Vol au dessus d'un nid de pigeons

Chapitre débuté par Céleste Shab

Chapitre concerne : donaldtrump, William Vortigern, Les aéronautes, Céleste Shab, Indiana, kazik,

Ce texte vaut une bière !
De Kazik :
 
Depuis le temps qu'ils traînaient dans le coin à fouiner dans toutes les carcasses qui pointaient leur bout de ferraille ou ruines de ruines de ce qui fut civilisation, il était grand temps de venir se délester. Kazik avait son sourire béat en regardant en direction de leur destination. Il fit un petit geste de la main en guise de bonjour, comme si en face on pouvait le voir. Il jeta un coup d’œil à Céleste avec la même expression paisible. C'est elle qui gérait les relations de voisinage. Il lui faisait confiance. Elle arrangerait leurs affaires avec Monsieur Trump de la meilleure des façons.
 
De Donald Trump :
 
Un peu plus tard, le duo de voyageur était arrivé à Liberty Harbor, c'est Donald Trump en personne qui les attendait pour leur ouvrir les portes.

Well, soyez les bienvenus, nous sommes content de pouvoir vous accueillir dans notre modeste bourgade, vous remarquerez que depuis la première fois que nous nous sommes croisés nous n'avons pas chômés. Prenez le temps de vous poser un peu, de trouver un coin ou vous reposer, nous pourrons discuter affaire un peu plus tard. Revenez vers moi quand vous vous sentirez prêt. Bonne journée mes amis.
 
De Céleste :

A la ronde, pas grand chose de vivant, depuis que nous avions eu la chance de croiser la route d'un troupeau de chevaux déshabitués des vices de l'homme, dans le Sud-Est de l'Île. Puis les vautours, histoire de nettoyer les 2 carcasses que nous avions déjà bien entamées.

Je l'appelais l'île, faute de mieux, et parce que ce lopin de terre, entouré par les eaux, semblait en être une. Pas mal, comme imagination, non ? J'aurais pu être plus inventive; mais je ne pense pas que c'était à moi de me taper le boulot. Des gens vivaient ici depuis plus longtemps. J'ai toujours pris le parti des minorités ethniques et indigènes. Parce que généralement, elles sont bien montées, et pas abatardies par des décennies de cachetons et d'hormones transgéniques.

J'en avais marre de respirer l'air brulant de ce désert d'asphalte, de verre fondue et de caillasses pétrifiées. Alors, quand les feux éparses des campements de liberty Harbor se dessinèrent à l'horizon, comme les volutes langoureuses d'une casse en train de bruler des montagnes de pneus, j'eus un pincement au coeur.


"Retour à la civilisation, Kami Kazik !"

Mon discret compagnon mima un sourire absent; ou qu'il n'est pas entendu réellement ce que je disais, ou qu'il n'ait pas saisi la pointe de cynisme; ou alors, il ne voulait pas me vexer. Il en fallait un peu plus pour, hein, mon gars. Céleste n'est pas du genre à l'avoir mauvaise !

Tu parles d'un phare de l'humanité. Une dizaine de batisses assemblées avec les moyens du bord - principalement de taules débosselées à la va-vite - et un peu de béton, de bois, de ferailles aussi rouillées que coupantes - Hello Mister Tetanos ! Nice to see You again ! - ; et tout autant de pélos, tondus ou à crête, vieux schnock, barbus, poupées brunes... Ah, l'odeur de la promiscuité, de la boue séchée et des immondices entassées...


Et le grand patron en personne pour nous accueillir : DT et sa fameuse crête iroquoise. Tapis rouge s'il vous plait !

"Salut, Préz du monde libre !"

Petite révérence irrévérencieuse, et clin d'oeil de malinois malin.

"On vient de croiser votre marin et sa donzelle, je crois; ils ont mis la main sur deux survivants qu'on a dépanné à coup de pipe d'opium. L'un d'entre eux à une sale gueule enfarinée, en mode Zombi Jésus sur le retour. L'autre, c'est une petite pépée sexy et docile. Sans doute votre cam, pas vrai ?"

J'y mets un petit rire, pour faire passer la pilule. Bleue, celle-ci, de celle qui redonne force et honneur aux membres tombés trop tot au front.

"J'espère que la santé de votre "ami" va mieux. Mais comment ne pas s'épanouir dans un bouiboui pareil, à vrai dire ? Même St-Pierre en voudrait la clé !"

Les deux arrivants portaient une grosse (et lourde) cantine en fer. Remplie ras la gueule de bordel trouvé un peu partout. Lachée au sol, elle souleva un nuage de poussière. Je tousse un peu. L'air est trop sec pour mes petits poumons.

