Le retour de l'enfant-Roi

Chapitre débuté par Le chien

Chapitre concerne : jinichihoshino, lechien, captainpirate, drake, franckcuster, bahca,

Ce texte vaut une bière !

HAOUAHOUUU !!! HAOUAHOUUU !!!

La saison sinistre touche à sa fin, un nouveau cycle, une nouvelle lune, sanglante, pointe le bout de son croissant dans un ciel toujours aussi inflexible.

(Lune 216)

Patiente la nacre de l'hiver, le pansement du Grand Froid. PFFF, rien ne sert de courir comme la fourmi. En plus, l'enfant-Roi est de retour, après avoir parcouru des mille et des mille dans la poussière, Wee-ya-ya-yaaa ! Il tape des pieds contre sa monture, laquelle souffle de tous ses naseaux, bourrée de choses qui brillent et qui tintent, DING, DINGUE, DONGUE ! La femme-Oignon peut aller se rhabiller, le chien fait claquer sa langue, CLAC ! C'est le moment joyeux des retrouvailles, OUAH ! OUAH ! Kiba tourne autour de l'enfant et de sa monture, JAPPE ! JAPPE !... MMPFFF ! CHNIOUF, ça sent la femelle à des lieues et des lieues à la ronde, qui s'approche et qui empeste comme toute une bonbonne de sucre. Cette jeune femelle, pas farouche pour autant, pourrait annoncer le printemps comme une petite abeille, sauf qu'elle a l'air d'avoir perdu son chemin tellement elle zigzague.

C'est pour butiner, qu'elle papillonne des yeux.

Le chien du Nord étouffe un gloussement en voyant son chef de meute prendre du bon temps, car le vieil homme sait se montrer malin. La femelle engrossée n'osera pas se montrer trop difficile. Pleine, elle ira chasser pour la meute, par instinct de survie, parce qu'elle portera le fruit de la saillie. Kiba glousse de fierté, GLAP. Le vieil homme-Drakkar est un digne fils d'Odin, il le prouve, la procréation est sa grande affaire du moment. Les yeux du clebs clignotent de bienveillance, la saillie ne doit pas être trop longue pourtant (vingt minutes), inutile de se fatiguer...

Le clebs s'étire, il baille, sa truffe humide et chaude vient renifler l'oreille du vieil homme-Drakkar. Une patte se pose sur son épaule, il lui souffle dans l'oreille, HMMPFFF, SLURP, fait sa langue.



Ce texte vaut une bière !

Après des lunes à voyager à travers les dunes avec pour seule compagnie son chameau, l’enfant-roi est de retour. Le corps couvert de poussière, visiblement il a profité de cette virée pour faire l’impasse sur la toilette. Il soulève ses lunettes et affiche un franc sourire. A première vue, il se porte bien. Il a légèrement maigri ou alors il a grandi, un peu des deux sans doute. Sa première réaction est de crier le nom de ses compagnons qui lui ont tant manqué.

"KIBA !!!
BAHCA !!!"

Le chien d’abord, parce que c’est son chien. La compagnie à laquelle il tient le plus au monde désormais. Le vieil homme ensuite mais il n’est pas en reste, son seul ami et une présence paternelle. D’un bond, il descend du chameau et écarte les bras pour accueillir le canidé blanc et ses léchouilles. Il sert fort sa fourrure blanche contre lui et le caresse longuement. Puis, il se redresse et annonce non sans fierté.


"J’ai trouvé plein plein de choses !
On est riches, ouais !"


En effet, les sacoches du chameau débordent. De la nourriture, des bouteilles d’alcool, des pièces métalliques, des planches, des munitions …et surtout un magnifique sabre à la lame recourbée que le gamin s’empresse d’attacher sur le harnais de Kiba.

"Wouah ! T’es un vrai chien de combat, maintenant !"

