Le retour de James

par Aloïs Wyatt

dernière modification de Aloïs Wyatt à 16/10 14:04
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Aloïs Wyatt

Le retour de James


Arnold se tenait devant la chapelle. Il essuyait soigneusement ses doigts charnus un par un dans son mouchoir taché. Il crachait dessus à plusieurs reprises pour faciliter l’ouvrage. Le tissu prenait alors une teinte rosée à mesure que l’opération progressait. Il voulait être impeccable pour se présenter à lui. Il ne pouvait de toute façon pas rentrer dans la maison du seigneur dans cet état. Cela n’aurait pas été convenable.

La chapelle de Savoy paraissait petite à côté des immeubles de briques sombres qui l’entouraient. Elle avait quelques siècles déjà mais paraissait néanmoins beaucoup plus récente en raison de la chaux qui avait tapissé ses vieilles pierres quelques années plus tôt. L’édifice datait en fait de 1257, construit par Pierre II de Savoie, puis partiellement détruite par la révolte des paysans en 1381 ; elle n’est reconstruite qu’en 1512 par Henri VII d’Angleterre et tient debout depuis lors. Aujourd’hui engloutie par la ville moderne et sale, plus personne ne la remarque. A moins d’être à 40 mètres d’elle. Pourtant, ce qui s’y organisait à l’intérieur depuis plusieurs années agissait comme une migraine sourde et persistante, mutilant les neurones et cognant les parois de ce cerveau en ébullition qu’était la ville de Londres.

Arnold poussa le battant droit de la grosse porte de bois massif, provoquant un léger grincement immédiatement amplifié par l’acoustique du monument. Il ne l’ouvrit pas complètement et se glissa vers l’intérieur, passant une main derrière son dos pour accompagner la lourde qui se refermait. Il jeta un coup d’œil rapide autour de lui en se dirigeant vers le bénitier. Il fit un signe de croix en direction du christ puis se lança dans l’allée centrale en direction de l’hôtel.

Arnold était très grand. 1.98 exactement, coiffé de cheveux gras, à peine ondulés qui tombaient jusqu’à son cou de buffle. Les premières mèches se retrouvaient régulièrement devant son visage ample et épais, obligeant le géant à les prendre pour les remettre en place. Cela lui donnait presque un air inoffensif… Il l’avait été un an plus tôt, lorsqu’Aloïs  s’était présenté à lui à sa sortie de prison. Cette force de la nature s’y était retrouvé pour avoir tabassé un homme qui s’en était pris à sa mère. Un cambriolage de petite frappe qui avait mal tourné. Le malfrat s’était alors fait surprendre par la présence d’Arnold ce soir-là. Alors dans la force de l’âge, le roc avait démoli le visage de l’intru et éclaté son foie avant de le jeter dans la rue à plus de 3 mètres du palier. Malheureusement, la racaille, qui décéda de ses blessures quelques jours plus tard, faisait partie du « Syndicat ». Des juges corrompus ont tout simplement condamné le jeune homme à 20 ans d’emprisonnement pour homicide… Sans circonstances atténuantes. A sa sortie Aloïs se présenta en guide, lavant ses pêchés, lui offrant un toit et une place dans son église. Il lui promit la vengeance. Il fit de lui son adepte.


« Révérend Wyatt, dit-il calmement,
Je reviens de Pearman street. Je sais ce que prépare Booth et ses hommes. Bowman n’était pas très communicatif, mais j’ai su le convaincre de nous renseigner. » Il paraissait satisfait

Agenouillé devant l’hôtel, Aloïs se releva doucement, referma son livre, puis arborant un sourire pernicieux et satisfait, se retourna :
« Raconte »

Arnold était sur le point de répondre lorsqu’un homme se pencha de la tribune occidentale de la chapelle et les interrompit :

« Révérend ! Lança-t-il. Désolé de vous déranger mais, Frère Tempel souhaite vous voir à Westminster ce soir ! Il a dit ne vouloir s’adresser qu’à vous et que c’est important. »

Aloïs se leva et s’adressa à son adepte :
« Merci Arnold, on reparle de Booth demain »

Wyatt pris sa bible, et se dirigea vers la sortie, laissant Arnold seul au pied de l’hôtel.

Le messager avait déjà fait amené la Chevrolet 6 cylindres du révérend par anticipation. Un chauffeur était au volant posté dans l’arrière court de la chapelle, prêt à s’engager sur Savoy Street et conduire Aloïs à l’abbaye de Westminster.  

James Delaney

Le retour de James

Ce texte vaut 2 bières !

