La Longue-Vue.

Chapitre débuté par Chris Alvein

Chapitre concerne : Les fuyardes fringantes, Chris Alvein, blancheneige,

Ce texte vaut 13 bières !



Chroniques - Lune 216 à 223

Le chemin sembla interminable sous ses souliers, accentué par ses longues journées de marche où le soleil l'assommait littéralement de ses rayons de plomb. Le calme désertique ajouta à la sensation de n'être rien, ni personne. Qui était-il d'ailleurs, juste un survivant aux pérégrinations plus que hasardeuses les unes des autres.

Cela faisait des lunes déjà qu'il avait perdu et enterré son ami de fortune, un pauvre gars sans histoire ni futur d'ailleurs. Un gars à l'hygiène négligée, touché par la gangrène. Affreux à regarder, jusqu'au bout. Le mal naquit partout sur son corps, le tordant ainsi de douleur, il n'eut même pas la force de le tuer. Et puis le tuer à mains nues? Si seulement il avait une arme à feu. C'était plus qu'un souvenir à présent. Ce gars en définitif, il ne le connaissait que très peu et il finirait par l'oublier, un moment ou un autre. C'est là une des brutalités de l'Homme; Vous n'êtes rien pour autrui et vous disparaissez dans le silence et l'indifférence générale. Sauf cas exceptionnel.


***

Il arriva bientôt dans une région montagneuse, garnie de collines avoisinantes, où une vieille route usée, depuis longtemps laissée à l'abandon, ouvrait le passage si profondément dans au coeur de la chaîne de montagne, qu'il était impossible de clairement apercevoir où elle menait exactement. Il prit des précautions toutes particulières et ce, depuis qu'il fut seul. Il jaugea minutieusement une colline puis une autre et jeta son dévolu sur une ni trop haute, ni trop difficile d'accès. Il se décida enfin à embarquer son barda sur l'une d'entre elles, sans trop trainer en chemin. Dessus, il prépara rapidement un petit campement, en déballant le minimum de son matériel, juste le strict nécessaire; Couchette et arme. Le reste, restera soigneusement plié et rangé dans son sac. Il plaça un petit foyer avec quelques grosses pierres, glanées ci et là, en les accolant l'une à l'autre, puis y jeta en son centre quelques brindilles bien sèches et pas trop épaisses. Il sortit enfin son Zippo odorant la bonne odeur de la gazoline. Humant les effluves intentionnellement, des souvenirs se ravivèrent un instant, d'une époque lointaine. Il fit prendre enfin la flamme incandescente à la paille morte, puis l'âtre artisanal fut pris par quelques flammèches crépitantes, boutant le feu à tout le reste.

La nuit ne tarderait pas à l'envelopper sous la voûte céleste dévoilant la nuit infinie et l'immensité du ciel, alors que voilà, lui-même commença à être plongé, progressivement, dans la pénombre des ombres montagneuses. Un café bu, il se leva ensuite pour se diriger vers une corniche qui donna accès à une vue dégagée sur la route en contrebas. Il sortit sa longue-vue, celle par qui tout commencera et scellera son destin manifeste, pour scruter son futur itinéraire.

L'instrument anodin lui révéla un campement franchement pas discret où deux femmes semblaient s'y affairer. Une noiraude et, celle où il s'attardera plus longuement, très longuement, une blanchette. Regagnant son campement, il sortit sa radio, puis commença à trianguler la fréquence. Il tomba franchement par hasard sur un crépitement qu'il exploita habilement, jusqu'à tomber sur la brunette aux yeux charbonneux.

D'une voix basse, à la tessiture chaleureuse et dans un français correct, quoique légèrement verbeux.

Bonsoir, je ne crois pas que vous pouvez m'apercevoir de où je suis, je suis en hauteur sur une colline, mais j'ai repéré votre petit campement en contrebas, avec votre amie la noiraude...Vous êtes du voyage vers le Nord je suppose?

Au fait où ai-je la tête, je m'appelle Chris Alvein, vous êtes?

Ce texte vaut une bière !

La nuit les recouvrait de son linceul et le bitume de la route accusait encore la chaleur de cette journée. Même les montagnes n'avaient pu jouer d'ombres pour réduire la journée estivale qui s'était déroulée. Saloperie de canicule qui provoquait des gouttes de sueur grosses comme des perles de nacre mais là, il faudrait courir pour en espérer une revente.
Nuit qui se révélait presqu'aussi écrasante car la fraîcheur attendue faisait sa prude. La radio grésillant la mit aussitôt sur le qui-vive et dès que la voix masculine perça les ondes, elle força ses yeux à voir plus loin qu'ils ne le pouvaient. Ce n'était ni la black qu'Aleyah et elle avaient croisées et encore moins Yarhel avec son éloquence tordue sur le nirvana. Le nom ne lui disait absolument rien et la curiosité de l'homme lui fut instantanément déplaisante et pour cause.

***

Quelques jours auparavant seulement, l'Ebène et elle-même fuyaient le sud suite au massacre de la Junk Bond. Un groupe ou la jeune femme s'épanouissait.
Une fuite qui n'avait aucun trait au hasard. Entre une mort possible et la possibilité de devenir une esclave jusqu'à crever la gueule ouverte, mieux valait crever en étant encore libre de ses actes et de ses pensées. Le Sud leur étant fermé, une seule voie s'ouvrait à elles. Le Nord. Mais où et qui ? La géopolitique était d'une simplicité enfantine mais le manque de vivres était là. Un ravitaillement leur était vital pour ne pas crever de soif surtout. Si l'on pouvait se passer de manger quelques jours durant, la soif devait être étanchée sous ce soleil de plomb. Dépourvues de leurs forces pleines et entières, le Yin et le Yang s'offraient en proies faciles et en étaient conscientes.
Deux mains firent leurs propositions. L'une sur les ondes publiques, l'autre sur la fréquence privée. Acté fut de choisir la main discrète. Leur survie étant encore loin d'être assurée mais elles puiseraient sur leurs réserves enfouies au plus profond d'elles-mêmes et l'instinct était un moteur capable de décupler tout être pourvu d'une volonté de fer.

La jeune femme, suite aux informations données, avait enregistré mentalement leur plan de fuite. Plan qui les conduirait sur un terrain difficile d'accès pour autrui. Celle qui avait pris le nom de mer alors que nulle écume à l'horizon ne baignait son rivage mais ce sable d'une densité incroyable permettait de s'y enterrer pour se camoufler. Puis les montagnes qui bordaient la mer ou le bleu était absent, hormis dans ce ciel.
Ce coin extrêmement reculé fut, à leur surprise, bondé de monde. Toutes deux pourraient voir la fin du voyage s'achever bien plus tôt que prévu mais qui voudrait les tuer récolterait bien peu, à part la nourriture qu'offrirait leurs dépouilles et encore, vu leur faiblesse, mais l'eau était la priorité de tous.
La brune avait reçu une bien étrange transmission, la menaçant de mort sous un couvert anonyme, même si de mentionner sa soeur lui indiquait en toute logique qu'il s'agissait de Preda. Elle l'ignora. Qu'elle vienne donc achever le travail.
Ce petit monde se déplacerait sans surprise plus au sud. Combien seraient-ils abandonnés ? Déjà deux verraient leurs carcasses exposées.

Si le ravitaillement avait du retard, la charogne viendrait les béqueter. Mais l'homme serait au rendez-vous, leur cédant les provisions et Blanche-Neige le remercierait à sa façon. C'était la première étape à leur survie et en cela, elle était reconnaissante.

***

Peu après, elle réinstaura la communication.

Bonsoir, j'suis Blanche Neige. J'ai beau tourner la tête dans tous les sens, j'ne sais de quel côté vous êtes. J'peux pas vous dire vers ou j'me déplacerais prochainement car c'serait m'mettre en danger mais j'pense que vous comprendrez. La votre, d'direction, vous la savez déjà ? Non qu'je la demande en refusant moi même d'répondre.

Déclic. Contrariée qu'il les ait dénombré aussi mais sa voix aura gardé une intonation normale.


A cette époque, l’aventurier ténébreux et totalement désarmé, donc inoffensif, avait eu vent d’une petite piste, probablement rien en définitif - et comme dirait feu Devos il existe des "moins que rien" et parfois avec "trois fois rien" on peut s’offrir une crotte de nez. Donc "rien" vaut nécessairement quelque chose - Il se laissa séduire alors quelque peu à l’idée d’y faire le voyage. Cette idée germa définitivement dans son esprit juste après le décès de son compagnon de route. L’illustre inconnu numéro 42. Le malheureux servit inéluctablement de barbaque aux chiens errants. Le loup sommeillait encore.

Une voix qui émana du Fort Boréal l’invita à un séjour chez eux au détour d’une discussion somme toute anodine. Pour lui, c’était certainement le dernier refuge potable d'alors, pour un temps du moins. A vrai dire, il ne compta pas s’encroûter indéfiniment dans une telle communauté à boire le thé et à faire la vaisselle, quelle horreur. Le confort et la sécurité toute relative qu'offraient des remparts, créaient l’illusion d'être intouchable avec un grenier plein à craquer. Pire, ils faisaient faiblir la volonté combative des gens jusqu'à l’annihiler totalement, les rendant ainsi faibles et oisifs. Du menu fretin, pour les vrais méchants. Le brun était en équilibre entre les deux. Ni d'une engeance ni d'une autre. Il était sa propre catégorie dans ce désert.

***

Il écouta bien attentivement la voix féminine, qu’il n'avait jamais entendu auparavant, lui non plus. Alors la voix masculine répondit de manière posée, sans piq aucun dans les aiguës. La tessiture resta plus chaude que froide, révélant une partie de sa personnalité.

Désolé mademoiselle Blanche Neige, ma question fut intrusive et je m'en rends parfaitement compte. D'autant plus que vous devez vous sentir plutôt vulnérable sur la route en contrebas, celle qui mène vers le Nord. Moi je suis sur les collines, il vous sera très difficile de m’apercevoir et puis j'utilise une longue-vue. En tout cas j'ai eu quelques difficultés à trouver votre fréquence par triangulation, j’ai été chanceux je dirais. Heureusement que vous campiez encore au même endroit, sinon les calculs de localisation de la fréquence auraient été faussés.

Je cherche des compagnons de route, pour maximiser nos chances de production et surtout de survie. Au moins, le temps de faire un trajet commun ensemble. Si cela vous dit, je suis intéressé. J'aimerais regagner le continent Ouest pour ma part. Je sais que la confiance se gagne au prix de lourds sacrifices parfois, mais j'espère que le fait de parler franchement de ma destination vous rassurera sur mes velléités. Auquel cas ce n'est pas grave et je vous souhaite une bonne route.

Ce texte vaut une bière !

Petite moue dubitative à la remarque, qui, si elle était juste, n'en était pas moins désagréable à entendre. Mettre le doigt sur la potentielle vulnérabilité que la route offrait, était assez culotté mais il lui en fallait plus pour craindre le pire quand le pire a déjà eut lieu.
D'être épiée de la sorte, sans pouvoir de son côté faire de même, vint accroître sa contrariété. Distinguait-il uniquement sa silhouette ou était-il capable de voir nettement un doigt s'agiter ? Questionnement intérieur qui ne serait pas formulé mais se hissant bien sur le bout des pieds, elle agita fugacement l'index, certaine qu'il n'en verrait rien à moins d'avoir l'œil constamment collé à l'objet.

J'accepte vos excuses. J'n'ai pas d'jumelles donc j'vais éviter de m'esquinter les yeux en pleine nuit puis les collines sont un rempart assuré j'pense.
J'y camperais peut-être encore demain mais c'n'est pas une certitude du tout, non que j'change d'avis comme l'envie d'pisser.
Vous avez raison sur un point, la confiance se gagne d'diverses façons, la mienne y est aussi soumise mais j'ai tendance à être un peu optimiste malgré tout. Pour c'qui est d'me rassurer, j'dois avouer que je n'en sais rien encore.
Pour c'qui est d'votre destination, l'ouest, ça reste vague et j'le comprends mais vous êtes attendu ou quelque chose comme ça ? J'ne vous sens pas un peu perdu comme j'le fus y a plusieurs mois d'ça.
M'concernant, j'n'ai rien quant à faire route commune un temps car vu vos propos, ça semble être temporaire, hors affinités parlant.
J'dois par contre en aviser ma compagne d'route avant d'vous promettre que c'est oui.

Déclic.

Effectivement le brun ne remarqua que sa silhouette scintillante dans cette nuit ténébreuse. Le voile de la nuit enveloppa progressivement la voûte céleste de son empreinte insidieuse. Il cessa d'ailleurs de la regarder, ça position était connue à présent. Et voilà que leur fréquence respective tournaient à plein régime.

Les collines sont sûres, mais il faut payer le prix pour s'y retrouver. De toute manière, avant la prochaine lune, je vais redescendre sur la route pour continuer mon chemin.

Il ne releva rien sur la "confiance", il se contenta d'acquiescer à ses mots. Chacun avait sa propre définition de toute manière, et ils avaient exposé chacun la leur.

Je me rends vers l'Ouest, tout simplement. Mais détrompez-vous on est tous perdu, plus ou moins. Suffit d'être bien renseigné et de savoir négocier les informations. Mais désolé je peux pas vous en dire davantage, d'autant plus que je ne sais pas quels sont vos intentions ni la direction de votre destination non plus. Je vous ai donné le strict minimum pour vous informer de la direction que je voudrais prendre, si vous êtes intéressée...enfin ce sera temporaire j'imagine on aura sûrement des directions différentes plus tard? Et que voulez-vous dire par hors affinités? En tout les cas, le cas échéant, comme je le disais, je vous souhaiterais une bonne route vers votre destination.

Attentive aux propos avant de s'asseoir précautionneusement, les divers hématomes marbrant son corps synonyme de douleur. Reprise de la communication, après un brin de réflexion.
Le bitume gardait encore de sa chaleur mais n'était plus brûlant.

J'vais vous donner plus d'précision. J'fuis le sud, nous avons fuit le sud après quelques évènements désagréables qui aura faillit... Se tait subitement pour reprendre un peu à côté. Rien d'bien intéressant en fait.

J'peux pas savoir à l'avance pour les directions différentes ou non. Délicat d'savoir sur le long terme.
C'que j'voulais dire, c'était une entente au minimum d'ou l'affinité en question.
Dans l'hypothèse ou vous nous rejoindriez, avez vous d'quoi faire un si long chemin ? Car comme j'l'ai dit, il y a des chances qu'nous n'resterons pas à cet endroit précis et cette information est assez importante, même si j'en vois une autre mais à c'stade, c'est trop tôt.

Un déclic, songeant à une autre demande, en tout point incongrue. De tourner le visage dans la direction ou elle supposait qu'il soit tout en se massant légèrement le flanc.

Il dormait presque devant son campement de fortune, la fatigue l’avait sournoisement assaillit sans crier gare. Elle pouvait être un danger vicieux si l’on n’y prêtait pas attention. Il n’alluma aucun feu finalement, c'était plus prudent et puis l'air était doux. Soudain la radio le fit sursauter. Il se frotta machinalement les yeux rapidement. Puis toussota pour s'éclaircir la voix.

Elle lui conta une partie de son histoire. Encore une fois il ne releva rien se contentant d’acquiescer. Il ne demanda pas plus d'explication. Puis à sa suite, il prit la parole à son tour.

Oui, donc vous privilégiez le Nord, un peu comme moi. Je pense avoir négocié ce qu'il faut de rations et d’équipements, pour un petit voyage de quelques lunes, oui.

Il fit une petite moue incertaine.

Hum, dites-moi je ne vous sens pas du tout à l'aise et ce n'est pas un reproche, mais je pense que je vais cesser de vous importuner. Et je vous souhaite d'ores et déjà bonne route à vous et votre amie. Soyez bien prudentes.

***

Il s'était endormi profondément. Sa radio, elle, aucun répit; le brun la mise en mode enregistrement toute la nuit et captura le dernier message de la brunette. Au petit matin, il prépara une petite ration et un café dégueulasse mais fort. Il le but rapidement, pour que le shot prenne effet directement sur son organisme. Il plia très vite tout son barda dans son sac puis se posa sur une pierre pour méditer sa journée future. Il Sortit enfin sa radio et écouta le message de Blanche Neige.

J'espère que vous avez eu bonne nuit. Et sinon, oui, prenez votre aise. Discutez en long, en large. Et vous me direz quoi.

La réponse suivrait presque la transmission de l'autre bout des collines.

J'suis à l'aise mais la fatigue m'prend.
Je vous recontacte dès qu'j'aurais discuté avec ma compagne d'route, j'veux pas décider sans avoir eut son avis. Bonne nuit. A bientôt.

Sans doute entendrait-il son bâillement partiel avant le déclic.
La journée l'avait littéralement épuisée et maintenant que la fraîcheur survenait, il était temps d'essayer de dormir un peu, d'une oreille seulement.

***

A peine plus fraîche que la veille, la chaleur était déjà étouffante et le reflet sur le bitume était prompte à filer un mal de crâne lancinant.
Impossible de gaspiller l'eau pour retirer la poussière et au matin, elle se sentait déjà poisseuse. Sa voix ne trahirait rien de cela.

Bonjour Chris.
La nuit s'est bien passée même si à choisir, j'préfère l'inconfort du sable, sans les grains qu'se faufilent partout. Et la votre ?
Avant de prendre une décision arrêtée, j'aimerais savoir si vous êtes capable de nous rejoindre, si nous, nous n'bougeons pas ? J'suis pas très friande d'l'immobilisme.

Déclic.


Ce texte vaut une bière !

La voix masculine avait retrouvé son agréable timbre bas aux tonalités suavées. Elle s'était bien reposée visiblement. Le brun écouta son intervention, puis directement à sa suite, il répondit.

Bonjour. Moi je préfère un lit, un vrai. A choisir, autant éviter routes, montagnes et étendues sablonneuses. Mais je n’ai pas le luxe de choisir. En tout cas, je vous remercie, la mienne s'est bien passée également.

Il leva un sourcil dubitatif. Il affichait -et elle ne pouvait pas le voir- un visage d'incompréhension.

Euh... je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Vous n'êtes pas friande d'immobilisme, soit, mais je dois vous rejoindre si vous ne bougez pas de place? Soyez plus claire, vous voulez dire quoi précisément?

Il sortit sa longue-vue et vit un homme filiforme avec une incroyable barbe, au visage très pâle et à ses côtés une femme noire avec un shorty...toute de noire vêtue. Il ne voyait quasiment que sa chevelure impressionnante.

Je suis précis et clair; Je vous ai dit, je dois atteindre des tunnels qui se trouvent tout proche d'ici, selon les informations que j'ai. Étant donné que je suis sur les collines, je ne peux pas les localiser clairement, de ma position. Mais là où vous vous trouvez, ce n'est pas mon chemin naturel.

Il rangea rapidement sa longue-vue.

De toute manière, je crois que vous êtes assez là. A vous quatre. Je vais plutôt, finalement continuer ma route seul.

***

Quelque heures plus tard, il descendit de la colline et s'enfonça vers les tunnels et puis, il prit un peu de son temps pour lui envoyer enfin une dernière communication, pour l’instant. Mais cela il l'ignorait encore totalement.

Non ça ira je sais plus ou moins où elles se trouvent. Bonne chance à vous et au revoir.

A ce moment, tous deux ignoraient le dénouement qui se jouerait les lunes suivantes. Était-ce vraiment un au revoir final?

Un peu perplexe face à la dernière remarque mais une information cruciale cependant avait été fournie.

Un lit... j'exclue ce luxe même si bien sûr, je ne dirais pas non à l'idée de dormir dedans.
J'suis désolée, j'avais en fait mal compris ou peut-être mes propos vous auront induit en erreur. Si vous gagnez les tunnels, c'est effectivement pas sur ma route mais... c'est la première fois qu'vous les mentionnez aussi.
J'peux vous orienter vers eux, car nous avons croisé l'entrée de ceux-ci. J'n'ai plus trop la distance exacte, mais de ma position, c'est plein sud. Enfin, il y a un croisement de la route et d'là, je crois qu'on peut les apercevoir.

Pli agacé sur les lèvres de cette déduction facile.

Quatre... si vous aviez raison, ça m'arrangerait sans doute. J'vous souhaite une bonne route et peut-être nous recroiserons nous, tôt ou tard.

En tant qu'ennemis supposa-t-elle mais cela resterait dans ses pensées.

***

Son regard se déporta en arrière, d'où elle était venue, l'imaginant à peine plus loin s'il avait commencé à se déplacer.

Bonne chance également et si un jour l'on se recroise, d'près ou d'loin, j'espère discuter avec vous. Au revoir.

Déclic. L'avenir en déciderait.


Ce texte vaut une bière !

Quelques lunes s'étaient glissées, sans s'accrocher, sur la ligne du temps infini, définissant à chacun sa propre destinée. Une ligne imaginaire, indéformable, qui assujettissait l'Homme à sa simple et unique volonté; celle de couler inexorablement vers le même sens. Le temps était-il saisissable? Avait-il seulement une consistance matérielle, peut-être n'était-il même pas un objet Physique. Alors, rien n'était supposé à l'avance, mais tout était paradoxalement écrit avec minutie dans un registre inaccessible.

***
Il traina les pieds un peu plus dans les tunnels, planifiant plus calmement la suite du voyage qui s'annoncerait plutôt caduque en définitif. A la sortie des tunnels, alors qu'il apercevait le grand pont qui menait au Nord, il remarqua une énorme étendue sur laquelle jonchait des cadavres à perte de vue. Tous massacrés. Le brun était la seule âme qui y déambulait.

Cette nuit-là, il reçut un message scellant définitivement son destin. Fort Boréal était tombée. Certains parlaient d'une mauvaise gestion, d'autre d'une attaque surprise de type Cheval de Troie. Toujours était-il qu'il n'y avait plus aucun avenir dans le Nord pour lui. Le voilà à présent qu'il redevenait le solitaire qu'il avait d'ailleurs toujours été, ne comptant que sur lui-même. Sa confiance, personne ne semblait la mériter. La brunette allait totalement changer cette donne.

***
Une voix familière, neutre cependant, se fit entendre dans la radio de la Belle aux yeux charbonneux.

Bonsoir. Vous êtes arrivées à bon port alors? Comment va votre petit groupe?

Le Yin et le Yang étaient enfin parvenu à la fin de leur périple, dans un état encore bien pitoyable mais les jours suivant verraient leur forme se mettre à un niveau optimal.
Depuis, de deux, leur chiffre avait doublé. L'haïtienne avait accepté de les suivre, ainsi que le gourou malgré la tentative de capture en tout point foireuse.

Sur place, un Dojo mené par un Chat qui avait le don de la parole, provoquant la profonde perplexité de la jeune femme. Mais grâce au dojo, elle pourrait enfin dormir d'une traite, sur ses deux oreilles.

***

Quand cette voix déjà entendue refit surface, les sourcils se froncèrent légèrement aux propos énoncés. Ce même jour, elle avait su qu'il était en vie car il s'était exprimé sur la fréquence publique, mais de là à ce qu'il se souvienne d'elle, c'était surprenant. Elle-même avait parfois songé à lui, s'interrogeant sur les projets qu'il devait avoir. Mais elle n'ignorait pas le carnage qui avait vraisemblablement eut lieu dans la zone ou l'homme se rendait.
Contact anodin ou pas ?

Bonsoir. J'ne cacherais pas qu'je ne pensais pas vous entendre, excepté sur les ondes publiques ou j'crois que vous êtes intervenu.

A bon port... mais comment le sauriez vous si c'était le cas ?

L'on va mieux qu'il y a quelques jours, plus en forme on va dire et l'ambiance reste sympathique. J'dois être pourvue d'un certain charme, ou pas.
Et vous, comment c'sera déroulé votre voyage ? Vous êtes parvenu à destination ?

Déclic.



Sa voix suave et un peu rauque reprenait le dessus. La première intervention laissait transparaître un timbre plutôt neutre.

Ah? Vous ne pensez pas m'entendre, et pourquoi donc? On s'était promis quelque chose?

L’intonation virait à l'interrogation feinte. Si elle était attentive elle le remarqueroit sans doute.

J'ai effectivement ouvert ma fréquence, une seule fois, pour donner un conseil, qui me semble assez important. Les gens sont tous obnubilés par la carte. Et la gestion dans tout ça?

Petit rire amusé.

Vous ne partagez pas avec moi cette idée? Quoiqu'il en soit, concernant "l'arrivé à bon port" j'ignore totalement si c'était le cas. J'ai juste oublié de jouer de mon intonation pour marquer l'interrogation. Je vous posais une question en réalité. Et je suis content d'entendre que tout va bien pour vous. En ce qui me concerne, oui, ça va, je suis en vie, pour l’instant. Tout reste à faire maintenant.

Une petite moue qui laisse poindre un petit sourire.

Vous aviez été dérangé, vous pouvez me l'avouer, lorsque je vous ai regardé à travers ma longue-vue?

Un pli amusé étira les lèvres un instant sous cette question qui n'était qu'apparence mais à laquelle elle répondrait.

Non, bien sûr qu'non. Pas d'promesse et j'pense avoir une mémoire pas trop faillible.

L'exposé lui avait paru assez long. Forcément, elle saurait pas se taire, bien qu'y mettant un poil de tact.

La carte est un bon moyen d'repère et c'est d'ses erreurs qu'on apprend paraît ? Mais si j'sais qu'la gestion des vivres est importantes, s'faire un tableau en étant isolé... c'est une perte d'temps, vous n'croyez pas ? Ou vous êtes trop technique peut-être.

J'suis bien arrivée au terme du voyage d'survie car il s'agissait bien d'ça et j'ai sans doute quelques jours devant moi pour en profiter un peu, d'cette fichue vie. Voire mois si ça m'est accordé mais j'ferais tout pour.

Une pause, se remémorant plus ou moins ce qu'elle avait ressentie lorsqu'il l'avait épié.

Dérangée, pas vraiment. J'préfère être observée de près pour voir le regard d'l'autre et à distance, sans une paire d'jumelle pour faire pareil, c'est l'manque de réciproque qui est particulier.
En position inversée, ça vous aurait fait quoi ?

Déclic.




Il se recoiffa machinalement alors qu'il l'écoutait très attentivement. Ses cheveux, quant à eux, restèrent hirsutes, un style qu’il entretient rigoureusement.

Je comprends votre point de vue, mais c'est à mon sens, une erreur que de croire que si on est seul, aucun plan ni tableau n'est nécessaire. Je pense que même tout seul, il faut dénombrer précisément ses rations ainsi que sa capacité productive, pour ensuite les calculer. Il faut aussi savoir où l'on se dirige plus ou moins, et in fine on aura une idée relativement juste de son autonomie. C'est-à-dire, traduit de l'abstraction pure à la réalité fonctionnelle: combien de lunes puis-je passer sans manquer de rien ou combien de kilomètres puis-je parcourir, si on préfère marcher plutôt que tenter de produire.

Le ton redevient moins technique, pour glisser doucement vers un aspect plus visuel. Le relever était impératif. Déjà pour sa propre curiosité, qui le tritura très longuement après l’avoir effectivement épié. Elle avait totalement tut sa réaction, ne laissant rien transparaître sur le coup, si ce n’était lui glisser une rumeur en sourdine qu’il interprètera à sa manière.

C'est pour cette raison que j'ai arrêté. Je n'avais pas vu directement le déséquilibre provoqué. Loin de moi l'idée de vous observer sans que vous ne le sachiez. Je crois que j'ai été directement parfaitement transparent. C'était par nécessité, disons, technique. Je n’avais pas l'intention de deviner votre tour de poitrine. Je ne fais pas les choses de cette façon. Et pour vous répondre, j'aurais eu le même sentiment que vous. Je préfère voir mes interlocuteurs en face de moi, bien dans les yeux.

Ce texte vaut une bière !

Elle n'aurait peut-être pas dû poursuivre l'orientation sur la gestion des vivres, auquel elle ne ferait qu'une réponse brève après avoir refoulé le fou rire à la mention du tour de poitrine. La nuit, les sons résonnaient tellement qu'il valait mieux la mettre en sourdine.

J'pense que vous auriez mieux fait qu'moi quand j'gestionnais les vivres de mon précédent groupe car j'dois dire qu'm'échiner à des calculs pointus, j'ne le faisais pas mais j'gérais au compte goutte tout d'même. C'est chiant entre nous.

Vous n'vous en êtes pas caché et vous auriez pu simplement m'mentir car en pleine nuit, j'suis pas un chat pour y voir bien à une distance folle.
Bien mieux pour savoir d'quoi on est un peu fait, au minimum mais mieux qu'rien.

Courte pause.

Mais pour que vous m'posiez la question, vous y songiez encore ?
Ou envisagez vous dans l'futur un genre d'face à face ? N'voyez là que ma curiosité, j'suis pas femme pour rien.

Déclic.


Lui pour la peine, éclate franchement de rire, alors qu'elle semblait, non pas se justifier mais apporter des faits à son argumentaire.

Attendez, mais vous n'y êtes pas, je suis une buse totale en gestion. C'est juste une blague pour vous taquiner, même si c'est un réel conseil dans l'absolu. En réalité je m'emploie à tout autre chose. Mais je gère à la volée comme vous. Parce que effectivement c'est d'un chiant...

Et donc sans transition; Je ne mens pas, car j'assume. Si je n'assume pas, je perdrais une partie de moi-même. Et si on perd une partie de soi, on est un mort en sursis.

Sa voix se fait légèrement plus mélodieuse, pour mieux marquer les interrogations cette fois.

Lorsque vous dites si j'y songeais, songer précisément à quoi? A cette nuit ou je vous ai contacté perché sur ma colline, dans les cimes?

Vous êtes une femme, oui, par conséquence permettez-vous la curiosité, je tolère certaines dérives féminines.

Réprime un rire amusé.

Non mais c'est une invitation? Parce que, j'étais à une coudée de vous, peut-être même plus proche, mais nos chemins se sont décroisés. Et vous sembliez pas du tout encline à m'accepter dans votre groupe, ce que j'ai évidemment parfaitement compris et intégré. J'ai filé vers ma route. Maintenant libre à vous de me traquer et me violenter.

Se frotte la tempe. Quelle naïve elle faisait parfois mais le sourire revint vite trôner sur les lèvres. Il l'avait bien eut.

J'ai gobé votre histoire là... j'vous imaginais en gestionnaire hyper méticuleux et chiant avec votre truc sur les tableaux à faire tout ça. En fait on est à égalité ou j'suis meilleure qu'vous à la gestion.

Vous n'mentez vraiment jamais ? Si c'est l'cas, j'vous donne un point.

Un regard sur le ciel constellé de quelques étoiles tout en prenant une poignée de sable pour laisser filtrer les grains entre ses doigts et reprendre.

Non. J'pensais plutôt à votre inquiétude sur l'fait que vous ayez cru que j'étais mal à l'aise d'avoir été épiée. Mais peut-être avez vous songé à cette nuit là. Est-ce l'cas ?
Si vous tolérez cet écart, j'vais en profiter j'pense. J'éviterais d'être trop gourmande car c'est sans doute chiant à la longue.

J'savais pas vraiment mais l'fait que vous alliez dans l'sens opposé du mien en aura surtout décidé. J'crois pas que vous auriez dévié d'votre route, j'ai bon ?

Une pause pour répondre à la provocation évidente, à moins que là encore, il plaisantait tout bonnement.