Il est là, le petit monstre; le voila qui arrive, à califourchon sur son chameau, tout négrillon qu'il est devenu, à force de crasse, à faiblesse de bains. Seules ses dents étincellent, et ses pupilles, lorsqu'il relève enfin les lunettes d'aviateur qui étaient, jusqu'alors, farouchement serrées autour de son crane, pour ne pas glisser de ce petit nez de nourrisson. Il rigole, il hurle, comme un gamin interdit de bac à sable, enfin libéré de toute surveillance... Et pourtant, il en sortait tout droit, lui, un nuage de poussière, et des montagnes de détritus récupérés dans on ne sait quel magasin éventré. Il saute du chameau, il accourt; et les deux compagnons du sous-marinier se font la fête, trop longtemps privés l'un de l'autre. Des rires, des éclats, des aboiements joyeux, voila bien des jours que Bahca n'avait pas pris le temps d'y gouter. Un sourire se dessine, fendant enfin son visage de marbre. Oui, ils sont enfin réunis.


Le gosse court partout, exhibant ses trouvailles, fixant un étrange bout de lame sur le harnais destiné à protéger le cabot d'autres mauvaises rencontres. Même s'il a fier allure ainsi, l'infirme doute que le chien puisse s'en servir efficacement. Mais qu'importe, tant que le gosse est heureux... Il n'est pas là pour le priver de son imagination. Un rire lui échappe, même; la jeunesse chasse aussi bien la morosité que la sécheresse de cœur. Il faut monter cependant le campement, et l'homme commence à s'y affairer, laissant les deux zouaves se poursuivre, sous les yeux ébaubis d'un camélidé passif, quoi qu'un peu craintif à l'idée de côtoyer de nouveau le chien du nord.


Ils mangèrent en écoutant le périple de l'enfant, tous ces mots qui se bousculaient, sa langue qui parfois butait sur l'un d'eux, son regard triomphateur quand il racontait comment il avait échappé à un rat au moins deux fois plus gros que Kiba; des rires et des caresses, beaucoup pour un chien qui n'avait pas trouvé chez le marin la proximité que lui offrait l'enfant, au point d'avoir filé à l'anglaise auprès d'une donzelle étonnante - et morte, depuis.


Une femme qu'avait croisé Jino apparaît en fin de soirée dans leur champ de vision; l'animal l'avait bien sentie depuis des lustres, mais l'homme n'a pas son odorat. Ni de sixieme sens, d'ailleurs. Il se leve cependant, la toise, évalue la menace. Mais le boiteux est loin de son couteau, posé sur un sac, à quelques mètres, et Kiba ne grogne pas. Elle veut deux choses, échanger des munitions pour charger son arme, elle hésite, elle ne sait pas compter. Elle ne sait pas combien elle en veut, elle frissonne; à croire qu'elle n'est pas là pour cela. Elle parle d'un Juan, son fiancé, mais offre d'écarter les cuisses pour prolonger la soirée. Voila ce qu'elle veut, réellement.


Et bien, Bahca est un homme, depuis trop longtemps, et il sait qu'il n'en recroisera pas une de si-tot. Alors il ne se fait pas prier, bien sur; il envoie Jino donner de l'eau au chameau, un peu plus loin, voila, et compter les bouteilles qu'il a ramassé. Le chien monte la garde, et lui, pauvre ère, fait glisser sur ses chevilles son pantalon, dévoilant une jambe bien ferme, et une autre malicieusement faite de carbone. Il hésite quelques secondes, craignant d'effrayer la femme, mais cette dernière relève sa robe sur son ventre, lui offrant son intimité et le priant de rapidement venir s'y foutre avant qu'elle ne change d'avis.


