Le Matin, Acte III - Moment choisi n°11

Chapitre débuté par Van Patten

Chapitre concerne : Van Patten,

Musique d’ambiance: https://www75.zippyshare.com/v/rRXbgEs1/file.html

Acte III – Ignition

Il était matin, la chaleur naissante enveloppait de son emprise furtive les rues endormies et encore fort peu fréquentées -ou dépeuplées-, par le peuple. La petite brise légère et douce, souffla et fit tournoyer quelques papiers comme une danseuse de valse virevolterait sur un plancher ciré. Les aurores s’illuminaient au loin, au gré des chants flûtés des rossignols, qui essaimaient déjà en masse dans la lueur timide de l’astre solaire. Le ciel affichait ainsi fièrement une voûte céleste, marbrée de couleurs toutes aussi chaudes et chatoyantes, les unes que les autres. Passant d’un rouge vif, à un orange terni, avant de finir sur un beau jaune paille tout scintillant. Sans nul doute, l’été venait. Pendant ce temps les amants, profondément, somnolaient après une nuit fortement agitée.

Dans la vaste chambre confortable, le soleil, très haut au zénith, fit irruption par les persiennes paresseuses, et enveloppa sournoisement de son ardente empreinte, toute l’atmosphère cloîtrée. Le crooner s’éveilla doucement, la gueule enfarinée et la bouche toute pâteuse, dans l’immense lit baldaquin aux doux draps de satin noir. Machinalement il saisit la télécommande sur le chevet juxtaposé au lit et alluma la petite lucarne du monde virtuel. Il tomba sur un bien étonnant soap opéra -qui pastichait ou rendait hommage aux films eighties-nineties, toute sa jeunesse- et fut donc captivé le temps d’une scène pleine de testostérone, dans tous les sens possible.



Amusé, il sourit longuement à l’improbable séquence qu’il venait de voir. Une ‘Liz Darling sans dessus et sans dessous, toute sens dessus dessous, sous un Rex Power Colt (RPC) toujours autant viril et couillu. Il éteignit le téléviseur puis lança au loin la télécommande, las, dans le fauteuil adjacent au mur en face. S’engonçant plus profondément dans le lit, il alla se coller au dos de sa Belle encore endormie, en enfouissant son visage dans sa nuque. Elle ne ronflait pas, elle soufflait paisiblement comme une princesse, et cette petite mélodie lui chatouilla l’oreille. Il releva ensuite la couette pour observer l’échine dorsale totalement nue, jusqu’à la naissance de ses fesses, toutes aussi nues. Sur son dos, il étudia les traits à l’encre bleue, qui constituaient là encore, matière à faire une bande dessinée d’une tranche de vie. Etrange sentiment, il n’avait jamais réellement regardé ses tatouages. Les voir, il les avait tous vu des dizaines de fois, mais les regarder, non, jamais. Il releva un tatouage équivoque et sourit lubriquement à ce qu'il voyait. Au milieu de ses nombreux grains de beauté éparses, telle une pléiade d’étoiles dans une constellation et témoins si il en est d’une peau laiteuse qui bronzait très mal, il se perdit dans des souvenirs passés. 

L’ambiance confinée embaumant les vives fragrances de la brune et saupoudrée de phéromones femelles, finit naturellement par échauffer le jeune brun tout excité, jusqu’à faire croitre le vit à son entrejambe. Immédiatement et sans temporisation aucune, il lui mordilla son épaule saillante, pour y faire imprimer ses crocs. Enième marquage de son territoire. Elle gémit langoureusement sans se retourner, car elle savait ce qu’il manigançait pernicieusement dans son dos. Il glissa, ensuite et très vite, une main experte sur sa hanche pour la saisir fermement et de l’autre, il racla son dos, de la sueur parfumée à son odeur, qui s’emmagasinait jusqu’à perler abondamment au creux de ses fossettes lombaires. Il eut une intense érection; la trique veinée se déploya à mesure que le sang gorgeait les corps caverneux. Son gland prit rapidement une teinte rosée et enfla follement comme la tête érectile du Cobra Naja Naja, prêt à cracher son venin épais sur sa proie velue. Il en tapota les fesses de la muette faussement endormie, puisqu’elle commençait à s’agiter, à gémir et surtout à cambrer son dos pour projeter son imposante croupe bombée en arrière. Se faisant, il émit des gémissements concupiscents et son fruit mûr, des clapotis en frappant la peau ivoirine. Quant aux deux grosses noix veinées, elles étaient silencieuses et non sollicitées. La tatouée se pencha vers l’avant, poussant ainsi encore plus son bassin en arrière, vers lui, jusqu’à coller la peau chaude de son postérieur contre ses bourses tièdes et moites. Le gros mât nervuré était relevé au périgée de la grosse Lune, prêt à fendre tous les voiles de l’espace.  La brunette enfin ouvrit la bouche et s’adressa au brun dans un indescriptible gémissement lascif. Bientôt, ses mots salaces devinrent plus intelligibles.

