God Save The Fool

par Aleyah

dernière modification de Yarhel à 14/11 09:33
mots clés: yarhel, Les fuyardes fringantes, Aleyah, blancheneige,

Aleyah

God Save The Fool


Les deux fringantes ex-fuyardes avaient fini par s’approcher de l’homme au discours d’illuminé. Un discours qui rappelait nombre de mauvais souvenirs à l’Ougandaise, elle qui avait passé des années à suivre le grand medium spirituel Joseph Koni et son Armée de Résistance du Seigneur.

Elle avait convaincu assez facilement Princesse de la laisser parlementer avec lui en prenant un biais du type « frapper d’abord, et discuter ensuite ».

Arrivée non loin du campement de l'homme, Aleyah c’était donc avancée vers lui, pas vif et fer à repasser au clair
–sortit de sa housse quoi-.

Le plan était simple comme une comptine pour enfant et consistait, une fois arrivée au contact de l’individu, à lui abattre son arme de ménagère sur le crâne
-assez fort pour assommer, pas assez pour tuer-, puis à le regarder s’écrouler au sol. Un plan qui, foi de feu Bronco, lui plaisait fichtrement !

Pour fluidifier encore d’avantage ce stratagème digne d'un Makiavel
-enfin, dans sa période enfantine tout de même-, Princesse couvrirait son approche en le divertissant à la radio. Elle avait comme un don –en plus d’un physique-, cette petite, à jouer les naïves...

Et, telle une parole d'évangile auto réalisatrice, gravée dans le marbre du destin, l’arme d’Aleyah s’abattit implacablement
-comme prévu- et toucha immanquablement le crâne chevelu de l'homme -comme prévu, un plan aux petits oignons vous dis-je !-... Voilà qui était rondement menée !

Ne restait plus qu'au corps à s'affaler... une formalité.

Cependant, c'est à cet instant qu'une poussière vint gripper toute cette cette belle mécanique
-une couille dans le potage, diraient certains moins poli que moi-. En effet, l'homme lui, sans vergogne, ne tomba point –Ouai, pas comme prévu du coup-.

Aleyah restât alors contrite, elle avait pourtant l'impression d'avoir frappé comme il le fallait, elle observa son arme, puis l’homme, puis son arme. Etait-ce là une maladresse de sa part ou... un genre d’intervention d'une déité quelconque ?


Ben merde alors... C’est quoi s’putain d’bordel ? Tu d’vrais ét’ dans les vapes là, s’lon mon plan !

Yarhel

God Save The Fool


A peine Yarhel avait-il fini sa tirade, qu'il senti une douleur aigue à la tête, mais rien qui le fit vaciller. De la hauteur de ses 1m90, le gourou resta planté droit dans le bitume. Mais d'où lui venait se mal de crâne, lui qui jamais ne ressentait la douleur.

En se retournant, il vit la jeune femme noire dans son dos, un regard interrogateur sur son fer à repassé recouvert d'un peu de sang. Puis quelques mots... Ben merde alors... C’est quoi s’putain d’bordel ? Tu d’vrais ét’ dans les vapes là, s’lon mon plan ! ... Yarhel n'était pas moins étonné qu'elle mais pas pour la même raison, il se demandait de quoi elle parlait.


Eh bien mademoiselle, que faites vous dans mon dos, ne serait-il pas préférable de parler face à face ou ma tête serait-elle trop difficile à appréhender que vous ne vouliez me regarder ?

Il ne sentit pas la perle de sang qui sortait de son crâne

Veuillez m'excuser un instant, il faut que j'aille voir la jeune femme qui se trouve un peu plus loin sur la route, voudriez vous m'y accompagner ? Elle ne serait peut être pas insensible à l'appelle du Nirvana, et si je peux lui procurer un premier aperçu, ce serait sans refus de ma part ...

Il se dégageait de la voix du "sage" une espèce de calme olympien, mais surtout comment était-ce possible de recevoir un tel coup sans s'en apercevoir ? Il était difficile de croire à une intervention divine sur un tel charlatant qui pourtant continua son chemin comme si de rien n'était.

Blanche Neige

God Save The Fool


Contrairement à Aleyah, l'échange radiophonique avec l'homme pourvue d'une jupe, se déroula sans accroc et la jeune femme fit naturellement; dans l'élan de l'échange; sa curieuse sur la propreté de l'entre-jambe masculine par cette chaleur horrifique, bien que la température avait tendance à décliner peu à peu. Après tout, après sa tirade d'illuminé sur le nirvana, le dénommé Yarhel avait dévié sur un sujet propre à l'homme, l'aspect salace bien peu subtil.
Concertation entre les deux femmes, Blanche Neige ferait office de distraction orale et visuelle, à une distance respectueuse. Pas moyen qu'elle se prenne le revers dans la gueule.
L'une approcherait donc par devant, l'autre par derrière, dans une posture qui n'aurait rien à voir avec de la matière sexuelle.
Sa voix résonna dans la radio, ne laissant présager d'absolument rien de la sournoiserie à venir.


