Jeux de prédation : anectode annodine contemporaine

Chapitre débuté par Un vieux

Chapitre concerne : Marshall, tobiaswebb, Sourire, calen, slimshady, megan, domi, Un vieux, malga,

Ce texte vaut 3 bières !

Les histoires ne commencent pas toujours avec une rencontre, sur les terres arides du nouveau monde.

Celui qu'on avait finit par appeler parfois le vieux, simplement, trainait encore son futur cadavre à travers les ruines d'anciens temps qu'il ne regrettait pas. Dans sa sempiternelle marche funèbre, il avait erré seul sous tous les cieux. Celui d'été, sous sa chaleur écrasante, celui d'automne, dans son atmosphère opaque et ses précipitations diluviennes, et celui d'hiver, dont les derniers stigmates disparaissaient lentement au sol. Un an, presque, qu'il avait quitté sa grotte et l'existence d'ermite qu'il y avait mené des années durant, qu'il avait renoué avec le monde sans s'offenser de ses changements et qu'il avait, par la même occasion, rencontré Domi.

Presque un an. dit-il à voix haute sans y faire attention, le regard plongé dans les sommets enneigés. Blast buffla en signe d'acquiescement.

La matinée était déjà bien avancée lorsqu'il se mit au travail. La première étape consistait à trouver un point de vue dégagé, ce qu'il ne mit pas plus d'une heure à faire. Une fois bien en place et un casse croûte à disposition, il prit ses jumelles et commença son inspection. Une heure passa. Il nota sur sa carte l'emplacement de plusieurs sites à inspecter, donc celui d'un avion crashé sur le pan ouest d'une montagne non loin. Il ne le détecta pas tout de suite, mais un nouvel élément venait de faire son apparition dans le paysage : un groupe de quatre personnes qu'il se mit à observer. Il n'eut pas le temps de détailler grand chose, sinon que le groupe semblait chargé et modestement armé, que la cibi capta un message. Effectivement, une jeune femme semblait penchée sur un boitier noire qu'il supposa être une radio.

[...]Vous me recevez?[...]



L'échange avait été bref. Présentations ; quelques politesses ; des calculs, évidement, de part et d'autres afin de placer les protagonistes dans cette petite réalité. Quelques vérités d'abord, puis, face au mépris et à l'arrogance qu'on camoufle à peine à l'évocation du nom qu'il ne faut pas prononcer, quelques mensonges bien sentis, afin de ne pas apeuré un gibier potentiel que Gus sait impossible à chasser seul. Depuis quelques temps, on va chercher jusqu'à dans les poches des baladeurs, que ce soit par la ruse ou par l'appui militaire. Et l'attitude prudente de ceux-là attise la curiosité du coupe-jarret minable et répugnant.

L'affaire est lancée.

De la cibi à un pod, dont la fréquence n'a plus besoin d'être sur un morceau de papier, ou cousu dans la veste. On analyse, on conspire, on s'organise. Les jours passent dans un décor comme figé, qui fond lentement. Le vieux observe le groupe quand il n'est pas observé en retour, et si Domi s'organise déjà de son côté, eux en font autant.

Puis un jour, ils ne sont plus que 3. Un type s'est séparé du groupe pour aller fouiller l'avion repéré plus tôt. C'est l'opportunité que Gus attendait pour mettre le feu au poudre. Sans attendre, il se jette sur Blast et dévale la montagne vers le groupe en s'avalant un flash de vodka pour se donner du baume au cœur. S'il veut arriver à temps pour observer de plus près les deux femmes et l'esclave restées là avant d'attaquer, il lui faut se presser.
Le type n'est plus qu'à quelques centaines de mètres de ses compagnons quand Gus charge plein pot. Quel spectacle pittoresque que ce vieux clochard sur sa jument, recouvert tous deux d'une bâche en plastique, chargeant à toute allure le pauvre hère qui n'en demandait pas tant. Blast se cabre après avoir heurté Tobias, désormais au sol. Celui-ci se relève bien vite pour décocher une droite de mécontentement que le vieillard prend sans trop broncher. Le mal est fait. Plus que les maigres réserves qu'ils emportent, c'est la colère qu'il provoque qui est importante ici. Celle qui, peut-être, pousseront les lésés à lui courir un peu derrière, vers la gueule du dragon.

