les portes des enfers

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : Chimène Rainbow, ..., cheyenne, naomie, 11, Cayenne, Dkontz, sybille,

J'avance, encore et encore dans un labyrinthe de couloirs suintants, de couloirs puants, de latrines sale aux murs écorchés.

Et j'avance encore et encore parce que je n'ai nul part où aller et que la raison qui me tient en vie n'est pas mon environnement immédiat, mais la présence de souvenirs.

je ne suis pas de ce monde glauque.
Mon corps me le dit, mon esprit me dit le contraire.

Cette dissonance me blesse à mort, remue mes tripes, bouleverse mes souvenirs dans le vain espoir de retrouver une logique à tout celà.

Elle est là par le souvenir. Celà fait longtemps qu'elle n'est plus là en chair ni même en os. Vers la fin, elle n'était qu'une pâle copie d'être vivant, émaciée et rongée par la folie. C'était ma mère.

je crois n'avoir jamais vécu dans un monde où le sol était en bas et le ciel en haut. Son éducation m'incitait à changer cet état de fait. Elle me demandait de trouver des puits de lumière dans les recoins obscurs de sa pensée. Je ne voyais pour ma part que la nuit âpre et le jour blafard.

-...-

Tout se mélange. J'ai vécu dans le sable chaud du désert quand elle était (peut-être)encore à mes côtés. J'ai grandi dans un chaos émotionnel qu'elle même disait normal et qu'elle me propageait comme si il fallait.... comme si c'était une éducation... comme si je devais être celà.

Elle naviguait dans un autre monde entre la terreur absolue d'une chimère croissante et la torpeur acceptée de ne jamais trouver le repos.

Je n'ai compris celà que quand j'ai eu suffisamment de jugement pour me décider à refuser tout ce qu'elle me disait pour argent comptant.

Mais une chose subsiste qui me retient paradoxalement de la considérer folle corps et âme. Elle avait terriblement peur de cet ombre qui dévore les âmes... et je pense qu'elle avait déjà perdu ce combat quand elle m'a mise au monde.

-...-

Je suis grande. Vous dire mon âge? j'en sais rien. dix ? onze ans? peut -être douze?. Je n'ai jamais pu être une enfant de toute façon. Elle me parlait d'un petit garçon lumineux comme s'il était une sorte de dieu sur terre... autant pour l'enfance!

Depuis quelques mois, il n'y a plus que des lambeaux d'elle en souvenirs et même si terreur de l'autre monde reste profondément encrée en moi, même si j'entends encore quelques bribes hachées et sifflantes la nommant, je doute de la réalité de tout celà.

Je doute de tout ce que j'ai vu et vécu. je doute de ces souvenirs et de la réalité qui les a créés. Dans quel monde dois-je vivre? Quel est ce monde qu'elle m'a léguée en me forçant à l’appréhender.

-...-

Vers la fin, elle ressemblait à une sorte de sorcière démente, les traits pâles et tirés, la peau sur les os et d'étranges lueurs bleues clair dans ses yeux absents de la réalité.

Je la croyais aveugle ou atteinte de cataracte quand j'ai pu donner un mot à ce voile sur son regard. Elle trébuchait sur le sable et les pierres, et nous avions gravi la pente d'un vieux volcan quand elle m' a agrippé dans ses redoutables ongles sales et longs en me forçant à plonger mon regard dans le sien pendant qu'elle haletait et prononçait péniblement...

-" ...nabelle... chimère... nabelle..."

C'est une des rares choses sur lesquelles elle se tenait. Qu'était cette "nabelle", pourquoi m'avait-elle appelée Chimène? Je n'ai jamais su. ses explications étaient au mieux dénuées de sens logique, comme si la folie s'interposait chaque fois pour refermer une porte à demie entrouverte.

-...-

Aujourd'hui est probablement pour moi le dernier jour de cette vie.

Et j'espère bien ne pas trouver la porte de SES enfers.

j'ai mal.

C'est une vérité qui ne date pas d’aujourd’hui, mais aujourd’hui j'ai mal différemment.

Mes yeux me disent que ce sang qui perle autour de moi en petites goutes régulières, ce rouge qui devient de plus en plus foncé est une douleur qui devrait me faire réagir de la plus vigoureuse des façons. Où au contraire tout laisser en plan et m'enfuir dans un sommeil profond jusqu'à ce que tout disparaisse.