-Cochon Lucas…graucauchon même… Allez…vilain… ne me tâte pas ainsi… Lucas! Alleeeez… j’ai faim d’ta queue là…j’en peux plus depuis hier… c’était pas assez….

-Petite polissonne… c’est toi la cochonne! Je vais te déchirer le…

-CRISTINA?! C’est quoi ce foutoir dans le salon….et LA CUISINE sens dessus dessous?! C’est PAS un foutu RESTAURANT ICI MON AMIE… Cristina… CRISTINA?! Mais… que fout TA PETITE CULOTTE, dans le couloir?! J’EXIGE des explications, CRISTINA! BON SANG! C’est pas un HOTEL ICI! TU ne me ramènes pas tes CHIENS en RUT CHEZ MOI!! Non mais ça va PAS dans ta TÊTE!! Si tu es avec quelqu’un…. je te jure que tu vas VALDINGUER DEHORS… et TON CASANOVA avec et par ses BURNES!! MERDE CRISTINA, tu crois que c’est un FOUTU moulin ici, on entre on sort SEIGNEUR MAIS TU FOUS QUOI?! CRISTINAAAA?! Je ne sais pas ce que je vais faire de TOI!! TU VAS ME REPONDRE A LA FIN OUIII?! TU ME RENDS FOLLE!! 

Une voix mature et de toute évidence, furieusement en colère contre quelque chose ou quelqu’un, déchira le paisible et précaire silence érotique qui régna dans la maison, et plus particulièrement dans la chambre à coucher. Sitôt entendu, le ténébreux, débanda tout net, alors que ses boules se ratatinèrent, passant de fières grosses noix bien pleines à petits raisins bien secs vidés de leur substance vitale. La lance de feu rougeoyante, devint qu’un petit tuyau tout mou, sans consistance. En parallèle, Lucas glissa sous les draps pour se faire tout petit, en rétractant ses épaules sur lui-même, à l'image de ses couilles. Cristina pour sa part, n’avait pas réagi immédiatement au coup de semonce, elle était encore sous l’emprise imminente d’une pénétration qui jamais n’arriva. Frustration extrême et cristalline. Elle se contracta pour émerger dans une peur panique incroyable.

-Hmhmm…. Oh putain Lucas… MERDE! C’est ma mère… si elle te voit ici on est mort… Brûler sur un bucher par l’inquisitio...puis envoyé pourrir dans un goulag… c’est l’île aux enfants à côté… Elle va me trucider la gueule et toi avec! Bordel on est fini…et toi l’premier… Putain cache-toi vite…

Muet, totalement figé et glacé sur place par la peur qui montait en lui, le jeune homme dévirilisé par la voix tonnante de la mature, ne savait pas où se foutre. Lui qui rêvait de répandre son foutre généreux dans un orifice féminin. Il attendit que la petite brune lui indiqua la meilleure planque. Tu parles.

-Non pas sous le lit, trop risqué…elle va vérifier, c’est une folle j’te dis… Rah dans la penderie c’est trop téléphoné, si elle te chope là-dedans… tu prends un coup de hache sur la truffe directement…elle va te massacrer… Merde… elle arrive… Lucas euh… déjà range-moi ta bite dans ton futal… et bouge tes couilles… Oh oui voilà, trouvé! Va te planquer sur le balcon… tu t’accroches à la rambarde… Pff…merde… je sais pas moi…c’est toi l’homme…débrouille-toi allez… le balcon!

