Underwater Love

Chapitre débuté par Grindmaster Yodel

Chapitre concerne : miranda, Grindmaster Yodel, la cavale,


 



On a décrété les classiques vacances à la plage, avec la flotte en continu, les embouteillages, et la mamie qui appelle en permanence pour te rappeler l’importance de ses petits soucis et l’indécence de ton repos dû.

Le groupe est blotti sous une bâche tendue par une lance comme abri de fortune, il faudrait découvrir une vraie toile de tente à l’occasion. Ils font face à la plage en contre-bas tandis qu’un petit feu à peine couvert se maintient modestement malgré la pluie, sans que les flammes légères n’entament les bûches les plus hautes qui lui servent plus ou moins de toiture.

À part l’humidité ambiante, la température reste agréable pendant la journée, et ils peuvent ces jours-ci marcher toute l’après midi sans risquer l’assoiffement. Avec tous ces mouvements, les étapes assises n’en sont que plus appréciées d’ailleurs...

« Y f’rait p’tet même meilleur en s’baignant ! » Lâche Yodel tout haut.

Jice s'affaire, le chien sur les genoux, à recoudre le haut blanc de Miranda, qui s’est fait un peu déchirer à la dernière manœuvre. L’écuyère garde le manteau du pilote posé sur ses épaules, pendant que celui-ci entretien le feu avec de petits bouts de bois qu’il dispose stratégiquement autour du foyer pour les sécher à l’avance, les retournant l’un après l’autre pour les replacer. Il faut bien occuper ses manies pendant que le monde explose, et le coucher de soleil n’est pas encore au rendez-vous.

Sporadiquement, un rayon traverse la couche nuageuse et frappe la cavale qui abandonne alors toute activité pour tendre le visage à l’intervention réconfortante. Yodel aussi, même s’il porte toujours son masque, profite de ces instants lumineux qui se raréfient. Il se méfie toujours un peu de la nouvelle recrue, peu de chance qu’il se rende aveugle si facilement, mais il doit bien admettre que les étincelles de leur première rencontre ont déjà fait des ravages aux effets imprévus.

« Dommage pour les vieilles, z’étaient un peu lentes mais plutôt sympas. Un peu dures en affaires p’tet, ça marche pas avec tout l’monde… 

M’enfin, les remplaçants m’ont pas l’air plus commodes, ‘va falloir leur dégoter du carburant pour récupérer ton sac à dos maint’nant. Et pas traîner dans leurs pattes sans avoir un truc à lâcher aussi. 

Le nord se vide un peu mais ça sens l’match retour, moi j’dis. On finira p’tet par mettre les voiles, un jour... »

Elle remercie Jice de recoudre son T-shirt, même si Jice ne parle pas. Distraitement elle gratte les braises avec une brindille en s'adressant à Yodel.

"Oui ils ont annoncé ça à la radio, c'est officiel, changement d'proprio... "

Pensive elle baisse les yeux vers le feu, elle se serre un peu plus dans le blouson que Yodel lui a prêté, avant de prendre une décision sérieuse.

"On a assez d'réserves, on peut se séparer... Pendant quelques jours je suis un trajet parallèle au tient, comme ça on couvre une zone de fouilles plus étendue. Et t'inquiète pas, j'ai l'habitude."

Elle le regarde, un petit sourire se dessine sur ses lèvres à la lueur des flammes.

"Et puis, chuis toujours ton écuyère, non ? hein, à quoi ça sert une écuyère ?"

« Hmm... pas tout à fait, t'es écuyère de la Cavale, ç'qui donne le doit d'faire des propositions, et tout plein d’autres d'trucs… »

Il prend un ton un peu magistral, et se met à rouler une cigarette.

« L'écuyer, tu vois, c'est l'aspirant chevalier, avec un rôle de soutien logistique principalement, il "porte l'écu", comme son nom l'indique, ou elle, c'est selon.
Elle est aussi combattante, autonome et polyvalente, pourquoi pas à l'initiative, bref, se tiens prête à la chevalerie si l'occasion s'présente, le temps de faire ses preuves.
‘Puis tout le monde ici aime l’écu, et celles qui l’portent. Et çt’un titre qui à l'droit aux armes… »

Yodel jette un œil à la couturière qui continue docilement, munie d’une petite aiguille rouillée, avant de reprendre en allumant sa clope. On sent bien qu’il cherche ses mots pour accentuer l’aspect dramatique de l’exposé.

