Conscience Inconsciente

par Nuance

dernière modification de Nuance à 20/01 22:18
mots clés: Horizon, Nuance,

Nuance

Conscience Inconsciente

Ce texte vaut une bière !



La famille décimée par les gars du CHC, il y a déjà de ça une paire de lunes. Une fille de perdue... Nuance part se perdre dans les drogues...

-------------------------------


Le cœur qui traîne dans le sable. Souillé, fendu, violé, éventré, vidé, noyé puis asséché, écorché. Le vent s'infiltre dans les tissus, tu la sens la morsure, celle que tu redoutait le plus? Tu le sens ce sable dégueulasse qui s'immisce dans les plaies? Ca gratte, ça souille, bientôt ta pompe va pourrir, s'infecter, se gangrener. Tu sens? Ca monte à ta tête, ton cerveau ne capte plus les informations. Des crépitements qui te camouflent la réalité. Comme une radio mal réglée, la chaîne Canal + qui te saupoudre tes yeux chastes de neige électrique une fois l'heure tardive.
Tu n'as plus conscience du bien et du mal, ce qui est parti, ce qui est encore là... Ce qui arrivera.

Allez, traîne le plus loin ce... Cette poche de sang vide. La laisse pas près d'eux, ça va les effrayer. T'es la putain de leadeuse. Va récolter ce que tu as semé dans les vagues. Avale leurs fracas, noies toi, pourquoi pas?

Tu as tellement mal décidé, tu y as même laissé ta fille estropiée. Quelle mère tu fais. Tu peux être fière, de les avoir laissé bouffé la poussière.

Quelle conne tu fais. C'est toi qui aurais dû y passé. Depuis bien longtemps, à trop jouer avec le temps...

Ah?

Ecoute!

Tu entends?

Ca s’accélère... C'est proche... C'est presque mort... Là... C'est lui? Il ose encore battre? Et en plus il s'amplifie! Wooo c'est qu'il est costaud ton coeur.

Me dis pas que tu as encore l'espoir de faire survivre ta fille? Ton autre gosse. La chaire de ta chaire, ton sang? Ahahahah Et lui aussi? Celui qui donne un sens à ta vie? C'est quand même con de l'avoir tant cherché, l'avoir enfin trouvé. Il t'offre un nouveau gosse, l'amour à en être ivre jusqu'au soleil et tu vas tout perdre!! Ahahahahah
On peut dire que tu n'auras pas à te frotter plus longtemps à ton "silex" pour que finissiez cramés! A trop s'aimer on voit pas le danger arriver.

Et cette petite blonde là... Celle que tu regarde, celle qui te renvoies un reflet de toi même en plus parfait. Celle qui comprend le genre humain mieux que toi.
On peut dire... Hmm attends, j'vais trouver une vanne... Triste est Iseut! T'as compris? Tristan et Iseut - Triste est Iseut !!! AHAHAHAH Bon ok... Quand on explique les vannes c'est pourri.... Mais elle bonne quand même. Non?

Bon tu vas dire au revoir à Corky, lui dire que tu ne l'auras jamais assez aimé.
A Jinn, que tu n'auras jamais assez conseillé.
Adieu à Fury... Que tu n'auras jamais su dompter... Su lui montrer comment tu l'aimais... Lui faire comprendre que la vie serait belle à tes côtés... Que ta famille était la sienne.
Lui dire qu'elle était parfaite...


Au revoir à Pechad... Putain... Lui dire qu'à ce moment même, ce n'est pas tes enfants que tu veux tuer pour les protéger de ce monde de merde. Mais que c'est toi que tu veux foutre en l'air. Que tu aurais aimé, non. Que tu aurais été honorée de te faire tatouer par ses soins... Que juste qu'à la mort tu voudrais lui rouler des joints.... Lui dire que toi aussi tu vois les choses aussi sombres qu'elle... Lui dire merci pour tous ces sacrifices.... Ce temps passé à aider la famille... A avoir réussit à l'aimer... Lui dire que tu regrette de n'avoir pas su poser tes pas dans les siens. Lui souhaiter la mort... Ou bien une vie libre. Loin d'eux, loin de toi.

Et cette flamme, celle qui a prit soin de ton frère, alors que toi tu parcourais les champs avec ton enfant. Cette gamine mutilée qui voulait te retrouver. Tu as su tout de suite l'aimer comme si tu l'avais faite. Dis, tu ne l'aurais pas tué une seconde fois ton polonais là?
C'est bizarre hein? Plus aucune trace de lui. Fini. Pleure sur ta photo. Lui a su la protéger. Toi tu n'as rien fait, tu l'as aimé? Oui... C'est vrai... Mais tu comprends toujours pas que c'est pas l'amour qui sauve?

Regarde cette truie de Domi. Elle n'a jamais aimé, elle a toujours léché et bavé.

Tu n'es pas elle, tu ne sera jamais elle. Quelle monstre remarquable. Tu trouve pas?

Tu n'y connais vraiment rien...

Bon.

Tu as fini de boire ta tisane mamie? Il va arriver tu sais... Mais bon, tu sais aussi que bébé ne devait pas être invité... C'est une dose de cheval que tu prends là.

Je ne suis pas assez pour t'aider à t'enfoncer? Allons, tu m'aime bien non? Gouache... Toutes ces vagues de détresse, noires et collantes, que je t'ai foutu sur la gueule. Tu sais, ta petite faucheuse à couettes n'est plus là pour t'en extirper. Plus aucune fleur ne poussera sur ton flanc en signe de sauvetage... Tu vas être paumé ma fille.

Bon... Tu prends quelle couleur ce soir? Du rouge? Comme au premier jour. Ton arrivée à Oiléan Thorai, tes petites couettes pour faire tourner la tête du bel Aîlo. T'as toujours aimé le côté nordique des hommes. Pas étonnant que tu te tape sec un écossais.

Ou bleu, souvenir de cette balade jusqu'à la maison biscornue, une petite silhouette frêle qui allait donner un sens à ta vie. Une douce fée sordide que tu trouvais magnifique. Credi.
Cette belle période avec ton ancienne famille... Ton polonais, la lugubre, le père de ta fille....

Ou blanc? Aaaaah le blanc? Ton signe de deuil. Tu te souviens quand ta petite fée s'est jeté contre les rochers? Je savais que le rouge lui allait bien...

Alors Gouache? Quelle couleur pour sombrer ce soir? Ou tu préfères Nuance? L'ombre de toi même, celle qui ne sait pas prendre le parti d'un membre de la famille, qui alors mets tout le monde ex æquo.
Ou ... Athalie? Ah? Blonde comme au premier jour. Celle que tu as caché pendant des années que lui seul à su refaire revivre. Un pirate ça en trouve des trésors. Des beaux... Des moins beaux... J'te laisse deviner de quel sorte tu es.

Alors, Athalie Gouache Nuance. T'es prête?

Ok fume ton joint... Tu en as mit dedans? Tes petites graine de fleurs magiques qui t’assomme un cheval au gramme prêt mal dosé? Vilaine rebouteuse... C'est que tu en cache des poisons sur toi. Que tu utilise sur toi... J'vais pas te redire que tu es conne... En fait si...

Bien...

A quelle heure doit il arriver?


- Va chier.

Aaaaah enfin tu me parle mon amie? Dix neuf ans que je t'attendais et tu me demande d'aller voir ailleurs? Tu as si mal au coeur pauvre bestiole?

- Casse toi.

Oui, ok. Mais encore?

- C'est pas toi que je veux voir. C'est lui.

Oui mais tu sais pertinemment qu'en extirpant ton esprit de ton corps, je viens forcément à toi. Moi ta vilaine conscience. Tu trouve pas que j'ai grossi? Regarde comme j'ai prit du poids sur ta tête et ton coeur... Tu devrais le ramasser d'ailleurs... Quelqu'un va encore rouler dessus....

Moi, ta petite conscience, aussi lourde et nocive que le plomb. Je prends forme quand maman prend sa tisane épicée... Vilaine datura... Vilaines petites graines.

Tu as des graines de carris? Tu vas en avoir besoin pour ta caboche pour les jours à venir... Car là ca va taper fort... Bon au moins. Je serais absente de ta tête. Rien n'en sortira et rien n'entrera.
Tu sera un ... baveux? Oui c'est ça. Un légume sur patte.


- MAIS CASSE TOI !!


Une tasse vole, Lady D et son prince s'en vont se fracasser contre un rocher qui vient de se faire lécher par les vagues.

- BARRE TOI !

Ah? "Barre toi" Oooh c'est pas bien joli ça. C'est ce que tu as dit à ton loup il y a quelques jours... Il a pas aimé. Oh non il a pas aimé... Il est fou de t'aimer. De vouloir t'avoir pour femme... Tu le drogue aussi?
Et ta fille? Tu lui a promis quelque chose pour qu'elle continue de t'aimer?
Ah non... Les liens génétiques, c'est comme " tagueule c'est magique".


- ...


Tu dis plus rien?

- ...

Allez quoi! Regarde! Cette fois ci j'ai des jambes et je fais presque ta taille. Je me suis fais moins imposante.
Mais je peux encore plus t'engloutir...
Tellement plus.


- Swoboda.

- AHAHAHAHAHHAHAHAHAHAH

La cage thoracique se libère, les embruns marins entre dans les narines. Après une fuite accablante. Ce soir de l'attaque. La perte, le sang, le "sans", le manque de sens.
Les morceaux de la famille sont retournés vers la mer. Mourir face à la mer c'est mieux que dans la poussière. Non? Même si le résultat reste le même....

Il est là, devant elle. Bleu. Couleur choisie. Bleu. Ses cheveux saphir flottent au vent, un sourire morbide sur les lèvres en voyant son rencard se pointer.
Elle est loin, très loin dans sa tête qu'elle déverse sur le sable. Le soleil continue de se coucher sur la plage, en retrait des autres.


