Il était une fuite...

Chapitre débuté par Max La Manchette

Chapitre concerne : USSR La Pierre à Eau, Max La Manchette,

Ce texte vaut 9 bières !
*Voix de cravate trop serrée - chapeau trop enfoncé et vice-versa*

Arrivée dans l'campement de fortune des Clowns.
On était pas bien...On était pas bien du tout même !
Comme on dit, "un pied dans la tombe et l’autre qui traine à le rejoindre"…
C’était pas sans compter sur la sagacité de Castelack, qu’affamés ils furent accueillis une 2ème fois par l'cirque ambulant.
Mais derrière l'ronds d'jambes et les lèvres en grand-écart, Max la sent pas des masses cette histoire :

- Ok pour qu'des artistes d’un nouveau genre soient interviewés.
- Ok pour que l'frais de séjour soit pris en charge.
- Ok mais…ok !


Mais il peut pas s’empêcher de se rappeler leur précédente rencontre et le spectacle qu’ils avaient mis en place pour l’occasion :
Spectacle auquel ils avaient assisté, dans exactement les mêmes conditions :

Au milieu du désert ou une espèce de train-fantôme, où des humains à l’air automatisés et galvanisés par des envolées lyriques morbides et tirées tout droit des veines d’un bois de cercueil, deux-trois types avaient été découpés en morceau sous leur yeux.
Un simple spectacle ?...
- Nan-nan, un putain de spectacle glauque woué !!
Une mise en scène qui faisait froid de le dos…Et pourtant il en fallait pour faire transgoutter Max.
- Personne avait applaudit tellement on s’sentait cons putain…La gueule d'nous autres devant l'temps qui avait soudainement arrêté son cycle !
* Rire intérieur*
- Théâtre d’un nouveau genre, où les figurants une fois le rôle et la répartie terminée, sont exécutés…Bien, soit !


Bon, c’était l’aut’ fois…Quelques lunes avaient fait leur passage en mode « je m’en bats les couilles de vous autres ».
Peut-être qu’ils étaient devenus tout cool les Clowns depuis, peut-être un coup de soleil…Une p’tite déprime passagère, manque de cul…Aller savoir !?


Bref, le groupe composé de Castelack, Mary Méteo, « Gilga » et Max fût bien accueilli.
Mais ça ne suffisait pas pour en rassurer deux : Max et « Gilga », qui partageaient les mêmes doutes au sujet du Cirque, genre :
- On va finir sur scène, rôle cervelat et bon appétit tout l’monde !


Après quelques jours d’observations, Max décide de recontacter une connaissance, croisée dans les tunnels, la sachant rattachée à l’USSR, il se dit qu’un allié de poids pourraient dissuader le Cirque de se sentir un peu trop à l’aise.
Un soir, Max en fait part au groupe, Castelack encore dans sa descente opiacée ne réagit pas.
Mais à la grande surprise de Max, c’est Mary Meteo qui réagit de la façon de la plus virulente à cette idée :

Résumant ça donne :
- Max « assassin d’innocents »…Max « grosse merde » pas digne de confiance…Mary tu me gonfles...Max support à gifles…
Et vl’à la Mary Méteo qui part en courant direction Hécate, avec au-dessus d’elle des nuages chargés d’un coefficient d’emmerdement X 10…

Le lendemain matin, les oiseaux ne chantent toujours pas...Enfin si UN, et c'est pas de bon augure pour Max :


1-Le tribunal des Clowns :

Hécate :



Un début de journée comme les autres et le soleil qui se lève sur l'horizon prêt à darder les survivants de l'apocalypse de ses rayons brulants. Vraiment ?
Le tribunal des clowns s'est réuni, si l'on peut donner le nom de tribunal à ce groupement hétéroclite et bigarré de saltimbanques qui fait face au trio radiophonique.

C'est Hécate, à la peau blanche comme la craie, qui prend la parole en premier, d'une voix calme et froide qui ne présage de rien de bon.
- Un vent malsain a soufflé jusqu'à nous, un vent du sud, porteur de sable rouge.

Un court silence.

- Et un petit oiseau fragile est venu chanter à mon oreille, une chanson bien triste.

Son regard azur et froid comme l'acier se pose
sur le visage grimaçant du vieux Max.

- Savez vous ce qu'il m'a chanté monsieur Max ?

Un nouveau silence, plus long cette fois.

