L'Odyssée des Magnifiques...

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : L'épopée Transylvanienne, boarloch, Comte Von Krakoug, knudd,

Le groupement de silhouettes sinistres autour de l'épave de la vieille peugeot, ce soir là, eût pu donner des frissons au plus malfaisant des pires enculés ayant jamais rampé à la surface de la terre... Un type au teint jaunâtre et à la mine patibulaire nettoyait amoureusement un cailloux pointu sur lequel s'accrochaient furieusement quelques touffes de cheveux collées dans une sorte de purée cramoisie. Un peu plus en retrait, un autre, grand, bien bâti, et au visage dissimulé sous une sorte de masque à gaz, observait la scénette sans vraiment mot dire, si ce n'est quelques grognements et borborygmes douteux qui l'auraient plus rapproché de la Bête que de l'Homme...

Entre eux, une pseudo infirmière aux cheveux sales et à la blouse maculée de sang, assise en tailleurs, tentait d'aiguiser avec une pierre et bien peu de succès, une sorte de crosse de hockey métallique crasseuse. Parfois elle s'interrompait pour jeter un oeil dans un sac en toile de jute dont le fond, maculé de sang brun, poissait plus qu'une flaque de pétrole, et elle semblait effectuer une sorte de calcul mental; sans doute un inventaire du "frigo"...

A l'arrière de l'épave du véhicule, là où aurait dû se trouver une banquette confortable, trois corps en proie à un maigre feu grillaient de façon très superficielle... Les vêtements avaient en partie brûlé, et la peau fondait lentement par endroits, mais on était loin des grands bûchers moyennageux fantastiques. Encore que de fins filets de graisse odorante commençaient à filtrer en bas des portières arrière.

A l'avant du véhicule, sur le siège passager, il y'avait toujours la momie à la chevelure ébouriffée, dont la mâchoire qui pendait sur sa poitrine lui donnait l'air de se foutre de la gueule du petit monde qui l'entourait. Les lueurs des petites flammes à l'arrière de la voiture lui donnaient un air assez festif, sous certains angles...

Et pour régner sur cette cour hétéroclite de dépravés, debout sur le capot rouillé de la carcasse, il y'avait le Comte... Le Comte et ses flanelles usées, ses soies poussiéreuses et son foulard rongé par les mites. Pour l'occasion, l'infâme personnage avait daigné remonter son pantalon, et même fermer sa ceinture : preuve s'il en fallait encore une, d'une élégance et d'un raffinement plus que certains.

"Mes bons amis !" Commença-t-il, en s'éclaircissant la voix.

"Mes bons amis ! Vous malheureux et déshérités, abandonnés de vos semblables ! Vous, les laissés pour compte d'une société élitiste et cruelle ! Condamnés, tels des rats, à vous terrer dans vos trous en rongeant les maigres restes des puissants et des nantis hypocrites ! Il vous a toujours été répété que vous ne valiez rien, que votre naissance n'était pas désirée, que vos bouches empestaient l'urine et que vos faciès disgracieux faisaient tourner le lait. Et le beurre !"

Grisé, le vieux fêlé lève les mains au ciel; son visage au teint cireux et maladif illuminé d'une lueur que certains qualifieraient de malsaine. A ceux là je répondrais "inspirée".

"Mais moi j'ai su voir derrière vos physiques ingrats ! J'ai su capter la beauté et la grandeur d'âme de chacun d'entre vous ! Vous Monsieur Citron, chassé de tous les endroits où vous auriez voulu vous établir, poursuivi par les foules, piqué par les fourches... Vous, Monsieur Citron, comme je vous le disais tantôt, vous êtes le Achille de cette expédition ! Bel héros antique, juste parmi les Justes, vous traînerez dans la poussière, derrière votre char vengeur, le cadavre de la Méchanceté Pure !

