Au bout du tunnel

[violon song]

La musique adoucit les maux.


Dans le dédale linéaire des chemins de fers, une mélodie se met à résonner, jouissant du confort des boyaux pour amplifier son écho.
Tombé au sol, laissé à l'abandon, se trouvait un violon !
Quel mélomane avait eu le cœur à abandonner son instrument dans un lieu si chaotique ?
Dans un profond respect, Mälie porta l'instrument dans les airs, et vint apposer sa joue contre son bois vernis.
Elle prit l'archer dans sa main gauche et se laissa emporter par la suite.

Un peu de réconfort avant le bout du tunnel.....
 

La voix aiguë était de retour mais moins forcée et beaucoup plus naturelle. D'un ton sarcastique elle commença :

Ohh pauvre petite orchidée, Tu veux nous r'donner foi en l'humanité ?
Ton violon faire résonner, à travers ces tunnels abandonnés
Pose donc cet instrument usé, assieds toi en tout tranquillité
Et Laisse moi bien t'expliquer, comment je compte te déflorer

On va commencer doucement, avec un parfum d'hibiscus
Tu ne peux refuser ce qui est violent, ma toute petite russe
Accepte donc cet énorme gland, au fond de ton utérus
jusqu'à t'en faire suinter blanc, comme un putain de cactus

Tu cherches à me repousser, mais je suis comme ces putains d'coquelicots
Je finis toujours par re-germer, pour te violer dans le style romano
Tes clochettes vont valdinguer, au rythme de mes assauts
Sur ta tombe on viendra gerber, ce qu'il reste de tes os

C'est ainsi que ça doit finir, dans un lit de putréfaction
Décapité comme l'a été Mimir, éparpillant du vermillon
Ta tige finira par mourir, tout comme ton putain de violon
Sans que tu n'aies le temps d'agir, les requiems résonneront.




Comme s'il avait oublié d'éteindre sa radio, son rire malaisant s'éloignait puis une dernière phrase fut prononcée

Ahahahahahha ahahah ahahahaha !
Elle t'as plu celle la ? C'était ma spéciale, juste pour toi Ahahahahaha ! Je t'ai dit de ne pas lui parler de moi !

Le violon se stoppa,
Mälie l'écouta.

Un sourire se dessina,
imperceptiblement
sur le visage de l'enfant
qui éclaira son minois.

"Cela me plait de te savoir présent
toi qui restes en lui
et lui évoques du tourment
car cela veut dire qu'il est en vie
Tu crois le tenir enfermé ?
Loin de moi ?
Dans cette cage privée ?
et tu restes aux aboies !

Tu me crains
à peine t'ai-je approché
Tu me crains
tu as raison je vais gagner.

Dans cette folie qui te ronge,
tu es clairvoyant
peut-être l'as-tu vu en songe
toi aboyant
pris de peur que je te longe
mon corps viendra
lentement vers toi
d'un pas ondoyant
de mes lèvres nul mensonge
ne sortira
mais promis,
Tommy,
reviendra à moi......"



Et sur ces quelques mots posés avec douceur, elle reprit l'archer et raviva les cœurs.

[roundtable rival]



 

Une mélodie s'échappe de l'antique radio portative, une mélodie qui ravive des souvenirs douloureux. Lui aussi savait jouer du violon, savait le faire vivre pour transmettre des émotions, tristesse, ou joie. En ce temps-là je chantais pour l'accompagner, mais mon envie a disparu avec lui.

La voix aigue de l'homme est comme un affreux larsens qui vous fait grincer des dents. Mais la joueuse a du répondant et son violon aussi.

Un seul mot lui vient à l'esprit et elle le prononce d'une voix empreinte de mélancolie lorsque le morceau s'achève.


Merci.


Il faut rire avant d'être heureux de peur de mourir sans avoir ri.