- Je suis désolée. J'ai tellement merdé.

Ah bah ça ... C'est pas peu dire!!!! AHAHAHAHAH
Hé... Arrêtes un peu de t'excuser, on t'a déjà dit que c'est relou quoi...Fais un effort merde. Asusme... Enfin Assume quoi, p'tain même moi j'en perds mes pensées.
S'lut Ed'. Tu me remets?


- Ne l'écoute pas.

...

Tu m'as tellement manqué.





Conscience: Écrite en gris

Nuance

Conscience Inconsciente


Partie écrite par le joueur de Cici:
--------------------------------------------------------

- AHAHAHAHAHHAHAHAHAHAH

J'suis là, âme consciente, projection astrale d'un esprit torturé, image rémanente d'une ombre flou, d'un passé lointain. Boule de rage. C'est comme ça qu'elle m'voit.

- Comme ça que tu m'voit ma belle... Ma Bleue.. Ton toi a raison. t't'es bien planté ma pauvre. C'comme ça que tu protèges les cadeaux que j'te fais? C'te p'tite femme, une aut'e flamme dans mon cœur en cendre. D'ailleurs, tiens, c'est cadeau, partage avec moi ma belle.

J'bouscule la Conscience, une main d'glace s'plonge dans l'torse d'feue la mère, arrache un cœur battant et l'remplace par une poignée de cendres, mon cœur à moi.
Feue la mère ouais, car l'aut'e main vient cueillir la vie en son ventre. L'prix à payer.


- L'prix à payer pour ce gâchis ma belle. L'prix pour ce dernier joint avec ta seule et unique amie. T'es tellement conne, conne comme Séraphina. T'sais, la gamine, la meuf de ton gars, Jax le comateux, mort comme une merde... Ho?! Regarde, regarde comme elle essaies encore de te sauver, ta conscience . Mais y te reste quoi? Regarde là, plus chétive que toi. Comment t'as pu te chier autant ma Flamme. Souviens toi...

Le paysage change. Retour à la station. En bas, un bout de femme vient de faire une rencontre brutale avec la roche. Un petit corps noir et blanc sur une tache rouge.

Encore un changement. Le désert non loin d'Iskenderia. Un crane roule. Plus loin un homme au visage grimaçant. Un père qui ne verra jamais sa fille?

La scène se métamorphose de nouveau. Une montagne, proche de la station. Un Land Rover garé. Gisant dans la neige un beau brun à coté de son arc. D'autres le fouillent, à la recherche d'armes de valeur.

Changement. Des vautours virevoltent au dessus d'une femme brune, elle s’écroule. Encore vivante, les oiseaux charognards la gouttent. Puis la dévorent. Sans force elle ne résiste pas et subit les assauts cruels des bête à plumes.

Ou encore moi, introuvable parmi les cadavres. Moi, Ombre dans l'ombre. Parti et toujours présent. Ma bleue...

Le spectacle change un nombre incalculable de fois, mais la fin reste la même. Pour tous. Tout ces morts. Tous SES morts. Ils défilent sous leur meilleur aspect.


- Tous, regarde les tous, morts pour toi ou à cause de toi. Et les derniers en dates. Mon cadeau. Ma fée. Tu t'es tellement plantée ma pauvre...

Un vent froid souffle. Une petite tête bleue apparaît. Ses mouvements lui sont dictés par une musique inaudible. Rien de logique, ni de mathématique, comme sa mort.

- Mutter..




Une supplique provenant d'un demi corps au demi visage. De la fumée émane d'elle qui vient se porter aux cotés de l'ombre.

- Mutter... warum.. Warum hast du mich nicht beschützt? Warume ich tot bin?

- Ja, was du hast nicht заштићен mój prezent?

- Mutter, pourquoi j'suis morte? Pourquoi tu m'abandonne? pourquoi...

- Oui. Pourquoi tu me l’envoies?

La petite flamme bleue se fond en moi. J'agite la tête en signe de négation.

- Elle n'aurait pas due mourir. Ni elle, ni les autres. Personnes.. Alors..

J'attrape la conscience et la jette sur la Bleue. Toute deux se fondent, l'une dans l'autre...

- Maintenant vas. Vas et sauve les autres, sauves les tiens. Protège ton Amour mieux que tu LA protégeais... Ce n'est pas ton heure, ni celle de Braise et encore moins Cendre.

L'Ombre s'efface, sourire aux lèvres. Un murmure. On ne l'entend pas mais on peut y lire les mots.

- Merci pour elle. Merci de lui avoir permis de connaitre l'amour. J'étais heureux de te revoir. A la prochaine, la vraie.

L'Ombre jette une masse sanglante sur la Bleue. Une pompe à sang qui vient s'encrouter dans les cendres.

- Ça c'est cadeau. Mais lui, j'le garde. Le prix....

Nuance

Conscience Inconsciente




Il est là.

Beau comme au premier et au dernier jour. Cet air de froideur que lui seul sait porter.
Pourtant, elle se sent mal la mère.

Ooooooh je sens qu'on va s'éclater!!!!
Mais ne commence à te recroqueviller comme ça! Que tu es pathétique ma pauvre fille! Oh la la la.... En plus il dit que j'ai raison.

Tu devrais l'écouter lui...

Il a toujours était sage! Ou pas ahahah Très con aussi, ça c'est certain! Mais il l'assumait lui! Hein Edounet?

...

Me bouscule pas comme ça!


Livide, elle qui avait tant voulu le revoir une dernière fois... Lui dire que Cici allait bien. Qu'elle était sa fille et elle sa mère...

Lui dire ... Que ses peurs sont finies...

Nuance regarde la main venir cueillir son cœur trop fatigué d'avoir pleurait, en retour cette cendre froide qui gèle les os à peine déposée. Ca gratte, ça dérange, pourtant c'est tout à fait à sa place.


- Ed... Emmène moi...

Aaaaaah elle baisse les armes! T'es sûr que c'est Gouache ça?

C'est répugnant comme bête...


Seconde main qui vient dénicher le poussin hors de sa coquille fissurée.
Les yeux s'écarquillent, une brève étincelle de vie. La mâchoire se serre...
Le prix à payer. Les larmes montent, le ventre est plat. Plus d'enfant.
Le foetus dans la main du père orphelin... Il a l'air paisible. Minuscule enfant qui ne demande rien. Le cordon argenté le relie encore à sa mère, de son futur petit nombril au ventre de l'inconsciente sous psychotropes.

Le vertige intérieur.


- L'prix à payer pour ce gâchis ma belle. L'prix pour ce dernier joint avec ta seule et unique amie. T'es tellement conne, conne comme Séraphina. T'sais, la gamine, la meuf de ton gars, Jax le comateux, mort comme une merde...


Ouiii un joint! Un joint! Un joint!

Hééééé en plus tu peux de nouveau te rogner la gueule! Ca fera ton sur ton avec ton marin!
Arrète de faire la gueule putain! Il est gentil Ed'! Il te retire tous tes emmerdes.
Tout ce que tu as brisé et ce que tu brisera.


- ....

Ferme cette bouche, on dirait un poisson mort sérieux....
Aller dis merci! Merci Ed'!


- Merci.

Et bin... T'es vraiment devenue une sale connasse hein. On te rend service, alors que tu as fait de belles conneries et non.

Madame dit rien.

Ingrate!

Par contre tu te démerdera avec ton homme....

Il y tenait au gamin. Lui!


- Ho?! Regarde, regarde comme elle essaies encore de te sauver, ta conscience .
Mais y te reste quoi? Regarde là, plus chétive que toi. Comment t'as pu te chier autant ma Flamme. Souviens toi...


Attends....

Il dit quoi lui?

Chétive moi?

Redis le pour voir?

REDIS LE!! OSE DIRE QUE JE SUIS CHÉTIVE! J'ECRASE QUI JE VEUX !
J AI FORMÉ LES GROUPES,
J AI ENVOYÉ LA GOSSE AU NORD AVEC SON CHAMALADAIRE A LA CON!
Elle l'a buté grâce à moi! A MOI! Les décisions en coup de pute c'est moi!
L'inconscient consciente qui guide dans les décisions, aveuglant l'hôte.

Alors ta gueule Ed'!


La masse de mouches numériques s'amplifie, elle fait maintenant quatre têtes de plus que Nuance. Cette silhouette massive d'une multitude de petits points s'affolant pour la former.
Un écran Tv bloqué sur une chaîne sans programme hors de son poste. Les crépitements visuels s'amplifient.

D'un coup sec la plage disparaît.


Oh oui un Voyage! Un voyage! Un voyage!

* Clac * Le petit corps frêle de Credi vient de s'éclater sur les rochers devant Nuance.
Un cri déchire la scène, en écho au cri d'il y a dix sept ans plus tôt. Là haut. Gouachejeune qui regarde la scène depuis la balustrade. Marty Mc fly voit son ancien lui.
Nuance sent un goût de cendre dans sa bouche, son nouveau cœur aux bords des lèvres. D'un revers de la main, elle essuie la trace de suie. Son nez se retrousse devant la trace noire sur sa main. Le tas de cendre s'infiltre en elle.


* Toc * Ce crâne qui la matait jour et nuit... Plus loin Kurtz.... Son coeur calciné disperse sa cendre un peu plus. Le vertige s'amplifie... Il ne faut pas que Ash voit son père mort... Non pas comme ça...

- Maman? .... Papa?? Il est... Mort...? PAPA!

Une main se plaque sur la bouche de la mère, se pince les lèvres, retient un violent sanglot en voyant sa fille s'approcher de son père qui l'avait rejeté.

Oh putain c'est morbide là... T'as pas honte d'avoir fait venir ta fille??? T'es inhumaine! Retiens tes pensées sérieux! Mais fais la disparaître! Retire la de tes idées bordel!!

Ah! On bouge! Heureusement qu'Ed est là!
Lui montrer son père mort.. Franchement... T'es conne ou bien?


