademoiselle Tof et son tonton suivaient les instructions de monsieur Law, qui étaient de fuir.

Peur étrange, du coup, car c'est exactement ce que nous demandions aux personnes non concernées. Mais n'étant pas au courant sur le moment que mademoiselle Tof n'avait que 8 ans, je consens que l'erreur est mienne, je ne me suis pas assez informé.

Il sourit imperceptiblement après avoir entendu le message de Walker.

Monsieur Walker ! Comment ne pas me souvenir de vous ? Vous avez été l'un des premiers êtres doué de raison que j'ai pu contacter en sortant de mon trou !

En effet, vous m'aviez parlé de vos... Priorités.
Malheureusement, et je suis touché par la tentative d'imitation, je n'ai pas ce genre de voix, monsieur Walker. Mais parlons-en, de cette histoire de cible !

Pensez-vous que si j'avais voulu votre mort, je ne m'y serais pas pris autrement ? Il y a de cela 2 lunes il me semble - et à ce moment-là, l'incident diplomatique avec monsieur Law était déjà arrivé-, vous étiez à portée de vue, et vous étiez tout à fait à la portée de mes hommes. Si j'avais voulu votre mort à vous ou aux hommes qui vous accompagnaient à ce moment-là, ne pensez-vous pas que j'aurais réglé cette histoire ce jour-là ?

Vous vous êtes peut-être senti visé, et de cela j'en suis désolé car ce n'était pas le but de la manœuvre. Non monsieur Walker, je pense avoir assez explicité mes agissements.

D'ailleurs, pourquoi aurais-je du vous en vouloir ? De mon point de vue, vous n'avez fait que suivre les instructions d'une personne qui a trahit ma confiance. Vous pensez que je peux vouloir votre mort pour cela ? Non, désolé de vous décevoir.

Je vous le répète, vous n'étiez pas visé. Je vous assure que vous l'auriez su, sinon. Je vous aurais prévenu, déjà, car un contact diplomatique peut bien souvent régler un problème, et je ne suis pas le genre de personne à vous attaquer en traître.

Néanmoins, malgré ce quiproquo, je suis heureux d'entendre que vous alliez bien monsieur Walker !

J'espère que nous nous recroiserons dans de meilleures circonstances.

Terminé.



Salut,
C'est Alex Law, Majeur des Quatre-Doigts.
Un court silence.
Désolé pour ceux qui voulaient une nouvelle histoire, mais la petite est en ce moment en balade avec son oncle.
Je vais me contenter de faire juste deux trois annonces.
On entend comme une sorte de papier qu'on déplie en fond.

Au départ je voulais causer de diplomatie, je voulais annoncer que pour les Quatre-Doigts, la diplomatie, c'était fini.
Trop chiant, inutile, ça mène à rien et en plus chez nous, on a au moins 5 diplomates, donc ça devenait vite n'importe quoi.
Donc j'annonce officiellement que les Quatre-Doigts ne pratiquent plus la diplomatie.
Comme je veux pas fâcher mes diplomates en leur retirant leur passion, j'annonce aussi qu'ils auront toujours le droit de faire de la diplomatie.
Ils peuvent promettre tout ce qu'ils veulent promettre, négocier tout ce qu'ils veulent négocier...
il se marre.

On s'en foutra complètement.

il a l'air de relire ses notes
On cherche aussi des artisans.

de nouveaux bruits de feuilles qu'on froisse.

C'est pour ça que je causais pas trop à la radio, ça valait pas la peine de vous faire chier pour ça.
Faut dire que moi-même, je ne l'écoute pas trop, la radio publique...

Une petite toux, comme pour s'éclaircir la voix.

Mais aujourd'hui, on m'a prévenu qu'on causait de notre petit coin de paradis, au coeur de la chaîne de Montagne qui entoure, à l'Est, le grand désert du Sud, après quelques collines, dans la plaine qui enrobe ce bras de mer, avec cette petite forêt, à deux lieues de nos bâtiments.
Un silence et il reprend d'une voix plus grave...
Tout le monde a bien compris comment nous rejoindre ?
Je peux expliquer mieux en privé, si nécessaire.

