Sous le soleil extactement

par Jonas

dernière modification de Mercy à 15/10 23:05
mots clés: Sjénica Burrows, Mercy, Jonas, eliane,

Jonas

Sous le soleil extactement

Ce texte vaut une bière !

Le Vieux est là. Pensif, comme toujours, adossé à un rocher perdu dans la mer de sable, une main coiffant sa barbe. Il se demande...

Est-ce que ça valait le coup ? Tant de temps à négocier pour tout et n'importe quoi... Se retrouver là, seul, sous le cagnard, les yeux loin du Phare et de ceux qui le peuplent. Tous des dangers potentiels. Et aussi des potentiels sans danger, qu'il ne peut exploiter. Loin. Combien de fils tissés vont se défaire en son absence ? Les yeux loin de l'Hermine, aussi. Des oiseaux noirs. Quelqu'un pensera à les nourrir en son absence ? Tout a été calculé, prévu jusqu'à l'imprévu... Et pourtant, il y a toujours un accroc, il le sait bien. Depuis longtemps. Alors est-ce que ça valait le coup ? Il se demande...

Est-ce qu'elles vont se pointer ? A temps ? Sur la bonne route ? Dans quel état ? Avec quelles idées derrière la tête ? Il se demande...

Il est comme ça, le Vieux. Toujours à se poser des questions, même après avoir trouvé les réponses. A l'ombre du rocher, il est ombre lui-même. Immobile et la mine aussi sombre que sa tenue. A tel point qu'un scorpion fait sa ronde sans sembler l'apercevoir. Lui tourne autour. Jusqu'à ce que la botte jaillisse de l'ombre et l'écrase. Ils s'en imaginent quelques-uns, écrasés sous sa botte, le Vieux. Des scorpions à deux pattes. Ça viendra...

Il retourne à l'ombre. Le tas de bois sec, non loin, est sans doute plus visible que lui tandis qu'il observe le Nord, songeur... Et les voilà. Trois silhouettes que le regard d'acier scrute tandis qu'elles franchissent les dunes. Il ne doute pas que ce soient elles, non... Une des trois ombres lui est familière, facilement identifiable par ce qui, pourtant, la dissimule et lui donne presque une forme triangulaire. La Puce.

Il lui faut attendre qu'elles soient plus proches pour parvenir à identifier la Croate... La maligne. Ses yeux le lui confirment. L'autre est trop jeune pour la voix qui échappait encore de sa radio il y a peu. Il ignore jusqu'à son nom.

Alors qu'elles arrivent, il se redresse, le sombre et vieux géant. Il tient son sac à bout de main tandis qu'il les observe une à une. Un temps. Bien des choses passent par le regard... Des uns et des autres. Puis une esquisse de sourire sous la barbe grisonnante.


- Bien joué.

Toujours cette voix proche du tonnerre, que l'inconnue entend sans doute pour la première fois. Il jette son sac à leurs pieds.

- Partagez-vous ça.

Dans le sac, sans doute pas le festin qu'elles espéraient... Deux bouteilles de flotte un peu jaunâtre, quelques plantes sèches, une aspirine. Le scorpion en plat principal, sans doute.

Mercy

Sous le soleil extactement


La famine. Pas un mulot, rien de rien. Les yeux changent, sous le voile. Heureusement qu'ils ne sont pas visibles. Les pupilles qui s'agrandissent. Prennent toute l'iris jusqu'à ce que cette dernière devienne noire. Et les mouvements, tout ce qui n'est censé être qu'en périphérie de son champs de vision, qui devient plus net. Plus accru. Comme un fond de paranoïa, tandis qu'elle s'apprête à fondre sur n'importe quoi qui se présenterait. Mais elle se retient. Dur, dur.