« …comme une lance, par exemple, et peut diriger les serviteurs si besoin.
En général, l’écuyère est assignée au service d’un plus haut rang – Y a qu’moi ici t’façon, puisque j’ai l’épée magique – mais c’est par obéissance au code et pas une soumission personnelle.»

Le chien boit les paroles, assit confortablement en remuant la queue.

« C’est p’tet un peu flou pour l’instant, ça s'précisera avec le temps.

Surtout qu’t’es premier-couteau en plus d’être écuyère, ça d’vient complexe, mais tu t’en sors pas mal, jusqu’ici. Tant de galon en si peu d'temps, c'est prometteur !

Tu peux aussi dev’nir prêtresse, ou grande prêtresse même, et porter l’Écu d’Loth à la maison, ou plutôt dans la tente, si t’es plutôt compta que baston au grand air, mais j’te sens pas orienté la d’ssus. J’te vois plus valkyrie qu’princesse, l’un n’empêche pas l’autre parmi nous, suffit d'y mettre un degré.»

Il fume deux trois lattes de sa cigarette et commence à dessiner au sol un croquis de environs.

« Bon, les grands discours c’est p’tet pas mon truc, j’ préfère être cinglant d'habitude. Alors on verra l’règlement au p’tit à p’tit si t’as des questions.
En attendant dis moi, Dame Griffe-de-lapin, qu’est ce que tu proposes exactement pour l'prochain  décollage ? »
 

"Haan ouais, j'avais pas vu ça... ça m'ouvre des droits intéressants, mais, mais Loth c'est qui ? et t'as une mission secrète avec ton Excalibur, une quête du Graal, comme chez Indiana Jones ou Kaamelot.. heu, un truc du genre ?"

Il lui semble que le masque de Yodel, derrière les volutes de fumées, vient de se hausser comme un point d'interrogation interloqué.

"Ouais chuis un peu à côté d'la plaque encore, désolée..."

Puis changeant de sujet :

"Yodel, tu fumes des cigarettes ? j'savais pas..."

"Bon voilà mon plan : on se sépare deux lunes trois max, vous partez par le nord-est, moi par le nord-nord. Ouais, c'est pas parallèle j'me suis trompée, c'est plus équilatéral c'qu'on va faire, comme un triangle... Tu m'suis ?"

Il lui tend sa cigarette à moitié entamée, coincée dans une paille en plastique.

« Le Saint Graal ! Le Légendaire Cailloux ! L’Inaccessible Étoile ! La Coupe du Monde, même !
En voilà un objectif ! Sky is Zee limit ! 

Un truc qu’on peut pas t'prendre même en t’faisant la peaux, bien au contraire… »

Il finiole son dessin avec un bout de bois.

« Mais faut pas en parler trop directement, des embrouilles visibles et invisibles guettent les chercheurs.

Voilà, ton idée m’a l’air intéressante, mais ’faut p’tetqu'on définisse la forme  en détail… »

Il se lance dans une série d’explications tactiques en montrant ses dessins:

« Un trajet comme ça, l’équipe à l’est pourra fouiller les reste de l’homme-torche au passage. Mais j’ai l’sentiment qu’il attend quelque chose. Il surveille sa position pour pas s’faire capturer, et il s’est toujours pas suicidé en nous attaquant. Doit avoir d’la suite dans les idées…

C’est comme l’autre noire qu’on a vu au loin, tu pourras lui d’mander plus directement si elle connaît un groupe dans l’coin, elle est sans doute pas si seule et perdue qu’elle le dit. Ça r’semble à un traquenard à l’ancienne. Mais elle a p’tet vu du terrain aussi.

