Tricks-No-Treat

Chapitre débuté par Ruby Costello

Chapitre concerne : ЦиркРыжкова, Ruby Costello,

Ce texte vaut une bière !
Wilson est passager ; comme dans le film, oui, ce film pourri avec...qui, déjà ? ; là, vraiment pas le titre en tête ; mais sans les cocotiers ; pas un ballon, non, mais un squelette de mauvais aloi ;
entre les dents, une baïonnette...

 
...



Jamais deux sans trois.

Un "incident" sous chapiteau...
Des croix gammées sur des panneaux...
Et un mauvais appel radio...

Jamais deux sans trois...

En pleine tempête tropicale, Salaire de la Peur à très haute altitude, humide espionnage du nouveau petit bastion, de ses infrastructures, des rondes de jour comme de nuit...
Tout se vend...
Puis vol d'une drôle de voiturette de "frenchie", le style pour aller à la playa, en manchouillant une paquerette si ce n'est en crevant zdar sur zdar, mais à l'arrivée, la Momie en Bikini ne serait pas bien sexy, même sous acide et crachats de psychobilly, précaution: prévoir de grands baquets à vomi...
Tout se vend...
Et puis, et puis...

Tout ne se vend pas...la simple et bête cruauté, par exemple, par exemple...
...
Le soleil n'échauffe plus le tapis de pinède en poussières et la garniture variée d'ordures qui l'accompagne. 

Sur le toit de la station qui n'en propose pas depuis fort longtemps, de service, à moins de vouloir faire joujou avec une horde de douteux cocons qui a envahi les rayons, une Ombre que peine à dévoiler la Lune s'est mûe. Là, juste à côté du panneau sous forme de mascotte, un castor avenant en pull-over olive grignoté par des imprécations contre Dieu ou la Société. De la créature qui l'accompagne seul le haut du corps émerge, ainsi que son extension sous forme de carabine semi-automatique de fabrication allemande moderne. Derrière une bande de tissu noir ôtée, un oeil à sclère jaunâtre et à iris injecté de sang est tantôt concentré derrière une plate-forme holographique, tantôt fixé sur des points précis sans aucune aide de visée. 

Parfois, un chuintement quasi-imperceptible vient perturber le silence de plomb qui enveloppe l'obscure, plat et sinistre paysage, succion émanant de la bouche voilée du tireur embusqué. Mais si l'on veut réellement remonter à l'origine de ce bruit étrange, il faut regarder du côté de la longiligne bouteille de "gaz" accrochée au dos de la grande Momie...

Alors que le temps s'étiole, on pourrait croire que l'être armé ne bouge pas tant que ça. Voire même qu'il est immobile. Pourtant, comme un escargot gigantesque et à pas de crabe, le tour de la structure est faite. C'est affreusement lent. 
Et soudain, une conserve rouillée est projetée telle une grenade vers les pompes. Après impact: rien. Le Rien persiste dix bonnes minutes, avant que les choses s'accélèrent de nouveau, et pour de bon cette fois. La planquée saute à la corde et évacue son abri, avant de sprinter vers une forme qui finit par se détacher au milieu d'une toile qui paraissait monochrome jusqu'alors. 

Quelques petits bonds lestes pour passer ses propres alarmes sonores plus tard, arme remise à l'épaule, "Ruby" dégage d'un coup sec la bâche qui recouvre "son" véhicule et, après ouverture du capot, semble vérifier que quelque chose est bien à sa place parmi toute cette mécanique...
Puis, depuis le phare gauche, dans l'axe perpendiculaire extérieur à celui-ci, l'irlando-américaine fait quatre grand pas, avant de se mettre à genoux et commencer à gratter le sol infécond...
Ce texte vaut 3 bières !
- Hm...Wilson, ça va pas te plaire, mais j'ai quelque chose à te dire...


- ...

- ...je sais qu'on devait partir ce soir. Mais je suis trop bourrée pour pouvoir conduire.

- ...

- Ta gueule Wilson, je suis pas tout le temps bourrée. 

- ...

- Mais non, on en a déjà discuté, merde, je suis pas hm...alcoolique.

- ...

- Contrairement aux apparences, j'aime la vie. J'aime l'eau aussi. Hm... J'aime donc l'eau de vie. 

- ...

- Ok, ok, c'était pas drôle, mais pas la peine de t'mettre dans un état pareil. D'ailleurs rends-moi ce truc, je sens que tu vas faire une connerie, hm...c'est pas le retour de Verdun ici.

- ...

- Bon. Tu veux la vérité ?

- ...

- Tu promets que tu n'vas pas t'énerver ? Hm...de toute façon, si t'es pas content, je t'abandonne là et tu continues en auto-stop...

