Le Percepteur

Chapitre débuté par Jean-Marc Fresquel

Chapitre concerne : péchad, Cerberus, chc, Jean-Marc Fresquel,

Le groupe mécanisé est à l’arrêt à quelques kilomètres du campement de Cerberus. Un point s'en détache, s'élève dans un nuage de poussière et grossit rapidement. C'est un avion d'épandage tout biscornu qui a connu de meilleurs jours. Par quelque miracle d’ingénierie néo-zélandaise, il vole toujours. Il fait un premier passage au dessus du groupe, puis amorce une large courbe pour se poser à proximité. Il parcours les dernières dizaines de mètres en brinquebalant sur ses trains d’atterrissage. L'hélice au ralentit puis s'arrête dans un bruit de ferraille.

Deux vieux descendent de l'appareil. Celui qui sort de la soute reste en retrait, la clope au bec. L'autre, un chauve en t-shirt noir, saute du cockpit avec une souplesse inattendue pour son âge. La sueur sur son crâne étincelle de mille feux, qu'il étouffe en y vissant un fedora.
Il jette un œil sur la brochette de bras cassés qui se présente devant lui, sourit et se dirige vers la femme aux dreadlocks.
Même selon les standards de la CHC, les recrues de Pechad ont l'air particulièrement louches. Apparemment pas assez pour entamer sa confiance inoxydable.

Messieurs dames, bonjour. Je suis Jean-Marc Fresquel, cogestionnaire de la CHC.

Il tourne la tête vers le mastard bodybuildé à l'air bovin.

Le roi, si vous préférez

Il serre là main de Pechad et poursuit sur un ton enjoué.

Comme vous le savez probablement, je viens collecter ce qui nous est dû.
Il se pourrait que certains d'entre vous ne le voient pas d'un bon œil. Ce serait compréhensible, après tout nous ne nous sommes jamais rencontrés et vous opérez en quasi-autonomie.
Je suis certain que Pechad vous à informés de la situation globale dans laquelle vous vous trouvez, mais je vais néanmoins profiter de l'occasion pour matérialiser cela de manière plus concrète.

Il fait face au groupe, les mains jointes dans le dos. Il a le ton jovial de celui qui n'a pas besoin d'être menaçant.

En rejoignant ce groupe, vous avez rejoint notre organisation. Vous travaillez pour la CHC, sur le territoire de la CHC. Vous contrôlez cette zone en notre nom mais le sable sur lequel vous marchez, l'air que vous respirez et les armes et marchandises que vous prospectez nous appartiennent.

C'est à nous qu'il revient de répartir le fruit du travail de chaque groupe, nous essayons de le faire avec une certaine équité. Mais cela ne peut être dans une logique commerciale. Vous trouvez, nous réquisitionnons, et nous redistribuons en fonction des besoins et du mérite.

Monsieur Bishop, si vous voulez bien.

Son acolyte tire de l'avion trois fusils et les lui apporte avant de reprendre sa place. Deux juxtaposés de fabrication artisanale et un superposé précrash. Fresquel les attrape sans grand ménagement et les remet à Pechad comme un fagot de bois pour le feu.

Ces armes ne sont pas un paiement pour celles que nous prenons, et elles ne visent pas à compenser la puissance de feu perdue. Voyez les plutôt comme une marque de notre appréciation.

J'espère avoir été clair. Si vous avez des questions ou des réclamations, c'est le moment.
Si vous en avez d'autres plus tard, faites en part à votre chef de groupe qui nous les fera remonter.

Pendant qu'il parle, Bishop commence à charger le matériel dans l'avion. Il en profite pour réquisitionner le Glock, dont il remplit tranquillement le chargeur avec des cartouches qu'il tire de sa poche. Puis il range l'arme dans sa ceinture et recommence à tirer les sacs de charbon dans la chaleur stagnante.

"C'est un vioc avec une face de gland, y va sûr'ment nous faire royalement chiez, mais personne ne moufte !"