Et vous grand Boarloch innocent ! Simple d'esprit parmi les simples d'esprit, qui jamais ne ferait de mal à une mouche... Vous, l'enfant non désiré, dont l'innocence, foulée au pied par l'espèce humaine, reste encore trop pure et intacte pour en tenir rigueur à qui que ce soit... Vous grand Boarloch magnifique ! Soyez le Hercule à la force légendaire dont je conterais les exploits ! Vous déplacerez les Montagnes de la Cruauté, pour les jeter par delà l'abîme des bords du Monde !"

Il renifle, essuie une goutte de sueur sur sa tempe, avant de pointer d'un doigts gris et maigre l'infirmière de la bande...

"Et vous Mademoiselle Piqure ! Femelle désanchantée, dont la tendre délicatesse fût foulée, souillée, par la sueur de bien des hommes; parfois plusieurs en même temps, je le devine ! Vous la misérable fille de joie, contrainte par la nécessité et un père cruel à vendre ses charmes les plus mystérieux... Vous, enfant innocent sacrifié sur l'autel du stupre et de la luxure ! Je vous redonnerais votre pureté et votre dignité; car vous serez pour cette équipe d'aventuriers magnifiques, la Liberté Guidant le Peuple ! Rien de moins ! Et tel votre dévoué Delacroix, j'attirerais sur vous et sur vos petits seins blancs, la lumière révélatrice de votre justesse inébranlable !"

D'excentricités en excentricités, de crimes douteux en crimes douteux... Petit à petit, l'enculé fait son nid...

Pour soigner efficacement il faut être sûr de son diagnostic.

Ce que le Comte appelait nouveaux compagnons de route, elle appelait ça heures supplémentaires.

Ils avaient été rejoints par deux nouveaux patients, qu'elle observait d'un œil attentif, afin de pouvoir identifier correctement leurs maux, et d'adapter leurs traitements.

Il y avait d'abord eu Monsieur Citron, dont la mine jaunâtre trahissait une mauvaise bile, et un foie abîmé. Elle lui avait fait un check-up presque complet.
Mais quand il avait refusé de lui montrer ses selles, elle avait bien compris qu'il était constipé.
Il lui faudrait trouver des herbes pour cela.

Le second malade s'appelait Boarloch, et elle n'avait pas encore eu le temps de l'examiner. Son masque à gaz lui provoquait-il un prurit? Son appétit était-il diminué?
Et sa prostate? Comment était-elle sa prostate?
Il lui faudrait procéder là encore à un examen poussé.

Alors que le comte y allait de son discours enflammé, elle se disait que c'était pas mal finalement, cette nouvelle compagnie. Puisque le vieux taré, en présence de tiers, se montrait plus aimable voire un peu possessif. Et c'était toujours moins pire que quand il l'insultait et lui donnait des ordres auxquels elle ne comprenait rien.

Mais tout de même cela faisait du travail...

Le Comte semblait s’essouffler, mais elle avait besoin de temps, et qu'ils soient tous occupés.

Elle tenta pour le relancer :

"Voilà qui est bien dit Monsieur le Comte!! Et vous serez j'en suis certaine le meilleurs des guides!!!!"

Voilà qui devait lui donner suffisamment de matière.
Cela lui laisserait le temps, de faire un petit tour du camp afin de voir si elle pouvait y trouver les selles du dernier arrivé.

l’boarloach bitait rien à la jactance du dandy. L’boarloach écrasa un moustique entre pouce et index. Pas contrariant, notre simplet se devait d’epargner les mouche à merde qui colonisaient la bidoche. Si on le lui demandait, l’boarloach serait même prêt à défendre la veuve et l’orphelin pourvu que la veuve le suce ensuite.
Pas très causant au demeurant, notre brave type avait les phares braqués sur la carrosserie de l’infirmière. Le cul rebondi eût tôt fait de lever popol dans son froc. L’boarloach se serait d’ailleur bien fendu de roulé des mécaniques avec une méthode de drague résumé en deux questions :

Tu suce ?
Tu baise ?