"Bref, Préz, voila la camelote qu'on a se débarrasser. On prendrait bien un peu n'importe quoi en retour. A boire, à snifer, à porter... du moment que c'est utile, pas vrai ? Y a quoi pour s'amuser, ici, en attendant que vous fassiez votre choix ? Un tripot de jeu ? Une maison de passe ? Un spa 5 étoiles ?"
De William Vortigern :

Ils avaient observé l'arrivée de nouveaux, il semblait même que d'autres arriveraient bientôt.
Il venait de fixer deux tasseaux de bois sur l'une des poutres porteuse du toit plat du baraquement.
Il avait passé la lune précédente à assembler les éléments, solidifier l'ensemble.
Il avait encore un coffre à installer et sans doute d'autres améliorations.


L'homme et la femme discutaient avec Trump après avoir posé sur le sol une sorte de malle remplie de leurs trouvailles.
Il écoutait cela distraitement, jusqu'à ce qu'elle dise le mot tripot.

il en fait tomber son marteau qu'il ramasse et pose sur la poutre puis il dévale l'échelle.

Il parle doucement, mais sans doute pas assez pour ne pas être entendu. Indiana, elle est où l'enseigne ?
Il se retourne brusquement et salue d'un signe de main les arrivants
Toujours à travers la porte entrouvertes, il ajoute :


"Indiana, vite... Je crois qu'on a des clients, la femme a dit qu'ils cherchaient un tripot"


D'Indiana :

Une petite brune finit par apparaître avec dans ses mains, une pancarte bricolée grossièrement. Une écriture recherchée mais rien de trop aligné, ni de parfaitement centré, indiquant en toutes lettres "Le cercle".

Ce n'est qu'un bref regard qu'elle lance aux nouveaux arrivants avant de tendre la dite pancarte, comme demandée.


"Il va nous falloir des verres, aussi. Ça donne soif de jouer."

Son regard se pose à nouveau sur les derniers arrivants, plus longuement cette fois.

"Et je pense qu'ils vont avoir soif."

Pendant que William grimpe à nouveau à l'échelle avec l'enseigne elle s'approche du groupe de quelques pas à peine, toujours cette distance préconisée qu'elle s'impose.

"Bienvenue !"

Un regard à Trump, puis elle se racle la gorge et revient vers les inconnus.

"Si je peux me permettre.

Nous venons d'installer notre "salon de jeux", si ça vous intéresse.
Peut-être avez vous envie de gagner quelque chose qui pourrait améliorer grandement votre survie."


Elle indique la porte d'un signe de main tout en adressant le plus beau des sourires dont elle est capable.

"La porte vous sera ouverte jusque tard dans la nuit."
De Céleste :
 
En voila une bonne nouvelle ! Si tu ne vas pas à la roulette, c'est elle qui viendra à toi ! Du moment qu'elle n'est pas russe, et si elle peut être accompagnée d'un grand shot de tequila... Avec du sel, et sans citron. D'ailleurs, de citron, il n'y en a plus, dans ce monde désolé. Enfin qui sait ? Peut-être dans une oasis perdue au milieu d'une demi-douzaine de chameliers, à se faire bichonner le ramage comme un corbeau fromager. Qui m'aime me suive, peu importe qu'ils me comprennent.

Et quand, en plus, cerise sur le baba au rhum, c'est une jolie brunette qui vient faire la réclame, ma gueule de mange-poussière ne peut s'empecher de se retrousser une babine affamée. C'est pas que je cracherai sur la soupe, mais depuis le temps que j'en ai pas eu une de qualité... Le gentleman de Kazik sait se tenir à distance des amourettes qui prennent leur source dans l'ennui d'une douce nuit d'été, sur une dune de plastique brulé.

Je lui fourre un coup de coude entre les côtes, à celui là, comme un maçon qui voit passer un joli petit lot en contrebas de son mur de parpaings.


"Mazette, Kazik ! Matte moi cette avion de chasse ! Je le ferai bien rentrer au hangar ! Pas toi ?"

Manquerait plus qu'il me dise que oui, ce trouffion, qui n'a pas tenté ne serait-ce qu'une main au cul après des semaines à crapahuter à mes côtés. Et bien quoi, elle serait mieux que moi ? A la rigueur, c'est un 8, alors que je suis au moins un 12 sur 10. Minimum.

"Hey poupée, ce sera pas de refus ! On joue à quoi par chez vous ? Je papillonne de la crapette au blackjack, en passant par la roulette et le bingo. On pourrait dire que je mange de tout, si tu vois ce que je veux dire..."

Et un clin d'oeil appuyé, un !
Quelle est cette magnifique personne qui a dit un jour que l'habit ne faisait pas le moine ?
Parce que clairement, la brune ne s'attendait pas à une approche si familière de la part de la dernière et nouvelle arrivante. Celle-ci lui paraissant bien plus classe que sa première approche.

Un sourire sans doute trop pincé qu'elle finit par lui adresser, tout en jetant un regard par dessus son épaule pour s'assurer de la proximité de son protecteur. Sans doute de son avis, aussi, en prévision de la probable boulette qui allait sortir de sa bouche.

Au poker, du genre Texas hold'em, en fait.
Mais peut-être que si l'affaire prend, alors d'autres jeux s'ouvriront. C'est bien ça, William?