Oh non, les histoires ne commencent pas toujours par une rencontre sur les terres arides du nouveau monde. Mais il est rare qu'elles ne se terminent pas ainsi.

Ce texte vaut une bière !




Quand les petites diodes bleutées du pod s'allument pour la première fois, le Vieux ignore probablement que Domi a les jambes en l'air, décrivant un angle d'à peu près 60° entre les deux chevilles. Le combiné saisi d'une main fiévreuse, elle ne laisse rien paraître du pénis qu'elle a présentement dans le vagin. D'ailleurs, celui-là est contraint à une certaine immobilité dans la chaude cavité: les membres inférieurs de Domi se sont repliés contre le haut des fesses de son amant, son bras libre lui enserre le dos pour lui plaquer son torse contre sa poitrine. Elle le fusille du regard, il sait qu'il doit fermer sa gueule.

Pas bouger, petit mâle, si tu veux pas te faire dévorer tout crû, l'araignée travaille. Ou comment concilier loisir et turbin...

Ok. C'est bien reçu. On est quand même un peu loin, là. Mais rien qui ne peut se résoudre, avec les poilus.

Et blablabla, qui, quoi, où, comment...Domi se contorsionne même pour chopper son carnet noir et y déposer quelques pattes de mouches.
Je te rappelle, on se fait une bouffe, tout ça...ou presque, hein. Les deux interlocuteurs sont toujours un poil avares de mots autrement qu'utilitaires. Entre l'Ombre et le Dragon, il n'y a jamais de gras, dans la conversation...

Le pauvre Slim doit plus en pouvoir, ainsi coincé. Et en prime, pour ne rien gâcher, il y a une troisième femme qui l'observe malicieusement dans la tente, l'espèce de nécromancienne cheloue. ...ça excite particulièrement Madame de coucher avec l'un pendant que l'autre regarde, et vice versa.
Une fois le combiné de l'appareil raccroché, Domi claque le cul du rappeur pour lui donner le La. Et c'est reparti...

...

Un flingue...elles ont un flingue...elles ne peuvent pas quitter le canyon comme ça, avec leurs bras et leurs jambes...faut tout arracher, comme la mauvaise herbe, aucune envie que l'objet aille au Peak, à la CDM, ou à Moby Dick qui le laissera pourrir ou le revendra à ses trous du cul de voisins...

Elles ont aussi un landau, mais ça, on s'en fout. Ou pas, quand on est enceinte.

...

La tyran s'organise de manière un peu plus sérieuse après la bonne bourre, dans l'espèce de "coin bureau" qu'elle installe toujours à chaque campement temporaire. Quand elle est assise là, avec ses cartes, ses carnets, ses feutres et sa radio, tout le monde sait qu'il ne faut pas trop la déranger ; on risque de se prendre un gros vent, sauf si on doit lui préciser quelque chose d'assez important. Et sauf Sourire, qui n'est jamais vraiment trop rabrouée, parfois même, enfin c'est assez rare pour être notable, accueillie d'une brève caresse un peu sèche dans ses cheveux. Sourire sans sourire, qui n'en reçoit jamais non plus de sa daronne d'adoption...mais des couteaux et des flingues, ça.....


...

Se renseigner sur les personnes repérées, autant par ce qu'elles veulent bien révéler sur leurs propres personnes que par des contacts nordiques, check.
Évaluer leur potentiel défensif, check.
Évaluer leurs possibles trajectoires dans les prochains jours, check.
Évaluer les siennes, de possibles trajectoires, check.
Se débarrasser de l'Ermite débile qui les suit...PAN, check.
Elle contacte ses autres petites fourmis:

Megan et les autres, plein sud, avisez-vous qu'il n'y ait personne dans les parages pour nous faire chier. Vous nous trouvez une planque, j'ai plein de réserves à ranger, on peut pas tout porter. Je vous envoie déjà Sourire avec Bobosse et un chargement. J'arrive prochaine lune, il faut que je fasse d'abord l'inventaire de ce qu'il reste et qu'on enterre des trucs, puis qu'on range le camp, ça va pas être de la tarte, y'en a partout.
Vous, vous vous occupez des animaux, vous les soignez et vous les mettez au calme. On va les mettre bientôt à rude épreuve.

