Sweet Dream

Chapitre débuté par Korra

Chapitre concerne : Korra,

Ce texte vaut 2 bières !


Les flammes du feu dansent encore malgré l'heure avancée de la nuit, un corps est allongé aux abords du foyer, recroquevillé sous une couverture tenant un drôle de doudou peluche contre sa joue. Des traces de larmes salées sont présentes sur le visage de la rouquine et pour cause, cette nuit elle ne dort pas dans la tente. Elle ne dormira plus dans la tente.

Le blond n’a fait le choix de se barrer du groupe, préférant visiblement faire cavalier seul que de partager un espoir commun.
Noyant des mots à peine murmurés sur l’oreiller dans l’oubli.
Elle aurait dû le voir venir.
Mais elle avait fermé peut-être trop les yeux elle lui avait promis de ne plus revenir dans sa tête. Elle avait tenu cette promesse.
Elle aurait pu le sentir venir, mais elle y avait cru.
Stupidement.
Les femmes le sont parfois.

Le blond était fougueux et sanguin, la passivité n’était pas son fort, il rêvait d’ailleurs et de terres à découvrir...

L’ocre jaune du feu fait briller le carmin de sa chevelure, il ne manque plus que des diablotins pour danser autour du brasier et nous pourrions croire à un sabbat.
Reste juste à savoir si l’endormie est la sorcière ou la sacrifiée.

Elle rêve. Plongée dans son univers onirique qui lui est cher. Mais de quoi rêve -t-elle ?
D’une vie meilleure ? d’une vie dans un oasis avec de l’eau à profusion ? Ou de la querelle formidable qui vient de mettre un terme à sa relation amoureuse avec le blond ?

Seule elle le sait.

**~~**
Nul besoin de courir les vastes étendues du désert pour voyager dans le rêve. Korra se tient au même endroit qu’elle est endormie.

Là devant le feu, allongée en train de fixer la buche de bois qui se consume pour ne finir qu’en un tas de cendres qui noircit les pierres du foyer. Elle rumine l’attitude qu’elle ne comprend pas de Vash. Mais de toute manière, elle aurait dû s’y attendre, ce nouveau monde ne sera pas fait d’espoir, que reste t-il du genre humain ? Entre compassion et main tendue, il n’y a plus que des manchots aveugles et sourds.

Elle fulmine en elle, de ces incompréhensions, de cette incapacité à garder ceux qui lui sont proches avec elle. Jimmy était mort, Vash partait, après tout c’était mieux ainsi ? Non ?

Fatalité.
Très certainement.

Elle se lève et se met à hurler toute la colère qu’elle a en elle.

Après tout, dans son rêve personne ne viendra la faire chier !

Vash ne reviendra pas dans sa tête de si tôt ni elle dans la sienne.

Elle s’époumone.

Ça délivre, ça libère.

C’est son rêve ! Et elle n’y invitera plus personne !

Sa tête n’est pas un moulin non mais OOOOOOOOOOOOOOH !

La rouquine s’arrête de hurler pour reprendre son souffle c’est à cet instant précis qu’elle perçoit un bruit de brindilles qui se font écraser sous le pied.

Elle fronce les sourcils. Pas normal ça. Trop réelle comme sensation.

Elle fait volte face.
Se baisse rapidement et attrape une buche encore incandescente qu’elle brandit devant elle pour voir ce qui se cache dans l’ombre.
Il faut toujours faire attention aux monstres tapis dans les recoins de nos rêves, c’est là que naissent les cauchemars.

La lueur enveloppe la haute silhouette qui se tient devant elle.

La main de la rousse tremble, les doigts n’ont plus de force, la buche tombe au sol.


Korra veut crier, mais aucun son ne sort de sa gorge.
Elle veut bouger, mais ses pieds font corps avec le sable du sol, comme s’il devenait mouvant.

Elle finit par déglutir.

Elle ne l’a jamais vu.

Il n’a pas encore parlé.

Mais elle sait.

C’est LUI.

Il est venu….



*** ##***


Il est là devant elle. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne rêve pas !!

Elle en est certaine car NON, elle n’aurait pas rêver de lui.

Non.

Jamais elle aurait voulu l’avoir en rêve.

Non !!

Elle déglutie de nouveau. Le sol est redevenu dur sous ses pieds. Si tentait que le sable possède cette particularité, mais quoi qu’il en soit, elle peut fuir….si le coeur lui en dit.

Elle peut reculer.
Lui avance.
Pas à pas.
Prenant soin, tel un loup de découvrir sa brebis, sa proie.