il continue :
Je disais donc que je m'étais branché sur la fréquence du type qui parlait du Sac... Ouais, c'est Joe qu'a trouvé ça : Sac à Main, Cul de Sac, c'est rigolo.
Je me suis rendu compte que c'était une sorte de lanceur d'alerte, quoi... Un type qui se plaignait de ses voisins qui lui faisaient du mal, mais ça je m'en branlais. ce qui m'a surtout intéressé c'est qu'il racontait qu'on nous voulait du mal à nous !
Il stoppe.
ENCORE !
Et qui c'est qui nous voulait du mal !
Le Gentil Sergent !
Oui...
Celui qui n'aime pas qu'on lui pique ses jouets.
Alors je me suis renseigné, vous vous doutez bien !
En fait, il semblerait que le Gentil Sergent il interpelle tous les gens qu'il croise dans le désert pour leur dire qu'il ne faut pas aller dans les Montagnes ! Qu'il y a, au coeur de celles-ci, des gens très malfaisants !
Putain ! Sergent ! Qu'est ce que t'es lourd là !
on sent un début d'énervement dans la voix, des bruits de papiers qu'on chiffonne.

Donc voilà !
Maintenant que les trouillards et les mous de la bite ont été convaincus, je vais m'adresser aux autres.
Il crache.
Ceux qu'on des couilles et celles qu'ont les seins qui pointent dur !
Les Quatre-Doigts et le Sac vous accueillent avec tous vos défauts !
Toutes celles et tous ceux qui n'en n'ont rien à carrer de la police pas encore montée qui traîne son cul dans le désert en faisant la morale à tout le monde !
Les sacs à foutre, les lèche-bite, les suce-chatte seront accueillis dans les studios d'Eradiotique et pourront se livrer à tous les vices ! Leurs partouzes monstrueuses passeront même à la radio !
les tueurs, les violeurs, les massacreuses de connards pourront passer l'été avec nous !
Même les mignonnes et les mignons qu'ont du caractère !
Toutes celles et tous ceux qui disent merde aux règles de bienséance !
Celles et ceux qui causent ! Qu'ont des opinions ! Qui pensent pas comme tout le monde !
il tousse avant de reprendre.
Pas contre, les mous du bulbe, les silencieux aux yeux vagues, les robots qui n'ont pas d'âme...
Ne venez pas... Parce qu'ici, on a pas le temps de mourir d'ennui, comme ça semble arriver ailleurs.
On vous buttera avant et on vous bouffera vos entrailles en vous regardant dans les yeux.


un très long silence


Arpenteurs du désert... Passez nous voir.
Dans les montagnes...
Suivez du doigt la direction où le Sergent vous dit de ne pas aller.
Venez baiser chez nous, venez commercer, venez vous marrer !
Et peut-être qu'un jour !
Quand nos armes sortiront de nos ateliers...
Quand nos bateaux prendront la mer...
Vous répandrez avec nous..
La vérole sur ce monde !

ça coupe.


Vous voyez Mr Law. J'avais raison, pour la Mafia.
Vous y allez un peu fort par contre pour répandre la Vérole sur le monde. Vous êtes sûr, c'est dans vos projet, de pourrir ce monde plus qu'il ne l'est déjà..?https://www.youtube.com/watch?v=rOvcoY10xMg

Juste après l'intervention de Lexie, on entendit une voix très grave.

-"Maman ? Galy!!! écoute cette petite voix de pute qui parle au majeur, on dirait maman!!!"

MMFFF MFFF. LAIFFEZ MOi FARLER!
FE FUIS FFFLiFLOMMMAAATE MMFF!

gha..Ghalyela? Ça va? *inquiète*

La-lâchez Ghalyela, qui que vous soyez!! *index qui s'agite en pointant le vide, voix qui se tente autoritaire*https://www.youtube.com/watch?v=rOvcoY10xMg

Gros accent nègre.

Ouuh olala ! C'est le bowdel ici ! Owi ! C'est le bowdel ! Et mes petits chéwis, j'ai déjà faim. Owi ! Oh c'est vwaiment le bowdel quand même dans ce désewt de mamelouks. Owi ! Et j'ai l'estomac qui gwogne ! Owi ! Ca fait des bwuits pas content oulalala ! Owi !

Pas un bâillon, non. C'est pour l'odeur, juste.

Et j'ai juste un suppositwoiwe en guise de médicament. Oh ça... je ne vais pas passer dix lunes dans ces conditions owi ! Oulala ! Owi ! Et j'ai vwaiment faim paw contwe ! Owi j'ai faim.

"Il est dur, Alex, mais il est majeur et veux vous le montrer, l'incorrigible !
Un doigt d'honneur amical, en résumé, pour les agents castrateurs."