...

...ça va saigner, ma chérie. Tu viens avec moi, cette fois.

Et la machine bien huilée de se mettre en branle, sous la supervision soucieuse de la chef...

...

Au début, elle n'y croyait pas trop... Du moins, pas que ce serait si fastoche... Les filles se rendent au Sud-Est, elles vont probablement suivre une route tortueuse par sécurité...
Mais quelques détails donnés par Gus commencent à émerger et lui faire dire que tiens, elles seront fichues plus vite que prévu...
D'abord, si elles transportent pas mal de trucs, les vivres commencent à manquer, apparemment...
Ensuite, il semblerait que la chef ait un soucis à l'une de ses jambes...clairement, elle boîte...
Enfin, dès que le nom de Domi est prononcé, leur ton change un brin...elles se sentent visiblement assez confiantes, pour révéler ainsi leur petite animosité...

...

Après un dernier coup de pelle pour boucher un trou dans le désert, Dominique se met en route à la tombée de la nuit, à pieds, suivie de Slim, Néphilie, Calen, et ses trois esclaves, pour rejoindre l'endroit où se sont rassemblés le reste de ses troupes.

Sur la route, ça revient à Domi, alors que les noms des futures victimes résonnent dans sa tête. Oui, elle les avait déjà croisées en plein Sud-Ouest, durant la canicule. Elle avait essayé de les gagner à sa cause, et avait défendu les filles de grossir les rangs des abrutis de Nation...
Elles ne l'avaient pas écoutée...

Deux saisons plus tard, comme on se retrouve...

Une belle journée commence toujours par une partie de jambe en l'air, surtout quand une partie d'échec se joue ensuite, déroulée telle une partition de musique. Et la musique ça tombe bien, c'est son rayon, mais attention aux fausses notes car DoMiSol est une chef d'orchestre exigeante.

Un bel instrument de musique, cette épée hachoir qu'on lui a donné. Déjà 3 morts en 3 lunes à son actif, même si ce n'était que des morceaux pour débutant. Une nana atteinte de zombinite avancée, une vieille sur le point de clapsé et une inconnue venu se suicider sur le campement en pleine nuit. Heureusement que Slim a l'oreille fine. Mais cette fois-ci il faudrait jouer un vrai concerto et pas question de se la jouer en solo, chacun devrait exécuter à la perfection la mélodie qu'on leur a écrite.

Ainsi dans cette symphonie, la première étape imposée pour Slim est aussi la plus dure : se familiariser avec un chameau.

Oh fuck off !! C'est quoi cette putain de bestiole ?

Ha non non non, hors de question, je monte pas là-dessus moi. Non mais vous vous foutez de ma gueule là.

La tête horrible de l'animal curieux se rapproche de Slim, qui recule et pris de panique, tombe le cul par terre. Savoir frimer devant la gente féminine, savoir tuer d'autres humains sans aucun remord et trembler devant une créature du désert. Tout le monde se marre en voyant le blondinet peroxydé si sûr de lui habituellement, avoir aussi peur d'une bête aussi inoffensive.

Hin hin, très drôle ouais. Bandes de merdeux !

Voyant DoRéMi qui le fusille de son sombre regard de tueuse, Slim comprend très vite que sa phobie risque d'être un grain de sable inacceptable faisant dérailler la belle mécanique.

Il prend alors son courage à 2, voir 3 mains, et il faut l'y reprendre à plusieurs fois pour le faire monter en haut de cette terrible bestiole. Pourvu qu'elle ait bon caractère se dit Slim.

Gentille hein.

Le râle de chameau moqueur sorti en retour n'est clairement pas bon signe.

Ça fait plusieurs lunes que Megan traînasse en se baladant vers le sud. Pas grand chose à se mettre sous la dent, à part le gros Gillou, et la mioche bigleuse (les gosses, qui suivent à distance, comptent carrément pour du beurre). Plusieurs lunes avec la colère qui monte. Personne à buter. Rien à trouver. La Domi qui s'est trouvé une autre chouchoute (c'est quoi son délire avec les gamines, franchement ?). Et puis la gerbe, trop la gerbe depuis qu'elle a quitté la station service, ça devient lourd.