Les choses les plus simple sont les meilleurs et notre gaillard de savoir les apprécier. La liste est non exhaustive mais aussi vite résumée que sa méthode de drague :

Fracasser des crânes (moins de refus pour les dons de sang)
Charcuter des cadavres avec amour (pour la science)
Baiser (Pas souvent vu que les dindes jacassent plus qu’elles n’écartent les cuisses)
Bouffer
Picoler
Ronfler

Les phares toujours braqués sur le capot, la stupeur de notre homme passe inaperçue. L’boarloach découvre la ganache enfariné de Piqure. Véritable choc et scandale car tromperie sur la marchandise ! Si un trou reste un trou et qu’un sac sur la tête avec levrette pourraient le contenter, notre molosse d’être lésé.
L’boarloach a quand même besoin de se tripoter la nouille. Le signal entre sa bite et son cerveau est sans appel. Fort de ce constat, l’boarloach se tire. Qu’il se pelle le jonc ou pas, il se défroque et près à affronter l’siroco, il expose fièrement sa gaule à tout Vent Couvert !
De bonne volonté pour la paix des ménage avec l’taudis, le branleur de commencer sa petite affaire d’une paluche bien ferme.

L’BOARLOACH FERTILISE LA TERRE !


*Fapfapfapfapfapfapfapfapfapfapfapfap………………*

...


....... HOOOOOOOOOOOOOOOOAAAAAARRRRRGH…


...

Giclées de foutre, le colosse repand son engrais avec son tuyau d’arrosage. L’boarloach de finir par presser les dernières gouttes pour pas souiller son calbute. Calmé et matos remballé, l’boarloach se repointe. Une bouse puante laissée en cadeau derrière un buisson. Tout content qu’il est de sa bonne action et frais comme un gardon, l’en fallais peu pour que le couteau suisse rejoigne l’équipe de cinglés.


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L'asiatique allongée sur le dos, dans la poussière, s'était certainement demandé, l'espace d'un instant, si les quatre figures disgracieuses penchées en cercle autour d'elle, étaient pour quelque chose dans l'inconfort du sang qui embuait son regard, et de la douleur aiguë qui battait ses tempes... A chaque clignement d’œil, les formes s'estompaient un peu plus. Les visages belliqueux et hostiles se troublaient, pour laisser place à des silhouettes fantomatiques. Les voix semblaient lointaines, comme si ces quatre enculés parlaient dans la pièce d'a côté...

"Amis, ce blocus que nous imposons là prend une tournure bien meurtrière, j'en conviens. Mais seules les armes imposerons à l'iniquité et à la vilainie la plus crasse, le respect du Droit et de la Bonté."

Le vieux malfaisant examine la femme à demi consciente, puis à l'attention de ses compagnons, d'un ton des plus solennels :

"Destins ! Nous connaîtrons votre bon plaisir ! Nous savons que nous mourrons; ce n'est que l'époque et le nombre des jours qui tiennent les Hommes en suspens. Reconnaissez cela, et la mort est un bienfait. Ainsi nous sommes les amis de César, nous qui avons abrégé son temps de craindre la Mort ! Penchez-vous, Romains, penchez-vous, baignons nos bras jusqu'aux coudes dans le sang de César, et teignons-en nos épées; puis marchons jusqu'à la place du marché, et brandissons nos glaives rouges au dessus de nos têtes; crions tous : PAIX ! Indépendance ! LIBERTE !"

La femelle au sol trésaille; elle hoquette, incapable de donner la réplique aux citations shakespearienne, dont elle ne perçoit d'ailleurs qu'un bourdonnement sourd et feutré... Et c'était d'ailleurs bien mieux pour elle. Car noble parmi les nobles, le Comte souhaitait désormais récompenser ses fiers hommes d'armes; roturiers fidèles parmi les fidèles, qui avaient combattu avec courage et fougue à ses côtés.

