Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière

par Domi

dernière modification de Korra à 27/11 18:39
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Domi

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière

Ce texte vaut 2 bières !

"Le Grand Malenko ce n'est pas James, Domi, c'est toi. Tu n'es pas humaine, tu es Moloch et tu me détruis à petit feu."
Alice, quelques jours avant son décès.



...




La mort prématurée de Vash a laissé un goût amer.
Il le voulait au Fort, entre ses mains.

Lui aussi là-bas le voulait entre ses battoirs, le grave étranger, avec qui elle parle brièvement quelques nuits éparses, celui que les pisseuses ont l'air d'appeler le Grand Malenko.

Et elle aussi le voulait, enchaîné, au donjon, où ses hurlements se cogneront contre la pierre froide, juste pour le plaisir de lui faire ravaler sa sale gueule de bouffon prétentieux. Voir s'il peut y trouver une once de poésie de merde, dans des moments pareils, où on marque ses muscles au fer chaud.

Et même si Vash allait de toutes les manières succomber: on ne tue pas impunément quelqu'un qui leur a annoncé vouloir se rendre à Fort Boréal, tout idiot et future victime soit-il.

Certaines de leurs connaissances n'apprécient pas non plus ce groupe, beaucoup de petits nomades et de vagabonds s'en sont plaints à Domi, chez qui ils trouvent toujours une oreille attentive... Pas étonnant, Vash a toujours été imbuvable, ses ex-compagnons et meurtriers doivent être du même tonneau...




...



Alors qu'elle éclate avec ses sbires façon vietcongs quelques zonards dans la mangrove, alors qu'elle tabasse et chourrave un pauvre bougre qui côtoie d'un peu trop près les précieuses installations minières sans s'annoncer, l'appel vient de l'un de ses meilleurs petits oiseaux, au travail toujours admirable.
Dupontroue et sa bande. Enfin repérés. Tout proches de la Frontière.

La Maman marmonne toute seule, le combiné encore crispé entre ses doigts.




On s'est trop embourbé...j'aurais du le savoir...j'aurais du le savoir...j'aurais du me tenir prête...on y sera jamais à temps...




...




Pression sur les contacts radio.
Regards sur les cartes.
Manipulations diverses ou du moins, tentative de manipulations.
"Diplomatie" louche entre âmes d'encre.
Domi présente ses amabilités: j'ai dit à ton pion de se barrer au plus vite, sinon elle se prendra une balle de mon Obrez en pleine gueule. Boum. Ou quelque chose comme ça.

Pauvre Alice, malmenée par un homme et une femme de pouvoir. Des démons, qu'elle les appelle, parfois.
Elle ne l'a pas écoutée, et reste près de ses compagnons. Elle va crever.
L'autre non plus, ne l'a pas écoutée, et laisse encore Alice les côtoyer. Elle choisit les marais. Elle choisit Delaney et pas elle, cette mouilleuse... Mais légèrement écartée du gros des troupes, elle va survivre, pour témoigner.
Pas question de Lui offrir sur un plateau toutes ces brebis inconscientes. Elle perçoit comme un défi qu'Il lui lance, sourdement, sans même devoir le dire vraiment.
La fenêtre de tir est mince, les chances d'échouer sont jugées maximales. Ils vont se barrer vers l'Est, tomber entre ses griffes, c'est quasiment certain.




...





Même pas le temps de se reposer de toutes ces journées plongées dans l'hémoglobine, la boue et la cendre. Après une nuit d'insomnie comme une autre, l'étalon noir de Dominique fonce à travers le désert aride, quasiment en ligne droite, suivi de toute l'écurie, pour rejoindre une bonne partie de la famille nomade.
Premier bilan en retrouvant Darcy. Megan et Dorcas restés au Fort ramèneront ce qu'il faut pour ne pas s'attarder sur la survie pure. Il faut se grouiller.
Une ou deux semaines qu'elles ne se sont pas côtoyées, qu'elles ne se sont pas touchées...

