Les femmes du désert - Moment choisi n°12

Chapitre débuté par Van Patten

Chapitre concerne : Van Patten,

Musique d’ambiance: https://www85.zippyshare.com/v/KJ3GbkeJ/file.html

Après le Mall désaffecté, purgatoire sur terre s’il en fut et le petit village fantôme, l’attrape-rêves, cela faisait des semaines interminables que le trentenaire s’était perdu au Nord, à errer sans but, dans ce désert infini où la mort le guetta à chaque coin de dunes. Sous un soleil de plomb insoutenable, sa peau cuisait littéralement par petits bouts, ses lèvres gercées et blanchies lui donnaient une sensation rêche des plus désagréables qui lui interdisait de s’humecter les lippes. Dans ces difficultés climatiques, Lucas maintenait tant bien que mal, son corps gourd en mouvement perpétuel, juste par la force de sa détermination. Mais tout cela avait une limite certaine, un lourd tribut à payer. Les nuits, quant à elles, étaient franchement fraiches et il expérimentait le choc thermique de l’autre côté du spectre de la température, typique de ces vastes étendues sans nuage, lui qui n’avait connu qu’un ciel bas et gris, de son Ecosse natale. Il ne savait, ni se protéger efficacement des rayons ionisants le jour, ni de la fraicheur mordante la nuit. Il subissait juste la douleur et tenait le cap, coûte que coûte, espérant trouver une seule âme qui vive, pour ne pas plonger dans une folie irréversible. Blessé, assoiffé et dans un miteux état, il avait définitivement perdu de sa superbe, tandis que son esprit taquin divaguait, encore à nouveau.



Un matin, il crut apercevoir au loin une oasis et des palmeraies luxuriants qui barbotaient les pieds dans l’eau. Quelques dattes, fortes en sucre, l’auraient aidé à se requinquer quelque peu. Et l’eau, source purifiante si il en était, lui aurait donné un sérieux coup d’adrénaline en lui remettant les idées en place. Cette seule idée d’eau douce et fraiche dans le gosier, le faisait  vibrer de joie. Mais qu’elle ne fut pas sa réaction lorsqu’il comprit que tout ceci n’était qu’un vulgaire et pernicieux mirage, qui le fit d’ailleurs gravir d’immenses dunes en vain. Epuisé par un tel effort, il avait ruiné ses dernières forces dans une chimère.

Le brun, plissa les yeux et comprit enfin l’illusion. Frénétiquement, il tourna la tête dans toutes les directions, pour comprendre quelle était cette diablerie. Aucune orientation ne pouvait être privilégiée sur une autre. Du sable et du sable fin, à trois cent soixante degrés et aussi loin que sa vue pouvait porter. Il suffoqua instantanément, pris une nouvelle fois d’une rage insondable. Il voulut hurler et frapper quelqu’un, peut-être lui-même, mais il n’arrivait même plus à vomir de convulsions. Le ventre vide, il ne cracha que de la bile, avant de se reprendre quelque peu en grattant nerveusement sa barbe et ses cheveux ébouriffés. Cette fois, ce n’était pas un style négligé de mauvais garçon qu’il aimait tant arborer, non, cette fois c’était naturel. L’ironie du sort en somme. Et tout ceci eut finalement raison de lui; ses genoux flanchèrent alors que tout son corps fébrile le lâcha, presque inerte, sous le poids de la désillusion. Il chuta à la renverse dans le sable moelleux, qui le fit glisser jusqu’en bas d’un vallon. Là dans le creux des dunes, son corps meurtri s’enfonça à moitié dans le sable chaud. Il n’avait plus aucune volonté, plus aucune force de se relever ni de contester une fois de plus ce fatum délétère, qui s’acharnait sur lui.

Peut-être toute l’après-midi et la nuit, voire un jour complet, il demeura là inanimé, à l’article de la mort, avant qu’une caravane marchande de bédouins bruyants, visiblement de joyeux fêtards, ne s’arrête pour élire campement le temps d’une lune. Ils le récupérèrent en lui prodiguant soins et nourriture. Il fut totalement déshabillé par des femmes en surnombre, qui le lavèrent, avant qu’on ne nettoie ses plaies et qu’on ne les panse rigoureusement. Pendant son sommeil, il délira longuement, la fièvre sûrement, une infection peut-être. On le revigora d’obscures substances herbeuses très amères et odorantes, tandis qu’il buvait et mangeait à satiété, quoique difficilement au demeurant. De la chèvre et du mouton bien gras et nourrissant, ou alors du chameau séché bien bourratif. Le goût au début, l’écoeura, puis il s’y accoutuma et même il commençait à apprécier ce goût particulier. La part écossaise en lui probablement. En ce qui concernait le chameau par contre, c’était une toute nouvelle expérience gustative. Mais il n’avait pas le loisir de faire la fine bouche. Aussi, il s’habitua à la gastronomie locale, et vite. Le thé chaud qui le désaltérait étonnamment, fit passer le tout. Il fut ainsi chatoyé plusieurs lunes durant, le temps qu’il se rétablisse et il se rétablit.

