Amers et tendres jardins.

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dernière modification de Lady di Bagadi à 01/02 09:54
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Ernest

Amers et tendres jardins.


Grands banquets, audacieuses cours, indispensables et doux badinages, petites et simples joies, chat-bite ou touche-pipi, jeux espiègles et humbles troupes, ils eurent pourtant de bons moments ces nobles gens-là. Amis, ennemis, inopportuns ennamis.

Du coeur, du coeur, du coeur, il y en eut autrefois pourtant du coeur, de la grange à la couche, sous la veste comme sur la table de jeu. Du picte aussi, en jolies femmes, en gros poilus, avec ou sans carreaux. Des chevaliers enfin, des joutes, des ateliers de haute science, des secrets en capuches, des danses cérémonielles et du solfège chiant, en 3, 4 ou 7 temps.

Hélas, ô maudite fortune, ô vilaines fâcheries, au trèfle manquerait toujours une feuille... Changement de musique, flûte, flûte, flûte.

Finie la grande bouffe, terminées les heureuses tablées, fermé le grand restaurant. Il était terriblement loin le temps des embrassades et des petites attentions. Loin des yeux, les anciens amants prirent leurs distances et sentirent poindre la séparation. Le menu tendit de plus en plus aux restes, en tartes ou en purées, et aux grimaces en soupe. Loin du coeur.

Le temps passa et fit naturellement son oeuvre, camouflet et gant à carreaux furent jetés, le défi du boudin fut relevé, et hardie chevalerie, l'Ordre arroserait donc de sang les Fleurs pour avoir versé, sur ses genoux, un haggis bien trop cuit.

Ah, malheur ! Ego, ego, ego, terrible ego qui vous éloigne et vous fait oublier votre alter. Drame humain, tragédie grecque, lèse-majesté, crime passionnel, horreurs et beautés à jamais entremêlées, terrible colère, de l'amor à la muerte, dans le silence de la nuit et la lumière d'un clair de lune.

Laissez-nous vous conter, ô seigneurs, cette triste et douloureuse histoire de coeur.


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Les bottes foulèrent donc les jardins de l'Écosse, comme une myriade de sauterelles sur leurs champs de blé. Une curieuse troupe, une inquisition terrible, tortionnaires et mousquetaires, un tercio, pour un massacre, une infâme boucherie, aux relents espagnols.

Parmi eux, un borgne, un chevalier à la traine, un triste sire. Contraint par la parole, trahi par son coeur, il ne voulait guère chercher querelle, non, il venait la chercher Elle. Elle, la beauté des Lowlands, la jolie brune aux yeux de biche, le trésor de pirate à jamais égaré, le petit bouchon de son coeur bouteille, rempli de scotch whisky. Imbécile chevalier.

Trop tard pour les regrets bien sûr, mais contre toute raison, une grande panique s'empara de lui, une prise de conscience violente et soudaine, et qui le guidait droit vers ce qu'il voulait auparavant éviter à tout prix, Elle, toujours Elle, Elle sur laquelle il avait pourtant refermé la herse. En lâche...

Les jambes engourdies, le coeur serré, il fut, bien malgré lui, obligé de suivre le rythme de la meute, enragée par la chasse. Il courut donc, autant qu'il le put, prenant et choisissant une direction enfin, comptant sur ses maigres chances de chat noir, espérant la retrouver pour lui ravir un dernier regard, pour lui offrir une mort brève, un départ digne, un dernier toucher, un dernier baiser, une dernière étreinte, demander pardon. En égoïste...

Une ombre se profila alors devant lui, pendant qu'en effroyables voisines, les armes de sang froid, les bouches à dragon, crachaient déjà leurs flammes sur des silhouettes devenues sombres et pour le moins abstraites. Une femme, une cape, une longue chevelure, un fantôme de château écossais, sa promesse de pardon peut-être, sa récompense pour cette course folle qui, sans la vouloir en lui, l'anima pourtant pleinement à elle.

