Une journée pas comme les autres

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : L'ascension, M.I.T., Elina Virtanen, Leylä Ksonova, midgråll,

Cela faisait maintenant plus d’un an que le M.I.T s’était installé à la Tour. Les choses commençaient tout juste à devenir fun. Rud Essel avait repris les commandes, les gens sortaient de leur torpeur. Même les petites mains, silencieux et dociles producteurs, se voyaient assigner de nouvelles tâches gratifiantes. C'en était fini du prolétariat. Lénine serait fier.

Mais au début, sous l'ère Marco, on pouvait dire que ça n'avait pas été facile.
Entre déception et autres difficultés d’adaptation, les trois membres survivant de l'attaque du Comité avaient ravalé leur fierté et ruminaient en silence, comme des fantômes. Ils en étaient même venus à s’ignorer, chacun essayant de faire le deuil à sa manière.

Assignée à résidence, la jeune Elina se sentait mal. Le vénérable grand maître, le Pilulier, Carrie, les procédures, les démarches administratives, les combinaisons orange, ça lui foutaient grave la frousse. la Finlandaise regrettait presque l’ambiance orgiaque de Roma Nova. Il y avait au moins la chaleur humaine en plus, là-bas.
Cette Tour de marbre, plutôt qu’un havre de paix au confort inégalé dans tout le fract, ne représentait à ses yeux qu’un asile de fous.

Et pourtant, dans cette tristitude, comme une idée saugrenue qui peut se glisser dans un coin de tête, elle aborda une autre jeune femme, sans aucune raison.
Aucune raison… non…

Hormis un sourire délicieux, une chevelure blanche et longue. Une dégaine de femme charismatique, portée par l’aventure. La fille revenait justement d’un périple dans le Nord. C’était une cheffe de groupe, une vraie meneuse d’hommes !

Et c’est ainsi qu’un couple naquit en toute discrétion.
Du bonheur ! Imaginez le bonheur, le vrai ! Comme une boite de ravioli périmé trouvé en plein hiver apocalyptique ! Il fallait juste faire abstraction du fait que tous les amis de la jeune Leylä étaient morts dans de regrettables accidents. Cela avait soudé le couple. Mais, ne voyons pas ici de complots franc-maçonniques.

***
Puis, les plans de production se sont succédés. Les exactions à l’autre bout du monde aussi. La chute de Joyland, puis de la nouvelle Rome, la quarantaine de Vertigo, que d’événements dont elles se foutaient éperdument. Elles étaient bien ensemble, elles avaient même oublié ce que c’était, la survie à l’extérieur d’une communauté.
La vraie vie.

***
Lors des jours de repos, les deux femmes flânaient, se baladaient jusqu’à la plage, ou s’occupaient d’un loup (c’est une autre histoire).
Il leur arrivait quelque fois de simplement passer la journée au lit. Et ceci, plus particulièrement depuis le début des formations générales. Ce n’était pas que la Sami ou la Tchèque n’aimaient pas leurs nouvelles fonctions, mais c’était bien plus épuisant qu’elles ne les avaient imaginées.

Bref.
Aujourd’hui, rien n'aurait dû déroger à la règle sauf que Leylä ne trouva pas Elina à côté d’elle ce matin. Mais à la place de la nordique, un petit mot posé sur l’oreiller.



Il lui avait été difficile de trouver du papier, l’apocalypse lui aura clairement mis des bâtons dans les roues jusqu’au bout.

Si Leylä n’était pas bien réveillée, elle reconnut pourtant bien le style d’Elina mais le ton sérieux pouvait bien la surprendre. Non non, il ne s’agissait pas d’une blague.

L'été était déjà bien avancé pour la saison.
Fidèle à mes habitudes du week-end, j'étais partie pour faire un bon gros dodo ce matin-là.
Un vrai gros dodo.