Voici approximativement le briefing auquel les Cerberus auront eu le droit avant l'arrivée aérienne de Fresquel et de son gorille.


Les bras cassés avaient donc attendu sagement, le trésor pêle-mêle, entassé dans un landau ou divers sacs où se superposaient sans distinction de valeurs armes et morceaux de moteurs, de quoi faire hurler un aficionado des armes à feux, mais quand la tatoué se mettait à l'organisation de quelque chose, il fallait toujours s'attendre à ce qu'elle repende un peu de chaos autour d'elle et ce même quand sa propre vie en dépendait.


L'avion passe sous les aboiements d'un Buggy qui s’efforçait d'intimidé par sa voix ce prédateur aérien, grognant et gueulant, menaçant tout ce qu'il savait jusqu'à ce que la main de sa maîtresse ne viennent lui rabattre mâchoires inférieur et supérieur ensembles, ne laissant alors plus que quelques gonflement de joues et grognement aussi étouffés et contrariés.


Ça va, vous vous en tirez bien, la dernière fois ils ont traversé le campement en bagnole.


Cuisant souvenir qu'elle craignait toujours de revoir surgir dans la réalité.


Rassurée de l'absence de véhicules roulant et bien contrainte de sauver un minimum les apparences, la dreadeuse, avait effectué un geste peu commun, témoignant de l'importance de la rencontre, daignent lever son cul pour saluer l'arrivée des passagers de l'avion présentement posé, mais ce sera tout de même avec un pétard fumant au bec qu'elle se dirigera vers l'un des "Big Boss" et serrera un brin surprise par cette poignet de main tendue avant de se mettre de côté, comme pour mieux laisser place à un discourt qu'elle aurait volontiers fuit.


Et c'est long, putain de long ! Au moins à ces yeux à elle. Ses yeux roulent de ses pieds pour se lever au ciel et convaincue que personne ne le regardait, commence à mimer un "et bla et bla et bla..." de ses lèvres.
Le manège s'interrompe peu après que monsieur Bishop soit appelé à la barre, ne laisse à la tatouée qui referme sa bouche et se tourne au dernier moment pour recevoir une brassée de fusils sur les bras.
Ses yeux s'écarquillent de surprise, non pas face au cadeau en lui-même, mais face à son poids, ses yeux ronds criant une sorte de "ho le con !" alors que ses frêles bras manquent de tout relâcher d'un bloc droit sur leurs pieds. Démarche incertaine, mâchoires serrées, la tatouée se hâtera d'aller déposer son fardeau droit dans une brouette dans un fracas de métal résonant.

Hé, vous'aviez pas causé d'un collier en éch... en... cadeau ?


Hors sujet le plus total qui manquait d'entrainer une belle bourde, mais cela ne décontenançait pas la tatoué qui désignait le loup qui lui-même tentait de sentir les odeurs corporelles des deux hommes sans toutefois oser s'en approcher de trop prêt.

Ce texte vaut une bière !

Conan était un peu déçu. Il avait entendu tout le temps parler de la CHC, à la radio et par ses compagnons de route. Et blablabla c'étaient les grands méchants du désert. Et bloubloublou ils étaient super fortiches. Et gningningnin ils avaient bâti leur pouvoir sur une montagne de cadavres.

Du coup, forcement, la brute épaisse s'en était fait une image à base de grands guerriers musclés traversant à cheval des villages en décapitant les paysans à coup de hache. Pas de deux vieux percepteurs d'impôts détroussant une bande comme la sienne en faisant des politesses.

Le bodybuilder s'était posé la question auparavant de rejoindre la CHC. Il était fort, il voulait donc être avec les plus forts. Mais là, franchement, il préférait rester avec l'équipe des remplaçants à leur apprendre la baston et à baiser Migniarde plutôt qu'aller discuter TVA avec les vieux schnocks.

