Don Quichotte #207

par Docteur Berisha

dernière modification de Domi à 30/11 14:55
mots clés: darcy, singuliers, docteurberisha,

Docteur Berisha

Don Quichotte #207


Quelle belle journée dans le désert radioactif.
Le genre de journée qui pousse au panache, le genre de lune rouge, de lendemain de fête, de lendemain de massacre qui vous font dire que nom de dieu le nouveau monde est sensationnel.

Gueule de bois, donc.
Il a fini par comprendre, les radios se sont affolés et certaines fréquences n’ont plus répondu.
Comprendre, donc, la fin des singuliers, un joli freak show qui ne manquait pas de style.

Darcy et les autres ne reviendront pas.
Domi est partie tout droit sur son canasson, à bride rabattue.
D’autres ont fui.
Le danger est là.



Il a toujours été le vilain petit canard, le fourbe, celui dont tous se défiaient. Le lâche, le bouc émissaire, le premier à quitter le navire.

Pourtant il approche de Darcos ce matin-là, en blouse blanche de toubib et barre à mine sur l’épaule.



J’aimerais un peu d’opium l’ami.
Comme mmmh cadeau.
Je vais chercher Darcy mmh.


Il a l’air très sérieux…


Toubib ? Charlatan ?
Personne n’a jamais trop su et tout le monde s’est fait son idée.
Ses combinaisons estampillées #207 auront bien sûr éveillé les curiosités.

D’où venait cet étrange petit monsieur ?
Et pourquoi tout le monde l’aura rapidement pris pour le dernier des enfoirés ?
Un pur délit de sale gueule façon wasteland, mon pote.


Ce qui n’est pas rien.
Le médecin de l’abri 207. Sans doute une belle histoire comme l’underground sait en cracher…


L’opium fait son oeuvre et il se met en route, se fiant aux informations glanées ici et là.
Il ne sait pas qui ils sont ni combien, il ne sait même pas ce qu’il est en train de faire, une manière d’écrire sa légende, de gagner une respectabilité ?
Pourquoi en faire autant ils n’étaient même pas proches avec Darcy.
Elle voulait pas qu’il la baise.
Pas comme Domi.
Aaah Domi.

La route est encore longue.
Les songes opiacés sont divagations, il ruisselle de transpiration mais il a toujours ce rictus accroché au visage.

Cet ahuri se sent formidablement vivant…



Mais pour combien de temps.



Docteur Berisha

Don Quichotte #207


Il arrive au bout de la plaine, là où le combat fit rage quelques jours plus tôt.
Pas d’odeur caractéristiques mais quelques oiseaux charognards de malheur tournoient dans le ciel.
Bon signe.
Il s’arrête en lisière du marais.
Le bayou radioactif, encore, toxique comme une plaie gangrenée.
Pouah.
Sale endroit pour mourir.


Il entend le bruit d’un campement mais a bien du mal à ajuster sa vue à travers les racines enchevêtrées et la végétation, la brume poisseuse qui s’élève de l’eau croupie…
Il y a de la vie là-dedans.
Mais il n’en saura pas plus.



L’opium l’emmène, il voit des renards.. Des renards par milliers qui cavalent en direction du bayou pour s’y noyer, s’y perdre, son champ de vision se rétrécit de moitié…
Au centre : un arbre géant qui lui tends les branches, veut l’enlacer. Le posséder.
L’attirer à sa perte.
La sueur lui coule dans le cou, le dos.
La bave semble couler aussi le long de son menton, il se sent pourtant si desséché…


Il hurlera.
Ils l’entendront.
Ses sens vrillent et le sol devient mou, si mou qu’il s’y enfonce peu à peu.
Il s’agrippe à sa barre à mine plantée dans le sol tel un point d’arrimage au réel..




Je suis le DOCTEUR BERISHA..
Mmmh…
Je viens chercher mmmh.. VENGEANCE.
Je.. mmmh..
Vous tuerai tous. Ou nous mmmh pouvons… Trouver un arrangement..
J’aimerais..

mmh.
Le corps de Darcy.. mmh.. Un moment…


Et emmenez-moi..
EMMENEZ-MOI


Au final c’est toujours la folie qui l’emporte.

Docteur Berisha

Don Quichotte #207


PARTIS.
Il sort d'une foutue torpeur, des songes vaporeux, le voyage onirique hyper sympa.
Mais rien d'agréable ici.
Est-il resté tout ce temps en position de garde avec cette barre à mine ? combien pèse cette merde ?
Il est tétanisé, les muscles en béton. Les maisn en sang.