Mais le soleil, à travers ses rayons qui caressaient mon visage, ne l'entendait pas de cette manière là. J’étais extirpée lentement du pays du sommeil.
L'esprit encore embué de rêves et souvenirs plutôt plaisants et en repensant à la soirée -que dis-je, à la nuit passée avec Elina- je souris légèrement. Les yeux fermés, je tendis le bras pour câliner ma belle Finlandaise.

Mais mon bras retomba sur le matelas. Ce fut plutôt anormal ça.. Ni une, ni deux, j'ouvris donc les yeux et palpai les draps. Froids. Où était donc partie Elina ? Étonnant qu'elle soit partie sans me réveiller. Et encore plus étonnant qu'elle se soit réveillée avant moi!

La tête encore un peu dans les nuages, je sautai du lit et m'aperçu qu'un petit papier venait de tomber sur le sol. Il fut parcourt rapidement une première fois. Mais mal réveillée, j'ai pas tout capté. Je me concentrai donc pour le lire une deuxième fois.Le belvédère...
Mais que Diable allait faire Elina là-bas tôt le matin ? Il n'était même pas 10h !

Vite vite je me dépêchai donc d'enfiler un tee-shirt fluide, un short et mes vieilles rangers.
Puis je dévalai les escaliers pour rejoindre la Finlandaise.

Pendant ce temps, Elina tournait en rond en haut du kioske installé dans la cour de l’Ascension. Elle était concentrée, parlait seule tout en faisant de grands gestes théâtraux.
Une timbrée.
Comme quoi, les radiations ne s'arrêtaient pas aux frontières des communautés.

En réalité, elle répétait une scène.
La scène.
L'aboutissement de la pièce.
Elle essayait d’imaginer toutes les conséquences, de peser tous les mots. Et c’était dur…

Elle n’avait jamais été bonne communicante, avait le don de faire des bourdes, de parler trop ou pas assez (mais plus souvent trop que pas assez).

Les discours, elle les haïssait.
Les déclarations, les bannissait.
Mais là, elle ne savait pas quelle mouche avait pu la piquer.
Tellement absorbée qu’elle n’aura pas vu la Tchèque arriver.

Et la voilà. Ca la fit sursauter.

« LEYLÄ ! »

Elle s’approcha et la prit dans ses bras.

« Je t’aime ! »

Elle tremblait tellement…

La Tchèque accueilli contre sa poitrine la douce Elina. Celle-ci semblait.. tiraillée.
Un petit 'je t'aime'. Aurait-elle fait une bêtise ?

'Ben non sinon elle ne m'aurait jamais prevenue de la rejoindre ici' pensa Leylä. Pour le coup, la jeune femme ne comprennait vraiment pas ce qui arrivait à Elina, elles qui étaient si fusionnelles...

"Mais qu'est ce que tu fais ici ? Tu es malade ? Tu trembles. Tu ne dois pas être bien pour être debout à cette heure-ci.
Viens je te racompagne dans ta chambre si tu veux ! Je te ferais une tisane et des pancakes. 'Fin j'essayerai.
Mais tu trembles vraiment Elina. C'est léger, mais je vois que tu es pas trop dans ton assiette. Serais-tu fiévreuse?"

Leylä pose une main fraîche sur le front d'Elina et lui lança un regard inquisiteur.


« Je vais bien, je vais toujours bien quand tu es là ! »

Elle regrettait déjà d’être là. De vivre ce moment. Mais dorénavant, elle ne pouvait plus faire marche arrière, ne plus se défausser.
Elle recula de quelques mètres et se retourna pour ne pas montrer qu’elle était rouge comme une pivoine.
Enfin, après une grande inspiration… :

« Il faut que je te dise quelque chose.
Je crois que je dois être folle amoureuse, folle au point de faire ce que je vais faire.
Je voulais que tu saches que tu es un pilier de ma vie et que je ne pourrais pas supporter de te perdre. »

Elle se remit de face et sourit malgré des muscles crispés.