- Que vous informiez la meute rouge en lui donnant des informations pour qu'elle puisse aiguiser au mieux les griffes de ses loups, pour mieux les planter dans le corps des clowns. Je ne poserai cette question qu'une seule fois monsieur Max. Est-ce vrai ?


Max :



Max apprend la rumeur, pas surpris d'apprendre que l'innocente Mary Meteo continuait son travail de sape, après avoir laissé crever leur compagnon Gilga qui avait fait l'erreur d'évoquer sa méfiance à l'égard du cirque, et après leur avoir filé leur meilleure arme sans accord, voilà que c'était au tour de Max d'être sur la liste.

Bref, les putasseries il en avait subi, pas une de plus qui allait le faire pisser dans son froc.
Ne sachant pas vraiment où se tenait la réunion, il se dirige à la rencontre d'Hécate et finit par la trouver. Elle est là à attendre, posée et froide comme un mannequin de vitrine.

Max crache par terre et sourit :


- Bien l'bonjour !
Alors comme ça, "petit-oiseau-fragile" est venu chanter sa p'tite comptine hin ?

Ben c'est des foutaises, montées d'toutes pièces, elle ment !
D'ailleurs jamais entendu parlé d'comment tu dis là : " la meute rouge", avec des loups rouquins toussa ?


*Rire*

- Mais on l'sait bien tous les deux :
Tout ce qui t’intéresse c'est de trouver un nouveau figurant à découper en rondelle hin
Le problème avec l'gens comme toi et "petit-oiseau-fragile" c'est qu'ils ont toujours ce foutu besoin à vouloir intellectualiser leurs pulsions, sinon c'est tellement bestial et sans saveur hin ?
Mais au final, c'est pareil, dans le fond c'est dans notre nature de faire le mal, faut pas complexer...


*claquant des doigts*

- Comme ça !

Balayant un regard vicelard et scrutateur à la surface des billes de porcelaine d'Hécate.

- Hmm...
Ramenez d'avantage de preuve sur ma soi-disant culpabilité, et en attendant je vais aller chercher de la flotte.

Prépares un peu mieux ton spectacle...

S'éloigne en sifflotant un air irlandais



Vassili Ryjkov :



Le jeune adolescent se mets sur la route du vieux qui se casse, il a beau être très grand et tatoué sur les mains, on sent bien qu'il est pas serein dans sa démarche, rien que dans sa posture pas vraiment dressé, et dans ses yeux qui cherche désespérément de l'aide, il dit néanmoins

- Nos nouveaux spectacles qui être préparés, pas nécessiter d'enlever la vie a quelqu'un. Nous vouloir faire vraie tournée de cirque.
Mais toi bien vouloir revenir discuter, avoir besoin éclaircir tout ça.

Il regarde Mary, puis Max et enfin Castelack.

- Ca être quoi les preuves contre Max ?



Henry :



Henry se tiens à l’écart mais ne perd pas une miette de ce qui ce passe sur le camps.
Quand Hécate commence son réquisitoire il est adossé à la petite cabane dans laquelle ils ont passé la nuit. IL est affairé à remplacer les lacets de ces vielles bottes.
Lorsque Max prends la parole, il sait de suite où est son camp : Bien qu'il ne connaisse presque pas la clown blanche, c’est bien elle qui est venue le chercher à demi mort dans le désert. Et puis il a de la sympathie pour le reste de la fratrie. Vassili c'est bien occupé de le remettre sur pied et a toujours été bienveillant avec lui depuis son appel à l'aide. Quand à Svetlana, qui à l'air de tenir la boutique, il la trouve accueillante et très chaleureuse.



Hécate :



Hécate écoute Max avec attention.

- Ainsi ce serait mon petit oiseau qui m'aurait raconté des fables ? Un petit oiseau portant le doux masque de l'innocence ?

Son regard se pose sur Mary, et il porte en lui une profonde tristesse.

- Est-ce vrai Mary ?

Avant de crocheter le regard de Castelack.

- Et vous monsieur Castelack, qu'avez-vous à dire ?


Max :



Max le visage renfrogné, ne répond ni ne se retourne à l'invitation de Vassili.
Juste un simple doigt d'honneur levé au ciel, en s'éloignant de la place.

Arrivé derrière un coin de baraquement, se met à l’écart des regards et se saisit immédiatement de sa radio…Fréquence préréglée :

- J’trace, ça sent pas bon…Plan de repli.
On s’recontacte !