Pour tout dire, Conan était à deux doigts d'aller leur filer des baffes et il se serait sans doute fait plaisir si Pechad n'avait pas été claire sur ce qu'il fallait faire. Très claire. Et elle l'avait répété de nombreuses fois pour être sûre que ça rentrerait dans son crâne vide. La mission capitale de Conan durant cet échange qui n'en était pas un était de rester à sa place dans une parfaite immobilité. A la rigueur, il pouvait faire jouer ses muscles et adresser un sourire au monsieur s'il le regardait.

Bon, l'idée du sourire n'était peut-être pas la meilleure parce que ce qui allait traverser le visage de la montagne de muscles le ferait plus ressembler à une gargouille constipée qu'à un contribuable avenant. Mais l'intention était là.

[texte de feu Ortie]

Ortie ne tient pas en place. C'est toujours avec l'archet du violon qu'elle fait appel d'air. Elle gesticule aussi d'un pied sur l'autre comme un petit farfadet, puis se gratte les avants-bras dans une crise d'urticaire, se rogne ses ongles jaunes pour les postilloner sur le sable du propriétaire, roule des yeux ronds idiots pour les clore suspicieusement et vice versa, grimace de façon enfantine pour s'empêcher de partir dans une grande crise de fou rire parfois.

D'un signe du menton elle désigne le partenaire du rasé, donne un coup de coude au sien et murmure à son oreille:

"Encore heureux qu'il nous demande pas de faire le boulot avec la Moustache. Avec MES poubelles."

Elle évalue la distance entre elle et la cabine de pilotage. Mauvaise idée. TRES mauvaise idée.

"J'ai fait pas mal la michto pour des vioques, mais là c'est abusé quand même, l'autre à la radio avait l'air moins bouffon et la BN à la fraise aussi. QUOIQUE. Même pas il propose des Belins, pas un Coca, RIEN ce con.
Et regarde moi la pouf qui quémande un nonos l'air de rien...j'te jure quel après-midi de chien, c'est le cas de le dire..."

Elle scrute un instant son propre groupe dont elle ne se sent pas franchement proche, puis mate Fresquel de haut en bas remarquant surtout une de leurs meilleures armes qu'il s'empresse de charger. Elle elle en a des questions, mais Ortie juge que ces dernières valent bien une bastos.

"Prépare tes plus beaux escarpins si tu veux mourir rock'n'roll bientôt, c'qui risque probablement d'arriver contre les robots. On. Se. Tire. De. Ce. Trou. Dans quelques nuits, natchave avec nos guns. Je retourne au Sud me trouver une hacienda, un coin peinard, tous les deux. Y'a pas marqué Conchita sur mon front longtemps, à moi, je vais pas me faire racketter comme une gamine à la maternelle. Ils sont bien beaux ces fusils mais le contrat c'est de la baise intégrale."

Ces 'présentations' provoquent donc dans les jours d'après deux défections dans le groupe de Péchad. Aucun signe de Lakame et Ortie, pas même une lettre avec des roses rouges, des dauphins et des pastilles brillantes avec une larmichette pour fermer l'enveloppe! Ah si. Elle a juste fait ses besoins en plein milieu du camp.

Quitte à se faire carotter une fois, autant se faire carotter deux fois, mais cette fois par plus petits que soi! Service des Ressources Humaines bonjour!

L'auditoire est dissipé et les questions ne se bousculent pas au portillon. Imperturbable, Fresquel répond à Pechad.

Ah! Oui, j'ai failli oublier.

Il tire le collier à pointe de sa poche et le tend à la tatouée.

Je crois que vous aviez aussi demandé de la lecture... Attendez.

Il se saisit d'une caisse de matériel qu'il va charger dans l'avion, puis revient avec un livre à couverture noire marquée d'un pentacle.

C'est celle de Lavey... Je l'ai feuilletée, c'est plus une anti-bible qu'une bible satanique. Là où la bible dit blanc, il se contente de dire noir. Ce qui est intéressant, c'est qu'il part d'un postulat de liberté absolue : le sataniste fait ce qu'il veut. Mais évidemment à l'époque il n'aurait pas pu publier ça sans s'attirer des ennuis, donc il tempère avec la notion de respect de la liberté d'autrui.