Mais ce fut la douche froide, oui, la douche écossaise. Ce ne fut pas Elle, non, ce ne fut pas la petite bichette, ce ne fut pas le petit bouchon, ce ne fut pas celle à qui il avait livré son coeur, ce fut l'intrigante, la vénitienne et malicieuse dame Zaza, la jeune, l'espiègle, l'attachante et petite Malpeza. En plein coeur de l'enfer, des cris et des râles, des piques et des balles, le sien se serra par deux fois. Il ne reverrait jamais plus les yeux de Wilson, il ne recroiserait plus le reflet de son âme, et il devrait maintenant affronter le visage de l'innocence et de l'effroi.

Étonnés sûrement tous deux, ils se dévisagèrent et se nommèrent mutuellement, mais ils comprirent prestement, et ensemble, de quoi il retournait, de ce qui allait suivre. De son oeil, il lui demandait pardon, mais des siens, elle lui demanda jusqu'à la fin, pourquoi ? Brave, elle défendit sa vie comme elle aurait défendu sa vertu, dans un combat inégal, brandissant son arme d'infortune, et maudissant le destin.

Et quand il la désarma enfin, il l'empoigna pour la coller contre lui, encore tremblante de leur combat, pour une dernière accolade, un terrible adieu, une balle d'honneur, oui, en plein coeur. Sa vie s'écoula alors, fermement serrée contre sa poitrine, l'accompagnant dans ses spasmes, il frissonna à son tour. Il lui avait refusé une danse, deux minutes de sa vie, et il venait de prendre la sienne à jamais... Terrible nuit...

Maintenant à genoux, il déposa finalement son visage blême dans le creux et le confort d'un épais coussin de sable, se confondant en caresses et milles excuses, et il pleura, étouffant ses sanglots, sa colère et ses cris. Il rabattit alors sa capuche noire et l'en couvrit, mouillant la toile, front contre front. Il n'en embrassa qu'une, mais en pleurait bien deux... A jamais pour maudit.

Coeur, coeur, coeur vous dit-on, droit au coeur, ô seigneurs, et point de chevalerie sans poésie.


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Triste plaisir et douloureuse joye,
Aspre doulceur, desconfort ennuieux,
Ris en plorant, souvenir oublieux
M'acompaignent, combien que seul je soye.

Embuchié sont, affin qu'on ne les voye
Dedans mon cueur, en l'ombre de mes yeux.
Triste plaisir et amoureuse joye !

C'est mon trésor, ma part et ma monoyé ;
De quoy Dangier est sur moy envieux
Bien le sera s'il me voit avoir mieulx
Quant il a deuil de ce qu'Amour m'envoye.
Triste plaisir et douloureuse joye.

Alain CHARTIER (1385-1433)

Jackson Five

Amers et tendres jardins.


J'ai créé cet aléatoire bidon pour lire les messages, je l'utilise donc pour répondre, il disparaitra à la prochaine lune, merci de votre compréhension.

Accroupie derrière un bosquet formé par des chardons roussis, qui lui rappelaient vaguement les Highlands de son enfance, Malpeza faisait pipi.
Pourquoi pensait-elle en ce moment précis au Farfouilleur ? Difficile à dire. Leur rencontre dans les souterrains des restes du monde avait bien eu une arrière effluve d’urine mais quand même ? Non, c’était peut-être plus la vue de ces quelques chardons qui lui rappelaient la trogne de l’égoutier.

Ils étaient dans ce désert depuis plusieurs lunes maintenant qu’ils avaient quitté le Showroom et leurs amis chevaliers. La silice et le froid glacial encombraient leurs bottes. S’étant éloignée du campement pour satisfaire ce besoin pressent, elle n’en était que plus refroidie, le séant à l’air.

Leurs amis qui étaient apparus de plus en plus sibyllins et mystérieux dans leurs prises de paroles à mesure que les projets anti romains avaient divergés et que, hasard, malchance ou destinée, avaient apportés compagnons, provisions et matériels qui devaient s’avérer utile dans leur combat contre les bouffons de l’urbs.

S’étaient-ils quittés fâchés ? Difficile à dire. Malpeza ne s’occupait pas de diplomatie, elle écoutait la radio et les discussions mais sans plus. Dans tous les cas la participation de Wil’ au siège de Roma Nova n’était plus d’actualité. Toutefois, le groupe n’excluait pas de participer à l’attaque finale avec les chevaliers. Ne venaient-ils pas d’ailleurs d’occire un idiot qui souhaitait rejoindre la maudite cité.