Tout ce que j'ai wéussi à weteniw c'est qu'il est duw Alex. Twès twès duw owwiii. OH ?! Ah ! Duuuw.

Ronald redémarre l'enregistrement après avoir réglé sa fréquence.

Bonjour monsieur Law. Ici le Sergent Lee Ermey.
J'aimerais revenir sur la partie qui me concerne dans votre message radio. C'est uniquement pour cela que je prends la parole aujourd'hui.

Il marque une petite pause.

Si j'ai bien suivi vos propos... Vous dites que je suis en train de faire une sorte de propagande dans le désert, contre vous ? Mais à quoi bon ? Pourquoi vous en voudrais-je à ce point là ?
Si vous parlez des propos de l'individus prénommé Nick Tamer comme étant un "lanceur d'alerte", je vous prierez de ne pas vous y fier de trop... Mais comme monsieur Crowley est en train de venir à votre rencontre, je suis sûr qu'il vous expliquera la situation mieux que moi.

Il marque un temps, puis reprend.

Monsieur Crowley, parlons-en tiens. Lui et madame Kira m'ont demandé ce que je pensais des gens par delà les montagnes, et monsieur Crowley m'a demandé si je voulais l'accompagner pour vous rejoindre.
Je pense que vous pouvez imaginer à quel point j'ai du m'empêcher de rire après cette proposition, monsieur Law, mais ce n'était pas la faute du pauvre homme qui ne connaissait pas notre petit passif.

J'ai donc répondu en message groupé, à monsieur Crowley et ses hommes dont madame Kira faisait partie, leur disant que je ne les accompagnerais pas, car vous et moi nous étions déjà croisé et que ça n'avait pas collé entre nous.
Puis madame Kira m'a demandé pourquoi, ce à quoi j'ai répondu, plus personnellement.

Vous auriez préféré que j'accompagne monsieur Crowley pour être poli et venir vous passer le bonjour ? Ou que je mente à madame Kira en lui disant que vous aviez été des gens formidables et amicaux, toujours très aimables ?... Bon.

Le militaire tousse un coupe pour s'éclaircir la gorge.

Pour ce qui est de monsieur Tamer, il a du penser que ma réponse groupée résultait du fait que je "donnais des ordres" à monsieur Crowley, ce qui était totalement faux. Il a aussi pensé que je leur ordonnais d'aller vous rejoindre, et de servir d'espion - si j'ai bien compris son communiqué sur les fréquences publiques - dans votre petite bourgade, ce qui était tout aussi faux.
Monsieur Crowley et madame Kira souhaitaient vous rejoindre, je ne les en ai pas empêché, j'ai simplement répondu à leurs questions en leur donnant des faits.
Et je n'ai pas compris la partie où "je vous voulais du mal"... ? Il ne me semble pas non, à moins que le "territoire" que vous revendiquez, dont vous m'avez fait part et sur lequel je me trouve, ne vous provoque de l'urticaire ? Dans ce cas je m'en irais, ne vous inquiétez pas...

Et aussi, bien que cela n'ai pas d'importance ici mais comme j'ai commencé, autant finir : je n'ai aucun lien avec l'asservissement de monsieur Tamer par monsieur Crowley, comme ce dernier l'a souligné dans la fréquence ouverte par monsieur Tamer... Cet homme était complètement malade, et il m'a contacté dans l'unique but de m'insulter, me menacer, et me narguer après l'ouverture de sa fréquence publique, alors que je n'avais aucun lien avec sa capture.

Il renifle.

J'espère que cela vous fera ouvrir un peu plus les yeux sur la fiabilité de votre source, monsieur Law.
Maintenant, je vous prierais de revoir votre langage et la manière dont vous avez abordé la chose. Je n'ai en aucun cas interféré contre vous suite à notre problème commun, et je vous propose que cela reste ainsi.

Terminé.

Moua je n'ai wien compwite à ce joli discouw mais j'aime beaucoup ta voix monsieur. OH OUI ! MAIS COMMENT ?! C'est la voix d'un homme d'âge mûw. Tu as l'aiw twès twès mûw mon beau petit polochon. Mais oui ! C'est twès bien ! ET ALOWS ?! AH MAIS OUI ! OOOOH OUI !