Des hommes, il n’y en avait que deux; de vieux mecs croulants totalement inoffensifs qui s’attelaient à de basses besognes dans le campement. De toute évidence, des serviteurs à cette foule de demoiselles âgées entre vingt et trente ans, toutes belles et différentes; Grandes et petites, fines aux petits seins ronds ou pulpeuses à grosses poitrines, elles étaient cependant toutes brunes aux yeux noisettes ou vairons. Si délicieuses et élégantes, qu’il n’arrivait même pas à dénombrer les paires de seins et de fesses presque dénudées, qui défilaient sous ses yeux écarquillés. Dix ou douze belles paires. Il ne savait pas. Elles semblaient plutôt de moeurs libres et légères, voire totalement émoustillées lorsqu’elles venaient s’occuper de lui, sous la tente. Toutes s’exprimaient très bien. Une éducation certaine et une connaissance en haute société qui l’ébranla. Ce n’était pas des barbares ces caravaniers. Le moins qu’il puisse dire. 

Mais une réflexion tarauda bientôt le brun. Il pensa qu’elles étaient sûrement des filles et des femmes importantes qui appartenaient à une mafia arabe, dans le coin. Aussitôt l’idée l’effleura qu’il se ratatina physiquement et mentalement dans sa couchette, imaginant le sort qui pouvait lui être réservé si il entreprenait des présentations trop intimes avec l’une ou l’autre; dans une grosse casserole à couscous, finit en méchoui et en merguez. Mais malgré son état faiblard quoique presque rétabli et cette pensée glaçante, il songeait néanmoins déjà à saisir à pleine main l’une ou l’autre paire de fesses ou de seins bronzés. Il ne perdit jamais le Nord et avait une idée très précise de ce qu’il voulait faire avec ça.

Pour se sentir à nouveau vivant, il lui fallait assouvir ses plus bas besoins vitaux; Manger, boire, dormir, s’évacuer et surtout baiser. Et là, probablement surexcité par des substances aphrodisiaques que ces femmes vicieusement ont pu mettre dans ces philtres qui l’ont ravigoté et remis sur pied, il sentait sa trique veinée battre dans son caleçon. A la vue de toutes ces courbes féminines qui étaient à son goût et sa proximité immédiate, une protubérance nerveuse pulsa dans son boxer en se gonflant de son sang échauffé dont elle se gorgeait à pleine dose. C’en était presque affolant. D’ailleurs il se leva très vite, s’étira en grimaçant et souffla profondément en craquant ses vertèbres coincées pour s’habiller rapidement. Puis il sortit enfin de sa  petite tente, pour prendre l’air et se dégourdir les pattes. Il salua poliment ces demoiselles affriolantes, qui erraient à des tâches indéfinissables. De la couture, des jeux de cartes, de la lecture, voire de la danse aguichante. D’ailleurs il s’approcha à une distance respectable pour prendre la parole et remercier ses bienfaitrices qui se déhanchaient divinement bien, sous un son typique. Elles s’interrompirent.

-Excusez-moi mesdemoiselles… Comment on dit encore… ah oui, salam à vous toutes!

Elles rirent en se moquant gentiment de lui. Certaines, plus douces que d’autres, hochèrent la tête lui évitant de trop le troubler par le nombre qu’elles constituaient face à lui. Lucas, les voyant s’amuser de la sorte, murmura tout bas dans sa langue-mère, à lui-même.

-Oh mes petite chattes…attendez que je vous baise le cul…surtout toi...et toi aussi…et toi! Goddamit! Vous êtes toutes…

Se reprenant, il se calma en grattant nerveusement l’arrière de sa tête l’air confus, puis reprit une voix plus claire et haute, sans pour autant être à l’aise.

