Le Rêve Rouge

par Anthior Vath'Ib

dernière modification de Korra à 19/12 13:06
mots clés: Korra,

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge

Ce texte vaut 2 bières !



La lune éblouissait Anthior, ce soir. La main en visière. Les yeux plissés. Ça n'allait pas. Il aurait du pouvoir regarder la ciel, comme tous les soirs.

Comme toutes les nuits.

Le ciel et sa Dentelle. Dentelle d'étoiles... Mais cette nuit la lune l'éblouissait. Couché dehors, dans l'herbe, il ne pouvait regarder ailleurs.
Son corps vacillait, il n'avait pas la force de bouger. Il était perdu. Perdu dans la Dentelle aveuglante.
La lune s'approchait. De plus en plus éclatante. Jusqu'à ne plus être la lune. Non. C'était un cheval, un beau cheval, brun, monté par une cavalière. Encore plus belle. Le Soleil irradiait derrière elle... Non.
Pas le Soleil.
Ses cheveux.
Une aura incandescente qui filait droit vers lui. Une comète filant droit vers lui.
Droit vers son coeur.

Ça n'allait pas.

Quelque chose en lui lui souffla qu'il n'y avait pas de chevaux dans le ciel.
Peu importe.
Le cheval ne l'intéressait pas.
Il ne pouvait détacher son regard de la femme qui chevauchait dans sa direction. Pourtant, ses yeux brûlaient. Brûlaient tellement... Il les ferma fort, comme pour dissiper la douleur. Sous ses doigts, l'herbe lui prodiguait une chaleur aussi douce qu'étrange.
L'herbe...
L'he...
Les...
Les cheveux...
C'étaient les cheveux qui lui donnaient cette sensation. Elle était enfin arrivée. Son visage était entre ses mains. Il rouvrit les yeux. Ne vis rien. Rien d'autre que le noir.

Disparue, sa belle Dentelle.
Disparue, sa belle Cavalière.

Pourtant, il sentait encore sa chevelure danser entre ses doigts. Dans le noir total qui l'environnait, il aurait du paniquer. Il était devenu aveugle. Il se savait. Il le sentait. Mais peu lui importait. Il était aveugle au monde.
Mais pas à elle.
Et elle arrivait, point lumineux perdu au cœur des ténèbres. Elle était là quelques instants plus tôt, et elle n'y était plus.
Peu importe, elle revenait.
Cette fois-ci, elle souriait. Tout comme le loup qu'elle chevauchait.

Un sourire carnassier.

Un frisson aurait du le parcourir. Au lieu de ça ce fut une bouffée de chaleur qu'il accueillit. A cet instant, il n'avait plus peur. Ni de vivre, ni de mourir.

Il était le roi, là où il se tenait. Il lui ouvrit alors les portes de son royaume. Il acceptait le fauve enflammé qu'elle était. Il n'était alors plus roi, mais simplement un homme. Il acceptait d'être sa Proie. Il tendit une main vers celle qui venait ainsi le visiter, se demandant brièvement si elle descendrait de son destrier, ou si elle se contenterait de le dévorer.

Une pensée lui traversa le semblant d'esprit qu'il lui restait à cet instant.
Ce n'est qu'un rêve... Éveille-toi, le monde t'attends...
Pensée balayée aussitôt qu'elle était arrivée.
Rêve, songe, réalité, plus rien d'autre n'importait que le regard enflammé de celle qui le regardait. Son corps lui hurlait de se réveiller. De partir. Son esprit lui intimait de rester. Lui intimait de se réchauffer auprès de l'inconnue.
Inconnue qu'il attendait depuis toujours...
Il se demanda si elle était là par hasard, ou par destin.

Une larme lui échappa tandis qu'il luttait pour ne pas la prendre dans ses bras.

Une autre roula sur sa joue lorsqu'il compris qu'elle n'était pas vraiment là...





Korra

Le Rêve Rouge

Ce texte vaut une bière !

Les jours dans le désert se ressemblaient tous plus ou moins, du vent, du sable, de la pluie depuis quelque temps même avec des températures qui descendaient lentement mais sûrement.

De ses journées la rouquine était enchaînée, pieds et mains liés par de la promesse de punitions si elle s'échappait.
Voix non autorisée à émettre pour ne pas rameuter un quelconque bataillon pour la sauver.

Mais de ses nuits, elle en restait la maîtresse, car dans sa tête en dehors de son bourreau, personne n'y avait accès.
Elle attendait anxieusement le soir, pour qu'ainsi dissimulée dans la cape noire,
elle puisse à l'insu de ses matonnes mettre les voiles et chercher de l'aide d'une manière ou d'une autre.

Le souci était quand la destination ne répondait pas à toutes les espérances du moment, et qu'au lieu de trouver un potentiel secours elle se retrouvait entre les mains d'ennemis carnassiers à l'esprit dérangé.
Paix à son âme, depuis le tourment infligé il s'en était allé rejoindre la belle équipé aux enfers des meurtriers.

Cette nuit là, Korra avec certaines appréhensions, il fallait bien l'avouer,
décida de repartir en rêve afin de trouver, une âme qui l'aiderait.



Les rêves....quel étrangeté qui née dans la tête des gens, bien ou non pensant, tout le monde y passent,
même les trépassés qui avant de s'en retourner finissent par rêver,
au moins que le mort leur sera douce, puisque la vie les a abandonné.