Sept années s’étaient écoulées depuis son départ pour l’Afrique, cinq depuis qu’il avait été déclaré mort comme tout le reste de son unité, alors envoyée seule dans un piège visant à tous les faire taire : c’est ce qui arrive lorsqu’un haut gradé magouille et sent qu’il va se faire prendre, il se débarrasse des témoins gênants. Aujourd’hui, l’Ombre du Tana était de retour dans son cher pays natal. Est-ce qu’il avait changé ? Oui, sans aucun doute, mais il restait toujours James Keziah Delaney, l’ainé par intérim de la famille. Aussi la première chose qu’il entreprit à son retour, fut de retrouver son jeune frère, et le dernier emplacement connu était cette abbaye dans laquelle il avait été envoyé…



James se tenait devant l’énorme structure, à l’ombre d’un arbre, contemplant l’architecture et le paysage. C’était la première fois qu’il pouvait contempler librement le paysage anglais : il avait fait le voyage caché au fond d’une cale de bateau pour éviter d’être repéré. Dès que les autorités sauraient pour son retour, on lui poserait forcément des questions et il n’avait pas franchement envie d’y répondre… Après quelques minutes de contemplation, il se décida finalement à aller frapper à la porte… Les graviers craquaient sous chacun de ses pas...

*Toc toc*

Le son lourd du cercle de métal frappant la porte en bois résonnait aux alentours… Quoi qu’il se passe, il était impossible de manquer un visiteur qui annonçait son arrivée. Instinctivement, James se retourna et fit un rapide tour d’horizon pour s’assurer que personne n’était en train de l’observer.

*Hiiiiii*

La porte s’ouvrit doucement laissant apparaitre le visage pâle et couvert de ride d’un vieil homme aux cheveux blancs comme la neige. Beaucoup plus petit que Keziah, ce dernier était obligé de baisser la tête pour regarder son hôte dans les yeux.


- Salut l’moine. J’cherche Alois Wyatt.

Le moine hésita à répondre : l’homme qui se tenait en face de lui n’inspirait pas la confiance mais il donnait encore moins envie de dire non et l’option « fermer rapidement la porte », n’était pas une option vu la différence de physique et d’âge entre les deux hommes.

- Entrez, je vais appeler l’abbé.

Le vieux moine se poussa et Delaney pénétra dans le bâtiment. Suivant son guide, il se retrouva dans un grand et luxueux bureau, assis face à l’Abbé en charge. Contrairement à ce qu’il avait vu en Afrique, la Chrétienté avait toujours su s’approprier les richesses de petites gens…
Assis dans une chaise inconfortable qui tranchait fortement avec le fauteuil de son hôte, James ne tarda pas à engager la conversation.


- J’suis à la recherche d’un homme appelé Alois Wyatt. J’sais qu’il séjourne ou a séjourné ici.
- Qui êtes-vous ? Et pourquoi cherchez-vous cet homme ?
- Keziah et mes raisons n’regardent que moi.
- Comprenez-moi bien monsieur, je n’ai pas pour habitude de donner les noms des occupants de ce lieux sacré à la première personne qui arrive ici. Surtout quand il semble évident que la dite personne n’est pas très claire. Alors dites-moi qui vous êtes vraiment et ce que vous voulez à cette personne, ce Wyatt, et je verrai alors si je peux faire quelque chose pour vous.


L’espace d’un instant James eut envie de se lever et de simplement éventrer ce type et l’envoyer retrouver son Dieu. Mais il avait encore besoin de lui pour le moment et il prit sur lui de laisser se déchainer ses démons. Il se leva et agrippa le vieillard au col de sa robe, sortit son karambit au duo de lames aussi noires que son cœur et plaça la pointe sous la bouche du religieux.

- Ne m’fais pas perdre mon temps sinon je t’envoie rejoindre ton dieu. Wyatt est ici ? Oui ou Non ?

Un bruit se fit entendre derrière la porte, James tourna la tête mais déjà les pas s’éloignaient avec empressement.

- *arghh*Oui ! Non !... Non il n’est plus là ! Il nous a quitté depuis un moment déjà ! Je n’ai plus de contacts avec lui ! Ne me tuez pas ! Je vous en prie !

Un sourire se dessina sur les lèvres de l’Ombre du Tana. Il s’étira le cou avant de regarder l’Abbé dans les yeux.

- J’crois que ce bureau va avoir b’soin d’un nettoyage…

La lame courbée traverse la peau fine du vieillard et vient fixer sa langue dans son palais avant de remonter dans sa cavité nasale puis de ressortir. Le coup n’est pas forcément mortel mais très douloureux. L’Abbé ne pourra certainement plus prêcher après ça.

- Si tu parles de moi à qui que ce soit, j’reviendrai ici pour finir le travail.

