Livraison sous X

Chapitre débuté par Jean-Marc Fresquel

Chapitre concerne : Acid X, chc, Jean-Marc Fresquel,

Ce texte vaut 2 bières !



Debout sur la margelle du viaduc, sept cavaliers font face au soleil levant et admirent la vue, pause bien méritée après un jour et une nuit à chevaucher sans interruption. Ils ne sont pas près de dormir.

Sept arcs de cercle jaunes orientés à quarante cinq degrés essayent de tomber un peu plus loin que les autres dans les eaux de l'estuaire.

Fresquel se rebraguette, il a perdu. Il s'essuie la main sur son futal et, sans plus de cérémonie, ouvre une bouteille de whisky et entreprend de servir ses acolytes. Chacun tend sa timbale ou son quart pour trinquer.

Messieurs.

Briefing. Donner du "messieurs" à un groupe de tueurs endurcis sur le point de lancer une action violente, le genre de petit plaisir dont il ne se lasse pas.

Avant que nous y allions, j'aimerais souligner la chance que nous avons afin que chacun la mesure et en profite au maximum : nous sommes au vingt-et-unième siècle, et pourtant nous sommes sur le point de lancer une charge à cheval.

Ça me rappelle une citation d'Einstein, vous la connaissez peut être : "Je ne sais pas avec quelles armes la troisième guerre mondiale sera combattue, en revanche je sais pour la quatrième : des bâtons et des pierres."

Eh bien nous y voilà, à peu de choses près. Quelque part Einstein nous a sous estimés, nous sommes déjà à l'âge de bronze.

Il tapote le glaive suspendu à sa ceinture, production d'une forge de campagne surnommée "Saint Petersbourg".

Vous aurez cependant noté que nous n'avons emporté aucune arme à feu, pour ne pas trop décevoir le vieil Einstein.

Si vous avez déjà rêvé d'être un chevalier, un cataphracte, un cosaque, un hussard ou que sais-je encore, c'est le moment de réaliser votre rêve de gosse. Je sais que c'est le cas, en ce qui me concerne.

Aujourd'hui pas de stratégie élaborée, pas d'approche discrète, pas de progression de couvert en couvert, pas de tir de couverture. Nous utilisons notre vitesse pour être sur eux le plus rapidement possible et nous les taillons en pièces.

D'ailleurs, je ne veux pas voir un pied à terre avant la fin de l'attaque. Je veux du panache!

Il sait bien qu'ils feront ce qu'ils ont à faire de la manière qui leur conviendra, ils n'ont pas besoin de lui pour leur expliquer comment se torcher. Mais il ne peut pas s'empêcher d'en faire des caisses. Son whisky terminé un peu vite, il se laisse aller à ses penchants mélodramatiques.

Messieurs, quoi qu'il advienne, je suis fier de faire cela avec vous aujourd'hui. Je sais que nous ne nous décevrons pas.

La veine sur sa tempe se remet à serpenter, comme une créature à sang froid réveillé par l'alcool et la lumière matinale.

Alors par pitié messieurs : amusez vous!

Tout fier de son petit discours, il claque un demi-tour martial et monte à cheval. Les autres l'imitent, serrés tant bien que mal à deux par monture.

L'ancien milliardaire regarde sa troupe avec fierté. Sept hommes, quatre chevaux, sept lames, des armures improvisées, des barbes de trois jours et des regards froids. A la fois dérisoire et formidable.

Il fait volter son cheval avec assurance l'équitation et se lance au petit trot dans la descente.

Une putain de tempête de sable, ou un train lancé à pleine vitesse.
C'est à ça que pensa Alimalek en retirant la tête du sable, il cracha et secoua sa chevelure emmêlée pour dégager sa vision et regarder autour de lui.
Une créature descendue d'un cheval relevait sa robe léopard pour brandir vers lui un chibre turgescent.
Le sifflement persistant dans ses oreilles empêchait Alimalek de comprendre les propos mais il en saisissait la teneur. Le tableau autour de lui était éloquent : Acid X s'était écroulé le premier, frappé de plein fouet. Un balaize à lunettes noires retirait le harpon qui l'avait traversé de part en part. Un putain de harpon à baleine dans le désert.
Le flamboyant leader des Blood's n'avait pas eu le temps d' en placer une cette fois. D'ailleurs aucun d'eux n'avait pu lever son arme. Le sable pompait lentement le sang des vaincus tandis que les vainqueurs équarrissaient les cadavres. Les chiens mangent les chiens et le rappeur était tombé sur bien plus gros que lui.
En s'appuyant péniblement sur sa lance, le rebeu survivant ne put s'empêcher de remarquer la drôle de tronche des cavaliers de l'apocalypse : Le type qui avait décapité Celestia ressemblait à un comptable armé d'un glaive, la femme ne connaitrait pas les joies de l'accouchement.
Le même sort avait frappé les dernières recrues du posse : Bobby et la jolie Beth, la tête de la seconde avait sauté entre les jambes du premier. Tous morts dans la charge avant de s'en rendre compte. Une putain de Blitzkrieg.

Et c'était sans doute mieux que le sort qui l'attendait se dit Ali en regardant le type en robe léopard s'approcher.
Le sifflement s'atténuait. La radio échouée lui souhaitait Bonne chance.
Et joyeux Noël ? Tu peux courir mec, t'as pas de quoi survivre à une lune de poursuite dans le désert pensa Ali. Même l'esclave du groupe portait davantage de matos que lui !
D'ailleurs celui ci aussi avait eu le réflexe de baisser la tête et restait hébété, sa face de rouquin balafrée par le sang des autres.
-"ça, c'est de la chance." se dit Ali en marchant vers son ancien compagnon.

Les chevaux galopaient dans le désert, s'exténuant un peu plus à chaque foulée. Leinad se concentrait sur les silhouettes du groupe ennemi se dessinant à l'horizon.

Un bref coup d'oeil aux autre monture, le regard perdu sur la robe tachetée de l'un de ses compagnon

*Murmure* Quel accoutrement ..

Leinad accompagnait le pasteur. L'agilité du serbe associée à sa taille menue en faisait un poids convenant dans les situations de chevauchées.

Les silhouettes se font de plus en plus proches.

Leinad s'accroche au cuir de la selle, pivote légèrement sur la droite pour trouver un angle d'attaque.
Premier passage du cheval du pasteur. Leinad manque sa cible, parvenant seulement à pourfendre la bretelle d'un cabas ennemi.

Demi tour du pasteur, la seconde attaque se trouva plus fructueuse, le glaive attrapant la naissance du cou d'une des silhouettes.

Du sang qui gicle, un corps qui tombe, se traîne sur 3 mètre dans un épais nuage de sable.
Un corps inerte .. un de plus

Déjà ?

Quelques regards vers chaque points cardinaux pour s'assurer qu'un nuage de sable équestre ne fond pas sur eux.

.

Après quelques minutes, le pouls se fait plus léger et le champ de vision s'agrandit
Le glaive sert maintenant d’équarrisseuse de fortune.
Un amas plus consistant, un semblant d'embryon se dessinait à mesure que le glaive tranchait des parts inégales dans la région abdominale. Soit elle était enceinte .. soit elle allait couler un sacré bronze dans l'heure.
L'anatomie c'est pas la spécialité du serbe alors il se gardera bien d'expertiser le corps plus en détail.

De toute façon, un peu trop cuit ça ressemblera a du renard et y'aura bien un comptoir pour troquer ça contre une besace

Se retournant vers Fresquel
Moins on prépare et mieux ça se passe.
Mais heureusement qu'il l'ont pas joué hoplite avec leurs bouts de bois