Les rêves sont faits de moutons courant entre les nuages, de dragons filant comme des mirages,
de petites filles sages et de vieilles mégères à commérages.

Les rêves sont des portes que l'on pousse, que l'on ouvre, d'un inconscient qui parfois jette le doute en nous.
Mais pourquoi avoir rêvé des charmes de la voisine alors que j'ai une magnifique coquine !
L'inconscient était sournois ! À ne pas mentir, il était Maître sous son toit...toi ...toi mon tout ? mon tout... mon toi ?

Mais au delà des apparences il y avait tout un monde de possibilités, fallait il encore s'en saisir.



Korra recroquevillée pour sa nuit, silhouette encapuchonnée, avait fini par trouver le sommeil.
Les rêves l'avaient doucement prise, bercée et une fois décidée, elle avait pris la porte devant elle.
Un tour de clé non sans une certaine appréhension (Merci Feu Dorcas) et la porte s'ouvrit.


D'abord brumeuse dans la tête de la personne qu'elle ne connaissait pas,
elle observa son rêve, afin de ne pas arriver comme un cheveu sur la soupe...
Et quel cheveu ! Il se serait vu immanquablement !

L'esprit de la personne était vivace et métaphorique.
Le jeu en serait plus simple et l'approche peut-être bien plus aisée.

Ne pas arriver, même la bouche en coeur, dans son rêve trop violemment au risque de le réveiller brutalement.
Elle se prêta alors volontiers au jeu et quitte à chevaucher un loup pour faire son entrée, elle n'était plus à ça près.


Le duo s'avançait donc lentement vers l'homme, le loup posant ses pattes et gagnant du terrain à chaque avancée.
La rouquine, tenant sur lui, glissant ses doigts dans les longs poils de l'animal pour ne pas choir.

La cavalière s'arrêta devant l'homme en face d'elle.
Et dans un sourire elle se laissa glisser du dos du grand loup pour retrouver le contact sous ses pieds nus du sol
des rêves de celui ci.

D'une voix douce elle lui dit : "Bonjour"

Elle avait appris bien vite qu'il était préférable de ne pas donné son nom trop rapidement....trop de tumultes en découlait!

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge

Ce texte vaut une bière !

Ainsi donc, la danse avait commencé.
D'un simple bonjour, elle venait de le faire voyager.

Une douceur incroyable qui lui fit revoir ses amis d'autrefois.
Une chaleur du diable qu'il jura sentir jusqu'au bout des doigts.
Une sincérité inoubliable qui lui fit revivre ses peines et ses joies.
Enfin une force dans la voix, si agréable qu'il fut tout en émoi.

D'un clignement de paupières, le loup avait disparu.
En une fraction de seconde, le royaume n'était plus.
Seuls substistaient, au milieu de nulle part,
Dans un lieu incongru, deux inconnus.
A la frontière du songe et du réel, très tard,
Ils se voyaient pour la première fois, pieds-nus.

Le voyage se termina. Il n'avait duré le temps que d'une pensée.
Et la femme était toujours là, il n'était plus temps de rêvasser.

Au premier regard, il s'y était attaché.
Attaché, entiché, énamouré.
Peut-être était-ce de sa beauté,
Peut-être était-ce de sa détresse.

D'un coup d'oeil, il aperçut les cicatrices de la nouvelle venue.
A ses chevilles et ses poignets, les traces de ses entraves.
Marques rouges bien plus vives que sa chevelure.
Traces de sang la désignant comme pauvre esclave.

Il lui tendit sa main, comme pour l'inviter à danser.
A danser comme les esprits qu'ils étaient alors,
A virevolter entre leur royaume et celui des morts.
A danser, tourner, pour que toute douleur soit oubliée.

Il ne voulait rien d'autre qu'un sourire.
Lorsque pour elle viendra le temps de repartir,
Il se le jura, elle aurait le sourire.
Elle lui laisserait alors le plus beau des souvenirs,
Celui de sa voix, de son chant, de son rire.
"Vous dansez?" Finit-il par dire...

Korra

Le Rêve Rouge


La jeune femme fut surprise de la demande, intriguée même voyant le loup s'évaporer et le décor changer. Elle lui sourit sans une parole de sortie. Sous ses pieds nus le sol a quelque chose d'accueillant, une chaleur, une quiétude apaisante.


Cet inconnu était-il un chef d'orchestre ?
Brandissant une longue baguette allongée
Pour commander aux musiciens de jouer
Et libérer la belle de son séquestre ?

Accepterait -elle de danser ?
Comme il était agréable d'être ainsi accueillie
Cela changeait des cruautés
Elle lui tendit sa petite main en guise de Oui.

Les beaux yeux lagunaires
Cherchaient des réponses
Dans ce nouvel univers
Sans un seul oponce.

Que cachait ce visage mystérieux ?
S'agissait-il d'un homme valeureux ?
Ou bien de ceux qui sans coeur
Se font porteurs de malheurs ...


La danse a prit vie, d'un pas de coté, d'un pas rapproché, une main qui s'éloigne, un bras qui retient, une taille qui se plie avec candeur en arrière, cascade rousse d'une folle crinière qui dégringole dans son dos vers le sol.
Tout virevolte,
Tout tourbillonne,
Même la jupe à dentelles de la lionne.