-…Vous…vous êtes toutes… bien…très euh… charmantes mesdemoiselles. Je… je m’appelle Lucas, Lucas Van Patten. Perdu…depuis des semaines, j’ai perdu, par-dessus le marché, tous mes proches dans un destin tragique. Je vous éviterais les détails inutiles…mais vous m’avez ramassé à l’article de la mort. Vous devez vous douter de ce que j’ai bien pu subir. Ma gratitude… à vous toutes pour les soins prodigués et... la nourriture offerte aussi. Je compte bien vous rembourser… mesdemoiselles… Et vous êtes donc?

Elles restèrent silencieuses, plus sérieuses. Finalement, après l’explication et la présentation brève du ténébreux, la plus âgée, probablement la cheffe, pris la parole d’une voix douce et ensorcelante. Ses cheveux à elle, était noir de jais. Longs, ils ondulaient sur tout son corps en courbe. Une pulpeuse à gros seins. Plutôt bien bronzée, son corps dénudé affichait plusieurs tatouages tribaux à l’image de ses copines. Elle avait également surligné ses yeux verts de khol qui firent ressortir son regard ardent à l’instar de ses cousines égyptiennes. Il savait parfaitement à quel type de femme il aura à faire. Aussi, il resta muet, peut-être intimidé.

 -Aleykoum Salam Houbi. Ne t’encombre pas de galanterie, vraiment. Nos noms ont peu d’intérêt. Et ne t’en fait surtout pas, ton passée et ton avenir ne   nous intéressent aucunement. Seul le moment présent est le temps de la vie. On profite de ce laps de temps, pleinement et sans aucune entrave, tu le   verras bien assez tôt. Ne crois pas que nous t’avons soigné et nourri par simple générosité ou bonté d’âme. Tout cela fut fait à dessein, zine. Tu es très   intelligent, je le lis dans ton regard et tu sais parfaitement ce qu’on va faire de toi. A ce titre, considères-toi comme notre petit chameau le temps de… Et,   tu vas cracher plusieurs fois… ce sera ça ton paiement. Tu as intérêt à être endurant car je suis, comme mes copines, plutôt friande de lait d’homme.

 Elles se mirent à nouveau toutes à glousser en se frottant l’une à l’autre, en de petits râles expressifs et suggestifs tandis qu’elles adoptèrent des positions   lascives et obscènes. Il resta toujours muet quoique bouche-bée, mais fin observateur, tandis que son érection reprit de plus belle, car définitivement elles   avaient mis sournoisement des revigorants qui l’excitèrent à faire battre son appendice contre son boxer et le saloper de lubrifiant. Les explications de   l’ardente n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Il venait de comprendre parfaitement ce qu’elles attendaient de lui; Un objet sexuel dont sa seule   fonction sera d’être un gode de luxe bien dur, fait de chair et de sang. Why not, pensa-t-il.

 Un instant plus tard, il eut un léger frisson -d’excitation ou de peur, c’était difficile à déduire- en analysant les regards affamés de ces demoiselles qui se   posèrent sur lui. Si son appétence sexuelle et sa libido n’étaient pas aussi dévorantes, il devinait bien qu’elles auraient pu le violer, à six sur lui. La cheffe se   glissa enfin vers lui, pieds nus et à pas feutrés –toutes étaient pieds nus et forts peu vêtues-, telle une féline gracieuse et dangereuse, suivi des autres qui   encerclèrent finalement le brun. Elle se colla à lui et commença à le mordre dans le cou de manière ostensible, en lui attrapant le gros panier qu’elle avait   parfaitement repéré, sans aucune gêne et devant toutes les autres femmes. La voix de la matrone se fit claquante, plus cristalline et chaude aussi, tandis que   Lucas ferma ses yeux et se contenta d’écouter, de gémir et de se laisser manipuler.


-As-tu déjà pratiqué du sexe en pluralité petit british? On est très chaudes, particulièrement moi. Vire ton pantalon, petit cochon rose.

Le brun déglutit à l’ordre donné, puis reprenant conscience de où il se trouvait en rouvrant les yeux -en plein milieu du campement tandis que la pénombre enveloppa la région-  il eut un léger mouvement d’hésitation, lorsqu’il accrocha dans le coin de son champ de vision, un des deux serviteurs qui s’affairait plus loin. La méditerranéenne tourna le regard vers l’objet de ses inquiétudes, puis rit aux éclats.

-Eux, ce sont des eunuques, ils n’ont aucune autorité sur nous d’ailleurs. Ce sont des extensions de nous, si tu préfères. Nos serviteurs, ni plus ni moins. Quand je vais te baiser sur le sable chaud, ils ne remarqueront même pas à quelle besogne nous nous adonnons. Vire ton pantalon j’ai dit, espèce de porc!