Dans tous les cas, ‘faudra pas traîner trop longtemps toute seule avec ta lance, ça peut attirer un groupe de crevards. Y’a parfois des zombis qui s’regroupent pour l’occasion. 
Le mieux c’est qu’on attende une nouvelle lune pour enchaîner des mouvements rapides, et se rejoindre au plus vite, surtout si on dégote un truc.
L’embettant avec çte trajet, c’est qu’on loupera peut être un p’tit coin du littoral, et puis j’pense pas qu’la torche se laisse crever. On pourrait faire un mouvement plus orienté à l’est… »

Il montre un autre dessin.

« J’pense aussi que j’devrais partir vers le nord avec la grosse equipe, pour te protéger des groupes qui viendraient par l’ouest, le chemin me semble plus exposé que la côte. 

Ou alors, j'passe encore plus à l'est. Mais ça d'mandera qu'on s'eloigne un peu plus, et ça laisse moins d'marge de manoeuvre, au cas où un gros tresors se montre à l'horizon. »

Il lui presente encore un autre schéma.

«  Alors qu'est ce qu'elle en dit, ton intuition féminine ? »

"Ce qu'elle en dit mon intuition féminine ? Que t'es un peu parano. D'ailleurs, j'pense que c'est pour ça qu'tu gardes toujours ton casque, mon chéri tu pourrais l'enlever t'aurais moins de mal à fumer tes cigarettes pour commencer."

Elle a dit mon chéri ?

"Pardon, mon chevalier. Mais t'as raison, le coin est certainement infesté de zombis qui puent, sans parler des amis de la petite noire, c'est pourquoi je garderai toujours ma radio avec moi, comme ça si j'ai un problème je t'appelle et vous accourez au triple galop avec Jice et Kurk pour buter tous ces mécréants. Le mieux c'est le plus simple. Mais si ça peut te rassurer je prends la côte et toi l'intérieur des terres. Ensuite, on verra. Quant à La Torche, j'pense que le massacre des mamies ça l'a rendu peureux, à un point qu'il décroche pas. Et si on mangeait maintenant ? Demain on se lève tôt, faudra refaire les paquetages. Merde chuis dég d'avoir laissé mon sac à dos, quand j'y pense !" 

 

Yodel, un peu surpris par la prévenance de l’écuyère, se met a sourire quand elle s’embrouille avec les titres. Il faut dire que la situation peut être confuse pour une survivante lambda, mais Miranda montre quelques fulgurances qui ne trompent pas sur ses capacités, elle pourra faire la part des choses et s’adaptera vite, pense-t-il.

« Impec’ ! De toutes manières on avance doucement et on reste en contact, en essayant de pas s’perdre de vue si possible. » Lâche-t-il en sortant une vieille boite de conserve.

Il vire à moitié l’opercule avec l’ouverture facile et tache de trouver un équilibre sur le petit foyer.

« Puis pour ton sac, que veux-tu... on perd parfois l’matériel mais c’est pas l’plus important. Avec un peu d’chance y traîne toujours à l’hospice, les zekchu ont du s’poser pas loin et ça peut toujours s’négocier si on trouve du carbu ou des cartouches qui leur manquent. »

Les petites flammes sortent à peine du brasier, mais trop timidement pour réchauffer le repas et le pilote n’a presque plus de bois sec.

« J’crois quj’ai une mission pour mon écuyère préférée ! Va falloir trouver un peu d’combustible, du p’tit bois qui prend rapidement, si y’en a encore du pas trop moisi dans l’coin. Ou un truc qui f’rais un peu d’la flamme quoi, parce qu’à st’allure on y s’ra encore demain !»

Au mot « mission », le chien se lève et se remue vigoureusement pour sortir de la sieste. Il se gratte un peu les oreilles en écoutant les ordres qu’il ne comprend pas, mais son flaire ayant déjà saisi l’odeur du prochain repas lui assure qu’il s’agit d’un problème important.

Il part à la suite quand Miranda s’écarte du camp, elle fait partie du clan vu qu’elle dort sous la tente. Et même s’il avait bien eu l’envie de lui sauter à la gorge une fois ou deux, ou trois, surtout quand elle s’était mise à se battre avec le maître, il avait bien vu ensuite le développement.