Désert, Ailo mort au sol.

Ses yeux se plissent de douleur, les larmes ne peuvent être retenues plus longtemps.
Le cœur se disperse, après la bouche les yeux. Sillons noirs sur ses joues.


Tu lui as jamais dit que tu l'aimais hein? Encore un truc de loupé... Il en avait fait du chemin pour te retrouver... Tu lui as juste offert un baiser alcoolisé. Tu en as raté des choses avec lui.
Il serait surement le père de Ash! La Pauvre...


- Aïlo... Une main passe sur sa bouche pour essuyer les larmes, mouvement tremblant. Elle perd pied.

Des oiseaux s’agglutinent sur un cadavre...


Aaaaah Jolie Maëlle. Bouffée par un Maelstrom de rapaces à la con. Bravo la copine!
Tu aurais pu la retenir de parcourir le désert seule... Ou la suivre. Elle t'aimait.
C'est elle qui t'avait apprit ce qu'était une vraie femme...

Putain, quel gâchis.


Retour à Out Post... La fuite, les cadavres de l'abris entassés.

- ED! ED!!!! JE T'EN SUPPLIES! ARRÊTE! Tu vas me tuer... Les derniers mots se brisent. Toujours ce cœur de cendre qui coule de sa bouche et ses yeux.
Incapable de garder ce qu'on te confie...

- Tous, regarde les tous, morts pour toi ou à cause de toi. Et les derniers en dates. Mon cadeau. Ma fée. Ma fille. Tu t'es tellement plantée ma pauvre...

Le regard papillonnant, ailleurs, sur le torse du polonais qui lui met les points sur les i. Les morts forment un cercle autour d'elle.
Elle veut les regarder, mais n'ose pas les affronter. Pourtant eux la regardent sans détour.


- Mutter...

- Cici... Pardonne moi... J'aimerais te donner ma vie. Titubant, elle s'approche de la petite et son père. Ils sont si beaux tous les deux ensemble.

Tu l'as tué heuuuu !! Tu l'as tué nananère!!! Elle est tombée par terre! C'est la faute à sa mère !!!
Allez tous en coeur!

Elle est tombée par terre! C'est la faute à sa mère!!!

Et Ash sera la pro-chaine !!

OUiiiiii

J'adore la musique.


Tic nerveux, un poing frappe son front, Cici demande pourquoi sa mère n'a pas su la protéger...
Ed surenchérit.

Le vide, rien que le vide en elle. Elle a mal, elle sent le vent griffer tout l'intérieur de son corps.


- Je voulais pas te l'envoyer! Je te jure!
Je voulais pas...

JE VOULAIS PAS!!!
Cri strident, la voix se casse, nervosité dans sa tessiture.

Cici! Reviens!

La petite retourne à l'abris dans son père. Lui seul peut la protéger. Elle a envie de lui crier....

Que tu l'aime? Mais on s'en branle de ça... Elle est morte, ça lui fait une belle jambe tiens!
Sans mauvais jeu de mot...


- Elle n'aurait pas dû mourir. Ni elle, ni les autres. Personne... Alors...

Ed pousse la conscience a retourner dans sa tête.
Oh! Me touche pas Ed'! Oh arrête! OoOoOh On est pas tout seuls!
Allons! Super Gourdasse va voir que tu me tripote!

Ah mais non !!
Je retourne pas en elle!

C'est froid et sombre, on s'y fait chier!! Dix neuf ans que j'attendais de sortir sérieux!
Dix neuf ans que j'attends ce bad trip!

Non.


Le visage se crispe, la lampe réceptionne le génie qui ne tarde pas à griffer aux parois de la tête pour ressortir...

- Maintenant va. Va et sauve les autres, sauve les tiens. Protège ton Amour mieux que tu LA protégeais... Ce n'est pas ton heure, ni celle de Braise et encore moins de Cendre.

Elle peut pas les sauver, ... Elle peut rien foutre de ses dix doigts... Tu parle d'une nana qui donne de l'alcool à un alcoolique pour lui piquer un baiser et lui faire un gosse pour le garder à jamais...

OUAIS j'suis encore là ouais!


- Reste! Pars pas! Je t'en supplies Ed'! Non!

- Merci pour elle. Merci de lui avoir permis de connaitre l'amour. J'étais heureux de te revoir. A la prochaine, la vraie.

Elle tourne sur elle même, scrutant la plage vide, à la recherche de son polonais, son frère...
Son cœur de nouveau retrouvé, balancé dans les cendres de l'autre. Une pointe de chaleur anime ses veines.


- Ça c'est cadeau. Mais lui, j'le garde. Le prix....

Les yeux s'écarquillent, deux pleines lunes. Le cordon ombilicale d'argent se brise d'un coup sec et disparaît. Ed et le bébé aussi.

Oh le con!

La masse de parasites s'étire de nouveau du corps drogué.

Au moins, il t'aura pas pour mère et si Pechad s'en sort, elle sera contente de savoir qu'elle n'aura pas à subir ses pleurs à la con.

Les mains se posent sur le ventre plat. Plat et vide. Affreusement vide. La datura dans les veines occulte la réelle rondeur toujours présente sous ses doigts. Ed a prit le pas sur son réel.
Elle a avorté sans même poser une résistance. Son coeur s'affole, très vite.


- Jamie va me tuer! J'ai perdu notre enfant! Ed' l'a prit! Non! Mon bébé !! Non!

Les sanglots tranchants reprennent. Le cœur souillé de suie cardiaque. Nuance s'affole, retient sa frustration, ses craintes.

Ah bah à jouer à la conne aussi... Tu as un peu de cœur qui coule encore de tes yeux là...

Le regard qui n'arrive pas à focus la direction que prennent la tête et le corps. La mère se met à quatre pattes pour chercher son enfant...
Les doigts fouillent le sable. Rien. Ils s'écorchent sur les coquillages morts.


Tu veux un détecteur à bébé?

- La ferme!

Oh! Tu vas recommencer à me crier dessus? On se retrouve de nouveau seules et madame daigne me parler !

Ton gamin est prit pour la vie que tu as prit à Ed'. C'est comme ça. T'en referas un autre au pire...

- NON! FERME TA GUEULE! FERME TA PUTAIN DE GUEULE!!

Nuance... Ce genre de vilains mots n'ont jamais été beaux de ta bouche... Encore moins dans un tel état pitoyable...
C'est con... Tu as buté toutes les nanas qui portaient la rage comme un bijou.

Comme la petite Fury là. Fragile mais terrifiante!!


- Aide moi Fury... Mon bébé...

Bin voyons...

"Oui je t'ai envoyé au casse pipe... Bon sinon, j'ai perdu mon bébé par là, prends ce râteau et aide moi à racler le sable pour le trouver!"

Sous merde... Aucun honneur! Loque.

Hein? T'en pense quoi toi?

Nuance

Conscience Inconsciente


Illusion écrite par le joueur de Fury:

----------------------------------------------------------------------

Elle est là... fruit d'un esprit ravagé par le remord.

Elle est là... apparition modelée dans la brume des stupéfiants.

Elle est là... et elle observe la vieille agenouillée dans le sable, fouillant de ses ongles.

Elle est là... nue, posant son regard sombre sur l'autre, un regard empli de haine et de colère.

L'autre l'appelle à l'aide, cet autre qui l'a envoyé à la mort. Elle regarde la forme pathétique fouillant en vain, elle s'approche lentement, doucement, de la femme à quatre pattes. Elle attrape la chevelure blonde, et tire en arrière, arrachant un cri à la blonde. Elle la force à se redresser, à s'agenouiller, à arrêter sa fouille vaine et inutile. La poigne est puissante, la douleur est vive, Nuance saisit le bras qui torture sa chevelure à deux mains, vaine tentative de lui faire lâcher prise. Sans succès, elle est forte, bien plus forte qu'elle.

Elle se penche légèrement en avant, jusqu'à ce que sa bouche soit à quelques centimètres de l'oreille de la blonde. Elle lui susurre à l'oreille des mots durs, des mots froides, des mots emplis de rage et de colère.


Tu m'as tué.

Rien de plus, rien de moins, juste cette accusation blessante, douloureuse qui plante dans le cœur de la mère la graine d'une culpabilité qui la rongera jusqu'à la fin.

Elle relâche son étreinte, libère Nuance. Elle se place devant elle.


REGARDE !

La voix est un cri, un ordre impérieux qui force la blonde à poser son regard sur la furie. Son corps androgyne est troué de balles, d'où s'échappent des flots de sang bouillonnant qui coule sur son ventre, sur ses cuisses, sur ses jambes, jusqu'à rejoindre le sable qui s'abreuve du fluide vital. Ceci est ton oeuvre, tu es la seule responsable, semble lui crier la silhouette immobile. Le flot de sang s'arrête soudain, mais les blessures restent. Seules les mains de la furie restent ensanglantées, son sang.

Elle s'approche de nouveau de la mère, s'accroupit pour que son visage soit à la bonne hauteur. Elle est si proche que la blonde peut sentir le souffle chaud sur sa peau. Elle saisit soudain le crâne de l'autre, souillant la chevelure d'or du sang qu'elle a sur les mains, plantant ses ongles dans la peau tendre. Ses yeux sont emplis d'une indicible rage, d'une colère furieuse qui ne demande qu'à jaillir.

Soudain leurs lèvres se joignent, sans que la mère ne puisse résister à la poigne formidable de la furie. Un baiser... de haine.

La bête jubile... elle saisit cette occasion pour bondir, pour quitter ce cœur mort pour celui bien vivant de Nuance. Elle franchit le faible rempart de ses lèvres, et se répand dans tout son être. La bête rit, elle s'insinue dans les moindres recoins de cette âme bonne et généreuse, elle part en chasse de ces bons sentiments qu'elle abhorre, elle les traque, s'en nourrit, se joue de la lumière, déchire et détruit, elle est le démon. Douloureux héritage.

