Chaptire débuté par GAZLAK

concerne : gazlak, La Géhenne, Iria Kessler, zillah, Johanna Strigel, CraneBlanc, ...
GAZLAK
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Quelque part...

Le vent marin soufflait sur les grandes étendues d'herbe sèche qui recouvraient l'île du nord, et avec lui, la grêle. Au-dessous des défilant nuages de pollution hivernales, des silhouettes d'hommes et de femmes se regroupaient dans l'immensité morte des terres désolées. L'une d'entre elle, toute de noire vêtue, essuyait une lame sanguinolente, tandis que gisait à ses pieds le cadavre encore chaud d'un survivant déjà refroidi. À ses côtés, un homme au visage pâle échangeait des rations avec le reste de la troupe, l'air morne, le regard dur, occasionnellement contrasté par un clin d’œil averti à celle qui partageait son lit, chaleur insoupçonnée, une parade à l'hiver brandit comme un outil.


Et puis, un hennissement retentit, brisant ainsi le silence quasi-sacré qui s'était installé. Le bruit des sabots précède le troupeau chevalin qui se dessine à l’horizon. Les yeux de la Géhenne se tournent machinalement et fixent le rassemblement qui s’étale dans la plaine en contrebas. Même dans cette ère ruinée, même après la quasi-destruction de toute vie, on pouvait encore témoigner, par un regard encore candide, de spectacles prompts à émerveiller.
GAZLAK reste de marbre. Il tourne lentement la tête vers la figure voilée de nuit, la sorcière du nord, son actuelle patronne. Un bras squelettique s’extirpe alors de la noirceur pour pointer, d’un doigt émacié et crochu, la harde de chevaux sauvage. Le doigt se rétracte pour s’enfermer dans un poing. GAZLAK sourit.

Le guerrier pose un genou à terre, ferme les yeux et marmonne une prière. Il les ouvre, et fonce en rigolant comme un dément.



Le premier équidé qui tombe est tranché à la jugulaire, le deuxième est transpercé par l’oreille, tandis que le troisième chute mais manque de succomber aux blessures de ses jambes. Ce n’est qu’au bout de la vingt-quatrième victime que l’homme revient à lui pour finir le travail. Portée par une folie meurtrière, GAZLAK taille, coupe, estoque et tue un par un les herbivores qui ne parviennent pas à lui échapper.
Dans l’esprit malade du fanatique, deux centaines de chevaux sont abattus sur le sol poussiéreux après 1036 coups de couteau, 24 tirs de carreau d’arbalète, 76 coups de poings et 31 morsures. Entouré de charognes et baigné dans le sang, le guerrier écarte les bras et lève les yeux au ciel. Les nuages de givre s’écartent alors pour illuminer la scène d’un rayon de soleil.

Il hurle :


Ô, libres destriers, Ô, parcoureurs des plaines,
Descendants d’une espèce faillissant disparaître,
Contemplez l’échéance, celle dictée par vos maîtres,
Vos carcasses serviles aux larves des phalènes !

Le mercenaire ne reprend ses esprits qu’une fois son équipe arrivée. Il se croyait riche, lumineux, éloquent et conquérant, mais les mouches commencent à s’agglutiner, le ciel est toujours gris, il n’a fait que rigoler et l’odeur de la mort s’élèvent maintenant du charnier. Au loin, des dizaines de chevaux hennissent encore dans la peur.
Gaz renifle. Il faudrait peut-être qu’il se calme sur la consommation de plastique. Il hoche la tête envers les siens et s’agenouille pour commencer à dépecer la viande jonchée à foison. Avec ce froid ambiant, il aura le temps d’amasser plus d’une vingtaine de rations avant que la pourriture ne frappe. En fin de compte, peut-être que la vraie richesse était celle que l'on pouvait découper en chemin.