Autobiographie d'une poule

par Colonel Sanders

dernière modification de Colonel Sanders à 19/09 23:22
mots clés: Colonel Sanders,

Colonel Sanders

Autobiographie d'une poule

Ce texte vaut 7 bières !

Bonjour, je suis une poule, et voici mon histoire.

Je suis née dans une ferme où j’ai été élevée en plein air et nourrie au grain complet. J’avais plein d’amies poules, franchement c’était le pied on passait nos journées à bouffer et à courir comme des folles sans but. A la fin de la journée on rentrait dans notre poulailler, puis on dormait jusqu’au petit matin. Une vie paisible, l’insouciance était mon quotidien, aucun danger, les renards ne passaient pas les grillages qui clôturaient notre terrain de vie, on pouvait même les narguer en leur cagnetant dessus. Pas de problème avec les garçons non plus, il n’y avait que des poules. D’ailleurs c’était souvent la partouze lesbienne hard avec les copines, mais je ne m’étalerai pas dessus.

Bref c’était la belle vie, mais tout a basculé lorsqu’un sombre jour d’automne un camion griffé « Kentucky Fried Chicken « se gara dans la ferme. Trois hommes descendirent du camion, saluèrent notre traitre de fermier, John un humain bien musclé souvent torse nu avec une grosse barbe blonde, qui leur ouvrit les portes du poulailler. La terreur s’est installée dans nos rangs lorsqu’ils ont commencé à nous attraper pour nous balancer sans ménagement dans le camion. J’ai couru en rond pendant ce qui m’a semblé une éternité, mais ils ont fini par m’attraper et me jeter dans le camion avec mes amies. On était entassées par paquets de dix dans des cages, mais l’heure n’était cette fois ci pas à la partouze lesbienne : on était terrorisée.

Le camion démarra, et roula pendant longtemps. Des poules pleuraient à côté de moi, d’autres étaient amorphes, mais moi je fixais les bandes blanches de la route qui défilaient comme tous ces jours heureux perdus que je ne reverrai plus. Quelques heures plus tard, le camion s’arrêta devant un grand bâtiment rouge estampillé « KFC Restaurant ». Les hommes ont ouvert les portes du camion et ont empilé nos caisses dans le débarras de la bâtisse. Puis ils ont refermé les portes du débarras. J’étais dans la troisième cage en partant du bas, et la cinquième cage en partant du haut.

Le premier jour rien de ne se passa.
Le deuxième jour un gros homme avec une barbichette blanche a ouvert la porte puis a pris la première cage du tas de cages. Lorsqu’il se baissa j’aperçu une plaque autour de son cou, gravé au nom de Colonel Sanders.
Le troisième jour il a pris la deuxième cage.
Le quatrième jour il ne se passa rien.
Le cinquième jour non plus, mais j’ai grignoté dans le cadavre d’une amie poule morte d’étouffement parce que je commençais à avoir faim quand même.
Le sixième jour il prit la troisième cage.
Et le septième jour il prit ma cage.

Il posa la cage sur table en acier inoxydable, se saisit d’un hachoir, ouvrit la cage, attrapa une amie à moi, et lui trancha la tête sans hésitation, puis jeta son cadavre décapita dans un bac « Matière brut pour Bucket ».
Puis il saisit une deuxième poule et la décapita avant de la jeter dans le bac.
Puis une troisième.
Puis une quatrième.
Puis une cinquième.
Puis une sixième.
Puis une septième.
Puis une huitième. Mais elle, elle était déjà morte, c’est celle que j’avais picoré. Fou de rage il la balança dans un hachoir pour faire des nuggets.
Quant à la neuvième, par chance il saisit ma meilleure amie, pour mon plus grand bonheur.
Mais cette fois-ci il ne répéta pas sa macabre routine, au lieu de ça il baissa son tablier et fourra son gros pénis dans le fion de ma meilleure amie avant de la décapiter. Soudain corps de ma meilleure amie fut secoué de spasmes, et le gros monsieur hurla bizarrement lui aussi en même temps qui mettait de coups de rein dans ma pote.
C’est à ce moment que je me rendu compte qu’il avait laissé la cage ouverte. Je sorti de la cage comme une furie en voletant, bien décidée à crever cette ordure. Je planta mon bec dans son œil droit, du sang et de l’humeur aqueuse gicla de son orbite, il porta sa main sur son œil en hurlant de douleur, mon amie sans tête toujours embrochée sur son chibre, et il glissa sur une flaque de sang de poule et se planta sur son propre couteau. En plein cœur. Le bougre était mort.

Victorieuse, je mis sa plaque d’identification autour de mon cou, versa une larme à mon amie décédée, et quitta les lieux en m’envolant par une fenêtre laissée ouverte. A moi la liberté.

J’ai fui l’environnement urbain pour rejoindre la campagne où l’air est plus pur. Les premiers temps furent difficiles, mais j’ai rapidement appris à dégoter des vers et à me protéger des dangers en me cachant dans les fourrées et en me perchant aux branches à portée de vol. Je ne peux dire combien de temps j’ai vécu ainsi, des années peut-être, mais quand une série d’explosions dans les villes ont retenti mon quotidien d’ermite des campagnes a été chamboulé.

En effet aujourd’hui les hommes, paumés, ont investi mon territoire, et visiblement dans les jours qui viennent je vais devoir niquer des mères pour me faire respecter.