Alors sortait le Trône de Guerre.

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : Comte Von Krakoug, L'épopée Transylvanienne,

Ce texte vaut une bière !

Les roues grincent, sur la portion de nationale abandonnée. Un grincement métallique, de fer rouillé et de vieux caoutchouc, sur l'asphalte chaotique et défoncé... En marche sous la pleine lune, entre les deux rangées de platanes sans feuilles qui bordent la route antique, le Trône de Guerre avance, inexorablement...



A bord de l'antiquité de supermarché, le Seigneur, digne et fier. Droit comme I, les mollets calés à l'arrière du chariot rouillé, il garde ses mains croisées sur sa poitrine, dans une pose cliché de ces vampires de films des années soixante... Agenouillée à l'avant du caddie, son fusil belliqueusement braqué droit devant elle, sur la route, l'infirmière Piqûre se tient prête à faire feu sur tout obstacle susceptible de stopper la marche glorieuse du Trône : daim, biche, sanglier, piéton quelconque...

De part et d'autre du char de fortune, cramponnés par une main à la rembarde métallique orange de rouille, et brandissant leurs armes de leur main libre, en équilibres sur un pied, posé acrobatiquement sur l'armature des roulettes, l'autre dans le vide, Jake Fratelli le ténor et le shérif Abdoulaye grimacent, prêts eux aussi à en découdre. En découdre avec qui? Peu importe... N'importe qui, désigné par le grand malade hémophile, qui dirige ce char de carnaval fort de ses plus grands airs - a croire que pas un seul des demeurés ne s'est rendus compte que leur trône mobile et sacré n'est qu'un vieux chariot estampillé E.Leclerc - comme un chef de blindé russe dirige son KV-85...

Moteur du redoutable véhicule, le fier Balt Hazard, fort comme trois taureaux, pousse l'engin et tous ses occupants, tandis qu'un Jacky complètement défoncé au crack avance tant bien que mal, à côté de la parodie de cortège, sabre au clair, pointé vers l'avant...

"Avançons, amis. Avançons sans peur et sans haine, forts de ce bijoux de la technologie automobile qui, offert à nos desseins audacieux, nous apportera victoire, quelque soit le champ de bataille, sur lequel nous aurons à nous couvrir de gloire."

Le vieux fêlé écarte les bras, et se met à déclamer :

"Pauvre image glacée d’un saint roi ! Pâles cendres de la maison de Lancastre ! Restes ensanglantés de ce sang royal ! Qu’il me soit permis de supplier ton ombre d’entendre les cris de la pauvre Anne, la femme de ton Édouard, de ton fils assassiné, poignardé par la même main qui t’a fait ces blessures ! Tiens ! par ces fenêtres d’où ta vie s’échappe, je verse le baume inefficace de mes pauvres yeux. Oh ! maudite soit la main qui t’a fait ces trous ! Maudit le cœur qui a eu ce cœur-là ! maudit le sang qui a fait couler ce sang ! Puissent sur l’odieux misérable qui nous rend misérables par ta mort, tomber des calamités plus terribles que je n’en puis souhaiter aux serpents, aux araignées, aux crapauds, à tous les reptiles venimeux qui vivent ! Si jamais il a un enfant, que cet enfant soit un avorton prodigieux, venu au jour avant terme, qui, par son aspect hideux et contre nature, épouvante à première vue sa mère pleine d’espoir, et soit l’héritier de son malheur, à lui ! Si jamais il a une femme, qu’elle devienne, par sa mort, plus malheureuse que je ne le suis par celle de mon jeune seigneur et par la tienne ! Allons ! marchez maintenant vers Chertsey avec le saint fardeau que vous avez emporté de Saint-Paul pour être enterré là. Et, chaque fois que son poids vous fatiguera, reposez-vous, tandis que je me lamenterai sur le cadavre du roi Henry !"

Il en est là de ses récitations, quand soudain, à l'avant du chariot, un coup de feu déchire le silence nocturne. Puis un second... Puis un troisième... Puis bientôt, un crépitement ininterrompu de tirs, venus de l'avant et des côtés du caddie. Accroupie, l'infirmière tire droit devant elle, recharge son fusil à toute vitesse, et tire encore, tandis que sur les côtés, Fratelli et Abdoulaye tirent au juger, sur la route, sans peut-être même savoir ce qu'ils ciblent réellement... L'obscurité s'éclaire des flammes sorties des canons... Bientôt, on y voit comme en plein jour.

Puis un hurlement de bête : brandissant son sabre, Jacky, le toxicomane du Nord, sprinte droit devant lui, dépassant bien vite le cortège...

"Les voici, amis ! Sournoisement éparpillés dans les recoins ! Faîtes feu jusqu'à faire fondre les canons de vos armes ! Et que ce déluge de fer et de feu soit votre claire réponse, à ceux ayant juré notre perte !"

