De l'autre côté du Fract.

Chapitre débuté par Ginger

Chapitre concerne : Ginger,

Ce texte vaut 2 bières !
Préambule :
L'ordre d'une organisation militaire bien trop organisée pour survivre à sa manière.



Bien belle histoire que cette connerie inventée pour la protection des femmes, soi-disant. Juste un rien, une promesse. Fabulation qui n'a d'autre but que de tenir une bonne partie de ces esclaves en laisse. Car c'est bien ce qu'elle sont, finalement, des esclaves.

Cette pauvre loi à la con qui ne tient qu'à un fil.

Aucun viol il n'y aura, sous peine de mort pour le détenteur. Mais celui-ci aura tout de même le droit de cogner à mort sa détention et comme bon lui semble.

Détenteur, détention. C'est comme ça qu'ils ont décidé de nommer les choses.
Chaque femme sera une détention et appartiendra forcément à un homme, son détenteur. Ce sont les règles.

Un homme peut détenir jusqu'à trois filles. Même si cette règle est généralement proscrite. Ces bâtards ne se doutaient pas que certaines se rebelleraient.
Quelques pauvres types se sont retrouvés bien amochés après ça. Certains, les deux pieds devant. De quoi en faire vite changer d’avis aux plus couillus qui se disaient avoir une préférence pour les collections.

Mais ne les mettons pas tous dans le même sac. Il y a aussi ces hommes qui ne sont là que pour survivre et non par choix. Ceux qui jouent le jeu assez bien pour gagner leur place au sein de cette très étrange organisation. Ils sont habituellement discrets et n'ont pas plus d'une fille à la fois. Ces chanceuses, jamais amochées et qui portent même parfois le sourire aux lèvres. C'est sur elles qu'il faut compter quand une grosse merde t'arrive sur la gueule. Toujours prêtes à aider. Ça leur est si facile pour elles...

Elles ne paraissent jamais affamées et ne rechignent pas à partager leur morceau de pain, voire même une gourde pleine d’eau. Pas comme la plupart qui trainent dans les rues et qui sont parfois prêtes à s’entretuer pour le même bout de pain rassis. Mais chaque règle a forcément une exception. Et les moins nombreuses, celles gavées pour d'autres délires bien particuliers, préfèrent parfois se faire vomir dans l’immédiat pour pouvoir nourrir leur voisine.


Ne grimacez pas. Arrêtez... Réfléchissez bien et posez vous la question. Si vous étiez sur le point de mourir de faim, rechignerez vous à boulotter ce que la voisine vient de gerber pour vous ? Morceaux presque intacts, parfois en bouillie?



Pour en revenir à la base, toutes ces femmes, ces esclaves... sont marquées, numérotées. Retenues même dans un registre bien gardé. Et même si le nombre de celles-ci ne fait que de diminuer depuis l’apparition de l’organisation militaire particulière.
Chaque femme est donc dotée d’un chiffre tatoué à l'encre de chine à l'arrière de leur oreille droite. Du moins, pour celles qui en ont encore une…
Mais celles qui ont perdu la leur pour x raisons, ne font pas long feu, généralement. Garder une fille trop amochée c’est pas ouf, il paraît.

Il est d’ailleurs important pour les détenteurs de garder leurs détentions en vie, du moins pour une durée minimale. Car à trop les descendre, leur stock diminue et plus aucune esclave ne sera confiée à ceux qui abusent. Et qui dit plus de filles, dit aussi aussi plus de repas tout prêt, plus de lessive, d’entretien,... ni de sexe ou encore de jeux tordus auxquels certains se laissent aller. Car si le viol est formellement interdit, cela n’empêche pas certaines de s’offrir…

Là encore, ce sont des décisions personnelles qui ne concernent que les détentions. Chacune pour une raison particulière : Syndrome de Stockholm, besoins d’affection, d’échange, de compassion… Certaines arrivent à obtenir quelques faveurs, d’autres s’y perdent à ne devenir que l’ombre d’elles-mêmes.