« Je voulais te dire… enfin… »

Quelques hésitations…

« Voudrais-tu…
...
...
Devenir ma femme...
...
...
Dans un avenir plus ou moins proche hein...
...
Enfin, faire quelque chose, fêter ça…
...
se marier…


Parceque…

... Je me dis qu’on est certes jeunes mais que du jour au lendemain, nous pouvons être séparées. Puis…
...
On ne sait pas ce que sera l’avenir, le Comité, les nordistes tout ça… Ils peuvent débarquer, tirer sur tout le monde, te faire du mal, te violer... Tuer Octavia, éventrer Rud' ou Gil, démembrer et manger Ada ou dans l’autre sens.

...
...
...

bah… je ne veux pas prendre le risque que cela arrive, sans avoir vécu ça… »

Elle s’en alla au bord du kiosque pour fuir son regard et essayer de se calmer.

Puis d'un geste sec et précis, claqua des doigts en l’air deux fois.

« Varokaa ! VAROKAA !! »

A l’extérieur, un loup, bête mi sauvage, mi apprivoisée, sortit de la forêt environnante. Une petite boite en bois était attachée avec du ruban vert sur son dos.





(HRP : Vous avez le droit de vous foutre de moi, c'est fait avec Paint.

« Tu sais que j’ai vécu ma jeunesse dans un bunker où la vie était un enfer. Je m’échappais de cet enfer avec des livres de princes et de princesses. Bah, je suis sure d’avoir trouvé la princesse qui pourra me rendre heureuse toute la vie.

Cette princesse, c’est toi Leylä. »

Le loup s’approcha et s’assit à côte de la Tchèque.

« Il y a dans cette boite quelque chose pour toi. »


Owww. Wouahou.
Un peu perdue et choquée par ce flot d'informations (pourtant pas bien dur à comprendre), la jeune femme ne réagit pas. Ses idées se brouillaient, se fracassant les unes contre les autres, pendant que les mots d'Elina continuaient de déferler. C'était un sacré bouleversement pour Leylä. Le chaos régnait dans sa tête. Son sang s'agitait dans ses veines, venant frapper ses tempes de rapides battements. Elle ne s'attendait pas à de tels événements.

A l'arrivée de Varokaa, peu habituée à ce loup qu'elle avait pourtant rencontré maintes fois, Leylä sursauta. Stoppant par la même occasion tout le déchaînement dans son cerveau et dans son corps. Puis à la demande d'Elina, elle s'accroupit afin de décrocher la petite boîte de son dos. Quelques caresses sur le poitrail du puissant canidé, le regard vague.

Doucement, elle se releva, et toujours dans la même dynamique, ouvrit la boîte.
La découverte d'une bague, certes simple, mais si jolie, et surtout pour ELLE, lui arracha une larme. Elle lança un regard ému à sa chérie en murmurant un merci.

Bagdad dans le cerveau II, le retour.

Des mots s'agitaient dans son esprit sans pour autant qu'un seul puisse sortir sur ses lèvres.
Leylä n'ayant jamais été autant mobilisée émotionnellement au point d'être paralysée, tomba dans les pommes.

Varokaa qui avait senti le coup venir plus rapidement qu'Elina, avait planté ses crocs dans le bas du débardeur de Leylä, ainsi il pu retenir (un peu) la jeune femme dans sa chute. Mais bon, elle allait avoir une jolie bosse quand-même.

Pourquoi était-elle tombée dans les pommes ?
Prise de panique. Peut-être.
Un baiser magique d'une princesse pourra éventuellement la réveiller.
Seulement s'il est d'amour sincère...

La Finlandaise sursauta. Elle ne s’attendait pas à une telle réaction. Elle avait tout imaginé sauf cela.
Le temps qu’elle réagisse, le loup avait tenté de rattraper la beauté de l’est mais n’avait pu qu’amortir le choc.
La nordique se précipita à toute vitesse vers sa bien-aimée.

Mais le destin avait encore frappé et dans la précipitation, elle marcha sur une patte du loup… en voulant l’éviter…
La gourde glissa et s’écroula à côté de Leylä.