Les humains font toujours plein d’trucs farfelus pour trouver un femelle, ils savent pas sentir un cul correctement. Les relations sont plus simples pour l'animal poilu, qui a donc promu Miranda à la catégorie "copain".

« Et puis j’te parlerais un peu d’Écu d’Loth et d’quelques mystèrieux secrets si tu réussi cette quête avant la nuit tombée, j’ai un peu la dalle aussi avec tout s’bon air marin !» Ajoute Yodel en enlevant son masque pour prendre la lumière rasante du soleil couchant, qui passe peu à peu sous le voile nuageux à l'horizon.

Miranda et Kurk reviennent bredouilles car il leur est impossible de trouver du bois sec par ce temps. Ce soir là ils mangent les raviolis à la tomate de la boîte de conserve sans avoir pu les réchauffer. Ils se serrent les uns contre les autres sous l'abri de fortune, c'est ça aussi la survie, ça crée des liens.

La nuit la pluie tombe encore et toujours, battant la bâche comme sur un tambour. Ils voient briller des éclairs, ils entendent des cris d'animaux errant. Aux environs de minuit, sous une averse torrentielle, Yodel vient se blottir au chaud dans la couche de Miranda. Il la caresse en posant de petits baisers sur sa joue, elle se retourne et l'enlace dans son sommeil. Les yeux clos, elle rêve...
 

Le grand héros aux yeux bleu-verts monté sur un cheval à la robe noir de jais apparaît. Sa cape et son épée sanguinolantes d'avoir éliminé des hordes de hyènes cruelles et malfaisantes qui rôdaient autour de la petite tente. Attirée par l'odeur virile du mâle après la bataille, la belle endormie se lève pour embrasser les lèvres son héros, lequel se penche le casque à la main pour recevoir ses baisers langoureux. Après cet échange chaleureux, elle demande à la jeune servante de lui préparer un bain chaud au lait et au miel et quelques bougies autour, parfumées à l'ambre patchouli. Tandis que Jice s'empresse d'obéir, elle entraîne son chevalier vers un banquet dressé pour l'occasion. Sur le buffet, des coupes de champagne, des corbeilles de fruits, des fontaines de chocolat, des petits canapés et des huîtres. D'un geste de la main elle invite Yodel à se servir, sa main à elle s'est portée sur une banane qui lui fait tant envie.

Le mystérieux cavalier tend une coupe à la belle avec un sourire radieux, ses cheveux argentés s’agitent dans un courant d’air parfumé, tandis qu’il plongent ses yeux turquoises dans ceux de sa dulcinée dont le visage nacré se fend d’un rouge aux joues.

Quelques égratignures indolores sur les parties exposées, quelques traces de coups sur ses ardoises, des traces de terre et de bataille comme toutes séquelles des ses aventures périlleuses, il prolonge les retrouvailles en maintenant la taille cambrée contre son armure, appréciant le chaleureux sein de la princesse pendant le baiser. La robe à échancrure glisse sur les fesses rebondies avec la main douce qui l’étreint, de joyeux plis de soie laissent entrevoir une cuisse détendue et des chevilles gracieuses.

Les bêtes sauvages se sont tues depuis son retour de guerre, de vagues élans de ressac au lointain rythment d’un régulier son moussant le régal qui se prépare, et la mélodie d’une cascade heureuse entoure le banquet, accompagnée dans une sérénade par des chants d’oisillons qui couvrent déjà les vautours et les charognards.



Le conquérant dépose son couvre-chef et baisse un peu la tête, laisse vagabonder son regard sur la table servie, les mets et la décoration fleurie, les fruits colorés qui regorgent de saveurs, les cornes en nougatine débordant de chouquettes et sucreries de fête qui n’écœurent jamais. 

À la fin des apéritifs, d’autres tartines plus salées et des faveurs marines, œuf de nymphes, huîtres et coquillages, s’étalent lascivement sur des canapés moelleux, promettent une suite d’avantages naturels à l’attirante odeur d’iode, elle.