Alors qu’elle venait de remonter son pantalon et de sortir de derrière son piquant bosquet, elle commença à entendre le bruit, ce bruit qui vous dit que les choses sont en train de mal tourner. Celui la, le seul, le bruit de la mort. Craquement d’os et rire glaçant. Sa surprise fut de voir l’œil unique du borgne chevalier comme incarnation de cet impitoyable Ankou. Pourquoi ? Fut sa première pensée. Mais rapidement elle comprit, de chevalerie il n’y avait pas, juste une bande de soudards qui n’admettraient pas qu’on se refuse à être leurs larbins et qu’on puisse aimer, espérer, désirer, penser seuls.

Leur indépendance et leur fierté picte sonnaient leurs glas, il n’y aurait plus de demain. Les soudards jalousaient leur liberté et sans doute aussi leur capacité à fédérer et à s’organiser. Pas de disette médicinale chez les Scots et la porte toujours ouverte pour une rigolade et une embrassade. Pas de froids calculs et d’intentions sournoises oh non !

Mais déjà la petite ogive métallique avait fait son œuvre et son sillon tracé dans ce cœur qui ne connaitrait jamais le grand amour ni les bras d’un chevalier. Ses derniers mots seraient bien énigmatiques pour le borgne mais pas pour celui qu’elle aurait pu suivre pour une autre vie :


Si tu vois le lapin pressé … dis lui … dis lui … dis …

Lady di Bagadi

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Wilson Flanagan


Un vent froid soufflait doucement, un vent qui aurait pu venir de leurs montagnes natales, mais qui portait ce jour-là l'odeur de la mort. De leur mort. Alexander avait été le premier à Les voir et à prévenir ceux qui se réchauffaient autour du feu de leur campement. Leurs amis, leurs alliés, enfin non, cela c'était avant. Le Sang d'Ys donc, avec qui l'incompréhension régnait malheureusement depuis quelques lunes...

La brune s'était levée, sa lance bien dérisoire à la main, pour observer la troupe chevaleresque approcher. Elle soupira à ces drôle de retrouvailles qu'elle savait être les dernières. Elle s'était imaginée bien des façons de mourir, mais certainement pas celle-là. Ou pas encore en tout cas. La mort était bien joueuse elle aussi...

Son esprit s'échappa alors vers le souvenir d'un des chevaliers, un borgne pour qui elle avait succombé sans le vouloir, avec qui elle avait entretenu un jeu trop dangereux, tantôt dame de pique, tantôt dame de coeur, et elle se demanda s'il était là, s'il ferait parti de leurs bourreaux, si elle pourrait le regarder une dernière fois. Et lire dans son regard s'il la détestait à ce point ou si comme elle il n'avait fait que dresser des murailles...

Mais elle se devait d'être auprès d'une autre pour l'heure. Se retournant vers Moïra, elle lâcha son arme pour lui tendre la main, l'invitant dans ses bras, contre elle. La Renarde, son Tout et son Contraire, sa meilleure amie, sa soeur, sa confidente, sa rousse. Elle la serra sur son coeur, embrassa ses cheveux de feu et lui murmura :


Jamais sans toi.

Autour d'elles, l'agitation régnait, les cris fusaient, le bruit des armes résonnait. Immobile et debout avec son amie, Wilson sentit ses yeux s'humidifier et sa vision se brouilla. Une larme roula sur sa joue pour Moïra. Une autre pour Angus. Encore une pour Malpeza. Pour Tess, le droïde endormi dans sa boite. Et puis une pour Alexander, Hana et Tsubaky. Pour ces gens devenus sa famille, elle la petite hooligan de Glasgow, l'agent de l'Indépendance, qui n'avait quasiment jamais aimé personne avant.

Sa dernière larme, elle, fut pour Ernest.

Jusqu'à s'écrouler, sans avoir sa réponse, mais avec quelques paroles mourant en même temps sur ses lèvres.


O Flower of Scotland
When will we see
Your like again,
That fought and died for
Your wee bit hill and glen...

Lady di Bagadi

Amers et tendres jardins.


