Slice of Life

Chapitre débuté par Aleyah

Chapitre concerne : Aleyah,

Ce texte vaut une bière !

Je suis née en Ouganda, à la frontière des districts de Katakwi et de Soroti, sur les bords du Lac Kyoga.

Mes parents étaient à la fois fermiers et pêcheurs, ils n’étaient pas riches, mais leur travail suffisait à nous nourrir et à nous envoyer à l’école, mon frère et moi.

Le jour ou le Général Kyowha est arrivé chez nous, dans sa jeep et avec ses « hommes » nous, les enfants, nous trouvions devant la maison. Nous avions huit ans et étions tout secoué par la mort d’un scarabée que nous venions de tuer, bien malgré nous, quelques instants plus tôt.

Pourtant, nous ne pensions pas à mal en lui lançant ces pierres, nous voulions juste qu’il se pense en danger et qu’il s’imagine courir pour sa vie. On se disait que cette course échevelée, motivée par une pluie de météorites, lui ferait sans doute une bien belle histoire à raconter à ses petits enfants scarabées.

Mais nous avons fini par cesser de le frôler, une pierre c’est écrasé sur lui, fracassant sa carapace et le laissant à l’agonie. Je me souviens que ses pattes continuaient à remuer dans le vide, comme mécaniquement.

Lorsque nous avions débarqués dans la maison avec l’affolement que seuls des gosses peuvent ressentir en une telle occasion, mama n’avait pas manquée de nous gronder. « Les actes entrainent des conséquences » avait elle dit, et aussi « Réfléchissez un peu plus à l’avenir ! ».

Nous étions ressortit, et j’avais abrégée les souffrances de la créature chitineuse avec une certaine rage que je destinait essentiellement à moi même.

Le général Kyowha lui, ne prêtât aucune attention particulière à l’enterrement que nous étions en train d’officier. Il pénétrât dans la maison comme si elle avait été sienne, sans ralentir sur le seuil, sans s’annoncer, sans se déchausser non plus.

J’entendis bientôt mama parler, puis crier... Crier comme jamais je ne l’avais entendu crier auparavant. Le général était aussitôt ressorti dans un silence parfait, un sourire plein d’une étrange satisfaction pendu aux lèvres. Tout en essuyant son long poignard recouvert de sang dans une des jolies robe de mama, il c’était adressé à nous.

« Vous pouvez être fière, l’un de vous vas avoir l’honneur de rejoindre l'armée de résistance du seigneur du grand médium Joseph Koni. Quand à l’autre... eh bien, il recevra comme mission divine de celer cet engagement. »

Il avait l’air de prendre beaucoup de plaisir à sa tâche, le général Kyowha. Il nous parla longuement du dilemme du prisonnier (même si j’apprendrais plus tard qu’il n’en avait qu’une vision tronquée).

Pendant ce temps, des soldats qui n’étaient que de peu nos ainés, nous contraignirent, mon frère et moi, à nous mettre en joue l’un l’autre avec des armes visiblement bien trop grandes pour nous.

Nous nous étions alors fait face, longuement, sans que l’un ou que l’autre ne cède à cet impossible dilemme. Tuer l’autre pour vivre ou mourir tout les deux...

Mais, alors que le général avait semblé perdre patience et c’était approché de moi, couteau en main, j’ai cédé. J’ai pressé la détente. J’ai eu peur de la mort, suffisamment pour sacrifier la meilleur moitié de moi même.

De cet instant, il me reste des souvenirs d'une acquitté étonnante... La résistance de la gâchette... Le vacarme assourdissant de l’arme au moment de cracher la mort... Mon bras ankylosé par le recul, malgré la poigne du soldat qui m’avait aidée autant que contraint... La terrible incompréhension de mon frère tandis qu’il recevait la rafale... Ma détresse tandis que son corps, si égal au mien, s’affalait au sol... La main du général qui me flattait le dessus du crâne.

« Il t’en auras fallu du temps, gamine... A partir de maintenant, tu t’appelleras Aleyah, celle qui tranche... »

Son rire en disait long sur la dérision dans laquelle il avait trempé ce nouveau surnom.

« Bienvenue dans la famille, petite soeur »