L'appel de Domi remet un semblant d'espoir au bout de la route. Ça va charcler. Elle savate son poney, encourage le gros chameau qui l'accompagne (et aussi sa monture), et en route pour le point de rendez-vous.

Y'a des nouveaux, comme souvent. En mode survie, ne pas trop se poser de questions. Le cheptel varie. Ce coup-ci y'en a du réveillé. Du beau gosse qui se la pète. Domi a dû en faire son quatre heures, à tous les coups.
Et puis la petite peste. Ça a pas ses règles et ça se trimbale un flingue plus grand qu'elle. Le coup est un peu dur pour Megan. C'est vraiment pas juste. Elle aussi elle veut un gun, merde, elle est grande, elle. Pas comme l'autre asticot qui joue aux boules de neige.

La troupe se prépare. Slim fait son numéro de clown tandis que Megan et Calinouille le regardent avec dédain. Megan profite de l'instant cirque pour avertir Domi, avec un regard vers Sourire.

Elle a un gun. Je veux un gun.

Ce texte vaut une bière !


La mioche suit tout le ramdam d'un peu loin.

Elle a bien pigé qu'un truc se tramait. Que Maman, par l'entremise du vieil éclaireur solitaire, avait mit le doigt sur une occaz' unique en son genre. Elle sait aussi que Maman n'est pas particulièrement prête à pardonner le moindre écart quant elle cogite. Ça tombe bien, Sourire sait se faire obéissante quand il le faut. Elle a bien compris le jeu du bâton et de la carotte. Depuis bien longtemps d'ailleurs. Ce qui explique peut-être comment cette petite tête brune haute comme trois pommes et épaisse comme un coton-tige puisse être une as de la survie. Car faute d'être une bosseuse ou une chineuse, c'est surtout une opportuniste avec un bon instinct. Elle comprend rapidement comment se comporter avec les gens. Enfin... avec les adultes.

On a monté le dernier campement avant ce qui doit être le branle-bas de combat. Le viok doit donner le signal quand la meilleure occasion se présentera. Faudra être prêt. A toute heure, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente. Même si le ciel se mettait à décharger d'la merde, faudrait tout de même se mettre en route fissa.

Le matos aussi devra être nickel. Histoire qu'aucune une anicroche ne vienne tout faire foirer. Comme un canon qui s'enraye ou une lame mal affutée. Pour ça d'ailleurs qu'la mioche inspecte ses armes. Elle n'a pas eu besoin qu'on lui dise comment son fusil fonctionne. Non, elle a rétorqué qu'elle savait déjà s'en servir. Qu'son daron lui avait enseigné l'essentiel. Que son frère avait parfait l'apprentissage. On l'aura mise à l'épreuve évidemment. Quel crétin laisserait sincèrement une arme chargée dans les pognes d'une gamine de dix piges ?

Elle aura idéalement répondu aux attentes : en faisant mouche sur presque quatre cibles sur cinq. En encaissant sans trop de mal le recul, et en réarmant correctement le bouzin. On est pas sur le modèle du soldat d'élite c'est sur, mais la petiote est débrouillarde. Et cerise sur le pompon, tirer sur de l'humain ne semble pas particulièrement lui poser de problème d'éthique.



Elle vient d'en finir avec l'Erma, et remarque la rouquine qui fricote encore une entourloupe auprès de Maman. Elle pose l'arme délicatement, et s'approche sans bruit. Quand l'ado la pointe du doigt, elle n'est déjà plus là, mais dans son dos. Une petite main chapardeuse vient d'extirper un couteau papillon de la ceinture de la misstinguette.

Pourkoi torai un flingue?!
Tu sé daija pa utilizé sa!
'garde!

Elle sautille en arrière, histoire d'échapper à la pince de l'ado. Et la revoilà qui fait son numéro de jongleuse de couteau. Le papillon voltige dans sa pogne. Tout va trop vite pour qu'on suive les mouvements ou qu'on comprenne bien comment elle s'y prend, mais y a pas à dire, elle maitrise son sujet la petite garce.