Elle n'a pas osé demander à sa compagne de voyage un peu d'aide de ce côté là. Trop dur aussi. Expliquer, sortir sa vie comme on sort un lapin d'un chapeau. Pas envie. Elle sait que le moment de calmer sa soif arrivera bien assez tôt. Juste attendre encore un peu. Elles marchent en silence, les trois femmes. Jusqu'à la silhouette qui se présente, là. Un sourire. Un sourire qui se fait plus grand lorsqu'elle entend la voix du vieux. Comme une odeur de salpêtre, de moisissure, d'humidité, de sang, de violence, de joie hystérique, qui lui revient dans le coin du pif, et qu'elle aspire, comme on tape une trace. Joie indicible et sans lendemain, sans raison. Joie gratuite de sentir un peu encore que le passé n'était pas seulement une gigantesque hallucination. Une invention personnelle. Une illusion... Nan, nan. Il est là ! Juste là ! Dans l'éboulement de sa voix et dans chaque odeur qu'elle peut ressentir. Est-ce qu'il n'y aurait pas dans sa barbe encore un peu de la poussière de leurs anciens plafonds ? Elle se le demande sincèrement. Rentrer à la maison après de trop longues vacances...

Le sourire est sincère. Le rire, même. Un rire jeune, extrêmement jeune, qui s'échappe de sous la burka, comme un éclat de tonnerre. Le regard par contre est peut-être légèrement méprisant, voir joueur, quand il se pose sur le sac. L'hystérie revient un peu dans la voix, comme une urgence. Et le rire.


-Tu disais bien qu'on y arriverait... t'aurais pas douté, tout d'même ?

Un temps. Un autre sourire. Un hochement de tête en direction du sac au sol.

-Par contre... t'sais très bien qu'c'est pas d'ça dont j'ai besoin...

Sjénica Burrows

Sous le soleil extactement


La direction à prendre n’est en soi pas compliquée à trouver – plein sud, c’est en suivant le soleil au zénith – mais alors, à suivre… bonjour la torture. Marcher vite, marcher longtemps, en ayant continuellement le soleil dans les yeux et en trainant son ombre péniblement derrière soi…

Moralement déjà l’ambiance est au plus bas depuis la veille au soir, quand les 3 filles rescapées ont compris que leur compagnon n’avait pas suivi l’itinéraire programmé pour le sauvetage et s’était égaré, attiré par quelques mirages dans le désert brûlant… Un choix personnel lourd de conséquence, incompatible avec l’état d’urgence dans lequel le groupe se trouve et l’organisation tendue de leur sauvetage… Longs échanges de regards désespérés entre les trois femmes, à faire silencieusement le tour de toutes les issues possibles à la situation – et il n’y en avait qu’une seule pour lui…. Sjénica sait qu’elle mettra du temps avant d’oublier ce moment où elle a pris l’émetteur radio pour le condamner à mort, ni la sensation de malaise qui a accompagné le silence du reste de la soirée…

Sjénica s’efforce de chasser ce souvenir pesant pour se concentrer sur chacun de ses pas. Sable qui crisse, pied qui s’enfonce, sable qui s’infiltre, pied qui se dégage… Sable qui crisse, pied qui s’enfonce, sable qui s’infiltre, pied qui se dégage… Encore et encore.
Elle a bien essayé la première heure de se donner bonne contenance et de motiver « ses troupes » comme elle dit, mais elle a vite fini par renoncer pour économiser ses forces et sa salive – ou ce qu’il en reste. L’insolation n’est pas loin, qui guette à quel moment elle va la faire chuter… Sable qui crisse, pied qui s’enfonce, sable qui s’infiltre, pied qui se dégage… Sable qui crisse, pied qui s’enfonce, sable qui s’infiltre, pied qui se dégage…

Des chutes, les femmes en auront pour leur argent. Entre Mercy se prenant les pieds dans sa burqua, Eliane dont le pas de plus en plus lourd bute brusquement sur bloc rocheux traitreusement ensablé, ou Sjénica épuisée au bord de la syncope… Systématiquement, les deux femmes toujours debout s’arrêteront pour remettre sur ses jambes la malheureuse à terre et l’épauler pour la reprise de la marche, avec à chaque fois, un peu plus de sable dans les poches, dans les chaussures, dans le moindre repli de tissu ou de peau.