Vous traquer et vous violenter, n'allez pas m'fourrer de telles idées dans l'crâne. Puis j'sais même pas où vous êtes planqué actuellement.
J'ne suis pas une violente née mais la violence possède d'nombreuses formes.

Déclic.

Il rit simplement.

Oh, ne gobez pas tout...seulement les huîtres. Et avec un peu de jus de citron. C'est meilleur. Concernant les mensonges, oh, je dois en laisser passer de temps en temps, comme tout le monde. Forcément, aucun humain n'est infaillible, si?

Il hocha rapidement la tête.

Oui je le pensais mais vous m'avez confirmé le contraire. Mais oui lorsque j'ai repensé aux dernières lunes, j'ai songé à vous. Et naturellement j'ai eu envie de vous envoyer ce message.

Il leva la tête au ciel, alors qu'il était assis dans son petit campement, en face de la mer. Il fit une petite moue réflexive.

Si je vous avais senti plus encline et moins sur la défensive, je me serais laissé tenté par le Nord, avec votre groupe, mais je voyais une certaine crainte, totalement légitime d'ailleurs, je n'ai pas voulu insister et ma deuxième option était les tunnels. Aujourd'hui je suis à l'Ouest, seul, et j'ai pas réellement de trajet. J'hésite à revenir par la route des tunnels, le Nord est totalement miné par des groupes hostiles...

Il ferma ses yeux et se lassa tomber à la renverse en arrière. Il plaça une main derrière sa nuque. Il semblait compter la myriade d'étoiles qui tapissait le fond céleste. Une sensation d'immensité infini le saisit aux tripes.

Non je ne vous fourre rien du tout dans...le crâne. Cependant vous m'intriguez lorsque vous dites: "la violence possède de nombreuses formes"? Explicitez voir.

Il esquissa un rictus.

Le contraire l'aurait étonné. Qui pouvait se targuer de ne jamais mentir ? Si elle évitait au mieux, le mensonge était bien nécessaire des fois.
La contactait-il car justement, il se trouvait seul ? Sans doute mais la raison était-elle très importante ? Un léger haussement d'épaules face à la réflexion, laissant émettre sa voix.

Après l'lit, ce sont les huîtres... j'n'en ai pas mangé depuis longtemps, avec une coulée d'citron, j'aime aussi.

Aucun n'l'est.

J'admets que j'étais un peu sur la défensive car nous venions d'échapper à la mort y avait bien peu et... nous étions en train d'fuir avec certaines menaces latentes sur l'coin d'la gueule. D'nous côtoyer n'était pas très enviable à c'moment là. Mais j'ai vraiment cru qu'votre point de chute était prioritaire, j'n'ai pas plus insisté.

Une pause, traçant des signes sur le sable, au hasard du mouvement des doigts libres.

J'pensais aussi qu'quelqu'un vous attendait quelque part, j'me suis trompée ? Ou l'lien est avec votre remarque sur les groupes hostiles ?

J'ai la sensation d'un sens caché à cette prise d'contact, j'suis dans le vrai ?

L'intonation était devenue plus grave avant qu'elle ne redevienne à la normale.

J'faisais allusion à d'la violence toute légère, qu'on peut nommer torture mais qui l'est que dans un seul sens. J'pensais pas à du découpage d'peau par exemple.

Déclic. Pensive.

Il l'écoute cette fois, un peu distrait, plus vaporeux, probablement l'heure du sommeil qui s'avançait et rendait l'ambiance plutôt...cotonneuse et douillette.

Ah! A qui le dites vous? On rêve tous de ça et de bien plus.

Non, c'est votre méfiance qui m'a fait ne pas insister plus et choisir finalement ma deuxième option; les tunnels. Je savais que le Nord-Ouest serait probablement miné, mais pas de cette manière. Le point que je devais rallier n'est plus sécurisé désormais, si je veux rester en un seul morceau. Le sol est jonché de cadavres à perte de vue. Des fuyards m'ont mis en garde d'éviter la zone impérativement. C'est plus possible donc.

Donc il n'y a strictement aucun sens caché dans mon message. C'est un appel de courtoisie. Ni plus ni moins. D'ailleurs quel sens caché il pourrait y avoir? Vous transportez le président dans un lieu top secret, auquel cas je tenterais de vous extirper des informations? Allons...

Semble ne pas avoir apprécier sa remarque, et d'ailleurs ne relève même pas l'histoire de la violence légère. Laissant couler comme sur une vague.

Sait qu'elle l'a heurté un brin mais ignore quand. Peut-être sur la torture comme il n'y fait allusion. Evitera le sujet du coup.
Quant à la finalité des propos, elle soupçonne un semblant d'agacement mais sa perception était-elle juste ?

J'pense avoir une petite idée, si j'm'en fie aux nouvelles récemment émises mais peut-être qu'je me trompe, ignorant où tout cela s'est vraiment déroulé.

J'pensais vraiment pas qu'ma méfiance serait en cause. J'm'étais même excusée pour avoir mal compris vos propos mais en fait, j'étais sur l'vrai, avant.
Tout ça est un peu loin maintenant.

J'ai juste songé que vous aviez envisagé d'me rejoindre, si cela était possible. Voila l'sens caché qui m'venait en tête mais mon intuition semble déplorable on dirait bien. J'vais mettre ça sur la fatigue.

Rien d'tel bien sûr... j'ai bien peu à cacher.

Déclic.

Non il n'était pas heurté, juste agacé très légèrement: sous-entendre que son message n'était pas de la courtoisie pure, était indécent à ses yeux, mais il dissipa cela d'un revers de main, et resta dans le ton habituel.

Je pense que vous pouvez avoir une idée de ce paysage de désolation, digne des récits de "Mad Max"; Il y a une épave juste à côté de moi. Je crois que c'est un gros V8 Big Block turbo-compressé. La bobine delco est là, les bougies intactes, la batterie aussi. Tout semble être totalement fonctionnel, cependant aucune goutte de gazoline alentours, j'aurais aimé la faire démarrer.

Le sol est jonché d'ossements. On ne sait même plus dire si ils sont humains ou pas. On voit qu'il y a eu énormément de violence ici. Et même, très récemment.

Le ton est énigmatique, alors qu'il triture son feu où un ersatz de café chauffe sous les flammes rouges qui crépitent.

Non, il n'y a pas lieu de s'excuser voyons. Vous êtes responsable de votre groupe, vous voulez le protéger voilà tout. Et moi avec ma lunette, perché sur la colline adjacente, je devinais votre corps féminin plongé dans la pénombre... J'avais bien compris que d'ores et déjà vous aviez pris peur. Mais ce que je pourrais vous reprocher en revanche, c'est que vous n'aviez pas été directe et franche: Demander à votre ami si je peux venir... Pourquoi déléguer? C'est comme ça que j'ai moi-même opté pour la deuxième option. Je vous ai juste aidé à refuser. Je déteste m'imposer, et encore pire, je n'aime pas compter sur autrui.

Il se ressassa ce moment précis, la fameuse nuit plongé sous un drap étoilé. Puis il eut un petit sourire amusé ou nostalgique?

Vous rejoindre? Huhu! Et risquer le même scénario? Être par exemple à une lune de vous, pour vous entendre me dire, que votre groupe ne peut plus m'accepter maintenant pour moult raisons? Je ne peux pas prendre ce risque. C'est synonyme de vie ou de mort à ce stade-là. Mais, je vous en prie, ne maltraitez pas votre intuition, je vous donnais ici juste mon point de vue. Personne n'est infaillible vous vous souvenez?

Sa voix redevient mélodieuse et basse dans le timbre.

A moins que vous m'invitiez ou me suggériez de venir face à vous? Est-ce un stratagème féminin?

Il rigole doucement.

Ressenti mitigé face à la réponse contenant des piques gratuites.

Tout est dev'nu rare et l'carburant a été pompé depuis bien longtemps sûrement. J'suis étonnée que l'batterie soit pas à sec non plus.

Les ossements peuvent faire office d'arme même si j'avoue qu'c'est pas extra mais ça évite d'se bousiller les phalanges.

J'n'avais pas peur, simplement méfiante. Il n's'agit pas d'déléguer mais d'voir en l'autre son égal pour les décisions. Vous n'm'avez pas plus aidé à refuser.

Mais comme j'manque d'franchise, libre à vous d'me croire ou non.

N'pas compter sur autrui car vous êtes trop fier pour ça ? J'compte sur autrui, ça s'nomme d'l'entraide pour moi et si l'revers m'tombe sur la gueule, j'l'aurais cherché.

Un soupçon d'agacement venait de naître en elle mais sa voix demeurerait inchangée pour la suite.

J'faisais part d'une hypothèse, rien d'plus, rien d'moins. Vous savez déjà tout, aussi. Est-ce utile qu'j'en rajoute une couche ?
J'vais fignoler mes prochains stratagèmes fourbes et sournois. J'vous prends en cobaye si vous l'souhaitez mais comme vous avez tout deviné à l'avance, c'est foutu.

Une pause puis succinctement.

Y avait aucune invitation d'ma part, pas encore du moins et j'crois qu'à ce stade, y en aura pas.

Déclic.

A son tour, il remarqua toutes les piques disséminées un peu partout, certaines totalement gratuites d'ailleurs.

Ouh... vous m'envoyez du calibre 12 en pleine tronche.

En tout les cas, personnellement moi j'ai déjà récupéré une arme blanche. Certainement bien plus efficace que ces ossements. Et j'ai trop de respect pour utiliser les restes humains comme arme. J'essaie de garder une certaine moralité dans ce monde de merde. Même si la saloperie m'éclabousse.

Ensuite, compter sur autrui effectivement c'est une attitude humaine, donc saine. C'est louable dans le fond, quoique dangereuse, comme je le disais. Mais cela ne doit pas nous rendre insouciant pour autant. Et il n'y a aucune fierté là-dedans, juste du bon sens.

Je ne sais pas de quoi vous parlez, j'ai jamais prétendu connaître tout. Ni même évoquer l'omniscience. Mais soit, je vais vous éviter cette tâche fastidieuse qui consisterait à "fignoler un stratagème fourbe et sournois", parce que là, vous n'y êtes pas du tout quant à ma réflexion première. Tant pis, vous êtes passé totalement à travers. Cela arrive et c'est pas grave. Et puis, tout commentateur de bons mots est un sot. Dès lors je ne rajouterais rien de plus à ma pensée première.

Il changea de ton, plus neutre.

Ne vous donnez pas de peine pour l'invitation, oubliez tout cela. En tout cas, je suis sincèrement content pour vous que de votre côté tout est calme.

La réplique la fit sourire un instant, d'autant qu'elle pensait qu'il ne poursuivrait pas les échanges avec elle. Cependant, un doute subsisterait.
L'agacement premier s'étant estompé depuis, l'intonation repassa à la normale.

Vous n'avez pas été tendre non plus.
La saloperie nous éclabousse tous et nous façonne peut-être. Elle vous a atteint d'quelle façon ?

J'ai encore un peu d'lucidité même si j'passe peut-être pour une insouciante mais j'ai choisie d'faire confiance. C'doit être dans ma nature au fond, sans qu'je saute à pieds joints dans la merde. Enfin... sans doute est-ce arrivé.
Prendre des risques, c'est vivre, aussi.

Moue affichée le temps de digérer les souvenirs liés à cette brève évocation.

Merci d'm'éviter cette tâche, j'suis pas, mais pas du tout au point pour monter quelques scénarios compliqués et tordus. J'veux bien savoir ce qu'était votre pensée première mais il est trop tard ?

Si j'avais la possibilité d'oublier, j'm'en servirais pour autre chose.

Déclic.

Il eut un petit rictus, suivi d'un rire plutôt franc. Le brun ténébreux finalement se frotta les yeux délicatement, puis se recoiffa machinalement les hirsutes dont le côté négligé, était un style bien entretenu. En réalité, aussi loin qu'il pouvait se souvenir, il gardait toujours sa chevelure ébouriffée, lui conférant une attitude de mauvais garçon. Contrastant totalement avec son phrasé.

Si vous aviez été tendre je l'aurais été, et je crois que vous êtes assez brillante pour le savoir. C'était un mécanisme de défense, ni plus ni moins. Quant à la saloperie qui m'éclabousse, nous ne sommes pas encore intime pour que je puisse ainsi me livrer sur mes faiblesses. Je pense que vous aussi vous ne m'en direz pas plus sur votre côté...sombre ou vos vices?

Eh bien oui, en ce qui me concerne, moi j'ai pris des risques; Seul, pendant plusieurs lunes. Dormir sur les collines de où je peux épier des Blanche Neige en toute impunité. Je vis dangereusement moi. Vous voyez?

Il rit.

Tout commentateur de bons mots est un sot vous dis-je!

Léger pli amusé à l'écoute des propos enregistrés.

J'vais peut-être m'essayer au côté tendre pour voir c'qu'ça donne.

Commence-t-elle, paraissant sérieuse.

S'il s'agit d'faiblesses, ça tombe sous l'sens. D'les révéler dessert bien souvent mais vous en savez quelques unes m'concernant.
Ai-je un côté sombre, peut-être bien... des vices, j'en possède mais rien d'nuisible pour autrui j'crois.

Des ? Merde, j'me croyais l'unique détentrice d'un tel nom, j'suis bien déçue.
J'n'ai rien d'dangereux à distance, j'pense que j'le saurais, non ? Oui, je le saurais sûrement.

Sot, j'en doute et j'ne le confirmerais pas. Que faites vous d'ceux qui balancent des conneries à longueur d'temps ? Débilités serait plus juste comme mot.

Déclic.

Il sourit, ses yeux marrons eurent un éclat étincelant.

Ah? J'en sais quelques unes de vos faiblesses, vraiment? Et sinon qui vous dit que je suis "tendre", enfin, cela dépend dans quelle situation. A toute situation, une attitude particulière. La tendresse d'une situation, peut être la rudesse d'une autre... et vice et versa.

Tenta-t-il d'embrouiller.

Oui, on est en plein dans les vices apparemment. Tant que ça ne nuit pas à autrui, y a pas de mal, de mon point de vue. Mais je confirme, en tout cas moi je n'ai pas pris peur ni avant, ni après notre contact. Un seul regard posé sur vous et je savais que je n'aurais pas de problème si je rejoignais votre groupe.

Il pensa à la radio publique et eut un air agacé.

Oh...vous voulez dire la déchetterie verbale, la raie publique? Un amas de crétins congénitaux. Étrangement, pour une fois ce sont plus les femmes qui si illustrent honteusement. Je suis déçu. Profondément déçu. J'avais encore une idée si particulière de la femme. Elles gâchent tout. Et je leur en veux pour ça. Je leur briserais bien un doigt, à chacune. A chaque ânerie débitée. Sinon, les commentateurs à la radio, je leur en veux de réveiller de l'énervement chez moi. Mais je ne céderai pas à la violence, je ne vaudrais pas mieux qu'eux. Bref laissons ce dossier de côté.

Assise sur un monticule sablonneux, le dos tourné au petit campement, elle reprend, le regard mirant le ciel nocturne.

J'en ai laissé glisser mais j'vous redirais pas d'ce dont il s'agit. Il fallait l'retenir.

Rien du tout, difficile d'deviner juste par l'intonation d'votre voix ou d'nos échanges passés et actuels. Comme vous l'dites si bien, à toute situation, la réaction qui va avec.

D'un seul regard, très lointain, vous saviez ça ? J'suis surprise j'dois dire. A moins qu'vous soyez doté d'une intuition insolente ? J'aimerais bien en savoir plus pour assouvir ma curiosité.

J'vous comprends... c'est plus qu'un doigt qu'je voudrais arracher moi mais l'image qui en ressort de tout ça est pas très belle. Mais à l'inverse, ça met en valeur les autres. Les hommes, pour une bonne partie, paraissent sobres et mieux dotés intellectuellement.

Quelle idée particulière aviez vous d'la femme ?
Si l'sujet de la déchetterie vous agace, j'reviendrais pas dessus, pas d'inquiétude.

Déclic.

Fronce les sourcils l'air de dire: est-elle bien sérieuse celle-là?

Soit. Je ne vais pas m'amuser à ressasser nos discussions passées, dans les moindres détails, pour dénicher le petit indice, voyons, restez sérieuse. Je ne suis pas Hansel, je n'ai pas pavé notre discussion de petites pierres Blanches. C'est à l'instinct, au feeling que je fonctionne. Sans spontanéité, on tue la surprise et le plaisir.

Quant à mon hypothétique tendresse, je préfère cette réponse. Vous êtes dans l'expectative. Peut-être ou peut-être pas. C'est amusant presque!

Il laissa se dessiner un sourire amusé.

Oh, non je vais rester insolent. Vous n'en saurez rien de plus.

Concernant l'idée que je me fais des femmes, ça vous exciterait si on évoquait ce sujet. Et je peux pas me permettre de vous exciter ainsi, qui plus est sans vous connaître davantage.

Un long étirement des membres après l'avoir écouté, une lueur espiègle dans le regard.

Si votre mémoire s'en souvient pas, tant pis. Les dire une fois j'veux bien mais deux...
J'suis un peu trop bavarde. C'est pas le petit poucet l'histoire des cailloux ?

L'instinct et l'feeling, j'approuve, même si c'est pas exclu d'se tromper.


Réponse tout bonnement logique pour la pseudo tendresse de son interlocuteur.

J'en avais pas d'autres qu'me venait en tête, donc vous avez eut l'unique.


Le ton dispose d'un soupçon d'amusement pour la finalité.

J'me doutais que vous m'laisseriez en plan ainsi, en n'répondant pas à cette simple question. Dommage pour ma curiosité.

Pour c'qui est d'la possibilité de m'exciter, ma question assez innocente relève d'une réponse qui l'serait pas. Qu'est-ce qui vous empêche de vous l'permettre ? Puis comment pourriez vous être certain d'ma réaction si vous y répondiez ? Est-ce car j'ai avoué avoir des vices sans citer lesquels ?

Déclic.

Il s'était engoncé dans le siège baquet de la V8 et s'était endormi paisiblement à son volant. S'imaginant ainsi, au petit matin, écumer tout le continent Ouest à son bord. Les évents surdimensionnés lui empêchaient d'avoir une vue globale sur la mer qui se dressait face à lui. Ces prises d'air étaient simplement monstrueuses. Cela en disant long sur la puissance du moteur qu'il devait gaver en air frais. Il se fit extirper de ce rêve de petit garçon, par une voix devenue un peu familière. Il sourit juste, puis se saisit de sa radio.

N'ayez crainte, je ne vous ferais pas répéter. Je suis cruel, certes, mais pas à ce point. Vous pouvez être tranquillisée. Après, Hansel, Tom Pouce, ou le petit Poucet aucune idée. Le Poucet c'était pas avec les bottes de sept lieues? Bref, pas grave, je n'avais plus la référence précise. Et tout le monde s'en fout de cette littérature d'un autre âge.

Mais ne soyez pas frustrée, si d'aventure je vous croisais, je satisferais pleinement votre curiosité. Comme je vous aurais en face de moi, j'aurais le contrôle sur une éventuelle situation qui dégénère. Me livrer ainsi à distance, c'est incommodant. Et qui plus est, vous connaissez mon blase...

Petit rire.

Ah, pourquoi je ne peux me le permettre? Eh bien je dirais que on ne peut pas décemment susciter chez autrui une émotion, quelle qu'elle soit, sans qu'il ne soit pleinement consentant. Je sais pas si vous êtes consentante.

Puis fait une moue, faisant un lien.

Han...c'est donc cela vos vices inoffensifs?

Instinctivement comme pour donner la réplique à sa propre réalité: Il tapota le compteur de pression du turbocompresseur, resté bloqué à 80000 tours/minutes. Et d'une petite voix presque inaudible -et si son interlocutrice est attentive elle pourrait en saisir quelques bribes-.

Oh, la pression est très haute là...la turbine chauffe à mort...enfin a dû...

Moins confortable aura été sa niche pour la nuit mais par la force des choses, l'on s'accoutumait à ce manque, avec quelques courbatures au matin. Le plus pénible restait ce sable qui s'immisçait partout mais fallait aussi faire avec.
Rafraîchie sommairement et l'estomac un peu remplie par l'apport d'une boisson chaude mais fade, elle se colla dans une petite zone d'ombre même si le soleil n'était pas encore haut.

Vous, cruel ? J'ai un peu d'mal à le croire mais si vous l'dites, c'est sûrement vrai.
Les bottes de sept lieues, j'ne crois pas. Si y avait qu'la littérature dont tout l'monde se fout, mais peu importe.

J'ne suis qu'un petit peu frustrée et j'parviendrais à vivre avec, vous en faites pas. Pourquoi la situation dégénérerait ? J'possède aussi un semblant d'contrôle, tâche partagée non ?
Vous savez l'mien aussi. Mais j'serais prudente avec votre incommodation à vous livrer, tant que nous sommes à distance, au moins.

Petite réflexion pour la suite.

Vous avez raison, sans l'consentement, il y aurait l'absence d'réceptivité... ça s'tient. Savoir si j'le serais ou non est terriblement indiscret.
Soyez plus précis pour les vices, j'sais pas si j'ai bien compris.

La pression ? Turbine ? Mais d'quoi parlez vous ?

Avant de réaliser qu'il doit s'agir de la voiture même si un détail l'interpelle.

Merde, c'est la voiture ? Mais... j'la pensais immobilisée pour d... ?

Un bâillement coupe ce qu'elle allait dire de plus.

Pardon. J'disais que... elle marche pas ?

Déclic.

La voix féminine appelait, alors qu'il trifouillait dans le moteur de cette dulcinée. Tripotait était peut-être un terme plus adéquat. Ce genre de véhicule le fascinait beaucoup et depuis toujours. Il a eu la chance d'en utiliser dans sa vie d'avant. Autre époque, autre plaisir sans doute. Elle s'avérait tellement fonctionnel au jour le jour; Que ce soit pour une balade ou pour le travail, elle remplissait toujours son rôle. Tout ceci était résolument derrière lui à présent.



Vous croyez qu'il y a autre chose, dont les gens s'en contre-foutent? En tout cas je ne doute pas une seule seconde de votre capacité de contrôle. Vous êtes une femme, n'est-ce pas, vous avez toujours contrôle sur tout et c'est en cela que ça pourrait dégénérer pour moi. Je pars avec un certain handicap dans ce domaine. C'est la loi de la nature. Mais, je ne suis pas ingrat, la nature est si belle, aussi cruelle puisse-t-elle être parfois. La beauté réside là selon moi.

Acquiesce.

Voilà, oui, c'est inconvenant d'être indiscret. Quand bien même j'aurais de la curiosité sur énormément de questions -certaines totalement futiles voire puériles- vous concernant, je reste, disons, plutôt discret à ce sujet. Les vices sont aussi du même tonneau; indiscrets?

S'amuse.

Y a beaucoup de "discret" dans cette phrase... On est trop dans l'euphémisme, et je sens que cela vous plaît, du moins amuse. Je me trompe?

Sourit à son interrogation.

Hum? Comment? "Immobilisée pour de bon" ? Oui, c'est de la Falcon V8 dont il s'agit. Je parlais de la pression de sa petite valve rose...Elle marchera, oui. Avec du carburant. Je dois juste introduire dans son orifice quelque chose pour débloquer la valve bloquée en position d'admission. Ensuite vérifier si la batterie à du jus. Au pire je la pousse sur la petite route, dans la vallée en contrebas... Non le souci premier c'est le carburant, le reste c'est d'ores et déjà fait.

Il était toujours d'humeur amusée.

Ai-je satisfait quelque curiosité ou votre vice est encore plus profond...?

La manière dont il parlait de la voiture était déroutante, comme s'il s'agissait d'une femme mais elle savait que ce n'était le cas.
Rassemblant ses pensées après le flot de paroles, ce qui ne la dérangeait pas au demeurant.

De tout, sauf d'leur propre vie et encore... Quand il n'y a plus d'volonté, autant laisser filer.

Se tait un instant, songeant à elle-même il y avait de cela quelques semaines. De vite combler le silence involontaire et poursuivre.

Sur tout, si c'était vrai, j'le saurais. Il est impossible d'tout maîtriser même quand on est une femme. J'pense que vous avez un handicap réduit ou bien vous m'surestimez d'beaucoup.
J'suis moins cruelle qu'vous peut-être, enfin ça dépend pour quoi. Difficile d'répondre dans l'vif sans être confrontée à la situation en question.

Vous pouvez m'poser des questions futiles ou qu'vous trouvez comme ça.
Certains l'sont, oui et pas forcément intéressant à révéler, à distance.

J'avoue, ça m'amuse mais j'crois que vous pouvez faire mieux et j'n'aurais plus qu'à gueuler après l'soleil pour le mal d'crâne qui viendra.

Vous êtes un... fervent passionné. Cette façon d'en parler est surprenante j'trouve. Ce serait pénible d'la laisser là j'parierais.

L'esquisse d'un sourire amusé pour la note finale.

La curiosité n'est pas un vice d'mon avis. J'suis née curieuse, c'est comme ça. Vous n'saurez pas si j'ai des vices profonds.

Déclic.

Évidemment, il avait sur-joué sa description lorsqu'il parlait de la Falcon V8. Il voulait être volontairement ambiguë. De prime abord, cela semblait l'avoir intrigué et cette idée l'amusa beaucoup.

Oui, il n'importe que leur propre vie. Le Nominalisme exacerbé sans doute. C'est donc ça. On est arrivé au terme de l'évolution de l'individualisme, qui se trouve dans sa forme finale la plus abjecte et primitive. Renvoyant ainsi à l'origine de l'Homme, à l'aube de l'humanité. La boucle est bouclée? L'Ouroboros comme appelaient ça les Grec Anciens.

C'est vrai que j'ai tendance à surestimer mes interlocuteurs. Pour m'éviter des surprises négatives. Mais vous, c'est presque un plaisir...enfin je me comprends. Huhu.

Petit rire avant de poursuivre.

Non, je crois que je vais effectivement m'abstenir sur ces questions. Nous verrons plus tard, si nous conversons encore abondamment vous et moi et que mutuellement nous nous faisons un peu plus confiance. Comme parler de notre passée, de nos projets actuels. Seulement ensuite je vous demanderais si vous p...

De justesse le brun ténébreux se tut. Ou alors était-ce un jeu pour titiller sa curiosité un peu plus? Très difficile à dire, c'était assez naturel. Il était soit très joueur soit imprudent. Ou les deux?

...Euh comment cela "je peux faire mieux"? A quel sujet? Et pourquoi un mal de crâne en quel honneur précisément?

Effectivement sa dernière phrase était ambiguë (celle de Blanche Neige), il n'en comprenait pas toute la portée, Était-elle resté dans le flou, volontairement? La coquine pensa-t-il avec un sourire certain sur les lèvres.

Comme je parlais de confiance, autant le prouver dans les actes en faisant le premier pas: Oui, je suis un passionné de voitures américaines. Et vous trouvez ça puérile? En tout cas j'aime plus particulièrement les V8 et dans une certaine mesure les V10. Il n'y a pas énormément de différence entre ces différentes déclinaisons: Small Block, Big Block, B-block, Y-block... les V8 déclinés sous ces différentes formes sont forts similaires dans l'absolu. Moi j'ai un faible plus particulièrement pour le V8 Big Block Chevy... Mais bon, ce V8 de la Falcon est déjà très bien pour que vous et moi puissions passer une nuit...intemporelle sur une route menant nulle part. Une route enveloppée par l'immensité de l'espace où, pour seule lueur nocturne, juste une poignée d'étoiles scintillantes. Et peut-être même que la radio-K7 laissera échapper, comme ambiance sonore, un vieux Jazz mélodieux. Mais je ne sais pas si vous aimez ce genre de balade pittoresque. Peut-être un peu trop vieux jeu?

Puis rigole.

Han...on dirait que vous m'invitez à insister pour connaître si vice profond ou non il y a. Bien joué. J'ai presque envie d'insister, effectivement. Vous avez accaparé ma curiosité là.

L'ambiguïté avait bien fonctionné, vu la sensation d'un double sens ressenti sur l'instant. Etait-ce sciemment ? Elle n'en avait pas la moindre idée après coup, alors que presque certaine du volontaire à l'écoute.

Au terme de l'évolution... ça fait drôle qu'de l'entendre même si j'y ai pensé parfois. J'sais pas si la boucle est bouclée mais ça semble être bien partie pour. L'homme a toujours eut des pulsions primitives, cachées ou pas, ça n'ressort que plus.

J'dois déduire qu'je suis presqu'une "surprise" positive ? J'ai comme un doute sur l'fait que j'saurais la réponse.

L'passé, j'sais pas s'il est bien d'en parler, il n'reviendra plus et vivre avec...

L'appliquait-elle malgré ses propos ? Sans doute pas comme elle l'aurait voulu. Petit froncement de sourcils à la coupure mais impossible de deviner le mot qu'il allait dire. Délibérée ou pas, l'interruption ?

Qu'alliez vous dire avant d'être silencieux ?

Ne pas réfléchir avant de parler et laisser sa langue prendre le contrôle. Foutue manie que cette curiosité.

Votre... prose avec le mot discret. J'pense qu'vous auriez pu faire mieux, j'ai presque faillit m'perdre dedans.

Vous êtes vraiment un passionné, ça s'sentait déjà plus tôt.
Vous voulez m'entraîner dans un cul de sac ?

Le ton est devenu malicieux avant de repasser à la normale.

J'n'ai rien contre la nuit intemporelle comme vous l'nommez. J'suis pas très réceptive au jazz mais la musique est si rare, si vous avez, j'ferais un effort pour que ça m'aille, sinon j'me boucherais les oreilles.

Vous attisez la mienne, fallait bien qu'j'm'y mette un peu. J'accuse un gros retard m'semble.

Déclic, souriante.


Il était bien entendu question d'une ambiguïté sciemment instruite pour troubler la Blanche Neige. La faire se poser des questions. Mais sur quoi d'ailleurs?

J'ai été un peu vite en besogne, certes, mais je me souviens que Hegel parlait de "fin de l'Histoire" en décrivant la dégénérescence de notre société qui arrive à son terme. Alors il ne s'agit pas de la fin totale, juste le commencement de quelque chose d'autre. En cela, je me suis toujours posé cette question; Est-ce une boucle bouclée?

Pour la première fois le ton devenait plus sérieux, enfin plutôt grave, plutôt solennel. Le sujet -certainement une autre passion?- philosophique et sociologique le tenait en haleine.

Vous avez raison, nous venons au monde capable du pire, mais parfois je crois qu'il y a quelque chose qui nous donne juste le bon petit coup. Vous croyez au Mal? Parce que lui croit en nous. En notre capacité destructrice.

Il reprenait un ton plus cool, comme à l'accoutumée.

Oui, vous êtes une agréable surprise, c'est pour cela que je vous recontacte. Et que je prends un certain plaisir à converser avec vous. J'ose espérer que le plaisir est partagé. Quoiqu'il en soit, laissons alors le passé. Cela me va aussi.

Et enfin il rigole.

Ah...oui, ma prose était de piètre qualité, sans blague! Je pense que j'aurais pu faire mieux effectivement. Mais on est pas toujours au top. En tout les cas merci de m'encourager. Huhu!

Toujours sur le même ton, mais un regard de malice naissait à présent dans ses yeux.

