Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

par Domi

dernière modification de Dorcas à 12/10 21:24
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Domi

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

Ce texte vaut une bière !




La condamnée expire presque son dernier souffle. Elle va encore douiller un petit moment. Un oeil s'est désolidarisé de son crâne, il pend au bas de sa joue.

Elle va morfler, oui, puisqu'elle respire...


Le temps que la gorge expulse la toux.

Le temps que les lèvres éjectent le sang.

Le temps que le cerveau connecte tous les points, sans avoir de réponse.

Le temps que la vision se fige, sur les quatre ombres qui la surplombent.

...

Déjà le crépuscule.

Déjà le soleil froid.

...


Longue a été la journée, pour venir jusqu'ici, sous un astre de plomb.
Elle ne ressemble plus à grand chose, mais ils savent de qui elle est la chienne.


On ne baise pas un deal fait en plein désert. Une parole du désert est une parole du désert.

Une parole du désert face à la ville... Une parole que Domi a pourtant cherché à expliquer, à prévenir.


N'envoyez personne...




...



La confirmation de l'échec diplomatique final est étalée au sol. Ses gibecières pleines d'eau, en temps de sécheresse, promettent aux hommes de quoi s'abreuver largement. Certains sortent la langue, par envie de se jeter dessus, mais ils savent qu'ils se confronteront à une faible voix, cassée mais déterminée, qui prônera le partage. Coûte que coûte.


...




Aujourd'hui, les voisins récoltent beaucoup trop frais le vin qui aurait du murir.

C'est leur choix.

C'est maintenant la guerre.

Pas vraiment celle du Sud-Ouest: ils ne reviendront que pour le sang. Et celui des chevaux. Domi a presque tout, mais 6, ça ne fait pas 8.

Et respecter l'accord de la daronne, bande d'enculés...ça mangeait pas de pain, et moins d'humain dans le coin.


Le sud-ouest aurait été florissant rapidement, sans ça... Une dizaine de nomades.... Voire plus d'une quinzaine... Avançant main dans la main avec la cité...

Aujourd'hui...


Aujourd'hui, aujourd'hui plane le doute...reviendra t-elle du nord, un jour, les bras chargés de fèves et de friandises ? Ou d'impacts et d'insertions, ce qui est largement plus probable...

...



...


Quatre visages obscurs font face à la déjà morte. Ils la surplombent.

Un rai de soleil méchant lui rentre dans l'oeil valide. Nique ta mère la pute, comme dirait Acid. Elle va mourir.

C'est la fin.

La fin absolue du monde, comme pour tout un chacun.

...

Reste à savoir laquelle de ces faces ténébreuses va abattre son arme sur son crâne de petite innocente, qui suit des ordres débiles sans sourciller.

Le silence règne.


Mais tous savent que la guerre est déclarée. Au moins par avance.


...


A cet emplacement précis.


...


Au premier sang...


...


Ils reviendront...


...


Ils ont deux chevaux, à récupérer.


...


Un deal dans le désert...



Un deal dans le désert.

Darcy O Sullivan

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

Ce texte vaut une bière !

Plus tôt...


Il y avait une multitude de bruits.

Ceux plutôt classiques des campements : les voix des nomades, le bois qui craquait sous une langue de feu, le bouillonnement d'une casserole emplie d'eau et d'herbes, les pans des tentes qui se soulevaient doucement quand une brise daignait se faire sentir, le froissement des tissus à chaque geste accompli, les légers ronflements de ceux qui se reposaient, les radios qui émettaient parfois quelques messages d'ici et là, les grognements entravés par la muselière...

Ceux qui s'étaient ajoutés il y a peu : les hennissements, les claquements de dents, les queues qui fouettaient l'air, les herbes mâchées, les souffles...

Et puis il y avait ceux qui n'avaient pas lieu d'être .

Comme des pas, qui se voulaient discrets près de l'un des enclos de fortune. Mais qui s'enfonçaient un peu trop dans le sable, comme soumis à un poids inhabituel, ce qui gâchait toutes les précautions entreprises.