Elle lui serra les bourses sans lui faire mal, elle dosa avec précision pour le contraindre et le soumettre. Sitôt le doigté exécuté, sitôt le futal baissé. Il fit apparaître devant elle, tout penaud et échauffé, son épais bâtonnet nervuré et rigide qu’elle saisit immédiatement à pleine main pour le branler vigoureusement en l’insultant. Deux autres filles à proximité se mirent à genoux puis vinrent le gober, d’abord juste le bout, puis la tige complète ensuite, de leurs lèvres carmins et pulpeuses, à tour de rôle et sans aucune honte. Elles reculèrent la tête, l’espace d’une seconde, puis crachèrent impudiquement sur le gros fruit englué, presque mûr déjà, avant de le reprendre, chacune à son tour, dans leur bouche humide. Lucas était déjà pris de tremblement et divaguait loin, alors qu’il devenait plus entreprenant en attrapant très fermement le fessier rebondi de la matriarche pour le peloter. Il le malaxa durement en laissant échappe des râles explicites. Une seconde plus tard, il venait fesser cette croupe bronzée avec plus d’assurance et plusieurs fois, lui aussi en lui glissant des de mots orduriers et salaces au creux de l’oreille. Il chercha les seins pour ne pas faire de jaloux. Même tarif il pelota longuement les deux grosses mamelles. Ce qui surprit agréablement la cheffe qui courba son dos pour faire ressortir ses deux globes de chairs plus vers l’arrière dès la première frappe sur le cul, alors qu’elle lâcha un petit cri d’excitation en le regardant de biais, l’air provocatrice et pleine de défis.

-Je vais toutes vous baiser… et toi la reine des salopes, je vais te prendre l’cul, toute seule sous la tente… Je préfère…

-Tututututu… tu me baiseras, et nous baiseras d’ailleurs, ici devant nous toutes, petit chien que tu es. On ne se cache rien, zine… surtout pas une partie de baise avec un kelboun comme toi! C’est la chose la plus amusante à plusieurs. Allez! Allonge-toi et remue ta grosse queue mon petit chiot, je sais que tu as tes boules pleines à ras bord.

Elle lui soupesa les bourses, constatant effectivement la lourdeur de celles-ci. Elle massa ensuite la peau tiède des couilles, puis y gratta de ses ongles. Il échappa un cri de surprise. Il aimait ça.

-Tu es un salaud toi, je l’ai su dès que j'ai posé les yeux sur toi… Je paris que même sans substance aphrodisiaque qu’on a mis dans ton thé, tu aurais voulu toutes nous prendre. Remarque, on est magnifique n’est-ce pas? Comment y resister sans être un zameul? Tu as probablement rarement vu ce genre de créatures par chez toi…ton jour de chance ya zine...


Elle n’attendit même pas qu’il exécuta l’ordre ou que les filles finissent de lui engloutir l’épais gland rougeoyant. Il était déjà assez dur et détrempé, aussi, elle le poussa avec adresse. Les suceuses se décalèrent habilement, se léchant avidement les lèvres de la bave résiduelle, et le brun chuta lentement sur le dos au sol, la bite à l’air. L’ardente cheftaine vint ensuite comme une lionne affamée, enjamber son bassin à califourchon en relevant le pan de sa robe fendue. Toute nue sous le vêtement, elle arborait, au-dessus de son intimité rose, une toison brillante de mouille, toute aussi noire que sa chevelure bouclée. Elle prit le gros mât gluant de salive et le plaça tout contre ses lèvres sirupeuses. Gémissements mutuels, tandis que les filles spectatrices autour d’eux, se trémoussaient les yeux brillants, tout en hennissant sans retenue. La belle bronzée posa quelques doigts sur sa chatte moite et pileuse, et d’un mouvement agile et envieux, imprima un mouvement vers le bas pour introduir le gros bout de chair rose, dans son réceptacle étonnamment étroit. La salope avait la fente serrée. Frissons sur tout le corps et un léger petit souffle rauque qui mourut en feulement.

-Oh…salope! Vous êtes toutes des salopes! Surtout toi la Duchesse des perverses…

-Hun! L’est gros ton bout de viande! Petit salaud! Oui…toi tu es un gros salaud, et tu va en profiter... Tu sais houbi, salope, on l’est toutes ici, et même plus que tu ne peux l’imaginer…  Allez…hun… Scouti! Espèce de halouf… je veux que tu bandes dur! Je vais te faire cracher ton foutre… jusqu’à ce que tu perdre l’usage de tes pattes arrières… puis on va te revigorer encore… jusqu’à épuisement. Là est ta dette. Allez… baise! Baise-moi gros porc!