James tourna les talons et se mit en marche rapide. Il allait devoir ratisser Londres pour retrouver son frère…

Aloïs Wyatt

Le retour de James

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Le V6 de la Chevrolet résonnait face à l’immense structure de l’abbaye de Westminster. Aloïs sorti de la voiture, perdu dans ses pensées.
Il y avait maintenant plus d’un an qu’il n’avait pas pénétré dans ces murs qu’il connaissait par cœur, y ayant passé toute son adolescence. Des souvenirs qui paraissaient déjà si lointains. Frère Tempel était un homme de confiance, dévoué à Dieux et surtout dévoué au jeune révérend. Il rendait compte des informations importantes et intéressantes sur des manuscrits qu’il transmettait aux messagers de Wyatt. Tout ce qu’il pouvait se passer ou presque dans l’abbaye, Aloïs en avait connaissance. Mais c’était la première fois que son moine informateur demandait une visite face à face. C’était étonnant, et il avait hâte de savoir de quoi il s’agissait.  
Le révérend ordonna au chauffeur de rester dans les environs. Il ne savait pas à quoi s’attendre et préféra prévoir une retraite aisée. Il se présenta au-devant de l’imposant monument et poussa le heurtoir à trois reprises. Quelques secondes plus tard, un moine se présenta à la lorgnette. Ce n’était pas Tempel mais l’individu reconnut rapidement le jeune Wyatt.


« Bonjour révérend, annonça frère Weiss en ouvrant la porte,
Quelle bonne surprise. Quelle est donc la raison de votre unique visite de l’année ? »

Le sarcasme évident de ces mots contraria Aloïs. Il répondit alors par une autre question :

« Je suis étonné de vous voir ici mon frère, je vous imaginais présider une paroisse ? 18 mois de loyaux services n’ont-ils pas suffit à convaincre l’abbé Aylen ?Il marqua une pause, regardant, satisfait, les yeux du moine se remplir d’une haine évidente.
Il poursuivit :

Mes excuses pour mon manque de courtoisie, j’ai eu à faire dans ma paroisse. Mais j’aurais pris le temps de vous recevoir si toutefois vous m’aviez rendu visite. Sachez-le. Il arbora un sourire mesquin. Et ne laissant pas le temps de répondre à son interlocuteur,
il enchaina :

Je dois rendre visite à frère Tempel pour m’entretenir avec lui sur un sujet qui ne vous concerne pas. »

L’arrogance d’Aloïs n’avait d’égal que son calme prétentieux. En quelques mots il avait totalement pétrifié l’homme d’église, le réduisant à un silence bouillonnant d’animosité.
Il le laissa entrer et précisa :

« Nous avons été victimes d’une attaque hier… L’abbé Aylen justement. Il a été poignardé au menton, dit-il, essayant de rester calme,
Il est alité dans ses appartements. Il n’est pas en danger. La volonté de l’agresseur était de le faire souffrir et l’empêcher de parler. Nous ne savons pas pourquoi et nous n’avons pas ébruité l’incident. Nous attendons qu’il se réveille et nous détaille l’altercation »

Aloïs, compris alors que la demande de son informateur concernait très probablement cet événement. Il remercia le moine puis alla trouver Tempel plus loin dans l’abbaye.
L’homme accusait apparemment le coup. Livide, de grosses poches sous les yeux, comme s’il avait rencontré la mort elle-même dans le sombre dédale du monument. Il paraissait exténué. Probablement n’avait-il pas dormi une seconde depuis hier. Ses mains tremblaient légèrement, sa jambe rebondissait sur son talon comme l’aiguille d’une machine à coudre. Il était traumatisé, sous le choc. Assis côté de l’abbé toujours endormi, comateux, il leva les yeux vers Aloïs et le regarda l’air perdu, apeuré et interrogateur avant de faire l’effort d’aligner quelques mots :


« Révérend Wyatt…, C’est horrible… J’ai ouvert la maison de dieu à Satan… »
Il s’arrêta net, les yeux fixant la gorge mutilée de son supérieur ecclésiastique. Pressé de savoir ce qui avait causé cette blessure suintante et sanguinolente, Aloïs s’agenouilla auprès de son confère et combla rapidement mais calmement le blanc :

« Qu’est-il arrivé à Aylen, Tempel ? Dites-moi !? »

« Un homme vous cherchait, révérend… Et il l’a tout simplement défiguré devant son refus de collaborer. Comme ça en quelques secondes, avant de s’en aller…» Tempel formulait cela sans dévier son regard horrifié du vieux cou flétri de Aylen.

Aloïs, se releva, surpris par cette révélation. Il expérimentait à ce moment le même malaise qu’il avait pu vivre en de très rares occasions par le passé : le sentiment d’être pris la main dans le sac. Difficile à vivre pour un voleur de profession. A ceci près que cette fois ci, ils n’avaient semble-t-il, ni lui ni ses sbires, volé quoi que ce soit à Westminster. Il interrogea alors à nouveau le malheureux, passant outre son mal-être :

« Tempel, regardez-moi !Il empoigna fermement son informateur par ses courts cheveux à l’arrière de son crâne, perdant patience face à son manque évident de sang-froid.
Qui était-ce Tempel ?» poursuivit-il avec une légèreté qui contrastait fortement avec sa gestuelle.