Dans une gestuelle
qui était sensuelle
elle voulut en connaître la raison
et d'une voix douce interrogea le garçon :

" Pardonnez mon intrusion en votre maison, mais quel est votre nom ?

Parfois je m'égare, les rêves ont cet étrange pouvoir,
je voltige sans fil, toujours en équilibre sur cette lame de rasoir.

Parfois encore je suis confrontée à bien plus fort, et je dois m'échapper, me sauver.

Cela rejoint ma réalité.

Les ennemies sont masqués, tous ne sont pas crevés, certains résistent et lorsque par mégarde je glisse en leurs songes ravageurs, je sens en moi une terrible torpeur....
mais ici tout est lisse, j'en arriverai presque à entrevoir une part de bonheur....

qui êtes vous pour faire de cette visite un instant insolite ?


Son corps se stoppa, retrouvant un équilibre proche de l'homme, questionnant bien plus encore du regard, sondant l'esprit en quête de ce savoir.

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge



La voix était claire et à la fois diffuse.
Comme une chanson, récitée par une muse.
Elle provenait du ciel, de la terre et de son âme.
C'était comme une brise qui soufflait sur le coeur de l'homme.
Un souffle, un murmure, qui lui ébourrifait les sens.
Et pourtant tout autour était paisible, tout autour était silence.

Il se savait aux portes de la conscience
Tout près de se réveiller, de reprendre connaissance.
Puis il se retrouva là, dans cette folle danse,
A la tenir tantôt par la main, tantôt par les hanches
Oubliés, les gestes de bienséance.
Oubliés, les bases de la prudence.

Plutôt que ses lèvres, elle avait en guise d'éloquence
Le langage de ses yeux, de ses mains, de son élégance.
Elle se mouvait avec tant de grâce, avec tant d'aisance
Que tout se mélangeait dans l'effrénée cadence,
Et le roux, et le rose, de ses joues, de sa toison.
Voile de feu, regard de braise,
Sourire timide et soupirs d'aise.

Une main se perdit dans le creux de son dos,
Un bras l'enlaça au coeur du slow
Penchée en arrière, ses cheveux devenus brasero
Pendaient dans les airs, magnifique méli-mélo,
Et elle offrait sa gorge à d'imaginaires crocs.
Devant cette vision Anthior jura avoir affaire
Non à une femme, non à une mortelle
Mais à une créature de feu et de chair.
Qui dans son coeur, était immortelle.

Il n'avait que faire de ses tortionnaires.
Elle était ici loin des démons de l'Enfer.
Il pouvait le temps d'une nuit lui offrir le bonheur
Celui qu'elle méritait et qu'il lui offrait de bon coeur.

Hé bien, d'aucuns m'appellent Anthior.
Appelez-moi le Danseur, le Rêveur, l'Imaginateur
Donnez-moi le nom que vous désirez, celui qui vous plaira,
Sorti de vos lèvres, n'importe lequel me conviendra.
Mais je vous en prie, ne fuyez plus, restez avec moi.
Vous m'avez conquis, je vous suis dévolu, ne me fuyez pas.

Vous êtes chez moi chez vous.
Loin de tout, faites d'ici votre refuge
N'y voyez aucun subterfuge,
Il n'y a point ici de piège à loup.


Et une fois la danse finie,
Il se perdit, loin, bien loin,
Dans la profondeur infinie
Des yeux de celle dont il prenait soin.

Korra

Le Rêve Rouge

Ce texte vaut une bière !


La danse prenait fin, mais le regard d'Anthior était serein,
il savait qu'avant le petit matin, la rousse aurait effacé toute trace de chagrin,
tandis que dans ses mains il se contenterait de la faire rêver par delà le Désert, loin, bien loin.


Elle avait écouté ses explications, comprenant à quel point elle était tombée sur une bénédiction et que par définition,
visiblement avec Passion, il serait à son égard un hôte de perfections.


Elle salua sa générosité, d'un regard tout disposé à trouver refuge le temps d'un instant passé,
dans les bras qui voulaient la protéger des griffes acérées d'un homme dont la cruauté ne connaissait aucun lieu de paix.


Peut-être ici, dans cet espace infini, il y aurait pour elle une accalmie ?
plus de Cri,
plus de Tuerie,
enfin une seconde de répit ? une sphère sans bruit, sans cri.


Elle murmura "Anthior" comme si pour la première fois,
elle articulait un nouveau sort, comme si, ici bas, celui qui faisait Foi,
qui faisait Loi, protecteur et roi c'était cet homme fort.


Alors d'une toute petite voix elle se confia, parlant avec Émoi, de son univers de soie,
toile d'araignée qui la retenait,
fait de larmes et sanglots,
fait d'une Lame fendant sa peau.
Un pan de sa robe de tissus et de dentelles se décala,
laissant voir la cicatrice sans éclat. Le creux de sa cuisse à jamais marqué,
voilà ce qu'il y avait, terrible secret.


À ce souvenir, le corps de Korra eut un Soubresaut,
méandres du passé qui la firent se raccrocher aux bras costauds d'un Anthior choqué.


Le décor dans le lointain s'était paré de sang qui dégoulinait, celui de ses amis trop tôt perdus, trop vite partis.
Du chagrin qui était le sien devant ce Ravage qu'elle vécut et qui aujourd'hui encore
laissait sur son visage le Sel de l'amertume.