Des pas que l'ouïe affûtée de Darcy avait perçus mais ne reconnaissait pas. Des pas qui semblaient se diriger vers l'autre campement, celui du poudré. Des pas qui n'auguraient rien de bon. Trop prudents pour être honnêtes.



« Quelqu'un arrive. Quelqu'un qui n'était pas là auparavant. »

L'aveugle avait glissé ces quelques mots aux siens, laissant à chacun le soin de vérifier ses dires.



Il y avait des bruits qui n'avaient pas lieu d'être.

Dorcas

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

Ce texte vaut une bière !

C’était presque un petit village de campagne. La ruée du bétail vers l'ouest, avec tout ses grands troupeaux profitant du pâturage. Des petits enclos émergeant à droite, à gauche, pour réunir dans des petites cases le puissant troupeau sauvage.

Ah quelle convoitise, quel appétit démesuré ! Tous avide de profiter des quadrupèdes géants. Dorcas comprenait que trop bien l'attirance magnétique des hommes. Comme des mouches sur une flaque de miel, ils s'agglutinaient en cherchant à en prendre toujours plus aux dépens des autres.

Mais lui ne faisait qu'abreuver les ânes. Âmes. Et le troupeau. Ou de se balader dans les environs, l'air nonchalant et les mains dans les poches. Avec son petit sourire suffisant. De temps en temps il ramenait quelques trouvailles, qui respiraient l'esprit de paix du lieu.
Des masses, des chaises éventrées, des pièges ?

Enfin les hommes et femmes cherchaient à se partager un gâteau trop petit. Le loup devait négocier avec la chèvre et le chou pour savoir qui mangerait qui. Et c’était drôle. Aussi drôle qu'une ambition dévorante, bousculant le jeu des alliances. Ah les initiatives malheureuses... quitte ou double pécore !

Voilà qu'avait débarqué une troupe de traine la misère, brandissant leurs branches pour éloigner les prédateurs. Comme un baril de dynamite dans un magasin de porcelaine. Il fallait payer les pots cassés.

Et Darcy d’annoncer que quelqu'un venait avec l'addition. Il sourit.


"Encore un peu de brun. Commencent un poil à nous prendre pour des truffes."

Le sourire glisse en coin, la voix se fait conspiratrice.

"Parait que le respect ça se gagne. Vous jouez ?"

Domi

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Elle démantèle à grands coups de pieds, de hachette et de doigts protégés par de vieux gants de manutention le panneau de bois que Jack avait bricolé, et sur lequel elle avait inscrit, il y a bien deux semaines, à partir d'une mélasse à base de charbon, de cendre et d'eau l'indication suivante:

PEUR CHVX
CAPTURE CHVX
TUE CHVX
=
MORT


Accompagnée d'une grossière tête de mort, la menace baveuse ne laissait jadis planer aucun doute sur le risque à encourir si on avait l'audace ou la folie de l'outrepasser, et qu'on ne faisait ni partie de leur petite troupe, ni de celle des Blood Brothers. L'arme-outil qu'elle utilise en avait été la première témoin: elle la tient d'un ahuri qui s'est fait tabasser à mort au beau milieu d'une nuit de pleine lune, empêtré dans son sac de couchage minable. Ce con là avait trop fait "PEUR CHVX". S'il était analphabète ou s'il ne comprenait pas le français, dommage pour lui, mais il n'avait de toute façon pas montré des signes très positifs en terme de logique de survie, ce cher voisin. Si Darcy est aveugle, c'est plutôt la foire aux handicapés mentaux ces temps-ci, dans la région...

Les morceaux de l'ancienne affiche sont collés dans le petit panier de supermarché accroché aux épaules d'Isab-Elle, la malade à la muselière, que Dominique utilise toujours pour de basses besognes. Isab-Elle n'est pas vraiment maltraitée pour autant, non, disons qu'elle est tout simplement traitée comme on traite son aspirateur ou son grille-pain. Lorsque son "étude clinique" sera terminée et qu'ils n'auront plus besoin d'un mulet humain, il sera peut-être temps de lui trancher la carotide et d'y foutre le feu, car la trentenaire compte bien donner l'ordre de ne pas la dépecer et la consommer, celle-là, par pur principe de précaution.