Je me wappelle avec toi d'un homme blanc qui avait un peu cette voix là. Il powtait un capuchon blanc et bwulait des gwandes cwoix de notwe Seigneuw ! Ah oui ! C'était twès bien ! Le feu c'est toujouws convivial ! AH OUI ! C'est twès twès bien mon beau petit polichon viwil ! Tu as l'aiw twès twès viwil et c'est twès twès bien !

La voix doit être suffisamment reconnaissable, pour qu'il ne se présente plus.
Sergent !
Content de t'entendre !
Depuis que nous ne faisons plus de la diplomatie, tu commençais à me manquer !
Il rit doucement.

Je ne sais plus trop ce que j'ai raconté, la dernière fois.
Pour tout t'avouer, j'avais prévu un truc et ce n'est pas tout à fait ce qui a été émis, c'est compliqué, en fait, ça m'apprendra à m'appliquer !
Donc...
Un silence.
Je ne vais pas trop tenir compte de ce que j'ai dit avant...
En bref, pas la peine de te justifier, je m'en fous et je pense que tout le monde s'en fout aussi.
T'as rien fait.
Tu n'es responsable de rien, comme d'habitude. En même temps, tu n'es que Sergent, rien d'autre.
Parfait !
Passons à autre chose, tu veux bien ?

il laisse passer quelques secondes, comme s'il remettait de l'ordre dans ses idée ou, peut-être comme s'il se curait le nez, tout simplement.
En fait, on en sait rien.

J'ai parlé avec des filles, récemment.
Un silence.
Eh oui, désolé.
La première est une sorte de Matriarche.
La seconde est blonde et très baisable.

il tousse un peu longtemps.

Elles m'ont dit des trucs sur toi assez étonnants, je dois te l'avouer. Des trucs qui m'ont un peu troublé.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais...

Une sorte d'hésitation.

Sergent !
Ici, tout le monde m'appelle le Majeur !
Mais toi, tu vas m'appeler autrement.
Tu vas m'appeler Général !
D'accord ?
Et le Général t'ordonne d'arrêter tes conneries !

La voix se fait impérieuse.

Sergent !
Vous allez radiner fissa !
Au pas de marche et tout et tout...
Dès le passage de lune, on file dans les collines au petit trot et on se dirige en bon ordre au Sac.
Une fois arrivé, je veux un rapport en bonne et due forme avec tous les détails.
Vos recrues les plus lamentables s'occuperont des latrines et avec Jakob et la grosse Samantha, il y aura de quoi faire, je peux vous le promettre !

Un silence.

Est-ce que vous avez bien compris ?

Un autre silence...

Ou est-ce que vous pensez que vous allez continuer à vous faire mener à la baguette par deux minettes qui ne vous respectent pas ?
Non !
Bien évidemment !
Vous êtes un soldat !
Et les soldats savent ce qui est important, efficace et REGLEMENTAIRE !

Il reprend son souffle après avoir beuglé.
La voix est beaucoup plus froide.

D'accord Sergent ?
Tu viens, on discute et après, on s'occupe de la vérole.
Je pense que tu es capable de comprendre tout ça.

Puis presque sèche.

Décoince-toi le fion et radine !
L'armée t'attend.

Ronald se gratte la tête.

Bonjour monsieur Law.
C'est quand même bien pratique de ne pas prendre en compte ce que l'on dit, non ? Vous allez me faire la même après ma communication, là ? En disant que votre dernier message, on peut s'abstenir de le prendre en compte ?
Eh, mais dites moi...

Sa voix, d'habitude tranquille, prend le ton que l'on a lorsque l'on parle à un petit chat, à moitié gaga.

Et si on ne prenait pas en compte tout ce qui s'était passé entre nous, hein ? Oh, ça serait tellement bien ! Oh, oui !...

La voix calme reprend brutalement.

Non, vous pouvez comprendre que même si vous ne voulez pas prendre en compte ce que vous dites, ce n'est pas la cas de tout le monde.

Il marque une pause.

Savoir avec qui vous discutez ne m'intéresse pas.
Vous essayez de sortir de derrière les fagots une nouvelle source des plus croustillantes après votre "lanceur d'alertes" monsieur Tamer ? Je vois le genre... Désolé, mais vos combines à 2 ronds ne me font ni chaud ni froid. Monsieur Tamer aussi a dit des choses étonnantes sur moi, et vous êtes allé, tête baissée, gueuler partout ce que vous vouliez de faux sur ma personne. Mais très bien, continuez, je vois que vous êtes très bon là-dedans.

