L'huile et la souillure

Chapitre débuté par Yoko Sumo

Chapitre concerne : Yoko Sumo,

De la graisse et un pigment. Il ne faut pas plus d'éléments en ce monde pour permettre à l'homme d'offrir à l'univers tous les tourments qui le traversent.
Ce qui est visqueux, et ce qui tâche. Le sale. Le fiel. La noirceur. L'encre.

Dis-moi ô mère pourquoi de ton corps grêle et fin comme celui d'une guêpe éreintée par les heures suis-je sorti comme une nymphe vorace, glougloutant d'un appétit qui ne s'apaise qu'en la faisant souffrir ?
Dis moi pourquoi tu as usé ton âme pour me porter à un monde qui a craché sur tes efforts et ris des défauts de cet enfant que tu as porté seule ?
Dis moi encore pourquoi tu es partie, me laissant seul dans ce silence empoisonné ?

Repose-toi.

Le texte s'achève d'une tâche charbonneuse. Ce qui tenait lieu de mine a dû céder.
Vous vous dites que le bonhomme qui a pondu ce truc devait être dans le mal. Encore un dépressif de merde.
Je vois ta peau frémissante comme autant d'atours dont tu t'es dépouillée devant moi.
Ne reste que l'attrait électrique de ta peau lisse sous laquelle je te sens respirer.
Je vois ce ventre plat qui se creuse comme une vasque naturelle dans laquelle je veux laper l'eau claire.

Laisse venir ton prédateur, la lente agonie, une ombre comme trois tableaux de toi. 
Les fleurs délicates dépérissent de trop attirer les mains malhabiles.

Tiens, le dépressif a repris du poil de la bête.
Grogne, peste et cogne. 
Rageusement, à l'excès s'il le faut
Use ton corps dans cette spirale
Infernal, mû par un géant mépris
Ire des dieux, barde des démons
Ignore tes doutes et porte le masque
Kafkaïen du cuir porcin.

Tu cherches ainsi la pureté dans la laideur du monde.
Ce texte vaut une bière !
Délicat chuchotis ruisselant dans les fissures
D'un monde aux crevasses salines et ferreuses
Ne vois-tu rien venir, n'entends-tu pas le danger ?


Frisson tout de faux interdits vêtu,
Tu pilotes une romance aux accents d'avant
Un traitreux rêve, une douce chimère,
Qui menace les amants.

Ô que j'aimerais ne pas sentir ce danger.
Ce texte vaut 2 bières !
J'entends encore ce sifflement humide,
Ce chuintement de salive grenat, puant la charogne
Et l'apparition fugace, entre ces dents avides, de restes tendineux.

J'entends le froissement gras de la peau
Qui se détache entre des doigts avides.

Je vois ce sourire satisfait,
Ce souffle chaud et fétide,
J'entends encore ce soupir, cette culpabilité oubliée.

Qui étais-tu ?