Racket en bonne et du forme

par Mercy

dernière modification de Aloïs Wyatt à 23/10 11:03
mots clés: Sjénica Burrows, Little Blackbird, Mercy,

Mercy

Racket en bonne et du forme


L'arquebuse planquée sous la burka, tassée dans l'étui à fusil. Chiotte. Elle l'avait dit. Elle avait dit "ça fera de nous une cible, Sjéni'"... Raconter des conneries aux gros groupes. Faire les glandus avec juste de la bidoche sur les os. Siffloter en cachant dans le dos le matos. L'air de rien. Et croiser les doigts. Le premier avait gobé les bobards. Le second répondait pas... à moins qu'ils marchent ensemble. Genre bon flic et mauvais flic ? Elle sait pas. Elles s'apprêtent à plier le camp pour se barrer. Tout le monde se grouille, sachant très bien qu'ils sont pas certains d'être vraiment en sécurité. Le silence du groupe d'en face n'augure rien de bon... vu qu'ils hésitent pas à ouvrir leurs claque merde en public... Mais que là, ils la ferment, comme par hasard.

Surtout que l'un d'entre eux est du genre à lui donner des envies sanglantes. Genre, le pendre avec les tripailles du dernier politicien. Au diable les papelards ! Ou lui faire subir le supplice d'Abélard... Elle a tout un tas d'idées. Même si au fond, elle fait pas la fière. Couvrir le feu de sable. Prendre les bagages. Tout le monde bouge partout, se préparant pour une marche forcée. Une autre, sous le soleil de plomb, sous cette putain d'enfoirée de burka qui entrave ses mouvements...

Ouai, ça partait bien. Y'a pas photo. Mais non. Genre, explosion au décollage. Beau matin d'été dans le désert, avec les dunes qui brillent et qui chantent, toussa. Puis la couille dans le potage, la vraie. Mercy se retourne en direction des silhouettes proches. Bien trop proches.


-Hé merde...

Jean-Marc Fresquel

Racket en bonne et du forme

Ce texte vaut une bière !

Engoncée dans sa burka, elle est impossible à rater parmi les autres pauvres hères. Tout en l’observant de plus près avec leur matériel d'approche high-tech (une demi paire de jumelles), ils se demandent si elle la porte par conviction ou pour des raisons moins avouables.

Ils n'ont pas à se poser la question longtemps : la voilà qui les contacte avec une voix tout ce qu'il y a de plus occidentale, leur assure que le vêtement n'est pas un symbole ostentatoire de religion et prend la peine de leur donner sa destination. La plus grosse faction du secteur.
Et pour ne rien gâcher, le groupe qui l'accompagne s'y met aussi.

Il n'en faut pas plus pour que le doute quitte leurs esprits paranoïaques : vêtement suspect pour cacher quelque chose qu'elle ne pourrait pas porter autrement, contact préventif pour tâter le terrain l'air de rien, le tout assorti de menaces beaucoup moins voilées qu'elle. Cette fille convoie quelque chose et elle a peur qu'ils fassent un détour.

Ils prennent la peine d'établir un tour de garde : pendant quelques heures, ils vont s'user les yeux à tour de rôle sur leur jumelle pour essayer d'en savoir plus.

Ils ne parviennent pas à voir ce qu'elle trimballe, mais c'est en soi un signe inquiétant. Elle prend mille précautions dans ses activités sur le campement et semble faire en sorte de passer autant de temps que possible hors de leur ligne de vue. Ça leur suffit pour décider d'aller voir le plus près.



C'est le milliardaire excentrique qui s'y colle, accompagné de son avocat et du prêtre dévoyé. Le magistrat trimballe une assez bonne reproduction d'arme médiévale japonaise, qui les fait passer du statut de clochards parmi d'autres à celui de terreurs locales. Ils le surnomment affectueusement "le couperet fiscal".