Partis.
Plus aucun son ne vient du bayou.
Il ne tiendra pas sa vengeance. Ou son suicide princier, allez savoir.


Le silence.
Le vent. L4air vicié.

Et au nord. Un cavalier. solitaire.
L'un d'eux ?
Une ombre.
Sa survie. Un signé évident.


Le sang vrille.


Il surgit soudain de la dune, débraillé, avec une blouse médicale cradingue sur les épaules...
Il arrive vers le cavalier solitaire, une barre à mine sur l'épaule...
Il n'a pas l'air dans son assiette et pue l'alcool... Ce mec a l'air d'un toxico, perché, perlant de sueur...


Tu.. mmh..
Descends de ton bestiau...
Ou je lui brise les pa.. Les pa.. Les papattes.
Mmmh.
Fils de putain...



L'arme est brandie en l'air, au dessus de sa tête. Menaçante.


... Le silence. Le cavalier tournoie, trop rapide.
Rien à faire.
Le goût de la poussière chaude. Le sable.


Combien de temps a t-il encore dormi ?
Dans ses affaires : presque plus rien. Mais du whisky.
Sur les genoux, fébriles, la bouche sèche, il constate la disparition du cavalier, puis il vide ce flacon.
L'alcool brûle son intérieur et dissipe les effets de la drogue... En partie.


C'est une loque en blouse de médecin qui arrache ses dernières forces. Le nord. toujours le nord...


À l'horizon.
Il est là.
L'ombre. Le cavalier...



Il réunit ses dernières forces et fonce vers sa position....






Descends...
Descends...
kof.. mmmh....
Je vais...
Viens... Je vais...



Le cavalier de tourner autour de lui, assez vite pour qu'aucun coup n'atteigne le brave animal, là le bon docteur vise clairement les pattes.
Jeu du chat et de la souris où le chat crèvera bientôt seul dans le désert.

Docteur Berisha

Don Quichotte #207


Il n’est jamais descendu.
L’ange de l’apocalyspe, le Chevalier de mon cul, le plus grand fils de pute du wasteland.
Combien d temps ça a duré ?
Cet enfoiré en selle, le pathétique toubib à la blouse crasseuse au sol.
Drogué jusqu’aux yeux.
Perdu dans un espace-temps qui lui est propre ? combien d’heures ? De jours ?

Lorsqu’il reprends conscience il fait jour et le cavalier, l’ombre, sa conscience, la Mort en personne est loin derrière, il court, il court à travers les dunes, droit devant lui, ses chaussures ne sont que lambeaux, les plaies de ses pieds s’emplissent d’un sable brûlant, la douleur est loin, comme une caresse sulfureuse et lointaine.

Opium. Whisky. Meilleurs amis de l’âme en peine, celui qui va mourrir vous salue.

Il court il court jusqu’à ce que son pire ennemi disparaisse au loin.
Il tombe.
Pour la dernière fois ?


Il est à bout de forces, ses mains lâchent la dérisoire barre à mine à laquelle il n’a jamais cessé de s’accrocher.
En sang, les mains, également.
Il n’est que ruine. Ombre de celui qu’il fut.

Une loque.
Un don au désert.

Perdu ?
Pas tout à fait.


Dans sa chute son visage entre en collision avec une surface dure, sous une fine couche de sable.
Ce qui a pour effet d’ouvrir son arcade et d’éveiller sa curiosité. D’allumer une lueur d’espoir.


Il creuse de ses deux mains nues comme un forcené, le sable vole et devient poussière, sa sueur et le sang maculent le désert immaculé.

Une caisse militaire.
Un miracle.

De quoi se soigner, de quoi survivre.
De quoi se venger.
D’eux. Tous.


Des vivres. Des médicaments.
Il ouvre la caisse, la barre à mine aura trouvé une utilisation, une dernière, ses mains ne pourront manipuler quoi que ce soit avant des semaines…
La serrure cède et il découvre la vérité :


Il est le dindon de la farce, le bouffon du monde dévasté.
Trois sachets de toile contiennent de la poudre. De la putain de poudre noire qui pue le souffre, une putain de poudre, archaïque explosif. Il crèvera riche de quoi remplir un mousquet.
L’éclat de rire est sonore, rauque et profond, il rit de bon coeur, ému aux larmes… Il hurle au désert, seul au monde…


Un peu de poudre recueillie dans le creux de la main, ça pue la mort.
Un élan de folie, il sniffe bien fort.
Et hurle la douleur de ses sinus envahis de feu.