La mère est de nouveau seule, exsangue, brisée et ravagée, la furie n'est plus. Elle est partie, mais elle lui a laissé une part d'elle même en héritage...



She was fury, she was wrath, she was vengeance.

Nuance

Conscience Inconsciente

Ce texte vaut une bière !

Arrêtes... Arrêtes tu me fais de la peine là. Tu ne le retrouvera jamais!

C'est comme ton cœur, plus jamais il ne sera intacte! Plus jamais! A ça... Un bon gros pick up qui te le laboure d'avant en arrière en te jouant la corrida au klaxon en Do mineur ça laisse des traces!


- Là !!!!

Nuance lève la tête vers Conscience, cherchant son enfant dans les parages, mais rien. Sauf Fury. Encore plus glaçante que dans ses souvenirs.

OOOOOOh qu'elle est trop chou à poil! Elle est miiiiiince! Elle est belle!
On fera pas de commentaires sur ton physique à toi hein!


Nuance ne l'écoute pas, ses yeux rivés sur Fury qui s'approche d'elle, l'air vient à manquer dans ses poumons. Poisson hors de l'eau qui se fait étrangler pour être sûr qu'il suffoque comme il se doit.

La visage tiré en arrière, son regard tente de fuir celui qui perce son âme. Un sanglot retenu, un hoquet qui tente de prendre un peu d'air.
Ses mains agrippent leur étau, mais rien n'y fait. Comme un chiot qui griffe une porte en acier. Fury a le dessus.
Ses os se gèlent en un instant, dès que les mots de la punk tombent dans son oreille. Ca lui prend du lobe, en passant par le tympan jusqu'au cerveau. Son coeur de cendre tourne au blanc. Ca pique.


On peut pas être plus clair là!

La mère retombe au sol, ses poumons s'activent en une seule prise. Une goulée d'air marin pénètre sa carcasse sous psychotropes avant de retrouver leur état léthargique.

- REGARDE!

- Non...

Allez mateuuuuh ! Maiiiiis allez!!!!!

Ses dents se serrent, son regard se lève, son visage grimace de douleur. Ces fleuves de sang. Des petites Zoé qui ont tracé leur traits rassurants... Des grands fracas naissent les rivières...
Le liquide pourpre dessine des sillons sur la peau lunaire pour aller s'enfoncer dans le sable qui porte encore ses marques de fouilles inutiles.


- Je n'ai pas voulu ça Fury... Je te jure... Je ne le voulais pas...

Ah bah vlà qu'elle chiale encore!

- TAGUEULE!!!

...

Non.


Les yeux en crue, ils voient Fury s'approcher, la mère stoppe de respirer pour sentir son souffle. Une dernière fois. Ses grands yeux s'ouvrent sous le contact froid et gluant des mains souillées de sang. Un baiser piquant, foudroyant, impossible à rejeter. Une fusion intense, comme embrasser un fer chauffé à blanc qui doucement glisse dans sa bouche pour passer du chaud au froid en un claquement de doigt. Son cœur s’arrête de battre. Il se perd dans sa cadence. Il prend le rythme de Wagner un bref instant. Des Walkyries lui pillent sa dépouille pour y planter des obus de haine à chaque embranchement de veines.
Ca brûle, ça étouffe, ça tire mais c'est aussi affreusement jubilatoire. Sentir cette haine qui s'épanouie comme une fleur toxique, plantant ses épines dans chaque tissus.
Ses yeux se crispent, à genoux dans le sable, raide, les ongles plantés dans le sable maculé de sang. La plante s'épand, s'insinue dans chaque organe. Les poumons s'activent de nouveau. Douce fleur du mal qui fait boire de l'air.


Ah bah ça pique quand ça traverse pas !!!

Oh....


Un cri de douleur, là dans son ventre, un truc bouge, ça roule, ça bouge, ça griffe. C'est donc ça? Ressentir la haine. Une envie de cracher cet immondice qui nous ronge.

Hé t'en fais une gueule... Je ne te reconnais pas...

Gouache Réponds... C'est moi qui suis sensée faire flipper au départ.


Un regard froid et perçant se flanque sur la Conscience haute de plus de deux mètres.

- J't'ai dit de fermer ta putain de gueule! Sinon je me bouffe le stock de Carris et tu ne seras plus jamais capable de prendre une décision, n'y d'émaner aucune pensée!
Tu m'as comprise Connasse?


T'es prête à légumer à vie pour ne plus m'entendre?

Son regard se fait ébène. Un rugissement qui sort du fond de son ventre. Un cri où se mêle détresse, rage, tristesse, folie et solitude. Le sable recule d'un bloc jusqu'à la mer, formant un petit monticule. La plage n'est que béton entre la mère et sa conscience qui implose en milliers de petites mouches électriques.
Le souffle court, le regard alerte, aucune trace de sa moitié....
Enfin le calme, le vide pour penser. Ses pensées ricochent dans sa caboche. L'écho des morts l'écorchent.... La nouvelle rage l'enrage et engendre la panique.


- Tu es où... Reviens...

Un sanglot, un poing qui s'abat sur le sol. Un nouveau cri de rage, putain que ça pousse vite cette connerie... Un impact et tout se déploie.

Chut!

Les petites mouches reviennent pour reformer cette silhouette impalpable.

Regarde qui est là!

Iseut

Conscience Inconsciente




Derrière la Fury se tenait depuis un moment Iseut, les bras croisés. Elle observait la scène sans rien dire, sans chercher à entrer en contact avec sa douce.. Larmes qui coulent le long de ses joues, innocentes. Elle attend que sa moitié disparaisse pour venir se pencher sur la vielle blonde. Elle l'attrape dans ses bras, la serrant fortement contre elle. Elle pleure à chaude larme contre l'épaule de sa belle avant de venir chuchoter à ses oreilles entre deux spasmes..

Ma douce..

Mots conséquents qui auraient sûrement toucher la vielle blonde si ils n'avaient pas été suivi d'un énorme rire de la blondinette. Rire méchant et dur, pendant qu'elle s'écartait de son amie.


J'croyais avoir croiser des gens vraiment cons dans ma vie mais alors toi, t'es préposée à être leur reine putain.. T'as vraiment cru que tout ce petit monde t'aimait ? Putain tu me fait pitié ma pauvre Nuance.. Nuance d'ailleurs ? J'en parle ou bien ? Fin bref, y a personne qui t'aimait dans ce groupe, personne qui voulait devenir membre de ta famille. Vu comment tu portes la poisse, personne ne veut être affiliée à toi.

Mais arrête de chialer putain, ça les fera pas revenir. T'as donné des ordres, ils les ont suivis et ils sont morts. Si tu penses que c'est de ta faute, eh bah tu penses bien parce que c'est entièrement et uniquement de ta faute. La maman en pleine crise de quarantaine qui veut jouer à l'adolescente rebelle et autoritaire, t'as bien réussi ton plan dis donc.

Fin amis entre guillemets hein, parce que sans déconner, tes manies elle cassait les couilles à tout le monde. Tant mieux que certains soient morts, ils n'auront plus à te côtoyer.

Dommage que je ne sois pas allée avec eux, j'aurai suivi ceux qui constituait vraiment ma famille.

Toi la seule chose que t'arrive à faire très bien, c'est laisser les gens dépérir de l'intérieur comme ta fille ou les envoyer à l'abattoir. Ca c'est un art dans lequel tu excelles.

Laisse tomber ma pauvre, t'es trop faible. T'aurais dû crever y a un paquet de temps mais t'as eu de la chance, certains d'entre nous avaient besoin de se donner bonne conscience et se repentir. Quoi de mieux que se trimbaler un boulet avec ses gosses ?

Putain mais sans déconner, Ash serait à ta place qu'elle s'en sortirait mieux que toi.

Un ange passe. S'écrase au sol quand il reconnaît un ange devenu démon.

Tu fais chier ! T'aurais pu simplement fermer ta gueule et pas les envoyer là-bas mais non, fallait que tu colles à l'archétype de la blonde un peu conne. J'espère que tu les vois bien tous là, sur tes paupières, à te pointer du doigt. J'espère que tu te rends compte de ce que tu as fait. J'espère que tu les entends se demander pourquoi eux et pas toi. J'espère que tu te rends compte comment tu fais souffrir tout le monde ici. Sans déconner, tu pouvais pas faire pire. T'étais bien trop hypocrite pour laisser les gens dans leur petite bulle quotidienne de bonheur. NON ! C'était trop pour toi ! Tu te devais de gâcher la vie de tout le monde, quitte à ce que certains en paient le prix fort. Eh bah j'espère que tu te rends compte, que ceux qui souffrent le plus de tout ça, c'est nous ! C'est pas eux. Eux sont morts, envolés, partis loin. Nous, on va devoir continuer à penser chaque jour à eux en se levant. Chaque jour, je vais me lever et je vais me dire que sans toi, les autres seraient encore là. J'devrais peut-être m'occuper de ton cas tu penses pas ? Histoire que tu ne sois plus une menace pour nous, qu'on soit en sûreté. Dans ton sommeil, venir t'enlacer pour mieux pouvoir te briser les os. Te faire souffrir comme tu me fais souffrir aujourd'hui. Si t'as vraiment un peu d'honneur et de jugeote, tu échangerais ta place avec Pechad sans hésiter. Bah ouais ! Parce que en plus de m'enlever une de mes raisons d'être, la deuxième s'est envolée. Tu pouvais pas faire pire. Je vais te le faire payer. Je vais te faire souffrir comme j'ai souffert et bien plus encore. Je vais m'attaquer à tout ce que tu possèdes, tout ce qui t'appartient pour tout t'enlever. Ton mari, ta dernière fille dont il vaudrait mieux que tu arrêtes de t'occuper pour éviter qu'elle finisse comme Cici. Et quand tu n'auras plus rien, que tu ne te sentiras relié à ce monde que par ta triste coquille vide qui te sert de corps, que tu me suppliera de mettre à fin tes jours, j'te rappellerais que c'est ce que tu m'as fait enduré aujourd'hui et que tu continueras à vivre avec ça jusqu'à ce que tu quittes ce monde.