"Boarloch, mon enfant. Ton innocence n'ayant d'égal que la disgrâce qui toucha par grand malheur ton vilain visage, jamais femme n'eût à cœur de t'offrir la chaleur d'un con tendre et moite. Et par grande injustice, tu te voyais, tout au long de ta malheureuse existence, refuser les faveurs mystérieuses des sirènes aux regards de braise, aux senteurs enivrantes. Aussi, bon Boarloch à la force Herculéenne, ais-je décidé de réparer AUJOURD'HUI MEME cette cruelle injustice."

L'ignoble aristocrate désigne d'un doigt osseux et décharné la moribonde, puis, toujours solennel, à l'attention de Monsieur Citron, cette fois :

"Monsieur Citron, fidèle parmi les fidèles, guerrier farouche et indomptable, le Achille de notre Illyade, ta beauté froide et juvénile de héros antique est le témoin de ta grande expérience des femmes ! Combien d'épouses, combien de mères, détournais-tu au cours de tes aventures, des couches de leurs époux faibles et jaloux?? Combien de princesse étrangère arrachais-tu aux palais de Princes furieux impitoyables? Enfin, combien de filles de paysans initiais-tu aux plaisirs coupables de la chair??

Aujourd'hui, Monsieur Citron, je souhaite que tu sois le guide de ton infortuné compagnon, Boarloch l'innocent, dans cette récompense méritée qui est la sienne. Montre lui donc comment prendre la femme. Guide le. Pratiquez donc sur cette jeune effrontée, le coït le plus formidable que vous n'aurez jamais pratiqué."

Le vieux malade se frotte les mains, en se penchant à l'oreille de son infirmière, pour lui susurrer de sa voix rauque, en roulant les "R" :

"Je souhaite que nos deux compères pratiquent à cette infortunée voyageuse la bagatelle de telle façon qu'on l'entende crier jusqu'à Vent Couvert... Une fois cette volonté mystérieuse exaucée, vous la préparerez afin de me dispenser vos bons soins, hun hun hun hun..."

C'était bel et bien un viol suivi d'un meurtre, qui se profilaient doucement au programme de la nuit... Et pendant ce temps, une grande silhouette sombre s'approchait du campement des abominables aventuriers...


Une infirmière soigne ses patients par ordre de priorité.

Et de priorité, le petite brunette asiatique n'avait représenté aucune.
C'est qu'elle avait déjà assez à faire, l'infirmière Piqûre, entre son vieil aristocrate hémophile, son hépatique constipé, et son débile léger priapique qu'elle n'avait pas encore réussi à diagnostiquer, moitié parce qu'elle avait un peu la trouille d'examiner son engin, moitié parce qu'elle comprenait encore moins ce qu'il disait, que les harangues de Monsieur le Comte.

Ce soir-là, ils avaient quitté pour un temps, le siège de Vent-Couvert et de ses putes vérolées, pour aller visiter une carcasse fumante qu'ils avaient aperçue à la faveur de la nouvelle lune.
L'épave d'une voiture de police c'était. Même si le policier qui l'avait autrefois conduite, avait depuis longtemps rejoint le paradis des flics. Celui où vont les authentiques héros afin de se vautrer dans la fange, en bouffant des beignets et en collant des contredanses aux anges mal stationnés.
Et c'était peut-être mieux ainsi.
Le butin avait été maigre, mais on faisait contre mauvaise fortune bonne chaire.
Le terme n'avait jamais aussi bien été employé.

Lovée près du feu qui crépitait, aiguisant ses seringues à l'aide d'un petit galet cradingue qu'elle n'avait même pas pris la peine d'épousseter, l'infirmière Piqûre écoutait attentivement un énième harangue du vieux cochon.
Non que le discours l'intéressait, elle cherchait surtout à percevoir des difficultés d'élocution qui auraient traduit l'imminence d'un AVC.

C'est au détour d'une envolée lyrique impeccable du point de vue de la médecine, que le Comte avait été interrompu par l'arrivée de la petite asiatique.