Au centre, une alcôve protégée par une cloche translucide où de chaudes petites bouchées patientent sur une coupelle d’or. Elle baigne dans une eau frémissante, et la buée qui s’accumule sur les parois entretient le mystère et la température à venir. 



Le chevalier déclare les délicatesses du bout des doigts, effleure des abricots secs qui renaissent, s’incline pour prendre une fraise au rouge éclatant, et la demi-noie dans le chocolat tempéré qui méandre à son aise. Il amène le fruit aux lèvres de sa mie pour le partager tandis qu’elle caresse d’envie une banane tigrée, toujours en pleine jeunesse.

Les amoureux se livrent aux amuses-bouches avec une fraîche gourmandise. Le nectar du cassis et d’exquises groseilles perle en gouttes vermeilles en se mêlant au vin, ils croquent à pleines dents toutes merveilles de pâtisseries, goûtent les mignardises mignonnettes en riant, s'enivrent éperdument de paroles douteuses et de muettes promesses.

Ni sa ferme volonté, ni sa vigueur d’athlète n’ont été entamés par les efforts commis, mais l’homme à mérité une légère soif et un peu de détente pour ses membres endoloris. Si bien qu’il a fini son verre en premier et cherche à se défaire de ses armes encombrantes pour les poser enfin aux pieds de sa belle Dame. 



Une blonde conciliante l’aide à se dévêtir en lui ôtant ses fers, lui laissant les mains libres et le loisir d’être tout à son hôtesse pendant ce temps là… 

 

Dehors la pluie ne cesse de tomber, il se passe des choses sous la couche entre Yodel et Miranda... L'imagination nocturne la rend plus sensuelle que jamais. La présence masculine lui paraît tellement extraordinaire qu'elle ne veut pas ouvrir les yeux.

… et le songe merveilleux continue.




Subjuguée par son amoureux, sa main caresse inlassablement les cheveux aux reflets gris argent et le visage jeune et âgé de son compagnon. Eblouie, elle plonge dans l'eau turquoise de ses yeux. Inquiète de ses égratignures elle baise son torse puis son corps tout entier de la tête aux pieds. L'homme grand et musclé présage d'une force exceptionnelle. Est-ce les joyeuses patisseries avalées goulument, ou bien son désir d'enfant ? Sa poitrine s'est arrondie considérablement. Nue devant son amant, fière, elle recule un peu et le laisse contempler ses nouvelles formes généreuses. Ses seins devenus amples, parfaitement ronds et tendus, son ventre gonflé, ses hanches pleines sur des cuisses fermes et des fesses rebondies à souhait... Une chaîne ceinture dorée et une dague dans son fourreau soulignent ses formes. Une petite Valkyrie au faux air de Madonne en somme. D'un geste complice elle tend à la servante Jice un petit flacon en forme de griffe qui pendait caché au creux de ses seins. Celle-ci débouche le flacon d'huile d'amande douce sur ses mains, d'abord machinalement. Ensuite c'est comme un code secret entre la maîtresse et la blonde esclave qui s'exécute, enduisant le corps du guerrier d'huile, de façon équivoque, passant librement les mains sur les poils pubiens et le membre viril dressé à l'horizontale. Cependant que la princesse paresseuse se dirige vers le bain moussant et plonge dans la tiédeur humide. Le guerrier pourra prendre la servante comme bon lui semble avant de venir honorer ses droits et ses devoirs envers sa Dame, plus longuement et plus en douceur, en faisant attention de ne pas réveiller le bébé.

L’homme est attendri par la silhouette qui se maternise, et la fertilité déjà conquise qu’expose la valkyrie-princesse tempère la déraison qui l’habite encore. Il monte en lui l’envie saugrenue d’assurer confort et protection, la subsistance du corps et l’apaisement de l’esprit. Elle gigote devant son étalon admiratif, sourire aux lèvres et l’œil réjouit. À sa ceinture, la dague sertie d’émeraudes et de rubis danse avec la parade, tapotant sur ses fesses quand la chaîne d’or s’envole et tournoie. Il dévore des yeux son déhanchement lorsqu’elle pénètre le bain laiteux, et laisse faire l’esclave qui l’apprête pour profiter mieux du spectacle divin.