***

C’est une apparition saugrenue au détour d’une colline de sable qui finit par sortir Sjénica de sa torpeur. Quelques gros rochers, blocs éparpillés posés au sol comme tombés de nulle part. Surréaliste. Mirage ? La (presque) quinquagénaire cherche à les compter, fébrile. Plisse ses yeux desséchés. Rassemble ses neurones déshydratés. Oui, ça à l’air de coller avec la description qu’on lui a transmise. Elles y sont enfin. Le point de rendez-vous.
Soulagement certes… et inquiétude aussi. Elles vont savoir si elles ont fait le bon choix. Et si c’était un piège. Et si elles avaient eu tort de faire confiance à une voix dans un poste. Et si.. et si…

Une silhouette qui se détache, un sac à la main. Un homme. Si Sjénica ne distingue pas très bien ses traits, en revanche, la voix rauque maintenant si familière qu’elle entend achève de la rassurer totalement. Elle en pleurerait de bonheur, tiens, si elle avait encore la moindre goutte d’eau disponible dans le corps… Mercy aussi semble craquer nerveusement, à en juger par le rire un peu suraigu qui sort de dessous sa toile de tente mobile.
S’ensuit alors un échange aussi bref que surréaliste, qui surprend Sjénica par sa conclusion.
« Par contre... t'sais très bien qu'c'est pas d'ça dont j'ai besoin... »

Regard en coin, observateur, qui va de Jonas à Mercy, de Mercy à Jonas. Sjénica sait depuis le début que Jonas correspond aussi avec Mercy, puisque les deux femmes échangeaient régulièrement leurs informations radios pour se coordonner. Mais elle n’a pas pensé que leurs échanges pouvaient être privés pour d’autres raisons… des raisons peut-être plus intimes ? Et quand bien même… ça ne la regarde pas, après tout.

Elle laisse s’achever les paroles de Mercy, puis se lance à son tour – d’une voix nettement plus rauque que lors de leurs derniers échanges.


- Monsieur Jonas ? Ravie de vous rencontrer enfin en personne. Je commence à me dire que nous allons peut-être nous en sortir, finalement.

Elle se penche pour ramasser le sac, secouant délicatement le sable qui y reste collé. Non, ce n’est pas un mirage, c’est bien un sac réel qu’elle tient en main. Lourd de promesse et de survie.

- Ca n’est peut-être pas ce dont vous avez besoin, Mademoiselle Mercy, mais ce n’est pas très poli de laisser tout ça par terre. Surtout après le mal que Monsieur Jonas s’est donné pour nous l’amener.

Son regard se plante dans celui de son interlocuteur. Et ajoute une seule chose – mais qui porte en elle tout ce qu’elle voudrait dire sans réussir à trouver les mots justes.

- Merci.

Eliane

Sous le soleil extactement

Ce texte vaut une bière !

Cela fait un moment que la jeune femme a arrêté de compter les jours ; comme si le temps n'avait plus d'emprise sur sa vie et celles des deux femmes l'accompagnant. C'est surtout qu'elle a perdu tout point de repère sous ce soleil de plomb, avec ce sable à perte de vue, ces ruines d'un ancien monde, ces hommes aux regards perdus.

Elle jette un oeil à ces deux camarades et les sent épuisées. A chaque fois, leur pas semble être le dernier. Malgré cela, elles semblent marcher dans une direction précise, elles semblent suivre une lueur, un espoir.

Eliane n'a pas suivi toutes les discussions de Mercy et Sjénica mais elle a entendu parlé d'un plan, de la rencontre avec un homme, qui peut leur apporter quelques vivres, de quoi tenir quelques jours de plus. Cela semble être leur espoir.