[De la part de Kalanchoé]


Le petit groupe de voyageurs s'arrêtait tout juste d'une longue journée de marche. Le derrière posé sur un tas de sable, le dos appuyé contre celui de Jussi, Kalanchoé prend quelques minutes pour souffler avant de s'atteler à la mise en place du campement. Ce faisant, elle fouille dans son paquetage pour y chercher de quoi se désaltérer. Entre les outils divers et autres briquet, couverts et tasse à thé, la symphonie de tintements métalliques est plutôt bruyante. Peut-être est-ce ce boucan qui a couvert les grincements du vieux caddie, lui permettant ainsi d'approcher ? Toujours est-il que la voix du Comte s'est désormais suffisamment rapprochée pour couvrir le tintamarre provoqué par la traque à la bouteille d'eau. La jeune femme cesse enfin son assourdissante activité et lève la tête. De la... poésie, peut-être ? Elle n'est pas très calée en littérature...

Avec un juron, la biologiste se lève et, plissant les yeux, tente de comprendre ce qui se trame. On les approche, d'accord, mais qui ? Pourquoi ? L'obscurité ne lui facilite pas la tâche. Bien qu'ils soient partis du campement des chevaliers indemnes et en relativement bons termes avec eux, elle n'a pas oublié combien les poètes peuvent s'avérer dangereux.

Finalement, tout s'éclaire... C'est à la lumière des coups de feu, nouvelle musique en prime, que la scientifique voit l'improbable bande sur roulettes leur fondre dessus. Le comique de la scène est certain, mais pour l'heure, ce n'est pas l'envie de rire qui étouffe la brune. La bande d'affreux fous furieux qui les attaque peut se permettre une belle dose de ridicule sans que ses attaques perdent la moindre crédibilité...

Elle attrape Jussi par le bras et le tire au sol pour essayer d'éviter les tirs. Bien qu'elle doute de l'efficacité de cette tactique, elle ne voit pas d'autre solution pour prolonger un tant soit peu leur existence.

C'est au sol, et en essayant de comprendre ce qu'il se passe qu'elle prend la première balle. Elle pousse un cri de douleur ; le projectile a dû se loger quelque part dans son flanc droit. Avant qu'elle ait eu le temps de réagir, elle encaisse un deuxième impact, puis un troisième... C'est le quatrième qui a raison d'elle.

Désormais inanimée et face contre terre, Kalanchoé n'a même pas tenté de dégainer son arme – un club de golf plutôt inutile dans cette situation - lors de l'attaque.

Pour Jake, rien n'avait vraiment changé depuis son exil...
Ses journées, ses nuits, étaient toujours remplies de joyeux massacres.



-J'ai vu bouger, là!

Jake ne pensait pas que ses compères l'avait entendu, car le comte était en transe, hurlant dans son caddie.
Il eut à peine le temps de porter sa main à sa pétoire que des coups de feux raisonnaient déjà dans ses oreilles.
Jake, par réflexe, ou peut-être par habitude, se jeta au sol et tira consciencieusement, le visage froid, sur tout ce qu'il y avait de vivant devant lui.
La fusillade fut brève et le moment préféré de Jake arrivait...
Au signal du comte, le groupe de justiciers nocturnes rangèrent leurs armes et se dirigèrent vers les cadavres.

Un véritable massacre s'offrait aux yeux sombres du rital, quartes corps criblés de balles baignant dans leur sang.
Jake remarqua de suite Kalanchoé.

Il s'adressa à Abdoulaye:

-"Je prend la brune. Je te la prépare."

Le reste du groupe était à peine arrivé sur les lieux du crimes que Jake avait déjà dézippé sa braguette et sortit sa queue.
Il s'approcha doucement.
La pauvre fille s'était prit une des quatre balles qu'elle avait reçu en pleine tête. Son foie avait de toute façon aussi été touché, elle n'aurait pas survécu se dit Jake.

Le visage de Jake se remplit soudainement de tristesse.
Il resta un instant, la bite à l'air, à regarder le visage de Kalanchoé...

-"Je suis désolé...Heureusement que tu n'a pas souffert petite..."

Le rital s'accroupit sur le visage de la jeune fille, il posa doucement ses couilles sur sa bouche et commença à se masturber.

-"Hummm, tu vas me sucer, ok?.

Jake se redressa légèrement.

-"Tu vas me sucer avec ce trou,là..."

Il enfonça son gros gland doucement dans la boite crânienne de Kalanchoé, forçant le trou causé par l'impacte de balle.
Sa cervelle posa une légère résistance, mais il insista, doucement.
Tout en effectuant de légers vas et viens avec ses reins, il commença à arracher les vêtements du cadavre.

Jake accélérait le mouvement, chaque coup de queue, ferme, faisait ressortir un peu plus de mélange de sang et de cervelle du crane troué de Kalanchoé

Jake sortit enfin sa queue et se redressa.
Il retourna le corps inanimé.

-"Humm..."

D'une main, il écarta doucement la fesse gauche du magnifique cul qui s'offrait à lui, de l'autre il saisit sa bite.

Jake se racla la gorge, et cracha sur son gland, déjà sanglant.

-"Voyons voir ce qu'il vaut ce cul."