Il prennent eux aussi la peine de rester hors de vue pendant leur approche en faisant un léger détour pour laisser une colline entre eux et leurs cibles le plus longtemps possible. Lorsqu'ils déboulent sur le campement, ils sont assez proches pour pourvoir les intercepter s'ils tentent de fuir.

Fresquel les apostrophe, un sourire aimable sur le visage et un extincteur rouillé calé sur l'épaule.

Messieurs dames, bonjour. Je vais vous demander de bien vouloir rester où vous êtes. Sans quoi je devrai demander à maitre Pénicaud de vous éviscérer avec la violence extrême et l'absence de pitié qui caractérisent sa profession.

Son sourire s'élargit, il semble prendre grand plaisir à cabotiner.

Sans hâte mais avec précaution, ils se placent en triangle autour des quatre voyageurs. Tout en restant suffisamment éloignés pour éviter que l'un d'entre eux ne tente un désarmement désespéré.
S'ils pensaient que l'apocalypse aurait au moins l'avantage de les émanciper de l'écrasante injustice de la société, ils en sont pour leurs frais : les voilà à nouveau coincés entre les pouvoirs économiques, spirituels et judiciaires.

Je vais vous l'annoncer d'emblée : nous n'avons pas de raison de vous tuer si vous coopérez. En revanche, nous allons faire le tour de votre matériel, en particulier celui de madame. Mercy, c'est bien cela?

Je vais avoir besoin de vérifier ce qu'il y a sous cette burka.

Mercy

Racket en bonne et du forme


Les voilà encerclés. Saloperie. Si on lui avait dit qu'elle se retrouverait un jour de nouveau entre du cureton, du gratte papier, et cet espèce d'escroc chauve qui se croit marrant et éloquent, là... elle aurait pas signé. Bon, faut pas faire semblant, hein. De toute façon elle a signé nulle part. Mais là franchement, c'est un peu trop, qu'elle trouve. Alors elle pousse un énorme soupir en se retournant vers ses collègues de voyage. C'est qu'elles doivent être aussi excédées qu'elle. Et puis surtout, surtout, elles ont tout fait pour pas passer par la case "racket", là ! Alors merde, hein. Elle veut pas croire que les péquenauds puissent avoir tenté un détour possiblement pas gagnant rien que pour leur jolies trognes ! Y'a une taupe dans le coin ou un éclaireur ou elle s'appelle pas Mercy !

Mais elle garde ses remarques pour elle, la jolie blonde empêtrée dans la burka. Pour l'instant, du moins. Les gestes sont calmes, la voix est posée, mais ils peuvent sans doute y lire une pointe de rage. La crainte, elle la garde pour elle. Hors de question que qui que ce soit lui retire sa burka en plein jour, comme ça. Hors de question.


-Bas les pattes, les loquedus. J'vais coopérer. Par contre j'sais qu'vous mourrez surement d'envie d'voir c'qui y'a sous ma burka, et vous seriez pas déçu, mais ce s'ra pas pour aujourd'hui, d'accord ?

Un sourire cynique. Elle cabotine aussi.

-A moins qu'vous teniez à saluer personnellement mes mélanomes ?

Un petit rire. Puis, avec des gestes mesurés, elle sort de sous la burka un étui à fusil et une arquebuse. Elle pose le tout au sol. Puis, ensuite, elle sort son chalumeau. Arme personnelle un brin abîmée mais qui semble encore faire son office. Pas sure qu'ils l'embarquent, plus encombrant qu'autre chose quand tout le monde est déjà bien armé... mais bon. Soyons réglo jusqu'au bout, hein ? Tendre l'autre joue, Mercy ? Ahah. La blague.

-C'est tout c'que j'ai. Vous irez dire à votre informateur qu'il vous a bien sucé la queue. J'espère, en tout cas, qu'il récupérera les miettes...

Un petit rire.

Sjénica Burrows

Racket en bonne et du forme

Ce texte vaut une bière !