Le plan ne tient qu'à un fil et c'est pour cela qu'elles ont du laissé derrières elles leur compagnon d'infortune Ravayak. Le pauvre homme n'ayant pas suivi les consignes, l'attendre eut été trop long. Eliane n'aura échanger que peu de mots avec lui et n'aura pas eu le temps de vraiment faire sa connaissance. Mais le laisser seul lui laisse une étrange sensation, un mélange d'abandon, d'impuissance, de tristesse.
Eliane n'a pas bronché lorsque Sjénica a expliqué la situation à Ravayak. Cela ne lui ressemble pas, elle sent que la situation lui échappe, que sa vie est hors de son contrôle dans l'immédiat.

Alors que rien n'évolue dans leur situation, Sjénica semble comme transcendée par la vision d'une colline, ces yeux s'éclairent, ses pas se font plus vifs. Aux yeux d'Eliane, cette dernière est juste une copie conforme de toutes les collines qu'elles ont pu croiser, rien d'extraordinaire en soi.
Pourtant, en se rapprochant de celle-ci, une statue semble y être posée, comme un poing levé, une résistance à la catastrophe. Arrivée à quelques mètres de l'énigmatique apparition, la jeune femme comprend son erreur en réalisant que la statue n'est autre qu'un homme. Il paraît âgé mais combattif et sage. L'homme prend rapidement la parole et s'adresse aux trois femmes.

"Bien joué".
"Partagez vous ça".
Sa voix est tonitruante, elle réveille Eliane qui sort de sa torpeur des derniers jours.

Mercy s'adresse à l'homme, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps.
"Par contre... t'sais très bien qu'c'est pas d'ça dont j'ai besoin..."

Eliane se dit que la blonde est bien culotée et sûre d'elle. C'est ce qui les a maintenu en vie jusqu'ici. Eliane lui est redevable, elle le sait. Elle lui sourit, l'espoir renait.

Sjénica remercie l'homme. C'est l'occasion pour Eliane d'apprendre son nom : Jonas.
Et la femme aux yeux azurs de reprendre Mercy en lui expliquant que Monsieur Jonas a pris des risques pour leur apporter ces vivres.

Eliane prit la parole pour la première fois en s'adressant au vieil homme.
- Merci, vous avez toute ma reconnaissance pour votre aide. Nous n'avons pas été présenté, je m'appelle Eliane et je suis ravie de vous rencontrer. Le trajet fut rude mais ça en valait la peine.
La jeune femme reprend son souffle, le simple fait de parler la fatigue et rend sa bouche plus sèche encore. Elle se tourne vers Sjénica.

- Siénica, pardonne mon empressement, mais y a t-il de l'eau dans ce sac ? Quelques gouttes me suffiront et je crois que nous en avons toutes besoin.

Jonas

Sous le soleil extactement


Enormément de souvenirs qui jaillissent en même temps que ce rire de gamine qui s'échappe de la burqa... Mais, d'une certaine manière, le Vieux n'est que ça. Un énorme tas de souvenirs. Comme tous les vieux. Et à la première remarque de la voilée, répondant aussitôt :

- Je ne doute jamais.

Tu parles. Lui parle toujours avec le même calme, cependant, assez impassible. Quant à la seconde remarque, il ne semble pas réagir, remarquant, du coin de l'oeil, que la Croate tique. Aux merci, il se contente de hocher la tête.

- On n'est pas encore sorti d'affaire. Le Phare n'est pas tout près... Mais vous avez besoin de récupérer.

Lui aussi mais sans se refuser de l'admettre, il juge peut-être que c'est évident. Les dernières semaines ont été éprouvantes et, aussi impassible soit-il, il se pourrait que la fatigue physique et mentale se lisent sur son visage. A supposer qu'elles sachent lire à travers les rides et le sable.

Le Vieux se rapproche du tas de bois sec, sort un vieux Zippo que Mercy reconnaitra sans doute, et allume le feu. Le but n'est clairement pas de se réchauffer, vu la chaleur actuelle... Mais les nuits sont inversement plus froides, dans le désert et il tient à ce que le feu soit éteint avant que la lune n'apparaisse. Il faudra se contenter des braises. Les flammes sont trop visibles à son goût. C'est d'ailleurs les yeux rivés sur quelques silhouettes, apparues au loin, qu'il se redresse en disant :


- On va passer la nuit ici. On reprend la route aux premières lueurs de l'aube.