Sans aucune retenue, il enfonça sa bite dans l'étroit anus de Kalanchoé, un bruit de viande déchirée se fit même entendre...

-"Oh putain Abdou! , tu vas aimer ça mon frère!"

Au même moment, la radio de Jake se mit en marche...

rrrzzzzrrrr"Hoy. J'annonce le décès de mes compagnons Lemmer, Jussi, Kalanchoé et Eugène, tombés et dévorés sous un assaut du Comte Von Krakoug. Le bonhomme à l'air un peu pâlichon, un des cadavres à du mal passer... quelqu'un devrait lui dire que manger des légumes c'est bien aussi. Non je ris mais c'est tout de même malheureux... Ahaha..."zzzzsscrrrzzzzeerccrrsshhhhh


Jake saisit sa radio et répondit à l'étrange message tout en regardant le visage défoncé et tuméfié de la belle dont il venait d'apprendre le nom.

-"Hummmm Han! C'est donc Kalanchoé son petit nom? humm , sale pute hannn hummm...Qu'il est bon ce cul!"

Il balança sa radio derrière lui, et accéléra le rythme de cette frénétique sodomie.


Il est fort comme trois taureaux,
C'est Balt, le prince corbeau !
Il est l'homme de main, l'arme de soutient
Fidèle serviteur à la voix d'un vieux malin

Silencieux en arrière campant sa position,
Rapidement dégaine son arme chargé
Puis la pointe droit sur l'action,
Qui malgré toute bonne volonté,
des sept salopard justicier,
n’aura que peut durée.

Déduction faite,
Inutile de tirer.



Très chère Comte,
Tout danger est écarté,
peut être même éparpillé.
ce ne sera pas chose aisé
que de correctement les scalper.

Je m'en vais donc,
avant l'heure du souper
d'un geste habile les dépecer.

Il faut parfois user de ruse pour appliquer au patient un soin qu'il pourrait refuser.

Elle avait toujours été maline pour les soins en douce l'infirmière Piqûre.
A l'époque où elle s'occupait des soldats du sixième régiment d'infanterie de Timsoara, elle était toujours celle que l'on chargeait des visites médicales de routine.

Les soldats la surnommaient plus ou moins affectueusement la magicienne des rustines, ou encore la fée caca, en raison de sa capacité à leur pratiquer le toucher rectal indispensable à la vérification de l'état de leur prostate, avec douceur et adresse, tant et si bien qu'au lieu de s'en plaindre, il leur arrivait le plus souvent d'en redemander.

Les autres infirmières l'appelaient plus simplement "doigt qui pue", mais c'était là un surnom bien moins poétique qui n'était dicté que par la jalousie de celles qui lui enviaient son talent.

Douée pour les approches furtives donc. Un talent qui s'avérait fort utile dans ses nouvelles activités.



Ce soir là pourtant, de furtivité ils n'auraient pas besoin.


Depuis la lune précédente, on avait discrètement observé ces voyageurs. La nuit, on avait approché leur campement silencieux pour voir ce qu'il s'y tramait.
Puis on s'était tenus à distance raisonnable, suffisamment près pour les garder à portée de fusil, et suffisamment loin pour qu'ils n'aient pas idée de ce qui les attendait.


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Quand elle avait fait remarquer au Comte le cocasse de la situation de ces gens qui étaient là à vaquer à des occupations dont tout le monde se contrefichait sans se douter que la mort était déjà sur leurs traces, le vieil aristocrate lui avait répondu avec la sagesse dont seuls les hommes de sa qualité sont capables :
"Ma chère petite, c'est là toute la vacuité de la condition humaine. Se polir la verge en attendant la mort, ignorant si c'est la dernière occasion qu'on a là de faire briller sa virilité."


Et de se mettre à déclamer du Shakespeare pendant que Balt faisait avancer le fameux équipage.

Elle les mit en joue avant de les voir...elle écoutait la tirade du Comte, sachant que le moment viendrait où les coups de feu le ferait taire.
Ou alors il hurlerait encore plus fort, d'une voix encore plus rageuse, pour ajouter de l'intensité dramatique à la scène. Un climax, diraient les lettrés.

Elle était l'avant-garde du caddie rouillée, la figure de proue, la Victoire de Samothrace, sans les ailes.

Et avec une carabine.

"J'ai vu bouger là!"

Il avait l'oeil Jake Fratelli.
Comme souvent elle ne tuerai personne, pas directement.
Elle tira un premier coup qui atteint sa cible tout droit : juste au dessus du cœur, dans l'épaule gauche.
Cela ressemblait à un tir raté. Mais c'était pile ce dont elle avait besoin, elle hurla :

PAS TOUCHE AU ROUQUIN C'EST MA TRANSFUSION!

C'était l'heure de laisser ces messieurs s'amuser, mais comme toujours, il fallait garder un vivant, quand on avait pas de pompe à transfusion, un cœur qui battait ses dernières mesures était d'une grande utilité.

Ce soir, le généreux donneur était un certain Jussi.