Hum, ce que je voulais dire? Si vous le voulez bien, je vais encore attendre un peu, avant de pouvoir vous poser cette question. Je dois bien y réfléchir... en tout cas l'idée de vous entraîner et pousser dans le cul...de sac de la route, m'intéresse. Enfin, oui pour se perdre, voyez là une image symbolique et hédoniste.

Il se rattrapa n'importe comment. En tout cas impossible hasard, ce terme était parfaitement et consciemment bien choisi par la voix féminine. Il plongea directement dans son piège comme un bleu, sans activer aucune défense de base; Il lui emboîta le pas directement et répondit au tac au tac. Elle verrait évidemment qu'il apprécia le ton. Il eut sûrement l'espace d'un instant un vice qui scintilla dans ses yeux.

Provoquez ma curiosité seulement. C'est de bonne guerre évidemment.

Enfin il fouilla un instant dans la boîte à gants et trouva de vieilles cassettes. Une particulièrement attira son attention.

Blanche, j'ai quelque chose ici pour vous, j'espère seulement que la batterie est encore un peu vivante...Attendez un instant.

Un blanc de trois petites minutes, puis, on entend à nouveau Chris dans la radio.

Parfait y avait encore de l'acide et les électrolytes tiennent. Ce n'est pas du Jazz, mais j'espère que vous apprécierez.

Il envoya le son totalement propice, qui devenait quelque part la bande son de cette soirée silencieuse. Furtivement, en fermant les yeux bien engoncé dans la Falcon, il eut une vision amusante; lui et elle assis sur le capot chaud de la Falcon face à cette petite mer calme où une petite musique similaire à celle-ci, embaumerait leur atmosphère.

L'commencement, j'sais pas. Vous vous êtes pas dit qu'au lieu d'dégénérescence, c'était plus car... on est tous mélangés et non parqués chacun là ou on était ? Sans compter... certaines choses bien bizarres avec les animaux ?

La jeune femme n'y voyait aucun sens logique et ses maigres hypothèses étaient trop farfelues pour qu'elle les divulgue.

L'homme est né pour détruire, moins pour créer sûrement.


Taire que le plaisir était partagé ? Elle n'y voyait pas de raison car cela paraissait évident.

Ca l'est. J'ai pas d'motif pour vous le cacher et vous auriez deviné qu'je mens si j'avais répondu par non.


Une moue feinte.

Vous seriez l'responsable d'un sérieux mal d'crâne et avec c'soleil, j'préfère éviter. C'est un coup à c'que je dorme deux jours durant, même trois.


Un soupçon de rire bien vite camouflé alors qu'il tombait pile dans un piège qu'elle n'avait pourtant pas délibérément tendu mais la situation en devint amusante. Le terme provenait-il inconsciemment de son esprit tortueux ? Peut-être bien.

Je retiens votre intérêt. J'n'y voyais qu'une image symbolique bien sûr.
J'pense que vous vous faites déjà une idée des dit vices profonds, j'ai juste ?

Etait quasi certaine qu'il avait envisagé quelques petites choses dessus. L'y aiderait-elle ?

Les yeux perdus dans le ciel, elle prit le temps d'écouter la chanson, les notes résonnant dans l'immensité qui l'entourait. De quoi se sentir plus petite qu'elle n'était. Le son était agréable et cela changeait du silence quasi constant. Courbée sur elle même, elle avait fini par fermer les yeux pour mieux s'en imprégner, un léger soupir d'appréciation quand le silence revint.

C'était... j'ai aimé. J'ai pas d'autre mot qui m'vient tout d'suite. J'aurais presque envie de la réentendre.

Respirant profondément, les yeux se fermèrent à nouveau pour laisser quelques pensées divaguer.



Dubitatif, mais il respectait son analyse. Chacun devait avoir une vision du monde comme il l'entendait. C'est de ces diversités que naissait la critique pure.

Mouais, j'ai tendance à croire que l'Homme est bon. Qu'il est juste parfois poussé par une force obscure. Il choisit alors le Mal ou le Bien. Je l'espère, je veux le croire en tout cas.

Ah, oui, je présume que vous m'aurez juste fermé la fréquence au nez, sans me donner la réplique. Effectivement, le plaisir est alors partagé. En tout les cas, je suis content que cette petite musique d'un autre âge vous plaise. Je vous la ferais réécouter avec plaisir oui. Peut-être ce soir lorsqu'on se saluera pour la nuit?

Il la laissa reprendre un peu de ses esprits et lui avec lorsque la musique s'arrêta. Le silence reprit donc les rênes.

[Transition de quelques secondes.]

Il sourit doucement alors qu'il entendit un rire étouffé. Trop tard il l'a entendu.Il leva un sourcil et en baissa un autre, l'air de mimer une écoute attentive.

Ah? Vous retenez mon intérêt, par rapport "au cul de sac"? Doublement intéressant.

Il va investiguer plus avant, il va oser timidement, mais il osera.

Et ce cul...de sac, pourquoi précisément ça? Il y aurait une relation étroite et profonde avec le fait que je sois au volant de la Falcon et vous, de vous laisser transporter par mes mains...sur le volant de ladite Falcon, sur cette route pénombreuse?

Il arborait un visage placide, très caractéristique du brun, lorsqu'il avait une pensée plutôt cochonne. Mais la brune ne pouvait pas le voir, forcément, elle ne put donc analyser cette expression faciale. Mais le timbre de sa voix était plus suave qu'à la accoutumée. Plus bas dans la tessiture, plus chaud dans le timbre.

Je crois que je me fais une idée des vices profonds. Et vous, vous pensez que j'ai des vices du même acabit?

Il tente de noyer le poisson. S'en sortir innocent.

Vous savez...la Falcon a des vis cachées, sous la culasse. Mais vices cachées? Aucune idée. Je crois que ça, c'est plutôt nous que cela concerne.

Dit-il avec un petit rire.

Un peu mitigée.

Le bien et le mal sont parfois associés ou c'qui est le bien pour l'un est le mal pour l'autre. C'est assez compliqué.


Un léger sourire.

Quelque chose comme ça ou j'vous l'aurais dit franchement, j'sais pas.
Oui, j'veux bien l'entendre d'nouveau avant qu'j'aille dormir.


Après la transition, le "doublement" l'interpelle avant qu'il ose d'une manière assez suggestive, d'autant que l'intonation employée confirmait cela. De la provocation subtile, y avait pas à se tromper là dessus. Les lèvres s'étirent, le regard pétillant d'une lueur provocante. Fortement tentée d'user des mêmes armes que lui. Mais ce ne serait pas pour tout de suite.

C'est quand vous avez parlé d'une route menant nulle part, j'ai songé d'suite à la voie sans issue, un cul de sac...


Un bref silence et reprendre, le timbre légèrement charmeur.

Ne serait-ce pas vous qui imagineriez vos mains déviant du volant, si j'étais à vos côtés ?

N'en dit pas plus, l'allusion assez évidente.


Un soupçon d'amusement dans la voix.

Oui. J'pense que vous en avez du même tonneau.

Pas le temps de se rattraper sur ce qu'elle venait de dire mais peut-être que ce serait incompris, bien qu'elle doutait de cela. A son tour de tomber dans le piège.
Le poisson ne serait pas noyé si facilement.

C'est vous le passionné de la Falcon, j'vous laisse donc juger des vis et vices cachés.

Le sourire revint sur ses lèvres. La nuit était belle.


Ce texte vaut une bière !

Il lui aura fait écouter "Blue Spanish Sky" juste avant qu'ils ne s'endorment.

Il voulait continuer à débattre sur la nature profonde de l'Homme, peut-être pour en saisir son essence à elle. Le discussion à ce sujet était intéressante, elle semblait pas tout à fait sûre de ce qu'elle pensait réellement sur le sujet, cette impression était d'autant plus marquée qu'elle semblait être plutôt réservée sur son analyse.

Sujet effectivement complexe qui m'a toujours intéressé. Toute la philosophie, en réalité, parle de l'essence de l'Homme. De sa nature profonde. Cela renvoie évidemment directement au divin parfois. La transcendance contre l'immanence...

Mais j'aime beaucoup ce que vous dites: Le Bien et le Mal indissociables. Sans le nommer vous parlez du concept philosophique de monisme dialectique. Ce que disait Hegel: Le vrai c'est le tout unifié. Le Bien ou le Mal, tous deux ont une nécessité d'exister. Et l'un sans l'autre, rien n'a de sens. J'aime énormément Hegel.

Il semblait apprécier énormément ce qu'elle disait. Cela lui donnait un certain entrain.

Le ton, redevint ce qu'il était alors qu'il évoquait autre chose que la philosophie. C'était cocasse de l'extérieur; Il parlait de nature profonde de l'Homme avec la Blanche Neige et puis là, il illustrait par des travaux pratiques ce qu'étaient les instincts primaires. Quoique suggérés avec un certain humour, voire élégance. Toujours est-il que l'Homme ne changea pas. Cela le troubla, car un peu gêné, puis l'amusa finalement.

Vous confirmez donc, nous avons des vices tous les deux...

Oh, évidemment je suis un aficionado de mécanique. D'ailleurs je ne sais pas pourquoi je parlais de vis ou vices cachés concernant la Falcon. Parce que je n'ai pas encore exploré son intérieur. J'aurais aimé démonter sa petite culasse...délicatement pour y introduire une main experte et voir que tout est bien lubrifié. J'ai beaucoup de délicatesse, malgré les apparences. Je manipule doucement au début, je démarre toujours avec douceur et lorsque le V8 est assez chaud, je sais que je peux me permettre d'appuyer plus profondément...la pédale.

C'était presque instinctif le ton était comme la nuit précédente.

Ah? Mes mains déviants du volant? Sur quoi? Et vous à côté de moi de faire?

Fit l'idiot en feignant l'étonnamment. Le ton était amusé.

Bien détendue, des notes pleins la tête qu'elle se sera couchée. Un brin troublée aussi mais la nuit estomperait tout. Pouvoir dormir à satiété était aussi devenu un luxe et elle en profitait encore un peu. La vie était devenue si fragile et si coupante à la fois.

Le soleil pointait haut quand elle reprit sa radio, non pour déblatérer bêtement sur la fréquence publique cette fois ci.

J'ne sais pas si j'philosophe réellement. J'fais juste étalage d'un peu d'mon ressenti et j'suis loin d'être calée en la matière. Très loin.
Tout l'monde sait que rien n'est tout blanc ou noir, enfin j'pense. Toutes ces nuances font qu'l'homme a deux visages, des fois plus.
Etes vous nuancé ?

J'n'ai pas caché en avoir. M'auriez vous cru si j'avais dit qu'j'en possédais pas ?

Elle garda un instant le silence après la description trop suggestive de la manipulation de la Falcon. Comme la veille, elle faisait le lien avec une femme et plus précisément elle-même et cela la troubla à nouveau.
Du bout des doigts, elle rajusta le tissu sur la cuisse semi dénudée, dégageant quelques grains de sable.

Cruel tout en étant délicat...ça s'tiendrait peut-être.
Avez vous envie d'explorer le dit intérieur pour voir d'vos yeux ce qu'l'expertise d'votre main en ferait ?

Sa voix s'était modulée lors de la question, le timbre plus bas sans être un murmure.


J'dois vraiment vous l'dire ? J'serais presque déçue vous savez. Pour c'qui est d'ce j'ferais... j'suppose qu'l'instinct m'guiderait pas mal.

Elle aurait pu en dire plus, c'est certain mais point trop n'en faut.
Un sourire conclue sa réponse, précédé par un petit claquement de langue. La soif était là.



Oh, je crois que nous sommes tous philosophe à des degrés différents j'imagine. Une des qualités premières pour l'être, c'est l'étonnement. Tout part de là je pense. Mais pour être dans le vrai, il faut éviter d'avoir des certitudes. En tout cas, j'espère être nuancé, pour répondre à votre question. Vous me voyez rigide?

Il pensa à la question, il se disait qu'elle méritait d'être posée celle-là.

Je ne sais pas si je vous aurais cru quant à vos vices. J'aurais cru certainement votre bonne foi, mais je pense que nous en avons tous. Le problème est de les dénombrer et d'en être conscient. Après je pense qu'il n'y a plus aucun souci. Enfin, certains dirons que les vices s'opposent à la Morale. Vous partagez?

Sa réponse résonna dans sa tête; Qui se permettait de dire que telle ou telle attitude était un vice? La Morale sûrement.

Pour être plus précis, je dirais plutôt brutal, que cruel. Brutal et tendre. C'est nuancé? Est-ce que ces contraires peuvent cohabiter? De mon point de vue, si j'invoque le fameux monisme dialectique, je crois que c'est totalement possible.

Il rebondissait sur sa première question, posée plus tôt. Cela était magistralement servit sur un plateau d'argent, il fallait qu'il saisisse l'opportunité.

Cependant il ne voulait pas qu'elle en dise plus, pas maintenant en tout cas, il y avait le temps, le temps bonifie toute chose. Et puis elle parlait d'instinct. Cela était suffisant pour l'instant, pour le faire trembloter. Et ce n'était pas de froid. Un tremblement furtif, qu'il apprécia d'ailleurs.

Oh, c'était rhétorique. N'en dites pas plus, je laisserais mon imagination se construire sa propre narration des faits. Si vous me permettez?

L'envie de répondre à sa question était forte mais il préféra se taire. Quoique malgré tout, il alla quelque peu répondre à sa question en suspend, après réflexion. Il ne fallait ni taire, ni trop en dire. Rester dans un équilibre précaire qui peut basculer à tout moment, sans avoir réellement d'emprise dessus. Mais il fallait répondre toujours à une demoiselle curieuse, pour satisfaire en partie son attente.

Si je vous disais que rester dans l'ignorance -celle d'explorer son intérieur- susciterait et amplifierait ma curiosité, vous me répondriez quoi?

Au fait, je me suis permis d'envoyer une musique sur une fréquence que j'ai ouvert tout à l'heure. "Le Jukebox". Je me suis permis de vous dédier une musique, laquelle je l'espère suscitera votre intérêt, en espérant que vous apprécierez. Je ne vous ai pas explicitement nommé pour garder votre anonymat, cela ne regarde personne après tout. En tout cas j'espère que ma petite attention était délicate à votre encontre.

Le ton était celui à l'accoutumée, bas, calme, hispanique.

Désaltérée depuis, sans gaspiller de l'eau précieuse, même pas pour mouiller un peu sa nuque.

J'n'ai pas de certitudes sur grand chose, c'est pas trop difficile.
J'ai pas l'impression qu'vous l'êtes, rigide. J'ne le perçois pas en tout cas.

La majorité des vices s'oppose à la morale, même si j'suis loin d'avoir une liste précise des vices existants.

Jugeant inutile d'en citer quelques uns, elle ne s'étendit pas là dessus.


Petite moue d'amusement sur les lèvres avant de poursuivre.

J'pensais au bien et au mal, pour la nuance, savoir si vous étiez doté des deux ou plutôt vers l'un.
Brutal et tendre, c'est opposé mais complémentaire j'trouve.


Impossible de deviner que sa réponse sur l'instinct ait pu provoquer quelque chose. Cela restait vague et voulait tout et rien dire.

Si vous voulez jouer sur votre imagination, j'n'ai rien à dire pour vous inciter à n'pas le faire.
J'permets, même si j'ai pas d'réel pouvoir à le faire véritablement.


Une réflexion pour la suite, la question étant un peu délicate.

D'la frustration en naîtrait sûrement mais vu qu'la curiosité s'accroît, c'est intéressant. Toute curiosité, sauf malsaine, est positive et suppose d'l'intérêt, au moins un peu.

Faisait-elle réellement mention à la Falcon en ayant dit cela ?


J'ai su que la chanson m'était dédiée et l'attention m'aura plu. J'vous ai facilement repéré, vous y laissiez des indices, plus gros qu'mon pouce.

Déclic. Sourire aux lèvres.

Ah, cela me rassure. Rien n'est plus contrariant que la rigidité d'esprit. Je pense que si nous avions tous un peu de souplesse et de compréhension voire seulement de là "non certitude", ce qu'on appellerait le Doute en philosophie, le monde aurait franchement une autre gueule. En tout cas je vous remercie de la considération que vous me donnez.

Mais la nuance me concernant? Je dirais que je suis sûrement touché par le bien et le mal. Personne ne peut être dans la pureté absolue. Pour le mal on peut verser corps et âme, hélas, je le crains.

Au fait, si notre discussion pseudo-philosophique vous enquiquine, on peut laisser de côté. J'aimerais bien connaître des choses sur vous. Que nous installions un climat de confiance petit à petit, si cela vous intéresse?

Il se mordilla instinctivement les lèvres lorsqu'elle abondait sur le sujet de la brutalité et la tendresse.

Tout à fait complémentaire, je suis d'accord. Et vous, dites-moi, vous êtes de cette tendance aussi: Brutale et Tendre?

Elle aura remarqué immédiatement le ton, maintenant qu'elle doit connaître le brun un peu plus. Le ton de sa voix était un peu charmeur, mais surtout cette tonalité suave et basse dans la tessiture, si caractéristique de ces moments furtifs de plaisirs verbaux, qu'ils s'envoyaient, l'un l'autre.

Enfin il remarqua qu'elle semblait intéressée par sa curiosité. Oui c'était acté. Et quelle curiosité? Celle de voir ce qu'il y avait "à l'intérieur avec sa main experte". A ce stade tout était confusion feintée, le jeu était parfaitement planté. Ils parlaient de la Falcon, mais il y avait une allusion à tout autre chose. Le savaient-ils tous les deux? Assurément oui.

Oh, j'ai laissé de si grosses trace peu subtiles? Racontez-moi tout. En tout cas j'ai pensé que le ton de la musique était propice à nos discussions nocturnes. La lune, un bourbon et une route. J'ai pensé à vous en l'écoutant la nuit dernière, alors que nous nous saluons pour la nuit.

Il déclarait l'apprécier beaucoup. Ce n'était pas clairement explicite, il y venait doucement. Peut-être relèvera-t-elle la substance profonde?

La voix un peu moqueuse.

Vous aviez peur qu'je perçoive un peu d'rigidité en vous ? D'là à c'que j'vous rassure, vous n'exagérez pas un peu ?


Les mots suivants moururent sur ses lèvres avant même qu'elle les prononce. Sa langue ne la trahirait pas cette fois ci. Autant patienter, si elle s'en souvenait d'ici là.

Il n's'agit pas vraiment de considération, seulement c'que j'entrevois à force de parler avec vous.
Le monde d'aujourd'hui a déjà une sale gueule... j'doute d'un mieux mais j'suis peut-être pessimiste pour l'coup.

Elle n'm'enquiquine pas, même si vous êtes largement plus causant qu'moi sur ce sujet. Mais ça n'm'ennuie pas, pas encore.

De se départir d'un soupçon de moquerie mais envers elle-même à la fin de la phrase et revenir à un timbre plus dans la normalité.

J'vous imaginais dans cette nuance là, j'suis pas surprise. Aisé d'se plonger dans l'mal, j'suis d'accord.

Dit-elle en songeant à la menace de mort qu'elle avait proféré sur les ondes publiques, menaces qu'elle espérait appliquer un jour.

D'étendre ses pieds nus sur le sable et s'en caresser un peu la voûte plantaire.

Oui, même si je n'sais pas trop ce que j'pourrais raconter sur moi. Ca risque d'pas vous intéresser autant qu'vous l'pensez mais... si vous voulez mettre c'climat entre nous, j'ne le refuse pas.


Jouant à se frotter les gros orteils entre eux, de réfléchir à la réponse et davantage quand il usait de cette voix avec elle. Si elle n'y prenait garde, elle pourrait bien un jour plonger tête première dedans. Serait-ce désagréable ? Au fond, elle savait que non.

Dans un sens, j'le suis, un petit mélange des deux, même si l'côté brutal est moins prononcé. Comme beaucoup d'choses, ça dépend à quoi j'aurais à faire face... Mais j'pense avoir un peu de... j'sais m'adapter au mieux.

Un sourire.

Rien qu'la Falcon, si ça m'sautait pas à la tête, j'serais la première des imbéciles.
Elle l'était, vous êtes chanceux d'avoir trouvé cette petite mine d'or.
Seulement en l'écoutant ?

Un léger rire, elle avait parlé sans réfléchir et rajouter sitôt.

J'plaisantais ou peut-être pas.

Elle hésitait encore quant à l'appréciation, même si la régularité de leurs échanges le laissait à penser.

Il était tard et comme chaque soir, il rentrait dans la Falcon, derrière le volant. Il alluma la radio avec encore un peu de jus et laissa tourner en fond une musique. Peut-être en capterait-elle quelques accords.

« E. Van Halen – Catherine »

Il remarqua évidemment son ton moqueur. Et tiqua sur la rigidité. A ce stade, il savait qu'il y avait un jeu intense au-delà des mots. C'était amusant, plaisant, d'autant plus que son interlocutrice était fine.

Huhu, non je n'exagère pas, on aime bien être rassuré par son entourage je présume. C'est toujours agréable, d'autant plus lorsque c'est pas une personne que nous apprécions.

Allait-il mentionner la "rigidité". Non, laissons-la languir pensa-t-il, ça avait encore un meilleur goût. Il la voulait encore plus audacieuse. Son attitude joueuse et troublée en même temps, l'amusa profondément.

Je suis franchement pessimiste aussi. Je ne vous blâme pas. Je crois qu'on a tous subit de profondes séquelles, chacun à des degrés différents évidemment. Mais certaines sont tenaces mais faut vivre avec.

Il sourit doucereusement, alors qu'elle tentait de s'extirper. Cependant il n'avait pas eu vent de ses menaces proférées sur les ondes.

Oh, ne vous inquiétez pas, si le sujet devient pompeux pour une raison ou une autre, nous redeviendrons plus léger. Moi-même cela m'agace, j'ai arrêté depuis longtemps, enseigner la philo c'était autre chose. Je sais pas pourquoi j'ai bifurqué sur ça, déformation professionnelle sans doute, mais ça n'a plus aucun intérêt. Du verbiage autour des concepts. La Réel c'était tout autre chose. Oui, prenons une autre direction, celle avec votre Cul...de sac?

Petit rire amusé.

Il se livrait un peu plus. Il parla de son passé, furtivement. Mais revint sur d'autres trucs.

Non sentez-vous libre, c'était juste une suggestion. En tout cas ça me fait plaisir de poser ce climat entre nous.

Il se poussa en arrière dans le siège jusqu'à le faire craquer sous la pression. Elle lui disait être des deux tempéraments. Il apprécia et cela allait s'en dire. Tout hispanique qu'il était, savait que cela pouvait être particulièrement détonnant.

Il cligna des yeux, puis se recoiffa doucement les cheveux en se regardant dans le rétroviseur. Et c'en était trop. Elle n'avait pas complété sa phrase et la curiosité était telle qui ne put la réprimer, cette fois.

Mais vous pensez avoir un peu de ... quoi? Je ne vous ai pas entendu je crois.

Il était accroche à son émetteur. Il n'arrivait pas à déchiffrer ce qu'elle aurait pu vouloir dire.

Enfin il rit.

Confidence pour confidence? Je commence alors, je vous fais confiance. Je pense que c'est un bel exercice pratique pour instaurer le climat susmentionné: Alors, non, pas simplement en écoutant "Moon of Bourbon Street". Mais peu après notre reprise de contact. Et vous?

Il avait usé de son ton, chaleureux et charmeur, c'était instinctif. Chaque mot était comme une empreinte chaude qui parle du papier blanc et immaculé. Chaque mot pèse et a sa saveur.

Les lèvres s'étirèrent un peu. Si elle avait occulté l'autre sens que lui évoquait le terme rigidité en répondant, car c'était un coup à sortir une connerie peu subtile, il la provoquait là dessus ou n'en était pas loin. D'arborer un franc sourire tout en dessinant des cercles du bout des doigts qu'elle effaçait aussitôt. Une façon comme une autre pour estomper les pensées qui s'invitaient.
En sourdine, elle percevait quelques notes mais sa voix couvrait bien.

J'essaierais d'vous rassurer un peu plus, si l'besoin s'en fait sentir.

Tout s'réduit avec le temps, enfin à peu près tout. Ou d'subir une lobotomie...


Il venait de lui faire profondément froncer les sourcils, même si d'un coup tout s'éclairait. A enseigner la philo, sûr qu'il était maître dans ce secteur et en avait certainement beaucoup à disserter. Mais c'était avant. Le changement la surprit tant qu'elle resta un instant la bouche ouverte avant de rire un peu.

Tant que vous m'faites pas d'cours sur la philo, ça m'ira, même si... j'y ai peut-être eut droit par votre déformation pro. Merde.


Le ton amusé et subtilement provocateur.

Mon cul... de sac... Etes vous vraiment certain qu'ce soit hautement intéressant ? Peut-être devriez vous interroger l'sable sur lequel j'suis assise.


Terminé l'accès provocateur, le ton se fit bas mais facilement audible.

J'me sens libre, ivre d'liberté... J'n'ai rien pourtant, enfin j'ne possède pas grand chose mais les murs ont tendance à m'étouffer. J'y serais pourtant bien à l'abri, j'le sais mais j'dois avoir c'besoin de... j'sais pas comment l'dire.


Elle ne se souvenait plus trop de ce qu'elle aurait dit à la place. Légère réflexion pour chercher, échouant.

En disant m'adapter, j'voulais dire qu'à chaque chose j'agis différemment... j'dois avoir un côté un peu imprévisible, juste un peu.

S'il se livrait, elle le faisait pas mal aussi, même si bien sûr il restait des zones d'ombres qu'elle ne confiait pas facilement.
Fermant les yeux, elle hésita à répondre sans mentir, mentir à demi du moins mais sa voix, encore une fois, incitait à la confidence. Il était clair qu'il savait obtenir ce qu'il désirait, pas à pas.

Vous m'faites confiance sans même m'avoir vu... J'dois être flattée ou vous êtes un peu fou ?


Un blanc et faire une réponse ou le mensonge serait exclu, adoptant un timbre mi moqueur, mi provocateur, pour brouiller les cartes. Il avait un sacré jeu.

J'ai pensé un peu à vous après notre premier échange, j'me demandais si votre voyage s'passait bien surtout.
Puis, au moment ou j'n'y songeais plus trop, vous êtes réapparu... Enfin votre intervention sur l'radio publique m'a renseigné sur l'fait que vous alliez bien. Pour être surprise quand vous avez renoué l'contact.

De se taire là car le reste était un peu trop personnel. Sans mentir, elle n'avait pas tout dit.


Il était amusé, lorsqu'elle montra de l'intérêt. Le rassurer dit-elle, elle se voulait attentionnée, quelle douce caresse. Il nota évidemment ce fait et sourit en son for intérieur. Il pensa la même chose d'elle, mais se garda de le répéter encore. Point trop n'en faut. Il préféra laisser encore l'étincelle se nourrir de quelque chose de plus authentique et plus profond. Mais il allait à coup sûr la rassurer ponctuellement, si besoin en était. Et dit enfin sur un ton amusé mais sincère.

Nous tenterons de nous rassurer mutuellement dès alors. Si le passé doit rester là où il est et j'en ai l'intime conviction comme vous me l'aviez suggéré, laissons-le alors de côté. Qu'il se réduise et disparaisse. L'important est le présent et peut-être le futur proche...

Il arborait un ton déterminé, quelque chose de différent se fit entendre dans sa voix. Et il allait continuer sur cette lancée, cette petite lucarne qui s'était ouverte à lui, pour en venir au fait.

...Lorsque j'évoquais le futur proche, je pensais que dans un hasardeux hasard totalement fortuit nous pourrions nous croiser au détour d'un cul..de sac? Je me trouve actuellement près de "Bay Harbor". Vous pensez vouloir me divulguer votre position?

le "cul de sac" signifiait-il la fin de la route? Là, assurément. Il s'amusa aussi à parsemer sa demande de sous-entendus divers et variés et d'apporter une touche d'humour décalé, au tout, pour diluer le sérieux de son propos.

Huhu, oui merde j'ai déconné, vous m'y reprendrez plus avec la philo.

Il rit avec elle de bon coeur.

J'ai cette sensation aussi. Vivre intra-muros, je ne suis pas fait pour ça. Je pense que vous avez deviné aisément que je préfère me retrouver sur une route infini au volant de quelque chose de tendre et de brutal en même temps. Pourvu que le ciel m'enveloppe de son immensité insaisissable. Jeter le regard à deux fois pour être pris d'une délicieuse frayeur nocturne. Qui me rappelle que tout ceci dépasse mon entendement. Ivre d'aventure et libre comme l'air.

Il remarqua évidemment qu'elle se livrait beaucoup, en fait tout deux jouaient à ce jeu et ce de manière instinctive. Comme si c'était naturel. Aucun malaise à priori. Tout était fluide et de bon ton. Il souligna aussi le fait qu'elle était touchante lorsqu'elle racontait ses récits, plein de sincérité sans doute. Cela l'encouragea à agir en conséquence.

Non, soyez flattée, mais je suis peut-être un peu fou comme tout le monde. Mais ce n'est pas grave je prendrais le risque. Mais, par confiance j'entendais celle de vous livrer un peu de moi, et de vous inciter peut-être à faire de même, si seulement si, votre coeur vous y convie. Je ne veux rien entendre si cela ne doit pas être dit maintenant. Tout à son temps.

Le ton était solennel et sincère. Il se voulait rassurant aussi. Qu'importe de savoir un passé révolu. Il y avait plus important maintenant.

Ah, vous aussi. Vous aviez été surprise? C'était une surprise positive négative? Me concernant j'ai été content d'avoir eu le courage de vous recontacter.

Il s'immisça directement dans son piège. Il le voulait.

Hum, votre cul...de sac m'intéresse oui. D'ailleurs à ce titre justement je me demandais de quoi il était recouvert. C'est très important le revêtement, pour le carrossage. Cela détermine les secousses... du coup comme vous êtes assise sur le sable, je présume que c'est du sable dont il est recouvert, cette route qui mène au Cul de sac? Je pense que la Falcon aura difficile. Très difficile. Mais il y a plus de plaisir. C'est une propulsion...mais je pense pouvoir maîtriser la difficulté.

Faisait-il toujours référence au cul de sac que mentionnait pour la première fois Blanche Neige? Cette fameuse "route qui finit". Ou parlait-il résolument d'autre chose. C'était évident.

Si elle n'était pas déjà assise, elle serait tombée sur le cul. L'idée de le rencontrer avait bien sûr germé dans son esprit mais de là à ce que lui le veuille vraiment et lui indique en plus la zone où il se trouvait, elle en resta bêtement silencieuse. Bay Harbor, si le nom lui évoquait une communauté apparemment disparue, elle ignorait bien ou cela se trouvait et de fait, si elle s'en trouvait proche ou très éloignée.
Il venait de prendre un risque énorme. S'en rendait-il compte ? Il allégeait brillamment ses propos, pouvait même mentir sans qu'elle le sache mais elle doutait d'un mensonge. Terriblement en proie à des sentiments contradictoires face à cela. D'opter pour de la légèreté.

Le hasard hasardeux serait-il bien fortuit dans c'cas ? Ou bien... vous désirez lui donner un sacré coup d'pied au cul à ce cul d'sac ? Sans qu'il soit douloureux bien sûr, enfin si un cul d'sac peut ressentir quelque chose... En fait c'serait plus l'pied que j'plaindrais. Mais peut-être qu'un hasard moins hasardeux pourrait m'intéresser.

