Le glas des Rangers

Chapitre débuté par Laëli

Chapitre concerne : campswarmstone, Rōningrad, USSR-C.R.A.C, Laëli,

Ce texte vaut une bière !

Inspiration. Expiration.

Le son du souffle lent et profond de la bourrelle se mêle aux autres bruits de l'habitacle, la pluie battant la carrosserie, le moteur vrombissant, les essuie-glaces pourris peinant à offrir un peu de visibilité à la conductrice.

Inspiration. Expiration.

Elle avait besoin de rester calme, conserver son sang-froid. A sa droite, le Daimyo Crao fenêtre ouverte finissait de donner les consignes au second groupe. Jusque-là, tout s'était passé exactement comme prévu, permettant au groupe d'intervention de traverser la péninsule d'est en ouest sans encombre, bientôt l'ordre d'attaque serait donné.

La force principale devrait frapper vite et fort, écraser toute résistance pour permettre au second détachement, si le premier groupe de samouraïs n'avait pu les abattre, de trouver Chris et White, leurs cibles qui, quoi qu'il arrive, devaient aujourd'hui récolter ce qu'ils avaient longuement semé.

Inspiration. Expiration.

Difficile de dire si Laëli était réellement partante pour cette opération, elle avait elle même longuement défendu la cause des Rangers, loin dans l'ombre et bien bas dans la hiérarchie de l'USSR, mais de toute évidence, le nouveau monde en paix dont elle rêvait n'était plus à l'ordre du jour. Face aux dernières déclarations de leurs deux cibles, le conseil rouge avait lancé un nouveau vote, cette fois le résultat ne laissait aucune place à l'égalité des voix.

Inspiration. Expiration.

Face à eux, Warmstone, simple village du Far-west. Jelani lui avait rabattu les oreilles, encore et encore "qu'aujourd'hui, le campement était forcément devenu imprenable, rempli de murs et de postes de combats faits avec la pierre des rouge. Ils vont se retourner contre nous et ont une peur plus rien faire !". Si le daimyo fondateur avait encore été de ce monde pour voir cela, il se serait probablement senti bien con, confronté à la quasi-inexistence de structures défensives. Au moins, Crao ne lui demanderait pas de faire le coup de la voiture bélier, avec sa poisse et son talent, la porte aurait probablement fini encastrée dans le bloc moteur.

Inspiration. Expiration.

L'ordre était finalement tombé. Un simple hochement de tête pour lui confirmer avoir bien entendu, une dernière bouffée d'air et la voiture s'élance dans le sable mouillé, prenant peu à peu de la vitesse pour fondre au coeur de la communauté, surprendre les défenseurs avant qu'ils n'aient le temps de se déployer et d'ouvrir le feu.

Le plan était osé, basé sur la vitesse d'action et sur la capacité des passagers d'abattre rapidement chaque tireur adverse avant que la frêle carlingue de leur véhicule ne se transforme en passoire. Du moins, il aurait été osé si plus de trois individus en armes étaient présents pour surveiller les lieux.

Alors que le bolide passait à côté du mirador, les bruits de pluie et de moteur furent finalement couverts par le vacarme des armes vomissant leurs plombs meurtriers.


 
Cela fait des dizaines de lunes que le tatoué ronge son frein au sujet des Crashs Rangers.
Leur position affaiblit l’USSR.

Leur parole ne sert qu’à brasser du vent et à faire perdre du temps à la glorieuse USSR.
Leur service de mercenariat n’est pas compatible avec le plan de développement de l’USSR.
Les daimyos ont voté, les Crashs doivent disparaitre… Une décision définitive, radicale, sans fioriture…


Une reconnaissance de la cible furtive de Ruby, quelques coups de crayons de laeli sur une carte, un debrief rapide du tatoué,
et voilà le groupe d’assaut en mouvement vers son objectif.

Certains semblent tendus, d’autres se contentent de siroter leur bière, un doigt sur la gâchette.
Le flic floc de l’eau tambourine sur la carcasse de la vielle Volvo qui avance à tombeau ouvert vers le camp Warmstone.