Fureur dans ses yeux, envie de meurtre, de mettre à exécution ses menaces. Putain qu'elle n'en peut plus. Putain qu'elle voudrait qu'elle soit partie à la place de n'importe lequel d'entre eux. Putain qu'elle ne mérite pas de vivre.


Iseut se relève, époussetant ses vêtements comme à son habitude avant de revenir plonger son regard dans celui de sa ''douce'' pour lui faire ressentir toute la haine et la souffrance qu'elle porte en elle.

Ah oui une dernière chose, si tu veux vraiment rendre service aux gens qui sont encore vies, taille toi les veines plus frénétiquement. Y aura peut-être une chance qu'une larme nous coule des yeux quand on l'apprendra, déçus de ne pas l'avoir fait avant.

Bon sur ce, j'vais te laisser crever. J'espère que tu y arriveras. T'arrive bien à le planifier pour les autres , tu y arriveras sans soucis pour toi.

Du coup comme on dit, hum...

Crève.


Sans un seul regard, la furie emporte avec elle la chaleur du moment, y laissant froid glacial s'y immisçait.

Nuance

Conscience Inconsciente


Mais depuis quand elle nous mate elle?

Hein dis, tu l'avais vu avant?


Nuance se fait étreindre par ce petit ange terrestre, un récif de repos dans sa torpeur. Des sanglots d'ulcère se libèrent, il en reste plein des remords au fond de la mère. Tellement...

- Ma douce..

- Iseut...

Un peu de douceur avant la claque.
Oh Comme tu aime ce surnom... J'ai bien sentit ton cœur se réchauffer d'une étincelle.

Bon.

T'es prête à tendre l'autre joue?


Ses yeux se ferment, se pressent pour dégager les vieilles larmes pour en faire pousser de nouvelles. Puis ils s'ouvrent vers une Iseut qui perd peu à peu de sa douceur légendaire.

3
...
2
...
1
...


- J'croyais avoir croiser des gens vraiment cons dans ma vie mais alors toi, t'es préposée à être leur reine putain...

Ah bah elle est cash la petite!

La cascade de gadins s'élance, fracasse la tête de l'endeuillée. Elle se bouffe chaque parpaing dans la gueule, les avales tout ronds, tombe lourdement en fracas dans son ventre.
Le bruit de leur chute résonne dans sa gorge, comme une pierre jetée dans un puits.
Et plus elle s'en bouffe, plus elle sent qu'elle s'enfonce dans le sol. Ca craque sous son corps, la porte des enfers ne doit être plus très loin.
Comment un ange peut il faire autant mal...

- L'attaque n'était pas prévue! ELLE N ETAIT PAS PREVUE! Tout devait bien se passer... Tout...

Mais la petite n'en a que faire et continue sa lapidation métaphorique. Soudain un rugissement s'élève au loin, derrière Iseut qui continue à lui infliger sa calamité à coups de pierres.
Un chamaladaire passe... Drôle de bestiole à tête de lama au nombre de bosses indeterminable, des "Corky" dans des cœurs fraîchement gravés sur son arrière train. La drôle de bestiole court poursuivie par le petit homme lunaire qui est suivi par Jinn qui cri. Il dit avoir besoin de ce chamaladaire pour un besoin d'intimité à assouvir...
C'est à n'y rien comprendre.

Tu pourrais écouter quand on te tabasse verbalement...

Un regard noir à Conscience avant de revenir sur Iseut, toujours aussi déterminée à l'enfoncer.

- Oui.

Oui.

J'aurais dû crever il y a bien longtemps... Avec ma famille. La vraie. Ne jamais quitter mes parents... Ou bien cet abris et attendre notre sort à moi et Athy... Que de voir ma seconde famille brûler... J'aurais dû... Ne jamais venir vers vous tous! Continuer mon chemin et attendre que la mort ne me fauche...
Je serais certainement morte sans vous tous.


Tu avoues qu'ils te servent de puits de vie?

- Non!

Ah ça....Ash a toujours était bien futée! La pauvre se trimbaler un mère comme toi. Vieille et conne.

Tu dis rien?

Tu - es - Vieille.


- Fous moi la paix...

Poule !!!!!

Un ange se fracasse sur un rocher que la mer lèche d'une vague goulue pour le faire disparaître dans son écume. Volute de plumes.

- Tu fais chier ! T'aurais pu simplement fermer ta gueule et pas les envoyer là-bas mais non, fallait que tu colles à l'archétype de la blonde un peu coconne. J'espère que tu les vois bien tous là, sur tes paupières, à te pointer du doigt. J'espère que tu te rends compte de ce que tu as fait.

Ils sont tous là, de nouveau, autour d'elle, à la pointer du doigt. Un regard lourd de reproche. Nuance sent ses larmes monter, piquer le bout de son nez. C'est insupportable de les voir.
Tellement...


- Pourquoi nous. Pourquoi pas toi? Scandent ils tous en coeur.

Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Ca suffit! [ Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Stop ! AHAHAHAHAHAH Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! J'en peux plus... Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! Égoïste! ...

Ses mains se serrent sur ses oreilles, mais le son s'amplifie. Le choeur se joue en elle.

Ah que c'est beau à entendre !! C'est mélodieux!!! Dommage qu'il y ait une chèvre pour casser cette mélopée si douce!

La voix d'Iseut reprend le dessus, sa tambourine dans la tête de Nuance. Les reproches ne cessent, véritable corne d'abondance à souffrances.

Ah !
Brillante idée!
Ils te butent! Et hop tout le monde va mieux !!

Mais bon moi j'ai pas envie de mourir... S'ils te tuent moi je disparais...

C'est pas un si bon plan que ça Iseut hein! Va falloir le revoir...

Moi je serais là pour lui griffer la cervelle chaque jour, ne t'en fais pas.


- Je regrette...Pour Pechad... Pour Fury... J'ai bien vu que vous étiez devenues proches... Ca me fend le cœur... Tu peux pas imaginer... C'est comme si je le perdais lui... Jamais je ne m'en remettrais. Jamais. Je n'imagine que trop bien ta peine...

Bah file lui ton gars! Echange avec Fufu chérie! Toi. On en a rien à foutre après tout.

- Non.

Tu veux que je remette la musique? Egooooooïste EgOoOooOOïste !!!!!!

- Non! Je ne tuerais jamais Jamie! Moi, j'aimerais échanger la place de Fury avec moi même!

Mais non! Rooo... Moi je veux pas crever, Gouache! T'es relou hein!

- Égoïste! Égoïste! Égoïste!

Ouais bah ça c'est pas très malin !
Et puis tu la chante mal...

Ahh.... Tu entends? Elle va s'en prendre à tout ceux que tu aime! La bonne idée!
Jamie va pouvoir culbuter de la meuf fraîche et pas engrossée! Comme le saaaaaage grand père Jinn faisait!
Ou peut être Ash? Ou les deux!

- Ne recommence pas!

Quoi? Tu as peur hein?
...
Vache elle est flippante là....


Nuance tourne son visage vers Iseut, la petite se change presque en démon, une lueur de Fury dans son regard. Dernier lieu d'osmose pour les deux amoureuses.
Nuance recule, tombe presque en ripant sur un rocher ancré dans le sable. Mais Iseut revient, s’époussette et reprend le dessus.

Une invitation au suicide qui tente la mère en perdition...


Ah! Glauque ça! Snip Snip les veines ! Snip Snip !! A ce qu'il parait! Ce serait plus efficace si tu te sectionne le tendon de la cheville.

Moi je dis! Comme dans Mission Impossible, dans le doute Coupe tout! Au pire tu auras une ou deux erreurs à ton compteur! Ca passe crème pour le level suivant!
La mort !!! AAAAAH LAAAAA MOOOORT!!

AHahahaha Bah non je suis conne... Faut pas.


- Elle a raison... La mère avachie au sol, vidée de toute envie, de toute émotion. Toujours ce vide dans son ventre qui se fait serre de jardin pour la fleur de haine qui continue de s'épandre en elle.Je dois tout stopper...

Borf mais non! Allez Mamie on rentre boire une tisane ok?
Et puis tu n'as pas de rasoir...


- Tiens...

Oh merde.
Nop Nop NOPNOPNOP !


Un bras à la peau lunaire se tend devant Nuance, dans la paume un coupe chou qu'elle ne connait que trop bien.
Le cœur aux bords des lèvres, un sanglot tranche la nuit, le plus douloureux. La mère prend son rasoir, le déplie pour y voir dans sa lame brillante se sourire mutin qui lui manque. Celui sans lequel elle peine toujours à respirer. Ses yeux se ferment puis s'ouvrent de nouveau sur la lame. Un œil lugubrement rieur s'y reflète.


- Ne te loupe pas ma belle. Ne te loupe pas.

Credi vient s'asseoir en tailleur près de sa moitié enfin retrouvée. Sa Fury à elle. Iseut et Gouache se ressemblent tellement...

Ouais mais une est bien moins conne que l'autre!

Credi lève le regard sur Conscience, celle ci recule d'un bon de nuée de mouches électriques.

Reste loin de moi! Stupide animal! Barre toi! Laisse la !!

- Gouache... Tu es plus belle les cheveux bleus. Je ne te reconnais pas... Qui t'a tant ternit ma belle...

- Le temps sans toi Credi'... Tout ce temps sans toi...

Un sourire mince sur les lèvres de la petite lugubre, elle dépose son index sur les cheveux blonds souillés de sang et de suie pour les colorer en bleu saphir.

- Bonsoir Gouache.

Nuance prend une mèche de cheveux entre ses doigts, un goût de passé retrouvé. Un sourire

-Bonsoir, ma lugubre.