La voix résonne pourtant encore, toujours pour parler à Anthior, qui en cet instant se voyait devenir le confident, celui qui valait de l'or, celui qui apportait du réconfort.


" Je suis un Paradoxe, sachez le Monsieur, tout en moi est tortueux, je suis en duel perpétuel, et je suis un chemin périlleux, mais que je dois prendre, qu'importe l'enjeu."


De sa main, elle caressa la joue, comme pour l'aider à accuser le coup....





Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge


Elle lui dit qu'elle souffre
Que c'est terrible dans sa tête
Elle se confie, ça y est,
Elle est touchée par le poète.
Le temps n'est plus à la poésie.
Disparues, les belles fantaisies.
Tout cela n'est qu'un rêve,
Mais la Belle est réelle.
Le coeur ouvert, il devait s'offrir
Et pour cela, il le savait,
Lui aussi allait souffrir.


Il caressa la boursouflure provoquée par un être inhumain
Ses doigts longèrent la cicatrice porteuse de souvenirs malsains.
Elle lui faisait confiance pour être son silencieux témoin,
Et c'est à ce moment, sans un mot, qu'il lui prit la main.
Il ne lâcha pas son regard, lui dit qu'elle ne craignait rien.
Il fit glisser sa main, jusque son ventre, jusque son bassin.
Il la posa là, entre ses jambes, là où il n'y avait... Plus rien.

Je... Je suis eunuque.

Un frisson traversa sa nuque.
La magie était brisée,
Le rêve rattrapait la réalité.
Ravalé, homme brisé,
Rien que l'ombre de ce qu'il était.
Disparus, ses attributs,
Envolée, sa virilité.


L'image de soi, c'est précieux
En un seul mot, ses démons revenaient.
Elle est belle, mais en regardant ses yeux,
Il n'y voyait rien d'autre que son propre reflet,
Et son image ne lui inspirait pas mieux
Qu'un type à qui il en manquait deux...

Quel genre d'homme, quel genre de souverain
Pouvait donc demander à une dame sa main
Alors que sans attributs, aucun,
Il osait à peine se qualifier d'humain?...
Elle allait fuir, c'était certain
Elles le faisaient toutes, toujours le même refrain.
Il serait à nouveau seul, avec ses alexandrins,
Errant parmi le monde, le solitaire écrivain...

Korra

Le Rêve Rouge


Il avait réquisitionné sa main, pour lui faire parcourir un étrange chemin, l'emmenant vers son entre jambe où il pressa ses doigts pour qu'elle comprenne qu'il n'y avait rien.

Rien, Rien, Rien,
c'était beaucoup dire, car même s'il manquait en effet quelques biens, il n'en restait pas moins un bel engin !

Les joues de Korra s'empourprèrent, elle comprit bien ce qui causait à l'homme du chagrin.
Mais fallait il qu'il rumine ainsi le destin ? Était-ce la fatalité qui les lui avait dérobées ?
Qu'importe la rouquine, de cette absence ne saurait en être offusquée.

Alors d'une voix douce elle dit pour le rassurer :

"Anthior, en effet pour un homme cet atour a de la valeur, mais rassurez vous de la chose, cette absence n'ébranle pas mon coeur.
Cessez de vous tourmenter, la valeur d'un individu ne se cantonne pas à ce qu'il a devant son cul !"


Certes, certes, elle avait été un peu crue, mais il n'était pas question de faire état à toute la nation de ce qu'elle avait su.

Elle lui sourit, caresse sa joue avec délicatesse, lui promettant dans ce silence de ne jamais venir à parler de ses fesses. Elle aurait voulu lui dire bien davantage, avait la langue levée pour encore parler quand....

****

"Korra lève toi ! c'est plus le moment de dormir !
debout !
On a des choses à faire et tu vas te manier de suivre le mouvement !
Oh Korra !


La main de l'homme secoue énergiquement l'épaule de la rouquine assoupie.

****

Le rêve commençait à vaciller, Korra regarda avec effroi le preux chevalier, se sentant appeler à la réalité.

Dans un élan de panique, sans réfléchir à une quelconque logique, ou peut-être pour apaiser l'âme chagrinée d'Anthior, elle se mit sur la pointe des pieds, et lui déposa un léger baiser.

Son corps commençait à perdre en intensité, elle ne pouvait plus rester. La dernière secousse eut raison d'elle, ainsi éveillée, elle laissait Anthior seul dans le rêve commencé.

****

Korra se réveilla, les traits du visage tirés, la nuit avait été trop vite écourtée, surtout quand on la passait à rêver.

" J'arrive....j'arrive..." dit elle d'une voix cassée par l'humidité.

Cette foutue pluie avait tendance à glacer les os même sous la cape de James.

Le groupe des hommes se mirent en marche sans expliquer à la rouquine ce qui allait se passer, mais plus loin elle partait du nord, plus elle appréciait.

Sauf que la destination qu'ils prenaient n'allait pas du tout plaire à la jeune femme.
Au bord de la clairière une silhouette d'homme était apparue, comme mue par une envie d'ailleurs, une envie de désert ?

Son coeur ne fit qu'un bond dans sa poitrine quand elle reconnut les traits de l'homme. Et à cet instant les voix montèrent :
" c'est bien de lui dont il s'agit...oui ! nous devons le liquider ! c'est un ordre à exécuter.
Coûte, que coûte ! Tenez la hors champ de l'action pour le moment ! on verra après !


