- La mauvaise herbe toujours repousse -

par The Happy Ending

dernière modification de The Happy Ending à 29/11 19:30
mots clés: junk-bara-caravan, Bob, Andrea Biscotto, Cyberbaronne Jeudi,

The Happy Ending

- La mauvaise herbe toujours repousse -

Ce texte vaut 4 bières !

La vie humaine n'est rien d'autre qu'une étape au cours de laquelle le soleil et la lune fonctionnent comme deux projecteurs ; Nous vivons nos vies de la même manière que l'herbe traverse les saisons du printemps à l'automne; Rien ne distingue le vieux et le jeune dans sa route vers la tombe ; On n'a pas à se réjouir de la vie, comme on n'a pas à se sentir contrarié par la mort.

- Adage chinois -

***



Il n’est guère de bon aloi d’être un esprit libre penseur, encore moins un électron libre. Il n’est pas bien vu d’être une femme qui, de plus, assume ses désirs en ayant conscience que son corps lui appartient, le partageant avec qui elle le souhaite sans se soucier des esprits étriqués, frustrés pourtant pervers ne balayant jamais devant leurs portes.

En plus d’être une étrangère, issue d’un pays à la politique particulière qui n’aurait jamais permis toutes ces libertés, cela faisait mauvais genre. Qu’il était bon pourtant d’être une cochonne et d’avoir les sens en fête, malgré l’immense brûlure s’étoilant sur son dos qui aurait pu faire fuir n’importe quel amant ! Et en voilà des petits cochons qui emmerdaient le monde, dîtes voir !

Par extension, il n’est pas non plus recommandé d’appliquer une simple citation à la source : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme - ou bien - Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Trop cultivé pour le commun du mortel ne sachant se remettre en question avec recul, et ne brillant pas par des réflexions positivement construites. Encore moins apprendre de ses erreurs, ce qui serait vraiment trop demandé !

Lin Yao - dont nul ne saurait jamais son prénom pour ce que cela importait car second enfant dans un pays ne la reconnaissant pas et donc sans aucun droit - avait bien des tares sous la teinte pâle de son masque rehaussé de rouge et de noir ; n’ayant rien à envier au titre de Stendhal. Bien entendu, avait-elle aussi des rêves simples comme ses ancêtres désormais rejoints.

Voyager, comprendre le passé ayant amené à la disparition de l’ancienne civilisation ultra connectée, jouer de son erhu, conter d’antiques histoires par de complexes danses, ouvrir une sorte de casino ambulant.

Simplement vivre, commercer et apprendre d’autrui. Pourtant, ne fus-ce pas une mince affaire tant avait-elle nourrie de rancœur au point de ne jamais se voir du bon côté de la barrière. Pour tout avouer, elle aurait pu finir avec la chienlit en dernière des connasses sans vergogne.

Franchement, quelle pitoyable réorientation professionnelle ! Pas même un seul meurtre au compteur ! Dire qu’à un carrefour et poil de cul près, tout aurait pu changer !

Faut dire qu’il s’agissait là d’un sursis, après s’être échappée d’une ville sous-marine, prétendument un Eden, où l’avait mené une étrange épopée en compagnie de son défunt frère. Go to the west !








Une ville sous-marine où elle avait semé les prémisses d’un chaos sans nom, sauvée in-extremis par des inconnus dont l’un ne tarderait sans doute pas à la rejoindre parmi les vers. Ignorante de cette situation, tout juste avait-elle émergé près de la mer non sans s’être métamorphosée en belle au bois dormant dans une capsule où on l’avait enfermé. Aussi se croyait-elle en cavale, bienheureuse tout de même de pouvoir respirer de nouveau à la surface !

Et si Madame détestait toujours autant cette foutue chanson de sous-marin jaune, le déjeuner sur l’herbe autour d’une omelette devrait se faire quelque part où les morts festoient en riant des vivants et de leur stupidité, mais guère ici-bas. Pauvre Mister Goldbroken, considéré comme un véritable bad cop !

Ce qui l’avait changé, nonobstant le choc de ce nouveau monde sans taxi, aéroport ou même Broadway, ce furent deux hommes. Andréa et son obsession de la classe italienne, ainsi que Bob n’appréciant pas d’alter-égo tout en comprenant mal qu’il était enfin libre de ses choix, n’étant plus esclave. Bigre, ils l’avaient adoucie ! Si l’amour était une chose absconse pour la baronne si peu douée en sentiment car ne ressentant jamais rien de particulier, les aima-t-elle chacun à sa façon.

Enfin, la fâcheuse habitude de prendre des initiatives. Ainsi avait-elle outrepassé son rôle de simple femme en proposant un planning pour remplir le si vide garde-manger, tandis que les forces vives d’un phare phallique déclinaient, là où la réactivité et l’enthousiasme ne pulsaient guère. Mais c’était de la merde et ne valait pas le moindre yuan ! Même l’effort commun en se délestant de leurs vivres avait été fourni par tout à chacun afin d’éviter des décès inutiles quand ces autres butaient au faciès ou au plaisir ; sans compter les différents ordres respectés à la lettre malgré un soubresaut de lutte contre l’esclavage.

Et si le futur voyage prévu fut compliqué par une capricieuse météo, avait-elle tenté d’arranger au mieux, sans trop d’histoire. Même avaient-ils remboursé leur consommation du faux départ, tant avait-elle insisté auprès de ses compères. C’est qu’il n’est pas simple de tout coordonner quand on comprend la moitié des choses et qu’on se débrouille avec la logique issue d’une vieille Chine disparue, ou quand d’autres peinaient à prendre des décisions. La négociation s’effectua à l’ombre des palmiers. Quelques drogues et d’inutiles armes légères qui auraient fait rire un singe savant !