- Tu es sûre de bien vouloir te tuer?

Hochement de tête, affirmatif.

- Non.

Ah bah t'es pas totalement débile toi!

- TOI TU VEUX QUE JE TE MANGE DE NOUVEAU!? Credi rugit, sa rage éclate d'une froideur sans pareille.
Conscience glapit.


Non madame...

Un majeur se dresse pour la silhouette muette et c'est celui de Gouache qui est offert. Son attention se reporte sur sa douce noirceur.

- Viens contre moi.



- Je ne veux pas que mon précieux rasoir coupe ta peau et soit souillé de ton sang...
Et puis bon... Tu te souviens pourquoi je m'en servais hein?
Ce ne serait pas très classe envers toi que de te mutiler avec tout ce qui est passé sous son fil.

Ma belle. Profite encore de la vie.


- Mais je les ai tué... Comment je peux continuer ainsi... Je les mène tous à leur perte. Et j'ai perdu un de mes enfants avant même qu'il ne naisse...

- Pour lui... Je vais m'en charger. Tu sais comment Ed' m'adorait. Il m'écoutera...
Mais pour le moment.


Les petites mains fines, presque fantomatiques, reprennent le coupe chou et le referme.

- Tu continue. Tu as encore du monde à voir... Regarde là bas...
C'est pas le vieux Kurtz ça... T'as gagné au gros lot!
Même s'il a pas l'air jouasse en te voyant...


Credi se lève et dépose un baiser léger sur le front de Gouache pour disparaître quand celle ci rouvre les yeux.

Ouais bon vent! Connasse!!

- Insulte la encore une fois! Et je bouffe le caris.

Pff!

Ton homme arrive... Tu vas prendre tarif!


Son regard s'affole, son coeur bat à l'envers, le ventre désespérément vide...

- Je fais quoi...

Bin tu mange! Et t'encaisse.

Jamie Flint

Conscience Inconsciente


Comme si la mère n’avait pas déjà subit assez de tourment, les morts qui revenait la hanter, blâmant la pauvre Nuance de leurs disparuts et de leurs damnations. Agression métaphysique d’une mort douloureuse et sauvage. Des êtres ravagés, fauchés sans le moindre coup de semonce par les pires raclures du désert.

Petites âmes en peine, égarées et hagards qui se raccrochent a une vie désuète. Mais la blonde les invoques, se perd dans la lamentation et la Datura, voulant extraire une douleur qui ne faisait que revenir vers elle, qui restait accroché à sa peau et à son âme.

Mais les remords des condamnés ne semblaient pas être suffisant, ne semblait pas la comblée, les vivants en avaient gros eux aussi et même si aucun ne semblaient lui en vouloir, la femme ne s’en privait pas, prenant les brimades pour elle, toutes les peines de sa famille semblant couler et affluer en elle. Larme et sang dans un esprit en détresse, la mère est seule, la nomade perd pied, la femme du marin n’a plus de cap et dérive.

C’est toujours à ce moment qu’il arrive, c’est toujours à ce moment qu’il pense l’aider et la sauver. Il était chevalier des mers, du moins il voulait le croire, il se plaisait à le penser. Mais aussi faible soit-il, il serait toujours fort pour sa moitié, son unique et sa précieuse blonde. La femme qu’il aimait et chérissait.

Les bottes de cuirs foulent le sable blancs et or qui se perd devant elle. Prenant suite à la blonde effarouchée et vulgaire. Un chèche bordeaux et déchiré prend le vent, accroché à sa ceinture, lui servant d’écharpe. Il porte une chemise blanche bouffante et un long gilet de cuire. Sa barbe est perlée et il est coiffé d’un tricorne. Vision romantique et romanesque d’un pirate ivre du 18eme siècle.


-En voilà une mine lugubre et avachie de peine triste et larmoyante ! L’âge est une bien vilaine compagne de route, irriguant la peau fraîchement tendue des jeunes fille en ridule ridée et ridicule des vieilles femmes tristes et seules. Pauvre petite chose fragile, si vite brisé sur la coque d’un navire de guerre, fendant la bise et les lames, larmant de détresse les morts ! Tend l’esgourde pour ouïr le chant des macchabées Nuance ! ECOUTE ! C’est mélodieux de requiem en psalmodies lugubres. Une ode à ta gloire et ton intellectuelle !

Il sourit, comme toujours mais le voile de ses dents ne présage rien de bon et ses yeux sont sombres, si sombres qu’on pourrait les croire disparus dans un phare de ténèbres. Il lui tourne autour d’un pas chancelant, manquant de tomber alors qu’il boit de grande gorgée d’une bouteille sans fond. Il pianote doucement ses blonds cheveux !

-Mais si les morts étaient seuls à être pleins de blâme et de regret ! Si tu n’avais pris qu’eux dans une folie propre à ta démesurément grande démence ! Au-delà d’un royaume de paix enfin offert au disparut et victime de ton arrogante folie, bien en dessous de ta botte de fer, les vivants ploies et plie sous les manipulations acerbes de ton intellect. Pauvre chaton qui voulait rugir à la place d’une lionne ! Lèche tes plaies et cache-toi dans le sable au couleur de cendre !

Il se jette devant elle, dramaturge de théâtrale, jouant son vaudeville personnel, la caricature du pirate qui se dandine et sautille pour attirer l’œil du publique !


-Voilà la carcasse d’un homme, un marin fier et courageux, bravant vent et tempête tempétueuse depuis des décennies ! Pillant, tuant, buvant et baisant comme si le monde était sien, comme si l’océan l’avait créé pour son bon plaisir ! Avatar de luxure et de bravoure ! Mais la sirène blonde, miaulement et chant divin, attira à lui une épave sur laquelle survivait le pauvre moussaillon !

Il mime et joue la scène, laissant l’imaginaire de Nuance prendre le dessus et créer son propre fantasme sous ses mots. C’était sa voix, pas l’ombre d’un doute, il parlait et s’exprimait comme l’aurait fait un Flint à ses beaux jours !

-Une terre, un havre de paix, un baiser et le voilà damné, condamné ! Chien d’une lionne, il ne grogne ni n’aboie plus ! Il se tait et glapis sur un tapis, espace confiné d’où il ne peut bouger ! Elle devait le contrôler ! Lui offrir assez pour le garder, l’enfermer dans des vices que le marin possédait déjà ! Mais il était sobre le bougre, en reste depuis des semaines ! Ne goûtant ni ne buvant… Malheur à la macrale, elle trouva de l’Ambroise et lui offrit une pleine gourde ! Piège de démesure ! victime de ses baisers et de ses cuisses chaudes et prenantes, coiffé un gouffre qui suce et enfante! Le pirate n’est plus, voilà le troufion !

Il n’était plus qu’en loque, va-nu-pieds dégoutant et crasseux, finissant son histoire alors que sa tête tombait sur le côté, pendaison d’un flibustier !

-Mais la scène qui se déroule pour les morts et les vivants, le passé et le présent, n'est de joie face à la réalité d'un futur! Il est où Nuance, notre seule et unique petit lien, fragile et poupon que j'ai confié d'une chevauchée à ton ventre plat ! Même ça c'était pas possible, même ça c'était trop pour toi ! Il était accroché, bien au chaud le petit koala, dans une poche que tu avais là ! Pathétique maman, perdant enfants passé et futur ! A quand le passage d'Ash vers l'enfer de ton univers?

-J’en égarerais mes pensées sur les chiots blessés et démembrés que tu ramasses ! Que tu me forces à aimer, que tu jettes sur moi et qui me mordent, me griffent et m’humilient pour ton bon plaisir, te voir à jouer de jeu sadique. Entre folle et folie, l’homme malade dépérit et tu ne vois que toi ! Ton univers tourne et se fissure, se désagrège entre tes doigts, tu es poison et venin, tout ce qui passe sous tes doigts se corromps. Tu manipules et tu contrôle ou tu détruis…


Il était accroupi près d’elle, prenant son visage entre ses mains froides et sales.

-Comment peux-tu croire que je t’aime ?

Rire gras qui semblait émaner de partout alors qu’il n’affichait qu’un large sourire avant de se laisser souffler et de disparaître.

Nuance

Conscience Inconsciente

Ce texte vaut une bière !



" Si j'appelle chaque âme sur la terre, en mouvement
Dis-moi si je connaîtrais une bénédiction déguisée. "


Le silence s'installe sur la plage. Un tapis de sable fin reprend sa place, il crisse doucement sous les pas du pirate qui s'avance. C'est lui, mais sans être lui. Cette vision sulfureuse qu'elle s'était donnée quand Jamie s'était présenté à elle. Une image bien trop vieille pour son époque, mais tellement belle à la vue. La chèche au vent, son regard perçant. Nuance tremble comme une feuille et ne parvient pas à défaire son regard de lui.
Un poison divin dans l'air. L'homme qui la fait chavirer dans ses méandres pour l'en ressortir plus forte.


Là tu vas juste sombrer Gouache... Il va pas t'aider à remonter à la surface. Et tu le sais.

Les cheveux saphir fouettent son visage tout en regardant son âme sœur arriver. Elle se relève, se recoiffe inutilement.

- Oui.

Tu vas pas le chasser de ton esprit hein?

- Non.

Tu veux sombrer, quitte à ce que ce soit lui qui le fasse. Le coup fatal.

- Aucun autre.

Tu l'aime hein?

- ...

Hmm, pas grave. Je lis en toi, je sais tout.

Gouache...


- Quoi?

Sois forte...

- Tu compatis maintenant?

Ouais... Là. J'ai même peur pour toi.

]- Arrêtes tu es flippante là...
Hé...
Attends... Tu te fous de moi là?


Quoi !?

- Je ressens ce que tu ressens! Tu l'aime et fort.


Je ressens rien!

- Tu ne m'aide pas!