L'un des gars se pointa devant la rouquine chopa la bâche qu'elle traînait avec elle et sans ménagement la coinça dedans malgré ses cris et ses contestations, elle fut ficelée comme un saucisson.

L'assaut fut spontanément mené sur le malheureux mais il fut valeureux ! Alors le chef de groupe sortit sa dernière arme.

La rouquine fut menée devant un Anthior à genoux touché, mais luttant pour quelques instants de vie partagée.

Quand ses yeux croisèrent les siens, elle sut que le destin en serait cruel, c'était certain.

La voix rauque lui ordonna : "Tues le ! " tout en lui armant le bras.

Korra s'approcha, la main trembla et elle baissa l'arme, implorant et suppliant :

"Non ! je ne peux pas !
Pitié....laissez le vivre....."

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge



Les paroles étaient brutes,
Mais il sourit malgré lui
Devant l'indélicatesse des mots

Puis vint alors la chute,
Comme lorsqu'on tombe du lit.
Réveil brutal et légers sanglots.

****


Allongé dans l'herbe, il se releva sur ses coudes. Le soleil était déjà haut dans le ciel. Comment avait-il pu dormir autant?... Plus étrange encore, il se souvenait parfaitement de son rêve, comme s'il l'avait vécu réellement... Machinalement, il posa sa main en coupe contre son entre-jambe, là où se trouvaient autrefois ses attributs... Il avait l'impression de sentir encore la main de la belle rousse posée là... L'impression de sentir sa main contre sa joue, de sentir son parfum alors qu'elle virevoltait entre ses bras, dans ce monde qui leur appartenait... Et, plus fort encore, il entendait encore sa voix. Sa voix si douce, emprunte de tant de sincérité... Une nouvelle larme coula sur sa joue. Il se releva. Se frotta les yeux. Il se sentait étrangement revigoré... Regardant autour de lui, il se rendit compte qu'il s'était endormi à même le sol, alors qu'il était censé simplement explorer les environs. Quelques arbres poussaient près d'un petit ruisseau presque asséché, une communauté se tenait juste derrière un bosquet, et le désert, devant lui, s'étendait.
Quelque chose attira son attention. Des mouvements. Des gens. Des survivants. Qui venaient dans sa direction!

Il tenta de les héler, mais dès qu'ils l'aperçurent, il ouvrirent les hostilités. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, il se retrouva en proie avec deux... Trois... Quatre assaillants! Vaille que vaille, il sortit son arme, se prépara à l'assaut. C'est là, près du ruisseau, qu'il tint tête à ses ennemis. Il n'en blessa pas un seul, mais au moins, il était toujours en vie. Son bras en sang, il ne supporterait pas de nouvelle attaque. Il lui fallait une solution. Et contre tout attente, elle lui fut offerte par les inconnus pour le moins aussi stupides qu'hostiles. Sur le coup, le choc fut terrible. Une jeune femme prostrée, en proie aux larmes, le visage ravagé par la souffrance. Et même ainsi, il ne put que se souvenir de ces courbes. De ce regard. De cette démarche. De ces cheveux de feu.

"Tue-le!"

C'était elle. La femme de son rêve. La femme de
ses rêves.
Les yeux écarquillés, il la vit s'approcher, incapable de réfléchir. Il entendit le chef de leur groupe lui intimer de le tuer. De l'achever. A ces mots, son cerveau se remit en fonction. Comme toujours, il analysa. La belle demoiselle se tenait là, un couteau à la main, refusant de l'achever. Les inconnus regardaient la scène, attendaient que la rousse agisse. Elle était importante. Son rêve n'était pas anodin. D'une manière ou d'une autre, ils savaient ce qui c'était passé cette nuit. Et dans tous les cas, ils savaient qu'il ne ferait aucun mal à Korra. Il repensa aux leçons enseignées par son ami le plus proche en ce bas-monde.
Rester calme. Surprendre l'ennemi.

Il fit alors la chose la plus incensée de sa vie. Au bord du craquage, il ouvrit la bouche, tenta de prononcer quelques mots. Il sentait depuis l'arrivée de la Rêveuse une boule au fond de sa gorge. Dès qu'il se mit à parler, les larmes affluèrent, comme prévu. Personne au monde ne se méfiait d'un pleurnichard. Et il allait leur apprendre, à ces connards. Il se leva doucement, les paumes tendues vers le chef de leur groupe. Il avança dans sa direction, faisant mine d'ignorer la jeune femme qui n'osait abattre sur lui l'arme mortelle.

"Pitié, pitié, je ne vous ai rien fait..."Sanglota t-il.

Puis alors qu'il passait à un mètre de la rousse, alors que le chef de groupe allait esquisser un mouvement, il se retourna, saisit le poignet armé de sa belle demoiselle et retourna le couteau contre elle. La vue brouillée par les larmes, il visa mal, et un léger filet de sang apparu sur le cou de celle qu'il avait juré de protéger. Se glissant dans son dos, il la maintint fermement contre lui, essuya rageusement ses larmes de l'autre bras. Il faillit se perdre à nouveau au contact de son corps contre le sien, mais il tint bon. Sa vie en dépendait. Faisant de nouveau dos au ruisseau, il se mit à invectiver ceux qui avaient osé l'attaquer, et de rage, ne contint plus ses mots. Il laissa libre court à sa rage contenue, ne pouvant les atteindre physiquement, il se contenterait de les marteler mentalement.