« Il a dit Keziah » répondit-il rapidement, grimaçant de douleur.

Aloïs lâcha le pauvre traumatisé et leva la tête. Ses yeux ne lui servaient plus… Ils étaient plantés dans le mur d’en face, comme deux grands clous. Ce sont des images internes à sa cervelle qui défilent… Des souvenirs… Une voix, une complicité… S’il y avait une chance qu’il soit en vie, et de retour à Londres… Personne ne devait savoir…
Le révérend fit un effort de mémoire pour se repasser la fin d’après-midi, depuis sa sortie de voiture : la confusion sur la place, frère Weiss, les couloirs… Personne d’autre ne l’avait vu. Il demanda alors à Tempel sans même le regarder :


« Qui est au courant pour ce Keziah et son désir de me trouver ? »

« Seulement vous et moi révérend… Je voulais vous transmettre l’information exclusivement, comme toujours »

Wyatt eu un sourire sournois en regardant sa montre à gousset.


*****************************************



Le chauffeur, qui ne comptait plus les tours de quartier qu’il faisait pour rester disponible, vit enfin son client privilégié sortir par une petite ouverture, à l’arrière de ce somptueux édifice, vieux d’un demi millénaire. Son pas était lent, mesuré, il paraissait assez concentré sur sa montre…

Dans la chambre de l’abbé, régnait à nouveau une certaine quiétude. Tempel, silencieux regardait toujours Aylen, le regard préoccupé, focalisé sur la tête de lit. Malgré son air étonné, le moine était détendu, presque affalé sur son siège, écoutant la mouche qui tournoyait dans la pièce. Le révérend n’était resté que peu de temps dans ces appartements mais il avait laissé une odeur étonnante. Acerbe, persistante, laissant un goût froid de terre, de cendres. De ce mélange sortait une senteur acide, métallique, presque de la rouille. Cela ne dérangeait visiblement pas le moine qui fixait toujours son supérieur…. Peut-être ne comprenait-il pas pourquoi Aloïs avait posé cet oreiller ici... Au beau milieu du visage bleuâtre du vieillard… La mouche se posa sur l’œil ouvert de Tempel, pour se désaltérer. Pas de réactions… Peut-être ne pouvait-il simplement plus comprendre quoi que ce soit…
Plus loin dans le couloir, Weiss était assis dans le confessionnal, le visage violacé, les yeux injectés, exorbités. Une marque très nette, couleur sang, était dessinée dans son cou, représentant les maillons d’une petite chaînette. Il cherchait sans nul doute à se faire pardonner le mépris formulé à l’égard du révérend Wyatt…

James Delaney

Le retour de James


L'abbé Aylen n'avait pas parlé. Soit. Ce n'était pas ce qui pourrait arrêter James dans sa course pour retrouver son frère. Mais il ne pouvait quand même pas se permettre, pour le moment, d'être reconnu par les autorités. Trop de questions s'en suivraient sur la façon dont il avait survécu et surtout pourquoi il avait survécu alors que son unité toute entière était portée disparue...

L'ombre du Tana marche en direction des quartiers de Londres. Sept ans ne suffisaient pas à lui faire oublier le visage et les noms de ceux qui trempaient dans les trucs pas clair, comme d'ailleurs les endroits où ces "choses" avaient lieu... A droite, puis à gauche, il traverse les ruelles les unes après les autres, son long manteau noir flottant légèrement derrière lui... Aucun doute ne planaient dans son esprit aiguisé... Il savait exactement où il voulait aller et la carte de Londres était toujours imprimée dans sa tête et à chaque pas qu'il faisait, elle se révélait à lui...

Après une heure de marche à pieds, il arrive finalement : Franky's Bar... Trois marches pour descendre dans ce cloaque où petites frappes et lieutenant de mafia pouvaient se rencontrer en toute liberté. La vieille porte grince à l'ouverture puis à la fermeture et même si un novice pouvait penser que personne n'observait son entrée, James savait que tout les gens présents ici avaient un œil sur la porte à chaque grincement. Il s'était même toujours dit que le grincement de porte était quelque chose de souhaité.

Il se dirige vers le bar et pose un billet sur le comptoir : un scotch. Les gérants de bar étaient certainement la source d'information la plus sûr tant qu'on y mettait le prix, mais c'était aussi le problème. Si quelqu'un d'autre mettait un prix plus élevé vous étiez baisé. James se contente donc de payer sa boisson, jetant de rapides coups d’œil à gauche et à droite : l'homme qu'il cherchait n'était pas là... pas encore... Il attrape son verre et s’assoit au fond du bar, à l'ombre des lumières... Il allait devoir attendre : son activité préférée...