Pressentant la colère du vieux cinglé d'avoir été ainsi bafoué par son public, ou ses sujets, elle ne savait pas bien, l'infirmière-charcutière avait immédiatement immobilisé l'importune d'un coup de crosse savamment placé derrière la tête.

CCCCCCCCCCCCRRRRRRRRRRRAAAAAAAAAAKKKKKKSSSBBBBLLLLLSHHHH

C'est très laid voyez-vous le bruit d'un crâne qui se fend.
Elle y avait peut-être été un peu fort sur ce coup, parce que la petite chose s'était écroulée, pas morte mais guère mieux, et ne pouvait plus qu'observer ses assaillants à la maigre lueur de la conscience qu'il lui restait.

L'offre que le Comte avait fait à leurs compères avait ravie notre éducatrice de santé.
Toujours d'un point de vue médical, car cela lui permettrait d'observer ses patients afin de déterminer le cas échéant, d'éventuels troubles de la fonction érectile (bien que pour Boarloch, elle ne pensait pas rencontrer un trouble négatif).

Et puis s'ils restaient là encore une heure ou deux, cela permettrait au voyageur esseulé qu'elle avait contacté de les rejoindre sans s'égarer.

Il faudrait tout de même qu'ils veillent à laisser la patiente en vie, les soins palliatifs c'était sa spécialité.
Et ce serait toujours plus simple pour transfuser le Comte d'avoir un donneur qui fait en même temps office de pompe. Bien foutu le cœur humain tout de même.

Hem...messieurs!? Même si elle ne vous parait pas assez réceptive à vos...hem...faveurs, je vous serai reconnaissante de bien vouloir éviter de trop nous la brutaliser, et de ne surtout pas me l'étrangler.
Ça m'arrangerait beaucoup de pas avoir à la suspendre par les pieds.

Le Comte était manifestement dans un état de surexcitation avancé suite au dégommage en règle de la proie de type asiatique. Mais la vue du sang ne semblait pas être suffisante pour rassasier ses lugubres desseins. Citron écoutait distraitement son compagnon vociférer ses habituelles exagérations théâtrales. Il sentait le sang battre à ses tempes et sa vision était flouté.
L'assaut avait été succint, l'adversité étant minime. Pas de quoi faire passer les protagonistes pour des héros mythologiques.
À la harangue du Comte, la perforatrice à couilles de Citron se mit en branle pour prendre une taille et une consistance plus adapté au coït. La main du tunnelier faisait des légers va et vient dans son calebut. Mais l'excitation qu'il sentait poindre n'était pas de type purement sexuel. La bridée ressemblait plus à un tas de viande à découper qu'à une pepée à honorer de sa virilité.

Cher Boarloch, permettez moi de vous précéder dans ce vagin. La légende prétend que les femmes asiatiques sont serrées dudit vagin

Citron se mit à califourchon sur le futur cadavre et entreprit de faire pénétrer son sexe dans l'endroit précité. Un endroit qu'il espérait chaud et accueillant mais qui se révéla tiède et complètement distendu. Au lieu des cris espérés par le baron, les seuls bruits audibles étaient les légers râles de Citron alors qu'il accomplissait ses basses oeuvres. Au bout d'un temps relativement court, le Citron, abstinent depuis des mois, sentit monter son jus de couilles. Il se retira et jetant un sourire à Boarloch

Cher ami, je vous laisse l'endroit vierge si j'ose dire arf arf arf. Je vais jeter ma semence aux quatre vents histoire d'honorer le désert pour ses cadeaux arf arf arf

Citron s'éloigna de sa victime pour faire venir sa jouissance manu militari. Une jouissance qui ne semblait pas parachever un contentement sexuel mais une satisfaction beaucoup plus malsaine.