Du coup, si vous espérez y trouver du sulfureux et du sacrifice de jeunes vierges, il faudra repasser. Mais ça n'est pas dénué d'intérêt en soi, surtout à la lumière de l'époque que nous vivons maintenant.

Il marque une pause.

Mais je suis en train de m'embarquer dans une parenthèse littéraire alors que j'ai déjà trop parlé. Nous n'allons pas vous retenir plus longtemps.

Il aide Bishop a déblayer ce qui reste du butin et se prépare à repartir.

Si personne n'a rien à ajouter, nous allons pouvoir décoller.

Putain d’avion de merde, de charbon de merde, de pilote de …, Bishop avait le dos en compote !

Mais il resta impassible et muré dans son silence habituel.

Pourtant, y’avait de quoi rigoler : deux petit vieux pour représenter la plus grande bande de tueur de ce qui restait du monde, manquait ce freluquet de juriste et c’était du burlesque.

En face une bande de d’jeun’s éberlués de devoir faire preuve de politesse, et de rendre l’hommage.
Quand on y pensait, il avait fallu une apocalypse pour voir le respect des ainés revenir au gout du jour.
C’était important la politesse, surtout pour William.

La propreté aussi. il fixa les dreads de pechab, eut un tic qui lui déforma le visage.

« Malgré tout, pensa-t’il, Ils étaient bien ces jeunes » Il esquissa ce qu’il espérait serait pris pour un sourire bienviellant

Ensuite Bishop repris le glock, le regarda sous toutes ses coutures… regretta un peu son lance flamme, mais jugea qu’avec sa consommation de clope c’était sagesse.

Il attendit que le roi donne le signal du départ, politesse oblige.

Ce texte vaut une bière !



Ce matin là, Vince s'était levé beaucoup trop tôt, son estomac rempli d'aigreurs, sa gorge noyée par les remontées acides. Il traversa le camp silencieux, sans un regard pour la sentinelle endormie, et alla répandre sa bile à l'abri d'un fourré, l'étau de la déshydratation se resserrant sur sa cervelle à chacune de ses convulsions.

Une dure journée de travail attendait le gerbeur, une journée qui ressemblerait aux autres, faite de marches forcées, d'excavation et peut-être de meurtres, une journée où la fatigue et la douleur s'ajouteraient à l'ennui. Chameau, boulot, dodo - avec en plus une grosse barre dans le crane. Il aurait aimé se faire porter pâle, qu'on le laisse tranquille à l'arrière de l'ambulance, Mignarde aux petits soins l'épongeant avec de l'eau fraiche. Hélas, personne ne lui délivrerait d'arrêt maladie, et surement pas l'autre glaçon, il devrait obéir et cravacher comme les autres.

L'estomac vide, il profitait tant bien que mal de ces brefs instants de répit, allongé dans les herbes desséchées. De rares nuages se déplaçaient lentement vers l'ouest, poussés par des vents constants venus du grand large. Il crut voir planer au dessus de lui la figure rigolarde de Fresquel, ce vieux chauve au front plissé, le boss qui était descendu de son avion pour les rappeler à l'ordre. Une mise en garde cordiale, ferme et limpide, pour ceux du fond comme lui qui n'auraient pas bien compris.

Eux, les pue-la-sueur, continueraient à trimer sous le soleil de leur domination implacable. Quant aux fruits de leur travail, ils s'évaporeraient nécessairement, se condenseraient dans les soutes du chc et se déverseraient sur un hôtel qu'il n'avait jamais vu. Leurs plus belles trouvailles, arrachées aux sables ou aux cadavres d'inconnus, disparaitraient là-bas. Et parfois, quelques gouttes de ces richesses leur reviendraient en récompense de leurs efforts, car il pleuvait rarement dans le désert.