L'entretien c'est une bonne chose mais avec l'manque d'eau... j'sais pas comment tu fais ou bien tu es excessivement pourvu de la précieuse.
Après l'sud, nous voulons explorer plus...


Une interruption toute volontaire vu la non nécessité de la radio désormais. Petit point d'observation optimal, sa comparse ferait front pendant que Yarhel la regardait avec un intérêt des plus prévisibles. Il se rinçait l'oeil, sans surprise. Ouvrant la bouche pour poursuivre, ou le laisser croire, la Brune contempla, presque béate, le gestuel aérien de l'Ebène, tout en finesse, bien que le fer à repasser était un objet terriblement incongru. Un pas en arrière, puis deux, quand le coup fut asséné, évitant que la masse ne l'écrase quand elle retomberait. Mais l'admiration fit place à de l'incompréhension quand la mécanique ne se déroula pas comme prévu.

Portant le dos de sa main contre ses lèvres, elle réprima difficilement un rire nerveux quand Yarhel s'exprima. C'était quoi ce bordel ?



Aleyah

God Save The Fool


Aleyah ne songea même pas à asséner un nouveau coup sur la caboche du clone de Raspoutine tandis qu’elle l’écoutait deviser, totalement incrédule.

Lorsqu’il eut terminé, elle le regarda simplement prendre son barda et s’éloigner tranquillement en lui lançant une invitation à le suivre. Visiblement, il n’avait pas fait le rapprochement entre le fer ensanglanté qu’elle tenait dans la main, et la blessure qu’il avait au crâne.

C’était quoi déjà, cette putain de maladie ou de syndrome qui empêchait à un type de ressentir la douleur ? Pas moyen de se souvenir du nom, mais elle avait vu un film, une fois, ou le héros avait un truc du genre. Elle avait pas pris ça trop au sérieux à l'époque, ça non... Faut dire que le cinéma Hollywoodien était pas toujours une source d'information très fiable.

Mais bon admettons que cet illuminé ait eut un truc du genre, est-ce que dans ce cas là, ça l'immuniserait aussi contre le fait de tomber dans les pommes ?

Vas savoir, putain...

Devant l'impasse ou débouchaient ses réflexions, elle haussa les épaules de dépit et grommela entre ses dents.


S’bien ma veine ça, c’était quoi les chances ?

Elle se retourna alors en direction de Princesse qui se tenait non loin et lui fit un ample geste des bras pour illustrer son désappointement.

Bon... Ben on fait quoi du coup... On l’suit ?

Blanche Neige

God Save The Fool


L'accès au rire nerveux était passé. Simulait-il l'absence de douleur ou n'avait-il vraiment rien ressenti ? Le fer à repasser semblait de bonne facture et nullement en plastique, même si Blanche Neige n'y avait jamais touché. Les objets made in China étant pour la plupart de la camelote, peut-être avait-on là l'explication ou bien une poisse affligeante qui leur collait à la peau.

Suivons le, au moins un temps. S'il a une chance de cocu, peut-être qu'elle nous servira... l'inverse aussi. J'espère qu'il nous la mettra pas à l'envers avec son nirvana.

Un bas soupir mais échec ou pas, leurs intentions n'avaient pas été de le tuer. Soulevant ses maigres affaires, le sourire réapparu sur le minois un brin poussiéreux.

Il m'semble bien inoffensif mais méfions nous. Ca nous fera un peu d'compagnie.

Un soupçon de nostalgie s'invita en songeant à leurs anciens compagnons, morts.

Yarhel

God Save The Fool


Avec sa gueule de métèque; Yarhel était parti rejoindre une âme en peine à une lieue des deux filles rencontrées. Elle pouvait le voir marcher sur le bitume, chancelant un peu mais rien de signifiant après le coup qu'il avait reçu.

Il se voyait gourou, touché par le Divin et essayant de guider les pauvres âmes vers le Nirvana tant convoité. Enfin , ça c'était à la surface des choses, mais dans le fond, après ce coup de fer à repasser, n'y avait-il pas eu là une intervention divine ?

La longue silhouette crade du gourou s'éloigne peu à peu, mais elles se mettent en marche rapidement. Lui avait le pas d'un marcheur sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, elles, la foulée de jeunes gazelles.

La goutte de sang séchait rapidement, et le mal de crâne était parti aussi vite qu'il était venu. La présence d'une jeune et jolie demoiselle en détresse devant ses yeux lui fit reprendre ses esprits et son discours rodé.


Ma chère , je suis ravi que vous vouliez vous joindre à moi pour continuer votre voyage, il est tellement plus facile d'atteindre le Nirvana en bonne compagnie !

Il arriva près de la jeune femme et lui tendit les bras en guise de bienvenue, bon avec sa gueule peut être lui ferait il peur de près. Mais à voir la jolie plastique, Yarhel ne pouvait contenir l'excitation de cette rencontre.

Ensuite, il faudrait aller de l'avant, après tout, elles avaient l'air toutes sympa dans le coin !