Sjénica serre les dents, serre les poings, contient la colère qui gronde.
Colère contre ces gars qui l’encercle, elle et son groupe comme des cow-boys entourant un troupeau de bovins avant de les emmener à l’abattoir.
Colère de sentir leurs regards de mâles dégoulinant de convoitise se poser sur chacune des silhouettes féminines du groupe. Et fatalement s’arrêter sur celle qui en montre le moins, sous sa burqa qui la dissimule des pieds à la tête… Mercy.

***

Elle sait bien que son groupe n’aura jamais le dessus s’il tente quoi que ce soit. N’aura pas le choix pour survivre que de se plier aux exigences de leurs « visiteurs ». S’il survit, ce qui est loin d’être sûr à l’heure actuelle. Il suffit de regarder les visages de ceux qui sont restés en retrait pendant que le détachement des grandes gueules est venu accomplir son forfait.

Les deux femmes avaient mis toutes les chances de leur côté pourtant. Avaient contacté les deux groupes dès qu’elles les avaient vus débarquer et se rassembler. Chacune à sa manière : Mercy, en bombardant la zone sur des fréquences courtes, directe, gouailleuse, vive ; Sjénica, via les grandes ondes, posée, diplomate, « administrative ». Résultat des interventions en demi-teinte ; si Mercy avait eu un retour d’un des groupes (une communication, rien que ça, pouvait leur donner un soupçon d’espoir), Sjénica en revanche n’avait rien récolté qui puisse servir leur cause.
Elles y avaient cru, à la parole donnée. Elles avaient voulu y croire, préparant leurs affaires pour le départ prochain comme elles l’avaient annoncé… Tellement voulu y croire.
La fin de journée se chargerait de se foutre de leur gueule mieux que n’importe qui d’autre.

***

Sjénica sursaute aux paroles du premier venu. Elle vient d’entendre un nom. Et ses yeux se tournent vers celui qui semble le porter. Pénicaud, hein ? Le fameux Pénicaud qui n’a pas été foutu de lui répondre sur les ondes, ni même sur sa fréquence privée... que des paroles et aucun courage, alors ? Que de la gueule et rien dans les couilles. Léger sourire de mépris. Une crispation, plus exactement. Elle vient de le surnommer intérieurement Pénis-Creux – et c’est peut-être la dernière fois qu’elle pourra se marrer, alors, autant en profiter…

Elle n’a pas encore pipé mot, mais ses sourcils se froncent à les voir tendre leurs sales pattes vers la toile de tente de Mercy. Mercy qui ne perd pas une occasion de continuer à les vanner tout en sortant les « objets du délit » alors que clairement sa vie est en jeu. Y a pas à dire, la petite a du cran – à moins que, comme elle, elle n’ai jugé la situation tellement désespérée qu’elle s’autorise une ultime pirouette avant d’aller de l’autre côté du miroir.


– Messieurs …

Ce n’est pas vraiment un salut. Plutôt un constat. Sjénica va devoir faire appel à toutes ses capacités de contrôle de soi pour ne pas envenimer la situation. Mais intérieurement, ce n’est pas vraiment beau à voir…

– Si j’étais vous j’éviterais d’aller fouiller plus avant sous la burqa de Mademoiselle. Je n’invoquerais pas les habituelles règles de bienséance et de politesse avec des individus comme vous, n’est-ce pas… Je vous signales simplement que nous marchons depuis des lunes, que les rares gouttes d’eau que nous possédons sont dédiées à nos gorges desséchées et non à notre hygiène corporelle, et que vu les températures actuelles, il doit sacrément cocotter sous ce lourd tissu noir…

Sourire forcé.

– D’ailleurs, excusez-nous par avance si ces objets sont un tant soit peu poisseux … une histoire de fluides corporels. Vous comprendrez.

