Chaptire débuté par Frère Georges

concerne : Frère Georges, SCP, SCP Harbor, Marin, Amertine, l'escale, ...
Frère Georges

Le frère Georges, chargé de l’approvisionnement en eau de SCP Harbor, se donnait aussi  pour mission d’effectuer quelques distributions dans les campements annexes.

C’était ainsi,qu’il y a deux lunes, il croisait les environs d’une ancienne scierie , au sud-est de la localité. Un endroit qu'il avait pris l'habitude de fréquenter, parfois avec d'autres compagnons.
Mais pour cette fois-ci il y était revenu seul et marqua une pause avant d'y arriver. Puis il se fondit en pleine nature.

Il reconnut ensuite assez facilement le chemin à prendre , l’ayant emprunté à plusieurs reprises : encore un quart d’heure de marche en pleine forêt, en laissant disparaître derrière lui les batiments rouillés. C ‘était toutefois un chemin étroit, comme une piste d’animaux sauvages.

Observant à sa gauche le creu formé par une ancienne mare asséchée, il tourna la tête et dans une trouée d'arbres repèra le pommier qui persistait en cette saison, à produire de petits fruits.

 

Il tendit l’oreille, et perçut le bruit caractéristique du gecko tokay qu’il s’attendait à y trouver. L'heure de la rencontre avait aussi bien été choisie
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Décidement, celle qu’il recherchait avait pris de sacrés habitudes pour venir encore s’approvisionner ici …

L'animal était à nouveau là , sur une branche relativementbasse , et retenant un des plus petits fruits par son pédoncule. Planté dans sa gueule …


 

Le moine se planta face à lui, puis mit une main à son oreille en grimaçant un très court instant, et commenca à lui parler en levant la tête , avec une main amicale tendue , paume en avant.

 

«Non … Pas Jor … Geor-ges … répète … Georges ... »

 

*Le reptile avait tourné la tête vers lui, le moine semblant monologuer face à l’animal. Son débit resta posé, comme s’il avait pris le temps d'expliquer quelque chose à un jeune enfant.

 

« Pfff … *soupira-t-il* Bon … Jor alors … Comme pro-mis, je t’ai ame-née cette fois ci , ceci ... Je te montre-rai ... Des bonnes choses pour toi ... "
*il pointa l'index vers un sac à dos bien garni ,  posé à son côté droit. De l’autre côté il conservait un baluchon plus léger*
... Mais tu dois me do-nner ceci *il tapota deux ou trois fois la base de son cou , comme pour lui indiquer cet endroit . * Ce que tu as là … « 

*Le gecko marqua une petite hésitation , puis … hocha la tête ... Et Georges poursuivit, en essayant encore de se faire comprendre par des gestes.

 

« Bien … Amè-nes moi chez toi alors … Ne vas pas trop vite , je dois pou-voir te suivre …"

 

*Le reptile adhérant parfaitement au tronc et conservant dans sa gueule la petite pomme retenue par la tige, arriva en bas et commenca à tracer sa route.

Il était suivi par le moine qui ne le perdit pas du regard.


Frère Georges

Georges, toujours vêtu de sa robe de moine , garde un pas lent et régulier derrière le gecko. L’animal avance tranquillement, sa queue fouettant légèrement l’air , et sa tête se retournant de temps en temps pour s’assurer que l’homme le suit toujours.

 

Le terrain se fait de plus en plus rocailleux et calcaire, avec parfois de légères crevasses ou des avens, ces puits creusés naturellement qui s’enfoncent dans la terre . Tout laisse alors à penser qu’il devrait y avoir des galeries souterraines , tout en dessous ...

Le gecko, le nez presque collé au sol,  le mène sans hésiter vers l’une de ces cavités qui s'ouvrent à la vie souterraine,  dans la pierre calcaire.
Pas plus large qu’un avant bras . 

