Un désert en hors d'oeuvre.

par Oje Lihl

dernière modification de Oje Lihl à 16/11 23:40
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Oje Lihl

Un désert en hors d'oeuvre.

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Les grains de sable changent de couleur sous mes yeux...

Voilà des jours que mes pieds foulent ce désert. Que j'avance sous ce soleil écrasant. Semant ça et là quelques gouttes de sueur perlant de mon crâne pourtant couvert d'un bout de tissu arraché à mon Tee-Shirt.

Je regarde cette énième goutte profiter de la gravité pour rejoindre la multitude de grains s'abreuvant de ma peine.
Tel le petit poucet, je sème sur mon chemin. Mais je sais déjà que personne ne me retrouvera. La durée de vie du liquide s'échappant de moi est encore plus courte que la mienne. A peine a t'il rejoint le sol, que déjà le soleil lui montre ses pouvoirs et le fait disparaître en fumée.

Depuis combien de temps suis-je ici, esseulé avec à peine de quoi survivre encore quelques heures. Et pourquoi suis-je là?
Cette bosse sur mon crane, qui m'élance à chaque pas, est le dernier souvenir de mon ancienne vie.

Je marche encore et encore, espérant nouer contact, autre qu'avec les nombreux cadavres que je croise sur ma route. Ma route... si tant est qu'on puisse appeler cela comme ça. Je me contente de suivre ma direction, vers le coucher de soleil, espérant trouver un peu de verdure, synonyme de civilisaton.
Cette civilisation qu'il me fait pourtant peur de retrouver. Et pour cause... Les corps en décomposition montraient de nombreuses marques de morsure, et la chair en avait été arrachée. Je ne suis pas encore résigné à me jeter sur les restes de ces hommes et femmes, puisant dans les dernières réserves qu'il me reste, mais un jour, très proche, je sais que je vais devoir franchir le pas. La survie est à ce prix.

Une nouvelle fois, je retire le lambeau de tissu me servant d'infime protection, et le porte à mes lèvres. J'aspire le peu d'humidité que le soleil veut bien y laisser.
Le sel, le sable entrent dans ma bouche.
C'est désagréable, mais agréable à la fois. Peut-être n'aurais-pas l'occasion de me nourrir jusqu'à la prochaine lune. Ma gourde et quasi à sec. Mais je tiens le coup.

Je me suis bien découvert quelques compétences pour me fabriquer la nourriture, mais le manque d'eau me tuera certainement.

Je rêve d'une gourde bien remplie, d'ombre sous des palmiers, et d'une personne avec qui parler, à qui je pourrais raconter ma petite mort...