C'était le cycle de l'eau ou ce que certains économistes d'avant-crash appelaient la théorie du ruissellement. Ainsi marchait le monde ! Mais à quoi bon mener une vie de con contre 2 repas chaud par jour ? Une vie passée le plus souvent seul, à ouvrir le chemin pendant que ses camarades baisaient dans leurs tentes. Où était le kiff ? Qu'en avait-il à foutre des plans nébuleux du chc ? Et qu'était devenue sa moto ? Sa belle KTM LC8...

Mais où aller ? Et que faire ? Il avait bien une idée, une idée inconsidérée comme souvent. Un soir de glande, en faisant défiler les fréquences à la recherche d'un bon son, il avait entendu parler d'une teuf dans le sud. Une "Pirate Party". C'était probablement une fête ringarde, pour des convives sans imagination vaguement déguisé en pirates mais tout de même une promesse de fête. A moins que ce ne soit une blague... Quoiqu'il en soit, il n'avait nul part où aller.

Vince disparu donc sur un coup de tête, préférant cuver sa gueule bois à l'ombre d'un hameau fantôme. Il coupa sa radio et abandonna ses camarades ainsi que, très prudemment, son fusil et sa monture. C'était un retour à la case départ. L'éternel loser était à nouveau fier et libre comme un clochard.

Djek'ill avait suivi la démonstration de force tranquille d'un œil las. Il se trouvait finalement devant une des personnes qu'il avait initialement pourtant cherché à contacter, mais pour ne rien avoir à lui dire. Le chauve n'était pas venu pour écouter, ni probablement pour récupérer son dû. Du point de vue du moustachu, le butin ne valait pas le déplacement. Il avait même la vague présomption que sitôt en vol, la soute de l'avion se déferait de son lest, le but n'étant pas là.

Le chauve, donc, était venu pour parler. Pire, pour menacer. Il n'existait pas d'alliés pour cet homme, uniquement des larbins et il entendait le faire savoir. Pourtant, le message ne fit pas mouche ; derrière les yeux bleus, de l'indifférence fit rapidement place à un vide plus profond. Djek'ill disparu dans l'espace et le temps, toute initiative de rébellion engloutie dans un processus qui échappait totalement à son contrôle.

Plus tard, lorsque les vibrations de l'air ne trahirent plus leur source motorisée, le moustachu reprit conscience. Comme d'habitude, il haussa des épaules, intérieurement. La vie monotone reprit son cours. Il faisait le minimum pour survivre. Économiser ses forces était une priorité pour exceller dans cet exercice.

...

La vessie plaine, Djek'ill s'éloigna quelque peu. La pudeur était passée du status de norme à celui de mise en danger mais il la préservait, comme un luxe dont il prenait un plaisir excessif à jouir. Quelqu'un chanta, à moins que ce ne fut une voix dans sa tête. Il écouta néanmoins la mélopée. Bien après que la goutte se soit asséchée à l'embouchure de son gland, il tenait encore son vît entre son pouce et son index, l'autre main affairée à ce que la pression du tissu de son pantalon sur le canal souple tari depuis longtemps ne vienne pas perturber l'écoulement du liquide gênant. L'air mélodieux était magnifique, mais lorsqu'il cessa, Djek'ill l'oublia instantanément.

Revenant à lui, il agita machinalement son pénis, contrevenant à sa règle primordiale de survie en effectuant un geste inutile et regarda autour de lui. Vince, titubant, fut la seule silhouette qu'il perçut et il entendait se servir de ce fil d'Ariane intoxiqué pour retrouver le groupe.

Le temps de tasser son fatras dans la brouette sur laquelle il avait pris appui pour ne pas se fatiguer inutilement lors de sa vidange, le blond s'était éloigné, presque à perte de vue.

Chose assez rare pour être soulignée, Djek'ill pesta en se lançant à sa poursuite, devenant rapidement trop essoufflé pour lui hurler après afin de lui intimer de l'attendre.

La course poursuite absurde dura suffisamment longtemps pour que, après avoir compris son erreur, le moustachu ne put que constater l'évidence. Il était trop tard pour faire machine arrière.