"Alors, bande de connards? On dirait que vous avez sous-estimé votre cible! Ca fait quoi, de se retrouver dans la merde? Hein? Nan, répondez pas, j'en ai rien à foutre. Moi et la dame, on se tire, et si j'en surprends un qui nous suit, je l'égorge. Pigé? "

Le regard fou, il scrutait chacun leur tour les belligérants. Hors de question de se laisser surprendre à son tour. S'ils le croyait fou ou dérangé, ils n'oseraient pas mettre Korra en danger. Il devait passer pour ce qu'il n'était pas. Un bandit, un tueur, un sans foi ni loi.


Korra

Le Rêve Rouge


C'était du grand art.

Korra avait les nerfs à fleur de peau, tendue entre l'ordre de Kyle qu'elle savait intransigeant dans ses missions et Anthior qu'elle ne pouvait pas tuer,
qu'elle ne voulait pas tuer....

Anthior qui lui avait tendu la main, qui depuis quelques nuits berçait ses rêves et les rendait moins cauchemardesques.

Cet homme qui s'était mis à nu et qui avait réussi à lui faire partir un peu de son chagrin.
Qui lui avait dit de ne pas perdre espoir, que si un jour leur chemin se croiserait il la sauverait.

Il la sauverait du Monstre qui tenait ses chaînes,
il lui avait promis qu'il l'emmènerait si loin que jamais Delaney ne la retrouverait.

Mais tout se précipita, il feignit la folie, s'approcha,
s'empara du couteau qu'il vint poser sous son menton,
se servant de la rouquine comme sauf garde de sa propre vie.

Elle ne prononça aucun mot, la gorge nouée par la tournure des évènements.
Elle lança des yeux effarés au militaire qui visiblement était furax de la situation.
Elle ne comprit pas non plus pourquoi il n'empêchait pas Anthior de la prendre en otage.
Mais tout allait trop vite, déjà l'arme enfonçait sa peau qui perla d'une goutte de sang.
Déjà Anthior commençait à reculer, la tenant tout contre lui,
déjà ses pas étaient emmenés plus loin,
vers un bout de prairie peut-être, elle ne le voyait point.

Ses sens étaient en émoi, elle ne comprenait pas. Mais au delà de ça, elle sentait la présence de l'homme dans son dos, alors que les lunes d'avant il n'était qu'un rêve,
il devenait réel à présent.

Était-ce la distance ou les larmes qui faisait que le groupe devenait plus petit, plus flou, quelques minutes plus tard,
ils s'étaient engouffrés dans une sorte d'anciens vergés, qui un temps avaient du produire des fruits, un temps....
Les bois étaient tortueux, gros, noueux, les branches prenaient des formes diaboliques, certains troncs étaient couchés, foudroyés par des éclairs peut-être bien.

Lorsqu'Anthior ne vit plus la menace au loin, la lame quitta le cou de Korra qui poussa un soupir de soulagement.

Elle fit volte face et le regarda.

Pas un mot.

Juste un regard.

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge


Il croisa son regard.
Sans un mot, il tendit sa main vers sa joue.
Ses blessures saignaient, il ne tiendrait plus très longtemps. La nuit allait tomber. Et lui avec.
Et pourtant, dans les yeux de sa Belle, il voyait tant d'espoir, tant de belles choses, tant de promesses, qu'il ne put s'empêcher de fermer les yeux pour se l'imaginer. En fermant simplement ses paupières, le parfum de la jeune rousse sembla s'intensifier. Le contact de sa peau contre sa paume semblait plus chaleureux. Il fit glisser sa main jusque son cou jusque sa nuque...

Korra

Le Rêve Rouge


Elle frémit de nouveau.

C'était incroyable !

Et lui qui était sorti espérant la voir réellement malgré ses avertissements, maintenant il jouait sa vie !

Korra se ressaisit et lui dit :

" Attendez, vous êtes trop blessé, adossez vous contre le tronc de cet arbre,
je vais m'occuper de soigner vos plaies !"


Et la rouquine courut jusqu'à la rivière qui bordait la clairière, déchira un pan de tissus de sa jupe, le mouilla et revint vers Anthior pour commencer à humecter son visage marqué.
Elle fit couler l'eau que le tissu retenait pour qu'il puisse boire.

En suite, tout doucement elle contourna son oeil qui était amoché, puis elle descendit vers sa lèvre qui un peu saignait, délicatement, elle tamponna.

À genoux à ses cotés, si proche, elle ne put résister à l'envie soudaine de l'embrasser.
Si elle devait se faire étriper, tant pis, mais au moins elle l'aurait fait.

Alors tout doucement pour ne pas davantage le blesser, elle posa sa bouche sur la sienne.

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge



Il voulait fuir. Loin. Vite. Au plus profond de ses yeux. Se réfugier au coeur de son âme... La douleur le ramena à la réalité. Il fallait endiguer le flot de sang qui ruisselait sur son bras. Âme charitable à souhait, Korra s'en occupa. Il s'assit par terre, à-même le sol, tandis que sa Belle arrachait sans sourciller sa robe et trempait le tissu dans le ruisseau qui clapotait joyeusement... Le ruisseau... La douleur... L'ange roux... Il s'entendit parler. Devenait-il fou?...


