Les Trolls sous la Terre

Chapitre débuté par Jonas

Chapitre concerne : Jonas, The BlackBird, blackhawkpeak, Les élus du Grand Troll, drake, jeanne, juangarçia, tinytina, joecormad,

Le Phare. Foutu Phare. Cet endroit était censé, entre autre, lui permettre de se reposer, pouvoir se recentrer après l'effervescence qu'offre immanquablement le désert. Et pourtant... La première fois qu'il y est venu, il faisait figure de menace, auprès des autres oiseaux, envers ceux qui s'étaient empressés de s'y réfugier. La deuxième fois, c'était pour déterrer la graine de la discorde plantée par les Junkies Caravaniers, libérer un otage, rappeler à l'ordre, écouter les doléances de tout un tas de pleureuses inconscientes de leur chance ! Et maintenant ça... Troisième séjour et ça déconne encore.

Il est là, dans son coin, dans l'ombre, comme s'il voulait s'y cacher et qu'on lui foute la paix... Mais il les entend chouiner, râler, hurler au scandale ! Un tel devait aller bosser mais n'y allait pas, un autre prenait les résidentes pour des putes, un autre avait promis de prêter son jouet puis finalement voulait le vendre contre un château d'eau, alors qu'ils sont partenaires, et c'est pas gentil, et c'est vilain, et je chouine, et je m'insurge...

Le Vieux patiente. Ça va passer. Tout pourrait être régler en quelques mots, quelques minutes, des angles arrondis, moins de principes d'un côté, moins de connerie de l'autre. Ça va passer.

Il soupire dans son coin d'ombre. Transpire. Il est devenu plus irritable ces derniers jours... Le masque tombe souvent. Trop souvent à son goût, du moins. Et il y a cette fichue main qui tremble de plus en plus. Cette fichue main qui tremble et qu'il arrive de moins en moins à dissimuler, à maintenir l'illusion. Il est en manque. Il le sait, il le sent. Ça fait trop longtemps qu'il n'a pas eu sa dose. Trop longtemps qu'il fait comme si de rien n'était. Trop longtemps qu'il clope et sniffe pour pallier au manque réel. Il est à bout.

Et ça ne va pas passer.

Le Vieux quitte l'ombre. Oublie de se cacher. Pas même sa main qui tremble comme celle d'un Parkinsonien. Le masque s'effrite et il ne cherche plus à le colmater.

- Assez !

La petite troupe réunie non loin de son coin d'ombre sera sans doute surprise de l'entendre gueuler. C'est bien la première fois. Et cette foutue voix, déjà grondante au repos, deviendrait presque terrifiante. L'air habituellement impassible a disparu. Comme ses yeux sous ses épais sourcils tant froncés qu'ils semblent vouloir arracher ses tempes. Les traits sont tirés comme jamais, mués par une rage qui tend à ne plus rester sourde.

Sur son chemin, de sa main valide, il attrape la masse de métal barbelée encore tâchée d'un sang vaudou. Quand il arrive près de l'attroupement, sans d'ailleurs avoir les idées suffisamment claires pour discerner qui la constitue, il s'arrête. La masse à sa main et la froideur qui se lit sur son visage ne laissent que peu de place au doute concernant ses intentions quand il demande d'un ton sec :

- Les Trolls. Ils sont où ?

Les pieds dans les starting blocks, les mains au sol collées à la ligne, les muscles chauds, les consignes assimilées, intégrées, répètées suffisament pour faire partie d'elle, puis répètées jusqu'à l'épuisement, l'écoeurement, le vomissemnt... répétés enfin jusqu'à en faire un besoin, un vice, une dépendance.
Chaque course s'appuyait sur la précédente et tout l'entrainement qui l'a suivait, il ne fallait se concentrer que sur les détails inhérant à celle à venir.
La cadence, les repères, la foulée, la sensation, l'odeur, et cette volonté de puissance demeurait course après course mais ce n'était rien comparé à cette tension jubilatoire concentrée dans les quelques secondes, soupe primordiale d'un mini big bang, précédant le coup de feu qui libère, délivre, autorise, émancipe, justifie la vie.