Ce n'est que deux heures plus tard qu'arrive enfin son homme : un certain Michael Fray. Une petite frappe que Delaney connaissait depuis son adolescence. Un opportuniste faiblard, mais qui savait survivre, preuve en était de sa présence ici. Un détail intriguait James malgré tout : Michael était accompagné de deux hommes qui étaient, à n'en pas douter vu leur comportement, des gardes du corps. Comment un rat comme lui pouvait se payer deux gars pour sa protection ?... Cela changeait légèrement la stratégie d'attaque, quoi que... Delaney se lève et approche du box privé de sa cible. Les deux hommes de main l'arrêtent tout naturellement :


- Monsieur Fray ne souhaite pas être dérangé.

James lève légèrement les mains en guise de patte blanche et approche la tête du garde de droite pour murmurer :

- Je suis un vieil ami de Mike. Dites-lui que Keziah est là.

L'homme regarde un instant son collègue, interrogateur. Ce dernier entre dans le petit salon privé et après quelques échanges impossibles à comprendre depuis l'extérieur, il ressort.

- T'es armé ? Lève les mains...

James s'exécute. Fouille rapide, le garde trouve les deux karambits. Mais n'en tient pas compte. Ils sont donc armés mais pas avec des armes blanches.

- C'est bon, vas-y. Oublie pas : on est juste ici.

Le garde se veut menaçant, mais la seule chose qu'il obtient est un sourire : l'ombre du Tana en avait vu d'autres, ce n'était pas ça qui allait l'effrayer. Il pousse la porte et rentre dans le salon à son tour. La lumière d'ambiance jaune donne un aspect encore plus vieux et sale que dans la pièce principale, mais les canapés et fauteuils installés ici sont de bonnes factures. Fray se tient sur le canapé central, un livre à la main, les yeux rivés sur son visiteur, le regard sombre... James entame la discussion en s'asseyant sur un des fauteuils.

- Alors Mike toujours en vie ?

- C'est monsieur Fray pour toi James. Crois pas que j'ai oublié c'que tu m'as fait enfoiré. J'te reçois là uniquement parce que tout le monde te croit mort et que j'suis curieux.

Ok, l'entretien commençait bien... C'est vrai qu'on ne pouvait pas dire que James et lui étaient de bons amis. Leur dernière rencontre ne s'était pas bien terminée pour le rat.

- Faut croire que tout le monde se trompe "Monsieur Fray".

James insiste sur le monsieur, un sourire aux lèvres. Clairement la façon dont s'est dit montre encore moins de respect que le Mike de sa première phrase. Un rat restera toujours un rat.

- On dirait que t'as réussi à bien te faire voir par un grand ?

- Tu imagines pas à qui tu parles James. Londres a changé d'puis ton départ. Tu n'étais pas grand chose avant, mais mets toi ça dans l'crâne, tu ne représentes plus rien maintenant.

De la merde, voilà ce qui sortait de la bouche de cette crevure. Mais James n'était pas là pour se faire des ennemis... pas encore. James se penche et prend une cigarette du paquet posé sur la table, sans aucune gêne. Il l'allume, tire un bon coup sur le bâtonnet blanc et souffle la fumée grisâtre. Mike le regarde faire, le regard toujours aussi sombre.

- Ok, c'toi l'patron apparemment. Vu que t'es devenu un boss, tu peux sûrement m'dire où j'peux trouver Aloïs ?

- Ton frère...

Fray semble réfléchir un petit moment, laissant le silence s'installer, avant de reprendre :

- Il est toujours là à Londres mais s'il continue sur la voie qu'il a pris, il y sera plus pour très longtemps. Si tu veux que j'te dise où tu peux l'trouver va falloir que tu fasses quelqu'chose en retour.

Sale rat...

- Reviens ici demain soir. On en reparlera. Maintenant casse toi j'ai mon rendez-vous qui va arriver.

James se lève et se retourne sans un signe. Il quitte le bar direction la maison de son père, le seul endroit où il serait tranquille...

Aloïs Wyatt

Le retour de James


Le jeune révérend marchait d’un bon pas en direction de Savoy Chapel. Le ciel prenait des teintes saumon sur les pointillés visibles de la ligne d’horizon. La ville se réveillait doucement. Les commerces de proximité remuaient déjà depuis quelques heures. Boucheries, boulangeries, cafés. Certains pubs n’avaient pas fermé, certains hommes pas dormi. Quelques-uns titubaient en essayant de rentrer chez eux, allégés de la caillasse gagnée la veille, éparpillée dans les dizaines de verres que les barmans avaient déjà nettoyés et rangés ; d’autres marchaient d’un pas pressé, dans un souci de ponctualité sans doutes… Ou simplement pour dégourdir et réchauffer leurs corps encore ankylosés par la nuit.