- ...

- Ah ouais ? T'en as rien à foutre ? C'est pourtant très dangereux l'auto-stop...

- ...

- Tu pourrais tomber sur des gens qui ne veulent pas vraiment te conduire jusqu'à destination. Hm...tu vois c'que je veux dire...? Du style pas net, les cheveux qui suintent de graisse sous la casquette de baseball, de la buée sur les lunettes, une vieille odeur de cheeseburger périmé qui hm...plane malgré le sent-bon ringard accroché au rétro... Nan j'déconne, ça c'est cliché, quoique... Bref. Des types avec tout un tas d'idées morbides ou dégoûtantes derrière la tête. Hm...pas des gentilles filles comme moi...

- ...

- D'accord, je crache le morceau. Je suis invitée à un barbecue. 

- ...

- Comment ça personne voudrait m'inviter à un barbecue ? 

- ...

- Ouais, c'est pas tout à fait faux...je m'invite un peu toute seule, si tu veux tout savoir. 

- ...

- Toi, tu restes pour surveiller cette bagnole. Hm...je te confie la Très Sainte Bible, ce trèfle protecteur et...ce beau béret de l'ONU. Là...hm...laisse moi le secouer un peu... Deux secondes... Hm... Parfait...une vraie tête de bite de soldat nunuche.

- ...

- C'est ça...hm...tu te fais passer pour un bon samaritain et tu dis que t'es ici pour surveiller si les Droits de l'Homme sont bien respectés dans le coin. Bon, hm...à mon avis tu diras ça à plus de scorpions que d'êtres humains, parce que ça fait des plombes qu'on est là depuis qu'on a...hm...emprunté la voiturette aux guignols, et j'ai pas vu une seule tronche de juif à démonter, ni d'petit nègre qui mange des galettes de boue. Pas non plus d'chili con carne sur pattes qui cherchent hm...un nouvel Eden. En tout cas t'es canon, Wilson. Si j'étais pas une sale gouinasse, on se marierait comme à Las Vegas, là, tout d'suite...

- ...

- Hm...et moi...? Je suis présentable ? 

- ...

- Comment ça j'ai l'air d'une terroriste...? T'es pas un peu raciste, parfois, Wilson...? Avec moi, d'accord, on peut en discuter, mais tout le monde n'a pas la même ouverture d'esprit avec ce genre d'histoires, hm... Fais attention...

- ...

- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas arriver là-bas les mains vides. Je connais certaines bonnes manières, quand même, hm... Qu'est-ce que tu crois que j'ai préparé pendant vingt minutes, là, comme une bonne mère de famille...?

- ...

- Non, pas des cookies. Mais d'autres cadeaux, oui...!

- ...

- Alors...hm...ça s'appelle des cocktails molotov. J'vais te donner la recette à mon retour, si tu veux, hm, et l'avantage c'est que ça a des variantes.

- ...

- J'sais que c'est pas ma tasse de thé, les cocktails, c'est pour les pétasses... Mais faut savoir à peu près ce qu'aiment vos hôtes avant de leur offrir quelque chose.

Et ces cocktails sont parfaits pour des ruskovs...hm...
Ce texte vaut 3 bières !
***






Quelques lunes plus tard...



...


L'Ombre est aux portes de ce qui est le "territoire rouge". 

Là, juchée sur son meilleur ami dressé par son meilleur ennemi - qui ne l'est plus tant que ça dans sa psyché, d'ailleurs -, à quelques bornes de la frontière terrestre qu'un certain Jelani lui avait indiquée avant de lui confier sa première mission de bleusaille pour l'USSR, il y a de ça...longtemps, en terme d'espérance de vie ici bas, peut-être. 

Farfelue, nébuleuse et/ou acerbe sur la radio publique, la figure est tout autre dans la réalité. On hésiterait sans doute à lui demander le coin le plus sympa pour survivre peinard. 

Voilée, cagoulée, jusqu'à douter du fait que la mobster y voit goutte, mitraillette à l'épaule, sac militaire rempli jusqu'à la gueule dans le dos, grande lame au flanc et autres petits surins au ceinturon ou dans les bottes, de gros jerricans de carburant(s) attachés de part et d'autre de son pur-sang et enfin une sorte de gilet tactique...contenant divers explosifs, ou du moins composants d'explosifs, y'a comme une sale touche de Djihad par l'épée...

Qu'est-ce qu'elle vient foutre là, la sinistre...

Eh...pardi...

Quand il s'agit d'aller potentiellement au suicide et d'avoir un peu de poils dans la culotte pour cela, ou ne plus en avoir grand chose à branler, toujours faire appel à un professionnel.