Ensuite... Désolé, mais vos élucubrations et vos jérémiades me passent un peu par dessous la jambe. Vous vouliez aborder un point en particulier ?
J'aime quand les choses sont claires, ça évite les mauvaises compréhensions. Alors je vous en prie, expliquez-moi ce que vous essayiez de me dire, car là c'est très confus monsieur Law.

Le militaire expire un coup par le nez.

Vous voulez vraiment que je vienne après les conneries que vous venez de balancer ? Ne vous inquiétez pas, si vous y tenez tellement, je viendrais vous passer le bonjour. Ce sera tellement sympas de se voir, non ? Histoire de s'occuper de la vérole, comme vous dites.
On s'entend tellement bien rien qu'à la radio, alors je n'ai qu'une hâte, c'est de vous recroiser en chair et en os...

Petite précision au passage, monsieur Law : l'armée n'attend rien car l'armée n'est plus. Mais je compte bien la faire renaître de ses cendres.

Terminé.

La guewwe c'est twès pas bien AH OUI ! Faut pas êtwe twos séwieux apwès il y a des mowts et les gens pleuwent ! Comme dans le ghetto avec les gangs. C'est la faute de Twump, il n'aime pas les noiws ! Et qui c'est qui va me donner mon Medicaiw ? C'est twop de twistesse. Il faut faiwe ce que nous dicte NOTWE SEIGNEUW dans NOTWE COEUW. Même si pawfois on a faim et qu'on mange des pewsonnes. C'est pas gwave, c'est pas gwave. Mais il faut juste diwe mewci au Bon Dieu. AH OUI ! MAIS COMMENT ?! Tsssssk ! La guewwe c'est pas bien caw ça tue des pewsonnes. C'est twès mal la guewwe. Il vaut mieux faiwe l'amouwww...

"Je pense que monsieur Law vous proposait de vous joindre à nous, Sergent.
De façon maladroite étant donnée votre réaction, certes, mais assurément de manière franche et spontanée.
Certaines personnes aimeraient simplement vous rencontrer...
A commencer par moi par exemple.
Travailler ensemble ne nécessite pas en soi d'être les meilleurs amis du monde.
Et que ce soit l'un ou l'autre, vous avez aussi des gens dans votre sillage...
Qui eux pourraient vous rapprocher."

As du mal à rester sérieuse et ça s'entend à la voix, le sourire aux lèvres.

Madame...
On vous entend partout.. quelle joie de vivre! Et quel accent! Vous me faites trop rire!
Pff..alhala, c'est pourtant sérieux, vous savez.

Lexie se concentre d'avantage à présent, là encore ça se devine aisément.


Ahem...
Monsieur Law, il n'y a pas de vérole, et ne racontez pas des mensonges sur nous.
Je respecte le sergent, vous feriez mieux de vous écouter parler quand même!..
Avec tout le respect que je vous dois, Majeur.
Bonne soirée.https://www.youtube.com/watch?v=rOvcoY10xMg

Lexie reprend rapidement réalisant que Morton venait de s'exprimer.

Bonsoir Mr Morton!
Comment allez vous?!https://www.youtube.com/watch?v=rOvcoY10xMg

"Mademoiselle Drape, content d'entendre votre voix.
Bien mieux, et je vous remercie mille fois de votre attention à mon égard.
J'espère désormais vivre assez longtemps pour vous rencontrer vous aussi.
Et ne vous inquiétez pas pour le Majeur...
Il joue simplement au Major.
Une petite folie stylistique.
Vous savez...
Dans le fond.
C'est un homme de spectacle."

Bonjour monsieur Morton.
Ravi d'entendre que vous allez bien. Je remercie humblement les habitants du SAC qui ont prit soin de vous, c'est un acte altruiste dont je doutais quelque peu venant d'eux, et je suis bien heureux de m'être trompé à ce sujet.

Malheureusement, étant donné les discussions houleuses que j'ai pu avoir avec monsieur Law ces derniers temps, je doute que se voir en face à face améliorera les choses. Honnêtement.
Et je pense avoir déjà donné mon point de vue sur sa manière de "recruter"...

Néanmoins, si les relations peuvent rester cordiales, ou au moins neutres avec le SAC, je n'y vois aucun inconvénient. Et nous pourrons nous rencontrer plus tard, lorsque nos communications reprendront un ton normal, quelque chose qui s'approche de la diplomatie, de l'honnêteté...

Terminé.