Message pour l'Outre-monde

*Bruits frénétiques de pelle.*

"Ce message s'adresse à tous les morts, véritables ou symboliques, vivants ou survivants, tous les morts-vivants, les non-morts, les mange-morts, les croquemorts, les embaumeurs et leurs momies, les golems et les goules endormies, les zombies, les squelettes, les casse-crânes, les pirates à têtes de mort, les morfales et les affamés, les crevards et les boucaniers, les gueules noires comme les gueules cassées, les pilleurs de tombes, les voleurs d'espoir, les fantômes vengeurs, les esprits frappeurs, les gardiens sacrés, les djinns et les génies, les spectres du tombeau, les démons rebelles, les succubes ardentes, les princes d'antan, les anges de la Fin des Temps, les cavaliers noirs, les chats gris, les dames blanches, les fées contrariées, les sorcières de l'obscurité, les animaux de la nuit, les occultistes de salon, les cultistes d'occasion, les prêtres vaudous, les shamans, les changeurs de peau, les monstres et autres chimères des bestiaires, les victimes et leurs bourreaux, les fanatiques, les hérétiques, les orthodoxes, les hétérodoxes, les fidèles et les parjurés, et tous les oubliés que je n'ai pas cité...

Nous sommes la 181e lune de ce triste monde, la 37e lune de la 3e année de l'Apocalypse, celle qui marque le solstice d'hiver.
Car malgré l'air estival, la neige est pourtant là pour nous narguer.
La 183e lune marquera la fin de l'année solaire.
La 193e lune marquera la fin de l'année lunaire, telle que l'ont défini les derniers mortels à leur sortie de terre, aux faveurs du printemps.

La fin du monde approche, incrustez-vous à la fête.
C'est pas tous les jours Noël...
Vous n'avez besoin de personne, vous ne craignez plus la mort, vous n'avez rien à perdre.
Sortez du labyrinthe, remontez vos carcasses de la fosse commune, agitez vos os, frappez les peaux de vos tambours.
Le temps n'est plus à la guerre, mais attend toujours son armée pour la parade...
Surgissez donc et venez grogner !
Et montrez-nous enfin vos belles gueules d'amour..."


*Clic !*

Un gros son de raver retentit sur la fréquence. A croire que ceux qui gueulent ici s'entendent même lors d'une lointaine fête à Roningrad.



Hin hin hin hin hin !