Un hurlement distordu, quelque chose qui n’a plus grand chose d’humain.





Docteur Berisha

Don Quichotte #207



Tu as trouvé :
3kg de Materiel.
rien d'utile.
un objet: Masque de cheval.









L'épopée Post-apo continuait...

Domi

Don Quichotte #207


Pour prendre fin assez brutalement.

C'est un cheval au galop que se prend justement en pleine poire le pauvre homme masqué, ou plutôt l'arme de la gosse sur la tronche quand elle file comme le vent à côté de lui.

Le temps de se remettre -ou pas- de son émotion, le bon Docteur Berisha est surplombé par une Dominique aux yeux injectés de sang. Elle lui retire sa merde de farces et attrapes violemment, empoigne son putain de vêtement au niveau du buste pour le redresser vers elle, et enfonce sans préliminaire son couteau balistique dans son oeil droit, avant de faire tourner la lame d'un coup sec du poignet...

...ah oui, là, ça pique et comme il faut, pour le bienheureux. On est assez loin du confort de la levrette minable qu'ils s'étaient un soir payée tous les deux, le temps d'une minute avant qu'il n'éjacule comme un goret précoce.


Je vais t'écorcher vif fils de pute, avant qu'on t'empale sur la lance de Calen.

Megan ! Fais un feu et prépare le tisonnier, on a du gros boulot par ici !

Megan

Don Quichotte #207


Si avec le seul œil qui lui reste, le "bon docteur" prend un instant pour observer Megan, il se rendra compte que la jeune fille insouciante qu'il avait rencontrée n'est plus.

C'est avec un plaisir non dissimulé qu'elle lui balance un coup de pied vicelard à l'estomac. On dirait qu'elle se repaît de la souffrance du médecin pervers. Calinouille, le Poney de l'Apocalypse, n'est pas en reste côté coup de latte.

Elle s'éloigne en ronchonnant pour allumer le feu. La tâche est difficile sous la pluie mais la vie en ce bas monde nous force à acquérir ce genre de compétences.

Les flammes se reflètent dans ses yeux pendant qu'elle fait chauffer son tisonnier. Elle est pensive. Qu'est-ce que ça donnerait si on le faisait cuire vivant ? Le goût serait-il différent ?

Domi

Don Quichotte #207






Ah t'as voulu fourrer Darcy direct !
T'as voulu baiser MA Darcy une fois bien canée !
...
Et NON que tu me dis quand j'appelle ! NON ! Qu'est-ce que ça veut putain de dire, NON, quand je vous cause tas d'ingrats ?!
...
Tu m'as sacrément mal baisée mais moi je vais pas te louper enfoiré !
...
Je t'avais dit que j'allais te crever s'ils ne le faisaient pas !
Je te l'avais dit !
Tu n'as pas écouté ! Tu n'as pas été sage et je vais te punir !



Hors d'elle et fulminante, alors que l'autre doit savourer sa douleur tout en gigotant sur le sol peu fertile qui s'imbibe d'une humidité salvatrice, la daronne décharge les montures avec Calen pour fouiller dans les paquetages, tout en gueulant de sa voix cassée, bien affreuse quand elle se force à monter dans les tons, un vrai petit roquet sous crack, bien loin du fleuve monocorde et déprimant habituel...
Calen s'est pris un bon coup de pied surprise dans les baloches en voulant approcher le blessé, mais ce n'est que partie remise...
Elle déballe des boîtes de clous...elle jette un tas de planches à côté du bon Docteur Berisha, tout en le frappant avec l'une d'elle en passant, et de lui filer aussi quelques coups de grolles dans les côtes pour garder la forme, pour tenir le rythme...avant de replonger ses doigts dans des ballots, des caisses, des musettes...couteaux de cuisine, colle à bois, matériel chirurgical et anesthésique, tas de chaînes rouillées et emberlificotées, morceaux de verre...
La fin du bon Docteur Berisha a l'air peu enviable...on ne connaîtra jamais le mystère de l'abri 207, a priori...que c'est triste...



Tu vas voir comment je vais t'enculer à sec moi, avec ma grosse bite !
Tu vas aimer ça ma salope !
Petite chienne, tu vas bien mouiller !



Luisante de sueurs et de pluie acide, la main franche qu'elle lui avait tendue au bas du Pont des Larmes n'est plus qu'un lointain souvenir.

Cette main est désormais un poing serré sur quelques lanières de cuir, et le cuir craque, grince...