Moïra


L'horizon, l'étendue du désert, le vent qui hurle. Ce paysage dont elle ne se lasserait jamais, amoureuse des grands espaces qu'elle était. L'alarme avait été sonnée et elle s'était levée à son tour, sans lance. La guerre n'avait jamais été son truc, surtout pas contre des gens qu'elle appréciait. Leurs amis. Lady, sa trop douce amie, serait-elle là? Verrait-elle le borgne, qu'elle avait encouragé puis maudit lorsqu'on avait voulu lui arracher Wilson? Était-ce pour cela qu'ils venaient?

L'espoir, ce vieux compagnon qui l'accompagnait depuis son départ de Glasgow, fut le premier mort. Il s'éteint lorsque Wilson la prit dans ses bras, ses bras qu'elle connaissait si bien, ceux de son Tout et son Contraire, sa meilleure amie, sa soeur, sa confidente, sa brune. Elle se blottie contre elle, la tête sur son épaule, balayant du regard son clan. Angus, la montagne de sensibilité, celui sur qui tout le monde se trompait, même elle parfois. Alexander, qui l'avait fait rêver. Tsubaky qui n'aurait pas le temps de se souvenir et Hana, si fougueuse et si jeune...
Seule Malpeza, son ado préférée, manque à l'appel à cet instant et Moïra prie de toute ses forces pour qu'elle ait compris et qu'elle ait le temps de fuir.

Elle murmure à l'oreille de sa partenaire:


"Je sais que c'est moi qui ait tué Picasso...on se retrouvera en enfer. Merci pour tout Wil. Je t'aime."

Puis elle ferme les yeux et accompagne la brune dans leur chanson:

And stood against him
Proud Edward's Army,
And sent him homeward
Tae think again.

The Hills are bare now
And Autumn leaves lie thick and still
O'er land that is lost now
Which those so dearly held.

bbxb

Amers et tendres jardins.


Oui, ils avaient ripaillé ensemble, joué ensemble, refait le monde ensemble, partagé cadeaux inutile du temps jadis.
Mais qu'est ce que le remord ou le regret pour une machine dénuée d'émotions?

Le tout nouveau logiciels d'analyses comportementales de la psychologie humaine que bbxb c'était crée lui même était formel.
Les écossais jouaient les anguilles, refusant le prêt d'armes et de soldats, trouvant toujours une excuse, un bon mot pour éloigner leur but du notre.
C'était des traîtres, forcément.

Les algorithmes avaient tranché, et bbxb avait pris une grande part dans la décision finale. Il ne comprenait pas cette réticence, les sentiments forts de ses compagnons l'intriguait, quel interressante étude psychologique cela ferait!

Mais le temps n'était plus aux palabres, bientot, la guerre.
Bbxb s'approche de Tank Mambo, en poussant un caddie déglingué, une roue folle virevoltait à chaque pas.


-Grand pope, ton char de guerre est avancé.

Oui, le logiciel d'analyses comportementales de la psychologie humaine était aussi formel, Tank Mambo était l'étalon de ses analyses, un individu des plus sains d'esprit, un individu tellement sains qu'il allait charger l'ennemi, debout sur un caddie de supermarché, poussé par un robot tueur.

Tank Mambo

Amers et tendres jardins.





HARDI
Oui l’histoire banale d’une amitié naissante qui finit mal.
La guerre, l’enfer et l’horreur, une mini-tragédie ordinaire sur le monde aussi dévasté que sublime.
Injuste, aussi.
Injuste quand ceux qui partagent des desseins héroïques, des ébauches de quête, des conceptions et des hauteurs, des avis, des banquets finissent par se méprendre, se mésentendre, se mépriser.
Injuste car en la matière, chevaleresques peuvent être les intentions, louables les meurtres et magnifiques les fracas guerriers, c’est toujours l’ost le plus conséquent et le mieux armé qui ressort sur ses guiboles de la rixe.

Chevaliers du Sang d’Ys et écossais on partagé le couvert, le gîte, le pain, le sel. Les sécrétions sexuelles, aussi. Ils ont ri, ils ont même imaginé un monde où leur fantaisie serait la norme, un monde un petit peu plus rigolo, ils ont imaginé être une famille.

