La traversée du Val

Chapitre débuté par la Raph'

Chapitre concerne : valhallamoto, bamboula, The High Atolls , la Raph',



Précédemment :

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L’air libre.

Une autre puanteur, un autre aveuglement, une grosse vague de chaleur.

Raphaëlle n’a pas le temps de s’accoutumer. Derrière, d’autres pas résonnent, le croquemitaine ne l’a pas oubliée. Quelle force obscure remonte avec elle de sous la montagne ?

Elle claque la porte mais il n’y a pas de verrou, et elle n’a pas la clef.

En relevant le nez, elle se constate cernée de tous cotés par des falaises immenses qui s’ouvrent vers le nord en un passage étroit et périlleux, une ancienne route au goudron noir et surchauffé, d’où s’élèvent des vapeurs dansantes qui semblent la faire dévier en permanence vers un lac mirageux.



La gamine s’en va en courant comme une dératée, quelques dizaines de mètres avant de trébucher sur une caisse militaire, dans le sable la tête la première. Elle réalise alors que le sol est parsemé de marchandises, des drogues, des munitions, des matériaux de construction, une manne surabondante éparpillée.

Elle remplit une sacoche avec les premières choses qui traîne à sa portée, tout en faisant une peu la difficile, il faut le dire, tout le monde a ses préférences.


*BLANG !*


La porte de l’escalier s’ouvre avec fracas, détruisant le silence de l’endroit et Raphaëlle se retourne en sursautant. Là, le croquemitaine apparaît en pleine lumière.

Un grand baveux noir écervelé que l’on nommera bamboula pour la suite, si l’on devait. Les yeux injectés et le sourire carnassier qu’une petite en guenille lui provoque, la langue pendante et le froc déformé, il fond sur sa proie tel un animal sauvage mal sevré, dommage.

« L’observation est la base de l’art du combat », se rappelle la pupille alors qu’elle raffermi ses appuis et s’ancre au sol, se délestant de ses affaires comme de la charge futile de son adversaire.

Une main en garde et l’autre dans le dos, déjà pleine de sable, elle pense aux grands frères.

...


«  Tu voulais me manger, alors je t’ai tué», la Loi de la jungle.

Pendant deux nuits, Raphaëlle remonte le canyon toujours plus ou moins vers le nord. Elle croise quelques embranchements, parfois quelques hères silencieuses, perdues ou zombifiées, des ombres et d’autres trésors.

Un matin, elle rencontre un Cairn dressé au bord du chemin.




La fatigue se fait sentir, depuis le temps qu’elle dérive à pied. Elle enlève ses souliers et se trouve un coin d’ombre pour laisser passer les heures les plus chaudes.

Le soleil traverse rapidement le ciel raccourcis du fond de la vallée, et la voyageuse se réveille alors que l’astre se couche à peine entre deux énormes rochers sur la crête, à l’ouest. De là redescend un sentier sinueux presque jusqu’à la route.

Quelques étirements avant de repartir revigorée pour la grimpe, trop heureuse de quitter enfin l’asphalte. Il lui faudra monter jusqu’au creux de la nuit pour atteindre les deux monolithes.

Le passage se resserre à leur base pour ne laisse qu’un fin conduit, même pour une si frêle silhouette ce serait limite, et dans une telle obscurité, toute la suite reste à imaginer.

Elle tente de contourner l’obstacle, mais des deux cotés, des ronces et des épines immenses la coupent et l’écorchent ne la laissant passer. Elle revient ensanglantée.

Résignée, elle s’engage dans le passage étroit, avec prudence mais déterminée. Par chance, la roche humide est glissante et ainsi privée d’éclairage en permanence, une mousse visqueuse s’y est développée.

La petite s’adapte aux anfractuosités en se contorsionnant à mesure qu’elle avance, petit à petit, la progression se fait plus difficile et la solution moins évidente. La roche elle-même semble resserrer son emprise, elle pousse, force, se tord dans toutes ses possibilités.

Se croyant coincée, Raphaëlle fini par lâcher prise et s’endort.






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