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Les pas des glorieux aventuriers les avaient conduits jusqu'au cœur même de la marmite bouillonnante du diable et de ses séides; ils avaient combattu tels les félins arrogants que le Comte fêlé se plaisait à voir en eux, et celui-ci réfléchissait même, à l'instar de feu le commandant Massoud, le Lion du Panshir, à se faire surnommer "Le Lion du Sirocco", du nom de la région. Mais son humilité naturelle l'empêchait pour l'instant de soumettre cette idée à ses fidèles camarades. Traduisez par là : le dernier siège chaotique, bien que finalement réussi, avait été une succession de catastrophes merdiques, que ruminaient encore l'esprit vengeur du vieux cinglé...

Désormais le siège était levé. Sérénio l'odieuse sorcière se vidait de son sang, barricadée dans une cabane isolée, et le reste des défenseurs était soit mort, soit converti au prêche des assiégeants... Un maigre feu achevait de consumer les derniers restes des barricades, et deux pals se dressaient à l'orée de la forêt, sur le sentier qui menait à la petite communauté sinistrée. L'un était inoccupé, et pointait de façon menaçante la cime des arbres, et l'autre... L'autre était habité par un cadavre nu de femme, désarticulé, qui avait coulé jusqu'à la base du pieux, embroché du fondement jusqu'au coté droit de la gorge : encore quelques progrès à faire, et ils finiraient par arriver à le faire ressortir par la bouche...

Ralliés autour de la vieille 206 en ruines, dont le coffre servait de couchette imperméable au soleil à l'aristocrate photosensible, et la banquette arrière de four, dans lequel s'entassaient encore des restes de corps entiers et quelques morceaux humains, les fiers héros avaient perdu le peu de superbe et certainement d'humanité qu'il leur restait. Si jamais il en restait avant cette histoire... Leurs armes et leurs vêtements portaient les stigmates sanglants de corps à corps violents; du sang, de la merde, des lambeaux de chairs accrochés aux aspérités de leurs gourdins cloutés et autres fourches...

Et le bon Borloach, innocent parmi les innocents, achevait de convulser, l'écume aux lèvres, sur sa couchette crasseuse, en proie à un mauvais sortilège, très certainement... Parfois, au plus profond de la nuit, ses camarades pouvaient entendre son ventre grogner et gémir, alors qu'il se vidait un peu plus, par un orifice ou un autre... Et le Comte de se signer furtivement, implorant les puissances supérieures, bénéfiques ou pas, de venir en aide à sa troupe de damnés.


C'est dans ce contexte épique qu'arrivait un nouvel héros, prêt à tracer les lignes d'une saga sanglante et exceptionnelle... L'homme s'était présenté au campement du Comte et de ses bons amis, armé jusqu'aux dents. Visiblement, il semblait tout à fait rôdé aux combats, préparé à la guerre d'une manière quasi-professionnelle, et la sécheresse de ses muscles finement dessinés ne laissait rien envisager de bon, si jamais vous deviez vous livrer à un bras de fer avec le type en question... Le nouveau venu venait de rejoindre le cercle autour de l'épave rouillée de la 206. Et comme à son habitude, perché sur le capot de la voiture, le chef de la troupe déclamait son discours :


"Amis, fiers héros parmi les héros, tous ici qui avez votre place au Panthéon des Guerriers de l'Histoire ! Voici venir parmi nous Johnny B-Good ! Johnny B-Good aux milles victoires, car sachez que si cet homme humble rechigne à faire état de ses glorieux succès, il a combattu dans les guerres et les sièges les plus désespérés, et triomphé contre toute attente ! Le Dieu de la Guerre Mars lui même s'est agenouillé devant lui, pour saisir son pied et se le poser sur la nuque en signe de soumission !

Satan lui même, qui avait pris en otage la belle fiancée de Johnny B-Good pour la conduire au fin fond des glaces du septième cercle de l'Enfer, s'est vu contraint de relâcher la pure pucelle, et de jurer allégeance à ce soldat de légende, quand celui-ci a fracturé la porte des limbes pour combattre les légions de démons et récupérer son dû! Méphisto Phélès lui même a pactisé avec Johnny B-Good, lui offrant son âme en échange de la force surhumaine qui est la sienne !"