Varokaa, pas rancunier bien qu'il boitait de la patte, s’approcha du visage d’Elina et le lui lécha comme si de rien n’était.

« Ah mais, bouah ! c’n’est pas le moment, tu ne vois pas qu’il y a urgence là !

Va me chercher Rud ou Vladimir plutôt »

Elle se dit ensuite que ce n’était peut-être pas une bonne idée. De toute façon, le loup n’avait pas l’air de réagir. Qui sait déjà si il comprenait quelque chose à toute cette mascarade. Il était assis, à la regarder.

« Je vais la porter plutôt »

Mais avant, elle tenta quelques alternatives. Un baiser façon happy ending Disney ? Non, la délicatesse, ce n’était pas sa tasse de thé.
la Sami tenta de réveiller sa princesse par d’autres moyens : une petite claque, de l’eau sur le visage et en dernier recours, la secoua. Finalement, elle la porta à bout de bras en direction de la Place Parvis pour y trouver du secours.

Pendant ce temps-là, pas folle la guêpe… enfin, pas fou le loup. Il décida d’attendre et non de faire peur à tout le monde. Il sentait bien que sa maîtresse avait d’autres chats à fouetter de toute façon. L’ingrate !

Plein de bruits. Voix aiguë qui parle. Et qui parle. Brouillard. Mal au crâne. Sensation de flottement.

Elle ouvre les yeux. Lumière blanche. Visage familier. Visage stressé aussi. Visage paniqué.

Elle remua. Essayant de se dépêtrer de cette prise qui la serrait.
"Posez moi s'il vous plait, ça va mieux merci."

Encore flanchante, elle se tient au bras de la Finlandaise. Mais qu'est ce qu'elle foutait au belvedère avec la blonde nordique ?!

"Tu peux me dire pourquoi on est ici, qu'est ce qui c'est passé ? Tu as pas prévenu Marco j'espère.. je voudrais pas le déranger."

Leyla passa une main sur sa tête. Ça sonnait encore là dedans.
Elina la regarda avec un air étonné, Leyla serait-elle amnésique ?!

Perturbée par les événements qu'elle ne comprennait pas, la Tchèque tenta de raccrocher ses souvenirs qui (elle le sentait bien), lui échappaient. Un regard sur ce qui l'entoure. Un loup. AAAAAH UN LOUP.
Elle n'a pourtant pas peur. Elle sent que les souvenirs sont pas loin. Le regard insistant d'Elina commence à la gêner, mais le souvenir du loup et sa présence familière finissent par lever le voile bloquant l'accès à sa mémoire.

Déferlante vague de souvenirs, émotionnellement, c'est encore un choc.
Leyla se rattrapa à la belle Elina en soufflant : "Ça y est. Je me souviens. Ça va. Ça va."

Elle reprit son souffle et embrassa langoureusement sa princesse.
"Oui, je le veux. Toi et moi, toutes les nuits, toute une vie. Tant que c'est possible. Je veux vivre avec toi encore mille et un instants magiques !"

Moment délicieux, un peu tendancieux.. elle attrape Elina et la porte au niveau de la taille. La finlandaise enlace ses jambes autour de Leyla. Baisers passionnels. Une petite main baladeuse qui carresse tendrement les fesses musclées d'Elina.

Elina fit un clin d’œil à Varokaa, le loup et lui rappela qu’elle ne l’oublierait pas et qu’elle irait lui apporter quelques morceaux de viandes spécialement préparées le soir venu.


Elle était heureuse, totalement épanouie. Tellement qu’elle serait prête à danser sur place, à courir partout pour annoncer la nouvelle. Sauf que...


En vrai, là, elle avait plutôt envie d’autres choses.

Et après quelques prises de fesses, de baisers langoureux et prolongés, les deux femmes, main dans la main, se rentrèrent doucement, vers la Tour.

La suite se passera en dehors du champ de l’écran …