"Assez !"

La voix avait grondé. Et Jeanne assise dos au mur avait ouvert les yeux, elle sentit sa chair s'embraser.
Ces rapports avec le vieux était sans doute singulier, ils ne se parlaient guère, elle ne cherchait pas à gagner sa confiance -Il avait besoin d'elle, comme presque tous ici, on ne trahi pas son chien de garde, ça n'a aucun sens- mais ils étaient dans la même équipe.
Elle était prête, ce qui allait arriver devait arriver. L'homme n'a qu'une vie, il se doit de n'avoir qu'une parole.
La vie se nouriit sur la vie, elle le savait.


Les Trolls. Ils sont où ?


Et jeanne était déjà debout, chargeant le benelli.

Le latin participait activement a la conversation, pour lui le retournement de veste des trolls étaient sans appel, et difficilement rattrapable, il n'arrivait pas a imaginer que cela puisse être une bêtise si grotesque, ridicule de la part du chef des trolls, Non. C'étais une provocation, pure et simple.
Le phare manquait d'eau, eux avaient un outil formidable. Ils devaient le prêter. Et maintenant ils demandaient rien de moins que 10L d'eau pour le "prêt" de leur outil.

C'est 10L d'eau étaient nécessaire tout comme l'outil pour la production de la lune. Et le deal qu'ils proposaient étaient simplement un ultimatum, une sévère provocation.
Le latin avait voté, une réplique sanglante, un futur massacre, les habitants du phare ne le savaient pas, pas tous, mais les trolls mettaient en danger leur vies.
Quand le vieux Gueule, le latin étais déjà résolu. Et se dirige vers la sortie

Je sais ou ils sont, je vais les chercher et les ramener ici aux portes du phare, je vais trouver un pretexte.

Et il passe la porte d'un pas décidé

Tina n'avait pas trop suivi les négociations, mais elle sentait dans l'air comme une tension palpable. Il allait se passer un truc.

Alors qu'elle s'approchait de la sortie, Juan lui fit signe de rejoindre un groupe.

Sans trop savoir quoi attendre, Tina se tient prête.

Comment s'était-il retrouvé là ? Joe n'en avait aucunes idées. Alors qu'il comptait essayer de trouver quelques plantes aromatiques, il avait entendu des éclats de voies. Le cow-boy restait loin de toute l'agitation de la communauté, pas qu'il ne l'appréciait pas mais plus par manque de volonté de rencontrer les habitants.

Il en avait déjà croisé quelques uns donc il était venu voir ce qu'il se passait. Plusieurs personnes se regroupaient près de la porte. Premier réflexe, aller voir Kaleb, pas que se soit son quelconque chef mais plutôt qu'il était au courant de tout se qui se passait dans cette ville.

"Les Trolls, tu sais les nouveaux... ils ne veulent plus prêter leur outil pour l'eau."

Moui, jusque là rien de bien nouveau, ce nouveau groupe de nomade voulait surement marchander leur trouvaille.

"Ils font chanter Blanche, ils veulent 10 litres d'eau, tu te rends compte ? Avec cette chaleur c'est impossible ! Et sinon il y a ce Tucco là... il a commencé a faire comprendre qu'il passerait de l'eau contre de la baise avec les femmes du Phare."

Quoi ? Là par contre ça allait un peu moins, on ne touchait pas, on ne manquait pas de respect à sa "famille". Même si avec la dernière information,le cow-boy ne pensait pas les deux adolescentes concerné, mais il ne devait pas prendre de risque et puis il y avait Eliane...

Une fois informé de se qui se passait, le Doc alla rejoindre les différents membres de la communauté au porte de la ville. Il avait son "club de golf" au moins à eux tous ils allaient surement faire suffisement peur au trolls pour qu'ils arrêtent de vouloir l'impossible et que tout le monde survive à cette canicule.

Joe arriva près de la porte, salua de son chapeau les membres déjà présent, et se plaça à coté du plus vieux, Jonas.

Le Vieux fulmine en silence, noyé dans cette rage qu'il ne parvient plus à garder bien planquée sous son air habituellement impassible. Et plus sa main droite tremble, plus la gauche se resserre sur le manche de la masse.

