Tu joues. Tu perds.

par Datura

dernière modification de Caviar à 15/10 21:16
mots clés: Unité Alpha, Datura, caviar, millarkerr,

Datura

Tu joues. Tu perds.

Ce texte vaut une bière !

La nuit est tombée.


Tout danger est écarté depuis quelques jours déjà. Pas la trace d'un seul groupe de pillards en l'espace d'une semaine. Faut dire que le campement est proche. La promiscuité avec des hommes et femmes en armes fait son effet sur le pouilleux.

Enfin... pas sur les plus débiles faut croire.

Le petit groupe fait sa dernière halte dans un vieux relais routier. Le genre qui à l'époque tentait vaguement d'imiter les dinning américain. Le concept n'avait jamais vraiment pris dans l'hexagone, mais ça n'empêchait pas certains de s'y essayer. De temps en temps.

D'ailleurs faut croire que l'ancien proprio n'avait pas que la cuisine de l'Oncle Sam comme passion, mais aussi tout ce que cette foutue Amérique pouvait avoir comme influence néfaste. Dans l'arrière-boutique, un baril. De pétrole. Non raffiné. Et plongé dans la mélasse noirâtre et odorante, bien hermétiquement scellé dans plusieurs couches de sacs poubelles : des chargeurs d'armes auto. En grandes quantités.

Aucune de trace de l'arme allant avec malheureusement.

La poudre et l'or noir. Les deux mamelles de l'Amérique.
C'est pas folichon, mais bienvenue tout de même. Ils n'auront même pas eu de détour à faire. Elle le fera rouler. Demain à l'aube lorsqu'ils reprendront la route.

Seulement voila... c'est sans compter sur le courage insensé d'un être esseulé.
On ne listera pas tout ce qui a pu motiver ce pauvre bougre à vouloir tenter une entreprise aussi bancale. La folie restera la plus évidente.




La nuit est donc tombée.

L'enfant dort.
Les deux jeunes femmes aussi.
Datura prend sa ronde. Qui durera probablement toute la nuit durant. Comme à l'accoutumée. Elle ne dort que trop peu.

Si bien qu'elle ne loupe pas l’immanquable.
Ce bruit de métal qui tombe au sol. Et puis qui roule. Roule. Roule.

Elle réveille miss Caviar d'une petite secousse sur l'épaule, et sans un mot indique la provenance du bruit : l'arrière boutique. Là où elle a laissé le baril et les munitions.

Elles s'y précipitent discrètement pour y percevoir une silhouette jouant les bouliers. Un homme freluquet à en juger par l'apparence, qui tente vaille que vaille de faire avancer la barrique bleuâtre. il a relevé un volet roulant et fait avancer l'objet de son larcin à l’extérieur sans même prendre la peine de le faire en silence.

Un EH! surgit de nulle part.

L'homme se retourne. Surpris. Bloque un instant. L'air ahuri de l'enfant pris en flag sur le visage (ce qui est passablement ridicule chez un homme quarantenaire) puis très stupidement recommence son labeur en faisant rouler le baril encore plus rapidement.

Datura n'en croit pas ses yeux.

Mais... il essaye encore ce con ?

Question rhétorique. Car effectivement l'homme poursuit son petit bonhomme de chemin. Probablement convaincu qu'il va pouvoir s'enfuir avec le fruit de son vol. Il parvient d'ailleurs à rallier un petit talus en bordure de route et y chute à la suite du tonneau.


La scène à quelque chose de burlesque.


Datura s'élance. Suivit par miss Caviar.
En contre-bas, l'homme se relève péniblement. Il n'a pas l'air en grande forme.
Il s'évertue alors à récupérer le bidon qui a échoué un peu plus bas.

Datura a un soupir d'exaspération.
Elle agrippe sa radio et d'une voix fatiguée mais aussi passablement énervée, lâche :

Laisse tomber mon gars, t'as merdé...
Si tu laisses ça sur place, on te laisse la vie sauve.

Tu m'entends ?!