Mais si mon corps se lamente de perdre de son fluide vital, il n'arrive pas à secouer mon esprit qui reste embrumé par l'éducation de toute une (jeune) vie avec une folle a liée qui disait ne pas vivre ici mais ailleurs.


Que dois-je croire? Mon corps me trahirait-il en me faisant croire par une énième tentative que je suis "vivante" là où tant d'esprits me disent le contraire?

J'ai vu des morts sans esprit. J'ai vu un esprit manger les morts. Mais je ne suis pas certaine que les vivants eux aussi aient à redouter quelque chose. A priori par le seul fait d'être vivants, ils ont bien plus que tous les autres que j'ai cité avant.


Alors quoi ? je suis déboussolée. Et ce mal de crâne qui procède à une révolution autour de la blessure n'aide en rien.

Bien, je peux donc l'accepter. Ca fait vraiment très mal et mon corps dit stop. Ca doit être vrai.Je ne suis pas morte et ayant mal , je suis donc vivante et dans la réalité.

Ce jour là, j'ai perdu peu à peu les souvenirs de ma mère.
Ce jour là, j'ai été libérée de sa tutelle dévorante.
Ce jour là , j'ai aussi failli mourir.


Je crois bien que je les ai snobés. C'est comme celà qu'ils ont du le prendre probablement maintenant que je l'analyse du côté de la réalité.
Moi je croyais avoir à faire à des illusions. Donc je leur ai pas prêté attention.

Mes yeux, de mèche avec le reste de mon corps m'avait bien signalé que ces fantômes bizarres avaient des intentions peu recommandables, même pour des fantômes.

Mais bon, comme c'était probablement pas la vérité, la réalité dans laquelle j'évoluais, .... et bien ... j'ai laissé tombé.

J'ai du faire une erreur à ce moment là, car quand le coup est arrivé, j'ai eu beau me dire que je pouvais juste l'ignorer, mon corps a décidé de me trahir. Je suis rentré en plein dans cette réalité quand mes yeux ont vu couler le sang de haut en bas comme une jolie cascade.


Donc je suis morte?
A priori non.
En vie et .... blessée? C'est étrange. J'ai mal et ça c'est assez nouveau. J'avais mal quand la faim me tiraillait, mais c'était aussi très spirituel. J'avais mal quand mes lèvres parcheminées avalait plus de sable que d'eau du fond de la gourde de ma mère. Mais à l'époque c'était une épreuve.

les fantômes ont disparus, les agresseurs aussi. Ils n'ont pas terminé leur tache et donc je gis sur le sol à me demander la part de réalité de tout celà.

Vous l'avez deviné, c'est très confus dans mon esprit. Maintenant, je le sais. Il y a quelque temps encore, je vous aurais trouvé très confus. Mais depuis que je crois avoir réussi à stabiliser la réalité dans tous ce flot de mensonges et de pseudo monde des esprits, je dois avouer que j'ai du mal à faire la part des choses.

Ca me torture finalement plus que ma blessure qui maintenant est passée en arrière plan, une petite douleur lancinante avec quelques pointes vrillantes pour se rappeler à moi.

J'ai l'impression de renaître une deuxième fois. Et de ne pas avoir le temps de me préparer à tout celà.

J'ai la ferme intention de vivre cette réalité mais je ne sais pas trop par où commencer.


-...-

Alors j'ai fais le tour du bosquet. Des arbres. Pas ces sortes de palétuviers grisâtres dans cette morne jungle où tous les bruits sont étouffés. Non. Des grands arbres emplis d odeurs et de couleurs. Et puis des bruits de tout type, des insectes, un oiseau tout en haut.

La vie.

Ce jour là, je n'ai pas pensé à ma mère. Ce jour là, je suis née dans la réalité.

Je divague, et je marche. j’atteins un bosquet. Le temps se trouble. Ils m'ont attaqué? ils vont m'attaquer ?

Suis-je déjà blessée? non. j'ai du rêver.

Le bosquet est encore loin au sud. Je devrais l'atteindre dans quelques heures. Alors je marche.