Ca ne se commande pas... Je suis toi. Ne l'oublies pas. Si tu ne l'aimais pas autant, ça ne me toucherait pas non plus...
Tu en es la fautive.

Fais revenir Credi'... Elle nous aidera à surmonter ça.


- Chut...

Jamie n'est plus qu'à quelques mètres, les franchit en quelques foulées pour se stopper devant sa femme. Nuance ne respire plus de nouveau, veut se faire petite, tellement petite.

Appelle Credi...

Appelle la bestiole... Allez app...


Il parle. Ses mots gorgés de poésie assassine. Rien pour flatter la femme en perdition qui est sienne. Rien. Une litanie acide s'insinue dans son être. Cet aveu du temps qui pèse sur elle. Putain de temps. On comprends pourquoi Dali faisait fondre les horloges...
Ses mains se raidissent, les veines peine à les irriguer. Nuance les regarde, ses mains qu'elle ne reconnait pas comme les siennes.
Soudainement vieillies, qu'elle cache dans son dos. L'anneau de leur promesse manque de tomber de son doigt rachitique.

De son sourire avide de souffrance, Jamie intime sa femme à écouter les morts.


- Tends l’esgourde pour ouïr le chant des macchabées Nuance ! ECOUTE ! C’est mélodieux ce requiem en psalmodies lugubres. Une ode à ta gloire et ton intellectuelle !

Le vent se met à tourbillonner autour d'eux, le sable fin s'élève en volute lente. Des voix s'élève dans l'air. Ces plaintes à vous geler l'âme en plein soleil. Requiem pour un bad trip. Le chant lui donne des hauts le cœur. Il s'agglutine sur ses tympans, s'imprime dans sa cervelle qu'il griffe avidement.

- Jamie...

Stop!
Tais toi!


Ses yeux se ferment, elle serrent les dents. Retient son envie de se laisser tomber dans ses bras. Mais elle sait très bien qu'elle tombera face contre terre...
Aucune once d'amour n'émane de son tatoué, rien. Juste une puissante haine et cette furieuse envie de la détruire moralement.

Son homme lui tourne autour, le silence le plus lourd du Monde. Elle se sent mise à nue. Ses mains cachent son corps instinctivement. Pourtant il le connait ce corps. Même bien mieux qu'elle. Son regard le fuit mais capte la bouteille qu'il s'enfile.


T'aime pas ça hein... Quand il picole comme un trou. Tu te dis que c'est grâce à ça qu'il te supporte hein...
Gouache.


Nuance acquiesce de la tête.

Tu es forte Gouache! Lève la tête! Affronte le !

Non de la tête...

Tss... Idiote.

Jamie reprend ses blâmes dans ses répliques dignes des plus grandes dramaturgies.
Nuance ouvre la bouche, un miaulement ridicule en sort. Ses mains se plaquent sur sa bouche, un regard affolé vers Conscience.


Mange le!
Mange le!

Ne te laisse pas faire!

Regarde!


La silhouette de mouches électriques prend la forme d'une lionne mouchetée et foule le sable autour du couple. Conscience rugit, position de chasse à côté du marin qui tente de faire sombrer la mère.
Mais il n'en a que faire, c'est à Nuance de prendre le dessus sur lui. Mais elle n'y fait rien.
Jamie s'élance à ses pieds, Nuance recule. La gorge nouée, elle retient ses sanglots. Il prend plaisir à la torturer... Comment remonter la pente quand celui qui vous donne goût à la vie se retourne contre vous... Comment...?


- Tu n'es pas mon chien !

Oui rugis! Encore!

Des astres tombent du ciel, étoiles qui sont des bouteilles de rhum pour se planter à pic dans le sable, cul vers le ciel. Souvenir d'une erreur à leur rencontre... Donner à boire à un assoiffé, boudant l'eau comme un enfant boude les épinards.

Il te prend pour ce que tu n'es pas Gouache... Fais quelque chose! Tu ne pièges pas les hommes ainsi.

- Mais moi je me fais piéger par les hommes...

A ça...

Une mine de dégoût au fur et à mesure que son homme la décrit comme une femme l'ayant emprisonné par ses charmes. Non. Tout est faux, tout est faux.

Un coup de rein et ils sont tous à toi Gouache... C'est comme ça que ça fonctionne. Tu le sais.

- Arrêtes...

Il est moins séduisant là... On a moins envie de lui dire deux trois mots dans la cabine...

- Mon amour...

Jamie n'est plus que l'ombre de lui même. Esclave de sa femme. De cette sorcière des haies aux sorts plus sordides que les autres...

- Mais la scène qui se déroule pour les morts et les vivants, le passé et le présent, n'est de joie face à la réalité d'un futur! Il est où Nuance, notre seule et unique petit lien, fragile et poupon que j'ai confié d'une chevauchée à ton ventre plat !

Le cœur s'arrête, tombe lourdement dans le tas de cendres. Le temps s'arrête, les bouteilles de rhum se figent dans leur chute.

Tu veux que j'imite les pleurs du bébé? Il va croire que tu as déjà accouché!
Gouache...


Nuance est livide, les mains sur son enfant absent à ses sens.

- Je suis désolée...

Elle tombe à genoux, reçoit une nouvelle pluie de pierres de reproches. Elle n'est plus que l'ombre d'elle même. Un squelette qui s’effrite au vent...

- Plus de Koala... Plus rien... J'ai tout foutu en l'air... J'ai tout gâché... Éventré notre famille... Je n'ai même pas su le garder et c'est toi que je perds maintenant....
Ne m'abandonne pas s'i te plait... Aimé...


C'est fini Gouache. Tout à une fin.

- Non... Pas comme ça...

" Pathétique maman."

La plante de haine s'épand, grignote son cœur gelé. Sa tête se fait marteler à gros coup de marteau de plomb.

Gouache relève toi !

- Mon bon plaisir? Tu sais bien que je ne veux que ton bien! Tu le sais que je pourrais mourir pour toi! Jamie tais toi!
TAIS TOI!


Oui allez!

- Ton univers tourne et se fissure, se désagrège entre tes doigts, tu es poison et venin, tout ce qui passe sous tes doigts se corromp. Tu manipules et tu contrôle ou tu détruis…

Mais fais le taire!

- Il a raison... Je suis nocive...

Gouache... Je me sens rapetisser ... Il t'achève là... Tu commençais à rugir! Allez!

Ne le laisse pas te toucher!

Le visage dans ses mains froides, Nuance plonge ses yeux dans les siens. Les fouille à la recherche d'une ombre d'amour, de protection... Mais rien.
Le vide où les courants de dégoût et de violence s'unissent pour la glacer jusqu'à l'âme.


-Comment peux-tu croire que je t’aime ?

Un rire retentit. La femme se sent seule. Affreusement seule. Plus aucun amour, ni même de la colère ne circule dans ses veines. Son corps et son âme son en hiver. Tout dort, hibernation des sens forcée.

Conscience peine à parler, tente de s'immiscer dans le brouillard qui émane de la mère. Sa silhouette se brouille quand elle tente de s'approcher de son hôte.


G..Ache. R..vi... Moi.

Cr..i... Cr..di...

Pen.. à elle...


- Il ne m'aime plus... C'est fini. J'ai tout perdu.

P...se à A... Ash!!

- Elle me hait déjà... J'ai tout foutu en l'air...

R..sai..is toi!

Je rev... Boug... as


Conscience implose en milliers de mouche dans la purée de pois qu'elle peine à franchir pour tenter de faire écho à Nuance. Puis une pensée s'insinue dans sa caboche fêlée, parfumée de Datura. Elle remonte le fil de sa vie. Revit tous ces moments avec sa famille... Ash qui retrouve le sourire au fort... Son marin et elle derrière le bar... Leur première fois, leur dernière fois... Sa promesse d'être toujours sien....

Ces années de galère dans le désert avec sa petite, ces années à l'abris. Ed, Stark, Maëlle, Aïlo, Franck, Kurtz, Porta...

Credi.


Allez!! Bouge toi! Le brouillard se dissipe autour d'elle! On a faillit la perdre!

- Quoi? On ne peut rien te confier à toi!

Une petite silhouette à couettes noires revient, plus jeune qu'à sa première apparition. Credi se penche sur Gouache.

- Hmmm.... Ok...
Mais ça va pas être drôle...


Bin si ça a su sortir... Ca peut bien rentrer...

- Le temps passe lentement là haut... Mais vite aussi. Dans sa tête on est maître du temps.

Que?

- Je reviens...

- il se passe quoi là... Je veux mon bébé...
Je veux ma fille... Je veux mon homme...


Je te promets pas de tout récupérer... Credi revient... Normalement. Mais tu dois nous aider ok?
Reste avec moi...


- Je veux crever...

Gouache tu es plus forte que ça...

Pourquoi tu mate la mer comme ça... Gouache reste là! Tu vas te taper un choc thermique dans cet état! Et les vagues sont violentes.

Reviens!

ATHALIE !


Nuance, qui vient de faire plusieurs pas vers la mer, s'arrête.

- Tu me fais rire...

Elle reprend son chemin vers les vagues... Ses orteils se font piquer par l'eau gelée.

Bon sang...

- Maman.


Nuance

Conscience Inconsciente


Les vagues se fendent brutalement sur les chevilles qui rougissent de froid. Mais leur propriétaire ne réagit pas à la morsure. Calme plat sur la plage. Même Conscience n'ose broncher quand elle contemple ce petit corps qui l'éventre pour se placer devant elle. Credi arrive à pas tranquille, derrière lui et se pose à genoux. Son regard oscille entre la mère et son enfant âgé de quelques années. Le sexe est indeterminable.
Comment imaginer un enfant qui n'est pas encore né... Quelques touches du père, un peu de la mère...

- Le voilà ton enfant Gouache.

Ahurie, encore plus déconnectée du monde, Nuance fait quelques pas vers l'enfant brouillard, tantôt fille, tantôt garçon. Il doit avoir près de cinq ou six ans vu sa taille. Une fourmi aux pieds de Conscience.