Un peu à l'écart du centre névralgique du campement, Domi n'entend d'abord pas l'alerte de celle qui entend mieux que quiconque, et s'apprête à revenir tranquillement afin de décharger la zombie, puis l'attacher comme une vulgaire biquette au premier piquet venu. En passant, elle s'accoude sur un muret de pneus, et attend que Findus vienne la voir, la sentir. Le moins craintif de la bande.

Findus, leur premier cheval dressé et baptisé par le gros Calen, un fin, dévoué et efficace travailleur malgré son petit embonpoint, assez handicapant quand la température culmine parfois jusqu'aux 40°.

Le calme avant la tempête règne donc.

Püppchen

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Jamais très loin de Darcy. Püppchen se posait là comme une ombre dans le dos de l'aveugle. À croire qu'elle s'était mise en tête de protéger la meneuse aveugle depuis l'attaque du forcené.

Aux mots susurrés par l'Irlandaise, Püppchen oriente sa tête dans les diverses positions en faisant le point sur la focale de sa caméra oculaire.

Désert.

Chevaux.

Campement.

Campement de Nation.

Les silico-neurones sont en pleine action, pourvue que ça ne chauffe pas trop. Le formole trop chauffé ça peut craindre un peu pour l'environnement.

Femme.

Blonde.

Étrangère.

Juste là, qui passe derrière leur camp en essayant de se faire discrète.

Püppchen saisit le bras de l'aveugle et le lève dans la direction du nouveau parasite équin.


La fille être là entre les chevaux et nous. Elle cherche à passer surement pour son rendez-vous.

Megan

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Megan, comme souvent, regardait les chevaux sauvages. Elle s'imaginait gambadant avec un poney, son meilleur ami. Elle l'appellerait Fleur si c'était une fille, et Gandalf si c'était un garçon. Et ensemble ils galoperaient heureux, laissant tous les ennuis derrière eux. Même que si on l'en empêchait elle se mettrait en colère.

En écoutant les conversations des grands, Megan avait compris qu'ils étaient inquiets de la présence de Mozart et de sa troupe. C'est pourquoi elle surveillait aussi le camp des nouveaux venus, parce que bon, les rêveries ça va bien cinq minutes, mais un vrai poney c'est mieux, et personne ne l'empêcherait de jouer avec son Pazuzu chéri (Tiens, Pazuzu, ce serait un joli nom aussi pour un poney).

Quand Püppchen tenta de montrer la nouvelle venue à Darcy, Megan souhaita se rendre utile. Parce que si on doit montrer quelque chose, autant s'adresser à une personne pourvue d'yeux en état de marche.

Elle se précipita donc vers Domi.


Domiiiii ! T'as vu ? On dirait que le type à la perruque a une nouvelle amie, regarde...

Domi

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Si l'on pouvait voir son sourire alors qu'elle caresse doucement le museau de la bête, et bien, on pourrait voir qu'il est vrai et même joli, quoique toujours avec un arrière goût de vague à l'âme qui noierait le plus endurci des marins. Ce n'est pas une de ses moues mi-figue mi-raisin qui lui déforment parfois un coin de lèvres, et qui ne transmettent la plupart du temps qu'une envie d'aller de se pendre au premier arbre calciné venu.
Tandis qu'elle tourne mécaniquement la tête vers Megan, la mimique s'est transformée en une grimace nerveuse, un peu forcée.


Qu'est-ce que tu racontes...?

La petite Megan raconte souvent de la merde, en décalage certain avec le monde sordide qui l'entoure, alors la réponse qui pourrait venir instinctivement serait à peu près celle-là: encore une grosse connerie, à propos d'un marchand de glace, d'un manège, ou une séance de hula hoop. L'espace d'un instant, les yeux de panda de l'insomniaque chronique qui braquent le regard de la gosse voient les deux gants venir lui encadrer la mâchoire, puis lui faire tourner sèchement le cou sur un angle violent de 90°, avant de tout lâcher et laisser s'écraser le pantin dans la poussière.