Si le ton était resté sur la même tonalité tout le long, elle avait conscience de ce que cela signifiait et l'idée la séduisait.



J'ne vous en voudrais pas si vous laissez libre cours à cette passion.

Si vous aimiez compter sur autrui, vous seriez certainement entre quatre murs, même si c'est là qu'un tout petit détail.
Oui, j'l'avais compris vu comment vous en avez débattu avec... ferveur, ou quelque chose comme ça.
Une délicieuse frayeur nocturne ?

Elle songeait à une chose bien précise mais peut-être se trompait-elle.

Vous m'incluez dans cette folie ?
C'ne serait pas forcément joyeux et j'ne voudrais vous plonger dans la déprime.

A nouveau un soupçon de légèreté par dessus le reste, même si les propos vagues ne l'étaient pas.

J'n'ai su trop quoi en penser pour dire vrai. Rien d'positif, ni d'négatif, j'vais dire que c'était neutre. J'n'aurais sans doute pas oser l'faire moi même, vous avez bien fait.



Elle se mordille la lèvre aux derniers mots. A le provoquer, elle obtenait le revers et cela lui plaisait, c'était certain.

Le revêtement... pourquoi n'y ai-je pas pensé. Heureusement qu'vous êtes là pour réduire mes lacunes. Du sable... essentiellement.

N'en disant pas plus volontairement.

Difficulté et plaisir... c'est une jolie association. J'suis presque certaine qu'la maîtrise sera... innée.

Termina-t-elle, la voix un brin charmeuse.


Ce n'était là que le fil naturel des choses, qui se déroulait peu à peu; Il s'était sincèrement engagé à tenter la confiance. La confiance avec elle déjà. Celle dont elle parlait, lors de leur premier contact. Il voulait lui aussi faire confiance et il prenait les risques un à un. Déjà, dévoiler un peu de soi en levant le voile quelque peu sur son passé. Lui notifier l'intérêt qu'il avait pour la rencontrer mais surtout lui donner l'emplacement de son campement. D'autant plus que de drôles d'oiseaux trainaient dans la zone.

Il eut un petit rire doucereux à son adresse. C'est qu'elle avait mis une couche d'humour en plus de la sienne et qui plus est, assez cocasse et subtile. Se touchaient-ils par l'esprit?

Huhu! Effectivement on appelle ça forcer le hasard. Mais oui, disons que j'aimerais le forcer, très légèrement, lui mettre un petit coup, sans l'endolorir pour autant, juste ce qu'il faut.

Et de changer tout net le ton humoristique et rigolard en quelque chose de plus bas. Et la brune devait dorénavant bien reconnaître la signature caractéristique de ce mode "nuit" de la voix de l'hispanique.

Je suis ravi d'entendre que l'envie soit partagée. Vraiment. Il m'a fallu un certain courage pour vous proposer une telle requête.

Ce mystérieux ton s'estompa doucement, furtivement, pour laisser place à son timbre de voix certes doux, mais naturel. Alors qu'il lui rappelait les fameux tableaux, il prenait un ton rieur.

Hey bien dans ce cas je vous laisserais me communiquer les détails de vos coordonnées, pour que je planifie par quel chemin pourrais-je passer. Je dois faire au mieux, vous savez, calculer mes rations avec des tableaux et consulter la carte pour un itinéraire optimisé. Comme ça avant la prochaine lune je pourrais déjà marcher un peu et continuer ensuite.

Il songea à une frayeur qui prenait aux tripes. La vraie peur.

Oui, une frayeur qui vous enveloppe la nuit, qui vous étreint sans vous en rendre compte. Ni son, ni murmure, comme si rien n'existait entre ciel et terre. Le sombre teint de la voûte céleste, vous fait prendre un quart de seconde -qui dure telle une éternité- conscience que vous n'êtes rien dans cette immensité; Une frayeur si intense qu'elle vous aveugle presque. Est-ce que nous ressentons une sensation similaire lorsque nous avons soif de vivre ou de connaissance...ou d'amour?

Il lui expliqua une sensation qu'il ressentait de plus en plus, la nuit. Alors qu'il s'habituait à dormir dehors au clair de lune.

Je respecte ça. Gardons un ton plus joyeux, je suis d'accord. Mais pour vous faire un peu rire, je vous incluais dans cette folie. Je m'incluais aussi hein. Mais à l'instar d'Alice et non d'une folle aliénée. Toute une différence. Déjà Alice est élégante, et sa folie n'est pas de son fait. Et puis son périple est marrant quand même.

Amateur de "Caroll Lewis" assurément. Et hop, un autre petit détail subtilement mis en avant, sans pour autant être gratuit. Il y avait sûrement un parallèle avec elle.

Oh, j'ai bien fait alors. A la bonne heure.

Ne savait pas clairement comment rebondir sur cette info. Elle restait à distance, et ne se mouillait que quelque peu, juste assez pour le titiller certainement. Et étonnamment il se mordilla également la lèvre, pourtant il ignorait tout de sa gestuelle à l'autre bout de la radio.

Il se lâcha encore un peu à la curiosité. Il savait, mais c'était difficile de résister.

Et, sous ce sable, vous pouvez me dire quel est le revêtement? Cela est important, je dois savoir si je dois préchauffer les pneumatiques de la Falcon pour l'adhérence ou alors y venir avec des pneumatiques froids mais tout en douceur.

Il reprit instinctivement sa voix basse tel un murmure. Il laisse de petits silences ci et là alors qu'il posa sa phrase délicatement dans ses oreilles. La voix était malicieuse et joueuse.

Han, vous pensez que la maîtrise sera innée? Dites m'en plus... sur l'association de la difficulté et du plaisir.

La jeune femme était bien loin d'imaginer la présence de drôles d'oiseaux dans la zone où Chris se trouvait. Bien sûr, les rencontres qu'on ne désire pas, cela elle était au fait pour en avoir fait l'amère expérience et à traîner seul, les risques étaient plus nombreux.
Jusqu'à quand entendrait-elle cette voix ? Jusqu'à quand entendrait-il la sienne ? Cela, elle y pensait pas mal.

Du courage, vous ? J'suis étonnée là encore. Même si j'aurais pu simplement refuser c'est vrai. Mais d'là à... Vous aviez peur qu'je dise non ? Comment...

Ravalant les mots pour finalement les balancer.

Comment auriez vous réagi si j'l'avais dit, ce non ?

Trop curieuse mais y répondrait-il ?


L'amusement pétille dans les prunelles à la mention des tableaux.

Vos fameux tableaux... inexistants. J'm'étais bien faite avoir c'jour là. Si j'vous en avais demandé un, vous m'l'auriez fait ? Ou j'aurais encore plus vite découvert c'qui s'cachait dessous ?

Plus sérieusement, si tel est votre désir, il m'faudra vous dire quelques petites choses.

Un soupçon d'hésitation pour prononcer la dernière phrase, bien qu'elle resterait encore vague. Il lui apparaissait évident qu'il devrait savoir dans quoi il mettait les pieds, même si elle conservait une légère indépendance.

Elle n'y était pas du tout au sujet de la frayeur nocturne et ce qu'il dit à ce sujet la fit longuement frissonner. Désagréablement. N'être rien, elle avait déjà ressentie cela et à juste raison.
Avec lenteur, elle refit sa queue de cheval, laissant tout cela s'envoler. Rien ne transparaîtrait dans sa voix.

J'ne connais qu'la soif de vivre... D'celle qui vous ordonne d'avancer ou d'fuir à moins d'y passer...


Elle aimait apprendre aussi mais la sensation était bien différente. Quant à l'amour, elle n'en savait rien, personnellement du moins.

J'ne sais pas si j'serais capable d'm'endormir en étant seule. D'courage, vous n'en manquez vraiment pas.

La fatigue la happerait bien sûr mais avec elle, la peur de ne jamais se réveiller.

Vous pouvez m'y inclure. J'ai... parfois d'bien étranges idées, qu'il m'vaut mieux éviter d'dire, au moins pour l'moment.
Alice, j'n'ai malheureusement pas lu c'livre. Vous pourrez m'conter l'histoire si vous voulez, enfin si ça vous ennuie pas. J'prends les résumés aussi.


Si elle était prompte à rougir, peut-être que l'afflux sanguin aurait coloré ses joues. Quant au trouble, il y était bien. C'est pourtant une intonation plus chaude qui répondit.

Vous voila bien curieux... J'dirais juste qu'avec cette humidité environnante qui couve, l'aération est... primordiale.

Faisait-elle allusion à ce temps caniculaire qui semblait vouloir se transformer en ondée ou autre chose ? Elle ne lui livrerait pas cette information.

J'suppose que l'adhérence conviendrait mais j'ne serais pas catégorique.
Vous maîtrisez bien des choses j'pense et bien plus sans doute qu'le peu que j'perçois. D'la difficulté naît peut-être plus d'plaisir ? L'instinct y joue aussi son rôle et ça a un petit goût d'inné, non ?

Presque convaincue par les derniers mots.


Le danger semblait être écarté; Une mystérieuse voiture s'était arrêtée tout proche de lui. Le brun était sur ses gardes. En tout temps, en tout lieu. Il savait que la bonhomie pouvait masquer parfois de vilaines pensées.

A vrai dire Blanche Neige, j'aimerais vite bouger de cet endroit, où j'ai campé un peu trop longtemps à mon goût. Une étrange deux chevaux s'est mise juste derrière la Falcon. En d'autre temps j'aurais sûrement apprécié... Mais là, les types semblaient assez louches. Ils m'ont demandé un renseignement concernant la Falcon V8, je pense qu'ils voulaient l'embarquer, mais sans gasoline... Ils sont partis directement. Bien trop puissante pour eux. Ils sont pas sérieux. Ils pensent que c'est une trottinette comme leur cacahuète? Sans blague!

Il y mit un peu d'humour malgré la frayeur certaine. Il tentait aussi d'expliquer qu'il n'était pas impatient quant à connaître sa position, c'était juste pour faire les préparatifs et partir en hâte avec un itinéraire plus ou moins clair, si il le fallait.

Mon courage sait se faire petit lorsque la situation l'exige; Risque élevé par exemple. Je ne suis pas un suicidaire ou un inconscient fini. Il faut garder, comme on disait il y a quelques lunes, bonne proportion dans la nuance. Être en équilibre.

Il répondit hésitant presque. Puis recouvrit toute sa sérénité et son habileté verbale. Il a suffit qu'il dissipe les gênes, se secoue la tête un peu et parle franchement.

Disons, je ne vous aurais pas plus importuné, si refus il y avait. Pensant que vous aviez vos propres raisons. Vous m'avez parlé d'une belle chose: faire confiance à autrui lors de nos premiers échanges, j'ai voulu y croire. Je vous parle donc de manière un peu plus libre, sans regretter mes révélations. Pas que je n'assume pas, mais simplement être serein avec vous lorsque je le fais.

Puis il rit.

Dommage, j'aurais pu pondre tout un délire autour des tableaux! Une autre fois n'hésitez pas.

Le ton vient se caler sur la même fréquence que son interlocutrice. "Serious Business".

Tel est mon désir de vous rejoindre? Oui. Mais est-ce que vous, vous le désirez aussi? Je ne peux pas décemment m'inviter ainsi. Mais en tout cas, je veux bien écouter ce que vous allez me dire concernant les "petites choses". Je suis tout ouïe.

Il écouta religieusement la brune. Il avait quelques appréhensions. Somme toute assez logique. Ce qu'elle s'apprêtait à révéler semblait pas une mince affaire en tout cas.

Puis elle le gratifia de compliments, cela le toucha. Sans paraître donner des compliments lorsqu'il en recevait -ce qui n'était résolument pas le cas au vu de leur longue correspondance- il la remercia.

Vous êtes mignonne Blanche Neige. Douce et mignonne. J'apprécie ces qualités chez vous, qui ont un tout autre goût d'ailleurs.

Il eut un tour complet de son sang. Agréable sentiment quoi qu'on en dise. Puis se laissa aller à un petit rire doucereux.

Si vous le voulez, je vous aiderais à dormir seule, en vous tenant la main...

L'absurdité de la situation était drole et franchement cocasse pour lui. Ca n'avait aucune sens, et de lui ouvrir la porte à Alice dans le monde de l'inénarrable, sans doute.

Oh non non, dites moi, partagez allez! Je veux entendre la Lys (l'Alice?) du désert qui sommeille en vous. Oh...j'aurais pu dire Le Lys (l'Ulysse?)... mais c'est encore une autre histoire ça...

Il rit doucement. En fait, il se moquait de ses propres jeux de mots enfantins.

Non je vous taquine. Je taquine ainsi mes amis que j'apprécie. C'est bon signe je crois.

Le ton interdit se faufila à nouveau comme une rumeur pour faire vibrer les mots du ténébreux. Il eut également une petite chaleur qui accompagna son timbre de voix suave.

Je ne sais pas, ma curiosité a été invité par votre charmante voix. Je n'ai pu résister à satisfaire ma curiosité. Je crois que j'ai le même vice que vous finalement. Vous réveillez chez moi ce genre de sensation? Han...j'ignore cela.

Interrogation feinte, évidemment. En tout cas lorsqu'il parlait de vice était-ce toujours de la curiosité dont il parlait? Alors qu'il tiqua sur un mot savamment choisi "humidité". Et de poursuivre sur le même timbre chaud de sa voix.

Il me ferait plaisir d'avoir de la difficulté dans la maîtrise de...euh Oui..non, je veux dire oui du plaisir dans la difficulté. C'est totalement ça. J'abonde.

Il avait totalement perdu le contrôle de ses mots. Il laissa glisser vers elle quelques pensées, désirs peut-être. L'avait-elle manipulé? Oh pas de manière négative mais plutôt de manière vicieusement malicieuse? Il en était troublé en tout cas.

Les mots firent écho pour elle, d'un passé tout récent. Se mouvoir constamment, à moins d'être protégé par un terrain difficile d'accès qui en rebutait plus d'un.
Sur l'instant, elle ne sut si elle avait compris, imaginant une paire de chevaux qui était venu non loin de lui avant de réaliser qu'il parlait de cette antiquité puis un froncement prononcé des sourcils avant d'être soulagée que les types louches se soient barrés de là. Aura-t-il craint pour sa vie, certainement. Elle-même n'en aurait pas menée large.
Du visage, elle opinait. Elle avait fait profil bas pendant sa fuite, évitant même de l'ouvrir sur les ondes publiques et pourtant, cela la démangeait de s'exprimer.
Le timbre est un peu grave.

L'équilibre... j'vous donne raison. Mais tout l'monde est louche, même ceux qui l'cachent bien. J'suis contente qu'il n'vous soit rien arrivé.

Elle aurait pu en rajouter mais s'abstint. Que dire de plus et le faire c'était s'exposer aussi. Elle en venait à s'inquiéter pour lui depuis quelques temps et cela, mieux valait le taire.
D'être touchée par la suite et un peu effrayée aussi. La confiance offerte pouvait être un couteau dans le dos mais elle y croyait pourtant. Comment était-elle parvenue à le convaincre ?

J'n'ai pas l'intention d'vous nuire, ni l'envie. C'est un peu un jeu de hasard, car on mise sur quelque chose... Une mise coûteuse.


Le ton repasse à la légèreté.

Attention, j'risque de vous l'demander si vous l'prenez ainsi.


Elle n'allait pas pouvoir y couper et ne savait trop comment aborder tout cela. Un moment de silence pendant qu'elle réfléchissait. S'y prendrait-elle bien ? Si lui avait des appréhensions, elle n'en était pas dépourvue.

Je désire vous voir, même si j'ignore c'qui passera au delà.

Ce n'était pas tout à fait vrai mais elle ne mentait cependant pas.

J'ai... lorsque vous m'aviez épié à distance, j'avais un but bien défini, ayant fait comme une sorte de pacte pour vivre. Si j'vis encore, c'est grâce à cela et sans avoir les mains liées... Ces personnes, qu'je ne nommerais pas, sont très certainement dans la catégorie louche mais ils n'cachent pas ce qu'ils sont.

Se tait. C'était suffisant pour le moment. Comment réagirait-il ?


Douce et mignonne... douce peut-être mais mignonne... J'ai un peu d'mal à le croire.
M'tenir la main, j'n'oserais pas dormir.

Un léger rire ponctue la remarque sans avouer la raison réelle.

Si j'vous le dis, vous allez vraiment m'prendre pour une folle ou tout droit sortie d'un asile... J'suis pas dangereuse mais là, j'crois bien que vous auriez peur.


Silencieuse et à l'écoute, buvant les paroles qu'il disait de cette voix si troublante. Elle aurait bien pu coller l'oreille à même la radio. Ses prunelles brûlèrent d'une lueur provocante pendant qu'il bafouillait. N'avait-il pas commencé à instaurer ce jeu après tout. Les dents mordirent la pulpe de sa lèvre, satisfaite de l'avoir troublé, même si cela faisait un retour à l'envoyeur.

Si vous abondez, peut-être qu'il y aura abondance. Tout au moins d'notre curiosité respective... L'éveil de ce vice ne peut pas vous être fatal ?

Ce n'était pas vraiment une question non plus. Sans avoir eut du mal à s'exprimer, un soupçon de trouble s'était glissé dans sa voix. Le percevrait-il ? Si une douche était à portée, elle s'y serait mise dessous, et de préférence, une eau fraîche.



Il le savait, le terrain pouvait s'avérer être un allié naturelle si on savait le dompter et l'assujettir à sa propre cause. D'ailleurs, il avait aperçu pour la première fois la brunette, justement alors qu'il était haut perché sur une colline, bien à l'abris, tandis qu'elle et sa comparse ne se doutaient de rien.

Et de la rassurer encore une fois, sentant légèrement son timbre se moduler.

Merci Blanche Neige, ils sont loin à présent et je suis, pour l'instant, totalement tiré d'affaire quant à d'éventuelles agressions de leur part. Mais ne parlons pas trop vite non plus. Je vais peut-être passer une ou deux lunes à "Bay Harbor", pour négocier des vivres contre travail, avant de reprendre la route.

Il sentit sa voix sincère l'effleurer de ton son être. Il apprécia cette rare attention à son endroit, surtout à cette époque. Ou la violence s'exprimait dès les premiers mots prononcés. Eux, c'était à bien des égards différents. Les mots étaient souvent empreints d'humours et d'une certaine subtilité. Ils étaient légers et doux. Même lorsqu'ils faisaient référence, sans le dire, à de la brutalité. La belle brutalité, celle qu'une femme et un homme aiment se donner en intimité.

En tous les cas, elle l'avait convaincu à s'ouvrir à la confiance. Il était serein avec ça. C'était reposant. La méfiance continuelle semble être un poison qui s'insinue à petite dose dans le sang. Il épuisait l'esprit et le corps. Et il l'en remerciait d'ores et déjà.

S'il vous plaît, ne dites rien à ce propos. Je sais au fond de moi que vous ne voulez pas me nuire et d'aucune manière. C'est moi qui me sens un peu coupable de vous laisser vous inquiéter de moi.

Le ton des deux se modulaient l'un sur l'autre. Ils passaient d'un mode à l'autre selon les sujets qu'ils abordaient. C'était amusant à les entendre. Probablement une personne extérieure aurait pensé qu'ils avaient beaucoup de complicité? Voire plus?

Ne me tentez pas! Je meurs d'envier que vous me le demandiez...

Serait-ce un sous-entendu? Tableaux ou autre demande? Ses yeux pétillaient à cet instant. Cela faisait directement écho à son inquiétude. La brune l'avait bouleversé et elle s'y prenait avec brio.

Alors il écouta ce qu'elle lui conta. Il eut un expression grave, qui laissa place finalement à un visage placide peut-être même serein.

Ah, vous avez des liens avec une sorte de mafia ou grand banditisme? Je ne juge pas votre passé, ni même présent d'ailleurs.

Qu'importe dans quoi on était mouillé. Tous étions éclaboussé, un moment ou un autre, par la merde ambiante et il le lui avait bien dit. Mais il fallait garder des regrets quant à son passé sombre. Il le fallait pour rester humain et en paix avec soi-même.

On est tous touché par le Mal, d'une manière ou d'une autre. Je ne vous juge que par vos actes, votre passé ne me regarde pas. J'ai aucun souci avec ça. C'est marrant, on en discutait justement un peu fortuitement finalement... Les travaux pratiques?

Il rit doucement à sa dernière phrase. Il est vrai qu'ils avaient fait beaucoup de théorie. L'appel de la pratique était imminent?

Il songea à tout ça, et pensa que tout ceci n'était pas un obstacle pour la rencontre, ni d'ailleurs nouer un contact à long terme. Voire plus. Mais tout ceci était encore une autre chose. A chaque temps, son temps et surtout son rythme.

Oh, vous n'oserez pas fermer l'oeil? De peur que je vous kidnappe? Expliquez donc un peu cela. Cette maudite curiosité, vous savez...

Et de rire un peu tout en récupérant un peu de sa voix chaude. Mais pas encore celle qui évoque des jeux érotiques en réplique aux mots chauds de son interlocutrice.

Mais non, je pense que vous êtes mignonne et assez délurée certes comme moi, mais pas folle maladive, juste folie délicieuse à la Alice.

Il récupéra sa voix suave et ensoleillée cette fois totalement, et entra dans son jeu, à nouveau. Il frémissait à chacun de ses moindres points de ponctuation. Tout pesa; L'intonation, la longueur des phrases et les mots choisis. Il voulait abonder sur elle, littéralement. Et provoquer ses vices enfuis et inavoués. Il se fallait de peu que le sang qui affluait entre ses jambes ne raidisse le bâton du berger. Cette simple pensée éveillait en un quart de seconde le volcan en lui. Il était impossible de masquer ses émotions toutes moites. La voix était à nue. Elle s'offrait littéralement comme un livre ouvert.

Il sera fatal peut-être à mon coeur. Mais j'aimerais expérimenter...

Lança-t-il, alors qu'il se trouvait dans le même état que son interlocutrice.
Puis un bruit de K7 se fit entendre et lui de la héler, presque un murmure susurré à son oreille.

Je voudrais partager cette musique avec vous, ce soir...On aurait même pu danser la Salsa sur ça.

Un brin perplexe pour Bay Harbor qu'elle pensait abandonné, à moins qu'il ne s'agissait plus des primes occupants et cela, elle n'en savait absolument rien. Une lacune qu'il lui faudrait combler peut-être. L'arrêt formulé lui permettrait aussi de localiser la dite communauté puis comment elle l'aiguillerait jusqu'à elle. Elle l'imaginait loin tout en étant très proche.
La voix amusée pour revenir à la normale, bien qu'il avait deviné son inquiétude. Présomption ou simple déduction ?

N'craignez rien, j'suis pas du genre à utiliser l'fouet... faudrait déjà qu'j'en possède un.
J'tenterais d'me souvenir d'ne plus en parler. Si vous commencez à vous sentir coupable d'ce que je dis pas... vous n'cesserez plus de l'être.

Cela fleurait le sous-entendu à plein nez. Comment pourrait-il mourir d'envie à la seule idée de concocter des tableaux ? A moins que le concept l'amuse.

Je l'ferais d'vive voix, si vous y tenez à c'point. Sauf si j'ai oublié.

Autant ne pas promettre si sa mémoire lui jouait quelques tours.


Pas surprise qu'il ait fait un lien rapide, même si elle n'avait pas proprement nommé de son côté.

Oui, c'est quelque chose dans ce genre là. Contrairement à mon nom, j'ne suis pas blanche comme neige, même si... si j'devais m'comparer à d'autres, j'suis plus grise que noire mais au moins, je le sais.


Petite pause pour réfléchir.

Les travaux pratiques... j'vais éviter de dire à quoi j'ai songé dans l'immédiat mais peut-être qu'vous voudrez bien m'en dire plus ?

Une façon comme une autre de ne pas trop se mouiller. Lui devra le faire si réponse.


Un petit rire fusa, le timbre un peu rieur aussi, pour le début tout du moins, car le ton changea peu à peu, devenant plus bas.

M'kidnapper... Vous en auriez vite marre j'crois si j'vous harcelais à coup d'plaintes et menaces en tous genres, même si vous semblez patient.
Ce serait plus dans l'idée qu'j'n'aurais pas forcément envie de dormir.

Pas de quoi satisfaire pleinement la curiosité, elle en avait bien conscience.

Si j'étais une folle maladive, j'crois qu'on m'aurait fait fermer l'clapet définitivement et pas en m'bâillonnant. Il faudra vraiment que vous m'en disiez plus sur cette Alice non lisse.

Elle aurait aimé mettre la main sur cet ouvrage et en compulser les pages. Il avait bien attisé sa curiosité sur ce personnage.


Les dents sur la lèvre dérapèrent quelque peu et elle manqua ensuite se mordre la langue. Léger grognement qui sera peut-être couvert par la recherche de la dite k7. Heureusement qu'elle évitait de se laisser tenter à l'imaginer mais les pensées s'acheminaient. La voix basse, délicatement veloutée.

Nous... expérimenterons. Y aura beaucoup.
La salsa... j'suis novice en la matière. M'apprendriez vous ?

Comment cette danse se pratiquait ? Son imagination qu'elle laissa filer le temps d'écouter les notes lui suggérait quelque chose mais quant à savoir si elle était à côté ou pas, c'était autre chose. Elle ferma les paupières, s'allongeant sur le sable, la respiration loin d'être dans le calme absolue.


Il présuma mais surtout devina cette inquiétude par son timbre de voix mais peut-être aussi par les mots choisis. A présent il hochait la tête doucement, avec un petit sourire.

Un fouet se fabrique. Un peu de branchage, quelques ficelles, un peu de doigté pour nouer le tout ensemble. Rigidifier un peu le nouvel artefact peut-être? Et prêt à l'usage... Comme ça si vous oubliez de me rappeler de vous entretenir sur ces fameux tableaux, j'userais du fouet!

Petit rire mi-gêné mi-amusé. Le ton était moqueur taquin mais empreint de gentillesse.

Oui, nous sommes tous éclaboussé vraiment. Donc ce sujet est clôturé pour moi. Vous pouvez vous tranquilliser Blanche Neige. Aucune inquiétude pour moi. Ce que je reproche à ce monde c'est qu'il soit plongé dans la plus profonde des tartuferies. Vous m'avez dévoilé un pan intime de votre vie, vous êtes en paix avec ça et moi de l'être avec vous.

De la rassurer sur ses activités parallèles "illégales". Il fallait bien survivre, en étant conscient de ce que l'on faisait.

Il voulut se mouiller donc, mais très légèrement.

Par là je faisais référence à tout un tas de sujets que nous avons soulevé. Parfois même sans les mentionner explicitement ou à travers de doux euphémismes. Enfin je veux dire des sujets plutôt qui ont effleuré notre pensée profonde. Et là depuis peu nous parlons de faire des choses de vive-voix. Les tableaux, la Salsa, etc... Je m'amuse du fait qu'on passait de la théorie à la pratique.

Réponse longue, savoureuse peut-être mais qui la laissera sur sa fin. Tout est dit et rien n'est dit en même temps. A elle de se mouiller un peu plus peut-être, pour en tirer des informations? Le jeu passât des Dames aux Échecs. Pour le moment qui était maté? La Reine ou le Roi. Cette pensée lui fait prendre un doux sourire à l'adresse de son interlocutrice.

Je crois que j'aimerais vos plaintes et menaces. Non je ne suis pas suicidaire comme je le disais, mais je pense qu'il y aura de la douceur dedans. Brutalité et douceur? Difficulté dans le plaisir. Je crois que ces concepts vous siéent bien...

Il lâcha un petit gémissement furtif. Avait-il eu une pensée qui se matérialisa en caresse? Avait-elle surtout senti ce râle discret et masculin?

Avec plaisir, je crois que j'ai justement la version graphique plus courte. Elle doit se trouver au fond de mon sac.

Après avoir poussé la K7 dans le lecteur radio, il se figea a nouveau à ses mots qu'elle glissa vers lui. Le boitier K7 aurait pu éclater en mille morceaux tant et si bien qu'il le comprimait. De justesse il lâcha le boitier. Et il reprit sa voix basse.

Oh...nous expérimenterons? J'aime quand il y a beaucoup à expérimenter...vous aussi? Et ce sera avec un plaisir non dissimulé que je vous ferais virevolter sur les sons latins chauds et dansants.

Il ferma les yeux en écoutant la musique avec elle. Et au moment précis où ils se saluaient pour rejoindre des rêves, voire se rejoindre en rêve, la 2CV revient en furie vers lui. Elle se positionna tout contre le pare-choc de la Falcon. Un léger "bump" se fit entendre. La Falcon ne bougea pas, mais les mecs dans la 2CV ont sûrement compris qu'il ne fallait pas insister. Il y avait une différence nette de gabarit. Les 3 loustics sortirent de la 2CV et appelèrent Chris. La radio tournait encore et Blanche Neige aurait pu entendre.

Voix inconnue: Hey toi, sors de la Falcon.

Chris: Messieurs? Je vous ai dit qu'il n'y avait aucune goutte de carburant. Elle ira nulle part sans une grosse quantité..c'est un V8 et sauf votre respect, ce genre de véhicule ne s'adresse pas à des amateurs. Cela ne veut pas dire que vous l'êtes.

Voix inconnue: Ferme-la. Ne fais pas le malin. Bon tu t'y connais en caisse? Tu as une tête à faire le malin, mais aussi à connaître un peu la mécanique.

Chris: Euh, oui surtout V8, V10 américain... et quelques 4 cylindres, surtout français. Les 6 cylindres à plat de chez Porsche. Tout ça je connais en détail. Pourquoi?

Voix inconnues: Cela tombe bien on a du français ici. Elle a des ratés. Si tu règles ça tu auras un passe libre vers les territoires du Nord.

Chris: Oh? C'est donc ça? J'allais le faire gracieusement messieurs. Bien au travail. Vous avez des clefs de 12, voyons voir ça...

Il n'en croyait pas ses oreilles. La mafia locale revenait vers lui pour lui demander de régler leur caisse. Si la chance ne lui avait pas toujours sourit, là elle lui faisait faire des réussites critiques à présent. Loin d'être une corvée, il bénéficiait en prime d'un laissez-passer partout sur leur territoire. Après 30 minutes, le brun régla le ralenti sur la deusche.

Chris: Voilà messieurs, elle tourne comme une horloge, c'était juste l'arrivée d'essence dans le papillon. Le mélange n'était pas assez enrichi en air. Je me suis permis d'augmenter la pression elle va plus consommer mais elle va tirer toute la quintessence du 3 cylindres. Au fait, vous avez un peu de gasoline pour la Falcon?

Voix inconnue: Merci mon gars, tu es libre. Et pour ta Falcon V8... tu penses bien sinon on l'aurait embarqué.

Les trois gars rirent de concert et filèrent directement à bord de la 2CV. A ce moment, la radio se coupa.

Fronce les sourcils avant d'éclater de rire et vite réduire la tonalité car la nuit accentue les sons.

J'sais courir vite, si fouet y a, il n'm'atteindra pas. Ou j'planquerais tout c'qu'il faut pour en faire un. N'retournez pas la menace sur moi, c'est pas d'bonne guerre j'trouve. Pensait pourtant l'inverse.


En était soulagée, de cette clôturation, un fin sourire étira ses lèvres.

J'préférais éclaircir c'petit point et qu'ce soit fini m'va et m'arrange même beaucoup.