A la vue du comité d’accueil, Crao regarde Laeli, incrédule :

- C’est quoi ces mercenaires en carton ? Putain….Ils ont osé mettre une femme enceinte en première ligne ces fils de … 


Une claque sur la portière, un signe de la main en direction du trio de défense

Bat les couilles ! accélères !

Les corps volent en éclat, la femme enceinte rebondie sur le capot de la voiture pour finir sa course dans le sable.

Crao sort de la volvo et s’avance d’un pas lent vers les corps disloqués. Des cris, des râles, le trio avait sacrément morflé.
Le tatoué abrège leur souffrance d’une balle dans la tête tout en faisant signe au deuxième groupe de partir en chasse…


- Ne dégommez que les cibles prévues ! 
Voila, l'attaque était lancée. Les ridicules querelles de voisinage n'allaient être plus que de l'histoire ancienne. Sylvain n'avait pas trop d'apprioris envers ces ennemis si proche, il était resté en dehors de toutes les relations diplomatiques jusqu'ici.
Mais même sans s'investir comme certains, il avait reçu la confiance de ses camarades et ça il comptait bien la garder et par la même occasion, leur donner raison. Il avait la mission de mener la deuxième vague avec deux éléments sous ses ordres... Sous sa responsabiilité plutôt, mais ça ne changeait en rien la résolution de l'accro à la caféine.

Leur mission était claire, s'occuper de certains rangers. Le barista les avait retenus :Tucker, Chris et Whyte... Tucker n'était pas la principale cible bien qu'il soit le leader du groupe de mercenaire, mais était-il possible de le raisonner, ça le blondinet n'en savait rien, il ne connaissait pas ce cow-boy. Par contre les deux autres eux ne devaient pas s'en sortir.

Sylvain attendait avec le grand Zoot ainsi que Ruby, que le premiier groupe dégage un peu la place. La voiture devait aider à pénétrer le camp pour qu'ensuite, ses acolytes et lui puissent fondre sur les cibles restantes.
Allongé dans les dunes un peu à l'Ouest du lieu de l'action, il regardait, à l'aide de jumelles, la charge du premier véhicule. Sa radio à portée de main, il attendait le feu vert avant de se lancer. Le choc sembla aussi intense que bref, un grand brouhaha puis trop peu de bruit pour un réel affrontement. La "défense" semblait completement dépassée par l'assaut du groupe d'intervention réduit de l'USSR.

Puis le signal !

Ni une ni deux il couru rejoindre sa moto et, avec ses deux nettoyeurs, se dirigea vers les combats en se remémorant les cibles... Tucker, Chris et Whyte... Whyte, Chris et Tucker...
La distance qui les séparait du camps warmstone fut rapidement comblée et les trois motards pouvaient à présent voir qu'il ne restait que deux groupes. Sylvain les dévisagea rapidement, afin de voir s'il reconnaissait une cible... Chris !
Ni une ni deux il s'élança avec ses deux bourreaux pour orchestrer leur triste besogne.

 

Ce texte vaut 7 bières !
Un peu plus tôt...

L'ironie du sort a voulu que "trois petits cochons", non pendus au plafond et qui ne le seront pas, ont repéré Ruby dans une clairière au sud de la péninsule. 
Chose étrange s'ils la connaissaient, elle est loin de se cacher et profite d'une éclaircie pour tout vérifier au niveau de la moto-cross, bouffer tranquillement, picoler tel un trou béant, comme d'hab', fracassée du matin au soir malgré les apparences...
Et puis voilà t'y pas qu'un certain White l'appelle. Une histoire de frontière. Quel bouffon. Costello en profite pour aller poser sa pêche et embrouiller avec tact le chapeauté...alors qu'il ne sait pas qu'elle a rampé dans la boue puis surplombé son bled du haut de leur petit mirador, il y a de ça quelques nuits...et qu'elle se trouve désormais à une position stratégique pour l'opération "Chasseurs d'Étoiles".
C'est très important de chier avant une opération, et ce Aaron a vraiment le chic pour favoriser son transit...
Son sac militaire et ses sacoches latérales de bécane ont été vidés il y a peu par un groupe allié...  Ne lui reste qu'une corde.
Plus qu'à attendre l'ordre de Crao pour foncer à toute berzingue vers le point de rendez-vous, toute de noire vêtue. 

...