Mais il y a beaucoup de silence pour ces retrouvailles, les jours qui suivent, dans la caravane Singulière, qui fait des sauts de puce de plus en plus menaçants pour les cibles, avalant les ruines et la poussière, tout en tâchant de brouiller un peu les pistes...

On sent les esprits et les corps fébriles...

Les nouvelles armes à feu ont peut-être une chance d'être testées sur cible mobile, de chair et sang, et pas sur des isolés, en prime, bien que ces cons là s'appellent les Solitaires. Ce sera aussi l'occasion d'éprouver un peu plus les chevaux et leurs capacités, ceux qui font partie intégrante de leur identité.




...




La trentenaire se concentre sur l'écoute, l'analyse de données, et l'art de mordre à travers la radio, ainsi que le soin des bêtes.


Et un matin, elle présente trois canassons frais comme des gardons, pour le groupe d'assaut. Megan n'a pas voulu prêter le vilain Calinouille, et c'est peut-être tant mieux, pour celui qui l'aurait monté...

Le petit oiseau confirme: ils ne sont pas allés assez loin. Ils sont en plein dans la Frontière.

A quoi pensaient-ils ? Que n'avaient-ils pas compris dans le fait qu'elle "pouvait frapper à très longue distance" ? Jugeaient-ils quelques kilomètres de marais suffisants, pour se mettre à l'abri ? C'était vrai, dans un certain sens. Mais ils n'en avaient pas fait assez, ce jour là, de kilomètres, dans l'environnement putride et délétère.

Ils l'avaient sous-estimée, voilà ce qu'ils avaient fait...


Et elle les avait pourtant prévenus...


D'ailleurs...pourquoi l'avoir fait...? Les prévenir...? A quoi bon...


Si on analysait bien tous les faits, si on avait une vision globale de l'ensemble, dans la tête de Dominique...


...n'était-ce pas là qu'une sordide manoeuvre psychologique, sportive et sanguinaire ?


Un jeu sadique, en fin de compte, sous prétexte de protéger son territoire...


...





La rude et sinistre Dominique fait un dernier câlin plein d'amour à son fidèle destrier, l'embrassant et lui glissant quelques mots à l'oreille.

Avant de se retourner et d'annoncer sèchement aux hommes et aux femmes:



Bonne chasse. Il n'y a plus une minute à perdre.




...




Il est maintenant loin, le temps où elle partageait un troupeau en trois portions, pour préserver la paix et l'harmonie... Un putain d'échec...

Tout comme les corps, l'ambiance s'est considérablement durcie, en l'espace d'une vingtaine de lunes...

Korra

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière


Quelques encablures plus au nord, dans les marais vaseux, venait de se jouer un massacre effroyable.
Alors que la nuit avait drapé le campement du petit groupe, le feu avait du mal à brûler dans ce terrain humide.
Les moustiques tournaient allégrement autour du festin ambulant, malgré la Poule qui essayait de leur faire la fête.

La rouquine s'était mise à l'écart avec l'équidé, afin de méditer un peu, faute de trouver le sommeil.
Elle le fuyait depuis l'intrusion de l'Animal dans sa tête. La cicatrice parfois grattait sa cuisse, histoire de le lui rappeler à son bon souvenir son ténébreux assaillant.

Perdue quelque part dans les méandres de son esprit elle n'entendit pas tout de suite la troupe arriver.
Ce fut le piaffer du cheval et le fait qu'il tirait sur la bride nouée au poignet de la rousse qui la sortit de sa méditation.


L'horreur.



Elle revint à elle pour découvrir un spectacle effroyable.
Avaient-ils seulement eu le temps de crier ? de comprendre ceux qui leur étaient tombés dessus ?

Des plumes volaient au dessus du feu et dans l'atmosphère une odeur de cramé.

Du sang.

Du sang.

Et encore du sang.

Les corps agonisant du petit groupe étaient à même le sol.