C'est Max... Il m'a dit qu'il... Qu'il donnait des informations sur vous... Qu'une personne de Roningrad vous veut du mal... Je... Je ne sais pas quoi faire...

Un petit oiseau fragile est venu chanter à ses oreilles une chanson bien triste. Une chanson où un homme au chapeau trop petit et à la cravate trop serrée avait le mauvais rôle. 

Sa première réaction fut de rire, ce rire froid et sans joie qui ne présage jamais rien de bon. Rire car elle savait depuis longtemps que les samouraïs rouges ne la portaient pas dans leurs coeurs, elle et sa troupe bigarrée. Puis elle ne put s’empêcher de ressentir une profonde amertume à l'encontre de l'homme qui avait bien profité de l'hospitalité des clowns, allant même jusqu'à partager la couche de sa presque sœur, sans compter le fait qu'il devait sa misérable vie à leur aide. De l'amertume, donc pour cette trahison aux règles de l’hospitalité, et le fait qu'il ait eu peur n'y changeait rien, strictement rien. Pourtant, elle n'avait pas ressenti de colère, non, plus une forme de déception et d'abattement. Les clowns traînaient derrière eux une image bien sombre, et c'était sa faute à elle, Hécate, clown blanc du cirque Ryjkov.

Pourtant les choses avaient bien changé depuis l'instant où ils s'étaient extraits des égouts putrides, et les quelques lunes qui ont suivi où l'impératif de survie était plus fort que tout. Mais tout cela faisait partie du passé maintenant, d'un chapitre de sa vie qu'elle avait pour sa part fermé depuis bien longtemps, pour en ouvrir un nouveau, un chapitre où le cirque était enfin réuni pour retrouver sa vocation première, faire rire et émerveiller le monde par les prouesses de ses saltimbanques.

Le fautif avait été convoqué devant le tribunal des clowns. Oh, rien avoir avec les pratiques du sud, puisqu'il était libre de ses mouvements, et sans autre contrainte que de faire face à ses accusateurs. Il avait nié, ajoutant une pierre à son fardeau déjà bien lourd, celle du mensonge. Un mensonge abject à l'encontre de son petit oiseau fragile qui prouvait, si cela était encore nécessaire, quel homme il était. Sans compter la lâcheté, exprimée dans cette fuite hâtive, de peur d'être rattrapé par la colère des clowns.

Parfois vous faites preuve de mansuétude envers le vermisseau qui gigote devant vous, et vous décidez de ne pas l'écraser d'un coup de talon rageur. Max la Machette ne valait pas mieux que cela, et elle avait d'autres choses bien plus importantes à faire que de perdre son temps avec lui...

Ce texte vaut une bière !
Après deux-trois échanges radio le RDV est posé : Environ 15 kms au Sud…
Un plan simple en soit. Mais voilà qu’il va falloir se les taper en marché forcée, sans vivre, et avec des clowns invisibles au cul : genre pas le temps de photographier le paysage ou de poser sa pêche.

C’est en jetant un dernier coup d’œil de  vérification vers le campement des clowns que l’homme au chapeau trace au pas de course plein ouest jusqu’à limite de portée de vue dans un 1er temps.
Après quelques kilomètres.
Épuisé…La poitrine tambourine…Pause…Toux...Crache...Vomi !
Coup d’œil derrière : ni nuage de poussière, ni cri…Toujours personne !
2ème étape : Direction plein sud…
D’ailleurs à ce sujet, ça peut paraitre con hin, mais dans ce genre de situation c’est parfois pas facile de se repérer.
Lui revient un truc de scoot : Dans le doute, se tourner plein Nord et bah le sud c’est derrière...ton cul quoi ! c’est con hin…Encore moins qu'un scout !
Une chance sur quatre quoi !
Donc direction l’idée d’un Sud optée, Max continue de trainer péniblement sa carcasse dont le poids se multiplie au fil des kms.
"- Putain… mais qui a sorti qu'l'course à pied ça faisait maigrir ?!... "
Il entend un vacarme… Il s’arrête, épuisé… Se retourne.
Nan, c’est juste le sang qui tape à ses tempes, le cerveau s’échauffe, la soif, ses oreilles sifflent…Réalité déformée…L’horizon comme ses artères sont porteurs d’inquiétude.
"- Putain de merde !…"Un amas de rochers" qu’il a dit…Une bagnole derrière…Mais y’a pas l'moindre foutu rocher ici…Mais merde de putain d'meeeerde !!"
La panique et le doute s’installent.
Vu du ciel, ça donne un type seul courant seul, poursuivi par son ombre ou on ne sait quelles chimères, zigzagant au milieu d’une plaine aride parsemée ça-et-là par des arbres dont les branches tendues et crispées, figées dans une pause macabre, semblent encore demander naïvement la clémence d’un monde déjà agonisé.
C’est en franchissant un petite colline qu’il aperçoit une ancienne route, du moins une piste. Et vrai ou pas vrai, y’à bien un groupement de gros rochers à quelques centaines de mètres de lui…
Et derrière ?...Toujours pas de fanfare ni de clown en vue.
S’injectant sa dernière dose d’espoir, il se dirige tout droit parcourant les derniers mètres le séparant du lieu de RDV en titubant comme le plus cuité des poivrots.