Des petits cochons ni fainéants, ni ingrats et pas si grande gueule au demeurant. Après tout, chacun voit midi à sa porte en toute bonne conscience, non ?

Quoi qu’il en fût, Madame fit au mieux avec les moyens du bord tout en prenant sur elle. Même certains souhaitèrent la garder au sein d’un royaume de pierres et d’oiseaux de mauvais augure pour son dynamisme, mais ne l’avoueront jamais. Sacré eux, va !

Cela dit, ne peut-on pas plaire à tout le monde et l'antipathie est toujours une donne réciproque. Les constats sans appel eurent en effet raison d’une quelconque motivation en ce sens.

Le mongol était mort, et les suivants du grand troll aussi pour un simple jerrican et - prétendument - quelques provocations qu’une pirouette verbale bien sentie aurait fait taire, surtout quand il est difficile de garder vivants ses moutons baveux. Qu’était donc devenu le capitaine, bien plus sexy rasé, à casquette et sans navire ? Ne lui avait-elle donc pas avoué son rêve de voyager en jonque, sachant l'irréalisable aspiration ?







Il est donc important pour la survie et le win-win de jouer les gros durs, même quand plus personne ne suivra par lassitude, ou simplement par manque de charisme, d’entente et de coordination au milieu d’une enclave que d’autres loups bien plus puissants et enragés auront tôt fait de bouffer toute crue. Mieux encore, c’est que ces gens-là font exactement ce qu’ils condamnent, se drapant dans d'ineptes arguments et l'excuse des esprits pauvres.

Ainsi donc était-elle partie avec ses rêves pleins la tête, forte d’une nouvelle existence paisible à vagabonder en compagnie de ses compères. Plus nombreux. Alors émergea une idée saugrenue, de celle qui ne plut visiblement pas. Des destins croisés, d’anciens antagonistes devenus complices ayant fait leur mea culpa. Vrai qu’elle leur en avait voulu et n’avait absolument pas objecté lorsqu’elle sut que la fameuse Junk Bond Caravan était condamnée. A quoi bon désapprouver ? Leur sort était déjà scellé par des gens qui se défilent de toute responsabilité, préférant rejeter la faute sur autrui.

Néanmoins, ce qui restait de l’entreprise fut source d’interrogations et puisqu’il restait des survivants, souhaitant les suivre dans leur périple : L’humour eût raison des esclandres passées. Ainsi fut donc diffusée une annonce qui ferait se gausser même le plus grand troll, et appliqua-t-on temporairement la fameuse maxime de Lavoisier. Quelle insulte ! Quel outrage ! Il aurait sans doute fallut s’assurer le concours d’un bon avocat tel que Pénicaud, afin de pérenniser cette reprise et probablement épurer les vieilles dettes. Pourquoi diable ces novices en affaire n’y avaient-ils pas songé ?

Et dire que nom et logo étaient en cours de modifications complètes par l'équipe de choc composant le service marketing, suite à un micro-trottoir, afin de poser de nouvelles bases saines et solides pour ménager les susceptibilités. Après, se plaint-on du taux de chômage qui grimpe, si ce n’est pas malheureux tout de même…

Or, si les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures, les intentions de la chinoise étaient au moins claires sur un point. Améliorer le vieux comptoir tenu par Lhonore, à la sexy voice de crooner, afin d’offrir un meilleur refuge aux gens de passage, aider à créer d’autres lieux du même genre – pourquoi pas ? – sous la houlette de l’artisan et de ceux ouverts à d’autres possibles en ne dépendant d’aucune faction, hormis celle des commerçants nomades. Un "Fractulule Crowfunding Alone" pour monter un dispensaire, peut-être un futur atelier car après tout… Winter is coming !

Les murs sont certainement fins car la mort frappa étrangement dès le lendemain de cette proposition. A croire qu’il s’agissait de marcher sur les platebandes d’autrui.

Jamais l’excentrique et bariolée Cyberbaronne Thursday Première du nom ne pourrait donc initier ce premier objectif, mais qu’importe : La blague la fait encore outrageusement se gausser au nez et à la barbe de ses assassins ! Un rire qui doit résonner et résonnera encore longtemps aux quatre vents, au risque de croire le comptoir hanté !

Qu'importent encore l'ironie du sort et les motifs à cet acte risible s’il y en a, eux qui ne possédaient rien de valeur, au moins auraient-ils vécu pleinement pour savoir finalement se montrer conciliants et calmes, certes avec également un incroyable humour de merde - JBC ? Jolie Baronne Canonnée ! - Pourtant ni victimes, ni martyrs. Ils ont cassé leurs bols de riz oui, sans remord ni regret mais en esprits libres, majeurs levés.

Et pour cause. Outre l’épine dans le pied, savez-vous ce qui trouve toujours sa place sur Terre, même entre le cerisier et un buis d’osmanthus ?

La mauvaise herbe.

Quel que soit l’acharnement ainsi que la satisfaction temporaire à s’y adonner, même de vie en vie, jamais aucun désherbant prétendument efficace n’en viendra à bout. Elle attend son heure, repousse et revient. Sans cesse. Surtout avec un tel engrais premium haut de gamme.


- Zàijiàn ! -