Pas de "massacre de masse" en ligne de front dans le CV de Ruby, ou plutôt son "casier judiciaire". Son truc à elle, c'était le convoyage, le vol de poids lourds, la vente, la planque, "faire parler", vérifier les bras et les bilans sanguins d'une poignée de putes, etc, etc... 
Oh bien sûr, elle avait connu son lot d'homicides. Une nana en taule, trois "nègres" qui avaient voulu jouer les faux thugs à un feu rouge et avaient vraisemblablement franchis une ligne toute aussi rouge, un type qui avait fait une crise cardiaque plus vite que prévu lors d'une séance de torture...

Torture... Tiens tiens... Que les cibles prévues, hein, qu'on a dit ? Bien sûr bien sûr...

...

Au point de rendez-vous, elle s'assure de la viabilité de la carabine à répétition qu'on lui balance, arme qui la surprend légèrement... Qu'est-ce que c'est que cette "vieille merde" pour le tir sportif ? Jamais vu ça, elle faisait pas dans les "antiquités", dans le temps, on parlait Gros Sous, Avant, pas d'une petite vente juteuse auprès d'un collectionneur minable. Heureusement qu'une lunette et un trépied y ont été ajoutés... Mouerf, ça fera peut-être "l'affaire". Une bière pour lui donner du courage ? Mouerf encore, on verra plus tard, et du courage elle n'en a pas réellement besoin.
Elle échange sa place avec Zoot. Pour elle c'est surtout lui "l'affaire". 
A côté du colosse, la taille mannequin passerait presque pour une liliputienne. Une de ses mains gantées s'accroche à une sangle de l'amateur d'haïku et de Noise alors que les motos vrombissent.
L'effet surprise de la bagnole et de l'abbatage sans pitié de Crao semblent avoir créé un effet boeuf. Alors que tout ce beau monde sécurise leur périmètre, il y a comme une volée de moineaux au sein du Camp. La deuxième main de Costello donne deux tapes sur l'épaule de "Musclor" afin de ralentir à un tournant et qu'elle puisse sauter lestement du véhicule. 
Elle connait le coin, imprimé dans sa tête de brique, et rase les murs, puis saute comme un chat sur un toit de baraquement. 


...


De là...une assez parfaite vue d'ensemble, sans être repérée du côté le plus évident que pourrait chercher un tireur, à savoir le mirador. 

Une trombine de plouc en pleine ligne de mire, le fameux "Lieutenant Rios" aka Chris... L'homme semble chercher une bonne couverture, muni d'une arbalète. Elle pourrait immédiatement appuyer sur la queue de détente... Mais son doigt reste étrangement immobile le long du pontet...

Des coups de feu retentissent à peine quelques secondes plus tard... Sylvain est en fait tombé sur Seth, Zoot doit apparemment cracher la purée du côté de Chris et peut-être un autre gus avec son bien meilleur fusil à précision.

Suivant le mouvement discret de l'oiseau de mauvaise augure qui tourne sur lui même, la carabine tombe sur...une femme enceinte jusqu'aux yeux qui tient par la main une jeune fille. 

Cette fois, c'est la bonne. Tir. Dans le gras du cul de la "Beubeu" de Valérie Zweick. ...ça picote un peu.
Uto qu'elle s'appelle. Costello ne le sait pas mais s'en fout...mais alors royalement...
Clang-clang. Tir. Tibia de Calia, la femme de Seth, qui cherchait à relever la jeune... 
Et de recommencer, en divers endroits non-létaux, jusqu'à ce que le chargeur de cinq balles soit vide. Remplacement. Mais elle n'insiste pas et descend du toit. Celles-là n'iront plus bien loin...

...

Tiens, ces bons vieux Deltas qui se font la malle... Si certains veulent voir de la haine dans les yeux ou un sourire sadique sur le visage de Ruby, c'est peut-être l'effet de la peur ou de la réalité qui arrive si intensément dans la gueule qu'elle nous fait voir quelques secondes des rats bleus.
Non, la grande sinistre n'a pas l'air plus enthousiaste que d'ordinaire, du moins extérieurement, et se contente de les ignorer totalement. 
Deux travois...deux travoix... 
C'est ce que leur avait offert Jelani contre son "convoyage" vers Roningrad... Le prix du "bien" avait dû bien monter en flèches ensuite... Difficile de prévoir qu'on se faisait enfler sans une boule de cristal pour prédire cet avenir sanglant...