Wyatt était tout à fait réveillé et devait voir Arnold tôt ce matin. Il avait peu, mais bien dormi. Les événements de la veille ne l’avaient aucunement préoccupés. Il avait pris soin, d’élaborer dans la soirée de faux alibis, au cas où, sur un coup de chance, la police pourrait retrouver sa trace. Il en doutait. Un sourire en coin se dessina à la vue de la première page du Times dans le kiosque qu'il venait de dépasser : « Triple meurtre à Westminster ». Il était impatient de savoir si son frère était bel et bien en vie. Il avait passé une partie de la nuit à y réfléchir… Comment le retrouver ? Il le croyait mort depuis tout ce temps sans signes de vie. En tous cas il avait effacé quelques traces pour lui.

Aloïs arriva enfin à la chapelle et sorti sa montre avant d’entrer. Il était à l’heure. Arnold était installé sur les premiers bancs de gauche. Il priait, attendant l’arrivée du révérend. Ce dernier attendit d’être au plus près pour engager la conversation. Le son ici résonnait démesurément.


« Bonjour Arnold » dit-il les bras croisés devant lui.
« Bonjour Révérend Wyatt » répondit Arnold, s’empressant de lui poser la question :
« J’ai appris pour Tempel et les autres… Qu’est-ce qu'il se passe révérend ? »
« Pas d’inquiétudes mon fils, ces gens devaient disparaître de ce monde. Ils ont une conception erronée de la foi telle que nous la vivons toi et moi. Ils étaient constamment dans le pêché et s’étaient enfermés dans une spirale satanique de curiosité. Je n’ai pas pu les raisonner. J’ai abrégé leurs souffrances et stoppé la gangrène qu’ils s’apprêtaient à répandre. »

Aloïs mentait sans sourcilier et Arnold buvait ses paroles,
« Tu vois Arnold, le malin est en attente. Il surveille nos faux pas et s’incruste dans la moindre faille pour nous détourner de notre dessein. Nous devons rester concentrés, fidèles au Christ. Nous devons étendre notre parole et rallier ou éradiquer ces païens qui n’ont pas leur place dans ce monde. Telle est notre mission. »

Il marqua une pause. Arnold était toujours à l’écoute.
« Crois-tu en notre mission Arnold, es-tu fidèle au Christ ? »

La masse de presque deux mètres se mit à genoux et répondit la tête baissée vers le sol :
« Oui je crois Seigneur… Jamais je ne me détournerai de ma foi, je te resterai fidèle mon Dieu. »

Aloïs posa une main sur son épaule et dit très calmement :
« Je te pardonne mon fils, Dieu te pardonne pour tes pêchés. Merci pour ton dévouement et tes prières dans cette lutte contre le mal des tréfonds de ce monde… »

Un silence…

« Relève toi maintenant, nous allons discuter les préparatifs de notre prochaine mission, qui si Dieu le veut, servira grandement notre cause. »

James Delaney

Le retour de James


James a bien fait d'aller voir ce rat de Mike. L'enflure s'en est plutôt bien tiré, et apparemment il a une place qui lui donne accès à de l'information. Le lendemain de leur entrevue alors que James sort du squat où il a temporairement élu domicile, un homme lui donne un papier avec une adresse, le tout accompagné par un :

- De la part de monsieur Fray. Il dit que vous lui êtes redevable maintenant.

L'homme disparait parmi la foule sans un mot de plus. James observe l'adresse : c'est une petite chapelle dans un des quartiers. L'ombre du Tana se met en route, il est temps d'aller rencontrer son frère. Les ruelles s'enchainent. Elles pourraient sembler identique pour celui qui découvre, mais pour un autochtone comme James, chacune d'elle a son petit détail, chacune sa marque de naissance... Il arrive assez vite devant le bâtiment... Au lieu de rentrer il s'arrête de l'autre côté de la rue, face à la porte d'entrée. Il s'appuie contre un lampadaire et sort une cigarette de sa petite boite métallique, la porte à sa bouche et l'allume... Il fume, attend, observe...

Une vieille dame approche de l'entrée agrippée au bras de son mari comme si sa vie en dépendait. Chaque pas qu'elle fait semble durer une éternité. Delaney n'aime pas les vieux : trop lents, trop chiants... Puis c'est un gosse qui se dirige vers la porte en courant tandis que sa mère lui crie de ralentir. Sa mère... James l'observe avec un peu plus d'intérêt. Elle semble être toute seule... Elle se passe la main dans les cheveux en arrivant près de son fils, lui glisse sa langue sur sa lèvre... C'est une femme d'une trentaine d'année. Son fils doit avoir 4 peut être 5 ans. Sans doute son père mort à la guerre. Une veuve dont il faudrait s'occuper... Il esquisse un sourire...

Delaney ne voit rien de suspect tout le temps qu'il passe ici à attendre et observer. Après deux verres dans le bar voisin et quatre cigarettes, il se décide enfin à rentrer dans la chapelle. Il pousse la grande porte du bâtiment et s'engouffre à l'intérieur... Le bâtiment est quasi vide... La vieille dame est repartie comme son mari. L'enfant et la jeune mère par contre, eux sont toujours là. James s'avance alors jusqu'au rang derrière la jeune femme et s'y assoit, sans enlever son chapeau, sans un seul signe de croix, rien...