Et soyons un peu honnête : Ce petit exercice de style sert autant à humilier son ainée qu'à impressionner la cheffe de meute. La place de numéro ouane dans le classement des chouchouttes, ca se travaille.

Tu sé l'fer sa, gro ku ?!

C'est assez bizarre dans sa bouche, car elle ne sourit toujours pas. Ca ne sonne même pas moqueur. Donc on pourrait croire qu'elle pose sérieusement la question. Que ça n'a rien de rhétorique.

Organiser une embuscade et gérer une guerre de pisseuses.
Courage Maman.

Comme si elle n'avait que ça à foutre, effectivement, entre la tonne de réserves à ranger dans le petit bunker qu'ils ont débusqué, l'apprentissage sur le tas pour ce noob du chameau laineux qu'est Slim Shady, et les directives à donner aux autres pour quand elle sera absente. Maman fonce sur Sourire. Cette fois pas de place au jeu de l'esquive, elle est colère, la choppe par le colbac pour la soulever à cinq centimètres du sol et lui arrache des mains le couteau, en ne se souciant pas de prendre un coup de lame. Elle réussit bel et bien à foutre une tarte d'autorité à la môme, après l'avoir relâchée, plus pour lui remettre les idées en place que pour lui faire mal...enfin, si, en fait, elle fait super mal, cette claque.

Surveille ton langage avec ta grande soeur, tu lui dois le respect espèce de merdeuse.

Elle va rendre l'arme à Megan l'empotée, puis les désigne de l'index tour à tour.

La prochaine fois que je surprends l'une à voler ou insulter l'autre, je lui arrache la tête avec Calen et je la fais réduire par Néphilie, comme chez les indiens Jivaros, vous connaissez ?
Est-ce que c'est bien clair dans vos petits crânes de piaf ?
Apprenez l'une de l'autre, et échangez vos merdes au lieu de vous battre comme deux chiennes autour d'un os à ronger. Soyez gentilles entre vous ou c'est moi qui devient méchante, vu ? Si on survit ensemble c'est bien pour ne pas finir comme tous les crétins qu'on croise, alors entraidez-vous.
...
Tout le monde aura un gun au fil du temps, Megan. Et tout le monde apprendra à se servir de tous les guns.
...
Préparez-vous plutôt que de m'emmerder avec vos conneries, ma culotte est moins jolie que la sienne, c'est moi la plus forte, et gnagnagna, vous êtes loin de devenir autre chose que des pisseuses, à ce train. Gus devrait appeler dans quelques heures. Ou peut-être même quelques minutes. Et lui passe pas ses journées à faire le débile mental, comme vous.
Si vous voulez savoir qui est ma chouchou: c'est lui. Prenez-en de la graine.

Et pan dans les amygdales, les dernières punchlines.

Du calme plat pendant l'observation des premiers jours à l’effervescence des suivants, déclenchée par une petite rapine opportuniste anodine.
Blast est mise à rude épreuve, mais comme à l'habitude ne flanche pas, et continue de matraquer le sol caillouteux de ses sabots. Bien sûr, il lui faut prendre des pauses parfois, mais la vitesse de la jument et la foulure d'une adversaire lui garantissent une certaine sécurité pendant ces coupures. Bientôt, elles lui en confèrent même suffisamment pour développer un petit jeu de piste pour finaliser le piège vers lequel Marshall et sa bande court, toujours branché au pod de sa complice afin de rester coordonnés. Et à un moment, le signal est donné.

...

Alors que le vieux Gus s'est planqué avec Blast derrière une boursouflure rocheuse, les quatre poursuivants arrivent dans sa dernière mise en scène. Ils y découvrent les braises d'un feu de camp dans lequel aucune nourriture n'a cuit, ainsi qu'un vieux couteau usé abandonné là parmi des copeaux de sabots, signe sans doute que la monture du fuyard a un problème de pattes, et que le groupe pourra lui tomber dessus sous peu, s'ils continuent. Ils cherchent quelques secondes, alors que dans les falaises au loin on commence à entendre l'écho d'une cavalcade fracassante. Qui sait si les victimes des prochaines exactions comprennent à ce moment-là qu'elles se sont fait rouler et qu'il est désormais trop tard.