 

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Georges marche dans ses sandales maintenant très usées, le cœur plus lourd qu’il ne l’aurait voulu. Pour l’instant il peut encore passer le portail. C’est presque une chance, mais ça ne durerait pas. Mais il n’a donc plus le temps de jouer au moine bienveillant. Il lui fallait agir, et vite. Il pourrait contacter Marin et Amertine, leur parler à nouveau de la petite. La confier à l’Escale . Mais sans garanties que cela puisse vraiment lui convenir, qu’elle puisse y être élevée convenablement. Il aurait fallu qu’il aille lui-même y faire un tour, pour découvrir cet environnement , rencontrer ses dirigeants et leur expliquer de quoi il retourne .

Puis décider qu’il pourrait la laisser là bas , à défaut de la confier aux SCP . Car il craint toujours qu’ils ne voient en elle que l’anomalie, l’objet d’étude qu’elle pourrait représenter. 

Maintenant il n’a plus assez de temps pour agir … le choix se restreint alors à … une seule solution : La ramener avec lui . Auprès de Philip Anderson. Mais lui aussi pourrait aussi bien l’exploiter . Sans compter le fait qu’elle devra toujours dissimuler son apparence aux yeux du Monde … Mais au moins elle pourra bénéficier de la civilisation , de la sécurité qu'elle apporte..

 

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L’entrée béante du gouffre , juste assez large pour y voir les deux yeux jaunes briller dans le noir , est donc là. Un léger ronronnement s’en échappe , et un bras malingre, mi animal , mi humain et plein de boue ocre s’étend . Au bout de ses ongles longs pend un petit médaillon de tourmaline noire.

 

« Rrrr...  Truffett’ donn’ …Jor donn’ Truffett’ manger … » *La voix de la fille sauvage est portée cette fois-ci par l’air ambiant, et non pas par des ondes mystérieuses relayées à distance jusqu’aux oreilles de ses interlocuteurs.
 

Le gecko arrive à sa portée, elle le caresse car elle sait ce que ces bêtes lui permettent d’abord d’entendre des conversations , de parler à distance quand elle le souhaite.Elle a un lien empathique très profond , très intime avec ces espèces .

 

- Non .. Gardes ça … Beaucoup de choses ont changé .. *il lui tend une pomme* J’en ai beaucoup d’autres, pour toi ici , et il y en aura encore plus bientôt pour toi …

Il lui tend ensuite une gourde* Bois lentement. Trop vite, ça te fait mal à l’estomac...»
 

*ils marquent un temps de silence , le temps que la jeune sauvage se désaltère. Puis poursuit

 

- Maintenant , peux tu … lui dire de me mener à toi ? .. Georges veut aller vers Truffette … là dessous …

*Bien entendu, il avait juste ici la place pour passer un bras , pas pour se faufiler. Il se doute bien qu’elle a un moyen plus commode pour venir elle-même à la surface

Le gecko , obéissant à une requête sourde de la jeune fille, reprend sa marche , toujours suivi par le moine. Il avancent toujours plus en contrebas, dans une zone plus sombre, pour arriver enfin à l’entrée d’une grotte.

...

Tout de suite, Georges voit la trace d’une charge lourde qui a été traînée à l’intérieur. Le gecko s’y précipite et saute sur l’épaule de la silhouette recroquevillée dans un coin, dos à l’entrée . Le moine voit d'abord à peine son dos, dissimulée par sa très épaisse crinière emmêlée , pleine de terre et de déchets divers. Elle frappe quelque chose avec une pierre aiguisée, avec de petits cris d’excitation.

Elle se retourne , et Georges voit à nouveau en plein lumière ses yeux jaunes aux pupilles verticales, éclairés par une joie sauvage.

Infecte et puante, elle tient par son autre poigne, un main humaine, qu’elle a détachée du corps sur lequel elle était penchée. Elle s’apprête à la déchirer avec ses dents pointues …

Malgré sa forte volonté , le moine a un haut le coeur et fait un signe de croix, comme pour exorciser ce qu'il voit là.

« Seigneur ... Laisses … laisses tomber ça … J’ai … J’ai mieux pour toi … *il précipite ses main dans le sac pour tendre vers lui une poignée de fruits frais*