Aucun signe d'Alois, il allait encore devoir attendre... Mais il est en charmante compagnie et il ne va pas se priver de ça, histoire de passer le temps...

Aloïs Wyatt

Le retour de James


Les Booth... Quel tas de raclures. Des membres du Syndicat, l'organisation criminelle la plus active et puissante de Londres et du pays entier. Mais c'était le fond du panier, de la main d'oeuvre facile pour le sale boulot qui rapportait peu. Ils tenaient quelques restaurants et pubs de l'autre coté de la Tamise, pas loin de St George's Cathedral. Aloïs ne pouvait pas sentir ces porcs qui étaient aux antipodes de la subtilité, de l'intelligence ou de la Foi qu'il incarnait. Tous étaient plus crétins les uns que les autres mais représentaient pour le Syndicat une force de frappe brut et sans pitié . Nombre d'homicides et incendies accidentels étaient de leur fait.

Aloïs voulait éliminer ces insectes, ces mouches à merde qui entravaient le développement de sa petite entreprise. Depuis qu'il était installé à Savoy Street, son affaire fonctionnait bien, cependant elle se développait trop lentement à son goût. Il fallait commencer les frappes chirurgicales et surtout recruter des bras. L'idée était donc de les évincer pour prendre place de l'autre côté du fleuve. Un autre lieu de culte pour son "courant religieux" et des pubs pour le recrutement et étancher la soif de ses adeptes. Arnold avait glané de précieuse informations lors de son dernier interrogatoire. Le jeune révérend ne lui demanda pas comment il avait procédé. Mais pour avoir déjà rencontré et échangé avec le dit Bowman, il savait que son fidèle avait du y aller très fort pour lui faire cracher ces informations.

Bowman était le propriétaire d'un abattoir, à Southwark. Il y camouflait sa petite entreprise de "nettoyage" et trempait donc dans pas mal de coups foireux sans spécialement nouer de relations privilégiées avec ses clients. Aloïs savait qu'il ne dirait jamais rien aux Booth de la visite de Arnold, par crainte de se faire cataloguer comme une balance ou de se faire nettoyer à son tour.

L'opération était tout de même risquée, c'est pourquoi il l'avait fait suivre pour s'assurer de sa complète discrétion. Le risque paya et le révérend compris que les Booth prévoyaient une descente dans une fonderie ne jouant pas franc jeu et qui commençait à faire un peu trop de profit au regard de ce que leur taxait le Syndicat. Probablement un saccage était-il a prévoir. Des morts surement. Un avertissement bruyant en somme. Il comptait bien tirer profit de cette information et tendre une embuscade à ces crevures... En attendant, le retour possible de son frère aîné occupait son esprit. Il laissa Arnold prendre congé et se rendit dans le cœur de la chapelle, songeur.

Il vit les trois personnes assises non loin les unes ds autres et les salua en inclinant la tête lentement, les mains croisées devant lui. Il distingua au même instant l'homme qui portait un chapeau. Il s'avança immédiatement à sa rencontre et au bout de quelques pas, comprit. Il avait changé, mais c'était bien lui, aucun doutes. Son regard était sombre. Aloïs fut envahi de joie et de surprise, et ne pu retenir un léger sourire. Tout en continuant de marcher il réfléchit à comment intervenir et amplifia volontairement ce sourire:


"Monsieur, vous vouliez vous confesser c'est bien cela? Je suis navré, j'ai appris votre passage tardif hier après midi, je ne pouvais malheureusement pas vous accueillir, j'avais à faire dans un hospice, mais nous pouvons nous y mettre dès maintenant? par contre veuillez ôter ce chapeau s'il vous plaît, nous sommes dans la maison du seigneur."

Aloïs mentait avec aisance et mettait ce scénario en scène avec brio. Il ne voulait éveiller aucun soupçon. Il tendit le bras vers l'arrière chapelle pour l'inviter à le suivre. Il voulait être seul à seul. Le garçon regardait James avec insistance et sa mère tâchait tant bien que mal à cacher son malaise.

James Delaney

Le retour de James

Ce texte vaut une bière !

Le temps s'écoule inexorablement, rapprochant toujours plus la retrouvaille avec son frère. La jeune femme a effectivement perdu son mari : en Afrique. Le sergent serait mort suite à une exfiltration manquée d'une cible prioritaire un an auparavant... Des larmes lui coulent le long de la joue... Elle lui montre une photo de lui : Andrew Johnson. Delaney regarde la photo, des souvenirs lui remontent... Il se souvient de lui... il se souvient même de sa mort : la carotide tranchée par une lame courbée noire... La cible prioritaire ne s'était pas laissée faire. Il sourit intérieurement : ahhh ce brave Andrew... S'il savait... s'il savait que j'lui ai pris sa vie et que j'vais maintenant lui prendre sa femme...