Secrètement, elle espère que Mercy a eu le temps de pisser allègrement sur l’arquebuse. Ceci dit, elle ne se fait pas trop d’illusion, vu comme elles sont déshydratées depuis des lunes – elles doivent sûrement avoir du sang aussi épais que du ketchup.

Aloïs Wyatt

Racket en bonne et du forme


Le révérend, calme, comme à son habitude, observa la scène sans dire un mot. Il laisse Le Touriste faire l’introduction du contrôle fiscale. Il a rangé son livre de chevet dans son veston et fait glisser machinalement la chaîne de sa montre à Gousset Gotham entre ses doigts.

Il sourit sadiquement lorsqu’il entend la femme rideau parler d’un « informateur ». Il ne répond rien à cette affirmation. La femme semble vouloir justifier la venue du trio à leur campement. Comme s’il s’agissait d’une condition sine qua non à leur déplacement. Quelle naïveté. C’est vrai qu’en y réfléchissant, Maître Pénicaud aurait tout de même pu envoyer un courrier recommandé avec avis de réception pour prévenir ces nomades du contrôle.

Son sourire s’élargit davantage à cette pensée. Ces gens ne connaissaient donc vraiment pas la vraie nature humaine ? S’en était désolant. Ridicule même… Ces deux pimbèches se permettaient encore de faire de l’humour…


Mes dames, mesdames, mesdames. Calmons-nous un instant, voulez-vous, dit-il calmement en avançant vers le butin, une main dans sa poche.

Il fit signe à Edouard de le suivre avec son couperet.


Nous savons parfaitement ce que nous avons à faire et nous sommes conscients des risques. Voyez-vous, les 40 degrés d’écart avec mon Angleterre natale ont eu raison de mon pauvre conduit nasal qui s’en est retrouvé obstrué. Je vous remercie de vous inquiéter de notre confort, mais pas d’inquiétudes, je saurai gérer vos odeurs corporelles sans encombre. Restez tranquilles ça ne sera pas long.

Aloïs procède alors à une fouille au corps des nomades. Rien d’intéressant hormis les poitrines plutôt agréables à palper.

Jean-Marc Fresquel

Racket en bonne et du forme


Une arquebuse. Le degré zéro de l'arme à feu. Quel foutage de gueule. Fresquel a presque envie de déclencher la curée juste par frustration mais se contient. Après tout, le degré zéro n'est déjà pas si mal quand tous les autres sont à moins un. Et elle est même fournie avec une mallette de transport capitonnée, que demande le peuple.

Il faut néanmoins s'assurer que l'arme à poudre n'est pas une diversion pour faire passer en douce une arme de poing, des explosifs ou des munitions.

Tandis que le père Wyatt intervient avec un professionnalisme digne de sa fonction, Fresquel se marre.

Non mais surtout... Vous avez conscience que dans tous les cas vous y avez droit hein? Mortes ou vivantes. L'odeur sera meilleure maintenant que si nous devons farfouiller dans vos boyaux. Sans parler du dépeçage.

Mais je vous sais gré de vous soucier de nos flairs délicats. Et de votre coopération. Nous n'en avons plus pour longtemps.


Le tout sur le ton de conversation, mais sans lâcher des yeux les moindres faits et gestes de leurs quatre victimes.

Sjénica Burrows

Racket en bonne et du forme

Ce texte vaut une bière !

La fouille démarre par Mercy. Évidemment. Sa « toile de tente portative » attire tous les regards et tous les intérêts. En tout cas elle capte sérieusement l’attention de l’espèce de dandy-minet avec ses cheveux hirsute, pas découragé du tout par l’image peu ragoûtante vendue par Sjénica l’instant d’avant.
La fouille de Mercy dure de longues minutes, chaque pli, chaque recoin de la burqa étant soigneusement exploré. Sérieusement. Qu’est-ce qu’ils s’imaginent trouver ? Elles ont déjà eu le plus grand mal à dissimuler l’arquebuse sous l’ample vêtement, comme si elles avaient pu encore rajouter d’autres objets dans la « cachette ». C’est pas extensible, ce genre de chose !