- Que... Comment c'est possible.

- Tout est possible avec ton esprit maman.

Je sais pas si c'était une bonne idée en fin de compte... Je pensais qu'elle le retrouverais... Dans son ventre...

- Je te l'ai dit! Le mental joue avec le temps. Et le temps avec le mental. Et puis tu ne comprends jamais rien...
Viens ma belle. N'aies pas peur.




Nuance s'avance doucement, son regard se focalise sur son enfant. Un sourire se dessine sur ses lèvres.

- Que désire tu?

- J'espérais lui offrir un fils...

L'enfant ne jongle plus entre les deux genres, c'est un petit garçon à l'air espiègle et rieur qui prend forme devant sa mère. Les cheveux légèrement bouclés, ceux de son père, son regard perçant aussi. Son pantalon un peu bouffant, aux allures de sarouel de laine marron. Une chèche bleu nuit autour du cou.

- Tu as son prénom?

- Oui...

Ne le dis pas! Ne brise pas tout! N'emprisonne pas ton esprit! Ca va déjà trop loin...

- Laissez là! Elle pleure trop... Je n'aime pas ressentir maman pleurer... Ca m'empêchait de respirer dans son ventre... Tout ce raffut... Ses émotions qui font ziiiiip et puis des slap !

L'enfant dessine, de son index, un grand huit qui finit par s'écraser dans l'air.

- Maman, ton cœur battait très vite quand il y avait papa... Si seulement il pouvait le ressentir comme moi je le ressens...
Il ne t'aurait pas laissée ainsi...


- Comment te sens tu?

- Je vais bien! Tu ne le ressens pas? Je barbote... Je crois que j'ai le pied marin. Comme papa!
Ferme les yeux et ressens.


Ses paupières se ferment, elle se concentre sur son corps. Une pression se fait sentir dans son ventre, une douce pression tendre, emplie d'amour. Ca reprend doucement sa place, négocier une cohabitation avec la fleur de haine ou la couper à la racine...

- Oh mon chéri...

- Tu vois je vais bien! Et tonton Ed' est trop rigolo !! Il m'apprend à fumer à la pipe! Celle qui fait de la fumée bleue...
Ouais bah on va dire à tonton Ed' de se calmer là dedans...
C'est vrai quoi... Trop te dope tue la dope!


- C'est bien grâce à ça si maman nous voit...

Et l'autre aussi, là...

Credi claque des dents quand Conscience la désigne. Celle ci frémit.
L'enfant s'approche de sa mère.


- Je vais devoir repartir. Tu le sais maman? Tonton Ed va me montrer un vrai bateau de pirate! Avec papa pirate... Celui qui ne t'aime pas...

Mais avant qu'on se retrouve toi et moi...

J'aimerais te faire un cadeau!


Demande lui de venir vous voir plus souvent... Hinhinhin...

- Non! Gouache, tu dois arrêter la Datura.

Pfff... Je vais de nouveau me faire chier là dedans moi...

- Quand tu es compatissante c'est à courte durée toi...

J'aime pas m'attarder sur les choses... D'ailleurs, je vais t'ignorer.
- Chut vous deux! Maman est perdue!
Qu'est ce que les mamans aiment...


Les fleurs! Hinhinhin!!!

- Oui! Des fleurs! Pour la plus belle des mamans!

L'enfant écarte ses bras, du sable poussent des buissons de datura en fleurs. Les lourdes clochettes blanches s'épanouissent en accéléré, la lumière de la lune leur donne un aspect spectral. Seul l'espace entre Gouache et sa Conscience est encore recouvert de sable, une allée cernée de fleurs psychotropes.

- Chère maman, pour toi ces fleurs
Car je suis dans ton coeur

Que quand tu perds pieds
Qu'ici je puisse t'aimer

Que Tati Conscience qui siffle
se mange, de Credi, une gifle

Maman, je te fais milles bisous
Partout dans ton cou


Ohhhh c'est mimi !!! Un poème! Sans même que ce soit la fête des mères!!! C'est mignon! Sauf la gifle...

- Je vois pas ce qui te gêne...

- Je... Merci...

Tu comprends le message qu'il veut te faire passer hein. Ne jamais retourner dans la réalité, avec nous toujours légumer...

Oh je fais des rimes moi aussi!


- Chut! Tu casse tout toi!

Oh ça va... Et puis t'es pas si bon que ça dans les proses... T'iras demander conseils à ton père.

Le petit se retourne et lui tire la langue.
La main de Nuance caresse sa poche, le petit pochon de graines de Datura...
Mais elle se voit caresser une fleur fraîche, passant un pétale entre ses doigts.

- Arrêtez de vous chamailler...
Je crois que tu as autre chose pour ta maman...


- Voui!

Le petit fouille dans sa poche et y sort un papier chiffonné qui tente de défroisser en le posant sur sa cuisse, passant le plat de sa main dessus.
Puis il le tend à sa mère.


- C'est moi qui l'ai fait! Ah celui là, les gros méchants qui ont tué ma sœur ne l'ont pas!

Nuance se penche pour mieux voir le dessin, il y figure un revolver gribouillé à la craie grasse noire et grise.
Son cœur se serre...


- Maman. Je veux ton bonheur. Mais tu ne peux prendre qu'un seul cadeau! Sinon ...

Sinon ce sera le dawa dans ta tête!
Prends les fleurs!
Les fleurs!


- Gouache... Réfléchis bien.

- Tu reste avec moi maman? Ici, où tout est possible... Ou tu repars là bas, où personne ne t'aime, tout le monde meurt...
Je t'y rejoindrais plus tard... Si tout ce passe bien...


Ouais parce qu'avec ce que ta mère s'est foutu dans le cornet... Pas sûr que tu arrive entier!

- Gouache. Tu es faites pour la vie. Pas pour les ombres, pas pour les illusions... J'ai aimé te revoir ma belle. Mais ta vie continue.

Le regard de Nuance s'embue, il passe de son fils, à Conscience puis à Credi.

- Je t'aime ...

- Je t'aime aussi.

Son regard se pose sur son fils.

- Ne le dis pas. Je le sais. Moi aussi, dès que j'ai sentit ton cœur battre pour moi.

Nuance hésite, n'a pas envie de laisser son enfant à peine retrouvé... Un coup d’œil aux fleurs qui dodelinent doucement sous la brise.
Puis la main se tend vers le dessin, y plonge littéralement pour en sortir un vrai revolver.


- Il est beau hein! Regarde! J'ai gravé une patoune là ! Mi loup, mi Lion! Car je suis un loulion !!

Ou un lionloup.

- Mais tais toi un peu toi... Oh tu pourris l'air...

Tu sais... Ya un truc que j'ai aimé chez toi...

- Ah ouais?

Ouais... C'était ta chute finale tout à l'heure... En bas de la montagne. C'était jouissif.

- Je t'apprendrais.

Heu...

L'enfant étreint sa mère et se dirige vers l'eau.

- Je dois y aller alors ... Maman, prends soin de toi si tu veux me voir... Promis. Je serais sage.

Une énorme nef sort de l'eau, bateau d’albâtre sur lequel on distingue deux silhouettes.

- Je retourne avec tonton Ed et Cici. Regarde! Ils te font coucou!
En effet, des mains s'agitent au loin. C'est tentant de les rejoindre... Tellement tentant...

- Tu aurais pu partager les fleurs avec papa... Ce bateau lui plairait!
Ils m'attendent...

Je file maman chérie! Bisous à Ash!!


L'enfant s'élance sur les vagues, court dessus aisément, ses pieds font des bruits de ricochets sur la masse saline.
La mère a soudain peur, son petit s'en va, elle court dans l'eau mais celle ci la repousse, pas de course sur les vagues pour elle...

- REVIENS!!!
REVIENS!!
Ca voix se déchire dans l'air, on y sent les nerfs qui lâchent.

- Non Gouache, tu as fait ton choix.

Tu dois maintenant imaginer ce que même les rêves ne peuvent imaginer pour toi...
C'est la solution pour t'apaiser.

La mort.


- Il faudra que quelqu'un la retrouve...

Je m'en chargerais... Hein petit chaton, on va retrouver cette lionne tapie au fond de toi...

Elle est drôlement livide..


- Son corps manque d'eau, son coeur s'épuise... Dure nuit.

La redescente sera dure...

- Autant pour elle que pour eux... Ils vont en baver avec elle. Mais quelqu'un doit la trouver, sinon elle fera pas long feu dans ce froid... Ne te foire pas sur le retour...

Ca sent le vécu...

- On se retrouvera t'en fais pas.

C'était marrant de te retrouver j'avoues... Tu t'es bien calmé.

- Toi t'es toujours aussi conne.

Merci, tu sais trouver les mots toi...

- Le canon sur la tempe!

Je fonce!

La détente se presse sur la caboche de Nuance, Conscience file en elle, s'immisce en un coup fulgurant libérant la fureur de la mère qui rugit à la lune toute cette haine compressée, cette colère d'avoir perdu ses petits, ses regrets irréparables. Sa voix résonne sur la plage. Un dernier appel au secours, aux vivants cette fois ci avant de s'écrouler sur le sol. Inconsciente.
Le vent balaye ses cheveux blonds, son front en nage, fébrile, elle trouve un repos lourd mais tumultueux, la migraine la guette mais une partie de son âme est apaisée. L'acte de pleine inconscience, consciente des dégâts qui doivent s'évaporer dans ses veines. Chaque morts prennent sa place dans son esprit. Le corps inerte, léché par les vagues, Nuance cesse d'épandre son esprit, le corps réclame du repos.
Le fracas des vagues berce la mère, son enfant barbote dans son ventre. La vie doit continuer.
Quelques minutes passèrent quand une silhouette vint extirper le corps des vagues.
Plus rien ne serait comme avant.

Fin.