Aux rayons X (on ne trouve pas que des livres de cul)

Chapitre débuté par Röntgen

Chapitre concerne : Röntgen,

Boulot, Métro, Dodo: le début de la fin (RIP mon René, les jumeaux t'aiment)

Lune 200 et des grains de sable

Sartre a décliné le prix Nobel de littérature par rejet des distinctions, ne voulant pas être langue et poings liés aux valeurs d’une institution. J’ai refusé le prix Poubelle d’employé du mois mais sans aucune once de philosophie ou de valeurs intellectuelles. Mais voir ma gueule encadrée et exposée à tous mes collègues employés comme le modèle proné par mon patron et son institution entrepreunariale ne correspondait pas exactement à mes aspirations. Je laissais cet honneur au loup des bois et autre bonne grand-mère de famille aux dents longues qui aiment à flatter leur ego derrière le fard de la respectabilité et de la compétitivité sociétale. Promenons nous dans les bois…

Je desserais l’étreinte de mon nœud de cravate en franchissant le seuil de l’immeuble et m’allumait le dernier clope de mon paquet. J’avais tout juste le temps de m’en griller une avant d’atteindre la bouche d’entrée du métro souterrain. La police des mœurs ne faisaient pas encore la nique aux hommes d’affaire voluteurs des trottoirs publics mais nul doute que la passion pour la restriction des libertés rattraperait un jour mon vice le plus visible. Ou comment faire passer du lard pour du cochon, la théologie a toujours fait merveille pour interpréter le sens de la vertu.

Arrivé sur le quai, je consultais mon agenda pour me remémorer à quelle station je devais me rendre. Un certain Captain m’avait donné rancard pour le concert d’une starlette sur les plages de la mer de sable. Viens avec ton sac rempli, tu vas en avoir besoin, c’est pas un concert que je te propose, c’est une aventure. Descends au Terminus, c’est là que tout commence. Le début de la fin ou la fin du début. A peine mon cul posé sur un siège de la rame que je venais d’emprunter, je m’endormais pépère. Boulot, métro, dodo.

Terminus, tout le monde descend. Enfin tout le monde, j’étais seul, le soleil dans la tronche et la mer de sable devant moi. La station de métro dont je venais de m’extraire ressemblait à la devanture d’un saloon de western-spaghetti. Pas d’homme à l’harmonica, juste la starlette au micro qui attendait que le public prenne place. Alors l’unique spectateur s’assit sur un rocher et s’envoya une rasade de sa gourde d’eau. J’aurais préféré un petit remontant mais le Captain n’avait pas précisé que la salle de spectacle était dénuée de buvette. Je scrutais la starlette et devant son hébétude me lançait dans une claque sans ambition pour la remotiver. Allez Céline, chante nous ton plus grand tube.

Céline Dion était muette, sa face semblait triste et ses yeux vides. Pas de récital à attendre, pas de Titanic, elle me menait en bateau. C’était le naufrage le plus minable de l’histoire du show-business et je commençais à m’enfoncer dans l’ennui. Fallait pas que je reste là où j’allais sombrer dans les profondeurs insondables de cette foutue mer de sable. Même un sous-marin ne pourrait pas venir me sauver d’une pareille mésaventure. Et le Captain que j’apercevais au loin n’avait pas de sous-marin. Juste une casquette pour le protéger du cagnard et un clébard douteux au bout d’une chaîne.

Croyances et goguettes

Lune 200 et des grains de pierre (c’est plus gros que le sable)

Le voleur de poulailler s’appelait McGreg. Pas un renard à la patte de velours d’une fouine chapardeuse. Il avait fait chou blanc comme un vulgaire puceau râtelant la piste lors de son premier bal. Le pourceau ne verrait pas la fin de l’année et la cavalière vierge qui lui donnerait son entrejambe mouillé. Il jappait au bout d’une chaîne que je lui avais passé autour de la belle jambe que ça lui faisait. Waf-waf allait grillé en plein cagnard comme un bagnard après avoir cassé trois cailloux pour me préparer un casse-dalle. Des cailloux, c'est tout ce que je lui donnerais à becqueter. Crève enfoiré, écoute ton ventre gargouiller, tu l’as bien mérité. T’as perdu le droit de survivre le jour où t’as merdé sur toute la ligne en mordant la main que je te tendais. L’hostie, le corps du Christ, la communion ma petite belette. Va pas chialer, je bénirais tes derniers ossements en pissant dessus quand ils commenceront à blanchir au soleil de Satan. Ouais, parce que l’enfer c’est ici, t’as pas tout perdu.

Je devenais mystique à force de bouffer de la théologie. Ça m’était arrivé sur la digestion de mon premier cadavre de décérébré, juste après le dessert. Le moment où tu te relâches prêt à lâcher le rôt du nouveau-né. J’ai failli en faire une gerbe de tous les Diables. La fin du Monde était monté au ciboulot de tout une clique de gus qui voyaient des divinités sous tous les cailloux de cette putain d’étendue de sable. Moi, j’avais assisté à un concert de Céline Dion, bordel de merde. Me faites pas croire que ça aurait été possible si ce Monde était façonné par autre chose que nos mains décharnées. Ça sentait l’estronc de faminé à plein nez, ça bavait et ça grognait. C’était limite pénible de roupiller. Et on me sortait la nouvelle Bible illustrée pour toute lecture. Comme si j’étais encore prêt à croire à quelque chose. Tu vas me dire que je m’étais bien fadé le Bescherelle du petit capitaliste enculeur illustré avant que tout se pète la gueule et que les gencives des requins de la finance soit devenu aussi lisses que le cul d’un nourrisson. Alors peut être que ça se tenait et que j’étais juste un foutu négationniste blasé et incrédule.

J’avais eu le droit à la totale façon pornstar. J’aurais cherché à faire un pèlerinage que j’aurais pas rencontré autant de cul-bénis. Dans l’ordre, n’en jetez plus, c’est le tiercé gagnant : le capitaine et son sous-marin blanc, le dernier des Kinaho et ses esprits, les adorateurs du grand Troll et leur premier Prophète. Fiou, fallait que je fasse un choix ou j’en retournais à mes goguettes ? Va pour les goguettes…la suite s’écrirait plus tard. Et je serais étonné que ça traite de religions ou de croyances. Je crois que les anciens Démons tarderont pas à remettre leurs paluches crasseuses sur les affaires des Hommes. Rien de divin là-dessous. Pour faire dans l’écriture inclusive et ne pas déplaire aux adorateurs et adoratrices de l’égalité purement mathématique des sexes, rien que de l’Humain.e. Alea jacta est et veni, vidi, vinci. C’est quoi déjà l’autre fadaise…carpe diem et fuck off.