Je sens le vent dans mes cheveux. le monde se trouble par moment. des rides dans la réalité qui me font douter de vraiment vivre ce que je vis. Mince , j'ai encore perdu le fil.




Cela ne cessera donc jamais !



Pourquoi moi ! lâchez moi ! LACHEZ MOI !



Je suis par terre. Je gis en sang. et je regarde le plafond bleu cerclé de nuages. Dans mes mains la douceur de l'herbe le dispute aux restes poisseux de sang qui les maculent.

Alors que je m'apprete à me relever, je vois une inconnue en face de moi. Je veux crier. je me relève. Je veux l'avertir ! Des gens lui foncent dessus avec des armes de tout genre. Un des blousons a une immense inscription sur la poitrine. "Cheyenne"... ils vont la tuer. Je suis trop loin, je n'arriverais jamais à temps.

La bâte de baseball effectue un arc de cercle parfait .

la victime me regarde en souriant bêtement. Et alors que le choc va éteindre sa vie comme une allumette soufflée trop fort, je suis propulsée en arrière avec une violente douleur au crâne.

je me vois à l'infinie et au ralenti décoller dans un angle absurde avec une gerbe de peinture rougeâtre qui jaillit. La chute n'en finit pas. je plane en apesanteur, comme si le monde avait voulu capturer ce moment tragique.



Je rigole intérieurement... quelqu'un a mis le bouton sur ralenti pour préparer la chronique mortuaire et ne trouve pas comment la terminer.

Vient quand même le moment où la tête redescend et où les pieds continuent de monter. Puis les choses s’accélèrent petit à petit puis plus rapidement.

J'étais bien dans le bosquet quand ça c'est passé. le contact avec la terre fraiche, avec l'herbe douce jure avec la violence du choc.

Il me semble avoir déjà revécu celà.

Où est la réalité? où en est-elle?

Je marche dans le désert.

et au loin , je vois un bosquet.

-"Bon_.... j.ou..r Peti..t Ois....au"

Cette voix n'est pas la mienne.
Elle est sortie de nulle part. Je suis accoudée à l'arbre. C'est après le vol plané. Le sang a fini de coaguler.

Mes mains tremblent et sont livides. je peux voir les veines bleues comme si ma peau était trop fragile, trop transparente.

L'odeur ferreuse du sang laisse place à celle de la nature, qui ici semble avoir trouvé un lieu de renaissance dans ce paysage désolé. Ici la nature a dû luter. Et elle semble vouloir gagner.

En haut de l'arbre...

-"Bon_.... j.ou..r Peti..t Ois....au"

Cette même voix se réverbère à nouveau troublant le peu de lucidité que j'avais réussie à accumuler. Il va falloir recommencer le processus.

Suis-je folle moi-aussi ? Ma mère m'aurait-elle finalement léguer quelque chose?

bon, rassemblons nos pensées. Que faisais-je? je regardais l'arbre. Le haut de l'arbre.

En haut de l'arbre... se trouve un petit oiseau qui pépie toute sa vie à qui veut l'entendre. Il déclare haut et fort qu'il est vivant. Lui vit dans sa réalité, assurément et ne se pose pas de question.

Un bruit. l'arbre est la tête en bas, et le sol est au plafond. Et je m'envole vers lui avec une pluie de sang autour de m...

NON ! NON ! non ! non ! noooOoon....

Un bruit. Au pied de l'arbre , il y a une boite qui crachotte.


C'est le moment où j'entends :



-"Bon_.... j.ou..r Peti..t Ois....au"

Je suis à bout de force.

J'ai quand même réussi à discuter à la radio avec des inconnus après avoir contacté Petit Oiseau

Je me trompais.

Il n'y a plus rien dans ce monde de logique.
Le merveilleux bosquet dans lequel je suis allongée est bordé sur l'ouest d'une plaine ravagée où les cendres volcaniques rougeoient encore. C'est un miracle qu'un immense feu ne se soit pas occupé encore du bosquet.

La ville au sud semble pleine de fantômes d'une vie passée.
J'ai soif.

Je bascule en arrière et mes pieds décollent vers le ciel. c'est illogique.
Cette fois ci, je percute le sol à la troisième personne.