Mais la vision fugitive n'est pas concrète et Megan reste sa petite Megan, alors les dires de la jeune fille finissent par trouver bien vite la voie de sa psyché: plus précisément là où se situe le gros bouton rouge, avec tous les fils qu'il ne vaudrait mieux pas toucher.
Les deux orbites cerclées d'immenses cernes se redressent, elles aperçoivent Püppchen tendre le bras de Darcy dans une certaine direction, et les hommes commencer à s'agiter. Le visage suit la ligne imaginaire décrite par la créature de Frankenstein II, de petites rides se forment à la commissure des paupières alors qu'elle tente d'apercevoir l'intrus.

Elle en revient à la benjamine de la famille. Sa voix terne est passablement rongée par un fond de très mauvaise colère, pour une fois...


Megan, les vilains du village n'arrêtent pas de faire des bêtises.
Ils ne sont pas aussi gentils que toi.
Et qu'est-ce que je fais à ceux qui font des bêtises ?


Le gant enveloppe une main de l'ado, Dominique commence à marcher à grandes enjambées vers les autres membres du clan qui discutent, si bien que Megan doit presque trotter pour suivre le mouvement. Elle en oublie Isab-Elle, qui de toute manière n'ira pas loin, à moitié affalée dans les pneus, les bras tendus vers le cheval qui s'écarte dédaigneusement.

Je les punis sévèrement.

Darcy O Sullivan

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Transformée en pancarte humaine par son garde du corps rafistolé, l'aveugle eut un sourire aux mots de Dorcas. Bien sûr qu'ils allaient jouer, tous. L'inconnue qui débarquait aussi. Surtout elle, d'ailleurs. Toujours mettre rapidement les nouveaux dans l'ambiance, c'était bien connu. Oh, et au bruit des pas de Domi, elle ne doutait pas qu'elle aussi avait la même idée en tête...

Alors quand toute la clique fut de nouveau réunie, Darcy se leva, fit quelques pas et siffla la fausse discrète. Le hoquet de surprise qu'elle émit fit s'agrandir le sourire de l'aveugle qui lui fit un petit geste de la main. Coucou la nouvelle, on t'a vu. Bouge pas chérie, ça durera moins longtemps. Peut-être.

Car cela dépendrait des envies de ceux qui derrière Darcy s'étaient levés à leur tour, certains armes de fortune à la main, d'autres poings serrés.

"Amusez-vous bien."

Roland

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

Ce texte vaut une bière !




La corde se tend, le tronc d'arbre mort ploie, craque et ne rompt pas. Les sabots du cheval s'enfoncent dans la terre asséchée, ses naseaux se dilatent, le nœud se resserre et brule son encolure. Déjà, il suffoque et recule avant de recommencer son manège de l'autre côté, furieux. C'est foutu pour lui, il est piégé. Malgré tous ses efforts, l'étalon ne s'échappera plus. Celui qui l'a attaché là le sait. Hors d'haleine, Roland s'autorise d'ailleurs une pause le temps que le canasson ne s'épuise.

Le journée a été longue et la traque de ce cheval fougueux particulièrement harassante. Celui là, il faudra du temps pour le mater. Il se fera pourtant à la bride et obéira comme les autres. Réduire le vivant à l'état de chose obéissante avait toujours profondément déplu à Roland. Il aurait préféré faire autrement. Hélas, c'était la vie qui voulait ça. On ne négocie pas avec la nature. Et son sort aurait pu être pire, il aurait pu finir en sacoches en cuir bourrées de viande morte.

Pensif, l'homme au chapeau s'était étalé à terre en mâchonnant une brindille herbe, hors de portée des ruades du cheval fou. Il se sait loin du camp de Mozart, leur ennemi du moment. Les enculeries de nation ne l'intéressaient pas ou si peu. Bien sur, il avait fait semblant de s'indigner avec les autres autour de la radio. Un accord est un accord, le parjure mérite la mort, Alfred devait payer d'une façon ou d'une autre, etc. Pour Roland, tout ça n'était qu'une histoire d'accaparement mal placé. Au fond, ce troupeau n'appartenait à personne et il aurait été plus sage de laisser les bêtes s'accoupler en liberté. Mais qui l'aurait écouté ? A quoi bon ? Non, ce troupeau allait disparaitre et Nation paierait. C'était dans l'ordre des choses. A moins que ce ne soient eux qui disparaissent.