Le temps des brouilles se doit d’être évoqué parcimoniquement, qui a fauté ? Un colosse trop gourmand ? Un régiment trop avare ? Punit-on de fameux emmerdeurs dans l’innomable et la terreur ?
Les amis n’en étaient plus, ressentis, rancunes, fâcheries et petites saillies, mauvais mots, ronchonchons et provocantes postures, on-dits, mauvaises langues et langues de pute, mal-compréhension et franches mauvaises fois, caractères imprimés, fiers-à-bras.
Classique.


La décision est pris au terme d’un étrange Conseil, couvert d’une légère tristesse, teinté d’un petit quelque chose malaisé.
On y va, il ont fauté, ils seront fessé et prouveront leur honneur, leur valeur sans se conforter dans de petites lâchetés, quand deux amis n’en sont plus, il faut en passer par une fameuse foire d’empoigne, un duel judiciaire, une tuerie.
Car c’est de cela qu’on parle, alors que nos chevaliers des temps radiés comptent leurs cartouches et ajustent leurs crache-mort en marchant sur le petit campement des bédouins enkiltés.



HARDI
C’est un Grand Pope en apparat de cérémonie guerrière qui prend place dans son Panzer de la vengeance, debout sur des appuis solides mais souples, il fait virevolter sa machette toute d’oxydation au dessus de sa tête. La Maréchale (suprême) a préparé un infaillible plan d’attaque : on fonce sur les écossais et on tue tout ça. Zou.

Il se prend à penser, alors qu’il prépare sa harangue guerrière, à ces drôles d’amis, le grand malabar maniant le parcmètre comme personne, la petite encapuchonnée qui s’invite à leurs sociétés secrètes, la rouquine sexy qui lui aura refilé des cartes moyennes, ceux à qui il n’a jamais parlé mais surtout à la brunette, piquante Dame de Picte, son odeur et son pied baladeur, ses coups d’oeils aguicheurs et complices, sa croupe, se…

C’est une demie-érection que ses souvenirs provoquent, stimulée par l’imminence de l’action, cette fois le Pope est prêt. HARDIS.


AH ! HUM ! CHEVALIERS DU SANG D’YS !
Le couperet est tombé et la sentence implacable ! Sus à la fleur d’Écosse ! Faites parler les ARMES ! Soyez FIERS, nom de dieu, c’est un CARNAGE qui nous attends ! OFFRONS un morceau de poésie au monde ! VIVONS ! TUONS ! ACCULONS !
Ils se battront et la BRAVOURE décidera de qui s’en sort ! POUR LE BISCUIT ! Pourfendons les rejetons du DRAGON ! L’infâme PERVERTIT même les coeurs les plus… Les plus… Les coeurs les plus… SYMPAS ! HARDI ! Ils se peignent le ZIZI, Ils…

Le caddie, vaillamment poussé par le terrible chevalier 2.0, avance péniblement dans le sable fin de la dune, la montée est interrompue, les roues traçant des sillons éphémères sans vraiment rouler…
Le discours est terminé, pas que Tank Mambo en ait fini, non, c’est là son exercice favori, mais les premiers tirs font déjà rage, en fait les Chevaliers sont en train de faire pleuvoir la mort sur le petit campement, lui saute de son Panzer métallique se joindre à l’héroïque assaut pour chuter en se réceptionnant mal sur le sol instable.
L’Ordre du Sang d’Ys est en train de cracher la mort et son Pope peste en cherchant cette putain de pipe échappée de sa gabardine lors de sa pathétique chute.
Mambo ne fera pas couler le sang, aujourd’hui. Les chants des victimes seront la poésie offerte à leurs bourreaux.
Drôle de lune sur le monde dévasté, des gens de grande valeur ont été décimés dans un indescriptible carnage, un déluge de violence, de haine féroce, d’incompréhension et d’amertume.

Tank creuse le sable, elle est là, cette pipe de grande valeur.
Sauvé.
Ohé, du Dragon, tu as été trop loin, cette fois.

Lady di Bagadi

Amers et tendres jardins.