J'arrive enfin devant la ville. Le sang a séché, et je me suis remise sur mes jambes. J'ai pris les restes de vieux vêtements pourris et les restes de draps blancs (ou qui devaient l'avoir été à l'origine)qui trainaient. j'ai déchiré un de ces drap en lanières. Le tissu est de qualité et ne file pas trop. Je le tresse en 3 longueurs puis en fait une solide besace pour tenir la radio. Ca me libèrera les mains pour manier le gourdin que j'ai fabriqué.

je suis devant le bosquet.
L'image saute.
Je suis devant la ville blanche.

NOA ROA
Bieven a Nova Rom

je contemple hébétée la pancarte mais la soif reprend sa lente mais inaltérable démarche de sape et se rappelle à moi.

Il y aura peut être des restes là bas, ... un puit asséché, avec une mare boueuse au fond? Une vielle gourde trouée qui tiendra un peu du précieux liquide ?
J'ai dépassé le détroit, il faut faire vite, je n'aurais plus la force d'avancer comme celà encore longtemps. La nuit commence déjà à s'allonger.


retour en arrière

J'explore la ville. Elle a dû être magnifique quand il y avait du monde pour l'habiter. Où peut-être s'agissait-il de meurs brutales?
Il 'y a les restes d'une sorte de temple au Cul de Vnus et un piédestal mentionne des héros comme un certain jad et une certaine Moli Angban.
Héros disparus probablement.

Pas de nourriture. C'est la loose. Mon esprit dévore tout ce que mes yeux voient, mais mon estomac et mes lèvres me brulent et me rappellent qu'il leur faut quelque chose de moins spirituel.

Au loin je vois un groupe s'approcher. Un des membres a un blouson avec Cheyenne marqué sur le poitrail. Ca reste très flou. La nuit tombe et j'ai trop marché. Le soleil et la lune commencent à se remplacer l'un l'autre sans trop de logique.

Est-ce que je vis ce que je vois? est-ce que ça a eu lieu? est-ce que je l’imagine? suis-je toujours dans mon bosquet.

Petit Oiseau ne parle plus.

J'ai entamé une conversation avec LE PRESIDENT, même si une certaine Ambrevive souhaitait aussi m'aider.

Je ne crois pas trop a mes chances de survie. Je passe de plus en plus de minutes à vivre un rêve éveillé. J'ai soif et la peau de mon palais commence à craqueler. ma bouche est pâteuse. J'ai du mal à articuler.

Comble de malchance, j'ai réussi à rester suffisamment consciente durant la conversation pour me donner quelques chances de survie en essayant de décrire mes environs et donc ma douleur au crâne me brûle un peu.

Noa Rom n'a rien donné. Il restait quelques matériaux là bas, mais ni nourriture, ni eau. Et pas une seule plante pour faire un cataplasme.

Il va falloir miser le tout pour le tout.

IL m'a donné un espoir en disant qu'il allait essayer de voir si un sauvetage était possible. Mais j'ai aussi senti qu'il n'était pas convaincu.

Il m'a parlé du détroit à l'ouest, ou du fleuve au sud a franchir.
Dans mon état, je ne passerais pas le fleuve.

Alors je marche. Le soleil est au zénith mais -pour mon bonheur-, la saison est encore fraiche.

Je suis tentée de boire toute cette étendue d'eau qui borde le détroit. ce poison salé qui achèverait de finir cette bien étrange "vie".
Je me pose plusieurs fois la question.
Mais après tous SES efforts, je ne peux décemment pas abandonner.

Petit Oiseau ne parle plus à la radio. Je me fais un sang d'encre.

Au loin il y a une ou deux heures, j'ai vu un groupe de personnes. Ils avaient du sang sur eux. Impossible de savoir si c'est le leur ou celui d'une potentielle victime. J'ai accéléré l'allure sous l'effet de l'adrénaline.

Je parle tout bas à SA VOIX dans la radio. J'ai peur de me faire repérer.

J'en aurais la force, je rirais de ma couardise devant ma situation désespérée. Mais j'ai un but de survie et même s'il y a peu de chance, je m'y accroche.

Ca me fait avancer.
Avancer
Avancer
Un pas, puis un autre.
La prairie de la ville blanche, puis les dunes du détroit ont fait place aux sables du désert.

Je vois des mirages de chaleur par intermittence. Tout le temps. Ce n'est pas la saison. Il ne fait pas chaud. J'ai chaud. Je suis brûlante. J'ai la fièvre.