"Vous... Le... Les rêves... Est-ce que...?"

Il ne termina pas sa question. Déjà Korra revenait, lui donnait à boire. Il but. Grimaça lorsqu'elle lui tamponna le front, l'oeil, les lèvres.
Sursauta lorsqu'elle l'embrassa.
Il reprit soudainement ses esprits, admira le visage si proche de celle qu'il aimait sans oser l'avouer ne serait-ce qu'à lui-même. Il sentait sa chaleur. Il sentait ses mains. Il sentait ses lèvres contre les siennes. Et il sentait tout autant les anciens démons qui le hantaient revenir à la surface. Des souvenirs qui normalement ne venaient qu'à la nuit tombée, lorsque le passé le rattrapait. Il sentait cette boule revenir dans sa gorge. Comme autrefois, son corps se paralysa. Il ne bougea plus. Il laissa Korra l'embrasser, lui rendait presque mécaniquement chacun de ses baisers... Il attendait qu'elle en termine avec lui... Comme on en terminait autrefois avec lui... Le petit chien obéissait... Tout était semblable, à un détail près: la douceur que Korra employait...

Korra

Le Rêve Rouge


Elle para ses joues d'une teinte pourpre et s'empressa de formuler des excuses :

"je...je me suis égarée, je n'aurai peut-être pas du...mais Anthior, je....enfin ce rêve....excusée moi."

Elle caresse sa joue et reporta son attention sur ses blessures.
Vint faire un pansement improviser avec un autre bout de tissu de sa jupe à son bras pour arrêter le saignement.

Elle continuait de lui parler, comme pour soulager sa conscience, un aveu d'une manière.

" Anthior....Anthior....je vous avais parlé des risques, ce n'était que pure folie que de sortir au grand jour maintenant ! Vous devenez une cible à abattre !
Regardez vous ! couvert de sang, de partout...."


Elle essayait nerveusement de nettoyer les taches de part et d'autres, venant frictionner le pantalon.
Sa main frôla l'entre-jambe et elle se souvint spontanément du geste d'Anthior dans le rêve.

La rouquine s'arrêta.

Une longue minute de silence et d'immobilité.
Était-ce vrai ?
Était-ce là sous ses doigts ?

Elle posa la main plus pleinement sur le "paquet" où l'absence des deux était présente.

"Ohhhhh" Murmura-t-elle.

Son visage se retourna vers lui, le fixant intensément sans pour autant retirer sa main, elle poursuivit :

" Vous savez, ce n'est pas cette absence qui fait de vous un homme diminuer....n'allez jamais le penser ! Vraiment....ce sont les actions qui font de nous ce que nous sommes,
et vous m'avez prouvé que vous êtes un Homme !

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge


Korra tentait tant bien que mal d'enlever le sang qui ruisselait sur son corps. Nerveuse, ses gestes parfois brusques venaient de temps en temps frotter contre les plaies ouvertes qui tiraient des grimaces de douleur à Anthior. Au moins, ça le maintenait éveillé... Et puis de nouveau, le rêve sembla rattraper la réalité. Comme la nuit précédente, sa main vint se poser entre ses cuisses. Là où il était amputé à jamais de ses attributs... Dans son rêve, la sensation était ténue. Cette fois-ci, la sensation était bien réelle. Insoutenable. Dans sa tête, il revivait la scène. La douleur horrible qu'il avait ressentie alors. Comme dans son rêve, les larmes affluèrent à nouveau, brouillant sa vision. Il ne bougeait toujours pas. Toujours paralysé. Revivant une nouvelle fois son calvaire passé. Il tentait d'ouvrir la bouche pour dire à la jeune femme ce qu'il pensait de tout ça, mais il arrivait à peine à formuler une phrase dans sa tête, et sa bouche s'ouvrait et se fermait dans le vide. Malgré le supplice que lui jouaient ses souvenirs, les paroles de Korra le touchèrent en plein coeur. Presque malgré lui, il sentit sa main se poser sur celle de la jeune femme, toujours doucement appuyée sur son sexe... Il luttait pour refouler ses démons. Il luttait pour laisser son coeur être pansé et guérit par la jeune femme rousse. Il luttait, et ne savait nullement si ce jour marquerait ou non la fin de sa torture mentale; si enfin il pourrait vivre à nouveau sans resasser inlassablement toute cette souffrance qu'il n'exprimait jamais...

Korra

Le Rêve Rouge



La rouquine sentait par ce simple contact qu'Anthior avait un poids énorme sur ses épaules en tous les cas,
cette absence pesait au plus profond de son être.
Il était tourmenté par un passé qui le tenait encore aux tripes aujourd'hui.

Sans bouger sa main elle revint vers lui et l'embrassa encore une fois, un baiser tendre, sensuel, sans brusquerie.
Peut-être pour lui dire : *aies confiance en toi*

Et finalement, sa main sous la pression de celle de l'homme,
se glissa sous le pantalon.
Elle arriva timidement vers le lieu de perdition d'Anthior.
Certes au sapin il manquait les boules,
mais cela n’ôtait en rien la virilité du tronc !


Qu'elle était cette idée à se focaliser sur tout l'attirail !
Il n'était pas diminuer,
loin de là même vu la taille qu'elle découvrait sous ses doigts.