Alexander


Perché sur la boîte de sa poupée, Il n'en croyait pas ses yeux, ou doutait plutôt des hublots de bouteille qui lui servaient de lunettes. Une fois retirées, la scène se fit nette, le filtre verdâtre disparu, de la nuée de sauterelles géantes émergea un cadie et une troupe furieuse, amis et alliés débarquant à l'improviste, pour un spectacle son et lumière dont on ne se remet pas.
Cascades, pétards et feux d'artifice, tromblons clairons et excuse bidon pour exécuter une fugue écossaise, une symphonie déjantée et chaotique, impeccable malgré les quelques fausses notes mélo et diplomatiques, le signal restait pourtant limpide pour le désert. Liquider son inutile et prétentieux allié, les armes remises dans de bonnes mains, les choses sérieuses pouvaient démarrer. Les remparts de la nouvelle Rome allaient trembler, de rire.

Le barbu avait-il essayé de se planquer pour échapper au massacre, ou ne faire plus qu'un avec son droide. Laissant sur le champ à mi-spectacle la brune et la rouquine émues aux larmes devant les vaillants chevaliers, le colosse en jupette et les soeurs samourais. Tout est il, c'est recroquevillé dans son antre métallique, que les voleurs de biscuits trouverait le dragon à deux têtes, barbe et joli minois emmélés, écailles de kevlar et laine confondues, une unique corne fière et dressée, forgée à showroom. Et ce vil et TRAITRE dragon saignerait de rouge et bleu cobalt.

Sharon Sane

Amers et tendres jardins.


Le monstre participe évidemment au massacre. Grande, squelettique, amorale et blonde.

Monstre parce qu’elle est silencieuse et discrète, et que pourtant c’est elle qui les a emmené sur ce champ de bataille. Pillarde, soularde, vicieuse, traitresse. Des adjectifs en guise d’accusés réceptions aux balles et aux coups.

Sharon a épaulé son fusil, choisi une cible et tiré. Sans s’encombrer de plus d’émotions, hormis la sacro-sainte adrénaline du combat et la satisfaction d’avoir atteint son objectif du premier coup.

Après ça, comment ne pas la haïr ? Et rejeter son efficacité, rejeter sa détermination, rejeter cet enfer où elle les a conduit.

Penchée au-dessus de Moira, elle écoute son chant. Leur chant. Elle ne lui parle pas, elle ne la touche pas. Rien pour atténuer son sort, rien non plus pour le souligner.

Quand enfin la complainte cesse, elle se redresse. Le silence tombe, mais Sharon sait que la bataille n’est pas finie. Elle le voit à l’air hagard de certains chevaliers. Tous ne sont pas des monstres comme elle. Ils jouent encore avec les règles d’avant.

Elle aurait bien aimé aussi, mais elle n’est pas sure d’en être capable. Et ce n’est surement pas ce qu’on attend d’une Suprême Maréchale.

Le Grand Pope se chargera de l’oraison, pendant qu’elle comptera les munitions.

Lady di Bagadi

Amers et tendres jardins.


Aujourd'hui sera sa première véritable rencontre avec le Dragon. Elle a vu tout le monde se préparer, se mettre en marche, se diriger vers sa tanière. De quel Dragon il s'agit ? Elle n'en sait rien, sûrement un gros.
Tank se met en scène dans son caddie, un sacré Showman celui-là, ça la fait presque sourire.
Presque.

Et puisqu'il faut toujours qu'un nuage s'invite, Ernest a l'air fermé... Un truc cloche...

La marche continue et aboutit derrière une dune. Le Dragon se cache de l'autre coté.

Tank choisit ce moment pour déclamer sa prose et les mots piquent soudain la peau de Lady, s'enfoncent douloureusement pour fouiller son ventre, y tournoyer de plus en plus. Prise de panique; elle grimpe cette dune qui la sépare de leur cible, le sable se joue d'elle, la faisant retomber deux fois. Et quand enfin elle voit le campement du Fameux Dragon, elle ne peut croire ce qu'elle y voit.

Elle serre le sable dans ses mains, lâchant son arme.

Le Démon ailé est immense et noir. Il porte un kilt, et des lunettes épaisses aux reflets vert. Sa chevelure lévite à la fois brune et tressée de roux. Il baragouine du japonais avec un fort accent écossais. Il fume... Beaucoup... Gardant furieusement une caisse, l'ordivalise, rempli de feuilles couvertes de dessins.

Lady hurle enfin sa douleur.

Mais il est déjà trop tard.

L'Ordre fond sur ce géant. Elle aurait tellement aimé pouvoir caresser ses écailles, sentir son feu au creux de son ventre. Elle l'aurait tellement aimé...