Basculant sur son flanc vers le camp où vaquaient ses camarades de route, il contemple la longue colonne de fumée au centre des tentes. Tentant d'orienter son esprit vers des pensées plus agréables, sa dernière nuit, il ne se doute pas de l'imminence du massacre qui se prépare au loin. Il est loin de les imaginer aiguisant leurs banderilles dans le corral improvisé, prêts à faire passer un message sans ambiguïté à Nation, au détriment d'une jeune femme probablement innocente.

Un vieux

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Depuis qu'il a accepté il y a quelques semaines la distance supposée lointaine qui le séparait d'une nouvelle crise de blast, le vieillard de la troupe s'occupe des affaires courantes avec un enthousiasme neuf. Il le sait, il n'est pas très doué dans beaucoup de choses - même s'il n'existe pas beaucoup de choses pour lesquels il n'entende rien - mais une soif d'apprendre et de participer inédite s'est emparée de lui. Depuis ces quelques semaines donc, il revêt les fripes du vacher, et concédant à Roland l'expertise de dresseur de cirque dont il sait faire preuve, il essaye au mieux de le suivre et de l'assister, afin de rabattre les équidés dans les pièges qui leur sont tendus. Mais c'est le jeune homme qui fait le gros du travail, et celui-ci semble lui aussi apprécier les silences et les contemplations entre les moments d'effort, ce qui est agréable aux oreilles et à la quiétude du doyen. Des journées en solitaires tous les deux, et voguent et voguent les vaisseaux éthérés des souvenirs morcelés dans l'océan noire et stagnant de la vie, celui où une lueur blanche flotte chaque nuit.

Les embrouilles de tapissier, il ne s'y intéresse guère. Ceux sont des guerres sans motif, et les couleurs unies ne lui ont jamais plu. La justice n'existe pas, et la justesse demeure rare. Par défaut, il n'en prête d'ailleurs qu'à Domi, et petit à petit aux autres qui l'accompagnent, parfois. Le reste du monde n'est constitué que de marchands de tapis et d'enfants de peur, jusqu'à preuve du contraire.

En voilà d'ailleurs de bien folkloriques, qui viennent s'installer sans vergogne parmi les chevaux et les cavaliers. Des nostalgiques du baroque qui auraient du rester à la baraque : leur amie finira en barbaque, à griller doucement au barbuc'.

Les pauvres hères du campement s'agitent alors qu'est repérée celle dont le destin sera aujourd'hui funeste. La tension monte, et dans cette chaleur estivale elle en fera bientôt les frais. Le vieux bonhomme est allongé sur un sac de betteraves, il se réveille de la sieste, observe les protagonistes sans bouger, se raclant parfois la gorge comme un vieux moteur diesel. Il sait que ce n'est pas à ce moment-là qu'il pourra se montrer efficace pour les intérêts du groupe qu'il a fait sien.

Domi

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.

Ce texte vaut une bière !

Il est temps de faire ce qui doit être fait, il est temps de dire ce qui doit être dit. Sale boulot pour elle que de représenter l'autorité, l'ordre, pourtant ça lui colle à la peau comme une tique gorgée de sang, être la Mère. Elle en ras le cul, mais inexorablement l'histoire se répète. Au fond c'est sa nature, elle ne peut la fuir, la course vers l'avant pour survivre une journée de plus ne s'arrêtera pas là, aujourd'hui, en se mettant un peu de vent dans les veines.

La hache de guerre est pointée vers chaque torse.


Jack, Dorcas, Prime, prenez vos armes, avec moi. On s'en occupe.
Un exemple, vous m'entendez ?


Calen, Gus et Roland sont hors-service, ils bossent comme des forçats sous un cagnard pas possible, leur repos est bien mérité. De toute façon, elle ne donnera jamais d'ordre à son petit Vieux. C'est hors de question, à part si sa vie en dépend vraiment.