Longue effectivement, qui la laisserait sur sa faim également mais elle se contenterait de cette réponse, n'en espérait pas une en fait. Son idée des travaux pratiques rejoignait sensiblement la sienne, même si elle y voyait tout autre chose, qu'elle tairait.

Nous avions bien la même pensée sur les travaux pratiques. Appliquer ce qu'nous disons... Reste à savoir si c'sera complet ou juste survolé.

Le regard pétille d'amusement en disant la dernière phrase. Elle se mouillait sans réellement le faire car là aussi, y avait du survol.


Incertaine d'avoir bien entendu mais elle avait perçu quelque chose ou plutôt son corps avait légèrement réagi, inconsciemment, car elle se mit à frissonner. Ses doigts tirèrent quelques mèches brunes avant que sa voix, basse, ne revienne.

J'pense que vous y seriez sensible car si c'concept m'convient et qu'j'l'utilise parfois ou peut-être... vous, c'est bien pareil.


Elle avait hâte d'en apprendre plus sur cette Alice et elle aurait bien trépigné des pieds comme une gamine, les yeux pleins d'étoiles.

Génial, j'suis impatiente que vous m'en contiez un peu.

Sa réponse fut lâchée dans un petit souffle, juste avant qu'elle ne s'allonge pour écouter, en tout quiétude ou presque, car il savait provoquer ce petit tumulte en elle. Dire qu'ils étaient à distance, c'en était déconcertant mais également excitant.

Moi aussi... j'aime les expériences nouvelles, apprendre, encore...

Une bien belle soirée qui s'achevait encore. Il lui offrait matière à sourire, à rêver et si aucun merci n'avait dépassé ses lèvres, elle le remerciait déjà intérieurement. Lui parler était déjà un plaisir en soi et elle appréciait ces moments là, propices à la détente même quand les sujets étaient pas forcément légers.


Debout, elle ôtait rapidement le sable sur sa peau, sur ses vêtements, sa radio encore allumée pour dire sous peu le "bonne nuit", sa voix, la musique encore dans la tête.
Elle ne réalisa pas immédiatement ce qui se déroulait au loin, bien au loin d'elle et de son petit campement mais soudainement ses doigts se raidirent sur le tissu de la robe alors qu'elle se faisait témoin involontaire. A la hâte, elle reprit la radio en main, se retenant de marcher en large et en travers, de crainte d'interrompre la transmission.
Les lèvres crispées, les doigts tout autant sur l'objet, elle ne saisissait pas chaque mot, ce qui lui offrait parfois des coupures, brèves mais pénibles. Son coeur martelait contre sa poitrine. Elle avait peur, peur pour lui et cette frousse s'insinuait telle une maladie.
Impossible de reconnaître les voix, elle en dénombrait une, peut-être deux et cela semblait parler de voiture. Elle n'entendit pas la mention du laissez-passer et cela l'aurait peut-être rassurée, quoique. Etait-ce ceux à qui il avait eut affaire plus tôt ? Avaient-ils finalement changé d'avis ?
Silencieuse et pourtant que cela la démangeait de savoir et au moment ou elle donnait de la voix, le nommant, pour s'assurer que tout allait bien, tout s'interrompit.
Interloquée et inquiète, elle lança un regard rageur sur sa radio avant de la secouer dans tous les sens et tenter à nouveau d'obtenir le contact.

Chris, répondez moi... j'dois savoir si...

Dans sa tête, régnait le bordel le plus complet.


Il en rigolait aussi. Franchement bien amusé.

J'userais de mains douces contre vous mais je serai brutal. Ah oui, visiblement on peut marier les deux; brutalité et douceur. Tenez-le pour dit. Fouet ou pas. Je vous courrais après, si vous fuyez! Gare à vous...

Et de revenir en plein sur la "pratique". Voilà qu'il venait de quitter justement un bel exemple de pratique qu'ils pourraient se faire l'un l'autre. C'était chaleureux. Un certain jeu érotique semblait se dessiner ou plutôt même battre carrément son plein depuis quelques temps. Ils n'étaient absolument pas innocents. Le moins que l'on puisse dire. Il était plus que clair qu'ils savaient ce qu'ils aimeraient se faire. Mais, douceur oblige, -avant brutalité- ils parlèrent en sourdine. Plus bas, plus près du coeur. Et nulle pratique ne sera évoquée, pas explicitement en tout cas. Pas encore. Pas maintenant. Il voulait plutôt qu'ils se donnent faim l'un l'autre. Le jeu continua alors; Ils se renvoyaient la balle délicatement. Histoire de toucher peut-être le coeur de la brunette. Commencer à le viser plus sérieusement du moins.

Je vous apprécie beaucoup, que je préfère goûter les travaux pratiques, avec vous, de manière complète, pleine et entière. Je rajouterai même, de fond en comble. Que ce soit une pratique difficile et langoureuse...

Sa voix se remit directement en mode "nuit". Suave et chaude. Il soupirait presque en lui parlant de ces mystérieux "travaux pratiques". Le plus cocasse c'était qu'une tierce personne n'y comprendrait strictement rien à leurs sous-entendus. Il y verrait même une tâche physique plutôt laborieuse, difficile et fatigante. Il n'aurait pas totalement tort.

Je suis fort aise que vous aimez les nouvelles expériences. Cela me réjouit, vous n'imaginez pas Blanche Neige, que vous aimez apprendre...j'espère apprendre tellement de vous aussi. Encore...

Et de s'engoncer profondément dans la Falcon, alors qu'il lui gratifiait un peu de cette petite lucarne latine empreinte de chaleur et de soleil. Il la remerciait à sa façon, avec quelque mélodie qu'il coula à son adresse. Un remerciement pour tous ces moments quasi intimes qu'ils partageait avec elle. Ces soirées étaient devenues un lieu de rendez-vous intimiste. Et même si une certaine distance les séparait quelque chose de certain commençait à se nouer entre eux. Le temps prend le temps. Mais la base n'en sera que plus solide.

[Transition déjà décrite de la rencontre avec Vincent du CHC]

La 2CV s'était éloignée plus personne alentours. L'hispanique revient à la Falcon avec un petit sourire satisfait sur les lèvres. Il entendait la voix féminine l'appeler. Il courra rapidement pour saisir sa radio.

Blanche Neige?! Oui, je suis là, il se passe quoi?

...shshhhsHSshShhshs...

Il avait entendu le ton de sa voix craquer, il ignorait de quoi il s'agissait. Il était pris de panique car la radio crépitait à présent. Il commençait à secouer le récepteur. Il alla enfin le brancher sur la batterie de la Falcon, pour un apport supplémentaire en voltage.

Blanche Neige?! S'il vous plaît, répondez-moi, mais il se passe quoi?!

...ShshshshhsHSHHSHshhshshs...

Léger mordillement de la lèvre tandis qu'elle le voyait courir derrière elle, un fouet minuscule en main, tout juste bon à ratisser la poussière. Si son imagination lui offrit une vision amusante et légère, les mots dit par Chris fleuraient bon la provocation.

Si j'ai des bottes de sept lieues, il faudra une très bonne endurance. J'prendrais garde... Le pensait-elle réellement ?

La digestion de ce qu'il provoquait ne se tarirait pas encore. Avec une alimentation constante, délicat d'avoir un recul absolu et elle ne luttait pas réellement, appréciant ce jeu instauré. S'il lui avait déplu, elle y aurait coupé court à un moment donné, mais non. Ce trouble ressenti était bien trop agréable. Les mots choisis atteignaient leur cible et même si cela restait vague, porteur de non dits, elle les décryptait sans mal. A nouveau, elle frissonna, revenant mordre cette lèvre qu'elle finirait par blesser si elle continuait.
Le timbre de sa voix fut plus bas qu'elle ne l'aurait voulu, le trouble s'y distinguant un peu.

J'aurais été déçue qu'vous présagiez d'un survol, très déçue... J'veux... j'ai envie de la formule complète et profonde de ces... travaux pratiques.
Je ne sais si vous apprendrez beaucoup d'moi... mais j'suis pas contre vous offrir une ou deux astuces si vous les ignorez...

Elle s'était dangereusement avancée cette fois ci, les mots ayant un peu dépassé ses pensées mais il l'avait soigneusement attiré dans ses filets.
Pause musicale.

***

Comme par hasard, les nuages avaient fini par crever, baignant le sol aride et poussiéreux mais là, pas la moindre envie de tournoyer nue sous les gouttes d'eau. Inquiète, elle s'était réfugiée sous sa tente, à peine mouillée, fouillant dans ses affaires pour dénicher les rares fréquences qu'elle possédait, griffonnées sur un bout de papier. Tâche laborieuse car elle ne savait plus ou elle l'avait mise, l'agacement finissant par s'en mêler. Etait prête à aller sortir du sommeil l'Ebène pour obtenir ce qu'elle voulait et peu importait l'heure qu'il était. Les mains dans le sac, elle sortait tout à la volée, mettant un bordel pas possible jusqu'à tout cesser dès qu'elle l'entendit. La transmission n'était pas nette mais au moins, elle savait. Soupirant de soulagement, elle se fit glisser jusqu'à la radio.
Tout comme lui, y aurait des interférences et elle espérait qu'il l'entendrait.

Tout va bi... en. J'crai... gnais que qu'il v...ous soit arrivé que...lque chose.

Sa voix paraitrait étrangement lente, comme si elle s'étirait à l'infini mais elle parlait nettement, bien que dans un flot rapide, de peur que cela coupe et cela coupa. Aurait-il compris ?
A l'extérieur, la pluie fine n'était plus, la densité ayant augmentée.


Et de rire aussi, lorsqu'elle mentionna les bottes de sept lieues précédemment évoquées, en exergue, en préambule, alors qu'il lui parlait d'Alice, comme pour faire écho à Blanche Neige. Son instinct resta éveillé de plus en plus. Et il ne put réprimer une légère érection qui bossa son entre jambe. Cette protubérance resta là tout du long qu'il conversa avec la brunette.

La tournure des discussions devenait doucement érotique quoique cryptique. En fait cela battait son plein depuis quelques temps déjà. Il s'engouffrait dans chacun de ses petits pièges qu'elle éparpillait savamment, et il en avait pleinement conscience de ce qu'il faisait. Sa voix redevint plus basse et chaude, puisqu'à présent, une nouvelle couche s'est installée par dessus leurs échanges, et celle-ci, par contre, ne faisait que commencer. Le brun y prenait un soin tout particulier à la faire fleurir jusqu'à éclosion.

Il se laissa aller à une symbolique plutôt phallique voulant, à dessein, faire écho à son interlocutrice qui était délicieusement provocante et audacieuse. Quel fin stratagème pensa-t-il, en ayant un sourire plutôt malicieux aux lèvres. Et de déjà se languir de son état quant à ces mots mots chargés de sens qui lui adressera.

Oh, je vois. Vous trichez! Mais puisque vous usez d'artefacts légendaires, j'invoque à mon tour, la longue et dure épée Rubilacxe... et de vous courser ensuite en la brandissant. J'espère seulement avoir assez d'endurance pour vous suivre de...derrière...

Une chose le frustrait -enfin ce n'était pas négativement mais l'expectative nourrissait aussi un peu de frustration- c'était de ne pas la sentir. Sentir son parfum féminin naturel, mélangé aux phéromones, qui embaumerait et exciterait certainement ses narines. Et de la toucher délicatement en effleurant sa peau pour en déceler le moindre frisson d'une envie scandaleuse qu'elle lui murmurait sans doute...il eut une plus forte érection. Son instinct primaire ne pouvait plus être réprimé. Il ne le voulait pas, il voulait pour cette soirée, en goûter juste un peu.

Han, je suis tellement content de l'entendre. J'avoue que je nourrissais l'espoir que vous disiez cela. Que vous ayez envie d'une expérience complète, pleine et entière. Et de fond en comble qui plus est. Je voudrais également aller...en profondeur...avec vous et j'espérais même qu'il y aurait de la difficulté...pour le plaisir, il en sera que meilleure expérience...pour ces travaux pratiques. Et je prendrai tout de vous... Les astuces déjà. Puis conseils...

A son tour, avec sa voix suave et basse, il la provoqua scandaleusement. Il la poussa dans les cordes, et espérait éveiller chez elle aussi, cet instinct malicieux qui couvait un feu ardent prêt à jaillir.

Il ferma les yeux pour la revoir dans sa lunette. L'imaginer moulée dans sa jupette était déjà assez. Il dissipa vite l'image. L'érection tenue trop longtemps pourrait lui jouer des tours. Il lui fallait impérativement prendre de l'eau froide sur la tête. La maison brûlait intensément.

[Transition]

Ils venaient juste de partir que le brun entendit la voix féminine l'appeler inquiète. Il fonça sur sa radio, et comprit enfin, par bribe le propos. Il se tranquillisa et la rassura également. Son essoufflement était audible. Caractéristique d'un stress couplé à une course folle.

Oui, enfin je vous entends parfaitement bien Blanche Neige! Non tout a bien été ici pour moi, il voulait juste un service, ils viennent de quitter la zone...Je suis désolé, je vous ai encore causé des frayeurs par ma faute... Et moi aussi je me suis fait peur en croyant qu'il vous arrivait aussi quelque chose...

Il reprit un peu de ses esprits alors qu'il expliqua l'affaire cocasse. Finalement il lui rapporta un peu de nouvelles.

Au fait, durant notre coupure, j'ai dû finalement continuer sans m'arrêter à 'Bay Harbor', la zone semblait totalement dangereuse. J'ai eu de drôles de messages et j'ai pas demandé mon reste, j'ai filé directement en doublant de rythme vers le passage du verdoyant littoral à flanc de montagne. Je suis actuellement dans un sous-bois, assez fatigué. Et là justement un groupe m'a repéré. Ce qu'il y a d'étrange c'est qu'ils ont une petite fillette de 6 ou 7 ans... J'ai envoyé un appel qui est resté sans réponse. Je suis assez inquiet...

Heureusement qu'elle ignorait tout de l'état de Chris et même si elle pouvait se laisser à imaginer l'effet stimulant qu'elle provoquait peut-être, elle s'en contenait sous peine d'en dire bien plus qu'elle ne le souhaitait. Certes, elle ne masquait pas réellement, disséminant quelques indices ici ou là mais le plaisir du jeu incitait aussi à une certaine retenue. Finalement, la retenue avait tout d'une difficulté croissante mais l'exercice valait bien ce petit sacrifice.
Petit sourire amusé, ayant repris l'histoire des bottes à son compte. Première chose qui lui était venue en tête en songeant à la fuite.
Si elle avait disposé de cet artefact, comme il le nommait si bien, c'est bien plus sereine qu'elle aurait vécu sa réelle fuite.
La symbolique n'eut aucun mal à s'imposer, d'autant qu'il n'y allait pas avec des gants. Légère et discrète déglutition, chassant plus ou moins de sa tête la course en question. Sacrée différence entre un fouet ridicule et ce genre d'épée.

J'ne triche jamais. J'me sers juste du jeu qu'vous m'avez offert. Une épée fait un peu d'poids, c'est un risque à vous blesser avec. Etre à court d'souffle aussi, moi j'serais toute fraîche... Vous avez d'la chance que l'épée soit réputée solide, délicatement aiguisée pour fendre la chair... Mais un si bel artefact doit posséder son fourreau.

Elle avait mélangé un peu de tout, sans trop y réfléchir.

Enième déglutition tandis qu'il attisait un peu plus ses sens. Plissé des lèvres pour repousser l'envie de mordre, ses joues commençaient à devenir bien chaudes et que dire des sensations qui l'envahissaient doucement mais sûrement. Il rendait l'air suffocant.
Toujours sa voix à l'intonation troublée, peut-être une note plus haute.

Vous... m'inspirez cette envie. Ce besoin d'aller au fond des choses, de les explorer... longuement, prendre le temps de goûter à toutes ces saveurs... que donneront ces fameux travaux. J'en ferais une... liste. En fait non, ce s'ra... instinctif.

Ses mains tièdes vinrent recouvrir les joues pour les rafraîchir.
Incroyable pouvoir des mots qui agissait sur elle. Qu'en serait-il lors de leur rencontre réelle ? Elle n'y songeait pas, se laissant doucement porter par tout cela.

***

C'était un net désavantage que de s'attacher aux gens mais elle était ainsi, bien que le dissimulant mais insuffisamment sûrement. Qu'elle soit assurée qu'il aille bien lui permettrait de bien dormir, c'était clair.

N'vous inquiétez pas pour moi. J'ne suis pas seule contrairement à vous. J'dois aussi posséder un peu d'chance. N'vous excusez pas, y a pas besoin et d'vous entendre m'suffit.

Elle se demandait bien qui avait pu proposer le rendu d'un tel service. Qu'aurait-elle fait à sa place ? C'était vite vu, n'ayant pas la moindre affinité avec une voiture. Cependant, la mention du laisser passer la rendait très curieuse.
Le soulagement fut de courte durée quand il parla du groupe massif. Pour en avoir croisé, elle détestait cela mais elle était protégée par la mer de sable à ce moment là. Bien fou qui s'y serait risqué.

Avec tout le bordel qu'elle avait mis, la carte possédée était proche et elle la déplia en hâte, l'index nerveux glissant dessus pour situer la zone. Si proche et si loin à la fois. Sans savoir avec exactitude, elle devinait plus ou moins sa position. L'ongle gratta la carte. Une gamine, cela ne lui disait rien du tout. Ennemi, allié ou neutre que ce groupe ? Un soupir de frustration face à son impuissance. La voix serait raffermie.

Drôles d'messages ? On vous a menacé ? Vous qui vouliez vous reposer à Bay Harbor...
Je... j'ne sais malheureusement rien sur c'groupe mais j'peux me renseigner. J'ne promets pas qu'ce sera concluant. Pour c'qui est de l'étrange... c'n'est qu'un détail.

De tirer sur sa queue de cheval puis de confirmer.

J'n'aime pas trop ça mais j'vais user d'mes relations récemment acquises.
Soyez... n'faites rien pour vous mettre en danger.

Un conseil bien inutile. Pour arpenter ce monde seul, il savait tout cela.


Il songea aussi à la difficulté de ne pas céder aux mots francs. Il avait gardé le leitmotiv constamment dans le coin de sa tête; Douceur puis brutalité. Cela prenait tout son sens, de plus en plus. Cependant il apprécia précisément cette dite difficulté. Il est vrai que la chose était plutôt délicieuse à expérimenter. Y aller avec quelques doigts voilés, seulement. S'y introduire avec parcimonie et douceur, le regard interdit. Y gouter chaque petite avancée et d'attendre la réponse de son interlocutrice à chaque instant. Nommer la chose de but en blanc aurait tué le plaisir. Et puis à ce jeu, mutuellement et instinctivement consenti puis instauré, ils semblaient y exceller. La petite brune s'y prenait tellement bien; à chaque intervention, elle lui infligea une morsure de plaisir.

Il rit alors un peu.

Rectification ma chère: Vous usiez de tous les stratagèmes!

Et puis sa voix se gorgea de chaleur.

Hum, jolie remarque pour protéger l'arme. Très intéressante même. L'objet est effectivement réputé être solide, mais un fourreau est une des premières choses qu'il ait besoin. Tout solide qu'il soit. D'ailleurs, pour toute première mise au fourreau, il faut appliquer un baume protecteur sur le fil n'est-ce pas? Mais alors...seulement un soupçon...et...sinon vous pensez avoir un fourreau adéquat sous la main? Et si je vous disais qu'il faut un profond et étroit pour caler la lame...?

Elle l'avait littéralement brûlé au feu vif et ardent, et d'ailleurs il répondit directement, en laissant la réflexion de côté cette fois. Il fit de grosses allusions à son tour. Elle venait de l'inviter, en lui agitant son fourreau sous le nez. Il était difficile de se contenir tant et si bien que la Blanche Neige le malmenait dans tous les sens. Quel agréable chamboulement qu'elle lui procurait. Une sensation proche d'une chute libre. Le coeur était accroché mais valsait dans toute sa cage thoracique. Si la brune était à ses côtés elle aurait pu entendre un petit tambourin s'agiter.

Il suivait toujours le timbre de sa voix en se calant par dessus elle, tout comme dans ses pensées furtives d'ailleurs, alors que leur conversation battait son plein. Il se raidit un peu, puis entrouvrit la bouche pour laisse glisser un peu sur ses lèvres une langue chaude et râpeuse, légèrement humide.

Oh oui...cette envie que je vous procure est savoureuse... Et vous entendre proposer juste à l'instinctif...cela donne envie d'y goûter vraiment.

Pour seule réponse puisqu'il était paralysé. Il ferma un peu ses yeux et respira très fortement alors qu'il mentionnait "l'instinct".

Il fut touché. Elle ne lui parlait plus à son instinct animal, elle évoqua autre chose, celle de l'entendre et de se tranquilliser..

Oh Blanche Neige, vraiment, vous me touchez beaucoup. Je...vous me donnez la même sensation, et c'est un réel plaisir que de converser ainsi chaque soir. De partager quelques moments différents, et ce malgré notre distance...

Ensuite de déclarer, franchement. Pendant qu'il y était.

J'ai terriblement hâte de vous rencontrer Blanche Neige. Oh... J'espère que ce n'est pas trop direct comme exclamation?

Il rit alors pour dissiper ce ton incandescent. Puis elle le questionna sur un sujet crucial: l'itinéraire.

Bay Harbor n'était pas le souci en lui même, mais les alentours, impossible de rester là. La Falcon me manquera... Concernant les messages...j'ai eu un message d'une femme qui voulait commercer d'une bien étrange manière... Ensuite, un gars voulait de l'eau gratuitement. Il avait la tête qui ne me revenait pas. Et son arbalète avait un net avantage sur moi. J'ai continué comme je vous le disais sur ce littoral. A présent je suis en face d'un groupe avec un grand malabar noir, une fillette blonde assez turbulente un adolescent plongé dans le mutisme on dirait et enfin un russe je dirais... On dirait le cirque sans déconner!

Il s'esclaffa de rire pour détendre l'atmosphère qui s'alourdissait.

Je suis un baroudeur, j'ai un peu de bouteille mais effectivement là, je dois être vigilant dans ce col... Au fait, pour vous atteindre je dois continuer par où?

Ses joues n'avaient pas vraiment fraîchis. Elle se forçait à respirer calmement même si cela pulsait assez rapidement contre sa poitrine. Son rire renversa un peu de cette vapeur qu'elle aurait bien pu humer. Descente et élévation régulières, permettant d'aborder plus lucidement la suite. Plus ou moins.

N'le faites vous pas, vous ?

Un fil protecteur sur une épée... quelque chose de graisseux j'pense ? Pour éviter qu'la lame ne... quel est c'mot... émousser ? Dans l'doute, ce sera pour qu'elle n's'abîme pas pendant l'usage. Adéquat... la question est délicate et j'ne saurais répondre vraiment. La lame vient en premier, puis l'fourreau... avec une finition correspondante... Non ? J'suppose que ces deux... objets... devront être évalués ou quelque chose comme ça. Etes vous doué pour cela ?

S'en était-elle bien tirée ? Ses doigts se posèrent sur son ventre légèrement dur pour s'y frotter un peu. Répondre après un descriptif même vague, il ne lui laissait pas trop d'ouverture, d'autant qu'elle s'empêchait d'user de l'information glissée pour laisser l'imagination faire son travail de sape sur elle-même et son ressenti. Quelle idée d'avoir évoqué le fourreau mais à l'épée... Il l'avait bien eut et un sourire provocateur orna ses lèvres. De bien courte durée car il enfonçait un peu plus le clou, lui faisant ravaler sa salive. Mais n'avait-elle pas orientée cela ? Un juste retour à l'envoyeur et à ce rythme, elle n'allait pas tenir longtemps.
Rejetant le visage en arrière, les yeux clos, elle inspira et expira plusieurs fois, le temps que les mots prononcés de cette voix qu'elle avait envie d'entendre tout près, coulent sur elle, la malmènent bien odieusement. Effrayant et délicieux à la fois. A peine un semblant de calme revenu malgré ces bien minces efforts pour contrôler un peu, juste ce peu dont elle avait besoin.
Tapotant ses joues, les yeux rouverts, la voix charmeuse, lente et mesurée.

Vous aviez déjà cette envie... Je suis presque certaine de ça... L'instinct, c'guide qu'il est... Ne fait-il pas parti de vous ?

Court et pour cause. Elle l'entendait encore dans sa tête, bien cruelle lancinance. Elle n'était pas insensible après tout et allait finir par dérailler. Une petite façon de se sauvegarder encore. Il était un fort duelliste et jouait avec le feu.

Nul besoin de compléter, elle l'avait naturellement fait, silencieusement. Inutile aussi de revenir sur cela. Ce qu'elle avait dit était pensé.
Dire qu'il y a quelques jours à peine l'optique était toute différente. L'avait-il manipulé un peu ? S'y était-elle prêtée ? Comment savoir. Ou résidait l'important dans tout cela ? Son réel désir de le voir de ses yeux ? Pouvoir toucher ce qu'elle n'avait pu jusqu'à présent ? Lire un peu ce qui transpirerait de lui ? S'exposer également à ceci. L'appréhension renoua à nouveau en elle, sans doute était-ce une crainte légitime, elle n'en savait rien. Mise en sourdine de cette sensation.

Non, c'était... Vous m'communiquez cette hâte. Enfin non, j'l'avais déjà.


***


Ce littoral décrit, ou plutôt la portion qu'il longeait, lui était inconnu, pour le moment. L'examen de la carte effectué un peu plus tôt lui avait bien rendu service. Un jour, elle se perdrait, c'était tout vu.

Sur ces quatre décrit... deux me diraient vaguement quelque chose mais j'ne peux l'affirmer. Peut-être que...

S'offrir un instant de vive réflexion. Si elle ne se trompait pas, ils finiraient par se croiser mais la croirait-il vu l'étrangeté de la chose ? Elle même avait eut un mal fou. Se raclant la gorge.

J'crois bien que vous allez tomber sur un dojo ambulant... tenu par un... un chat qui parle.... J'suis sérieuse, j'vous assure. J'connais ce chat... Dites lui mon nom si cela peut vous servir.

S'il ne la prenait pas pour une tarée avec cela, mais elle ne mentait pas. Avouer ceci après qu'il ait évoqué un cirque, c'était presque drôle.

Vous devez... continuer de longer cette côte, au moins jusqu'à la fin d'la verdure. J'dois vous prévenir qu'hormis la côte propice pour l'eau, l'reste n'est que plein désert.
Vous n'pourrez m'épier encore malheureusement...


Il entendait à présent son souffle laborieux se caler au rythme du sien Ou alors était-ce son imagination débordante qui lui jouait des tours? Toujours est-il qu'il arrivait à sentir quasiment physiquement son souffle dans le creux de son cou. Peut-être même une main qui l'effleura de derrière la nuque, comme pour mieux le ramener vers elle, vers ses lèvres qu'il devine roses et tièdes. Et d'humecter un peu les siennes à cette pensée qui l'accaparait de plus en plus. Le baiser de la belle provoquait dans son for intérieur, de violents remous tumultueux et insoupçonnés. Il se laissât allégrement et indubitablement émoustiller, alors que lui-même tentât de s'enfoncer lentement dans son piège qui se refermait doucement derrière lui. Il voulait se laisser capturer. Quelle douce sensation. Et dire dans les débuts de sa phrase pour plonger directement dans une voix basse.

J'en use. Je le confesse! Et vous...vous vous laisserez con...fesser, à votre tour, par mes soins? J'ose espérer que vous avez quelque technique ou savoir-faire pour aiguiser une lame émoussée...je sais que d'ores et déjà j'aurais la plus grande des confiances quant à confier ma lame au soin de vos mains, que je devine délicates et douces...quoique sûrement brutales, pour manier et saisir la dureté de la lame... Je suis curieux aussi...concernant la manière dont vous appliquerez cette graisse le long de la lame. J'aimerais bien vous voir à l'oeuvre...

Je crois que...je peux peu évaluer la chose...je compte sur vous aussi...

Il sauta avec elle, pieds joints, dans le vide. Pris d'un haut-le-coeur inextricable qui lui donna le tournis, ces descriptions lui laissaient entrevoir quelque chose qui le faisait, si ce n'est émoustiller depuis un moment déjà, littéralement languir et trembler. D'imperceptibles vibrations qui se muaient finalement en spasmes furtifs à des moments clefs. Et d'ailleurs il ne put se contenir verbalement, il se laissât aller, peu à peu, à quelques déclarations franches.

Blanche Neige, vous me donnez des sueurs intenses...je perle...Vous me donnez des perles...

Han, c'est moi qui vous communique cette hâte aussi? On s'était rien dit à ce sujet, et pourtant tous deux influencés par la hâte qu'on distribue en sourdine. Dites, je crois que nos...coeurs...parlent en secret, derrière notre dos...Y a complot...

Il avoua, mais malin le malicieux, il n'expliqua pas l'objet de ses sueurs perlantes. Faisait-il référence à l'activité censée être le sujet de la discussion: la courser. Ou était-ce tout autre chose. Il la savait joueuse et taquine. Comme lui d'ailleurs, alors il joua encore. Mais il voulait également lui communiquer quelques petites délicates attentions qu'il dissémina tout autour d'elle, celles qui parlent au coeur. Il avait déjà commencé la discussion avec le sien, en parallèle de leurs délicieux petits jeux érotiques. A maintes reprises, il lui apparaissait qu'il l'avait touché quelques peu à cet endroit. Elle semblait y répondre également. C'était un autre niveau d'abstraction, peut-être moins technique, plus métaphysique. Cependant ils ne lâchèrent pas la tension qu'ils maintenaient coûte que coûte. Leurs voix s'embrasèrent.

Chaque envie est nouvelle ne serait-ce que dans son Idée au sens philosophique du terme. Chaque nouvelle envie endosse de nouveaux paramètres y afférents. Aucune envie n'est jamais la même dans l'absolu, même si elle en a la forme. Si bien que lorsqu'elle n'est plus -évanouie- elle est perdue avec l'objet du désir.

Vous pensez quoi de ceci?

Le ton revenant un peu plus calme, pour reposer les corps. Dès lors il fonça sur du sujet quelque peu sérieux, pour refroidir ses esprits un court instant. Les voyants étaient tous au rouge et la pression était trop forte. Car se connaissant un peu plus maintenant, il savait qu'ils y reviendrait évidemment en mettant les bouchées doubles. Il la savait aussi dans cet état de moiteur intense. Il voulait aussi lui donner un répit, pour la ressentir peut-être, encore plus chaude. Il dissipa d'un revers de main cette pensée qui le renvoyait dans le rouge. L'effet incroyable qu'elle avait sur lui. Bien plus qu'une pleine lune sur un loup-garou, et c'était peu de dire.

Il l'écouta alors qu'elle lui donnait des précisions. Il eut entre-temps de nouvelles informations qu'il s'empressa de lui communiquer.

Ah oui, c'est bien ça le groupe. J'ai eu la confirmation par un groupe amis à eux. Une femme m'a contacté et ma fait le topo. Elle me demande pourquoi Vincent, le gars à qui j'ai fait la révision de sa 2CV, me laisse passer au Nord. Elle m'a dit que je dois la convaincre elle. J'ai peu de chance si ils veulent me braquer... Toujours est-il que j'ai donné votre nom. Elle ne m'a pas répondu encore...

Un petit blanc pour reprendre sa salive.