Le soleil se couche.
Je tremble .
Je tombe .
Je m'écroule.
La vue se trouble.

Noir.

...

...

le repos enfin.











crrrrrrrrrrr








crrrr crrrrrrrrrrrrr crrrrrr







Le silence de la mort est troublé par un vilain et désagréable bruit lancinant.

Laissez moi me reposer. Je l'ai mérité. J'ai bien travaillé. Je n'ai pas eu de chance, c'est tout. IL a tout tenté. IL n'a pas pu venir. C'est pas grave.

Dommage.



Dommage.



Et au bout du tunnel. Une lumière. Aveuglante. Bingo ! j'ai eu le paradis ! J'en prends pleins les mirettes.

Je vais probablement flotter jusqu'à elle.
Une grosse désillusion m'attend.
Ca fait vachement mal d'aller jusqu'à la lumière.
Je suis trainée plus que je ne flotte.
Ca tire sur mon épaule endolorie d'avoir passée trop de temps dans une position inconfortable.
La ... La Lumière !
Elle s'éloigne du coin de l’œil !

Merde !

-"NOOOOOoooooOooooOOoooOOOooonnnn"

Je pleure tout mon saoul. C'est pas possible de me faire ça maintenant !


la douleur m'aide finalement à reprendre vaguement conscience temporairement.
Un véhicule.
A moteur.
"crrrrrrr crrrrr"
Je suis passé devant les phares.
Un individu gigantesque me traine du côté passager.
Alors que je cherche à en savoir plus, je tombe dans les pommes.

Et Petit Oiseau ne s'est toujours pas manifesté !

Chaos,

Chocs.

Nuit noire.

Non.

Des étoiles.

Nuit noire.








Le véhicule s'est arrêté une fois pendant le trajet. Un espace dégagé. La dune la plus proche à quelques centaines de mêtres.

Un homme au visage émacié mais avec les yeux doux et une petite barbichette me tend une gourde d'eau.

Un filet de nectar se déverse sur mes lèvres déséchées. Il y en a plus dans la gourde. J'essaye fébrilement d'approcher mes mains de celle-ci, et toute concentrée sur ce but, je respire machinalement tout en buvant.

Je tousse. C'est agréable. Je suis en vie. Le liquide de vie se déverse en moi. C'est un peu douloureux car il réveille les douleurs sourdes de mon corps en somnolence.

La gourde s'éloigne puis revient. Un bras soutient ma tête. Fort, puissant, rassurant.

Je tête la gourde avidement. J'entends sa voix. Je la perçois. C'est assez irréel.

Rassasiée, la somnolence reprend.
Au loin l'aube pointe à travers de nouvelles dunes.

"crrrrrrr crrrrrrrr crrrrrrr "



[...]

Un filet de lumière titille mon visage depuis peu. Ca m'a réveillé.

Mes membres sont endoloris. Les déplier se fait en plusieurs étapes et m'arrachent quelques imprécations.

Je ne vois pas le ciel. Une sorte de tenture lourde tenue pas des troncs d arbres m'entoure casiement complètement, à l’exception de ce rai de lumière qui joue sur ma peau.

Je suis assise sur des planches de bois qui font comme un banc avec des couvertures dessus.

Dehors des bruits. Tellement plus de petits bruits de conversation que je n'en n'ai jamais entendu. C'est que les fantômes ça parle pas des masses.

Pourtant il y en a toute une clique dehors.
C'est l'outremonde peut-être. Je prend peur. Je suis tentée de me réfugier entre le banc et les draps.

Mais je suis curieuse de ce qu'il y a là bas.

La première station debout sur mes jambes frêles et amaigries me coute. Mais la curiosité a dopé mon corps.
La tête me lance un peu. La blessure suinte un peu mais elle a commencé à durcir par endroit.

Je m'approche de l'entrée de cette "prison".



[...]



Je n'en crois pas mes yeux.

Tout ce monde?

Je ne savais pas qu'il y avait autant de monde regroupés en même temps dans un même lieu. Ils ne semblent pas surpris eux. C'est ça une "mégalopole?".
Maman me parlait de l'ancien monde avant la catastrophe. Elle disait qu'il y avait des endroits qui fourmillaient de monde, qu'on appelait des villes ou des citées... mais les plus grandes, c'était des "mégalopoles".