- C’est une burqa, ce n’est pas un TARDIS, vous savez, lui balance-t-elle froidement. S’il est vraiment Anglais, il saisira peut-être l’allusion.

Bien sûr avec ce genre de comportement provocant, elle devrait être la suivante sur la liste de la fouille. En tout cas c’est ce qu’elle se dit, et se tient prête. Et pourtant ? Après un bref coup d’œil, c’est vers Eliane que Monsieur-le-coincé se dirige.
Comme il lui tourne le dos, Sjénica voit mal la fouille de la jeune femme restée silencieuse. Seulement ses gestes à lui. Des gestes mécaniques, précis. Automatique. Froids. Comme désintéressés en fait. Surprenant quand on considère la situation, en fait. Trois hommes qui tiennent en respect trois femmes, avec leurs copains en attente à l’arrière-plan. Qu’est-ce qu’il a, le petit mignon ? On dirait que ça le l’intéresse pas… De l’autre bord, peut-être ? Ce n’est pas que Sjénica voudrait voir dégénérer la situation, bien au contraire, mais enfin tout de même, on a sa petite fierté qui en prend un coup…

C’est lorsqu’il se retourne pour entamer la dernière phase de sa perquisition qu’elle entrevoit une réponse à ses questions. Sous la forme d’un petit éclat blanc qui attire furtivement son regard dans l’entrebâillement d’une chemise qui a connu des jours meilleurs. Un col blanc ?!
Après tout, elle peut se tromper, si elle a mal vu, c’est peut-être un foulard, ou bien un bandage, ou tout autre chose, mais… et si c’était vraiment un col blanc ? Et si c’était un religieux ?

Sjénica n’a pas le temps de se poser plus longtemps la question, c’est son tour. Alors elle se décide. D’un geste de la main, elle fait signe au peloteur professionnel de s’arrêter, tandis que de l’autre elle déboutonne calmement son chemisier et le fait glisser en arrière sur ses épaule, dévoilant sa poitrine à la vue de tous. Puis, les mains sur les hanches, elle fixe du regard l’homme en face d’elle, prête. Viens donc me peloter, chéri.

Mercy

Racket en bonne et du forme


Elle prie, Mercy. Elle prie pour qu'on ne la lui fasse pas retirer. Oh certes, le col roulé, les gants ajustés aux poignets, et même ce genre de cagoule qu'elle porte en dessous de la burqa sont tant de précaution mais pourtant... elle sait qu'une fois retirée, elle sera nettement moins protégée. Et qu'ils découvriront quelques détails étonnants. Comme le fait que contrairement aux dires que Sjénica, qu'elle remercie d'ailleurs mentalement pour ses efforts de dissuasion... hé bien il n'y a pas trace là dessous de fluides corporels. Nada. Disons que ça pourrait être une aubaine pour ces messieurs, tout comme ça pourrait éveiller une curiosité ou une envie malvenue... Alors elle serre les dents, prie quelques dieux inexistants qu'ils ne poussent pas plus loin.

Elle grogne, tout de même, quand on lui fait les nichons. C'est Mercy, et ses miches, c'est ses miches. Chacun les siennes, pas forcés de partager ni de venir vérifier celles des autres comme ça. Et puis la façon dont ces mâles se comporte est tellement dégueulasse qu'elle se sent venir aux lèvres comme une envie de les insulter puis de les aspirer jusqu'à la moelle osseuse. A sa façon. La haine reste bien à sa place, s'accumule, et Mercy, elle, subit la palpation, qui dure une plombe, avec une remarquable lassitude.

Sjénica, par contre... Encore une autre paire de manches. Elle l'admire, la Mercy. Elle l'envie, aussi. Elle voudrait pouvoir, elle, montrer ses nichons de cette façon. Provoquer. Se sentir libre, quoi, pas entravée. Alors elle hésite pas à balancer, en riant:


-Putain Sjénica, t'es bien gaulée pour ton âge, dis donc !