Un petit regard en direction des trois survivantes, comme pour s'assurer que le message est passé, puis il revient vers elles, posant la main sur le bras de la voilée... Qu'il trouve du premier coup sous la tente portative, c'est notable... Bien que l'acier soit braqué sur la Croate.

- Je savais que tu ferais les bons choix, Siénitsa. Ravi de te rencontrer aussi.

Elle a même droit à l'esquisse d'un sourire sous le gris de la barbe. Un sourire qui se veut peut-être compatissant... C'est qu'il sait qu'elles sont arrivées à trois, au lieu de quatre. Et d'ajouter, alors que le gris bleu de ces yeux se tourne vers Eliane :

- De vous rencontrer.

Toujours est-il que, laissant les deux brunes se servir dans le sac, il entraine celle qu'il sait blonde vers le rocher où il s'abritait lui-même plus tôt. Et tandis qu'il lui présente l'ombre salvatrice, à voix haute :[/i]

- Tu prendras le premier tour de garde. Repose-toi un peu.

Puis, plus bas, et beaucoup plus froid, fronçant ses sourcils broussailleux en serrant sans doute trop fort son bras :

- Sois plus discrète.

Le regard reste noir, un instant, puis, finalement, s'adoucit comme la poigne se détend... Et toujours bas :

- Tu tiens le coup ?

Mercy

Sous le soleil extactement

Ce texte vaut une bière !

Mercy sent un genre de bouffée de crainte l'accaparer devant la mine sévère de Jonas. Comme si elle se faisait à nouveau engueuler par son papa, et qu'elle se retrouvait là, toute petite, minuscule... Mais tout redevient moins effrayant lorsqu'il s'inquiète, et elle tente un sourire. Tout en se souvenant que ça marche pas. Elle est heureuse de le revoir, mais en même temps, elle sent sur elle les responsabilités peser à nouveau. Lorsqu'elle était seule... elle s'en foutait un peu. De vivre. De mourir. De faire des conneries. Au final, c'est elle, et que elle. Mais dès qu'il y'a un poids dans la balance. Le poids de quelqu'un d'autre, qui peut potentiellement être trahis, déçu... Alors c'est différent. Ce n'est plus juste elle. Il y'a une raison quelque part de se comporter autrement. Autrement que le lent et doux voyage qu'elle a l'habitude d'entamer. Un voyage au pays des coins sombres, des rues mal famées... Un voyage au gout de sang et de honte. Et sans aucun paradis perdu.

-Heu... Bof. Disons qu'y'a rien à bouffer depuis des jours et qu'je commence à en avoir ma claque de crever d'faim. Mais ça, j'ai l'habitude. J'attend qu'la nuit tombe pour tenter d'chasser mais c'est rarement satisfaisant dans c'bled...

Un haussement d'épaules. Les yeux se fichent dans ceux du vieux et elle pousse un petit soupir. De soulagement. Trouver un visage connu dans tout ce foutu bordel. Même si elle aurait sans doute espéré avoir qui que ce soit d'autre que le gourou d'un bordel souterrain comme connaissance, mais il se trouve qu'il est pourtant ici bas ce qui se rapproche le plus de ce qu'on nomme "un ami". Même si elle doute qu'il en ai jamais eu.

-C'est bon d'te revoir, Jo.

Un simple constat. Elle a pas honte de le dire, Mercy. Elle le remerciera pas. Il sait ce que ça représente pour elle. Et puis elle a abandonné ce mot depuis longtemps. Trop dur.

-Dis...

Elle semble hésiter. Un temps. Elle chuchote toujours.

-Tu crois que... même ici... j'devrais m'cacher ? C'est vrai, j'ai toujours honte de c'que j'suis mais ce monde est nouveau et... ils me feraient du mal, tu crois, s'ils savaient ? Parce que c'est quand même plus pratique, Jo. J'en ai marre de faire semblant.