-Sur le foutu balcon et en torse nue?! Je vais me briser le cou…Putain tu te fous de moi en plus… Sans blague Cristina.... c’est moi l’homme tu me fais rire! Vas-y- toi sur le balcon suspend tes fesses que je rigole…

-Elle monte… discute pas…file vite au balcon, Lucas…elle va nous égorger putain…

Sans plus attendre, il ouvrit les persiennes qui dévoilèrent une porte-fenêtre close. A travers la vitre épaisse, les rayons de soleil filtraient sans être inquiétés, tandis qu’ils brûlaient allègrement chacune des parcelles nues de sa peau. Le ciel radieux était au beau fixe, il affichait une belle teinte azure, tout semblait briller dehors, sous l’assaut de l’astre solaire. Lorsqu’il posa sa plante de pied sur le carrelage ébouillanté, il fit une grimace incommodée, mais ne se formalisa pas. Il marcha rapidement vers le garde-fou, l’enjamba dans la foulée puis s’accrocha sur rebord athlétiquement. Pour être sûre que tout était bien goupillé, la rebelle pointa sa frimousse dehors en se protégeant les yeux de la lumière vive. Elle gloussa longuement en le voyant suspendu de la sorte et lui fit un pouce levé vers le haut.

-Génial beau gosse… on dirait la scène dans Dikkenek avec Mélanie Laurent et Marillon Cotillard… le mec suspendu la queue à l’air…mais toi tu es plus beau et tu as une plus grosse queue que lui! Bon…euh allez…chut huhu!

-Putain ta gueule Cristina sérieux… Tu me mets le cul à l’air... et tu me fous les boules en plus, par-dessus le chapiteau dressé… Allez fait la dégager...vite!

-Roh ça va g’ronchon râles pas… je nous sauve les miches là ingrat…car crois-moi ma daronne c’est Staline en meuf! Allez promis…tu auras tout ce que tu voudras après, cochon… Mais chut!

-Hors de ma vue bordel! C’est toi Staline… Et j’ai tout ce que je veux déjà, petite salopette…

Elle gloussa encore longuement en lui faisant mine de se taire -visiblement plus décontractée que lui- avant de fermer brièvement la porte du balcon. Elle tira ensuite rapidement les stores occultant qui rétablirent la pénombre dans la spacieuse chambre. La cachette semblait parfaite et ingénieuse mais Lucas semblait courroucé. Il était clair que ce n’était pas elle qui avait les reins suspendus à dix mètres de haut dans le vide.

-Cristina?! Où est ton foutu Don Juan, où est-il caché ce salopard de queutard? Ah, je vois… Monsieur est déjà parti… Voilà les petits puceaux dans toutes leurs splendeurs… il fait ses petites affaires en déchargeant toute sa bourse comme si il était dans un Luna Park, et fiche le camp ensuite. Mes aïeuls, voyez-vous cela… quel courage, quel homme ma fille! Quelques poils aux mentons et au pubis et ça veut jouer de l’épée dans les fourreaux étroits et odorants… sans en avoir l’étoffe d’un homme, un vrai... Cristina…ici ce n’est pas un FOUTU HOTEL! Moi et ton père on en a plus qu’assez de toi et de tes crises post-adolescentes! Cela va cesser. et je te le garantis!

-Je fais ce que je veux et j’ai la majorité sexuelle… donc je baise, si je veux baiser… Ne t’inquiète pas c’est pas un puceau ni une baltringue, je choisis les hommes avec des critères rigoureux, MOI…n’est-ce pas mère? Hein?!

-Tu forniques si tu veux avec dix chiens en rut… MAIS PAS CHEZ MOI, pas sous MON TOIT! C’est compris jeune fille?! Car j’ai bien compris j’ai plus aucune emprise sur ton éducation. Mais ne nous implique pas dans tes dérives obscènes…

-Tu parles comme si tu n’avais jamais eu la chatte en feu. Quelle hypocrisie sérieusement... Tu crois que j’suis nonne ma parole… arrête ton char m’man t’es pas crédible là…

Vlan, une claque sécha la joue rose de la jeune effrontée. La mère était en colère, puis se calma et se renfrogna tout en la toisant.

-Tu me parles sur un autre TON! J’en ai ma claque de tes âneries Cristina…PUTAIN!! On verra ça ce soir avec ton père. C’est plus possible. C’EST FINI TES CONNERIES!

La tatouée resta muette et toute coi. Elle garda une expression silencieuse et mutine, ni colère ni énervement, juste de la lassitude exprimée par le biais de ses yeux noisettes. La porte claqua ensuite, le brune se retrouva toute seule, à moitié nue, tandis que le brun toqua à la porte-fenêtre, franchement calciné.


[HRP: Rappel: L'époque pré-Crash, avec Cristina, Lucas à 18-20 ans, l'époque post-Crash, avec Isabella Lucas à début 30]