J'ai toujours trouvé le terme grandiose. Pas fade comme "ville".

Le Président avait parlé de Cayenne... c'est donc à ça que ressemble une mégalopole ?

Y a des bâtiments partout, un tout petit peu moins que de gens. Ils sont tous différents. Certains commencent à prendre feu, je vois de la fumée sortir du haut.

Il faudrait que je leur dise.
Je n'ose pas. Eux semblent trouver celà normal.

On ne fait pas trop attention à moi. Ca me convient.

où est Petit oiseau?

La vie, mue par un pseudo sentiment de sécurité, recommence à s'écouler sans saccades.

C'est étonnant comme la vigilance de tous les instants et l'afflux de drogues internes au corps permettent à quelqu'un de toucher la vie au plus prêt de ce qu'elle est.

Pour Chimène, pas lin d'avoir passée l'arme à gauche, elle voyait un "timelapse" se dérouler devant ses yeux. Les gens allaient d'un bout à l'autre de Cayenne, comme des fourmis industrieuses, le rythme des jours et des nuits s'enchaînaient comme des bagnards à la queue-leu-leu.

Par moment ce rythme trépidant ralentissait considérablement. L'arrivée de Petit Oiseau et de son groupe, les "11", avait sonné comme une reprise normale du flot du temps.

[...]

Elles étaient arrivées comme des amazones glorieuses tirant et poussant un être maladif et décharné. Là où Chimène s'était attendue à une petite sauvageonne, brouillon et délirante, se trouvait devant elle une petite fille sensiblement de son âge, calme et tendue, vétue d'une robe-jupe d'un seul tenant. Alice au pays des merveilles?

Mais ce qui frappa Chimène dès le départ, fut l'absence de cheveux et la couronne en métal sur la tête de Petit Oiseau.


Sybille était présence à ce moment là. Elle venait une énième fois d'entendre le langage fleuri de Moussa Khamerd. Tout celà baignait dans du coton.

Le moment d'égarement passé, l'absolue reconnaissance de celle avec qui pour la première fois elle avait communiquée par les ondes, sa présence même en ces lieux demandèrent un moment de flottement, le temps que Chimène réagence le chaos que ces nouvelles informations mettaient dans des images sensorielles bien établies.

Mais finalement, devant l'incongruité de la situation, la barrière artificielle explosa et Chimène se précipita sur Petite Oiseau les bras grands ouverts comme on retrouve une vieille amie après quelques mois passés loin les uns des autres.

Outre sybille, son point d'encrage dans la communauté, elle se gagnait aussi une amie proche par le coeur.

... était enfin arrivé a Cayenne. Le seul laboratoire a portée de sortie de troue noir.
Le petit rat de laboratoire avait communiqué avec une boite qui parle qui s'appelle Arc en ciel.
Bien que ... soit accompagné de 2 femmes noir et d'un Zombi.
Elle avait passé plus de temps a communiquer avec ARC EN CIEL qu'avec ceux qui l'accompagné.

Ils devaient etre déprimé d'avoir perdu leurs vie d'avant.
Naomie, Joyce et le zomb Alfred étaient relativement silencieux pendant la marche.
Mais ... n'avait pas vraiment eu de vie avant et n'avait pas franchement était entrainée a penser a avant ou a après. Le présent.

Ce fut naturellement qu'elle lia de l’amitié avec cette boite en fer.

Le laboratoire de Cayenne n’était plus très loin.
Plus ils s'approchaient plus elle accéléré.
Ils avaient besoins de vivres.

Puis une petit silhouette. Un autre enfant au porte de Cayenne semble s’agiter.

Petit oiseau !

... confuse d'entendre la voix venant de la boite dans le corps de cette petite fille.

????

La petite fille se précipite sur elle bras ouvert.
... Analyse la situation. Ce n'est pas une posture de combat.
Elle affiche un sourire sur son visage, gage de non agression.
Alors elle se laisse faire.

Et pour la première fois de sa vie ... subit un câlin.
Arc en ciel la sert fort, les deux petits corps se collent.

Yeux rond tétanisé ... se laisse faire.
Quelle accueille.