Elle se fraya un passage, croisant le regard sans vie de la gamine avec un pincement au coeur. Elle ne put apercevoir la blonde, ni les autres qui étaient certainement de l'autre coté du feu.

Korra agrippa la selle du cheval et grimpa dessus. Il n'y avait plus rien à faire.

La fuite.

Julien lui avait toujours dit : "Prends la fuite et ne te retourne pas ! c'est comme ça !"

Le droïde était renversé sur le coté des flammes jaillissaient de ses circuits explosés.

Il y était tous passés. Elle eut envie de vomir ses tripes.



Tous.



Sauf elle.



Choix tactique ou manque de puissance ?


Une rafale de balles résonna dans le marais.


Korra était sous le choc, le canasson aussi, mais son instinct de survie visiblement plus marqué le fit partir en trombe de la scène de crime.
Malgré la vase, malgré les trous il galopa pour sauver sa peau.

Il avait pris le mord.

C'était un cheval fou.


Korra qui tenait les rennes n'arrivait pas à arrêter sa monture tant elle s'était emballée.
Le marais disparut pour faire place à un bord de mer, une plage et du sable.

Domi

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière

Ce texte vaut une bière !

Texte de: Darcy O'Sullivan.


Les choses étaient claires et simples. Assurer l'autorité de Fort Boréal sur ses terres, donner un signal fort à ceux qui oseraient trop s'approcher sans s'annoncer. Tout le monde était d'accord, comme à chaque fois. C'était sans doute là ce qui garantissait l'union parfaite des Singuliers : la même longueur d'ondes, toujours.

Chevaux et armes prêts, la direction fut donnée à Darcy, qui les répéta à Jack, le biker, monté avec elle. Parce qu'elle avait beau se débrouiller à cheval grâce aux leçons du regretté Roland, l'aveugle n'avait toujours pas de GPS greffé au cerveau... Les voilà donc lancés tous les six, au grand galop, pour ne perdre aucune minute sous la lumière déclinante du jour. Elle n'avait demandé aux siens que de lui en laisser deux, vivants ou à peu près.

Sans aucune sommation, les balles se mirent à pleuvoir, les coups furent distribués, les armes blanches sorties au clair. Un sacré tumulte,
renforcé par l'exaltation des uns, l'incrédulité et la peur peut-être des autres, le piaffement des chevaux. Quelques minutes à peine qui parurent pourtant aussi courtes que longues avant qu'un semblant de silence retomba.

L'irlandaise mit enfin pied à terre, ou au marais, pour rejoindre les deux survivants, sa faucille à la main, ses yeux blancs braqués sur eux.


Beidh Lugh sásta.

C'était l'heure du sacrifice...

Domi

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière


Texte de: Püppchen

Püppchen a suivi, elle n'a pas la personnalité pour faire autre chose finalement. Pas assez de discernement encore. Elle apprend mais elle n'est pas encore totalement opérationnelle. Le sera-t-elle vraiment un jour ? Est-ce prévu a vrai dire ?

Le sang a coulé, le harpon a fait ce qu'il avait à faire. La fille en face ne ressemble plus à grand chose. Quelque giclée de sang sur les vêtements et sur le visage, Püppchen observe Darcy et son étrange attitude … la même depuis la mort de Roland … avec ses paroles issues de ses origines.

Ikemi Takaori

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière


Ikemi est restée en arrière avec Lyssa. L'installation du camp prend par mal de temps aux jeunes femmes.

Quand les premiers cris au loin éclatent, les deux jeunes femmes s’arrêtent momentanément et se regardent.

Le bruit a été crescendo sur une petite minute, puis progressivement plus rien. Quelques bruits métalliques tout au plus qui font écho dans le vent.

Dans le remplis de son kakeshita, Ikemi sort le "cadeau" de Dorcas. Il va probablement y avoir fiesta ce soir. Beaucoup d'alcool pour noyer les quelques remords si tant est qu ils en aient.