Donc, je file au bout du littoral verdoyant, et je monte au Nord? Combien de lune à votre avis avant de vous parvenir?

Et de rire un peu.

Cette fois, non, je ne vous épierais pas... je crois que vous me verrez arriver.

Elle faillit presque rire à l'idée d'une confession, s'imaginant agenouillée, les mains jointes, tête basse. Mais les propos manoeuvrèrent bien vite la vision, sans surprise. Tandis qu'il évoquait ses mains, elle en passa une contre sa cuisse, frôlant le grain de sa peau, tentée de la faire bivouaquer dans le repli de ses cuisses mais elle l'écarta bien vite pour venir à nouveau tirer sur la queue de cheval en fin de vie. L'envie ne lui manquait pas de laisser libre cours à ses pulsions mais elle lutterait, quitte à être frustrée encore plus.

Si vous êtes un bon confesseur, peut-être qu'je me laisserais tenter. Des techniques, sans doute, mais si je ne sais pas, mes mains sauront. J'ne les critiquerais pas si facilement, j'me dis que vous serez capable d'juger sur place. Croyez vous qu'elles pourraient remercier face à des éloges ?
Curieux, encore bien trop... mais votre simple vue n'devrait pas être un soucis, je crois...
J'essaierais d'vous aider, pour l'évaluation.

Elle ouvrit la bouche, le front plissé, puis déglutit en frissonnant. Ce simple "je perle" ne lui évoquait qu'une seule chose et elle tira rudement, emportant avec elle deux, trois cheveux, ce qui la fit légèrement grogner. Assise encore, refusant de s'allonger pour échapper à l'attraction qui l'enveloppait, par tous les pores de sa peau. La cruauté a bien des formes. Douloureuse pour le corps qui a faim, maigre rempart qui enfouit le désir primaire, parfois bestial.
Le timbre velouté se pare de sensualité.

La sueur a goût de sel et c'est un excellent... accompagnement pour relever la saveur... Peut-être qu'je me plairais à vous faire suer encore et que de ma langue, je recueillerais ce tribut. Il ne s'y tromperait pas, très certainement.

Complot, je ne sais pas. Mais nous avons comploté, sûrement...

Ce calme, synonyme de répit, lui convenait parfaitement, bien qu'elle frissonnait encore mais l'effet s'estompa peu à peu, sans réellement disparaître. Ne s'en allongerait pas pour autant malgré l'appel de son corps qui réclamait des caresses.

N'était-ce pas un peu de philosophie ? Après tout, il était libre de s'exprimer comme il le désirait et la question avait au moins l'intérêt de la focaliser sur autre chose que sur lui, elle, eux.

Vous savez qu'je ne suis pas calée... Qu'les envies n'soient pas pareilles, j'trouve ça bien. Ca évite que... la lassitude peut-être ?
Evanouie, définitivement ? Si c'le cas, oui. L'envie et l'objet lié disparaissant tous les deux. Si c'n'est qu'un évanouissement prompt à renaître, il suffirait d'raviver. Mais encore faut-il en avoir l'besoin, l'souhait ? Loin d'être sûre d'elle, vu le panel qui existait pour l'envie.


Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres et elle aurait bien pu se rouler par terre, tant la coïncidence était énorme. Avait-elle une bonne étoile qui disposait des petits cailloux comme Poucet ?

Je... pardon. M'demandez pas c'que fout un chat à la tête de ça mais j'le trouve adorable. Cette femme n'vous fera rien, vous n'avez pas à vous inquiéter.
Pour c'qui est d'Vincent, j'n'aurais jamais pensé qu'il était celui qui vous aura donné ce laissez-passer... J'songeais plus à un vulgaire inconnu.
J'vous rassure, ils n'vous braqueront pas et si j'mens, j'vais en enfer. J'déconne, l'enfer c'est déjà un peu ici, en quelque sorte.
Méfiez vous plutôt d'ceux qui sont isolés là ou vous êtes. Ils vous sautent dessus, comme ça, sans prévenir. Si ça n'm'est pas arrivé, enfin si mais c'était car j'étais seule, là les gens ont carrément pété un plomb. Repose les yeux sur la carte, évaluant à l'arraché. J'dirais... deux... selon ou j'serais à c'moment là. J'voudrais savoir, disposez vous d'assez d'vivres encore ?
Je suis encore incapable d'vous guider précisément mais j'le ferais dès que je le pourrais.

D'avoir indiqué ce chiffre lui procura une sensation étrange, de celle ou on se met à compter les jours.

J'vous verrais, bien avant que vous m'voyez de loin...


Il ignorait évidemment qu'elle passait sa main sur sa cuisse à ce moment précis. Lui, avait plutôt en tête l'image d'une silhouette dans la pénombre du soir naissant. Il l'avait bien vu, pas assez, mais assez. Assez pour en deviner ses contours intimes et sa chevelure brunâtre. Si il avait su à quelle petite caresse innocente elle s'adonnait, il aurait été certainement encore plus odieux en manière. Et probablement de saisir sa tour ardente récemment érigée vers elle. Non! Il fallait impérativement intérioriser la frustration qui devenait intense, il fallait embellir le désir en quasi amour. Peut-être... Si quelque goûte de lubrifiant naturel avait coulé allégrement, le moins que l'on puisse dire, il s'interdisait tout jaillissement de sa liqueur blanche. Ils méritaient tous deux, bien mieux que ces bas soulagements juste éphémères et bien plus frustrants en définitif.

Oh oui...laissez-vous tenter, je serais votre confesseur...j'abonde totalement dans ce sens. D'ailleurs c'est amusant, en ce moment vous me faites abonder beaucoup. J'abonde...vers vous.

Il se frotta les yeux plus énergiquement que d'habitude, puis grattouillant quelque peu sa petite barbe naissante et se mit une petite gifle pour s'électrifier les sens. Il était littéralement galvanisé à chacune de ses prises de paroles, l'air innocente et joueuse. La vilaine malicieuse, préparait un terrain. Son propre terrain, qu'il devina sans peine, qu'elle désira qu'il le laboure. Et lui encore plus. Elle laissait de plus en plus pénétrer le loup qu'il était, dans sa propre bergerie, et de fermer derrière lui la porte, l'y piégeant. Elle prenait visiblement un malin plaisir. Plaisir partagé.

Sa voix était celle d'un loup. Mélodieuse, douce et ardente. Elle aurait pu sentir son souffle avec un peu d'imagination.

J'imaginais très justement suer pour vous...Labourer...votre champ. Si vous m'y donniez accès, j'y rentrerais à tâtons ou...comme il vous plaira. labourer en douceur et puis en brutalité j'imagine? M'aiderez-vous aussi? Que je ne sois pas le seul à suer...à perler...

Et une fois n'est pas coutume, il se lâcha légèrement dans du plus explicite.

Vous portez des vêtements adéquats pour la laboure? Il faut quelques ficelles pour la sécurité...Puis-je vous demander de quoi ce composent-ils? Après cela nous pourrons comploter jusqu'à tard dans la nuit. Si vous aimez les susurres et les regards furtifs?

Tout en la provoquant ouvertement, il lui posa quand même une réelle question. Ce qu'il voulait savoir, était clairement explicite, fantasme masculin oblige: Ses sous-vêtements, couleurs et formes. Trouvera-t-elle la parade pour l'en informer sans l'informer? Ou autre? Tout ceci n'était pas encore acté pour la brunette qui était semble-t-il dans le même état que le brun.

Il s'exclama, car elle avait réellement soulevé une réflexion qui l'interpella.

Ah mais oui Blanche Neige! Si le désir s'évanouie, l'envie et l'objet effectivement disparaissent de concert. C'est très romantique comme concept. On appelle ça le "Jamais Plus". C'est une tendance assez sombre du romantisme dont je ne suis pas friand d'ailleurs. Car comme on le disait, la vérité vraie, doit se trouver quelque part entre ceci et cela. Moi je crois comme vous le dites, le ravivement peut faire renaître toute chose à son état initial. belle philosophie que celle-ci.

Et quel ne fut pas sa surprise, alors qu'elle lâcha un rire franc. Il se tranquillisa enfin. Il était peut-être tiré d'affaire, sa belle étoile semblait briller encore un peu pour lui.

Ah, vous connaissez bien du monde par ici. J'ai de la chance de vous connaître. Vous êtes un bon parti vous!

Et de lui glisser une petite douceur au passage, l'invitant à se rapprocher de lui encore un peu.

Concernant Vincent, oui c'est un gars somme toute agréable, un peu dur du regard certes, mais il m'a laissé toucher sa Deusche... j'aurais aimé toucher tout autre chose, je ne vous cache pas. Par exemple...j'adore quand il y a une grosse sortie d'échappement. La vue de l'orifice...me met dans un état...

Et de remettre une autre couche sans crier gare. Il la voulait brûlante. Limite qu'elle ôte sa petite culotte et lui de l'entendre faire, mais il ne le saura jamais. Peut-être le deviner? Il peut toujours en rêver.

Oui, l'enfer est ici. Mais parfois un coin de paradis vous attend quelque part. Ce coin qui vous fait vous lever le matin et continuer à rêver. Qu'il vous aide à vivre et vous tient compagnie lorsque la nuit noire vous enveloppe... Merci Blanche Neige, vous m'aidez beaucoup. Et votre nom me sauvera la vie probablement.

Il lui faisait la cour, tournait aussi un peu autour du pot. Du sien, évidemment.

Je crois que mes vivres ça ira. Mais je dois pas me perdre après le littoral verdoyant à flanc de montagne. Lorsque je sortirais sur la zone désertique. J'ai une carte de la zone mais je pense qu'elle n'est pas complète. Du coup je vais m'avance Nord-Est et peut-être un peu Nord à la fin de ma lune?

Il réalisa aussi que l'impact était tout proche...sa gorge se resserrait. Son coeur se nouait et ses sens s'affolaient. Il allait tomber dans ses filets. Enfin. Et il conclut.

Oh, j'ai hâte de vous voir! J'ai du bon alcool sur moi, vous buvez? Je me laisse tenter par l'alcool de temps à autre lorsque je partage un moment. Ce serait l'occasion je crois...

Légère humectation des lèvres, les prunelles amusées.

Un petit essai de séance mais... une confession n'se fait-elle pas sans s'voir ? C'n'est pas une proposition pour m'confesser maintenant.
J'trouve aussi, vous abondez d'manière excessive mais... est-ce un mal ou un bien ? Amusant, seulement ça ?

Tait la question suivante, certes anodine mais bien lourde de sens et avec ce constant retour à l'envoyeur, la prudence fut choisie au dernier moment mais cela allait-il vraiment lui servir ? Le terrain devenait particulièrement miné et elle aurait presque pu sentir cette frayeur terrible avant l'explosion. Les piques provocantes allaient bon train.
La lèvre laissée en répit à nouveau mordue, bien durement, pour commuer l'infime douleur ressentie tandis que ses doigts libéraient le reste de la chevelure d'un coup sec pour en frictionner le cuir chevelu en douceur.
Ne pas céder.

J'suis... j'pense être en mesure d'vous aider, même si cette tâche m'parait bien masculine mais une touche d'féminité serait un ingrédient sans doute... utile, ou bien essentiel. La sueur résultant d'un travail acharné est une bonne chose, non ?
Votre curiosité est largement pire qu'la mienne... En étendit ses jambes, bien à plat et serrées l'une à l'autre, comme s'il était là, à pouvoir l'épier de si loin. Si vous saviez ce que je porte, vous n'en dormiriez pas d'la nuit... Un seul indice. Naturel... Souffla-t-elle suavement. Mais... c'est incomplet.

Léger plissement du front face à l'explication qu'elle aurait sans doute abrégé de son côté, pour la raison qu'il connaît.

L'état initial est il vraiment accessible ? J'voyais plus quelque chose d'différent. Plus profond ou plus fade. Mais si y a d'la fadeur, peut on vraiment parler d'l'envie ? J'crois pas trop.

Un bon parti... n'dites pas ça. J'n'ai rien du tout qui fait que... que... enfin vous comprenez. Tout comme j'ne suis pas responsable d'votre droit d'passage. C'est vous seul qui l'êtes.
J'suis venue dans c'petit coin, si le contact avait été mauvais, vous n'm'entendriez plus depuis un bon moment.
Contrairement à vous, j'ne l'ai jamais... Interruption involontaire, perdant le fil de ses mots, un petit grondement perçant. Sournois en plus. vu. Compléta-t-elle enfin.

Etait-ce elle ce paradis cité ? Qu'avait-elle fait au fond ? Rien, à son sens. Mais l'émotion noua un peu sa gorge. Elle ne savait que dire et garda le silence.

Vous... J'dirais oui mais c'n'est pas défini totalement. C'serait mieux qu'je vous indique un point précis quand j'l'aurais. J'n'peux rien présumer à l'avance, vraiment rien.
J'bois très peu. J'peux pas m'permettre l'ivresse mais heureusement c'n'est pas la seule chose qui procure ça. J'boirais avec plaisir de vous.

A la troubler, elle changeait littéralement le sens des derniers mots et elle s'en rendit compte peu après. Reposant la radio sans l'éteindre, elle se releva doucement et gagna l'entrée de la tente, ouvrant le pan pour laisser la fraîcheur la morceler. En avait horriblement besoin.


Il se remit quelques cheveux en arrière. Lui donnant toujours cet aspect hirsute décoiffé. Le désert rendait aux hommes leur aspect brute de décoffrage qui lui donnait un certain charme de baroudeur. Il se massait quelque peu les paumes des mains avec une certaine pression pour en sentir tous les bienfaits. Et de désankyloser par la même.

Décidément elle n'en manquait pas une pour renchérir derrière lui. Il pensa qu'il devrait peut-être introduire le sujet de la tente. Qui ne tente rien, n'a rien.

Oui, une confession, certes, se fait sans se voir, mais faut être à proximité par contre. Je dirais même dans une toute particulière promiscuité. Je ne sais pas si vous avez une tente? On pourrait y pratiquer une confession, de nuit. Il fera noir, nous nous verrons à peine... Non ce n'est pas mal je crois. Et lorsque je disais amusant, je voulais vous laisser le choix d'autre adjectifs qualificatifs...

Il fallait la pousser un peu à nouveau. La pousser, rien que ce mot l'électrifiait. Finalement son esprit était totalement figé dans la seule direction de la brune. Agréable et tellement stressant parfois angoissant.

J'espérais avoir votre concours. Et n'ayez crainte, et je sais que vous êtes sereine à ce propos, le gros du travail sera fait par mes propres soins. Même si parfois j'aurais sûrement besoin d'un peu de votre ingéniosité pour me défaire d'un mauvais pas. Ou m'aider à y aller...

Il lâcha un rire franc qui a déjà pour effet de le défrustrer légèrement et de masquer sa gêne certaine. Elle avait osé. Ce qui l'amusa bien évidemment.

Oh, je suis bien pire que vous en curiosité, non vous êtes méchante là!

Le brun écarquilla tout net les yeux. Le pouce légèrement mordu sur le début de la phalange. Juste sur l'ongle. Un tressaillement se fait fortement entendre. Comme un brusque détonement. Elle en tirera sa propre conclusion.

Naturel...mais incomplet? Qui est cet incomplet? Cela me taraude, dites m'en plus.

Répéta-t-il bêtement. En fait il était perdu. Et sa voix se fit mielleusement suppliante, pour qu'elle accède à sa requête. Malin ou piège trop grossier? C'est surtout comment la brunette voudra le prendre à revers...ou se faire prendre elle-même?

L'état initial? Le reset... pour des organismes robotiques peut-être mais pour le commun des mortels avec une âme? J'en doute. En tout cas, tout à fait d'accord avec vous. Si fade, aucune envie.

Ton tragique.

Oh non je vous interdis de parler comme ça. Vous m'avez aidé, soutenu, et puis... non je me refuse à entendre des théories qui ne sont pas arrivées! Vous êtes vivante et je le suis également.

Il glissa de sa petite voix basse et suave.

Je suis content de vous connaître sincèrement Blanche Neige...j'aimerais tellement partager des aventures avec vous. Vous voir...bientôt je présume? Encore deux lunes...c'est ça? J'ai si hâte... Et que n'avez-vous jamais vu?

Cette dernière chose lui échappa totalement. Il ignorait à quoi elle faisait référence, elle suspendait sa phrase, mais qu'avait-il dit? Il n'arrivait plus à se retrouver. Peut-être lui donnerait-elle un début d'explication? Peut-être.

Entendu, j'attendrais alors vos instructions. Je vais tenter de me frayer un passage dans cette gabegie humaine.

Un souffle et une respiration saccadée.

Nous boirons pour notre rencontre prochaine. Juste quelque peu. Mais je crois que l'ivresse viendra d'un tout autre artifice...

Et de la laisser un peu cogiter et ruminer. Tendus étaient ces dernières lunes, dans tous les sens du terme. Et de déclarer tout en regardant la voûte céleste toute illuminée.

Quelle belle nuit vous ne trouvez pas?

Encore un avantage offert à l'homme. Que le monde était cruel. Heureusement sa jeunesse lui en donnait encore un, son physique aussi. Mais la vie, elle, s'étirait à un rythme cassant et abrupt.
Le simple mot tente lui offrit un picotement de la nuque, pas désagréable. Simple alerte naturelle.

J'en ai une, bien exiguë et j'rentre à peine dedans. Petit mensonge glissé. Elle avait bien assez de place pour elle mais pour deux, songea-t-elle soudainement, englobant l'intérieur.
Une confession nocturne ? J'dors la... nuit. Vous n'oseriez pas m'rendre toute cernée en m'faisant parler une nuit entière ? Puis... ça suppose être chacun d'un côté d'tente.

J'me disais bien que vous m'laisseriez faire tout l'sale boulot, sous couvert qu'je sois... inventive. Indiscret. J'ne rajouterais que ça.

Sereine. S'il la voyait en cet instant, avec sa gestuelle nerveuse, réprimée bien souvent, à tenter de réfréner l'enlisement au sein duquel elle avait deux pieds bien ancrés, provocateur de la brûlure de ses joues et de son corps. Le calme n'était qu'un leurre, la tempête grondant intérieurement.

Vous défaire, vous y aider... D'la contradiction...J'ne sais si j'serais capable d'vous suivre. Ca sent l'bordel...

N'en pensait rien. Elle resserra ses bras autour d'elle, en proie à une contraction ventrale. Sa poitrine avait depuis bien longtemps réagi à son insu.
Perplexe et interdite, ayant faillit sursauter puis l'interrogation naturelle qui fustige son crâne. Qu'était-il arrivé ? Légère moue, la question lui brûlant les lèvres. Ouvre la bouche puis la referme au bout d'un instant, ne sachant comment poser les mots, pourtant anodins. Et si... Un frisson la traversa. Mieux valait garder le silence mais la question non formulée allait rester un moment en tête.
Un léger rire fuse.

J'ne suis pas incomplète, rassurez vous. C'est juste que... Ce ton suppliant la fit céder. Que... qu'il... Parfois j'ne porte rien. Hésitante pour finalement balancer tout d'un bloc. Une faible plainte lui échappa. Encore eut.

En accord, sans surprise, sur la fadeur, elle n'y reviendrait pas.

Sa remarque n'était qu'un constat et non un atermoiement que la déprime pourrait influencer. Là aussi, elle ne dit rien mais n'en ressentait pas moins.

Si cette bonne étoile vous guide, oui. Mais je le redis, vous êtes fou...
Bientôt, très bientôt. C'n'est que l'affaire de quelques jours, le décompte résonne dans ma tête...
Vu ? Elle ne savait plus et fouilla dans les méandres de son esprit. Vincent peut-être, qu'j'ai jamais vu.

Je le crois aussi. Souffla-t-elle doucement.

Plus apaisées étaient les siennes, même si la tension constante l'habitait. La responsabilité de ceux l'accompagnant certainement car lui, il lui offrait une tension positive. Un semblant d'équilibre ?

Son regard se porta sur la nuit étoilée, ce même ciel qu'ils voyaient tous deux. Un doux sourire.

Elles le seront bien plus encore...


Il eut ce petit sourire caractéristique de quelqu'un d'amusé mais qui ne savait pas encore réellement pour quoi. Oh, certes il avait une belle idée de la chose, mais beaucoup de paramètres restaient encore obscurs et mystérieusement voilés, que les deux amoureux du verbe, occultaient magistralement, chacun à leur tour, dans un jeu qui ne cessait de se poursuivre et s'intensifier. Alors il alimenta encore quelque peu l'âtre de son être. Et à chaque bûche qu'il porta à son foyer, elle se consumait en de jolies petites étincelles crépitantes. Évidemment, il souleva ses sourcils au mot "exiguë".

Vous savez qu'il est préférable de parfois être à l'étroit, à deux, dans une tente. Cela permet de vous parler plus bas. En tout cas je préfère cette étroitesse, que celle d'esprit des gens.

Un petit rire doucereux plissa ses commissures et ses traits.

Mais ne vous inquiétez pas, je vous laisserai vous reposer, loin de moi l'idée de vous épuiser...enfin, peut-être un peu, mais votre visage restera embelli, peut-être légèrement rosi cependant...oui, j'espérais besogner d'une belle façon avec vous... Je pensais que faire équipe, tous les deux, vous ferait plaisir; moi de vous soutenir et vous d'être inventive...

Il tenta de l'attendrir alors qu'il usa d'un ton mielleux. Il se fut de peu que sa propre gorge se tapisse de cette délicieuse liqueur dorée. Et elle l'entendrait évidemment.

Oui, j'ai de la contradiction, pour se faire cohabiter les opposés dans un équilibre nuancé? Et je suis sûr que vous serez capable de me suivre. Et puis tant mieux si c'est un bordel!

Il dissipait doucement son intense pression interne en dégagea des volutes de vapeurs de par ses pores. Pour baisser la tension, et un peu sa chaleur irradiante. Le rire l'aidait beaucoup. Cela leur permettra, à elle, à lui, de reprendre quelque peu leur esprit et reposer les sens en ébullitions.

Oh...vous ne portez rien...

Elle aurait pu interpréter cela de différentes manières. Cela l'excitait? Ou il restait dubitatif à ce propos? Peut-être sa voix l'aiguillerait et interloquera sa curiosité. Il laissa planer son émotion, suspendu à ses lèvres.

Ah, je suis fou? Un peu à l'image d'Alice sans doute. Et si on fêtait notre non-anniversaire lors de notre première rencontre? Je pense que ce sera notre non-anniversaire à tous les deux... Hum... ce serait intéressant. Alors on boit du thé à ce genre d'évènement et puis faut veiller à avoir toujours de la confiture sous le coude...sait-on jamais ce qui pourrait s'exciter au mot chatte...

Il eut un petit ton joueur et interdit. Mi-amusé mi-malicieux. Avant de lui expliquer.

Oh, vous verrez dans le roman graphique, c'est un passage succulent. A mourir de rire. Un de mes préférés sans aucun doute. Avec la scène de la maison.

Passionné, oui, au moins comme la mécanique automobile et peut-être la philosophie, cette matière qu'il avait dû enseigner à des petites têtes blondes crédules. Le Réel se raconte-t-il dans un manuel de philo? Ou s'expérimente-t-il en mettant les mains dans le moteur? Peut-être était-ce de là qu'il tenait son amour pour le cambouis...

Il acquiesça à l'histoire de Vincent. Elle ne le connaissait pas et il n'en rajouta pas plus.

Et enfin de lui répondre sur la même tessiture. Impatiente était sa voix. Ses yeux n'étaient pas en reste: une lueur qui éclaira presque la nuit.

Moi aussi, cela résonne dans ma tête...quelque jours encore...

Il jeta un regard derechef au ciel pour lui répondre ensuite.

Je voudrais découvrir la nuit avec vous. Je veux que la nuit nous appartienne...

Curieuse et amusée.

Le coeur, vous en parlez bien souvent.
Pour se parler tout bas, une tente n'est pas indispensable mais je situe c'que vous voulez dire.
L'étroîtresse d'esprit... j'espère en être dépourvue car j'déteste ça.

Pli sur les lèvres qui se mua en un sourire provocateur. S'il était en face d'elle, sûrement qu'elle en afficherait moins.

M'épuiser... croyez vous qu'je compte vous laisser indemne de mon côté ?
Ce n'est plus faire équipe... c'est vous défausser j'crois ou bien... m'laisser tout révéler pour qu'vous n'ayez pas à l'faire. Mon inventivité sera mieux si elle vous surprend un peu et si c'n'est pas le cas... vaut mieux qu'j'y pense pas.

Capable, capable... Je pense l'être. J'préfère n'pas affirmer même si j'le pourrais facilement.

Qu'avait-elle perçue ? De faire taire son imagination bien trop fertile à son goût.

Un ferme mordillement de la lèvre, quasi certaine que le simple fait de ne rien porter devait l'exciter. Simple logique. Inutile de confirmer ce qu'elle avait dit. La brève réplique sur cette intonation confirmait la déduction.


Léger froncement de sourcils, perplexe sur l'instant avant d'éclater de rire puis la mettre un peu en sourdine. Le ton un peu rieur.

J'n'ai pas d'thé... c'qui ressemble à d'la tisane oui à la limite et pour la confiture... moi j'ai pas. J'vous garantie que j'n'm'excite pas à ce simple mot... Etes vous rassuré ? Un non anniversaire c'est étrange comme chose mais j'comprends l'idée. Ce sera à vous d'garder la date.

L'allusion avait été remarqué mais pas relevé, volontairement.

J'attends de vous que vous m'le contiez, au moins quelques passages.


Un peu hésitante mais sa curiosité aurait le dernier mot, comme bien souvent.

J'vous ai entendu sur les ondes, l'attaque de Nation et... pourquoi cette mention du cheval de Troie ?


Le timbre doux.

Je sais ce que je veux. Vous aussi. Nous louerons la nuit...


Les notes musicales avaient été écoutés et la dédicace là encore, était suffisamment personnelle pour qu'elle s'identifie.

N'est-ce pas dommage que l'écoute soit passée ? Ou est-ce pour habituer mon oreille ? C'était superbe...

Sentiments probablement naissants oblige, il fut démasqué avec un seul terme: Coeur. Leurs discussions n'étaient plus de la courtoisie. Elles commençaient à revêtir un caractère sacré. Au-delà du vulgaire rituel; Parler pour parler. Il en fut troublé alors que la brunette le prit sur le fait.

Oh...le coeur c'est le centre de tout, vous savez...

Et de s'échapper en bifurquant sur la "tente" parce qu'il n'avait aucune autre justification que celle dont il taisait la nature. Non ce n'était pas honteux. Mais tout comme se laisser aller aux bas instincts, il préféra être plus proche d'elle pour le lui dire et de sentir, enfin sa réaction. L'idée le fit trembler comme un enfant qui attendait son cadeau de Noël.

...et vous voyez ce que je voulais dire lorsque je parlais de "parler plus bas" dans une tente?

Il affichait un petit sourire, mais la voix resta calée sur des sonorités chaudes. Et finalement, cela devenait une intonation régulière lorsqu'il communiquait avec Blanche Neige. A de rares occasions il élevait la voix lors de ses quelques exclamations pousser par un rire franc et bien marqué. L'humour côtoyait le bon mot.

A vrai dire, j'entretenais l'intime conviction que vous ne me laisseriez pas indemne...

Il glissa, encore plus bas, une petite annotation furtive.

...d'ailleurs je ne le suis plus...

Et de poursuivre sa réponse, l'air de rien.

...mais ce qui serait amusant c'est de laisser l'instinct choisir: équipière ou adversaire. Je sais pas dans quelle position...j'aurais plus à vous craindre...et donc oui j'opte pour l'inventivité qui surprenne. Surprenez-moi.

Il éparpillait d'autres indices tout en lui glissant d'autre données, peut-être précieuse. Sentiments, désir et envie s'entrechoquaient, dans une valse nocturne ou les mélodies parvenaient délicatement à l'oreille de son interlocutrice. Celle qui illuminait ses nuitées. Il se lécha la lèvre inférieure et ferma un instant ses yeux. Histoire de ressentir tout cela au fond de lui.

Une tisane pour notre non-anniversaire fera l'affaire. Nous prendrons ensuite une larme d'une excellente bouteille que je ramène avec moi. Et ce sera l'occasion de vous conter un peu de cette Alice. Votre alter ego. Elle pourrait être même mon alter ego féminine.

Rire amusé et gesticulations fébriles.

Je faisais référence à la non finesse de cette cité, dirigée visiblement par une fratrie de trois idiotes. Elles jouent les niaises à temps plein apparemment, mais semblent profondément de belles ordures finies. Je ne connais que Sybille de nom; qui est un vrai poison sur les ondes. Son cas doit relever de la psychiatrie profonde. Elle aurait deux soeurs également. Pas des plus fines non plus d'après ce que l'on en dit.

J'évoquais la technique du "cheval de Troie" pour narguer d'une certaine manière la sauvagerie et la violence avec lesquelles certains se sont allégrement rendus coupables dans ce désert. Ils s'ingénient à détruire toute une communauté sur un simple mal entendu parfois.

Il reprit enfin des tonalités suaves au relent d'été qui s'amorce.

Oui nous savons...et nous capturerons cet instant. Que cette attente me tarde de venir et de durer...

Il cligna des yeux. Puis respira un grand coup.

Et j'espérais que ces cordes pincées vous plaisent. D'ailleurs, comme j'ai récupéré quelques K7, vous auriez un lecteur à votre campement? Que l'on profite d'une soirée avec quelque sonorité pour installer une ambiance cosy?

Ce texte vaut une bière !

Le centre de tout... Petit plissé des lèvres alors qu'elle méditait sur cela. Sans doute était-il dans le vrai. Foutu organe qui contrôlait bien des choses, autant négatives que positives. Une belle arme à double tranchant. La meilleure existante sûrement.
Elle le laissa volontairement s'échapper, ayant obtenu la réponse.

Oui, enfin j'crois. J'n'ai pas eut l'occasion d'faire cette petite expérience même si m'serait facile d'l'imaginer mais c'est pas mieux que d'le vivre ?

Sa tente, vierge de toute intrusion nocturne. Elle méconnaissait donc ce genre d'intimité.

Sa voix surprise fusa sans réfléchir. Le ton reprit un peu de sa normalité, même si le trouble réapparaissait selon le sujet abordé.

Vous n'l'êtes plus ? Que... voulez vous dire ?
L'instinct choisit bien souvent ou finit par l'faire. Nous n'sommes que ses marionnettes. Peut-être faudra-t-il tester les deux, et m'confesser lequel vous plaît l'plus ou bien... si y a une sensible égalité.
Vous surprendre... J'espère y parvenir. Ponctua-t-elle, intégrant un soupçon de sensuelle promesse.

Mon alter égo et le votre... J'suis de plus en plus curieuse d'connaître le fin mot.

Elle écouta plus gravement la réponse à sa question lâchée.

Dès qu'il s'agit d'Sybille j'ne peux être objective. J'l'ai menacé de mort... une dette à régler... Dit-elle la voix calme mais emprunte d'un peu de dureté, se modérant. Le sujet lui était encore bien sensible.
J'avais pensé à ça mais n'étant pas dans votre tête... J'ignore les tenants et aboutissants de tout ça mais avec mon défaut lié à ce nid d'imbéciles, je... J'en cesse là sous peine d'vous abrutir.

Petite palpitation survenant, la calmant dans un sens. Une courte inspiration, chassant la détestable évocation.