Aucune réponse.
L'homme ne semble pas prêt de lâcher le morceau. Il vient d'atteindre son précieux et commence à reprendre la route dans la nuit noire. Il pourrait presque compter sur l'obscurité pour s'enfuir, si il n'y avait pas ce capharnaüm monstre provoqué par le rouleau métallique sur le sol rocailleux.

Un Putain mais pourquoi... presque murmuré en commentaire.

Le jeune Ayu vient de les rejoindre.
Probablement réveillé lui aussi par le vacarme.

On rattrape ce baltringue.


Caviar

Tu joues. Tu perds.


Évidemment, on s'habitue à être réveillée n'importe quand depuis qu'il faut faire le service soit-même.
Caviar, pas spécialement passionnée de bagarre, de tours de garde et tout ce qui pourrait la sortir de son train-train quotidien avait fini par prendre goût à l'aventure. Et de toutes façons, cette couche était tellement malodorante qu'elle en faisait des cauchemars.

Caviar avait bondit comme une chatte à l'appel de Datura, se saisissant d'un antique tonfa des familles qu'un bleu avait du perdre de façon appropriée.

Maintenant, il fallait passer aux actes, courser et tabasser le gars qui emportait le seul butin rapporté de cette mission.

Caviar se transforme en petit soldat, elle serre très fort son arme et s'élance, ajustant sa foulée sur celle de la cheffe.

Datura

Tu joues. Tu perds.

Ce texte vaut une bière !

Datura dévale la pente en prenant bien soin de ne pas chuter lourdement comme le voleur à la petite semaine. Inutile d'ailleurs de se presser. La piste sonore est encore largement audible.

Le dénivelé est assez costaud.
Elle tient à prévenir le jeune garçon.


Reste avec nous Ayu.
Faites gaffe, c'est raide.



Elle lui tend la main pour l'aider.
Oubliant que le gosse est surement plus agile qu'elle.

Parvenus à la route en contre-bas, après avoir passé le petit fossé où l'autre s'est viandé quelques minutes auparavant, Datura ne tarde pas. Et commence à partir au petit trot en direction du roulement métallique.

Le regard s'habitue rapidement à la nuit. De plus une lune presque pleine et un ciel d'été dégagé offre un certain confort de vision. Pas vraiment besoin d'avancer à tatons.

Et la chasse porte rapidement ses fruits.

Sur une vieille portion d'asphalte, ils tombent sur l'homme frèle et barbu. Une véritable gueule de clochard plus résistant qu'un clou de cercueil mais heureusement aussi dangeureux qu'un chaton.

La pauvre tâche est visiblement exténué.
Il a arrêté sa fuite désespérée et crache ses poumons sur le bas-coté. Il se tient les cotes. Une main ensanglantée faisant pression bon gré mal gré. Il a du se perforer avec quelque chose en chutant.

Une blessure qui n'émeut nullement l'ex-flic.
Elle extirpe une petite serpette de sa ceinture, fait signe à Ayu de rester en retrait puis s'approche sans se presser.


Ben alors ?
T'as plus de souffle connard ?
Fini de détaler comme un anglais ?



Elle s'exprime de façon sèche. Un peu narquoise.


Rends nous c'que t'as piqué et je promets qu'il ne t'arrivera rien de fâcheux.
T'aura peut-être même le droit à quelques soins pour ta blessure et qui sait à une soupe bien chaude en arrivant en ville.



Quelques secondes de latence.
L'homme ne bouge pas d'un iota. Comme paralysé.


GROUILLE-TOI!

Caviar

Tu joues. Tu perds.


Un instant à se demander si l'autre n'était pas muet, un large sourire apparait sur les lèvres de Caviar.

Réveillée en pleine nuit, largement déshydratée, et re-commençant à transpirer à grosses gouttes après cette course nocturne, l'idée d'une soupe bien chaude l'amuse au plus au point.

Après analyse de la situation, il semblerait en effet saugrenu que le type ait envie d'une soupe bien chaude. On aurait pu lui proposer une suppo et au lit aussi ...  


- Ouais, grouille-toi ! Ta soupe va refroidir, et toi aussi si ça se trouve !

Contente de son bon mot, Caviar jette un regard complice à la cheffe.