...



Le flingue pointé vers la planque du Lieutenant, alors que plus aucun coup de pétoir ne résonne, elle le découvre avec une sale blessure à l'épaule.
Il s'accroche à la vie, ce salaud là.
Un coup de botte dans sa main qui cherche encore à saisir l'arbalète, à quelques centimètres seulement.
Puis la semelle vient s'appuyer contre le petit puits qui crachote du sang.
Costello replace sa carabine pour être à l'aise, cherche la binouze dans son sac, la décapsule avec les dents puis la descend d'une traite.
Elle l'explose contre le mur d'à côté, criblé d'impacts, puis se penche vers le redneck pour le redresser par le colbac...
Les coups de tesson pleuvent à l'image des hallebardes qui tombent du ciel, avant qu'elle ne le lui enfonce de force dans la bouche, relâche le col du Lieutenant et donne un grand coup de talon sur le goulot une fois son crâne au sol.



Voilà pour ton hm...élocution. 

La corde que Ruby porte en bandoulière est balancée sur le torse du ranger. 

J'en ai pas fini avec toi fils de pute. Deux secondes.

...


L'innocente femme à l'utérus plein servira de cobaye pour "admirer" froidement l'effet des fameuses arbalètes empoisonnées.
La "beubeu" de Valoche, elle, sera terminée à coups de pouces enfoncés dans ses globes oculaires. 
Chris, quant à lui, finira sa vie par un "rodéo", attaché à une moto-cross. 


...


Si ses coéquipiers l'ont connue discrète, imperturbable, louche et/ou efficace, ils la connaissent maintenant abjecte lorsqu'il est question de laver "l'affront"...

 
Ce texte vaut 2 bières !
 

"Hmmm. Salé."
Voici ce qui se passait dans la tête du géant à l'instant précis ou retentissaient les consignes de Laëli.
Il avait trouvé cette bestion crapahutant sur son veston. Tombée de sa barbe ? De ses cheveux ? De simple passage ? Ses intentions et ses origines l'effleuraient moins que la volonté d'en déterminé l'espèce, c'est pourquoi il l'avait bectée.

La virée en moto l'avait recouvert d'une fine pélicule de merdes diverses, dont certaines, ailées, ruaient en totale hémiplégie sur les verres de ses lunettes. Mais ce qui l'empêchait encore plus d'apprécier la situation dans laquelle il revenait soudainement à lui, c'était probablement ce tenace petit creux. Il essaya de reconnaître l'instalation lui faisant face, en vain. Des munitions diveres tombaient autour de lui, perçant le sable, ricochant sur les rocs, explosant les cactus, mais ne projetant que leur ombre sur lui même, debout, hagard sous la grêle imprécise et lointaine.

 

"C'est... Comme..."
Il a la démarche du tyranosaure dans le film de 93. Du terminator dans celui un peu plus vieux. Du sorcier aux lèvres bleues dans l'autre film moins avouable sur les dragons et les donjons. Celle du patapouf qui annonce simplement la fin de la récré et qui peut rattrapper le héros qui fuit en courant même si lui ne fait vraiment que marcher. Sait-il l'éventuelle panique que sa placide silhouette psychopompe peut déclencher sur un champ de bataille ? Ce n'est pas exactement ça qui semble engloutir sa concentration à l'instant. La pluie de tirs autour de lui s'intensifie quelques secondes avant de se tasser, faute de projectiles, c'est alors qu'il se racle la gorge pour appeler.

"Hr.... Hey...."

La pluie reprend, plus intense encore, sans parvenir à le toucher une fois de plus.
Des coups colossaux retentissent quand il fait dégueuler son fusil sniper. Il ne se fatigue pas à mettre en joue. Il envoie, balle sur balle, directement dans la rembarde qui lui tire dessus. Son callibre s'occupe tout seul de percer des trous gros comme des bouches dans la palissade, emportant même le ciment et laissant couler après quelques secondes de silence des rigoles de sang.