Derrière lui, certains se sont rassemblés. Il en a vaguement conscience... Assez pour les identifier. Le Doc Cormad, la petite Tina, l'Estonienne et son bocal, Speedy Keoll et, évidemment, Jeanne. Pour résumer, un cow-boy, une ado, une brunette en hermine, une ostéopathe Normande amatrice de fromage, une coureuse de cent-dix mètres haies et... un vieillard. On comprendra que les Trolls ne s'enfuient pas en courant.

En face, les voilà réunis par le latino. Les Trolls. Au complet. Ou presque... Absence notable du Prophète et du Prêcheur... Il y a La Crêpe, le leader, pas prêt de se retourner. Il y ce mexicain qui lui en rappelle fortement un autre, au Vieux... Tuco. Celui qui aurait mieux fait de proposer une pipe à eau plutôt que son eau contre des pipes. Il y a cette fille, Bobbynette, qui était presque aussi pressée que le Phare termine ses chantiers que le Phare était pressé que les Trolls filent leur jerrycan. Il y a M.Esclave qui... Hé bien, qui porte bien son nom. Il y a aussi... Drake. Drake ? Mais qu'est-ce qu'elle fout là, elle ? Ne pas être là quand il faudrait et y être quand il ne faudrait pas, c'est un don, à croire. Et il y a ce slave, Mislav Kovaç. Celui dont La Crêpe vantait les connaissances martiales... Comme quoi il était capable de former n'importe qui au combat. Hum.

Le Vieux s'avance. Sans vraiment s'assurer qu'on le suive ou non... Droit sur La Crêpe et sa sale tronche. Certes, il tient sa masse. Certes, il est grand. Certes, il a ses traits tirés et cet air affreusement sombre... Mais il est rarement souriant, le Vieux, après tout. Et tout le monde ou presque, ici, se balade avec une arme. Puis, surtout, il est vieux, le Vieux. Allez savoir, l'une ou l'autre de ses raisons qui font que les Trolls bougent pas d'un pouce et le regarde se radiner, la bouche en coeur... En attente d'une négociation musclée. D'un sermon, peut-être. Une leçon de vie de plus de ce débris millénaire qui se pointe...

Et le voilà face à La Crêpe. On entend pas une mouche voler. Les plaintes et jérémiades se sont tuent. La masse s'élève et vient se poser sur l'épaule du Vieux, le temps d'un soupir. Le slave vient aussitôt rappeler sa présence, entre les deux hommes, façon garde du corps, le temps d'un échange de regard. Possible que l'espace d'un instant, une part du Vieux se remette à hurler que tout ça pourrait se régler en quelques mots... Possible. Un instant seulement. Mais le manque est trop grand.

L'instant suivant, la masse s'abat sur la tête du slave.

La gerbe de sang éclate et se répand sur le visage hébété du Troll en chef. Une crêpe à la groseille. Et un peu aux fraises, sur ce coup.

Le Vieux, lui, s'absente quelques secondes. Plus vraiment conscient de ce qui l'entoure. Les coups de masse se succèdent sur ce qu'il reste du crâne émietté de feu Kovaç, pourtant déjà tombé mort, bien que secoué de spasmes, dès le premier coup. Combien suivent ? De coups. Difficile à dire... Quand on aime, on ne compte pas. Le Vieux laisse simplement cette force entrer, cette rage sortir. Il y avait si longtemps ! Quel soulagement ! Un peu plus grand à chaque fois que la masse tombe comme un couperet, à chaque fois que le pâté de cervelle émet un son répugnant, à chaque fois que la ferraille de la masse ripe sur un bris de crâne. La messe est dite.

Quand il cesse enfin de massacrer le grand connaisseur martial Troll... Sa main ne tremble déjà plus. Au-dessus de son sourire quelque peu béat, ses pupilles et iris disparaissent un instant sous ses paupières agitées. Un orgasme ? Il bande en tous cas comme un âne. Il y avait si longtemps ! Si longtemps...

Ce n'est qu'alors que l'acier de ses yeux apaisés prennent connaissance de ce qui se passe autour.