La jeune bougresse l’a déjà recouvert d’huiles odorantes si bien que sa peaux brille d’un éclat doré. Elle laisse traîner sa chevelure blonde en lui massant les épaules pour le décontracter. La pointe de ses seins frotte par petites touches le dos sculpté du mâle tandis qu’elle lévite derrière lui pour être à sa hauteur, déposant sur sa nuque et son front quelques baisers timides.

Jice s’enroule en glissant de coté et s’assoit aux pieds de l’Apollon, les jambes repliées en amazone, porte avec révérence ses mains chaudes et huileuses aux gonades et dépose les lèvres au bout de sa naissance. Elle prend en bouche le cavalier, et façonne avec douceur l’instrument pour le plaisir ultérieur de sa maîtresse, sa langue experte offre ses délices tandis que ses doigts lubrifiés caressent le shilom qui gonfle et se tend. 

Après quelques instants de technique langoureuse, l’excitation entretenue invite le bel homme à remercier la servante, récompensée de ses délicatesses à la simple vue de sa sculpture. Il devra maîtriser son ardeur, vu l’état particulier de la dame dont il s’impatiente, et remet à plus tard d’éventuels prolongations pour rejoindre d’abord sa moitié.


L’esclave se saisit d’une aiguière en argent et, suivant son maître jusqu’au bain, ajoute du lait chaud pour augmenter la température. Pendant qu’il s’y installe, elle se procure une éponge qu’elle passe lentement sur les bras et le cou de Miranda.  Elle offre à vue sa poitrine envieuse, et avec une pression légère, fait ruisseler le miel blanc sur celle de la reine. La longue natte blonde, toujours impeccable,  effleure le liquide sucré tandis qu’elle garde jalousement en bouche un avant goût d’aventurier.

Celui-ci d’ailleurs, s’approche de la futur maman pour l’embrasser, la caresse partout sous le voile opaque de la baignade, descend son dos, sa croupe, ses fesses, glisse le bout des doigts jusqu’au pli du genou, remonte lentement l’intérieur de sa cuisse et puis, déviant juste à l’orée du calice, passe une main désarmée sur sa bosse porte-bonheur.

Cette nuit, elle ferme les yeux en faisant l'amour, elle mêle ses doigts à ceux de Yodel, passionnément. Elle réalise son rêve. L'espace entre le conscient et l'inconscient devient le moment présent, c'est vertigneux.

 

Tout flotte. Elle attrape son chevalier par la main et se laisse glisser jusqu'à lui. Elle remonte les jambes, son autre main pend nonchalamment sur le bord de la baignoire. Son amant s'introduit naturellement, la tête penchée en arrière elle offre sa poitrine épanouie qui va et vient, au rythme du bassin, en apesanteur... Portée par le liquide laiteux, elle se met en position assise, elle croise les bras autour de son cou, elle balançe onduleusement ses hanches pleines en avant, en arrière.

 

L'écuyère ne se gêne pas pour soupirer d'extase et pousse même des cris de plaisir. Alors que dans son dos, Jice a déposé l'aiguière et a saisi la dague...Mmm..oh..oui.. oui ! De quoi énerver la blonde, mais la petite maîtresse ne s'en soucie pas. D'ailleurs, elle n'a pas retiré à Jice le droit de satisfaire les ardeurs du grand guerrier (et c'était finement joué). Non vraiment elle a confiance en elle, en son pouvoir, en son homme. Rien ne saurait gâcher cette assurance, et puis elle aurait aimé essayer la position de côté, et d'autres positions encore... Avant qu'une lame, tranchante comme un rasoir ne se rapproche...

Pendant qu’ils perpètrent leur chorégraphie suspendue dans le bain nuageux, et qu’une fine vapeur s’élève du lac, l’homme fait lentement pivoter sa femme de coté en lui soutenant la cheville, s’appliquant particulièrement à ne pas brusquer ses courbures, alors qu’elle plie un bras sur le bord du bassin pour y poser sa tête.