Il remplit la tache qu'il s'est imposé, sans bravoure, raisonnablement. Mille images d'esprit troublent son coït et le rendent désagréable; les yeux du chien qui le fixent, les oiseaux aux noirs plumages qui se rient de lui et de sa jambe perdue, le visage de Jino qui gonfle, qui rougit, comme un ballon de baudruche... Il abrège, et d'un râle, achève sa transhumance. Il n'ira pas plus loin, ce soir, et roule sur le côté, remontant rapidement ses frusques. Il se sent honteux. Il espère que la catastrophe l'a rendu stérile, puis se reproche d'avoir cédé son corps pour un peu de plaisir palot. Et les maladies ? Il devra surveiller son sexe pendant quelques jours. Il grogne, incapable de trouver une position confortable. La donzelle ronfle déjà, loin de toute élégance; il lui tourne le dos, et tire sur lui un couverture miteuse.

La femme-Oignon ne reviendra pas, mais le retour de l'enfant-Roi, Wouah ! Il lui a accroché une longue griffe sur le dos, pointue et brillante, Kiba pourra toujours s'en servir pour tailler des mouches, Tchik, Tchak ! On se fait des papouilles, on mange des cuisses de poulet bien charnues, la petite abeille fait des ronds avec sa bouche, Bzz, bzz, le chef de meute baille, et le gamin a les joues pleines et toutes colorées. Puis le clebs se couche entre le vieil homme et le petit. Ses rêves de chien à l'ombre de ses paupières, lui font trembloter les babines.


... Nacreous !
Ruée de nuages, vent, tourbillons, le fils d'Odin bientôt recraché sur les plaques de terre, replanté dans le Monde du Milieu, brusquement comprimé, bruits de succion ! Il remonte le banc de glace, bouillonnement, feu, palpitation, Nacreous ! Blanc, bruits de succion, blanc ! Blanc, bruits de succion, sang ! Grr..grrouaaar..mmgrr..hmmpff..hhh..hh..mna ! Geu..sa ! Geu..sa ! Hhh Hhh Hhh.. Hhh Hhh ..


Mais le rêve est interrompu, ça parle fort, à distance, faut-il que les hommes-moutons soient sourds ? Kiba se redresse, au loin des nouveaux venus se rapprochent, ça ne peut pas passer inaperçu, OUAH, OUAH, GRR... Il sait, les hommes sont comme les moutons, ça se déplace en troupeau, pas besoin de courir renifler l'entrejambe de tous les inconnus. Alors paresseusement, il s'approche du pasteur et vient s'étaler à ses pieds, TCHOUF ! Il éternue, l'allergie à pseudo-Dieu sans doute.
TCHOUF ! TCHOUF ! fait le chien, pseudo-Dieu a les paupières lourdes et les oreilles bouchées. Cet homme ne prend plus soin de lui. Il empeste un mélange de champignon pourri, d'urine et de vomi. Il se traîne comme un escargot, sa tête s'enfonce dans ses épaules, les mouches ne semblent pas le déranger, il ne voit même pas Kiba. OUAF ! tu ne prends même plus la peine de combattre les puces qui pullulent sur tes braies, et qui remontent le long de tes jambes ! Le fils d'Odin est sur le point de lui suggérer de s'épouiller, d'un aboiement bien senti, mais il s'en détourne finalement, twiet twiet, tok tok tok, coo coo, font les oiseaux dans les branches...

Alors, profitant que tout le monde ait le dos tourné, le saint homme se défait de ses colliers, de ses bracelets, d'un geste lent et têtu il dépose le tout au sol. Allez savoir ce qui l'a frappé ? Tout d'un coup l'homme tombe, comme une pierre au beau milieu d'un jeu de quilles, BLOÏNG, POC, POC...C'est le bruit d'un corps lourd qui chute, bientôt suivi par le grouillement des insectes prédateurs qui se cachent. Vif comme une lame, en deux coups de pattes le chien bondit sur pseudo-Dieu, SCRONTCH, SCRONTCH, bruits de mastication sauvage, aussi sauvage que la forêt elle même. GRRR...GRRR, grondements très bas, menaces. Les prédateurs par l'odeur excités reculent.

Ce n'est que bien plus tard, le ventre plein et l'estomac ballonné, que Kiba sollicite l'attention des siens. La démarche hésitante, il trottine bizarrement, c'est à croire qu'un os s'est coincé dans son anus.