Les deux adultes continuent de discuter l'épisode des pleurs passé. Le gosse observe fixement Delaney et plus particulièrement sa cicatrice à l’œil qui semble l'intriguer. De son côté James l'ignore totalement. Il aimerait que le rejeton n'existe pas...

Tout à coup la porte de la chapelle s'ouvre et le pas se rapprochent du trio assis sur un banc... Lentement mais sûrement... L'ombre du Tana l'observe droit dans les yeux tout en murmurant encore quelques mots à l'oreille de la jeune femme qui se met à rougir et semble mal à l'aise... Il a changé le petit frère qu'il avait laissé des années auparavant. C'est maintenant un homme à la démarche assurée dans son domaine. Il règne ici en Maitre au service de Dieu... James esquisse un léger sourire aux phrases du révérend et s'exécute. Il se lève tout en retirant son chapeau du crâne et avance dans la direction indiquée, jetant un dernier petit regard sur la veuve...

Finalement ils passent tout deux la porte et se retrouvent enfin seul. James se retourne et attrape la tête d'Aloïs :


- Te v'là ! Putain t'as grandi p'tit frère !

Il a un léger sourire, relâche la tête de Wyatt et le regarde de ses yeux sombres, de la tête aux pieds, inclinant légèrement la tête de temps à autres.

- T'as grandi, c'est clair... mais faut qu'tu bosses le muscles maintenant !

En disant cela il lui assène une grande tape dans l'épaule avant de reculer. Il laisse tomber son manteau par terre et s'installe sur un canapé dans le fond de la pièce. Une cigarette vient très vite lécher ses lèvres et la fumée ne tarde pas à s'élever au dessus de lui...

- Putain tu peux pas savoir c'que ça fait du bien d'être de retour dans c'trou d'île...

Petite pause pour recracher un cercle de fumée. Il continue sans s'arrêter :

- J'ai entendu dire que t'foutais l'bordel ici ? Vas-y, assis toi, et raconte moi donc c'qui s'est passé d'puis mon départ. Et ensuite... ensuite on parlera des affaires qu'on va faire. Parce que crois moi p'tit frère : j'suis pas revenu d'cet enfer sauvage pour cueillir des fleurs...

Aloïs Wyatt

Le retour de James


«Putain Jimmy ! T’es en vie espèce d’enfoiré !»

Aloïs regarde son frère le dévisager et ne dit rien, curieux d’entendre ce qu’il allait dire. Lorsqu’il lance sa réplique et lui donne une tape franche sur l’épaule, il sourit, levant les yeux quelques secondes tout en remuant, accablé la tête de gauche à droite.

Cette attitude… Il n’était pas si changé finalement. L’espace de quelques minutes il eut l’impression de ne jamais l’avoir quitté. Il le regarde s’affaler sur le canap’. Le révérend n’a jamais vraiment usé de force au sens premier du terme. Il préférait réfléchir et charger ses hommes de faire le boulot. Dans le cas contraire il pouvait tout à fait frapper seul mais adoptait plus facilement une méthode sournoise, planifiée. Son talent résidait dans sa discrétion et dans sa fourberie. Il aimait à penser qu’il avait toujours un coup d’avance sur ceux qu’il affrontait. Et cela s’était souvent avéré être le cas.

Il continue d’écouter son frère et s’assoie.


«Ta petite tête de malfrat m’a salement manqué frangin… Je vois que tu te l’ais faite redécorée ? J’espère que l’on ne reconnait plus l’autre… Parce que… Le père Aylen, il t’avait pas touché ? Et tu l’as salement amoché !»

Il se mit à rire comme il le fait assez rarement. Il reprit difficilement :

«Haha… ouais… ha… Je n’sais pas si on peut appeler ça bordel mais ouais j’ai ouvert ma paroisse, et je ramasse bien plus que la quête si tu veux savoir. J’ai ce que l’on pourrait appeler des adeptes qui boivent mes paroles et ont totale confiance en mes agissements. Alors avec ces braves gens, on commence à gêner les gros poissons à coup de casses de banques et de bijouteries. Éliminations discrètes, ils supposent que c’est nous. Ma bonne parole, si on peut dire, se repend lentement depuis son épicentre.»

Il pointe le sol de la chapelle de son doigt pour le désigner. Il est parfaitement calme mais son regard figé empli d’orgueil, est transparent quant à ses attentions.

«Je vais prochainement me placer de l’autre côté de la Tamise….»
Il s’arrête net. Puis déclenche très lentement un très large sourire. Diabolique.

«Les affaires qu’on va faire… Tu ne penses pas si bien dire Jimmy. Ton retour va définitivement inscrire nos noms dans l’histoire de Londres et de l’Angleterre. Et tu sais quoi ça peut commencer dans deux jours...»