Sa face colorée de plaisir se tourne vers l’œil de Jice qui se mordille la lèvre, parcourue d’une sympathie envieuse pour la bête à deux dos qui vibre devant elle. Silencieuse, l’asservie dégaine la dague hors du fourreau, mettant à jour une ocre lame en céramique. Le duo continue de concert et elle empoigne le croc plus fermement, à mesure que monte une frustration colérique, se rapproche inconsciemment des deux amants qui chantonnent.


Le chevalier au crin d’argent donne moult baisers goût de lait-miel, enivré d’un léger parfum d’écuyère qu’il affectionne tant. Étouffant les doux râles féminins avec sa propre bouche, il parcours des doigts son corps de rêve, s’y raccroche parfois carrément, pour en délivrer sans trêve tous les frissonnements. Il se couche derrière elle et se colle à son dos, mêlant ses jambes au siennes pour les maintenir entrouvertes, il la pénètre encore et tandis qu’il explore des lèvres les creux de son cou, il aperçoit, si proche d’eux, une arme prête à trancher.


Sa main jaillit pour saisir le poignet menaçant et le temps se fige dans une suspension tendue, tandis qu’un éclair traverse le regard furieux du mâle, qui renvoi sa frayeur inattendue. Les mains douces de Miranda accourent pour désamorcer son bras par quelques caresses, alors qu’aucun crime n’a été commis encore, et que l’esclave penche la tête en se cachant le visage, honteuse du sentiment qui l’a éprise.


l’homme se décontracte et se calme devant le désarroi de la fautive, et semble comprendre ce qui motive ses sombres projets. Le manque de progéniture, sans doute, ou d’attentions plus particulières, il pourrait bien l’honorer d’un bâtard pour satisfaire ce caprice réparateur, depuis le temps qu’elle fait le service avec révérence.


Il la désarme de sa main libre, esquissant un sourire en coin, et entraîne l’esclave qui tombe dans le bassin – décidément fort spacieux – en éclaboussant l’assistance dans son passage à l’eau. Elle ressort la tête en s’essuyant le visage, les yeux ronds de surprise, et s’inquiète un peu lorsque le maître attrape sa natte à la base, avance le couteau, et d’un geste net, lui tranche les cheveux pour tout prix de sa trahison.


Il jette nonchalamment la belle tresse blonde qui atterri dans l’eau un peu plus loin. Ensuite, il ordonne un rattrapage expiatoire auprès de sa maîtresse, qui choisira son gage en fonction, avec l’intention machiavélique d’en faire une nourrice, si elle est sage.


La jeune infécondée passe derrière Miranda et, lui glissant ses mains sous les épaules, offre en sa poitrine un oreiller plus doux que les parois du bain. Elle assiste la belle brune dans ses changements de position en lui tenant la main, suivant ses instructions, et pendant que l’étalon reprend le service, elle tâche de faire une récompense de sa punition.

La brune écuyère élevée au rang de reine se fait dorloter par tous les côtés. L'incident de la dague a des effets directs sur le thermomètre érotique du bain -déjà élevé- qui monte encore de plusieurs degrés grâce à la présence de Jice. Le deuxième effet est plus surprenant. Miranda déclare entre deux bouffées d'extase que le gage doit être miséricordieux pour l'esclave, qu'il faut un gage spécial, un gage inversé qui rétablisse la relation d'amour et de justice (disons qu'elle pense qu'il y a eu des circonstances atténuantes) et que par conséquent les cheveux de l'écuyère doivent aussi passer au fil du rasoir de son homme.
 

Ce matin là elle émerge très lentement, s'étirant et se grattant les cheveux...

«Par l'Ecu !» fait-elle, en se réveillant tout à coup pour de bon.

« Yodel ! J'attends une explication, tu m'as droguée ? Foutus raviolis j'en étais sûre que c'était un piège ta quête de bois sec. »

Furieuse elle sort de la tente sans attendre. Elle enfile ses baskets, et le blouson de Yodel sur le dos elle se barre sous la pluie.