"Hey ! Putain, c'est quel gout déjà les skittles !?
Quelqu'un en a ?"

La question s'adresse visiblement à tout le monde ici, meurtriers comme victimes encore en état de l'entendre. Il s'assied derrière un rocher pour recharger, enlever ses lunettes, et pichenetter dans le sable un caca d'oeil après une brève hésitation vers sa bouche. Puis son air se ferme. Il remet ses verres fumés. Il s'en est une fois de plus allé. Et ne reste, l'arme à la main, que la certitude que d'autres morts seront à compter.
Ce texte vaut 2 bières !

Les Rangers…

La première fois qu’elle leur avait parlé, c’était lors de la mise en place du premier deal. Habituellement, Mel ne s’occupait pas de ce genre de choses mais cette fois-ci, elle avait été obligée de s’en mêler. Le coup de gueule de Clétus, les mots apaisants de Seth et Cornelius avaient calmé les esprits mais les interventions à répétitions de Chris lui avaient vrillé le cerveau. Elle pensait apaiser les tensions mais ça n’avait rien donné. Pire que ça même elle en était sortie saoulée.

Les dernières semaines ressemblaient à un film qui serait passé très lentement et elle se sentait juste fatiguée, vraiment usée même. Elle avait bien compris que ces gens là, à quelques trop rares exceptions, n’avaient ni l’envie ni l’intention de trouver un terrain d’entente.

Elle comprenait bien, même trop bien, que ces femmes et ces hommes, peu importe ce qu’elle pensait d’eux, avaient envie de bâtir des choses et n’avaient pas envie d’avoir de compte à rendre. Mais depuis l’apocalypse, les égouts et ce nouveau monde dévasté, les rapports de force et la bonne volonté, tout devait être pris en compte. Pas seulement ce qu’on souhaitait, non, surtout ce qui était possible…

Elle avait préféré penser à la suite, parce qu’elle savait bien comment ça allait se terminer tout ça, Conseil, discussions houleuses, vote… Encore…
Mais au final, les esprits s’étaient calmés autour d’un projet commun dans une sorte d’entente qu’elle avait cru impossible. Et pourtant…

Le premier deal avait eu lieu sans encombre. Et puis Jelani était mort… Et tout avait dérapé. Et pas qu’un peu.

Elle avait entendu ce qui s’était passé à la radio après la mort de Jelani, mais tout était allé beaucoup trop vite et beaucoup trop loin pour qu’elle puisse intervenir et calmer les choses. Alors quand elle avait vu Laura enceinte jusqu’aux yeux sortir de ses gonds, elle s’était dit qu’elle pourrait lui ôter un peu de poids en allant discuter avec les Rangers. Elle se rendait compte maintenant qu’elle n’avait, non seulement, rien pu faire pour améliorer les choses, mais, au contraire, elle avait, elle-même, empiré encore un peu plus une situation qui n’avait pas besoin de ça pour être explosive.

Et puis, la décision avait été prise et les esprits échaudés avaient eu le dessus. Elle savait que c’était une erreur mais elle aurait aussi bien pu crier dans la vide, rien de ce qu’elle avait dit ou aurait pu dire n’aurait pu arrêter la mise en œuvre de ce qui allait s’avérer être un massacre sanglant et inutile.

Ils étaient quoi ? A peine une dizaine ? Dans un camp à peine plus développé que celui de n’importe quel groupe de nomades… Elle avait pensé que s’il n’y avait que peu de résistance, l’attaque serait abandonnée et qu’on userait de menaces plutôt que d’armes. Encore une fois, elle avait été naïve… Et encore une fois, le retour de la réalité faisait mal et laisserait sûrement une plaie béante à son âme.

Alors elle avait laissé la radio allumée lors l’attaque sur le Camp Warmstone. Elle avait assisté impuissante à ce qui s’était passé, spectatrice privilégiée. Elle aurait préféré se trouver n’importe où ailleurs à ce moment là mais elle se sentait en partie responsable. Elle avait cru que tout pourrait encore changer même à la fin et elle avait eu tort. Et ce n’était pas elle qui en payait le prix…

Elle s’excusera auprès de White pour tout ça, mais ça ne changera rien à ces morts qui pèsent maintenant sur sa conscience.