Un lecteur... j'avoue qu'je ne sais trop. J'fouinerais mais j'ne vous promets rien. Il n'restera plus qu'à ratisser l'désert pour dénicher la perle rare. Dans une huître peut-être ?
Elle me tarde aussi... j'ne sais même pas à quoi vous ressemblez...

De se départir d'un léger rire. Non la première fois qu'elle y songeait mais la première ou elle n'oubliait pas de le dire.


Il se laissa tenter par ses conseils avisés. Il s'était peu à peu calmé. Après toutes ces soirées à se taquiner jusque dans les moindres recoins, ils finiraient épuisés avant de commencer quoique ce soit. Et la pression était redescendue quelque peu alors qu'elle atteignit un sommet incroyable ces dernières nuits. Mais elle était toujours tapis dans l'ombre, prête à jaillir dès que les deux amants du verbe se laisseraient encore aller à la légèreté. Et pourtant le climax, le vrai, était encore loin. Très loin.

Hum, oui, n'en dites pas plus, je préfère la vivre avec vous. J'espère que vous êtes bavarde. Vous me commenterez chaque détails. Je suis latin vous savez, j'ai des défauts: je gesticule beaucoup et je parle beaucoup...

Oui et il avait le sang chaud aussi, mais il omit volontairement de le lui rappeler. Elle pouvait le deviner. Justement ces dernières soirées il s'était livré à elle tel un livre ouvert. Tant mieux, il n'avait aucune envie de cacher quoique ce fut. Il décida juste après avoir discuté de la "confiance", d'expérimenter cette approche, coûte que coûte dès que l'occasion se présentera. Et que fut meilleure candidate que son interlocutrice?

N'ayez crainte, je vais bien, mais le terme "indemne" je l'ai choisi pour son impact. Et si vous le voulez bien...je vais le taire. Je vous le dirais dans l'oreille, ce sera peut-être ma première confession?

...et j'adore lorsque vous me parler de tester des choses...tous les deux.

Il sombra encore dans ses mots et sa petite voix sensuelle. Évidemment il lui donna la réplique. Il y plongea pour s'en imprégner de tout son corps en sueur. La nuit était douce, où très légèrement un petit vent frais coulissait entre ses joues. C'était le combo parfait.

Il la laissa extérioriser un énervement, sans lui tenir rigueur évidemment. Parfois les imbéciles gagnent, et nous font perdre notre calme. Il acquiesça ponctuellement à son histoire et de rajouter une petite remarque pour conclure.

Ne vous inquiétez pas, les crétins sont légions sinon on n'en serait pas là.

Il rigole fortement.

Attendez, ne rigolez pas, j'ai voulu arracher l'autoradio d'une vieille carcasse dégueulasse. Je ne sais même pas c'est quoi la marque...un vieux truc de l'Est. Sûrement Lada. Mais il était tout naze...du coup on est dans de beaux draps...

Oh, je suis brun, cheveux un peu longs et coiffés en arrière, une petite barbe fine, les yeux marrons, peau un peu halée et je suis sûrement plus grand que vous. J'ai les traits hispanique en gros. Et vous? Même si j'ai vu un peu, c'était pas tout à fait clair. J'ai deviné votre silhouette...

Ce texte vaut une bière !

Le timbre doucement amusé.

Vous m'surpassez pour l'bavardage et pourtant j'suis une femme. On dit qu'l'homme a une part d'féminité en lui, ça viendrait d'ça ?
Vous commenter chaque détail... j'ne vais pas m'avancer à l'faire mais j'tenterais. Vous gesticulez beaucoup... Est-ce en parlant ? Vous jouez d'vos doigts ? Ou j'n'ai absolument rien compris ?

Pas besoin d'un rappel. Elle avait encore en tête certains de leurs chauds échanges mais n'en avait pourtant pas refroidie la gamme, l'un et l'autre attisant la brûlure du feu couvant. Ses doigts se portèrent à l'oreille, pouvant presque y sentir son souffle chaud la faire frissonner. Discrète déglutition, le timbre subtilement sensuel en réponse.

J'attends cette confession avec impatience. Vous aiguisez encore ma petite curiosité. Gare si vous oubliez.
Je savais qu'l'idée vous plairait. J'ai utilisé un brin d'facilité.

Peut-être lui raconterait-elle un jour la raison de la menace, les évènements subit ayant changé sa vision des choses. Elle murmure un faible oui, quasi inaudible.

Impossible de ne pas rire, l'imaginant tirer sur l'objet comme un forcené avec peut-être quelques insultes à la clef. La voix rieuse.

J'fais attention à n'rien trop imaginer mais là... j'pouvais pas y couper.

J'n'ai aucun cheveux, j'me frotte bien le crâne comme ça... Un petit blanc avant d'ajouter. J'me moque d'vous. J'suis brune, les cheveux un peu longs qu'j'm'attache bien souvent et j'ai les yeux d'la même couleur qu'un ciel orageux.


Feint une légèrement moue de désappointement pour la taquiner quelque peu.

Oh, non je suis pas bavard...Non nous sommes tous deux bavards alors. Mais je crois qu'effectivement j'ai hérité de cet aspect féminin. D'autre c'est autre chose. Quelque part, j'ai pas à me plaindre, c'est un joli défaut n'est-ce pas?

Alors qu'il rigole à sa dernière intervention il gesticulait justement.

Oui, je ... je bouge, je suis très tactile. Il se peut que je vous touche de ma main pour vous parler en vous ramenant vers moi, j'espère que cela ne vous offensera pas? C'est des petites manies qui ne sont pas méchantes, mais je peux comprendre que certains n'aiment pas ça... Oui c'est aussi en parlant que je gesticule, et aussi en d'autre situation... je vous laisserais commenter avec moult détails, à ce moment là.

Et de faire d'une pierre deux coups, le sourire aux lèvres.

Hum, il n'en sera rien dit, mais je vous rappellerai, sans faute, que confession il y a. Je suis curieux de voir la direction que prendra cette séance spirituelle. Je dois avouer en tout cas que j'aime bien lorsque vous vous montrez curieuse. Cela vous rend plus mignonne. Et je ne veux pas entendre de modestie à ce sujet.

Il savait qu'elle restait parfois en retrait sur certains compliments qu'il lui adressait. Peut-être n'était-elle pas habituée à ce genre d'attention, peut-être même qu'elle n'en a jamais réellement eu? Il décida de lui en glisser de manière opportun, ci et là.

Il est difficile de faire le vide lorsque je converse avec vous, vous m'incitez à imaginer. C'est agréable comme sensation, et puis nos curiosités réciproques sont de véritables fléaux. Ils nous malmènent...

Petit rire doucereux qui laissa place à une voix plus douce, plus basse.

Non mais je le savais, oubliez pas que je vous ai ...épié avec ma lunette. Par contre je ne pouvais pas voir clairement votre visage.

Oh des yeux orageux, je tomberais à la renverse, flashé comme un coup de foudre... Les miens sont marrons. Plus classique.

Retrousse ses lèvres, les yeux amusés pétillent un peu.

J'espère qu'vous n'avez hérité qu'de celui là, j'veux pas imaginer ou penser à d'autres points féminins.
C'n'est pas défaut, c'est l'inverse, j'insiste là dessus. Mais j'sais que ça peut vite d'venir un défaut.

Tactile. Ce simple mot était des plus évocateurs, le savait-il ? Très certainement. S'offusquer pour si peu ? Elle fut surprise par la remarque mais n'en dira rien. Petite déglutition. Il avait tout l'air d'un animal fougueux et cette idée la séduisait un peu plus.

Je ne râlerais pas, enfin j'ne crois pas. Ce sera aussi une petite découverte. Les autres situations, j'n'aurais rien voulu savoir. Voir ou... ressentir sera plus... mieux, certainement mieux.

Rebondit, non sans un frisson qui l'accapare.

Vous seul savez c'qu'il y aura à confesser et j'vous soupçonne de bien vous en amuser... c'est même plus qu'un soupçon. J'le sens, comme si je vous reniflais à mes côtés.
Mignonne... vous verrez qu'vous changerez d'avis sur ça ou c'mot m'inspire pas la même chose que vous.

L'esquisse d'un sourire à ces propos, un petit afflux chaleureux aussi, encore un. A force, elle allait prendre la couleur d'une petite pomme qui ne serait pas empoisonnée.

J'aiguise peut-être votre curiosité mais en vous avez à... comment qu'on dit... à revendre. J'suis sûrement qu'un petit élément pour provoquer d'la stimulation. Délicieux fléaux, d'ceux qu'on veut bien supporter.

J'aurais pu m'raser depuis et avouez qu'avec la chaleur qu'on a eut, prendre l'frais m'aurait bien allé. Un petit rire. Avec c'temps pluvieux, gare d'pas invoquer la vraie foudre mais peut-être qu'avec c'ciel, vous pourrez encore vous plaire à imaginer...


Il rigole un peu parce que la question était drôle. Les questions de virilité pour un homme sont toujours un sujet délicat. C'est important d'en avoir les signes pour un homme. Sans cela l'impression d'être rien du tout est souvent pas loin. Mais il savait que l'exclamation de la brunette n'était que pour le taquiner. Il s'en amusa d'ailleurs puisqu'il continua sur de l'autodérision.

Ha, je dirais que j'ai tout ce qu'il faut là où il faut. C'est une réponse qu'une femme donnerait en plus...Arf. Vous m'avez piégé. Mais non, je suis un homme. Vraiment.

Mais comme vous m'avez dit y a quelques jours, et je partageais parfaitement votre vision de la chose, notre curiosité est belle et positive. Je pense qu'il n'y a rien à craindre de ce côté-là.

Elle rejouait encore, la malicieuse brunette aux yeux orageux. Il frissonna encore. Ce ne sera que la 89199e fois. Elle agissait sur son corps d'une manière insoupçonnée. Limite de nouvelles sensations se créaient. Et la non-promiscuité immédiate, créa de facto, quelque chose de nouveau et intense; Dans le ventre et dans la poitrine. Le fait de ne pas se toucher directement après le premier soir, rendait la chose plus sensuelle et bestiale. La brune aura certainement senti un peu de son animalité d'ailleurs au-delà de ses petits mots aux milles sonorités et sens qu'il distillait durant leur conversation. Et lui de deviner chez elle également la même personnalité de feu.

Oh oui...ce sera mieux, bien meilleur de voir et ressentir, tout cela de façon, directe. En tout les cas, j'escompte bien que vous râlerez...c'est votre rôle, et honneur aux femmes. J'aimerais entendre cela...

Et de jouer à son tour le malicieux provocateur. Si il s'agissait bien sûr d'évoquer le fait que les filles râlent quelque peu, en la taquinant au passage, il mentionnait évidemment bien autre chose. La voix était mélodieuse, joueuse.

Je m'en délecte chaque instant. Vous subodorez très bien. Mais permettez-moi de vous renvoyer la remarque. Votre confession sera tonitruante. Elle pourrait me cristalliser sur place. Ai-je tort?

Petit ton défiant, néanmoins doucereux et taquin. Il frissonna encore s'imaginant que la Blanche Neige était dans les parages. Il tourna la tête à gauche à droite. Une silhouette lui apparut. C'était juste une réminiscence de la brunette, qui se matérialisa, l'ombre d'un instant, sous le clair de lune.

Ah mais Blanche Neige, avouons, depuis quelques temps, nous nous stimulons. Je crois que c'est bon pour le coeur, n'est-ce pas? Alors revendez-moi votre curiosité. Je vais avouer aussi quelque chose, je suis totalement serein avec la confiance dont je vous porte. Je dors très bien...et vous êtes sûrement une des causes.

Ton très bas, très sérieux, mais empreint de tonalités chaleureuses et suaves.

Et enfin de rire franchement à sa blague.

Oh mais voyons...cessez avec vos cheveux, ils sont bien comme ça. Et puis vous voulez de l'aération? Soit, on trouvera une Falcon V8 et on y fera un tour vous et moi. On ouvrira tous les carreaux et je roulerais à en perdre haleine. Mais vous imaginez bien que ce sera de nuit. Puisque cette virée est uniquement pour les oiseaux de nuits...


Un éclat de rire fusa alors qu'elle n'avait installé aucun piège mais n'allait pourtant pas le lui dire.

J'ne mettrais rien en doute j'vous assure. Tant qu'je vous ai pas vu...
J'suis du même avis mais j'pense que si nous avions une curiosité malsaine, nous ne nous parlerions plus, j'ai bon ?

Il se servait de chacun de ses mots pour les manier à sa guise et elle passa négligemment les doigts dans ses cheveux défaits, à la recherche d'un petit nœud qu'elle finit par dénicher et prendre le temps d'en venir à bout. Râler, autre le fait de gueuler un peu, le second sens en était des plus équivoques.

Peut-être l'entendrez vous mais pas de la façon que vous supposez...

Il devrait se dépêtrer de cette réponse sibylline dite sur un ton légèrement moqueur.
Se fend d'un sourire malicieux, répondant avec ce petit goût de malice dans la voix.

J'ne peux savoir d'quoi sera faite cette confession, vous disposez d'plus d'informations qu'moi mais j'saurais bien m'en arranger. J'ne vous révélerai pas pourquoi, c'serait trop simple. J'vous cuisinerais en évitant l'eau bouillante.

J'ne peux nier que nous nous stimulions et c'est... agréable. A l'faire mais aussi à subir. Chacun offre sa part en quelque sorte.
Ce serait presque... S'interrompt un instant. Presque vouer une confiance en aveugle...

Ne rajoute rien de plus, butant sur les mots à dire. La confiance a plusieurs étapes mais celle de Chris semble vraiment la plus haute et cela lui fait drôle.
A nouveau un rire, léger.

En trouver deux ? Vous êtes verni par la chance ? Elle risque, elle aussi, d'ne rien avoir dans l'ventre, pour la faire s'déplacer. Il vous faudrait foutrement souffler dans mes cheveux pour qu'j'ai la sensation d'vitesse...


Le rire de la brune éclata dans sa radio, il fut pris par la même envie de rire et de se laisser aller à la seule douceur qui crispe les zygomatiques. Puis il fonça sur elle dans une belle contre-attaque, pour la pousser un peu, la taquiner sans méchanceté aucune.

Oh, vous allez voir, tout est en ordre mÔdame, le contrôle technique a bien été effectué et l'équilibrage de mes rotules vérifié! Et vous la vidange a été faite et les suspensions sont encore bons, on est secoué ou pas avec vous?

Mais je vous rassure, si tel était le cas je crois qu'on serait chacun à mille lieues de l'autre sans se préoccuper de sa destiné. Non, je crois que nous nous intéressons l'un à l'autre et que la curiosité mut en quelque chose d'autre. La confiance?

Qu'avait-elle voulu dire sur les "râles". Énigmatique, mais il avait sa petite idée en tête.

J'imagine que je ne risquerais rien si vous vous laissez aller à ces râles, n'est-ce pas? Oh, tout compte fait, n'en dites rien. Oui, ne me dites rien...Surprenez-moi que je disais.

Petit sourire de vilain petit cochon. Ou de loup malicieux, au choix. Toujours est-il que la brunette pourrait facilement s'en accommoder. Ô, elle n'était pas innocente non plus.

Ah confession pour confession non? Mais cuisinez seulement, paraît que j'ai un goût de paella ou de sangria. Mais par pitié évitait les chatouilles, c'est sûrement la pire des tortures. Tactile oblige, je suis sensible de la peau...

Et évidemment de se dévoiler pour lui donner ses points faibles et détails croustillants pour un corps à corps. Quel doucereux jeu. C'est à celui qui dévoile le plus ses faiblesses. Jeu adulte oblige, le "fair play" est sans commune mesure dans ce genre de jeu.

Il est vrai que ce stimuli est d'un agréable. Mais aussi de se donner et de recevoir, visiblement nous sommes du même tronc je l'affirme, même si nous n'avons pas été façonné de la même façon. En tout cas cela nous maintient en vie en quelque sorte.

Oh, vous le pensez réellement?

Touché, coulé. Et en plein coeur. Elle lui avoua explicitement ce qu'il rêvait d'entendre. La confiance est donnée. Joyau rare et précieux. Il en fut vraiment honoré et dans sa voix, on l'entendait aisément.

Je suis touché par... votre confiance... profondément touché.

Et de demander donc.

Je peux te tutoyer Blanche Neige? Tu peux aussi me tutoyer évidemment.

Enfin il éclate de rire, sa petite blague sur les cheveux le tordit de rire.

Ah mais...voyons non, tu es grave! Je vais rouler à plus de 60 miles tu vas hurler de peur, donc ne fais pas la maligne. En tout cas j'espère en trouver une autre de Falcon V8, oui, avec un moteur intact et surtout de la gasolina, et là promesse tenue, on fera une vraie virée nocturne. Mais il me faudra beaucoup de chance, comme tu dis si bien.

Léger sourire tout en massant un peu le cuir chevelu puis de dévier ses doigts pour les poser à sa nuque et en faire de même, lentement.

Vous n'saurez rien à l'avance. Mais en cas de... dysfonctionnement, peut-être serez vous apte à rétablir tout ça.

Vous avez raison. Je n'me préoccupe qu'de ceux qui m'entourent. Le reste... j'ne suis pas altruiste à c'point et même, j'n'aurais pas l'pouvoir d'le faire. Comme j'nierais pas mon intérêt pour vous, vous avez un semblant d'réponse.

N'en aurait de toute façon rien dit. Les râles resteront ce qu'ils sont.

Paëlla et sangria... vous m'donnez l'eau à la bouche mais j'parle bien sûr de la vraie nourriture.
M'dire ça c'est une incitation à vous en faire mais j'suis pas du genre à chatouiller, pas d'cette façon là.

Sans relever, elle enregistre la sensibilité vantée et un sourire mutin s'affiche.

Le façonnage... heureusement. J'ne sais si ça maintient en vie... chacun a sa perception des choses mais ça procure une petite motivation en plus.

Elle se mordilla la lèvre alors qu'il avait mécompris ses propos mais finalement, ce désir de le voir supposait un minimum de confiance acquise. Puis ne lui avait-elle pas vanté le besoin de faire confiance un peu ? Même si tout vient peu à peu.

Etrangement, prompte à tutoyer facilement, elle sentait qu'elle aurait du mal avec lui. Peut-être car seule sa voix la berçait ? Elle n'en savait trop rien.

Même si l'idée m'plaît, sans mon hurlement... il faudra s'contenter de nos petites jambes et l'reste... sera à imaginer. Mais si vous... tu... vous dénichez une Falcon, j'me garde la première place.

Cela n'était pas passé cette fois. Peut-être la prochaine ?


Il se laissa aller encore à un autre rire, alors qu'il la tutoyait très facilement. Il aura fallu le temps, mais lorsqu'il eut senti le moment poindre, il n'hésita pas un seul instant. Il prenait le temps pour chaque chose, pour que chaque chose soit appréciée pleinement et dans son entièreté.

Tu me confierais ta révision technique? Décidément notre confiance mutuelle est actée, ça me fait vraiment plaisir je ne te le cache pas. Mais je crois qu'il était inutile de le rappeler. Mais saches une chose, je suis délicat quoi qu'il advienne. Tu peux être tranquillisée de ce côté-là. Mais à ta voix, je peux dire que tu es sereine.

Il se recoiffa alors que sa petite voix le transportait près d'elle. Tout proche.

Oui, tu as raison, nous ne pouvons pas nous préoccuper des premiers quidams qui se présentent à nous. Tout altruiste que nous aurions pu être. Notre survie en dépend évidemment. Mais ce qui m'intéresse c'est toi, et tes amis. J'espère m'intégrer et ne pas arriver comme un cheveu dans la soupe. D'ailleurs sont-ils d'accord? Sont-ils au courant de ma venue?

Un petit noeud se forma dans sa gorge. Effectivement il n'était pas du genre à s'imposer comme ça. Non pas qu'il soit sans personnalité, bien au contraire, mais il avait ce profond respect de respecter justement l'espace privé des gens. Il devait être invité, pour qu'il puisse être enfin à l'aise.

Oh, je te masserais le dos et la nuque si tu me fais un petit "repas", qu'importe le contenu. Même du rat grillé, c'est juste pour le côté attention de la chose. Ca me ferait plaisir.

Lui demandait-il qu'elle lui cuisine quelque chose pour la forme? Peut-être pour ressentir des sensations humaines et sociales, d'une autre époque, avant tout ce merdier. Certainement, oui. Il espérait qu'elle y répondrait favorablement, sa voix l'indiquait en tout cas.

Oui, je te révèle mon point faible, imagine la confiance aveugle que je te porte, je sens que cela va se retourner....agréablement....contre moi....

Il acquiesça ensuite, avant de lui dire sur un ton amusé.

La motivation dans ce désert c'est une bénédiction. C'est mieux qu'un plan assurance-vie. Elle coûte rien et est bien plus efficace.

Et enfin sur un ton enjoué et rêveur en même temps.

Eh bien on se contentera de nos quatre petites jambes. Ce sera un J4 et pas un V8... et puis pour le bruit du moteur...on fera des "vroom" dans le désert en courant. Tu auras les cheveux au vent comme ça et moi de déraper sur la route. Mais si effectivement on en trouve une, tu seras derrière le volant et moi à côté de toi. Tu voudrais?

Ce texte vaut une bière !

Une demande bien prévisible mais avoir évoqué un dysfonctionnement, elle l'avait bien cherché. La paume sur les lèvres, elle étouffa le rire qui pointait son nez mais peut-être entendrait-il une sorte de gloussement.

Seulement si la révision n'est pas payante. J'n'ai pas la moindre crainte et si j'en avais, j'saurais l'exprimer.
Sereine, j'sais pas, plutôt qu'ce doit être dans ma nature.

Nous n'mordons pas, ou bien peu. Chacun s'est intégré à sa façon... vous... tu... tu en rirais si j'te racontais comment l'un d'eux a fait parti des nôtres. Tout c'que je peux dire c'est qu'nous sommes tous différents et étrangement, ça colle. J'vois pas pourquoi ta venue poserait un problème. On n'plaît à tous.

Merde... la cuisine c'est pas... tu risques d'être malade si j'm'y mets. Tant pis pour l'massage.

Escomptait bien lui en soutirer un sans la case cuisine.
De l'index, tapote ses lèvres, amusée.

C'qui est dommage c'est qu'je ne chatouille pas, enfin pas d'la façon dont tu l'imagines peut-être.

Un hochement du minois, n'en rajoutant pas. Sans motivation, c'est la mort assurée et surtout plus vite arrivée.
Fermant les yeux, d'imaginer ce qu'il racontait, laissant poindre un petit rire.

Un j4, pas mal du tout. J'te laisserais c'plaisir, j'ai compris combien les voitures... te font vibrer et surtout celle là.


Il remarqua son petit gloussement, qui l'attendrissait presque. Elle avait une assez jolie voix. Mélodieuse, parfois berceuse lors de leur soirée tiède.

Tout te sera gratuit. Je n'escomptais pas te soutirer un quelconque sesterce. Et puis on n'est pas dans un rapport commercial. Même si on dit, les bons comptes font les bons amis.

Non, j'imagine, ça me plaît ce que tu me racontes. Une diversité qui finalement s'est parfaitement agglomérée pour créer sa propre identité. Intéressant concept. En tout cas oui, j'écouterais avec joie ces histoires que tu me conteras.

La malicieuse, il l'attendait à l'arrivée celle-là. Mais il allait aussi jouer, en refusant de la masser. C'était le jeu, cependant au fond de lui il voulait la masser. Mais ça elle n'était pas censée le savoir. Et de dire non sans sourire intérieurement.

Alors, je ne pourrais accéder à cette caresse. Les bons comptes font les bons amis...

Il restera suspendu à ses lèvres, alors que le terme chatouille semblait revêtir un tout autre sens. Il ferma les yeux, respira un petit coup, puis vite, dissipa ses petites pensées secrètes.

Et d'activer le mode "nuit" avec sa voix. Douce et basse.

Il y a autre chose qui me fait vibrer Blanche Neige. Vraiment autre chose...

Elle comptait bien user de la gratuité à outrance, lui offrant aussi en retour.

Comme j'échappe à un paiement, j'ferais la même chose. Là aussi, ça fait de bons comptes non ? Rien à payer, juste à offrir.

Il le formulait bien mieux qu'elle ne l'avait fait.

J'ne sais si ça durera mais j'ne m'inquiète même pas pour ça. C'qui devra arriver arrivera et si c'était l'cas, j'espère l'plus tard possible. Mais j'm'estime très chanceuse d'les avoir.
J'te les conterais et surtout les marrantes, même si y aura peut-être un peu du contraire.

Chanceuse à l'insolence. Jusqu'à quand ? Y songeait sans y songer, ne pouvant se projeter sur l'avenir lointain, ce fait étant bien acquis.

Le sourire mutin s'afficha. Elle savait qu'il ne lui promettrait pas un massage même si au fond d'elle, il était certain qu'elle l'obtiendrait tôt ou tard. Un léger ton plaintif dans la voix.

C'est bien dommage... l'soir ma nuque est un peu douloureuse...

Elle se retint de rire sous ce semi mensonge prononcé.
Forcément, les chatouilles en question avaient un tout autre sens pour elle et elle en jouait allégrement. S'en doutait-il pour les deux points ? Certainement.

Un frisson la traversa. De se départir d'un soupçon de sensualité, sachant bien qu'elle était visée. Vibrer, mot choisi volontairement bien sûr.

Penses tu que je l'ignore... ?

Cela repartait vers des eaux profondes et tumultueuses. Cependant il tenait bien sa barre fermement. Mais elle le faisait craquer de plus en plus et depuis un bon moment déjà, en bonne joueuse taquine et adepte du jeu d'échecs. Maté, il l'était assurément. Mais à ce sujet, il ne fallait surtout rien en révéler, peut-être seulement au moment de la fameuse confession nocturne, pensa-t-il. Il fallait surtout garder l'illusion d'une relative maîtrise de la situation. Fierté masculine oblige. Et de dire sur un ton amusé et provocateur.

Tu es tellement prévoyante, j'aime bien cette méthode. Le don de soi. Offrir. Quelque part c'est un "packaging" qui va avec la confiance donnée n'est-ce pas?

Écoutant sa petite déclaration sur l'amitié en substance. Il avait ça aussi quelque part au fond de sa tête. Elle devenait rare également cette denrée. Peut-être que dans le groupe de la brunette, il y fera quelques rencontres amicales de qualité. Il n'en doutait presque pas. Il eut un petit sourire satisfait et pleinement content.

Oui, la chance faut en profiter et la vivre pleinement. C'est plaisant de t'écouter parler ainsi de tes compagnons. Ca augure une belle aventure pour moi avec toi...

Évidemment il l'avait deviné, sans être devin. A ce stade c'était presque dit intelligiblement mais le jeu était toujours succulent et délicieux. Alors il réagit à sa voix faussement plaintive qui ne le laissa pas de marbre.

Oh...le soir tu as mal à la nuque? Je m'en vais te soulager alors. Je ne peux pas te laisser souffreteuse. Et as-tu des huiles essentielles? Un truc qui pourrait chauffer tes épaules et ta nuque?

Le loup rôdait autour de la Blanche Neige. Il voulait des huiles pour la relaxer, à tous les coups ça sentait les caresses très tard dans la nuit.

Il se laissa transporter vers elle alors qu'elle lui avouait à demi-mot ne pas ignorer ses profondes pensées. Elle lui envoya ce service à 270km/h et il n'avait qu'à réceptionner à mains nues. Ce qu'il fait en plein vole.

Non, pas du tout, je le sais que tu le sais. Et j'ai hâte de nous faire vibrer de concert. Comme deux cordes pincées qui impriment un accord barré au sustain profond et long.

Il lui décrivait l'ambiance musicale. Le concerto de minuit. L'harmonie de la dissonance. Entre râles, songes, désirs et plaisirs. Humidité nocturne, fièvre des corps qui s'entrechoquent. Et son nom se murmurer.

Oh Blanche Neige...

Une longue respiration sensuelle.

Assentiment du minois puis de l'exprimer.

Oui, c'est bien ça. J'pense que ça touche un peu tout mais les deux choses sont en principe souvent liées. L'contraire m'étonnerait, surtout maintenant.

Léger sourire, songeant à chacun d'eux.

J'ne les connais pas depuis longtemps pour la plupart mais ils étaient sur ma route, enfin notre route vu qu'nous étions deux le soir ou tu m'auras épié.
Une belle aventure... y a plus qu'à nous en donner l'moyens.

Des huiles essentielles, la question l'interloqua un peu. Entre la canicule, la fuite puis cet après, elle n'avait pas vraiment remis les mains sur les quelques affaires personnelles emportées. En possédait mais c'était avant et là, elle ne le savait plus. Petite pincée sur la nuque, entamant avec un ton ou l'exagération était facilement perceptible.

Terriblement mal... m'disant qu'au matin j'pourrais plus bouger la tête...
J'ne sais même pas j'en ai... j'ai eut mais maintenant... dans l'doute, j'vais dire non mais peut-être qu'je tomberais dessus. J'suis partie si vite que...

Se tait, préférant opter pour la promesse qui y était glissée. Huile ou non, un massage demeurait possible et la pensée tendancieuse liée à cela s'infiltra dans son esprit, lui offrant un frisson.

Si elle ne comprit tout, c'était cependant aisé d'en tirer l'essentiel avant que le trouble ne forcisse et qu'une piquetée de frissons l'envahisse à ce murmure. Que dire alors ? Aucun mot ne lui vint en tête et elle fixait la radio sans la voir, le voyant lui. Faible soupir lui échappant.


Il était sur la même longueur d'onde sur divers sujets importants, celui-ci ne faisait pas exception. Il avait presque peur d'être en désaccord, une fois, sur un sujet. Ca lui ferait tout drôle, mais cela arrivera et ce serait pas foncièrement négatif. Au contraire une émulation positive pourrait se créer d'avis différents. Elle le lui avait rappelé: Tous différents et chacun appréciés à sa place.

Oui ça m'étonnerait aussi, tu sais.

Abondant dans son sens. C'était logique. Avant de rire.

Oui c'était cocasse cette nuit-là. Je voyais pas ton amie noiraude. C'était un camouflage optique. Huhu, répète-le lui pas, elle va me détester d'entrée de jeu. Mais je blague beaucoup. En tout cas j'aurais dû venir te parler directement après notre mise en contact; Descendre de ma colline, vous saluer et parler en tête à tête de direction à prendre. J'ai été très discret effectivement et en même temps j'ai compris également ta discrétion, c'était pas facile pour avoir un aperçu réel de ton projet.

Oh ça va je ne t'épiais pas...

Il remarque son ton plaintif de petite chatte en détresse qui miaulait. Il craqua.

Je te ferais tous les massages que tu veux, que tu ailles mieux. Une cheffe se doit d'être fraiche et opérationnelle pour bien planifier les stratégies. Notre vie en dépend. Donc, je veux bien endosser cette responsabilité. Et si huiles essentielles il y a, j'espère qu'il y en a des parfumées et des chauffantes.

Sans blague, à coup sûre c'est pour la faire craquer à son tour. Le piège du loup se refermait doucement après l'avoir laissé rentrer dans sa bergerie. Puis osa plus en usant des mêmes armes de destructions massives: Timbre de voix vibrant délicatement.