Il est aussi imposant que ce qu’elle s’est imaginée du personnage. Une carrure qui juste par sa présence imposerait le silence à un poulailler entier. Ses hommes devaient filer droit...ou tu marches avec lui, ou tu crèves.

Elle peut reculer...

Mais elle ne le fait pas.
Il approche.

Son coeur vient d’augmenter l’impulsion du sang dans son corps. Elle respire plus fort, plus vite aussi.

Comment diable ce démon a-t-il réussi son coup ?

Elle le fixe et voit le visage et le corps maculés de sang….frais. Quelle horreur a-t-il commis ?

Korra est une scientifique, une psychologue, rationnelle. C’est la raison qui prime. Mais LUI devant elle, il n’y a rien que sa raison puisse opposer.

Ce n’est pas réel.

Si.

Non, ce n’est pas réel je te dis !

Si.

Un duel sévère opère à l’intérieur de cet être de chaire et de sang, de cette âme si rêveuse.

La main froide de l’homme vient ensanglanter son visage, alors qu’elle glisse jusqu’à son cou.

Un frisson glacial lui parcourt le dos.

Ses yeux lagunaires croisent les siens. Qu’a-t-il fait ? Est ce que cela valait le prix de cette rencontre nocturne ?

Et elle ? Qu’avait fait Korra pour que le LUI se déplace jusqu’à elle.

Elle inspire grandement, faisant soulever son corset qui commence à serrer fortement sa poitrine.

Sans baisser le regard elle le jauge et finit par dire d’une voix claire et douce :

« Bonsoir ….

j’ai failli attendre. »





Le tueur sanguinaire approche de sa proie.

Tel un loup il la savoure à chaque pas qui le conduit vers elle.

Lorsque la distance n'est plus il la saisit au cou de sa main puissante.

La pression autour de son cou se fait plus vive, elle sait que si elle ne fait rien, les minutes fileront vers une mort plus que probable.

Puis vient la lame. Froide. Tranchante.
Provocatrice, mise sur sa peau qui frissonne.

IL lâche sensiblement sa prise et se décale contre Korra.

Elle peut sentir son souffle, sa respiration dans sa nuque.

Elle en aurait défailli en une fraction de seconde si cet homme n’était pas une menace.

Il y avait quelque chose de malsain qui se dégageait lui et qui non seulement terrifiait Korra mais l’ensorcelait.

NON ! NON !

La lutte ne fait que commencer.

Elle sent l’homme derrière elle, sa présence, sa stature, elle se rend compte qu’elle perçoit même le circuit que fait le sang dans les veines de son bourreau. Imperceptiblement elle reçoit l’écho des battements de son propre coeur avec le sien.

Une inspiration. Nouvelle bouffée d’air.


Sweet Dream.


Quelle folie ! c’était un cauchemars ! Elle le vivait comme si elle ne rêvait pas.

La tête lui tourne.

Non, ne pas défaillir.

Pas maintenant.

Elle ferme les yeux un instant, son esprit fuse dans toutes les directions, où se trouve cette foutue porte de sortie !

D’habitude quand elle entre dans la tête des autres la porte pour partir est toujours là ! Toujours !

Pas de porte….

Elle se tient droite, campant sur ses appuis pour ne pas vaciller.

La Rouquine prononce son nom dans le silence de son esprit.

Elle avale sa salive et reprend avec une voix plus sûre, celle de la scientifique qui parle.

  « Vous ne pouvez pas me tuer. En êtes vous conscient ?

Je ne crois pas que vous faites ça tous les jours n’est ce pas…

Ce sang n’est pas le vôtre, j’en déduis que vous n’avez cette faculté quand... »

La voix se fait plus fébrile : « quand tuant quelqu’un. »

Paix à son âme.

Korra chasse l’image du carnage que l’Animal a dû faire et reprend rapidement :

«  Si vous me tuez dans mon rêve, vous ne retournerez pas vers votre corps, je pense que vous êtes bien plus loin de moi que ce que vous souhaitez me faire croire.
Je ne vous parle pas de contes pour enfants, ni de sorcières, je vous parle de sciences, si on peut l’entendre ainsi.
Pour transplaner dans la tête de quelqu’un sans risquer sa propre vie lorsqu’on veut le tuer, il faut être à coté de lui. Pour reprendre la porte de sortie et revenir dans notre propre corps.

Regardez autour de vous….vous voyez votre porte ?

Je ne vois même pas la mienne, parce que vous vous êtes invité ici d’une manière peu conventionnelle !

Vous êtes prêt à jouer votre propre vie Monsieur?

La Rouquine tourna légèrement la tête pour capter le regard de l’homme à la fin de ses paroles.

Le visage à quelques centimètres l’un de l’autre.....

La suite du rêve devient brumeuse...