Cette fois elle se tourne réellement dans sa direction, cherchant de l'aide dans sa réponse possible. Par certain que la brunette en sache assez, finalement.
Ou peut-être ne cherche t-elle pas à en savoir davantage.

Vous restez dans le coin? Ou vous avez prévu de bouger?
Ça peut peut-être aider le patron à décider.


Son attention de retour sur les nouveaux arrivants, elle incline la tête d'un bref mouvement pour désigner William comme le "patron".
Tu es parfaite Indiana.

L'homme, la quarantaine bien conservée, réussit à garder une certaine classe malgré l'époque.

C'est tout à fait cela !
Un grand sourire.
Il s'avance d'un pas, se mettant à la hauteur de sa belle-fille.
Nous comptions effectivement tester le concept dans ce nouveau monde qui vient de s'ouvrir sous nos pieds !
Enfin.

Il lève les yeux au ciel.
C'est plutôt l'inverse, mais ce n'est pas facile de placer l'expression "vient de s'ouvrir sur nos pieds" !
Ça fait champignons, non ?


Il tend la main vers la femme, pour la lui serrer.
William Vortigern.
Appelez-moi William, mademoiselle.

Il salue l'homme qui l'accompagne silencieusement depuis qu'elle est arrivée.
Bonjour monsieur.

Il reprend
C'est tout à fait cela.
Le Texas Holdem me parait être l'idéal, pour commencer.
Etant donné que je compte pas miser et que j'accepte juste de faire celui qui manque à la table, à condition que ça ne me coûte pas trop... J'espère, si ce projet fonctionne amasser suffisamment de fonds pour pouvoir proposer d'autres jeux.
Dame Chance, un jeu de dé qui vient des Cercles Parisiens et bien sûr, quand notre petite entreprise, à Indiana et moi sera prospère, j'espère bien lancer une véritable roulette !
Mais actuellement, avec un quart de cachet d'aspirine, on peut faire sauter la banque !

Il se penche un peu vers Céleste.
Ce qui serait ballot, vous ne trouvez pas ?

Alors ?
Une petite partie ?
Le président a l'air partant.
Kazik lève l'oreille quand il entend Céleste parlait d'avion de chasse. Auraient-ils enfin trouvé la chose volante improbable incroyable extraordinaire ayant survécu aux vicissitudes de ce monde cruel. Il regarde à droite et à gauche. Rien ayant cette coupe parfaite ne lui saute à la vue. Son sourire passe de radieux à septique. Il fixe Céleste. Que diable avait-elle aperçu pour l'émoustiller autant ? En fait cela semble être bien autre chose que ce qui correspond au terme habituel d'avion de chasse.

Ah !

Ouais, donc Céleste s'interresse à quelque chose qui lui échappe, la femme, l'homme, le jeu ? Le voilà qui s'inquiète. Allait-elle miser et perdre ce qu'ils avaient si durement récupéré durant leur randonnée dans le vaste monde ! Pourvu qu'elle est une chance de cocue et rafle les mises ! 
J'opte pour la révérence, devant tant de bons mots dans la bouche de l'autre, et l'autre aussi. C'est que ça en fait une jolie paire, la sainte nitouche et le vieux beau. Et tiens, quitte à jouer du ciseau, pourquoi ne pas en profiter pour le faire sous le regard paternel de cet élégant croupier ?

"Enchantée, Daddy W ! Moi c'est Céleste, y a pas mieux pour convoler à travers les nuages. Promis juré craché, foi d'ange tombée du ciel !"

Un petit rire carnassier, ca fait pas de mal, et ca aide à faire passer le message. Je suis pas farouche, sur l'heure, mais qui sait, demain, ce sera p'tetre plus l'heure, justement. Hey ! Ma bonne dame, mon bon monsieur, il faut savoir être ponctuel.

De ma cantine magique, enfin pardon, de la notre, même si le Kazik fait de l'oeil à un travois en bois qu'il a repéré dans une échoppe du coin, j'en sors deux trois bricoles, en prenant bien la peine de tendre ma croupe pour ceux qui voudraient profiter du paysage. 3 mois de montagnes, de désert et un peu de plage, si tu fais l'impasse sur les brulures qui me fileront sans doute un cancer de la peau, j'ai encore de beaux restes. A remplumer, tout cela, mais c'est pour ça qu'on est là; si j'aimais sucer des cailloux et boire de l'eau croupie, on aurait pas fait le détour par cette bourgade poussièreuse.


"Ouh j'ai foutu ce truc... Ah ! Voila !"

Et c'est que je sors trois grosses gourdes d'un litron chacune, remplie à raz bord de Whisky. Frelaté, peut-être, on le saura en débouchant le truc...

"Moi je mise ça, ma canaille des cieux !" Que je lui balance, à la minette.

"Si ça vous offusque pas de jouer avec des fluides vitaux, évidemment, mon révérend ?" Que je l'enchaine, le galant grisonnant. Et une oeillade de plus, tiens, pour l'occasion.