Si bien qu'elle en rougit, alors qu'elle arpentait la peau tendue qu'elle sentait sur son passage.

"et bien....
et bien....
vraiment Anthior,
je vous assure chassez de votre esprit ce souci !!
même si la panoplie est incomplète, ce qui vous reste est vraiment parfait..."


Korra retira sa main, les joues empourprées de cette intrusion, quelque part elle était encore plus violente que sa venue dans le rêve de l'homme.

Elle se pencha sur lui, se pressa encore et lui dit : " Tenez bon, je ne veux pas vous voir mourir ! Promettez le moi !"

Sa bouche revint vers la sienne, cherchant à lui apporter un peu de réconfort quand soudainement des pas martelèrent le sol derrière eux. Ses lèvres frolèrent les siennes mais elle se redressa précipitamment.

Reconnaissant parfaitement la silhouette du militaire : " Tu...tu es revenu pour l'abattre ?" demanda -t-elle la voix totalement étranglée par la peur.
Il avait le regard froid du tueur, aucun sentiment.
Elle en restait tétanisée sur place.
Alors d'une voix glaciale il lui dit :
"Non, je ne vais pas le tuer, mais toi....
tu vas ramener ton cul fissa avec moi. Ne discute même pas, j'ai des ordres.
Alors obéis moi."


Korra se retourna, fixant Anthior avec une angoisse dans le regard.
Il était mal en point, mais il devrait pouvoir s'en remettre.
Dans un soupir elle s'éloigna de lui et rejoint le militaire qui la saisit par le bras pour être certain qu'elle ne ferait pas n'importe quoi de stupide.

Anthior Vath'Ib

Le Rêve Rouge


Baise-moi, sale chien, baise-moi j'te dis!

Une claque dans la joue. Encore.

Prends-moi! Aller!

Une claque dans la deuxième joue. Il la sentit passer cette fois.

Hmmm, qu'est-ce que c'est bon!...

La femme était assise à califourchon sur lui. Impossible d'esquisser le moindre geste. Son corps répondait aux désirs de la blonde. Son esprit, lui, tentait de fuir. Loin. Il sentit des griffes s'enfoncer douloureusement dans sa poitrine. Puis des lèvres sur les siennes. Douces. Si douces...

Il revint à la réalité. Korra l'embrassait à nouveau. Il ne bougeait toujours pas ni ne soufflait mot. Il sentit sa douce glisser sa main dans son pantalon. Il voulut reculer. Il voulut tenter de fuir. Loin. Les compliments qu'elle lui fit n'eurent aucun effet sur son esprit. Elle lui disait qu'il était bien monté. Qu'il n'avait pas à s'en cacher. Si seulement elle savait... Il ne s'agissait pas que de la perte de ses attributs...

Il savait pertinemment qu'il était bien fichu pour un mec. Il savait qu'il était parfaitement capable de donner du plaisir. Il ne le savait que trop bien. On l'avait bien trop utilisé comme un objet sexuel, et maintenant, chaque fois que l'on s'approchait sensuellement de lui, il se bloquait. Il revivait son passé. Certaines scènes. Pas toutes, bien trop nombreuses... Les plus cruelles... Les plus malsaines... Les plus longues... Il recula la tête quand Korra tenta encore de l'embrasser. Il ne pourrait pas en supporter davantage...

Heureusement, des pas se firent entendre derrière elle, et elle détourna la tête au même moment, ne pouvant ainsi pas remarquer le geste de recul d'Anthior. Enfin, "heureusement", c'était vite dit. Car ses poursuivants était de retour. Ils les avaient retrouvé. La peur s'insinua immédiatement dans tout son corps. Il oublia instantanément l'instant précédent, ses démons refluèrent au fond de son coeur. Korra et lui ne pouvaient partirent ensemble. Le militaire les aurait rattrapé. Et le coup du couteau ne fonctionnerait plus. L'effet de surprise n'était plus envisageable. Il allait devoir abandonner Korra. Partir seul. Et visiblement, le type ne voulait plus le tuer. Simplement la récupérer. Alors, avec empressement, il se leva, réajusta rapidement ses vêtements, pressa son bras contre le tissu de robe déchiré de Korra qui lui servait de bandage de fortune. Et se mit à courir vers le désert.
Il devait fuir. Loin. Sans se retourner.



Korra

Le Rêve Rouge


Korra était toute chamboulée.

Entre le rêve et la réalité, tout c'était si vite passé....
et Anthior semblait qui plus est si dérouté dans sa personnalité.


Elle avait plein de pensées qui affluaient dans sa tête.
Elle le vit se relever et partir à toutes jambes vers le désert.
Partagée entre l'incompréhension de son attitude,
mais le soulagement d'espérer le voir vivant.


La rouquine n'eut pas le temps de gamberger davantage que le militaire lui tira le bras et lui dit d'un ton sec :

" Mademoiselle la psy !

Si tu ne veux pas que je m'occupe encore de tes fesses tu vas filer droit,
j'ai un contrat et je compte bien le mener sans bavure jusqu'au bout...

même si j'ai carte blanche !

OK !?

Tu m'as bien compris !
Alors AVANCE !"


Korra dut se résoudre à lâcher prise et emboîta le pas du militaire
qui de toute manière ne lui laissait pas le choix la tirant derrière lui.


Une dernière pensée pour Anthior, qu'il trouve sa voix, qu'il s'en sorte....