C’est donc les yeux injectés de sang et le visage couvert d'un amalgame de poussière et de sueur que Max surgit de derrière un rocher par l'arrière, tapant sur le toit de la bagnole à l'arrêt sans vraiment chercher à distinguer qui s'y trouve :


- C'est bien vous les potes à Crao ?...J'peux monter ?

Une portière s'ouvre, et sans attendre Max se jette à l'intérieur déjà occupé par trois silhouettes, deux mecs et une nana...

Se marrant nerveusement en regardant l'état de ses fringues :

- Mais putain de clown je fais...tu parles d'un cirque toi !
Merci les gars, moi c'est Max !


Un bruit de moteur qui démarre et résonne en lui avant que la voiture file plein Sud Est....ça sonne presque comme une sorte de miséricorde divine !
Ce texte vaut une bière !
Une fois à l'arrière comme dans un taxi parisien, il se sent comme en lévitation sur la vieille route. La bagnole file sûrement. Max cherche du regard le visage du conducteur dans le rétro, mais pas de rétro…Du coup, pas de visage non plus…Bon !

Il tente le type à sa droite…


Il était une fuite : 2 - L'extraction 18-83

"- Putain…Mais un indien merde !"

Peut-être qu’ils rentrent d’une teuf les trois-là ?...
Mais lui, c’est vraiment bien fait, les plumes, les tatouages, les bouts d’os de poulet accrochés aux cheveux toussa, la totale !
Woué, on dirait vraiment "un vrai" comme dans les films !
Il regarde attentivement son visage, pour voir si l’hallucination est passagère…Qu’il se transforme pas soudainement en dinde de Noël, un truc du style…
Ben nan, le Nindien reste impassible, regard droit vers l’horizon comme habillé d’une sagesse impénétrable, il semble même pas capter Max qui lui tire la langue, et ça donne un peu ça l’ambiance à l’arrière de la bagnole :


*Image mentale*
Il était une fuite : 2 - L'extraction PlwVd

Après tout, on a tous nos problèmes et nos propres façons de les gérer hin !
Quelques "météorites" viennent interrompre le silence intersidéral en tapotant le plancher et sondant les essieux.
Réflexe de rêveur, Max lâche :


- Putain de météorites !
Le visage de l’indien se tourne dans sa direction :
*Regard pesant de l’indien plein de sagesse-impénétrable*

Max en profite pour lancer la discute en désignant sa coiffe :


- C’est quoi comme plumes ça ? Dindon royal ?...

Pas de réponse !
L’horizon silencieuse-sagesse-impénétrable semblait bien plus intéressante que Max.
Après avoir fait quelques kms le long des rives d'un lac, un autre véhicule à l'arrêt apparait, une Volvo...

« - Bagnole russe, ça se rapproche ! »

La Brabant s'arrête et la fameuse portière qui s'était ouverte il y'a quelques dizaines de minutes se réouvre.
Max cligne des yeux, et la portière de la Volvo s'ouvre à son tour !

A la radio (Voix de Crao) :

« - Montes dans la volvo ! »

Et v'la le Max qui quitte La " Nana-aux-cheveux-roses", le "conducteur-sans-visage" et l’indien « Horizon-Silencieuse-sagesse-impénétrable ».
Après les avoir remerciés, s'approche de la Volvo puis s'arrête en mâtant ses pompes et remarquant le lacet gauche défait.


- Une minute les gars...ça porte malheur ça…Oula !