Gus ne se pose pas la question.

Sans jamais que la moindre émotion ne traverse visiblement son esprit, il grimpe lui aussi sur Blast et prépare la lance en bois qui lui sert habituellement surtout de bâton de marche. Il ne sait pas se battre, mais puisqu'il est ici, autant aller au charbon avec le clan pour cette nouvelle étape vers leur résurrection.

...

On dirait bien que l'assaut en lui-même n'a eu que très peu d'intérêt pour Domi. Elle est restée quasiment en retrait, observant chacun et chacune dans ses oeuvres.

Ce n'est que lorsque leurs victimes sont toutes KO, ventres à terre, qu'elle s'avance tranquillement au coeur du chaos. Elle plombe au 38 le mollet d'un homme qui rampe, au passage, sans y accorder la moindre importance par la suite.

C'est plutôt vers celle qui s'est recroquevillée contre une grosse valise en bois, très vintage, la moitié du bide ouvert, qu'elle porte toute son attention. Dans une dernière tentative de bluff, la blondasse lève un pistolet semi-automatique en sa direction.

Dominique se penche sans ciller vers elle, s'agenouille même, jusqu'à ce que le bout du canon embrasse le milieu de son front. Après une bonne minute à mirer la fille de ses yeux noirs et fixes, aussi glauques et sereins que ceux d'un varan, elle lui retire l'arme des mains, presque avec délicatesse, puis opère les vérifications d'usage. La chef de meute prend à témoin la nana:

Chambre vide. Chargeur vide.

Là, elle se redresse pour fouiller quelques-unes de ses poches de treillis.
Ah, les 9mm.
Elle en charge quatre, arme le calibre.

Prêt à faire feu.

Puis tend le bras pour passer l'objet à quelqu'un à côté d'elle, qu'elle ne regarde même pas.
Le combiné de son pod en main, elle commence à annoncer les décès.

La suite tombe sous le sens.

Chevauchant cheveux au vent avec chameaux et chevaux cravachant,
Cette cavalcade en embuscade n'est pas une balade entre camarades.
Le blondinet gominé est cramponné comme un forcené déterminé,
Sa monture part à l'aventure comme une créature immature.
Virages, accrochages et tangage, la sauvage manque de dressage,
Mais aussi brutale qu'improbable, l'animal cale puis détale.
Sous ses foulés affolés, un premier macchabée bousillé et boursouflé,
Prise par surprise, sa complice reste indécise, ça sera son supplice.
Enfin la dernière n'est pas guerrière, fuit en arrière et finit au cimetière.
Ainsi se termine la comptine du crime des trois victimes de Slim.

Fusil en main.

Couchée sur le bide, l’œil dans l'alignement de la mire.
On l'aura pas mise en première ligne. Logique. Avec ses trente kilos tout mouillés de chaud, tu parles qu'elle aurait de l'impact sur quoique ce soit.

Y a pas de lunette grossissante, mais la gosse dit que c'est OK.

Maman a aussi demandé à faire durer le plaisir.
A pas leur aligner direct une bastos entre chaque paire d'yeux.
Juste à les mettre hors course, pour qu'on s'fasse un peu plaisir.
Que tout l'monde en ait pour son argent.

Sourire dit encore OK.

Et commence le tir aux pigeons.
Juchée sur son promontoire rocheux, en mode snipeuse en couche-culotte.
A viser les mollets des poules qui paniquent.
Qui tentent de fuir on ne sait où.
Sur des chemins escarpés sans le moindre couvert.
Gus a bien gérer c'est vrai.
Le viok les a attiré sur un terrain découvert.
Nickel.
Chrome.

C'est un peu comme le tir au canard à la fête foraine, sauf que c'est quand même plus fun. Hinhin.

Bon, c'est vrai. Au passage, elle s'accorde aussi le luxe de pointer son arme sur le gros cul de Megan. S'octroyant le droit d'imaginer son doigt presser le détente et offrir à sa Grande Soeur un deuxième trou de balle.

Elle rigole dans sa barbe absente.

Putain qu'on s'amuse.