Tout à coup la voix déformée de Megan surgit, pleine de puissance et de haine à travers le silence de la plaine. Plus fort même que la bataille au loin.

Korra

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière


POUR ROLAND :

Les dernières pensées d'un crevard:

Quelle bande d'enculés... pinardiers d'auberge rouge... que ces salopes d'Ajay et Blake me survivent, burp (crache du sang)... enfants de putains...

Une ultime image sur sa rétine lui provoque un début d'érection... un cul... Korra, Alice, Elleawan? La sueur et la boue masquent les formes...

Il est déjà loin le bougre, il regrettera les grillades... jamais il n'aurait cru que la viande humaine le ferait autant saliver, quand il gardait ses brebis, jadis, il y a longtemps... les pâturages, l'air frais des montagnes...

Ce cul n'est pas celui de Korra, il l'a trop maté, ni celui d'Elleawan, il manque un grain de beauté, peut être Alice, il n'a pas eu le temps de mémoriser ses courbes... tant de si belles femmes, leur voix, leurs rires, leurs yeux malicieux, leurs pipis dans les dunes… il aimerait se branler encore fois quand il rend son dernier souffle.

Domi

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière


Texte de: Darcy O'Sullivan

Autour, elle n'entendait plus que les voix de ses compagnons. Le massacre était terminé, ou presque.

Fola le haghaidh mianach.

Une première gorge fut ainsi tranchée, qui éclaboussa autant le débardeur que le visage de l'aveugle qui eut pour seule réaction un léger plissement du nez. Le geste avait en tout cas été net et sûr, comme habituel.

Fola do na déithe.

Le dernier survivant connut le même sort, offert à un dieu vénéré sans doute plus que par Darcy... Après quelques râles et gargouillis, il n'y eut plus rien. Plus rien qu'une certaine forme de joie macabre partagée par tous les singuliers. Tout avait été si simple, si rapide, si efficace. Qui pourrait s'opposer à eux de si tôt ?

Domi ? C'est fait. Pas de blessé chez nous, pas de survivant chez eux. Les sacs sont plein, on rentre la lune prochaine. Il manquera peut-être quelques bouteilles de whisky dans nos sacs par contre !

Qui parmi eux aurait pu se douter que la fête allait être de courte durée...

Korra

Le Fort et les faibles: massacre à la Frontière



Korra avait fuit. Tous avaient fini dans un bain de sang sauf elle.

La Reine avait bougé ses troupes sur les pauvres petits pions.

Un carnage.

Une boucherie.

Mais la Reine n'avait pas appris à compter correctement.
La Reine n'avait pas vu le coup d'après.

Les Métahumains étaient échec.

Mais un cavalier n'avait pas été pris en compte.

Ici il s'agissait d'une crinière rousse qui détalait à bride abattue
pour se vautrer dans le camp des brutes sanguinaires de l'Est.

Le cheval pilla en fin de course.
La rouquine vola par dessus aux pieds de James Delaney et toute son équipe.

Domi l'avait mise en garde.

Elle le savait.

Alice l'avait mise en garde.

Elle le savait.

Mais jamais elle n'avait pensé faire une entrée aussi fracassante devant l'Animal.

Le temps de retrouver une assise dans le sable, stable, elle articula tant bien que mal :

"Je...on....on vient de se faire.....attaquer par les Singuliers....dans le marais.
Je suis....Korra."


Mais en sois avait elle besoin de se présenter vraiment.

James la regarda sans un mot.

La seconde d'après ce fut un vrai branle-bas de combat.

Un homme dont elle reconnut la voix pour avoir échangé à la radio prit les devants avec elle,
lui intimant de se tenir sage si elle ne voulait pas y passer à son tour.

Sous le choc Korra obéit.

Le Roi était en train de s'organiser dans son plan de bataille.
Il fallait porter le coup fatal.

Les prochaines heures allaient décider de la suite des événements.

La partie se terminerait par un "échec et Mat" !

Plus tard Korra écrirait près d'une fontaine, une fable relatant l'histoire....