Püppchen, reste près de Darcy et Megan, protège tes amies.
On ne sait jamais, y'a peut-être d'autres saloperies de voleurs dans le coin, ou des assassins. Tous, surveillez. On reste en alerte jusqu'à ce qu'on parte, dès demain matin. Commencez à débarrasser le camp, rangeons tout ce merdier.


Le renfort de Mozart a du sentir que ça tourne au vinaigre pour elle, car elle accélère l'allure. Pas au point de sprinter, non, c'est même un peu laborieux, la jeune femme doit être bien fatiguée, et lourds ont l'air ses sacs, ainsi que l'outre métallique qu'elle porte à la ceinture.

La "Maman" du groupe entame la poursuite, mais pas non plus en courant, non, elle marche comme un bonhomme à côté de Jack, le manche de l'arme blanche tournoyant dans une paume. Elle finit par siffler l'intrus, lever un peu les bras de façon véhémente, ça pue le pétage de câble mais enfoui dans un bloc de béton.
Plus adepte du bourrinage que du couteau dans le dos, visiblement.
Elle ne déconne pas.
La voix habituellement basse est bien relevée, elle vire à l'aigre, la tessiture aigüe est désagréable à entendre, c'est la voix d'une mauvaise femme, d'une sorcière noire...
C'est la première fois qu'on l'entend gueuler, alors qu'ils la connaissent depuis une poignée de mois.


Hé la pétasse !
Tu crois aller où comme ça ?!
J'ai un message pour Alfred, Khaos et Mozart !
Et c'est toi, mon messager !


L'autre, devant le fait accompli, sait qu'il n'y a plus moyen de fuir, d'éviter ce contact qui fond sur elle comme la misère sur les pauvres gens. Elle déroule son arme de clocharde des terres désolées, le genre de chaîne dont on se sert pour lier un portail. A quatre contre un, ça risque d'être compliqué de ne pas se faire massacrer.
Et c'est bien là le point de Domi: elle compte la mettre en charpie. Avant de faire un rodéo avec son cadavre, venir présenter la morte aux ouvriers de Nation.
Mozart n'aura le lendemain matin comme souvenir et cadeau d'adieu qu'une tête tranchée, dont les orifices auront été rembourrés par du crin de cheval.

Dorcas

Vole le vol, vole le sang. Vole les chevaux. Pégase.


Du coups, voir la Domi en cheffe de guerre, kepi au vent, et vendetta dans le sang. C’était un changement de nature assez peu ordinaire, et notre homme dans son détachement notoire s'en amusait volontiers. Les ordres données, il se saisit du pied de chaise. Prêt à gagner l'petit jeu du respect. Et à briser un crane. Aussi. Mais avant de partir, il ne peut s’empêcher de se remémorer le fiasco mitigé de Puppchen cherchant à comprendre la grande mécanique de la baston à l'humaine, et une certaine instruction l'avait laissé ... pantoise. Du coups, avant de partir il lache un petit mot.

Regarde bien, Puppchen.
C'est comme ça qu'on neutralise quelqu'un qui essaye de s'enfuir, d'accord ?


Et de rejoindre le pas lent de la Matriarche. Et tandis qu'elle hèle la pauvre hère... Il ressert son emprise sur l'arme de fortune. Pauvre messagère, c'est toujours eux qui prennent. Renfort de bonne volonté, crucifiée sur l'autel d'une injure qu'elle ne doit même pas connaitre. Monde de merde. Le seul digne d’intérêt.
Mais avant qu'elle finisse en charpie, avant qu'elle ne tente de s’éloigner en courant vers le musicien à la verve fleurie, un coups violent s’abat. Droit dans le dos du genou. De quoi faire plier le meilleur des hommes. C'est mécanique, on s'effondre, et elle ne fait pas exception. C'est comme ça qu'on empêche un futur prisonnier de s'enfuir. Et en plus, c'est comme ça qu'on peut les frapper sans craindre de riposte.

Réponse graduée, et combat équitable ? Connait pas.