Satisfait, le vieil enculé réajuste son foulard de soie mité, noué autour de son cou décharné, avant de pointer son ciseau ensanglanté sur Johnny, en contrebas.

"Et aujourd'hui, Johnny B-Good le légendaire nous rejoins, convaincu de la justesse de notre cause ! Faites lui bon accueil. Rompez avec lui le pain, partagez avec lui le vin ! Demain nous repartirons en campagne."

Une infirmière n'abandonne jamais, JAMAIS son patient!

Boarloch n'était pas le genre de patient qu'elle aurait pu abandonner.
Boarloch faisait partie, bon gré mal gré, de la bande de cinglés dont elle était une éminente représentante, et qui ne tenait guère ensemble que par la force de leurs esprits dérangés.
Ça c'était pour la vérité.
Mais dans l'idée que s'en faisait l'infirmière Piqûre, ces gens étaient des malades courageux, qui en dépit de leurs pathologies, toutes plus fatales les unes que les autres, arpentaient ces terres désolées pour venir au secours des plus faibles et défendre les plus démunis.
Au temps pour la vérité.
Alors toute infirmière qu'elle était, Piqûre, le moins qu'elle pouvait faire, était de les aider à tenir suffisamment longtemps, pour mener à bien la mission qui était a leur.

Oui mais voilà, le brave Boarloch lui glissait entre les doigts.
Catatonique il était.
Elle avait tout tenté pourtant pour faire réagir le colosse demeuré.
Des grandes tartes dans la tronche, aux histoires drôles, en passant par des nouvelles terrifiantes qu'elle tricotait à la volée ("Le comte est mort", "Citron est tout bronzé", "je suis en fait un homme"), et même une fois, il fallait bien l'avouer, elle avait attendu que le Comte soit endormi, pour dévoiler au comateux, sa poitrine blanche et ronde, dernière partie de son anatomie à n'être pas encore recouverte de sang.

Même la verge du malheureux priapique, autrefois perpétuellement dressée, n'était plus aujourd'hui que triste appendice flasque, incapable ne serait-ce que de tressauter.
Elle le savait elle avait vérifié.

Elle avait fini par traîner le pauvre bougre sur plusieurs mètres, ça n'avait pas était une sinécure, jusque devant le cadavre empalé de ce qui avait dû être une sacrément jolie jeune fille, et avait enjoint son camarade à l'empaler une deuxième fois, pour voir si lui parviendrait à ressortir par la bouche.

Cela n'avait pas fonctionné non plus. Mais elle avait bon espoir que la mort de la sorcière qui l'avait empoisonné, leur permettrai d'entrer dans la communauté et de trouver l'antidote au mal qui le rongeait.

Entre temps, un nouveau patient avait rejoint l'équipée.
Les affaires reprenaient.
Du genre costaud, qui lui rappelait l'époque où elle était infirmière militaire.
Elle connaissait bien les maux qui rongeaient les militaires, et il lu faudrait déterminer si il avait pas choppé le paludisme dans des contrées inhospitalières qu'il avait du visiter.

Pendant que le Comte annonçait au reste du groupe, l'arrivée du nouveau, elle s'approcha de lui pour procéder à un premier examen, souvent le plus important, et le plus révélateur des pathologies chroniques.

"Cher Monsieur bienvenu parmi nous, je suis l'infirmière Piqûre, et je serai votre praticien tant que vous resterez parmi nous.
Afin de procéder à un examen complet, qui me permettra d'adapter le traitement, je vous demanderai de bien vouloir répondre à quelques questions d'ordre médical.
Puis vous me confierez un échantillon de vos urines et de vos selles.

Alors commençons : avez déjà été, de manière brève ou prolongée en contact direct avec des personnes présentant des fistules nécrosantes ou des escarres?"

C'était la première chose à savoir, pour savoir ce qu'il avait mangé. De la viande humaine avariée pouvait causer les pires diarrhées qu'elle avait pu observer. Et ils pataugeaient déjà assez dans la merde pour pas avoir à s'en rajouter.