Edouard Pénicaud

Racket en bonne et du forme


En retrait, Pénicaud observe la scène. Il laisse la conduite des opérations de contrôle aux agents Fresquel et Wyatt. Ils ont toute sa confiance, mais en tant que garant de la procédure il doit veiller au respect des droits des uns et des autres.

Mais diantre ! La jeune femme en burqa met une éternité à se soumettre au contrôle. Or, le temps c’est de l’argent, et perdre de l’argent c’est insupportable. Heureusement l’agent Wyatt prend les choses en main. La fouille est réalisée avec rapidité, méticuleusement mais sans aucun geste déplacé.

Une fois les opérations terminées, il s’avance solennellement, s’éclaircit la gorge et frappe trois fois le sol avec son fauchard japonais qu’il tient tel un Sceptre de la Loi  :

Mesdames, nous vous remercions pour votre coopération. Nous avons pu établir que vous êtes rendues coupable du délit de possession une d’arme prohibée et de port illicite d’un voile intégral.

Dans d’autres circonstances, vous auriez été placées en détention jusqu’à votre jugement. Mais aujourd’hui, c’est votre jour de chance ! Nous allons vous laisser quitter les lieux avec un simple rappel à la Loi. Dans le futur, vous ne ferez pas l’objet d’une telle clémence si nous constations la commission d’autres infractions.

Veuillez quitter les lieux dans le calme. Je vous remercie.

Aloïs Wyatt

Racket en bonne et du forme

Ce texte vaut une bière !

Le révérend fouilla méticuleusement ces dames à travers leurs vêtements. Il a une réputation à garder tout de même. Il commença par le moins facile. La toile de tente. Il ne releva pas la remarque de la femme en chemisier. Il la trouvait inutile et dénuée de tout humour à ses yeux. Il n’avait jamais pu revoir un seul épisode de ce feuilleton pour ado écervelé.

Une fois la corvée terminée. Il passa au plus intéressant. La petite minette du milieu. Un joli bout de femme, la taille de guêpe, une tenue extrêmement séduisante presque vulgaire. Soit elle avait vécu cette apocalypse dans un club de strip, soit elle choisissait volontairement cette tenue pour lutter contre l’ennemi commun des survivants : le soleil.

Quoi qu’il en soit c’était avec des yeux très observateurs et des gestes précis et lents qu’Aloïs effectuait cette divertissante fouille du désert. Il laissa là, avec regrets cette merveille de sensualité pour passer à la brune un peu plus âgée mais aux atouts fièrement exprimés. Il alla à sa rencontre.

Elle stoppa son avancé.

Surpris d’abord mais vite rassurée par la démonstration de provoque somme toute coopératrice de cette femme mûre, le trentenaire attendit l’œil bien ouvert et inquisiteur. A la vue de cette poitrine offerte et de la prestance de la quadragénaire, Aloïs s’avança et constata que cette femme de caractère était vraiment en très « bon état ». Tout en commençant la fouille par les deux melons, un sourire narquois aux lèvres, il annonça :


« Merci vraiment pour votre coopération. C’est très aimable mais cette mise en scène n’était pas nécessaire. Permettez-moi quand même de vous dire, puisque la situation le permet, que vous avez de très jolies formes et beaucoup de classe. Vous rendez cette contrainte de fouille obscène un peu plus élégante pour un homme d’église tel que moi. Au plaisir de vous revoir madame. »

Il finit cette phrase en s’éloignant vers le chauve toujours observateur.

« Rien à signaler, mais tu peux aller confirmer si l’envie t’en dit. Ces dames sont coopératives. »

Ils étaient près à reprendre la route avec le butin perquisitionné. Il était tant pour Maître Pénicaud de conclure ce contrôle.