Oh, j'ai un souci avec ma tente au fait... elle n'est plus réellement fonctionnelle, je sais pas si tu as une tente en plus? Le temps de rafistoler la mienne. Je pensais qu'il serait peut-être possible...de m'aménager un petit coin dans le coin de ta tente? Je dors comme un chat. Et je garderais mes chaussettes.

Un peu d'humour car il était un peu gêné d'avoir osé ça frontalement.

Elle même n'y avait pas songé, exception faite des quelques points communs qu'ils semblaient sensiblement avoir tous deux. Si divergence il y avait un jour, elle l'affronterait. Bien ? Peut-être que oui mais peut-être que non.

Petit sourire, le regard amusé.

Elle l'sait, je lui ai déjà fait la remarque. Elle a un net avantage sur moi d'nuit. 
J'pouvais rien dire d'nos réels projets tant qu'nous n'avions pas atteint l'point fixé et même maintenant, j'suis discrète là dessus. Rien n'est vraiment officialisé même si... certaines rumeurs vont vite. 

Peut-être qu'si tu l'avais fait, nous n'en serions pas là et que... j'crois pas que y ait des regrets à avoir. Tu en as ?
Regarder une femme, la nuit, sans qu'elle l'sache... ça peut s'nommer aussi... mais j'vais l'taire. 

A nouveau la paume contre les lèvres pour étouffer un rire, ne pensant pas qu'il allait tomber dans le piège grossier, et à deux pieds. Serait-ce volontaire ? Cela y ressemblait bien. Chauffantes... mot très évocateur.

J'saurais t'le faire garder en tête. Si tu t'proposes, j'vais disposer. Endosse c'dur labeur.

Le subterfuge était tellement grotesque qu'elle en éclata de rire, le timbre en serait mi moqueur, mi provocateur.

J'prends les paris qu'le rafistolage s'étirera en longueur... des jours, des semaines... L'chat dort en boule, tu fais pareil ? Les chaussettes... ça m'fait penser qu'à une seule chose... merde.
J'dois avoir une ou deux tentes dans mon bordel, tu y dormirais mieux j'suis sûre mais comme tu sembles aimer être à l'étroit... C'sera à négocier sur place... 

Un large sourire ornait ses traits.


Des divergences naissaient, de certaines bonnes surprises. Il en était conscient de ce fait qu'il avait intégré depuis longtemps et donc, fut totalement serein sur ce dossier pour sa part.

Si elle prend cela avec esprit, c'est sûr que je vais l'embêter. Elle pourra toujours se moquer de mes cheveux en bataille! En tout cas ne t'inquiète pas à propos de tes projets tus. Je pouvais être un ennemi infiltré qui t'abordait dans le but de te soutirer quelque information. Tu as même eu une excellente réaction. Mais, non, je n'ai aucun regret, notre premier contact, faut l'avouer, ne s'est pas fait sous les meilleurs auspices. Et j'endosse la responsabilité. Puisque je t'ai abordé sans être visible...

Petite moue un peu déçu de lui-même.

Oh un voyeur? ...euh non, j'ai vraiment retiré mes yeux lorsque j'en avais assez vu. Toi et ton amie pour me faire une idée de ton groupe et jauger rapidement mes possibilités. Plan A ou Plan B. Et puis je t'ai bien précisé ce que je faisais, je voulais être totalement transparent.

Il tiqua et imprima un sourire sur son visage qui s'illuminait à nouveau à ses dires. C'est qu'elle y tenait à cette caresse particulière. Quelque part, lui aussi. Et sur un ton soufflé, qui s'entremêla au sien, il dit.

Je n'ai qu'une promesse, et ce qui est dû est dû. Donc tu peux disposer comme une Marquise, profites-en. Je vais endosser et besogner durement sur ton petit dos, que je devine délicat...

Après un bref petit rire, il garda son ton charmeur qui envoyait des volutes de vapeurs chaudes en sa direction. Il se mordilla un peu la lèvre et quelques pensées salaces revinrent à la charge.

Je ne te cache pas que j'aimerais bien qu'il s'étire sur la longueur et la durée...Il y aura certainement des pauses, pour que chaque moment goûte son plein potentiel.

Oui en boule dans un coin, et puis je ronronne la nuit surtout si on me chatouille et me caresse. Mais si je suis serré contre une poitrine ou sur les genoux, je ronronne encore plus. Et sinon les chaussettes te font penser à quoi? Allez dit! Je sens que je vais rigoler! Haha.

Voix crépitante, puis petite moue plaintive et boudeuse.

Oh oui oui, je préfère être à l'étroit moi comme un chat. Merde, j'ai dû être un chat dans une autre vie... Hey comment ça négocier sur place? Je te dois déjà un massage, c'pas juste!

Ce texte vaut une bière !

Légère mise en garde.

J'ne t'inciterais pas à l'faire. Si elle l'accepte d'ma part, j'ne sais pour d'autres.

Sans être paranoïaque, elle y avait bien évidemment songé. Sa méfiance s'était naturellement accrue, vécu oblige puis elle avait quelques ennemis depuis son périple désastreux dans le sud. La moue aborda ses lèvres mais elle tairait ce point.
La voix malicieuse.

Tu l'auras fait une seconde fois.... mais mon avis n'a pas changé là dessus.
J'pensais à ça. Oui, tu l'auras dit même si j'n'ai aucune idée encore d'ce qui étaient tes projets alors. J'avais songé à deux, trois choses.

Se fend d'un sourire mutin.

J'ferais moi aussi un petit contrôle technique d'tes mains...

A évoquer le félin, les ronronnements venaient forcément avec.

L'chat a la belle vie... il peut peloter l'air d'rien. Rusé.
Les chaussettes... n'pas les retirer m'fait penser à un camouflage d'odeurs... c'est d'suite moins... tentant. Mais j'suis mauvaise langue.

Un petit rire étouffé ponctue ses propos, se prolongeant un peu lors de la mention d'une vie antérieure.

J'te rassure, j'pense que tu apprécieras la petite négociation qui sera liée à... ma venue dans ma tente.

N'escomptait pas faire des prévisions ou monter quelques plans à l'avance mais plutôt se fier à ce qu'elle ressentirait alors. Là encore, elle n'en piperait mot.


Retrousse le nez, l'air inquiet, mais on devinait un ton amusé au bout.

Je ne suis pas homme qui recule fasse à l'adversité quelle qu'elle soit, mais je préfère éviter de me faire saucissonner. Elle en a le profil, venant d'un mec qui s'incruste en plus. Elle risque de le prendre forcément mal.

Il essaya de démêler précisément ses pensées sur la question, sa voix qui questionna, montrait son incompréhension certaine. Elle souleva différentes choses mais il ne savait pas précisément de quoi elle parlait.

Ton avis n'a pas changé sur quel sujet dis-moi? Je l'aurais dit, mes réelles intentions tu entends? Tu n'aurais pas pu en être sûre. Mais oui, je t'en avais touché quelques mots furtifs. Et qu'as-tu pensé alors? Quelles "deux ou trois choses"?

Éclate de rire, sans crier gare.

Ah, tu veux contrôler mes mains? Mais avec plaisir, tu en auras le droit! Ah bah oui, le petit matou peu se faufiler partout et se frotter sans qu'on puisse le lui reprocher, au contraire on l'y encourage même! Malin le félin clairement. Quant aux chaussettes, tu m'as bien faire rire, mais j'aime bien ta mauvaise langue et tu peux en user autant que tu veux...vraiment.

Et de lui glisser quelques petites attentions sur ses petits défauts mignons, tout en lui glissant d'autres informations, l'occasion était trop belle.

Nouvelle sensation: il se figea, le regard ardent, où quelques petites étincelles jaillissaient. Son corps trembla et un frisson électrifiant parcourra son échine qui le galvanisa de haut en bas et de bas en haut.

Oh...n'en dit pas plus mais j'ai tellement hâte...Enfin, si j'aimerais bien en savoir plus...mais j'adore l'ignorance des faits dans laquelle tu me plonges. C'est divinement succulent.

Chamboulé il bafouilla. Sa voix s'était muée en petit miaulement de chaton qui a faim et qui appelle sa maîtresse.

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Esquisse un sourire. Aleyah était en tout point différente d'elle même et pourtant, elles avaient bourlingué ensemble en étant aux portes de la mort.

J'ne dirais rien, j'te laisse faire ta propre opinion sur eux, comme eux l'feront sur toi.

Mon avis sur l'fait que j'désire te voir. Il n'y avait certes pas que cela, mais elle s'en tiendrait là. Il savait après tout.
J'avais eut à l'idée que tu rejoignais quelqu'un, j'en avais parlé j'crois. Pour les deux, trois choses, c'était l'identité en question, d'ce quelqu'un.

D'user de sa langue pour se mouiller les lèvres. S'identifier au chat, quel retord.

Sans m'plaindre, j'trouve qu'tu m'cèdes beaucoup de droits sur toi... C'est pas un peu risqué ? Mais c'qui est dit est dit, j'les contrôlerais. Tu sauras les t'nir immobiles l'temps d'le faire ?
Tu oublies qu'un chat peut s'prendre un coup de pied à s'frotter ainsi.
Ma mauvaise langue s'ra utilisé à bon escient, j'lui fais confiance pour ça.

Un soupçon de chaleur nimba ses joues. Le mettre dans l'expectative était un exercice délicieusement excitant, d'autant qu'elle percevait son impatience.
Petit note sensuelle révélée.

Si c'est déjà succulent, j'trouve ça assez prometteur...


Il sourit tout en hochant la tête en guise d'approbation.

Certainement oui, ne me dit rien de plus sur tes amis, ils se feront une opinion sur qui je suis. Mais ne sois pas étonné si tu me vois moins prolixe au début avec eux. Je dois savoir à qui je parle et jauger la hauteur de la conversation. Toi tu sais que je suis très curieux et bavard... mais je compte sur toi pour garder ce petit secret!

Le ton sérieux et intéressé.

Merci pour cette confidence, et...je voulais aussi te voir...mais je savais que je devais partir pour mieux te retrouver. C'était presque une destiné peut-être. Mais oui c'était bien ça, rejoindre une zone dans le Nord, où j'ai eu quelques infos et un contact ponctuel. Tout ceci est derrière moi. J'ai tellement erré dans ce foutu désert, seul comme un chaton... que j'en étais devenu las, irritable, agressif et surtout méfiant à l'égard des gens. Je m'en excuse profondément. Maintenant que tout ceci est derrière nous j'ai plus facile à assumer ce fait.

Les yeux rivés sur la radio, le souffle profond et lent. Et voix susurrée pour aller la titiller.

Mais c'est justement pour te faire baisser ta garde et prélever un tribut...Inévitablement tu me céderas un lopin de ta terre... En tout cas j'userais d'illusion, ils seront immobiles pour tes yeux...mais ta peau les sentira probablement...

Oh tu n'oseras pas me flanquer un coup pareil? Et si je te fais les yeux de petit chaton perdu? Comme ça tu pourras me donner ta langue...La langue au chat...

Ils revenaient à de jolies métaphores qui nourrissaient leur intense désir insatiable, presque à bout d'exploser. Le ténébreux laissa échapper juste un soupçon d'envie, pour garder le contrôle. Il gesticula un peu et frotta ses yeux. Mais rien n'y faisait, la chaleur ardente s'échappait de son corps en feu.

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Petit plissé des lèvres.

Tu s'ras comme tu devras être mais... ça fait étrange d't'entendre parler de la "hauteur" d'la conversation.
J'sais être muette comme une tombe, j'ne crache pas les petits secrets, enfin... juste quelques uns.

Léger froncé des sourcils, le minois pensif.

Tu savais déjà qu'tu me retrouverais ? Mais comment... comment tu pouvais prévoir ça ?
Si j'te demandais d'qui il s'agissait, tu m'répondrais ? Incertaine qu'il accepte mais on ne se refait pas.
Méfiant, j'n'y vois rien d'anormal. A traîner seul, impossible d'sentir tranquille un seul instant. L'reste... j'pense que ça aussi c'est naturel. Mais à t'imaginer ainsi, j'me dis que tu étais presque à bout.
Si les excuses sont pour moi, j'en ai pas besoin. J'sais être mauvaise des fois.

Léger rire. Plus jamais elle ne baisserait sa garde, cela conduisait à bien trop de douleurs.

Un lopin d'terre... si j'en possédais un, il serait pour ma pomme. Mais j'peux te fournir un tas d'sable brassé d'mes mains. Ca fait un cadeau unique.
J'me demande bien comment tu t'y prendrais mais... j'attendrais d'voir pour y croire.

S'humecte les lèvres. Attendrait surtout de les sentir sur elle et rien qu'à l'idée, elle frissonna.

Non non... j'ne fonds pas face à des yeux envoûtants. Mensonge peut-être. Machinalement, un claquement de langue résonna légèrement. Tout se mérite, même ma langue, peut-être pas si mauvaise après tout... j'n'ai pas vraiment goûté moi. J'vais réfléchir pour une possible dégustation...

Nul besoin de réfléchir. Impatiente et toujours cette frustration constante.



Petit sourire puis, rire et enfin d'arborer un ton théâtral.

Je serais ce que je suis évidemment. Je ne dévie pas de ma nature réelle et je veille à toujours être équilibré et nuancé. Pas facile mais c'est un impératif. Mais lorsque j'évoquais la "hauteur" de la conversation, c'est justement m'adapter et ne pas trop monter ou trop baisser pour être dans un équilibre de discussion. Pour ne pas indisposer mes nouveaux compagnons de route par trop de sophistication verbale ou à contrario trop de familiarité. Avec toi j'ai les deux modes...et j'adore nos discussions enrichissantes.

En tout cas je veux que tu craches... petit silence ...quelques uns de tes petits secrets. Promis j'échangerais avec toi aussi. Et puis y a la confession aussi, faudra y passer, on n'y coupera pas...

Il ferma un peu les yeux pour s'imaginer une scène, rien qu'une fois, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas laissé aller à ces pensées légères et érotiques avec elle. Mais ce soir il était trop frustré, il voulait y succomber sans résister. Finalement il laissa un peu de douceur mélangé à de la bestialité l'envahir et le chauffer de l'intérieur. Quelques flammes, comme toujours dans ces moment-là, apparurent dans l'iris de ses yeux.

Aucune idée, aucune certitude non, juste mon intuition qui m'a suggéré de ne pas forcer le destin, juste de prendre acte. Peut-être pour se titiller quelque peu et puis mieux se retrouver après. Je n'ai pas d'explication rationnelle, si ce n'est faire intervenir mon ressenti et la notion de destiné. C'est un peu métaphysique, il est vrai...

Ton direct.

Bien sûr, c'était à Fort Boreal, là était ma destination finale. Mais l'Histoire a dû modifier ça. Ce n'était plus sûr pour moi. Et oui, j'étais vraiment à bout. L'inespérance était ma compagne quotidienne. Quoiqu'il en soit, je n'accepte pas que tu refuses des excuses de ma part. Tu m'offenserais. Et j'imagine que tu ne veux pas m'offenser...S'il te plaît, accepte mes excuses quand je t'en présente. Un homme a besoin de s'excuser pour être en paix avec lui-même. Et qu'importe tes défauts. Ma confiance je te l'ai accordé. L'histoire écrira la suite.

Il y avait du coeur dans sa voix et de la chaleur. Une autre chaleur, pas seulement celle érotique. C'était une chaleur de bien-être sincère lorsqu'il conversait avec elle. La brunette lui plaisait sous tous ses aspects. Une femme complète avec ses petites manies et ses défauts, tout ce qui lui rappelait la vie, le réel et pas l'imposture ou la contrefaçon vulgaire. Elle le frappait en plein coeur.

Tu es trop bonne avec moi, un petit tas de sable brassé par tes soins, cela sonne presque comme de l'art contemporain! Oh mais on sera riche en fait! Tu es une génie! Et comme tu es une génie je vais te révéler l'illusion... je poserais mes mains devant toi, tu les regarderas immobiles, ensuite je te bande les yeux... et puis je...tu es trop curieuse là, j'en dis trop!

La toucher de ses mains pour y ressentir toutes sa chaleur corporelle et intime, lui communiquer une excitation rare.

Tu me laisses y goûter à ta langue?

Les mots sont lâchés, leur première référence réelles à leur désir?

Boire ses mots, comme à l'habitude, amusée de l'intonation glissée pour l'explication. S'adapter, ne le faisait-elle pas aussi ? Peut-être un peu moins que lui mais ceci restait à découvrir. Une chose était sûre. L'on change de ton et d'approche selon l'interlocuteur. 
Flattée par la dernière note, forcément.

J'comprend bien mieux maintenant. Les deux modes, j'pense que tu as raison et si tu l'dis, j'n'ai pas besoin d'remettre en cause c'que toi tu ressens sur ça. J'les aime aussi. J'serais bien silencieuse autrement.
Discrète déglutition avec le mot cracher qu'il reprenait.Tu n'y couperas pas... Feintant d'avoir oublié qu'elle aussi devrait se confesser.

N'avait-elle pas jeté un regard en arrière quand leur arrêt sur cette route avait cessé ? N'avait-elle pas songé qu'ils risquaient de devenir des ennemis en prenant deux chemins opposés ? Si, bien sûr. A croire que les évènements meurtriers avaient fortement influencés sur ce qu'il nommait destinée. 
Fort Boreal. Elle avait eut cette étape dans sa tête. Il confirmait les présomptions eut. Ennemis, ils l'auraient été de facto. Etrange est la vie et cela ressemblait à de petits cailloux au sol indiquant la voie. 

L'intuition a la belle part... toute féminine qu'elle soit. J'n'ai pas besoin d'plus d'explication. Tu n'es pas innocent et j'ne l'suis pas plus. 

J'sais même pas sur quoi tu t'excuses et j'ai beau y avoir réfléchi un tout petit peu, j'vois toujours pas. L'on s'excuse quand on a merdé... sauf qu'tu m'as rien fait d'ce que je sais. 
J'ai tout pleins d'défauts mais j'me préfère comme ça. 
Ou nous l'écrirons.

Léger rire qui s'accentua au mot "génie", sachant bien ses capacités. Puis le rire mourru, les palpitations cardiaques accélérant soudainement. Mouillage nerveux de ses lèvres. Il était délicieusement odieux avec ses sens.

D'l'art contemporain, tu y vas fort... un coup d'vent et il n'resterait plus rien d'mon art.
T'en dis trop, bien volontairement... tu m'appâtes et nous l'savons tous deux... 
Tu... y goûteras car j'veux goûter à la tienne... 

Termina-t-elle rapidement d'une voix doucement sensuelle. D'un rien, il parvenait à la stimuler et cela restait toujours aussi agréable.


L'approche de la nouvelle lune qui sonnait le glas, celui de leur toute première rencontre lui faisait peur. Physiquement, il tremblait et avait la chair de poule. La respiration et le rythme cardiaque totalement en roue libre. Moralement par contre, il était serein et très décontracté. Il flottait presque. En tout les cas il était épuisé alors qu'elle n'avait pas encore touché un seul de ses cheveux.

Je m'étais juste mal exprimé sur ce que je voulais réellement dire. Mais j'ai l'intime conviction que je m'entendrais bien. Même avec ton amie au caractère trempée j'imagine. Mais de toute manière je resterais près de toi au début, comme un nouvel élève qui arrive dans sa classe. Toujours dans les jupons de sa maîtresse...C'est pour ça que j'aime nos conversations et te l'entendre confirmer, c'est toujours une chaleur qui irradie dans mon coeur. Les mots font un bien fou.

Et d'adopter un ton sensuelle en distillant délicatement quelques petites notes de chaleur à son égard. Et elle renchérissait en le titillant de manière scandaleusement délicieuse.

Oh...je comptais bien que je n'y couperais pas avec toi. Je nourrissais discrètement l'envie même...et toi tu n'échapperas pas à ma confession nocturne. Encore faut-il que tu me parles de cette fameuse négociation quant à investir ton petit lieu douillet. Être dans l'attente...dans ta tente, me tente...et toi?

Il s'amusa de faire référence à la confession tout en lui glissant des tentes par ci et par là. Le moment de détente visiblement.

Assurément la vie était étrange et belle, quoiqu'il en soit: authentique. Cette chose qu'il appelait la destinée venait de lui ouvrir des portes majestueuses. De mort en sursis, il passa à homme bien vivant avec un groupe. La différence était énorme. Pourtant l'action requérant ces changements était presque anodine. Parfois un seul contact, un seul mot, une intuition pouvaient tout changer.

Oui, l'intuition est belle. Nous ne sommes pas innocents, mais c'est le lot de notre nouvelle vie dans ce monde. L'innocence appelle la mort. Triste et amer constat.

Je m'excusais d'avoir été un peu froid et distant avec toi, alors que je t'abordais de manière un peu abrupte et peu cavalière, perché sur ma colline. Voilà tout. Mais n'en parlons plus. Saches que tes défauts m'intéressent. Tu m'intéresses. Et...tu m'as...vraiment touché en disant que "nous" l'écrirons... j'aime beaucoup cette petite attention que tu me glisses, tu m'as souvent parlé avec ce "nous". Je tenais à te le dire Blanche Neige.

Et d'oser le dire plus explicitement. Il fut touché par ce petit détail qui semblait important pour lui. Ce n'était pas la première fois qu'il remarquait ce "nous" qu'elle lui donnait avec sa petite voix craquante. La brunette l'incluait désormais avec elle, et de plus en plus. Cette délicate attention le touchait au plus profond de lui. Si elle était à ses côtés à cet instant il l'aurait certainement étreinte dans ses bras.

Laissant l'art contemporain en suspend, il sauta directement sur le sujet principal: Sa langue. Sa voix était déjà chaude et les vibrations des cordes vocales, tapaient dans une tessiture grave et basse.

Oui...je le sais et quel doux plaisir d'être appâté par toi...je voudrais me glisser dans tes bras...pour goûter ta langue et te laisser me goûter...

Alerte, tous les voyants étaient au rouge. Une chaleur des plus intense émanait à présent de son entrejambe. Il voulait lutter mais cette fois, il laissa le plaisir l'envahir un peu plus longtemps.

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Sans être pourvue de tremblement, ni de sueur froide, la petite appréhension demeurait logée au fond elle. Bien que l'imminence du moment approchait, son esprit souffrant d'autres préoccupations donnait naturellement à cette sensation du fil à retordre.
Le reste, et ce qui en découlerait, elle l'accueillerait sereinement, comme bien souvent.
Le rire fuse alors qu'elle imagine un mioche se ruant contre ses jambes.

J'n'ai pas de bonbon si tu étais sage. C'qui est bien car j'n'ai pas très envie qu'tu le sois mais... l'on verra ça.

Merde. Il n'aura finalement pas oublié qu'elle passerait par l'étape de la confession. A moins qu'il parlait de la sienne, à lui, qu'elle devait gérer. Elle pressentait que l'aveu serait outrageusement délicieux.
Le regard pétilla d'amusement à ce petit jeu de mots.

J'n'ai pas l'intention d'échapper à c'qu'tu me révéleras en pleine nuit.
Comme l'dit l'adage... tout vient à point à qui sait attendre. J'ne sais toi mais j'trouve la citation parfaite pour notre cas.

L'innocence provoquait-elle une mort plus rapide ? Sans doute mais ce n'était pas le seul facteur. Qui pourrait avoir l'exacte réponse ? Pas elle en tout cas. Tout dépendait de quoi la route était jalonnée aussi.

Tu n'as vraiment pas besoin d't'en excuser. J'suis rarement chaleureuse avec un inconnu, ça revient au même non ? Etre un peu distant c'est normal et l'caractère fait le reste.
Je sais tout... ça.

Souffla-t-elle de façon concise. Elle ne pouvait mettre en doute l'intérêt qu'il avait à son égard. Un intérêt réciproque.
Ce "nous" faisait-il en fait écho à cette confiance excessive qu'il avait pour elle ? Cela y ressemblait bien.
Elle déglutit, bien peu discrètement. La réponse serait brève mais non moins prometteuse.

Tu y goûteras bientôt, très bientôt...

Désormais, ils se parleraient en se voyant l'un l'autre et sa gorge se noua douloureusement. Fébrile et la tête envahie de pensées en rien innocentes.


Il était parfaitement dans le "mood" et prédisposé à réceptionner sa chaleur qu'elle lui communiquait. Aussi, il frissonna directement à l'évocation du "bonbon". Ô, elle aurait osé. Et quelle douce et odieuse audace. Entre petit sourire coquin qui se muait en presque-rire mais de justesse réprimé et un frisson qui l'émoustillait, il osa lui glisser dans un petit souffle.

Hum, un bonbon dis-tu, si je suis sage? Moi non plus je n'ai pas envie d'être sage, et j'avais justement une solution concernant le..bonbon... et comment on pourrait faire...Mais on verra, comme tu as dit.

Petit sourire amusé alors qu'il pensait évidemment à un tout autre bonbon qu'il pourrait prendre en bouche. Trop tentant de le lui révéler, tout cela aura son temps. Mais il savait parfaitement bien que l'allusion sera immédiatement comprise par la brunette.

Je n'échapperai pas à ton emprise. Mais lors de...ma...prise sur toi, tu n'en réchapperas pas non plus. Quelque chose me dit que nos révélations nocturnes seront...édifiantes et bruyantes.

Il prit conscience depuis tout ce temps. Le temps est passé et les choses se sont façonnées. Qui l'eut cru?

Cet adage nous correspond tellement bien. C'est vrai ça. Tout ce temps, le désert est devenu moins insupportable avec ta voix qui m'accompagne quotidiennement. Ta voix m'a apaisé.

Il passa rapidement sur le dossier des excuses. Il fallait aborder ce sujet. Pour que toute ardoise soit effacée. Aucun passif négatif. C'était un trait de caractère dont il pouvait se vanter. Un homme doit assumer quelle qu'elle soit l'affaire. Parfois ça fait mal. Tellement mal à la gueule. La fierté en prendrait un bon coup aussi, mais la sérénité et l'apaisement vaut tout ça. Et finalement l'affaire était bien anodine, mais l'hispanique voulait simplement la remercier et s'excuser

N'en dit pas plus, tout ceci est derrière nous. Des petites broutilles. Le meilleur je l'espère est devant nous. N'est-ce pas?

Oh...bientôt nous goûterons quelque chose qui nous fera du bien je crois...Aux corps et à nos âmes...

...oh mais je te vois c'est toi là-bas!

Il commençait à préparer rapidement ses affaires, alors que le groupe s'avançait vers lui. La rencontre était enfin imminente après des lunes de correspondance. Tout avait une fin, mais assurément leur histoire ne faisait que commencer, elle.


La Rencontre

Visage souriant, cheveux un peu hirsute, moyennement frais mais certainement pas les vêtements. Il se tient droit devant la brunette, puis ne put s'empêcher de gesticuler et d'aller dans ses cheveux puis sa petite barbe naissante. Il a une petite allure assez fière. Enfin il posa son sac devant le groupe. Et évidemment il chercha celle avec qui il avait communiqué tout ce temps.

Blanche Neige en chair et en os. Ca...ça me fait tellement bizarre. Mais surtout quel plaisir.

Rit doucement. Puis s'avance vers elle en gardant une distance. Les autres n'étaient pas censés deviner une promiscuité entre eux. Il voulait pourtant la prendre par la taille et lui dire quelque mot en privé dans son oreille, mais il resta devant le groupe, pour finalement saluer les autres membres.

Là encore, le bonbon cité n'était qu'un simple et véritable bonbon. Si elle avait su les pensées de Chris alors, elle en aurait bien ri. Elle n'ignorait pas ce surnom mais ne l'utilisant jamais, un sourire moqueur étira ses lèvres.

Chris... j'parlais du vrai bonbon, celui qu'on suce, taquine de la langue, croque, laisse fondre en bouche pour en multiplier les saveurs... J'crois qu'tu m'as fait m'emporter un peu... mais j't'assure, rien à voir avec mes... ma... enfin tu as compris. S'était perdue un peu en route, prenant finalement au pied de la lettre l'autre signification du fameux bonbon.

Furieux accroissement de cette saloperie de frustration, les mots coulant sur elle la faisant frissonner. S'efforçant de respirer calmement, la voix feintant un calme mais l'ombre orageuse sourdait.

J'ne compte pas m'en échapper... ni même te libérer de mon emprise.

L'émotion noua sa gorge quand il évoqua l'apaisement dont elle était la cause. Elle ne sut quoi dire et demeura silencieuse, encaissant l'effet que cela lui procurait.
Un léger souffle.

Oui, le meilleur est à... venir...

La radio ne fut pas coupé de suite. L'appréhension, vile saleté, prit son essor alors.

***

Elle même n'était pas des plus fraîches après la journée passée au grand air la plupart du temps, dès qu'une éclaircie se radinait. Ce temps pluvieux procurait moins de cette poussière infiltreuse et c'était toujours ceci de gagné.
Cependant, en vue de la rencontre avec Chris, elle avait fait l'effort de s'apprêter un peu. C'était léger certes, car sans se négliger, il y avait d'autres priorités que de se faire une beauté. Ainsi, alors que la fin du jour commençait à s'étirer, elle s'éclipsa rapidement dans sa tente avant son démontage. Il allait être temps de mettre les voiles pour rejoindre le point marqué sur la carte.
Nettoyage intégral du corps, avec une eau subtilement parfumée à la menthe, suffisant pour se sentir bien mieux. Sa chevelure en aurait eut besoin aussi mais il n'était plus temps et elle rétablit sa sempiternelle queue de cheval. Possédant peu de vêtements, elle avait déjà fait un choix pratique. Devant jouer la cavalière plus tard, une robe était de facto exclue. De fait, elle passa son short en jean, moulant admirablement ses fesses puis un tee-shirt bleu pâle. De petites bottes de cuir aux pieds, une taille trop grande pour elle, y ayant palié en bourrant l'intérieur avec un peu de tissu. Si elle adorait marcher pieds nus dans le sable, la prudence restait de mise.

La petite troupe prit la route, elle-même en tête ou tout comme. Curieux équipage hétéroclite. Aimée avec sa peau cuivrée, Yarhel l'affreux géant dont la seule vue ferait jalouser un épouvantail, Korra la rousse qu'il fallait surveiller comme du lait sur le feu vu son statut de prisonnière, elle-même à la peau hivernale. Aleyah, qu'elle surnommait l'Ebène, les rejoindrait peu après.

La silhouette de Chris se découpa, ce qui lui fit arrêter presque net de lui parler à la radio, objet devenu inutile. L'appréhension vint lui tordre les tripes un court instant pour s'estomper, sans disparaître totalement. Ce face à face tant attendu par l'un et l'autre lui fichait la frousse et pourtant, impatiente elle avait été et était encore.
Elle gravait les traits qui devenaient de plus en plus nets et si elle n'avait eut une courte description physique, elle aurait su que c'était bien lui quand il se mit à gesticuler de ses mains ainsi. A l'observer ainsi, elle se retrouvait bonne dernière du groupe, Yarhel lui gâchant même la vue pour bien faire.
Se décalant, elle réapparut dans le champ de vision de Chris, ne se privant pas de le regarder ouvertement.
Le sourire égaya ses lèvres, se parant d'un air mutin. Le timbre normal, bien qu'elle y glissa un soupçon de chaleur.

L'unique, j'espère. Tout l'plaisir est pour moi Chris. J'peux enfin mettre un visage sur ta voix. Il était temps.

Distance qu'elle aurait bien franchie de son côté mais elle le laissa faire connaissance, le gris s'attachant à l'hispanique.