[…]

Un étrange bruit se fit entendre, un vent violent se leva de l’Est et extirpa Lucas, tout débraillé dans sa couchette sous sa petite tente, de son profond sommeil. Il était impacté sur toutes les parcelles de son corps, d’une part, de scarifications dont l’origine n’était autre que les griffes féminines et d’autre part, de succions violacés et tenaces dont l’origine ne pouvait provenir que de la bouche de ces mêmes femmes. Il se gratta là, et au contact de ces souvenirs laissés, il sourit encore dans un état légèrement brumeux. Revenant peu à peu à lui, alors que le temps venteux dehors l’inquiéta de plus en plus, Il s’étira tout cassé et fatigué, néanmoins de bonne humeur, puis se rhabilla en vitesse. La petite tente battait dans tous les sens sous l’impulsion de la tempête qui commençait à se lever. Voulant prévenir ses hôtesses de la nécessité de se tirer de la rapidement, il passa la tête dehors et constata qu’il était seul. Il roula rapidement dehors et prit conscience enfin que les femmes du désert avaient bel et bien disparu, le plantèrent là, tout seul. Etait-ce aussi un mirage?

Très vite il vit le sac-à-dos qu’elles lui avaient préparé avec de nombreux vivres impérissables et une belle ration d’eau. Plusieurs outils utiles à sa survie et surtout un petit chameau qui paissait, non loin de la petite tente, une motte d’herbes toute rachitique entre deux cailloux. Il remarqua un papier qui dépassait dudit sac, sur la poche latérale. Il sortit ce qui se révéla être une lettre racée à l’écriture fine et féminine. Il la lut.



"Houbi Lucas,

Comme tu l’auras constaté, nous ne sommes plus là. Parties comme nous sommes venues. Notre part du marché fut honorée, quoique contractée unilatéralement, puisque tu étais mourant et dans l’incapacité de l’accepter ou de la refuser Tu as néanmoins parfaitement honoré la tienne. Au passage, pour t’avoir sauvé la vie, nous baiser à nous six, pendant quatre jours, n’était pas si atroce comme tâche, n’est-ce pas <3. Et comme tu as été mignon et bien docile, et que nous avons estimé que tu étais un homme respectable, comparativement aux nombreuses ordures qu’on déniche dans le désert, on t’a laissé un petit bonus, Sidi Van Patten.

Qu’Ellah guide tes pas à travers le désert infini et que tes blessures profondes se referment à tout jamais. Quoi que fut ta blessure, garde la tête haute car tu sembles être un homme bien.

PS: J’ai compris que tu as perdu ta Nora, sache que la vie terrestre n’est qu’embellissement et apparat. Je prierai pour toi et elle, qu’un jour vous soyez tous les deux réunis à nouveau.

Signé Selwa Reine de Saba."



-Finalement ce sont des femmes bien, des chiennes, mais avec un vrai cœur et une vraie âme… Les apparences trompeuses encore…

Il sourit, puis fronça les sourcils le temps d’une réflexion.

-…Et comment a-t-elle deviné mon secret…hum…

Troublé par le fait qu’elle avait parfaitement lu en lui la profonde blessure causée par son amour perdu, il se frotta les paupières longuement et cligna des yeux, puis enfin, il regagna la tente, prit des affaires laissés là à son attention, et finalement fila à nouveau dehors pour saisir le sac à la volée, puis grimpa sur le chameau.

-Hum…je n’ai monté que des canassons, arabes, certes, mais des canassons quand même. Et aucun mode d’emploi nulle part, c’était à parier… Bon cela ne doit pas être bien sorcier. Une monture reste une monture pas vrai Lucas? Hû…Hô… non ça ne marche pas… putain de bourricot sans cervelle! Ah oui c’est sûrement ça:  Yallah! Yallah! Euh…Salamalek alors? Merde… MERDE FUCK FUCK! Mais bordel comment ça marche un foutu chameau…

Et puis sans crier gare, le chameau se mit en marche rapidement vers la direction opposée à la tempête, comme dirigé par l’instinct pur, tandis que le crooner riait aux éclats en se mettant à l’aise sur le siège mouvant. La toute première fois qu’il riait ainsi, depuis la disparition d’Isabella, il y a des mois.