Les détentions n'ont aucun droit de propriété, en étant une elles-mêmes. Elles perdent alors tous les droits concernant leurs affaires personnelles une fois la porte principale passée. Les détenteurs eux, détiennent jusqu’à leur âme. Mais il existe une exception à leur tenue vestimentaire, identique à chacune et de quoi les garder visuellement "au propre". Toujours cette règle à la con, de faire croire que les femmes sont bien gardées, pour leur bien et rien d’autre...

Et en ce qui concerne l’obéissance? Disons que les sanctions sont strictes, tranchantes, directes…
La mort d’un détenteur apporte la mort en retour et non pas sans tortures. Les sanctions sont totalement physiques et la plupart du temps décidées par le détenteur lui même. Du moins, quand ce dernier est encore assez lucide pour ce genre de décisions. Auquel cas cette tâche sera confiée au grand patron des lieux, celui qui s’occupe du registre de compte concernant les détentions. Mineures comme majeures d’ailleurs, petit détail n’étant en rien précisé depuis le début.

Les rues ne doivent jamais être vides et aucune femme n’a le droit d’être complètement seule au milieu de celles-ci. Des gardes sont postés à chaque recoin de l’installation. L’endroit est parqué afin de bien garder les moutons en troupeaux, comme ça les amuse de le dire…

Et pour finir, en plus de leur travail de bonniches, la plupart des détentions se retrouvent à travailler à la mine, voire même ailleurs. Dur labeur que la totalité des détenteurs ne font plus. Si facile de profiter de sa liberté et de rien de plus. Mais une boutique, ça ne tourne pas seule. Alors certaines se voient effectuer des tâches ingrates, comme contrôler elles-mêmes les autres femmes. Ces vraies saloperies qui en balanceraient bien une ou deux pour avoir un bon repas le soir.

Certains détenteurs sont donc des privilégiés. Privilèges gagnés de leur vie passée. Seule chose à se préoccuper, leur bien être personnel, uniquement. Et quant aux autres, moins bien lotis? Ils n'ont que pour tâches ingrates de contrôler les choses. Contrôler, ordonner et faire exécuter.

Et pourtant, qui a dit qu'on était jamais mieux servis que par soi-même?
Ce texte vaut une bière !
+ Début des emmerdes.


Plac !

Une bonne baffe bien méritée que lui dirait et lui répéterait encore son détenteur, s'il était toujours de ce monde. S'il ne s'était pas passé ce qu'il s'est passé. Une histoire bien compliquée, sans doute...

Le visage figé et endolori par le coup avait au moins le mérite de lui faire passer le suivant comme une caresse. Mais la lèvre en sang, ça, ça lui a laissé une satanée brûlure pendant quelques jours encore après.


- "Je suis pas ta chienne, putain !"

- "Bien sûr que si !"

Le cou tiré en avant par ce vilain lien en cuir qui ne la quittait plus, la jeune femme restait finalement stoïque. Le visage grave non loin de celui du braillard au sourire ingrat. Trop près, toujours trop près...

Son regard dur malgré la douceur qui régnait dans la couleur azur de ses iris, se plantait dans les siens comme à chaque fois. Il détestait ça et elle le savait. Ce qui n'avait comme seule répercution que de se prendre une autre mandale plutôt que de passer à table. Alors quant à choisir, la pommette cassée lui semblait encore la meilleure option.


- "Va me chercher à bouffer, maintenant! Et profite z'en pour me nettoyer cette merde !"

Cible de ses projectiles, la jeune femme s'était recroquevillée dans un coin de la pièce. Le seul proche de la sortie et disponible. L'autre, déjà occupé par Molly. Petit bout de femme livide et au bord de la fin.

Inutile de la regarder dans les yeux pour lui demander de la rejoindre. Son regard s'était déjà envolé depuis des lustres, tout comme sa raison. A ne plus encaisser les coups, il était bien idiot de se dire qu'offrir son cul à un tel type pourrait lui rendre la vie plus agréable.
Elle était belle à présent. Petite Molly, prête à se briser en deux, enchainée à une tuyauterie sur le point de péter à la moindre occasion. Sauf celle pour elle de s'enfuir. Il était trop tard.


-"Grouille toi, salope !"

Dans un sursaut, Ginger s'empressa de ramasser tout ce qui trainait maintenant au sol devant elle, avant de disparaître derrière la porte principale.
Une chance supplémentaire : c'est que ce con ne savait pas viser.